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Expliquez-moi la prière juive
2e cours:

Le Tiqqoune 'hatsote
prière de minuit


par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basées sur les livres de nos Sages

Site Modia   http://www.modia.org



 
1. Qu'est-ce qu'un tiqqoune
2. Le tiqqoune de la prière de minuit
Poème : Minuit, après le Tiqqoune 'hatsote
Dessin : La danse de tiqqoune
Poème : Terre d'Israel et tendresse
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Pour comprendre ce qu'est le Tissoune 'hatsote, il faut d'abord comprendre la notion et l'activité de Tiqqoune (réparation) dans le judaïsme.

Ce concept fait partie du vocabulaire de tous les courants du  judaïsme. 
Il s'insère dans une conception générale présente dans le judaïsme le plus authentique que  le peuple juif est engagé dans un tiqqoune du monde où agissent des forces positives et négatives. 
La "réparation"  a commencé avec les patriarches, elle s'est poursuivie sur le plan familial puis national ; il y a eu des rechutes  comme les phases de destruction du Temple ; il y a aussi une certitude que le processus de réparation n'échouera pas  et qu'il y aura des phases propices au retour au projet divin. Les commentaires du site Modia sont dans cette ligne.
On trouve là le concept de téchouva (retour), celui très complexe de  Machia'h qui est analysé avec précision à la fin du Traité Sanhédrine et par le Rambam. Il y a  toujours des individus qui exploitent ces espérances pour abuser des personnes de qualité qui n'ont pas de formation suffisante dans le discernement. C'est tout le problème constant des faux-messies.  A la fois, la réalité du tiqqoune est authentiquement juive, et le processus est très complexe à mobiliser et à descerner. C'est cependant une des  bases de la émouna, foi et confiance juives ; c'est pour cela que le Rambam l'a introduit dans ces îqarim, principes de base. 

 1. Le tiqqoune c'est la réparation d'un manque ou d'un défaut, qu'ils soient dans la fabrication ou dans ce qu'est devenu un  objet, une personne, une situation. 

2. C'est la technique de réparation établie par nos Sages et qui consiste dans des programmes précis de textes à  étudier, de prières à dire, à des dates ou heures particulières ou dans des circonstances précises, après avoir réalisé des actes précis de purification des intentions (par exemple, miqvé, tsédaqa, viddouï ; bain de purification,  bienfaisance, aveu des fautes, etc.). Ainsi,  le Tiqqoune 'hatsote qui se dit la nuit à minuit. 

  3. Un tiqqoune particulier basé également sur des textes composés par les Sages, est le corpus de textes que l'on  lit pendant la nuit de certaines fêtes comme le tiqqoune Chavouôte, le tiqqqoune de la nuit de Hochaâna Rabba  (voir ces deux mots, à la suite de celui-ci). 

  4. Le tiqqoune néchama entre dans ces cadres qui dépassent le niveau du commun. Il s'agit d'améliorer l'être,  non plus seulement dans ses comportements et dans ses attitudes intérieures, mais dans la nature de son âme car il y  aurait eu des accidents de parcours, soit dans les vies antérieures, soit dans le processus de purification après la  mort, et l'âme aurait besoin de l'aide de prières. Les plus grands mystiques juifs parlent de cela. Mais, ici, c'est  plus qu'une mise en garde qu'il faut placer ; en effet, qui peut prétendre qu'il vit à ces niveaux de pureté, qu'il a  reçu le don divin de voir et de comprendre ces niveaux ; qui se prononce là-dessus et prétend interpréter ou donner des conseils en ce domaine est un dangereux charlatan, hormis les rares Sages reconnus comme tels par les plus  grands tsaddiqim de la génération. Le judaïsme qui a une longue expérience millénaire des conduites des hommes met en garde contre les tentatives de s'égarer dans les situations extrêmes. Les fils de Aharone ont péri dans cette voie ; le roi David pensait pouvoir aisément affronter ces voyages avec leurs épreuves et il a reçu des épreuves qu'il  lui fut très difficile de supporter. Et nous n'avons pas ces niveaux. Il existe une pathologie de ces expériences, dont parle la littérature 'hassidique et le folklore concernant le "dibbouq". 

  5. En ce sens, dans la conduite populaire, on parle aussi de tiqqouné chabbate (au pluriel) pour désigner la  pratique de lire des ensembles de cantiques ou psaumes qui mettent en valeur la beauté du Chabbate, et qui ont été  organisés par les caballistes, spécialement le Arizal

  6 Dans la même ligne, on désigne le tiqqoune Klali qui concerne spécialement des déficiences dans les dimensions sexuelles. 

 7. On parle aussi de tiqqoune hallachone quand une lettre supplémentaire apparait et produit des anomalies dans  une forme grammaticale d'un mot. Voyez l'analyse de ce phénomène par Rachi dans son commentaire de Béréchite  49, 22 et Chémote 18, 8 et Bamidbar 11, 16 et Isaïe 9, 6 et Job 32, 3. Il y a des raisons très profondes à ces  anomalies, qui transmettent souvent des secrets de la Torah, ou parfois ce sont des formes qui permettent d'éviter une lecture qui porterait préjudice à la dignité de la Torah. 

  8.On parle alors de tiqqoune sofrim

  9. Last but not least, les Tiqqouné hazzohar sont l'un des livres du Zohar qui, en 70 chapitres commentent uniquement le premier mot de la Torah et décrivent les nombreuses correspondances qui existent entre les lettres ou  les versets de la Torah, aux niveaux les plus élevés. Ce livre est écrit en araméen. 

  10. Une expression courante, qui joue sur tous ses niveaux, mais en revenant sur le plan de l'organisation sociale,  par le "tiqqoune haôlam", c'est souvent une décision d'un Sage reconnu par la génération entière qui décide d'une mesure qui change les usages, mais justement parce que cela remet dans le bon ordre des choses. On en parle ainsi  pour ce qui vient améliorer les choses dans la paix. 
 


Le Tiqqoune 'hatsote
Ce n'est pas une technique de méditation de groupes ésotériques, ni une pratique mystique des cercles de caballe de Saféd. 
Il faut remettre les choses dans leur ordre.
1.
Le Traité Bérakhote, pages 3 et 4, nous décrit longuement comment le Roi David et nos Sages, à son exemple, étudiaient et priaient. Cela, pour enseigner comment faire au simple juif, et pour nous en transmettre le sens.
Si les rois se lèvent à 9 heures le matin pour affronter les affaires de l'Etat, David qui avait les mêmes tâches se levait à minuit : jamais minuit, dit-il ne m'a trouvé endormi (Ps. 119, 62). Il dormait comme un cheval (qui, debout, est toujours prêt) et étudiait épisodiquement la Torah, puis à minuit il se levait fort comme un lion (Souccote 26b et Avoda Zara 3b) et il disait des psaumes et des louanges. Il continuait jusqu'à l'aurore et, alors, ses conseillers venaient lui dire de s'occuper des affaires du royaume et de ses sujets.
Coimme nous l'avons écrit dans la paracha Réé, dans la partie du commentaire de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra, sa tâche alors était d'éveiller le positif du monde
"Eveille-toi, ma gloire, 
éveille-toi musique de mon luth et de ma harpe,
j'éveillerai l'aurore"
Oura, khévodi, oura hannévél vékhinor, aîra hacha'har (Psaume 57, 9).
Il s'agit autant de l'aurore réelle que des aurores des énergies positives de l'homme et des forces positives de tout l'univers. Cela est décrit dans le commentaire de la paracha Réé. Car c'est la vie de tout le dispositif unitaire de la Torah, du Créateur et du monde, remis à l'homme et à son pouvoir s'il étudie et connait le bon fonctionnement des choses.

2.
De multiples écrits nous montrent que cette pratique a été transmise. Cela est compréhensible, étant donné la logique de ce qu'enseigne la Torah, et le fait que les psaumes de David sont un condensé de la Torah sous forme de chants poétiques, pour que nous vivions dans l'étude et dans le chant sensible de tout notre être. Voilà pourquoi nous mettons nos poèmes ; mais, eux, n'ont aucune  fonction d'enseignement, ils sont simplement chant de l'être.

3. 
Ensuite, le Ari, zal a rédigé la composition précise et optimale de ce Tiqqoune 'hatsote.
L'importance du Tiqqoune 'hatsote est telle qu'on s'arrête d'étudier la Torah, à cette cette heure si c'est le cas, afin de dire  Tiqqoune 'hatsote. 
Le  Tiqqoune 'hatsote se dit à partir de minuit jusqu'à la limite de lever du jour nommée âmoud ha cha'har.  Ce temps est une heure et demie avant le lever effectif du soleil, limite nommée néts ha 'hama.Le  Tiqqoune Léa peut se terminer cinq minutes après cette limite. Certains jours, il se dit assis par terre, d'autres jours non, spécialement quand on ne dit pas le  Tiqqoune Ra'hel ; cela est indiqué par l'enseignant. En tous cas, on ne s'assied pas à sa place habituelle.
L'intention est la peine de la destruction du Temple, nommée "angoisses de la Chékhina exilée de son lieu" auxquelles on s'associe ((léhichtatéf be tsaâr ha Chékhina ha nimtsét ba galoute). Cela comprend ce qui l'a causé (le manque de morale, d'amour fraternel, de sincérité dans la vie de Torah) et la Torah brûlée, les tsaddiqim ou justes assassinés et les Juifs dispersés.
On commence par regretter ses fautes (viddouï)  sauf quand on l'a déjà fait en disant le Ché"mâ Yisraël au lit. On dit préalablement les bénédictions du matin et celle de la Torah. Tout  cela doit être fait en humilité sincère et non ostentatoire.

Le  Tiqqoune 'hatsote est un ensemble qui comprend deux parties qui ne sont pas dites tous les jours de l'année.
- le Tiqqoune 'hatsote ne se dit pas le Chabbate, ni le Yom tov, ni à Roche Ha Chana ni à Yom Kippour, ni à 'Hol ha moêd Pessa'h. Les femmes ont la coutume de ne pas dire le Tiqqoune 'hatsote ; cela en raison du fait que c'est le masculin qui travaille à ce tiqqoune, et elles le remplacent par le texte de Pata'h Eliahou tiré des Tiqqounim ou par des séli'hotes.

- le Tiqqoune Ra'hel est dit dans une position précise de tristesse, comme une lamentation baignée de larmes sur la destruction du Temple, causée par nos fautes. Cela a entraîné une distance entre la chékhina et Haqqadoche Baroukh Hou, l'exil, la prise partielle et temporaire de courants religieux ou politiques sur la terre d'Israël et sur le peuple juif. On dit les psaumes 130, 79, le chapitre 5 des Lamentations (Eikha), des passages des chapitres 63 et 64 d'Isaïe, puis on atteint les passages de consolation (pisqé dé ra'hama) du chapitre 62 d'Isaïe.
Le Tiqqoune Ra'hel ne se dit pas pendant l'année de la chémita sur la terre d'Israël, ni pendant le Ômér ni la nuit de l'entrée du mois (léil Roche 'Hoddéche), ni après le modad, pendant les 10 jours de téchouva au début de l'année, ni le 'Hol ha moêd Souccote, ni le jour où le lendemain on ne dit pas ta'hanoune, ni le jour où  on ne dit pas ta'hanoune comme Pourim ou 'Hanouca,ni dans la maison d'un jeune marié, ni dans la maison d'un endeuillé, ni le père ni le sandaq le jour de la circoncision. On le remplace alors par quelques versets qui parlent de Ra'hel.

- le Tiqqoune Léa célèbre la réunion conjugale du projet divin. Il est composé des psaumes 42, 43, 24, 67.
Tous ces psaumes ont des sens près précis, et sont des combinaisons aussi complexes et précises que la Torah elle-même qui sont transmises par la tradition directe. Il va de soi que seul l'hébreu transmet ces sens. L'apparence exacte des traductions n'est qu'une petite partie du message du psaume.
Le  Tiqqoune Léa ne se dit pas le 9 av, dans la maison où il y a une circoncision, sauf en ce qui concerne le père.

Enseignement du Chla ha qaddoche sur le Tiqqoune 'hatsote.

Dans son sidour de prières intitulé Chaâr ha Chamayim, le Chla ha qaddoche donne cet enseignement sur le Tiqqoune 'hatsote :
- heureux celui qui parvient à le faire car sa valeur est incomparable.
- il est nommé êvéd Hachém (serviteur de Hachém) et c'est de lui qu'il est dit : "bénissez Hachém tous les serviteurs de Hachém qui se tiennent dans la maison de Hachém pendant les nuits...".
- il est nommé tsaddiq, juste. 
- il verra les enfants de ses enfants.
- la bonté divine ('héssed) vient jusqu'à lui.
- il est préservé de ceux qui poursuivent en justice.
- il fait partie de ceux qui ont accès au palais du Roi.
- sa nourriture lui est assurée.
- il n'est pas de midda (action basée sur une attitude de qualité) plus grande dans toutes les pages du Zohar, et il y revient fréquemment, sur toute paracha commentée.
- à suivre...


Précaution - Il va de soi que ce poème et ce dessin personnels n'ont qu'une fonction expressive et ne comportent aucune prétention d'enseignement, ni d'analogie avec les pioutim, poèmes religieux des Sages qui, eux, sont chargés d'enseignement.
 
 

Minuit

Poème après le Tiqqoune 'hatsote

 
 
Minuit

Toi aussi, dans la nuit, Tu pleures et gémis.
Ils sont nombreux ceux qui ont froid dans un lit.
Tiqqoune 'hatsote, nous Te disons amour, en minuit.
C'est trop facile d'oublier Ton palais détruit.
A minuit, ceux qui t'aiment sans témoins Te supplient,
pour Ton bonheur et notre vie, il faut le reconstruire.
Sinon, jamais ceux qui s'aiment ne seront réunis,
égarés comme Toi, sans lumière d'une bague qui luit.

Le soleil s'est éteint, les radios et le bruit ;
la vérité seule, enfin, dans nos bras, est la vie.
Dans le noir, nos yeux sont uns et unis ;
peu importe que Tu sois loin ou ici, 
le silence est Ta présence et je vais m'endormir.
Tu nous demandes le Chémâ au lieu de Te fuir.
Tu as besoin d'amour et de tendresse, Toi aussi.
Tu es tout puissant mais sans nous Tu t'ennuies.

Une caresse dans la nuit
ne fait jamais de bruit.
Un baiser, c'est discret, 
il peut ne jamais finir.
Quand tu t'endors
tu me souris.
Nos secrets 
sont unis.

Pourquoi nous demander de pleurer
sur Ta chékhina délaissée,
c'est indécent, c'est trop indiscret.
Peux-être voulais-Tu, délicatement, nous suggérer
que Tu veilles sur nos amours
et réunis les dispersés
car Tu es tout l'espace et l'éternité,
et l'audace et l'intimité.

Dormons, allons rêver.




La danse de tiqqoune
 


  SUITE:
1e cours: toutes les précisions générales sur la prière
2e cours: tiqoune 'hatsote, à minuit.
3e cours: modé ani ou mada ani, dès le réveil.
4e cours: l'ablution des mains, nétilate yadayim.
5e cours: la prière du matin : Cha'harite.
le Chémâ