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Dufour
 


La priere juive
La bénédiction des Cohanim
(birkate Cohanim)

Commentaires
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages
Site Modia : http//:www.modia.org

Ici, retour à la page des prières



 
La source
Elle est dans Vayiqra 9, 22 :
Vayissa Aharone éte-yadav él-haâm vayévarékhem
"Il étendit, Aharone, ses mains vers le peuple et il les bénit".

Ensuite, on a la description précise du rite dans la paracha Nasso, en Bémidbar 6, 23-26 (traduction littérale) :
"Hachém parla vers Moché pour dire :
Parle vers Aharone et vers ses fils pour dire :
Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël en leur disant :
(ici commencent les trois versets que les Cohanim disent depuis lors et aujourd'hui encore) 
Yévarékhékha Hachém vé yichmérékha
(3 mots. "Qu'Il te bénisse Hachém et qu'Il te garde")

Yaér Hachém panav élékha vi'hounéka
(5 mots. "Qu'il rayonne de lumière Hachém de son visage vers toi et te soit bienveillant")

Yissa Hachém panav élékha véyassém lékha chalom
(7 mots. "Qu'il tourne Hachém Son visage vers toi et qu'il pose sur toi la paix").

(Puis vient une phrase non dite pendant la bénédiction :
Vésamou éte-chémi âl-béné Yisrael vaaéni avarékhem
(Ils poseront Mon nom sur les enfants d'Israël et moi Je les bénirai).

Mon maître Ribbi Moché Yossef Zénou ajoutait toujours selon sa tradition quand il me bénissait ainsi, en prenant les trois lettre du mot "chémi", Mon nom :
"Chémi, 
(lettre) Chine, bizéroute Ribbi Chiméône bar Yo'haï,
(lettre) Mém, bizéroute Ribbi Méïr Baâl ha nnes;
(lettre) Youd, bizéroute Ribbi Yaâaqov Abou'hatséra".

La bénédiction publique des Cohanim se fait pendant la répétition de la Âmida, prière des 18 bénédiction ou Chmoné Essré, presque à la fin, avant "Donne la paix" (Ôssé chalom) quand il y a au moins minyane, soit 10 Juifs de plus de 13 ans. Cela à la prière du matin (Cha'harite et Moussaf) mais pas à Min'ha (après-midi) ni Arvite (soir), et à la fin du service de Yom Kippour). On ne la fait jamais dans la maison d'un endeuillé.
Les fidèles ne regardent pas le Cohen en train de bénir et baissent les yeux pour uniquement recevoir. Beaucoup se placent sous le tallite de leur père. 
Hors d'Israël, elle ne se fait souvent que pendant la prière de Moussaf, au même moment.
Lors des trois fêtes de pélérinage à Jérusalem vers le Mont du Temple (qu'il soit vite rebâti), il y a beaucoup de Cohanim le lundi ou le jeudi matin devant le Kotel et il y a une bénédiction géante de centaines de Cohanim pour le bien de tout Israël. Les fidèles s'empressent de recevoir cette bénédiction exceptionnelle. 
 


Pour ceux qui n'y seraient pas, ils pourraient la suivre en direct sur ce lien visuel, par exemple. Par ailleurs, ces mêmes jour, tout le long de la journée il y aura une présence massive de Juifs et Juives au Kotel, ainsi que de Grands Rabbins. C'est unique de pouvoir suivre ces événements en direct. Cette année, où le peuple d'Israël est en grand danger de l'intérieur d'abord et de l'extérieur ensuite, par notre faute, la ferveur sera encore plus grande. De très nombreux rabbins de l'étranger -et de France- vont monter spécialement à Jérusalem ce jour-là.
Ce sera un moment fort de toute l'année. Espérons que beaucoup de ces pélerins resteront, ou reviendront avec leurs familles, leurs amis, leurs communauté complètes. Amen, kén yéhi ratsone (Amen, que ce soit la Volonté du Ciel).
Sur ce lien, vous pouvez entendre un enregistrement  de cette bénédiction massive de Cohanim au Kotel, grâce à Aish haTorah.

Le sens
Dignes de la vraie paix
Il apparait clairement quand on constate que l'on a accompli toute la phase préparatoire des prières et que l'on est dans la sainteté de la Âmida, presque à la fin, dans la sainteté complète que veut dire le mot chalom. (Il ne veut pas dire paix politique comme on veut les ignorants veulent le faire croire, mais "complétude" qui donne aussi cette paix concrète qui est absence de guerre et de malheurs). La paix ne vient que dans la bénédiction, et pour des humains qui se sont préparés à en être le réceptacle ; ce n'est pas du tout un règlement de cessez-le-feu militaire obtenu par des pouvoirs militaires ou politiques seuls. A fortiori pour le peuple d'Israël qui n'a pas de paix sans bénédiction et sans Torah.
Cette paix bénie n'est pas donnée par les hommes, elle vient de Haqqadoche Baroukh Hou comme le dit le verset de la Torah qui suit immédiatement les trois phrases de la bénédiction : "je vous bénirai". 
Les Cohanim sont les instruments de ce flux qui se déverse, de même que les Juifs sont les Cohanim des nations et doivent leur apporter la bénédiction. 
Dans le Traité 'Houline 49a; Ribbi Âqiva fait remarquer que D.ieu a besoin des hommes pour faire parvenir Sa bénédiction et qu'Il ne bénit pas directement. Et quand Hachém dit qu'Il bénit, cela veut donc dire qu'Il approuve ce que disent et font les Cohanim. Et nous savons que tout est bénédiction, même pour les Cohanim puisqu'il est dit en Béréchite 12, 3 : Vaavarékha mévarékhékha ("Je bénirai ceux qui te bénissent). Très beau !
Et comme la bénédiction du Ciel par les Cohanim et par le peuple Juif est complétude de tout le bonheur, on peut alors dire : Sim Chalom, Fais la paix, pose la paix parmi nous.
Cela nous est dit exactement dans les trois séquences du dernier verset du psaume 29:
- Hachém trônait lors du déluge (c'est notre état moral dans l'humanité actuellement) ; 
- Hachém trône en Roi pour l'éternité (Lui et non les pauvres roitelets politiques qui abusent leurs peuples).
- Hachém donne la force à Son peuple (c'est là qu'est notre vie et notre salut dès que nous vivrons par Sa Torah).
- Hachém yévarékh éte-âmo vachalom : Hachém bénira son peuple dans la complétude nommée paix, chalom.
Cette complétude était dite après les sacrifices, qorbanotes, après le labeur de l'homme, après qu'il ait réparé ce qu'il n'a pas fait de bien et vient se réconcilier et vivre en tenant compte de sa verticalité que symbolise la montée de la fumée parfumée des sacrifices.

Nourris de la seule vérité
Le passage de la paracha Nasso, en Bémidbar 6, 23-26 suit le passage du nazir qui se prive de beaucoup de satisfactions normales. Cela est pour nous enseigner que nous ne devons pas boire n'importe quelle idéologie ou n'importe quel plaisir établi comme normal ou humaniste par les autres peuples, cela afin d'être capable de recevoir en conscience le flux de la bénédiction. C'est pour cela que Orakh 'hayim 128 dit qu'on ne fait pas la bénédiction des Cohanim à la prière de min'ha car les Cohanim auraient pu déjà avoir bu quelque vin auparavant. Le judaïsme est très concret et vit toujours dans la cohérence des Cieux et de la terre.

Eclairages
C'est une bénédiction en trois phases, un triplement de bénédiction, une surabondance, ribbouï lé" tova , dit Rabbénou Bé'hayé. Et le youd ouvre ces trois phrases, lui qui est ainsi dessiné suspendu au Ciel et dont la fine pointe, le qots, va jusqu'à l'invisible. 
La première phrase comprend trois mots ; ils réfèrent au mérite des trois Patriarches grâce à qui nous recevons ces bénédictions. Ce n'est pas pour notre mérite à nous, et nous pouvons nous appuyer sur leur mérite quand nous sommes conscients que le nôtre ne fait pas le poids. C'est avec eux que Hachém a passé alliance.
La seconde phrase comprend cinq mots ; ils réfèrent au mérite des cinq livres de la Torah qui nous donnent la vie. Eux aussi nous ont été donné pour le mérite des Patriarches.
La troisième phrase comprend sept mots ; ils réfèrent à tout l'ordre de l'existence qui est organisée par le 7, comme les 7 jours de la semaine. Cela réfère aussi aux sept niveaux des Cieux, chivea réquyim.
Ce rythme de trois nous indique, selon Rabbénou Bé'hayé, que la bonté divine (1) prend en charge la rigueur (2) et que l'emporte sur tout la miséricorde (3). C'est alors une paix qui a vaincu la peur (chalom béli pa'had). Cela seulement est chalom. Ce trois englobe toutes les dimensions possibles. Israël est ainsi bien gardé. Le Rambane explique la même chose à des niveaux  plus élevés de compréhension.
Le rythme de trois est repris aussi dans la nomination des trois anges de la Chékhina qui gardent Israël : Gabriel, Mikhael, Raphael.
La répétition trois fois du nom Hachém entre en ce sens de complétude et est appelée "le grand nom de Hachém". Ceux qui ont étudié davantage comprennent.
Nos Sages nous disent aussi que le premier verset comprend 15 lettres comme la guématria du Nom de D.ieu qui termine le mot Hallelouya, composé des lettres youd et ké. Le second verset de 20 lettres correspond à  la guématria d'un Nom composé d'autre lettres. Et le troisième fait 25 comme la guématria des lettres qui indiquent que D.ieu est le passé, le présent et l'avenir. L'ensemble fait 60, comme l'indique le Roi Salomon dans son Cantique des Cantiques 3, 7 avec les 60 forts qui garantissent la sécurité du royaume divin d'Israël. Cela correspond aussi aux 600.000 âmes qui composent le peuple d'Israël en une seule et unique. (Pensons aussi, modestement, que nous avons reçu un coup terrible en nos 6 millions de martyrs).
Le mot "ani" de la phrase suivante fait allusion au versi "ki ani Hachém rofékha" (Chémote 15, 26), "et Moi, Hachém, Je suis ton médecin". 

En conséquence
On comprend que notre présence est importance pour assurer le minyane de la prière afin que la bénédiction des Cohanim puisse avoir lieu pour le bien du peuple. 
Bien plus, un Cohen qui n'assurerait pas ce service pour le bien du peuple serait très coupable. 
Mais si un Cohen a un motif valable qui lui interdit de prononcer cette bénédiction, il doit de lui-même quitter la synagogue dès que l'officiant commence "rétsé" dans la âmida, et il reviendra après la bénédiction. C'est, par exemple, le cas d'un Cohen qui n'aurait pas pu être circoncis, ou qui aurait bu plus d'1/4 de log de vin (un log est le tiers d'un litre), ou qui aurait épousé une divorcée (demander les précisions à un rabbin), ou qui est en deuil, ou d'un Cohen qui aurait involontairement tué quelqu'un (car cet office du Cohen est totalement vie). Un Cohen qui n'a pas pratiqué son judaïsme, ou s'en est détourné peut reprendre son office s'il revient sincèrement. Un Cohen célibataire peut transmettre la bénédiction des Cohanim.

Je ne décris pas ici la réalisation pratique du rite par le Cohen et par celui qui le guide, car cela s'apprend facilement en assistant à la prière collective.

Les fidèles qui reçoivent la bénédiction doivent être silencieux, sans bouger, le regard et l'attention uniquement centrés sur le rite, le sens de ce qui se passe, le sens des mots, la réception de la bénédiction, la pureté de l'esprit, du coeur et ensuite des actes en conséquence. En conséquence, ils ne récitent pas d'autres prières ni des versets, mais respectent ceux qu'ils entendent ! 

Ensuite, se fait le retour visuel à la réalité et aux autres, où l'on espère garder cette qédoucha, sainteté reçue.
Il va de soi qu'il y a de nombreux sens qui se découvrent dans l'expérience, et de nombreux sens dans les multiples commentaires des Sages. On les découvre en poursuivant l'étude.

Pour approfondir :
Talmud : Bérakhote 34a. 'Haguiga 16a. Méguila 18a. 23b-24b.Roche ha Chana 28b. 31b. 35a. Sotah 28a. 32a. 37b-39a. Taânite 26a.
Les Middrachim, le Zohar et les grands commentaires sur Bémidbar 6, 23-26.
Rambam. Hil'khote téfila 14-15.
Choulkhane Âroukh, Ora'h 'Hayim 128-129.