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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 

La lecture du Livre des Lamentations
(Sens du mot Eikha)




Commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages

Je dédie cette étude à l'apport lumineux du Rav Chalom Messas, zatsal

Afin que son attitude exemplaire de sagesse face aux bêtises et méchancetés humaines
nous éclaire chacun et nous évite les catastrophes, comme nous l'explique ce livre.

Le 9 Av est un jour terrible et de deuil pour tout le peuple juif (Etude, ici). Pour cela, chacun y lit le texte des Lamentations, Eikha (Il est ici, avec son commentaire, pour vous).

Mais, j'ai lu un commentaire de mon Rav, le Rav Chalom Messas, zatsal, dans lequel il attire l'attention sur le fait que 3 grands prophètes (Moise, Isaïe et Jérémie) ont employé ce mot de Eikha qui ouvre le livre des Lamentations. Je suis donc allé faire une étude approfondie de ce mot dans les diverses sources et commentaires et voici cette etude supplementaire sur Modia: un commentaire sur tous les enseignements du mot "Eikha" ("Hélas")... qui ouvre ce texte.

Voici les images, la traduction et le commentaire de toutes les fois où ce mot Eikha apparait dans tout le Tanakh (la Bible). C'est une étude unique. Méthode indispensable pour étudier la Torah. Je dois vous expliquer cette méthode qu'il est indispensable de comprendre avant de commencer.

Quand vous êtes avec des proches, un mot employé évoque immédiatement tout un passé. Il n'a pas du tout la même signification pour d'autres personnes présentes. Bien souvent, des jeunes mariés font, douloureusement, cette expérience: les mots les plus simples ne sont pas compris ou sont mal interprétés, malgré l'amour immense, simplement parce que les multiples contextes passés ne sont pas encore mis en commun. Cela crée des malentendus souvent douloureux. Et il faudra faire progressivement cette mise en commun, c'est ce que nous allons faire.

Autre perspective: Tous les psychologues et psychanalystes (dont je suis aussi) écoutent la personne qui vient les voir et leur expose leur vie et les énigmes et souffrances qu'ils essayent d'élucider sans y parvenir malgré leur intelligence. Pourquoi? Simplement, parce que notre conscience et notre intelligence, justement n'ont "pas conscience" des multiples liens entre les charges de significations, d'émotions, de souffrances, de souhaits qui sont reliées en nous; le psychologue ou psychanalyste a appris à écouter et, peu à peu, il entend des mots ou des images revenir mais ce n'est pas suffisant. Il ajoute ceci: il entend les contextes qui sont juxtés à ces mots ou images ou sensations et c'est entre ces contextes qu'à l'intérieur de nous il y a des jonctions. Et comme nous ne les percevions pas, nous ne parvenions pas à nous piloter. J'en est tiré peu à peu la conclusion que "notre conscience et notre intelligence sont débiles" de fait; et, seulement si elles se placent devant le miroir (ce que nous sommes bien contraints de réaliser pour nous rendre compte avant de sortir comment nous sommes) qu'elles peuvent se relier à la richesse intérieure et piloter avec... intelligence. Malheur ceux qui disent: "je ne suis pas fou pour avoir besoin de voir des psychologues", ils se conduiront certainement avec folie en voulant ainsi ignorer leur propre intériorité. Car le psychologue, comme le miroir n'est qu'un simple instrument provisoire mais qui permet d'apprendre beaucoup; ensuite, la personne devient son propre psychologue et miroir et capte avec aisance ce qui risquait de rester inconscient et perturber si on ne le prend pas en compte.

Ainsi de la Torah. Le sens ne se trouve pas simplement là où sont les mots, de même que le poteau qui indique telle ville n'est pas la ville. Si vous objectez que Rachi, le maître par excellence, au contraire, prend chaque mot dans sa plus grande simplicité (le pchate) et en reste là, c'est que vous n'avez jamais étudié ni compris Rachi. Car, certes, Rachi nous apprend à bien voir le mot tel qu'il est mais il dit souvent que le middrache (imaginatif) est le sens véritable du pchate. Il utilise aussi constamment la régle de sémikhoute (proximité et conjonction) par laquelle le sens n'est pas trouvé dans la phrase seulement mais dans un autre contexte où il est aussi utilisé: et ce sont les deux contextes qui s'éclairent l'un l'autre par leur intériorité et par leur environnement.

Vous venez de faire une découverte essentielle: la Torah et l'esprit humain fonctionnent de la même manière. Voyons, cela est normal! ils sont la même Création. Et ces deux formations sont indispensables simultanément. L'une ne remplace pas l'autre, et la formation dans l'une ne remplace pas la formation dans l'autre, comme la Torah ne remplace pas la médecine. C'est tout l'ordre du premier commandement à l'humain exemplaire qu'est Avraham: Lékh lékha, va vers toi-même. Et étudier la Torah n'est pas une démarche autre.

Autre conclusion: vous avez découvert aussi qu'il faut lire l'ensemble de la Bible, le Tanakh, qui nous transmettent l'ensemble de la tradition pour comprendre ce que l'on pourrait appeler ce "sens dispersé". Mais aussi étudier la "tradition orale" mise ensuite par écrit dans les midrachimes, la Michna, le Talmud, le Zohar. C'est donc une nécessité systémique, pourrait-on dire, pour comprendre le sens d'un mot simple de la Torah. Revenez aux commentaires de base et permanents pour tous que sont les commentaires de Rachi et vous repérerez maintenant qu'il procède sans cesse de cette manière.

Bien plus, quand on étudie Rachi, et qu'on lit sa "réponse" sur un verset, il ne faut pas en rester là mais il faut se dire: "quelle question s'est-il posée pour avoir fournir cette explication du verset?" Il faut chercher la question que le texte lui a posé et qu'il n'a pas écrite. Ainsi, de même, quand on écoute quelqu'un qu'on aime, ne pas simplement lui dire: "ça va, j'ai entendu, j'ai compris", il faut vraiment comprendre jusqu'au pourquoi la personne a dit cela et les allusions implicites mais essentielles transmises; sans cela, il n'y a pas d'amour vrai dans la relation et l'impossibilité apparait de vivre avec cet autre qui ne "veut" pas vous comprendre et prétend toujours avoir raison. On entend seulement l'autre comme un minuscule dictionnaire logique mais faible. Quand le dictionnaire est plus large, il va jusqu'à comporter une multitude de sens et d'homologies et d'expressions autres pour un seul mot. Vous avez tout compris maintenant, pourquoi nous allons réaliser cette enquête sur le mot Eikha, longue introduction mais nécessaire. Bien entendu, comme dans la relation et comme procèdent les psychologues, chaque perception est accompagnée d'un point d'interrogation implicite. L'écoute n'a rien des compte-rendus d'analyse sanguine chiffrés et sûrs mais qui, finalement, ne tiennent pas compte des autres multiples facteurs d'une santé ou d'une maladie.

 

Localisations et sens du mot Eikha

Il comporte trois sens. Cela ne veut pas dire que ces trois sens sont étrangers.
- Eikha peut signifier "comment" (Eikh) comme en Dévarim 1,12 et 12,30 et 18,21 et 32,30 ou en Chofetim (Juges) 20,3 ou en II Rois 6,15 ou en Jérémie 8,8 et dans le psaume 73, 10.
- Eikha peut signifier "hélas" (Oyi") et il est alors le commencement d'une lamentation (qina) comme dans Isaïe 1,21; Jérémie 48,17, Eikha 1,1 et 2,1 et 4,1 et 4,2.
- Eikha peut signifier "où" (Eifo) comme dans le Cantique des Cantiques 7,1 deux fois.
Prononcez, même en français le mot "comment" dans différents tons de stupéfaction, d'objection, de dégoût, de demande d'explication, de provocation, d'attaque, et vous verrez combien un mot peut être un "foyer pivotant et simultané d'innombrables expériences et défis existentiels". Je place des guillemets pour bien accentuer sur cette réalité complexe mais effective.
Ecoutez maintenant tous ces Eikha et ajoutons, caractère essentiel, que chaque être humain (vous-moi-autrui) a une écoute unique, irremplaçable que ne peut entendre aucun autre. A vous de jouer. En ayant confiance en vous-même, c'est le Lékh kékha, exigé par D.ieu envers les hommes, la confiance en soi et l'assurance que l'on découvrira en avançant seulement: notre tradition dit "éizéhou 'hakham ha roé éte ha nolad", "quel Sage celui qui voit ce qui est à l'état naissant" (Massékhète Tamid du Talmud, page 32a). Donc, en avant (qadima!).

Première localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment)

en Dévarim, Deutéronome 1,12-13:
Traduction: "Comment donc je porterais (je parviendrais à porter) seul votre labeur, vos fardeaux et vos disputes, donnez (nommez) parmi vous des sages, névonim, reconnus...".
Je n'ai pas traduit le mot névonim que ne rend aucun mot français qui est trop logique; navone veut dire: celui qui comprend davar mitokh davar, une chose depuis l'intérieur de cette chose. Vous trouverez cela dans Rachi sur Chémote 31,3 et dans ses sources dans le Talmud en Irouvine 100b, Haguiga 14a et Sanhédrine 93b.

Ce texte nous montre donc par ce mot que le "pénible" (votre labeur, vos fardeaux et vos disputes) n'a de solution qu'à la condition de chercher à nouveau la légèreté de la vie incluse.

Deuxième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
en Dévarim, Deutéronome 7,17:
Traduction: " Peut-être diras-tu en ton coeur: ces nations-là sont plus considérables que moi, comment pourrais les déposséder...."
Nous retrouvons la même problématique du découragement éventuel devant l'impossibilité apparente de vaincre.

Troisième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
en Dévarim, Deutéronome 12,30:
Traduction: "comment ces peuples servaient leurs dieux, je vais faire comme eux moi aussi".

Une autre tentation spontanée qui risque de nous mener à la catastrophe. Les dieux invoqués aujourd'hui sont la richesse, la consommation, le refus de prendre en charge les pauvres, le mythe de l'économie, de l'informatique, la politique, etc. Soyons lucides sur notre idolatrie.

Quatrième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
en Dévarim, Deutéronome 18,21:
Traduction: "comment reconnaitrons-nous la parole qui n'émane pas de Hachém?"

Il faut absolument aller lire le contexte car il nous montre la réponse au piège dans lequel beaucoup tombent actuellement dans le judaïsme comme en d'autres époques qui ont conduit à des catastrophes terribles après l'illusion que le Messie allait arriver selon tel personnage ou telle date, etc,. La règle est claire: ne vous prononcez JAMAIS sur la qualité d'un tel Sage ou prophète qui semblerait le meilleur jusqu'à ce qu'il ait donné la seule preuve valable: il aurait transformé le monde entier. Point final. Le Rambam a insisté clairement sur cette règle et il ne s'agit nullement de la preuve transitoire consistant en un immense amélioration ou en un mouvement immense mais dans la transformation totale et radicale. La chose a été tranchée de la manière la plus claire par les plus grands Sages et par les catastrophes qui ont découlé chaque fois que la règle a été oubliée ou transgressée.

Cinquième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
en Dévarim, Deutéronome 32,30:
Traduction: "Comment un seul homme pourrait-il en poursuivre 1000, deux en mettre en fuite une myriade (révava), si Hachém ne les leur a pas vendus et livrés".

Allez lire le contexte.

 

Sixième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
en Chofétim, Juges, 20,3:
Traduction: "Explique-nous comment est arrivée cette chose odieuse".

Encore une fois, les jeûnes et lamentations ne sont pas un rite externe mais le but est de dénicher la dynamique précise qui meut nos actes autodestructeurs. Le contexte nous éclaire.

Septième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
en II Rois 6,15:
Traduction: "Ah! mon maître, qu'allons-nous faire!?"

Lisez cette histoire. Seul celui qui sait réagir en reprendant les axes vrais peut éviter le désastre pour soi-même et pour le peuple. Une leçon de formation.

Huitième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
en Jérémie 8,8:
Traduction: "Comment pouvez-vous dire: nous sommes des sages, nous sommes en possession de la doctrine de Hachém?".

Voilà la réponse à découvrir dans le texte pour une maladie si fréquente aujourd'hui où tant leurrent le peuple en prétendant qu'ils ont toutes les clefs et eux seuls, et méprisent les autres à leur droite et à leur gauche, s'attribuant le monopole de Dieu et du judaïsme. Une énorme réflexion sur l'actualité est nécessaire constamment en ce sens selon la Torah. Avec courage.


Neuvième localisation dans le premier sens du mot Eikha (comment):
dans le psaume 73, 10-11:
Traduction: "C'est pourquoi son peuple en arrive au même point et boit de larges rassades d'eau (Torah falsifiée) tout en disant: Comment le Tout-Puissant peut-il savoir? Le D.ieu suprême possède-t'il la science?"

Cela aussi est constant, le règne des "combinotes" comme on dit en hébreu où on s'arrange avec les tricheries morales et légales sous prétexte que cela est entre Juifs ou pour nous. Comme me disait un digne personnage portant tous les habits de l'emploi et que j'interrogeais sur la contradiction entre ce qu'il me proposait et la Torah: "Ah, vous, si vous mélangez la Torah et les affaires...". Bien souvent les antisémites ont pris appui sur nos fautes en ce domaine.



Première localisation dans le second sens du mot Eikha (Hélas, la lamentation):
dans Isaïe 1,21:
Traduction: "Hélas, comme elle est devenue une prostituée, la Cité fidèle..."

Tous ces textes, sont en contradiction avec l'attitude assez généralisée dans le judaïsme communautaire actuel qui est de refuser de mettre en évidence les erreurs, prétextant faussement que c'est une attaque contre le judaïsme lui-même, contre les Sages et contre D.ieu. C'est l'argument de tous les despotes mensongers. Au contraire, ces textes nous montrent que cette attitude conduit directement à la ruine de la morale fraternelle, détruit le peuple, son existence même, sa possession de la terre, et c'est une atteinte à la Torah et à la volonté de D.ieu. Le langage actuel est donc en contradiction avec le type de langage de la Torah et du Tanakh et le grand argument fallacieux utilisé est que l'on ferait alors du lachone ha ra, de la médisance. Subtilité apparente qui ne tient pas une seule seconde devant les textes saints. En ce jour, nous sommes contraints d'être honnête et d'ajuster nos mots à ceux de la Torah.


Deuxième localisation dans le second sens du mot Eikha (Hélas):
dans Jérémie 48,17:
Traduction: "Hélas, elle a été brisée, la verge puissante, le sceptre magnifique."

Voyez le contexte. Il insiste sur le fait que tous le diront car il n'y a pas de possibilité de tricherie avec ces règles, et on sera contraint par la Torah de reprendre cette ligne jusqu'à Kippour.


Troisième localisation dans le second sens du mot Eikha (Hélas):
dans Eikha 1,1:
Traduction: "Hélas, comme elle est assise solitaire, la cité jadis populeuse..."

Si on ne comprend pas où risque de nous mener notre dérapage, cela est pourtant bien clair...


Quatrième localisation dans le second sens du mot Eikha (Hélas):
dans Eikha 2,1:
Traduction: "Hélas, comme le Seigneur, dans Sa colère, assombrit la fille de Sion..."

Un élément nouveau nous est asséné ici: ce ne sont pas seulement les conséquences fatales de nos actes qui produiront cela, mais D.ieu ne le supportera absolument pas et le résultat terrible sera automatique tant que nous irons en ce sens.

 

Cinquième localisation dans le second sens du mot Eikha (Hélas):
dans Eikha 4;1 et 4,2:
Traduction: "Hélas, comme l'or est terni... Hélas, les voilà estimés à l'égal des vases de terre dans les mains du potier"

On nous demande de bien prendre conscience que la conséquence ne sera pas une ambiance, une image, une impression mais une réalité de destruction concrète.

 


 

Le troisième sens du mot Eikha (où):
dans le Cantique des Cantiques 1;7:
Traduction: "Dis-moi, toi qui aimes mon néféch, (mon être, ma personne, ma personnalité), où fais-tu paître (ton troupeau), où tu le fais reposer à midi...?
Pourquoi serais-je comme une femme voilée (en deuil) auprès des troupeaux de tes amis?"

Ici, nous supplions D.ieu et faisons appel à Son amour envers nous pour nous aider dans tout cela.

 

Il est maintenant près de 3 heures du matin, nous avons étudié ensemble longuement dans la nuit pour parvenir à une étude sérieuse et cohérente jusqu'à son terme. Nous sommes cadrés dans les textes et en nous-mêmes, nous ne pouvons plus jouer avec les mots en les marmonnant sans les comprendre et sans les intérioriser: Chémâ Israël, entend vraiment Israël. Nous ne pourrons plus dire que nous ne savons pas.
Les Lamentations n'étaient pas pour jouer la comédie de pleureurs mais pour prendre conscience de la gravité de l'enjeu dans nos conduites. Comme a dit quelqu'un: "être ou ne pas être, là est LA question".
Nous savons maintenant comment écouter, et comment agir.
Et le judaïsme ne nous laissera pas tranquille sur cette piste jusqu'à Kippour!

Page sur la fraternité nécessaire pour éviter ces catastrophes.
 
Priez pour SARAH COHEN BAT SOULIKA qui est malade et souffre

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