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Dufour

 


Le sens des prières après le repas.
Les "Mayim a'haronim"


que l'on fait avant le "Birkate ha mazone"
ou bench...

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages
http://www.modia.org
Cette étude est dédiée pour la réalisation d'heureux événements familiaux pour Ora bat 'Haina
et pour Pili Sarah Yael bat Florence, et pour d'autres femmes en la même situation d'espérance.
Que nos lecteurs y associent leur étude pour elles.

Cette étude est la seconde page sur le thème. Voir ici la page précédente.


Cette expression mayim a'haronim veut dire "les dernières eaux". Il y a les premières eaux que l'on passe sur les mains en début d'un repas où l'on mange du pain; et, en fin de ce repas, avant de réciter les bénédictions ou grâces, on pratique la coutume de maim a'haronim qui est alors obligatoire pour les hommes, femmes et enfants.


Pratiquement
Les mayim a'haronim consistent à mettre de l'eau non chaude dans un petit récipient et on versera une petite quantité de cette eau au dessus d'un autre récipient (pas au dessus de l'évier)

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en la faisant couler sur les trois phalanges de tous les doigts d'une main puis de l'autre main. Les doigts sont joints et le pouce légèrement écarté. Les doigts sont dirigés vers le bas. En ne mettant que le minimum d'eau qu'il faut pour cela.
Avant de le faire, il est bon de dire "mayim a'haronim 'hova" (Les mayim a'haronim sont une obligation).
Si les mains étaient sales, on les lave avant de faire les mayim a'haronim.
Ainsi pour chaque convive. Puis on va vider l'eau en l'évacuant dans l'évier et non pas en la jetant là où des gens pourraient passer.
Beaucoup ont alors la coutume de réciter le Chabbat les psaumes 92 et 93 du Jour du chabbate et, en semaine, le psaume 67 que l'on fait suivre d'un groupe de 5 versets.
Ensuite, on ne fait plus d'interruption ni de conversation ni de dévar torah entre les mayim a'haronim et le bitkate ha mazone qui doit suivre immédiatement.
Certains font couler seulement sur l'extrémité des doigts ou sur deux phalanges; cela vient de la prescription de ne pas utiliser beaucoup d'eau (mayim mouâtim) car c'est une eau considérée comme chargée d'éléments impurs. Mais beaucoup de Sages précisent qu'il faut cependant couvrir l'ensemble des phalanges car elles ont une grande signification (comme on le voit dans la bénédiction des Cohanim).

Voici le psaume 67. Il est préférable de le lire selon la disposition en forme de ménora.
Et les Juifs ont toujours mis leur coeur à traduire leur propre ménora de façon personnelle:





 

Voici la lecture et traduction du psaume 67

1. La ménatséa'h binéguinote mizmor chir.
    Au chef du choeur des chantres (au victorieux), sur les instruments à cordes, cantique, chant.
2. Eloqim yé'hannénou vivarkhénou yaér panav itanou séla.
    D.ieu nous prendra en grâce et nous bénira ! Qu'il illumine Son visage sur nous, éternellement.



3. Ladaâte baaréts darkékha békhol goyim yéchouâtékha.

    Pour connaître sur la terre Tes voies, dans tous les peuples Ton salut.
4. Yodoukha âmim Eloqim, yodoukha âmim koulam.
    Ils Te loueront les peuples, D.ieu, ils Te loueront les peuples, tous.


5. Yismé'hou virannénou léoumim ki-tichpote âmim michor ouléoumim baaréts téna'hem séla.

    Ils se réjouiront et jubileront les peuples car Tu jugeras droitement,
et les nations sur la terre Tu verras avec bonté éternellement.


6. Yodoukha âmim Eloqim, yodoukha âmim koulam.

    Ils Te loueront les peuples, D.ieu, ils Te loueront les peuples, tous.
7. Eréts naténa yévoula yévarkhénou Eloqim Eloqénou.
    La terre a donné sa moisson et Il nous bénira Eloqim notre D.ieu.
8. Yévarkhénou Eloqim véyireou oto kol-afsé-aréts.
    Il nous bénira Eloqim et elles Le vénèreront toutes les extrémités de la terre.

Comme tous les psaumes, celui-ci a été rédigé par le Roi David dans l'intention que chacun puisse en faire une prière et une louange dans tous les siècles. Il est aussi pleins d'enseignements, tant dans les mots que dans les combinaisons de lettres.
Ne voyons ici que ce qui concerne le premier mot:

D'abord, l'expression La ménatséa'h 
Elle a un sens particulier. Elle est souvent traduite par "au chef des chantres". En hébreu moderne, ménatséa'h c'est le chef de chorale ou le chef d'orchestre. Ce mot  La ménatséa'h se trouve à l'ouverture de très nombreux psaumes : 4-6, 8-9, 11-14, 18-22, 31, 36, 39, 42, 44-47, 49, 51-62, 64-70, 75-77, 80-81, 84-85, 88, 109, 139, 140

- A un premier niveau, celui du sens littéral, lepchate, nous devons trouver le sens d'un terme là où apparait ce mot pour la première fois et, presque toujours, Rachi nous y donne la solution : c'est sur le psaume 3. Ceci est une règle importante de Rachi. Il dit que ce mot refère aux membres de la tribu des Lévi âgés de plus de 20 ans qui exerçaient la fonction que nous avons décrite dans la paracha Nasso, ainsi qu'il est décrit dans Ezra 3, 8. Cette fonction est de ramener le peuple dans la joie et cette interpellation du début du psaume a pour rôle que les Léviim se sentent renforcés dans cette mission importante.

- A un second niveau, celui de l'intériorité, le mot nétsa'h doit être pris au sens propre qui signifie "victoire". Et il réfère à un stade de descente de la bénédiction (ou séfira) qui se concrétise dans la "victoire" et la réussite (voyez les Tiqqouné ha Zohar 28b ou Chaaré Ora, ch. 3-4). Le Ari explique que les psaumes faisant allusion à la louange (hodou) indiquent un stade où le peuple est encore dans l'exil et que ce netsa'h, cette dynamique de la victoire, les ramène en leur lieu véritable et cela aux yeux de tous (Chaâr Maamaré Razal).

Le Ram'hal dit que la ménatséa'h assure chélémoute ha tiqoune, la complétude de la réparation (Pérouche âl ha kétouvim). On comprend alors l'expression Nétsa'h (D.ieu) Israël lo yéchaqér, Le Victorieux d'Israël ne mentira pas (et ne nous abandonnera pas mais réalisera ses promesses si nous coopérons).




Ensuite nous lisons 5 versets.

1 - On commence par le second verset du psaume 34:

Avarékha éte Hachém békhol-ête, tamid téhillato béfi.
Je bénirai Hachém à tout moment, toujours la louange est en ma bouche.
(Nous définissons notre être comme une permanence de la louange, quel que soit le moment, et donc également maintenant).

2 - Puis le verset 13 du chapitre 12, à la fin de Qohéléte:

Sof davar hakol nichmâ,
éte -haEloqim yéra vé éte-mitsvotav chémor, ki zé kol-haadam.
La fin de tout (ce que je t'enseigne), écoutons:
Eloqim, crains-le, et Ses mitsvotes, applique-les, car cela c'est tout l'homme.
(au moment où nous mangeons, activité la plus égoiste, où nous sommes peut-être en bonne compagnie, n'oublions pas la dimension véritable des choses, une boussole: la présence à Hachém, Sa crainte car Il est plus que tout et toute l'existence, mais ce qu'il demande de faire est le véritable fonctionnement heureux de l'homme total et parfait).

3 - Puis le verset 21 du psaume 145

Téhilate Hachém yédabbér pi, vivarékh kol-bassar chém qodcho léôlam vaêd.
La louange de Hachém ma bouche la dira, et que bénisse, toute chair, le Nom saint toujours.
(Nous faisons une promesse que nous parviendrons à vivre en louange à la fois en êtres
concrets et vivants comme dans le plaisir de ce repas, et nous vivrons toujours
mais en sachant quel est notre axe, le Nom saint).

4 - Puis le verset 18 du psaume 115:

Va ana'hnou névarékh ya méâtta véâd-ôlam, halelou-ya.
Mais nous nous bénissons Ya depuis maintenant et pour toujours. Hallélou-Ya!
(Ce verset sui un passage où on dit que les gens qui sont morts, ou des morts vivants ne louent pas,
Tandis que nous, dès maintenant, nous sommes louange et nous le seront à chaque instant et dans toutes les générations. C'est une affirmation triomphante et assurée dans la vie qui est difficile. Et l'affirmation de notre croyance dans toutes les promesses de bonheur).

5 - Des communautés ajoutent ici le verset 12 du psaume 26:

Raghli âméda vémichor, bémaqhélim avarékh Hachém
Mon pas se tient dans la droiture, dans les assemblées je bénirai Hachém.
(Il faut lire étudier ce psaume qui développe cette volonté d'intégrité de l'homme
et fait allusion justement au lavage des mains propres).

6 - Une partie du verset 23 du chapitre 41 du prophète Ezékiel.

Vayédabbér élaï : zé hachoul'hane achér lifné Hachém.
Et il parla vers moi: "c'est la table qui est devant Hachém".
(Ce verset nous rappelle que notre table réfère toujours à ce qui se passe dans le Temple et que cela réfère à ce qui se passe devant Ha Qadoche Baroukh Hou. Avant de parler pour prier, nous nous remettons dans les dimensions de notre être véritable).

Source de la pratique des mayim a'haronim
Elle est donnée dans le Traité Bérakhote du Talmud, page 53b, en fin du Pérék chémini, 8e chapitre. Voici le texte:
- Tanou rabbanane, ils ont enseigné nos Sages
- chémén méâkev éte ha bérakha, aussi longtemps qu'on n'a pas utilisé l'huile on ne peut pas faire la (dernière) bénédiction (du repas).
- Divré Ribbi Zilaï: éino méâkev, enseignement de Ribbi Zilaï: ce n'est pas obligatoire.
- Ribbi A'ha omér: chémén tov méâkév: Ribbi A'ha dit : la bonne huile est nécessaire.
- Ribbi Zouhamaï omér: ké chém ché mézoham passoul la âvoda, Ribbi Zouhamaï dit: de même que celui qui est sale est exclu d'accomplir les rites du Temple,
- kakh yadaïm mézohamote pessoulote livrakha, de même des mains sales rendent inapte pour la bénédiction.
- Amar Rav Na'hmane bar Yits'haq: ana la Zilaï, vé la zivaï, vé la zouhamaï yadaâna. Il a dit Ribbi Na'hmane bar Yits'haq: je n'ai pas entendu parlé de l'avis du premier ni du second ni du troisième.
- ella matnita yadaâna da amar Rav Yéhouda amar Rav, mais seulement l'explication donnée par Ribbi Yéhouda au nom de Rav:
- véhitqadichtém (Vayiqra 11,44), éllou mayim richonim, "sanctifiez-vous" c'est pour les premières eaux (ce que l'on appelle nétilate yadayim, verser l'eau sur les mains avant la bénédiction du pain en début de repas);
- vihéyitém qédochim, éllou mayim a'haronim, "soyez saints" (ibidem) concerne les mayium a'haronim;
- ki qadoche, zé chémén, "car Je suis saint" (ibidem) concerne l'huile parfumée;

- ani Hachém Eloqékhem, zo bérakha, Moi Hachém votre D.ieu concerne la bénédiction (après le repas).


Pour comprendre cet araméen, reportez-vous aux liens suivants sur Modia:
-Tanou rabbanane, ils ont enseigné (quel type de Sage, le tanna)
- matnita, l'explication donnée (quelle est cette source)
- un cours d'araméen

Si vous allez voir les commentaires des Tossafotes sur ce passage du Talmud, vous constaterez qu'ils disent: on faisait les mayim a'haronim parce que le sel que l'on utilisait venait de Sodome (méla'h sédomite) et qu'il était dangereux pour les yeux si on y portait les doigts, donc on se lavait les mains après le repas, mais nous n'avons pas ce problème et donc on ne fait pas ces mayim a'haronim. Ils se basaient sur la description de cette coutume dans le Traité 'Houline page 105b.

Leur avis n'a pas été accepté car il y a beaucoup d'autres significations à cette coutume, également. On fait donc les mayim a'haronim après tout repas ayant comporté du pain dans la quantité d'au moins 1 kazayite (environ 27 grammes) ou 2 kazayite suivant les communnautés, même si on n'a pas utilisé de sel.

Commentaires
Le Zohar instiste en de nombreux passages sur le côté obligatoire et l'importance des mayim a'haronim car l'impureté du côté négatif se place sur les extrêmités des doigts (pour cela aussi nous faisons nétilate yadayim au lever), et c'est le motif pour lequel on ne fait pas de bénédiction pendant cet acte.
Le Zohar utilise de nombreuses fois l'expression: mayim a'haronim 'hova (est obligatoire). c'est aussi comme une part accordée à ce mauvais côté lorsque nous jouissons, afin de nous détacher plus facilement de ce qui n'est pas bien.
Le Ari insiste sur le fait de ne pas s'interrompre entre les mayim a'haronim et la bénédiction finale. Il a décrit un "maassé" (un événement éclairant): des ennuis survenus pour la parole entre les mayim a'haronim et la bénédiction du repas, en ce qui le concernait, bien que fussent des commentaires sur la Torah; il souffrit en particulier, alors, de l'épaule. Il comprit la source du mal car l'épaule en hébreu (katef) a les même lettres que le mot "immédiatement après" (tékhef) mais dans un autre ordre (Siddour Iche matslia'h, du Rav Mazouz).
Le 'Hida commente les mayim a'haronim dans différents ouvrages. Il dit qu'il ne faut négliger d'aucune façon les mayim a'haronim car sa pratique allonge la vie et la qualité des années.
Ses écrits éclairent le lien des mayim a'haronim avec les noms divins; ce n'est pas le lieu d'étudier cela ici mais les étudiants avancés trouveront plus bas les références.

Pour comprendre qui sont les Tossafistes, commentateurs de France, juste après Rachi, voir ce lien-ci

Pour étudiants avancés
Voici des références précises pour trouver les textes essentiels où approfondir l'étude:
Talmud. Bérakhote 46b. 53b. Irouvine 17b.
Le Tour. Ora'h Hayim 162. 166. 179. 181. Yoré Deâ 135.
Choulkhane Aroukh. Ora'h Hayim 179. 181. 197.
Michna Béroura. 162,72. 163. 179. 181.
Ben Ich 'Haï. paracha Nasso, Béaâlotékha. Chéla'h. Qora'h.

Zohar II 154b. 265a. 266b.

Ari.
Chaar hacavanote. Qiddouche leil chabbate,alef.
Peri ets hayim. chabbate, 17. 24.
Sefer teamei ha mistvotes, paracha Eqev.

Chla ha qadoche.
Chné lou'hote ha brite. Chaâr ha otiotes. Qédouchate ha akhila.
Vavé ha âmoudim 12.





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