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Formation
à la méditation juive
Etude et pratique, en 7 pages
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Expliquez-moi la prière
juive
3e cours: un axe pour ne pas chuter hors
de la vie
Comment se placer dès les premiers
mots de la prière
du matin dans une attitude de méditation très
efficace
La première prière,
le matin est: Modé ani ou Moda ani
(Sur la paracha Vayichla'h,
à l'heure de l'aurore,
après le combat de la nuit)
1. Le "Modé ani"
ou le "Moda ani"...
Dès le réveil, encore au lit, le
Juif quel qu'il soit, où qu'il soit, dit cette phrase
qui va épanouir son être:
Modé ani léfanékha, Mélékh
'Haï vékayam,
chéhé'hézarta bi nichmati bé'hémla,
rabba émounatékha.
"Je te remercie (ou je reconnais), Roi vivant
et qui subsistes,
que Tu aies fait revenir en moi ma néchama, dans Ta bonté,
immense est Ta fidélité".
la Juive dit cette même phrase au féminin:
Moda ani léfanékha,
Mélékh 'Haï vékayam,
chéhé'hézarta bi nichmati bé'hémla,
rabba émounatékha.
(Apprendre par coeur cette phrase, et bien la comprendre par
sa traduction).
Commentaire qui vous enseigne selon la Torah
la méthode juive de méditation afin de vous permettre
de réaliser (au sens fort du mot) en vous et par vous
la puissance de chaque mot de cette phrase et de l'intégrer
chaque matin:
Le constat
Sur le verset de Vayiqra 18, 5 "vous accomplirez
mes préceptes de façon à ce que l'homme
qui les réalise haï bahém en vive,
vive en eux, et vive par eux", le fils du Chla tenait ceci de
son père: dès le réveil, l'homme est assaillé
par la paresse et la fatigue et la tristesse (le Tour
ajoute aussi: par la peur que lui inspirent les autres et surtout
les railleurs qui lui font perdre toute assurance; donc, c'est
aussi la peur panique de la solitude et de l'impuissance).
Ce sont comme des forces extérieures
- qui neutralisent l'homme,
- qui l'influencent pour lui donner de mauvaises
raisons de ne pas tenir debout devant l'existence et devant
les tâches qu'il a à entreprendre, de ne
pas être capable de vivre dans les mitsvotes de la Torah
et dans la prière ;
- il ressent que ses membres et son être
sont faibles et comme morts. Il commencerait donc sa journée
dans une direction de faiblesse et de non vie, d'impuissance.
La réaction
La tradition nous enseigne comment réagir
: comme un guépard qui bondit, comme un lion puissant
(voir le début du livre du Tour).
Mais le Chla précise bien :...de manière
à adhérer à Celui qui est Lui-même
la Vie. Il s'agit donc de nous placer
- dans la REALITE où nous sommes en relation,
- dans cette relation où nous ressentirons la vie que
nous avons et recevons de Lui,
- de rester conscient de cette adhésion constamment.
Un véritable travail est à faire
n'est donc pas seulement de se lever mais, auparavant, de dire
cette phrase qui permet
- de franchir ces étapes à travers
les mots de cette phrase,
- en étant conscient à ce qui
y est dit.
- pour passer de la non-existence à la
vie,
- qui sera "la" vie venant directement
de Celui qui est la source de tout existant.
- de maintenir cette vie captée.
Cette méthode que certains
pourraient nommer "méthode de méditation"
est expliquée nettement par la Torah et Rachi à
chacun et aux enseignants:
dans la paracha Michpatim (Chémote 21,1) il est écrit:
vé ellé ha michpatim achér tassim lipnéhéim
(et celles-ci sont les choses ordonnées que tu placeras
devant eux) et Rachi nous explique ce que cela veut dire: Le
Saint Béni soit Il dit à Moché: qu'il ne
te vienne pas à l'esprit (lo taâlé âl
daâtékhé) qu'il puisse te suffise de leur
enseigner un chapitre ou une loi deux ou trois fois jusqu'à
ce qu'ils les connaissent mot à mot automatiquement,
sans devoir t'astreindre à leur en faire comprendre les
raisons et la signification. Voilà pourquoi il est écrit:
"que tu placeras devant eux, c'est à dire comme
une table préparée (choul'hane âroukh) pour
celui qui s'installe pour y manger".
Cela nous enseigne qu'il faut bien connaître le sens de
chaque mot, bien y être présent quand nous le disons
et le prions. Ainsi nous ferons sur ce premier texte de la journée.
C'est cela qui est mis dans cette phrase :
• Modé ani : l'immédiateté
de la création et de la transformation est rendue par
le sens du verbe modé, où il n'y a aucune
tergiversation ; en hébreu, il n'est pas écrit
"je te remercie", ni "je reconnais", mais "reconnais, je",
c'est beaucoup plus décisif. Dire ces mots en les
accompagnant que nous sommes engagés dans ces mots
et devenons ce que nous disons, réellement, définitivement.
Cette immédiateté efficace (des
psychologues appellent cela "réalisation symbolique")
est aussi enseignée par la Torah dans la paracha Nitsavim
(Dévarim 30,19): "Je prends à témoins
contre vous aujourd'hui le ciel et la terre, la vie et la
mort J'ai donné devant toi, la bénédiction
et la malédiction, tu choisiras la vie afin que tu
vives...". Il y a deux camps, le négatif destructeur
et le positif vital, et nous avons le pouvoir de choisir (ouva'harta
ba'hayim, et tu choisiras la vie) totalement, efficacement.
CE choix sera décisif et réalisateur.
Et la suite du commentaire de Rachi insiste sur le fait que
cette puissance est aussi indiscutable que l'existence des
mouvements des planètes ou des lois de la nature qui
sont là pour nous enseigner la puissance de cette efficacité
absolue du bien placé devant nos yeux comme un enseignement
constant. Rachi dit: sur le début du verset "Je
prends à témoins contre vous aujourd'hui le
ciel et la terre": Voici ce qu'a voulu dire le Saint
Béni soit-Il à Israël: observez le ciel
que J'ai créé pour vous servir. A-t'il modifié
sa nature? Est-il arrivé que le disque solaire ne se
soit pas levé à l'Est pour éclairer l'univers
entiers comme il est écrit dans Qohélét
1,5 ("le soleil se lève et le soleil se couche").
Observez la terre que J'ai créée pour vous servir.
A-t'elle modifié sa nature? Est-il arrivé que
vous l'ayez ensemencée sans qu'elle ait fait germer...".
C'est aussi le motif pour lequel nous mettons ces photos de
nature sur le site Modia pour que nous prenions l'habitude
constante de voir devant nos yeux cette Torah enseignée
dans sa vérité et présence efficace.
Ainsi, la certitude que "ce qui est dit dans la relation
à Dieu (de Lui à nous et de nous à Lui
dans la droiture) est exact et efficace" a cette puissance
absolue des lois de la nature.
Je précise tout ceci en ce moment de la prière
du matin, dès les premiers mots, pour "REALISER"
(au sens fort du mot) ce qui est dit en chaque mot au moment
où nous le disons. Cela se réalise alors.
Cette attitude, comprise et montée chez nous dans la
prière, est l'attitude juive de méditation qui
nous assure la présence effective à ce que nous
disons, et assure alors sa réalisation, comme nous
l'enseigne la Torah.
Continuons maintenant à exprimer chaque mot de cette
première phrase capitale du matin.
• léfanékha (devant Toi):
le face à face n'est plus avec soi-même dans
l'auto-centration somnolante ou destructrice, mais c'est une
mise en présence de l'Autre qui est LE roi, LE vivant,
LE continuant à parvenir à exister, contrairement
à celui qui est encore sans forces. Dire à nouveau
ces mots en les accompagnant que nous sommes engagés
dans ces mots et devenons ce que nous disons, réellement,
donc véritablement présents à Sa présence.
Et cela en chaque membre, en chaque cellule de soi-même.
Comme si ces oiseaux n'étaient qu'un seul et pourtant
multiples comme tout ce qui nous compose mais est un en une
seule musique. Face à une seule musique. Nos antennes
fonctionnant.
• chéhé'hézarta
bi nichmati (que Tu as fait revenir en moi mon âme
de vie), la vie que l'on n'a pas nous le recevons immédiatement,
maintenant; mais ce n'est pas n'importe quelle aide, mais
la néchama, la qualité totalement pure
et divine qui est au centre de notre être ; nous en
reprenons conscience que cette néchama nous réhabite
véritablement. Prendre le temps d'assimiler cette conscience.
• bé'hémla (par tendresse):
bien se dire et bien réaliser que cela est effet de
la tendresse, ce à quoi aucun humain ne peut résister
car c'est l'essentiel de l'existence. Cette phrase n'est
donc pas la récitation intellectuelle et théorique
d'une constitution ou d'une liste de principes de foi. C'est
reprendre conscience que je vis dans l'ensemble de Celui qui
est l'Etre (voir la paracha Vayétsé)
et qui est "bonté". Bien prendre le temps de réaliser
que nous sommes imbibés de cette tendresse divine, que
nous ne sommes pas seuls et non aimés, mais que notre
nature est entièrement dans cette bonté à
tonalité de tendresse.
• rabba émounatékha (elle
est grande Ta confiance). A l'incertitude et à
l'inconsistance, par cette phrase, j'intègre l'immensité
de confiance en soi et de la fidélité, car je
suis non pas dans ma propre confiance fragile et friable et
inconstante mais dans la confiance du Tout-puissant.
Ayant dit cela, non pas comme une phrase
automatique mais en essayant de bien entendre et de bien sentir,
alors le Juif ou la Juive se lèvent. Pas avant d'avoir
bien réalisé et bien stabilisé cette
conscience qui est un présent continu, désormais.
C'est le sens du Modé ani : l'immédiateté
continue, certifiée par moi: "reconnais, je". Et je
décide que cela est maintenu ainsi en permanence d'instant
en instants.
Quel qu'il soit, chacun a réintégré
sa dignité, ses forces reçues du Créateur.
D'autant, nous disent nos Sages, que cette phrase
a été construite en 13 mots en fonction des treize
middotes du Créateur, de ses treize caractéristiques
et démarches de bonté.
Ensuite, on va faire nétilate
yadayim, les ablutions sur les mains pour éloigner
complètement ces forces négatives. Et on dira
les 19 bénédictions qui vont développer
tout ce que l'on vient déjà d'intégrer.
Etude par l'écoute
intérieure
Ci- dessous, un poème, non un exposé, venu de
ces mouvements intérieurs en cette phase du réveil
et de la rencontre de ces mots.
Modé, je reconnais Ta bonté,
premier mot imposé ce matin.
Aucun choix, un seule voie :
tous les soucis où je veux me noyer,
j'ai dû déjà les abandonner,
ils sont loin et dépassés : modé,
seulement Ta bonté.
Modé ani : "je reconnais, c'est moi",
je ne suis que cela :
renouvelé, placé en Ta seule bonté.
Modé ani léfanéikha,
je reconnais, face à Toi.
Et j'ai apporté avec moi
tous ceux que j'aime de fraternité :
celle qui peine, et l'isolé,
le malade et ce pauvre désespéré.
Modé, je les ai aussi dépouillés
des écorces qui enserraient ;
Aharone haCohén ravive le chandelier,
en chaque lampe, l'huile est pure,
la mèche seulement, il nous faut nettoyer,
ne crains pas, mon ami, pour ta liberté.
Un Juif se lève, il trie le monde en secret,
il tire le monde vers Ta bonté,
soudainement : Modé.
Dès maintenant, c'est l'heure
de choisir le bonheur.
C'est fait : Modé,
cette journée est cadrée
en Ta bonté.
Ton bonheur est plus fort
que toutes nos peurs.
Avançons maintenant dans la phrase dite, en méditant
chaque mot pour bien nous en approprier toutes les ressources
présentes:
Modé
en hébreu, Ta langue sacrée, c'est
reconnaître et avouer,
renoncer et louer,
lâcher toute sécurité
des pensées, anxiétés et projets
pour reconnaître une seule unité,
celle, envers Toi, de ma réceptivité.
car Modé ani
je reconnais que je suis
à l'image du seul "Ani",
seul "Je" établi
pur, vrai, infini.
Je n'ai d'autre "je, ani"
que dans ce lien précis.
Modé ani léfanéika
devant Toi
en Ton face à face,
seul regard et seul espace
dans lequel tout se place.
Nul écart. Double unité.
Modé ani léfanéika Mélékh
je reconnais en moi
que Tu es Roi de tout être,
que tout être vit en Ta loi.
Il n'est de force que la Tienne
en laquelle chacun reçoit tout l'être.
Hors de cela chacun est poussière.
Modé ani léfanéika Mélékh
'Haï
Ce face à face est vie ;
devant lui éclatent
les prisons des soucis,
les regards de haine et d'envie.
Le seul Roi de vie est ici
chez celui qui Lui dit "oui".
Modé ani léfanéika Mélékh
'Haï vé qayam
Roi de vie vivante et droite,
vie promise et qui subsiste
en un Juif qui marche
en Ta présence vivante.
Ce ne sont pas les buildings
qui dirigent et dominent,
ni les nouvelles et les régimes.
Il n'est d'existence
que dans Ta présence.
Modé ani léfanéika Mélékh
'Haï vé qayam
ché hé'hézarta
C'est Toi, pas moi,
qui fait revenir notre vie
après les nuits.
Ce ne sont pas les partis,
ni les économies,
ni les choix du prochain roi,
ni les riches,
ni les journalistes.
Encore aujourd'hui,
rien que de Toi
nous recevons la Vie.
Modé ani léfanéika Mélékh
'Haï vé qayam
ché hé'hézarta bi nichmati
Par Toi, en nous inscrit,
Tu places en source Ta vie
inscrustée en moi
en simple écrin
précieux et fragile,
friable et prétentieux
puisque Tu l'aimes
depuis Tes cieux.
Modé ani léfanéika Mélékh
'Haï vé qayam
ché hé'hézarta bi nichmati
bé 'hémla
C'est par tendresse tout cela ;
dans les milliards d'autres mots,
un seul est assez beau
pour cerner ce réseau
des univers et des au-delas :
seulement... : tendresse, 'hémla.
Modé ani léfanéika Mélékh
'Haï vé qayam
ché hé'hézarta bi nichmati
bé 'hémla
raba émounatékha
Elle est immense Ta confiance
en notre engeance décourageante.
Mais notre expérience prend naissance
et renaissance en Ta patience
incessante et vivifiante.
Toi rien que Toi.
Et la joie.
Etude par la réflexion
intellectuelle
La technique
Le Traité Bérakhote du Talmud (5a) dit ceci:
'hassidim ha richonim hayou chohim chaâ a'hat ou mitpalélim,
les Sages du coeur les plus anciens avaient l'habitude de
passer une heure de préparation avant de prier et
ensuite ils faisaient la prière.
Cela nous indique que si nous plongeons directement dans
la prière, nos mots ne seront pas compris, ne seront
pas sentis, ne seront pas portés par notre intelligence,
par notre intention, par notre coeur. Nous prierons comme
des machines et nous acquitterons extérieurement
d'une obligation, même si nous le faisons dans une
bonne intention volontairement, nous ne serons pas présents
à ce que nous disons ni au contenu du message.
Si les plus grands Sages avaient besoin de ce temps d'arrêt
et de préparation, kal va 'homér (a fortiori)
combien plus nous les petits.
Cela nous enseigne que
- les mots sont chargés de sens
- nous ne les captons et nous ne les portons
que si nous faisons un arrêt très organisé.
Prenons un exemple venant de l'expérience des psychologues,
psychothérapeutes ou conseillers. Quand une personne
a fait avec nous un parcours de psychothérapie ou
de psychanalyse pendant plusieurs années et qu'elle
a terminé avec satisfaction, elle dit souvent en
quittant: "tout ce que j'ai découvert, je l'avais
dit dans la première phrase quand je vous ai rencontré,
mais il a fallu tout ce temps là pour l'entendre
et le comprendre!".
Quelle perte de temps, d'argent, de vie faisons nous de
ne pas entendre. Nous comprenons maintenant pourquoi la
Torah prescrit à tous les Juifs de redire sans cesse
chaque jour cette phrase: "Chéma Israel, écoute,
Israël". Car l'écoute donnerait toutes
les clefs et nous n'écoutons jamais. Nous ne savons
pas écouter.
Dans la formation d'écoutants que sont les conseillers
en tous genres, je développe cela d'abord. Après
une session de formation pour des conseillères juives,
qui me demandaient comment ensuite développer cette
aptitude, voici ce que je leur ai écrit:
"Comme vous l'avez souhaité, je vous ferais
parvenir par intervalles, des textes pour intensifier votre
formation sur les dynamiques que la conseillère doit
mettre en oeuvre. Mais, selon notre axe original, en développant
cette formation personnelle aussi à partir de textes
de la Torah et de notre tradition. Vous constaterez que
les axes sont identiques, qu'il n'y a pas contradiction
entre ce qui est nécessaire dans la relation de conseillère
et ce que nous enseigne la Torah pour écouter un
texte et pour le comprendre. Vous ferez ainsi cette formation
personnelle au coeur même de votre identité.
La présence et son développement.
Nous avons vu de multiples fois, dans les entretiens joués
en psychodrame pour les étudier et dans les interrelations
dans le groupe, que l'essentiel est d'être présent
à ce qui est dit, car tout est déjà
dit ici et maintenant sans avoir besoin de chercher la solution
par des questionnaires.
Ensuite, nous avons vu comment ouvrir le mot comme un éventail
et la personne découvre d'elle-même sa voie.
Aussi, nous allons nous entraîner sur le début
d'une rencontre: à ne pas glisser sur les
mots
mais
1- à y être intensément présents,
2- à penser ce que l'autre dit en le ressentant intensément,
corporellement, dans
tout notre être
3- à recevoir toute sa multitude de messages.
Pour faire cela, nous
allons prendre un exemple que vous pratiquez chaque jour:
les premiers mots du matin (moda ani, ou modé ani),
car ce sont nos premiers mots chaque matin, comme les premiers
mots d'une personne que vous écoutez en consultation.
Vous trouvez cette exercice de formation sur la page suivante
de Modia (celle-ci):
Travaillez cette page seule, puis à plusieurs ensemble.
Enfin, faites-le en cette présence apprise, chaque
jour.
Enfin, appliquez cette écoute à ce que vous
entendez de proches et de vosconsultants.
Bon travail personnel."
Dans d'autres cultures
(qui ne sont pas des religions basées sur la substitution
au judaïsme), cette approche a été très
développée. Elles sont passées maîtres
parfois dans la capacité de présence et d'écoute
par la méditation, et par la rencontre de soi et
la rencontre avec l'être essentiel qui meut le monde
autant que cela est possible du côté de l'homme
sans avoir reçu la révélation de la
Torah. Le Traité Sanhédrine nous dit de reconnaître
les valeurs des autres cultures, d'en prendre le meilleur
et non le pire, mais de savoir que dans le domaine de l'essentiel
nous avons aussi reçu un plus: la révélation
où Hachém a parlé, a dit Qui Il est,
comment Iil nous associe.
Donc, il faut garder les qualités les plus humaines
mais aussi y ajouter ce plus. C'est ce que faisaient les
'hassidim des temps anciens.
Le contenu
Alors, nous sommes en présence du contenu réel
de la personne qui parle. Et, dans la prière, qui parle?
Hachém et notre coeur. Hachém est présent,
mais notre coeur et notre conscience ne sont jamais présents
spontanément.
Dommage, car le contenu de ce qui se dit et de ce qui se fait
réellement dès ces premiers mots est terriblement
important. voyons-le. C'est la Création et la re-Création.
1. D'abord, nous "acceptons" l'ordre du monde créé:
modé (pour les hommes) et moda (pour les femmes). Nous
faisons obédience à cet ordre. "Je reconnais,
j'accepte, je loue" en un même mouvement.
2. Ensuite, de par cette reconnaissance, nous disons "ani,
moi, je". Mais le "moi" juif n'est pas simplement
un condensé de tout ce qui m'est personnel à moi,
un self d'identité et de psychologie. L'hébreu
n'a pas choisi pour me nommer un mot sans signification particulière
dans sa structure (je, I, yo, etc) mais il a choisi le mot qui
est le Nom personnel de Hachém. On entre dans des dimensions
plus que cosmiques sur l'identité humaine: le je (ani)
humain est le même mot que le Je (ani) divin.
Au début du livre de Chémote (Exode), Moché
cherche ce Nom de D.ieu et pose la question et D.ieu lui déclare
qu'Il ne s'est pas révélé sous Son nom
complet même aux Patriarches mais Il le lui donne. Les
religions orientales comme l'hindouisme pressentent que le soi
individuel le plus élevé (atman) a un rapport
direct mais innommable avec l'être essentiel (brahmane);
l'hindouisme qui va très loin dans la pureté de
cette approche, n'a pourtant pas reçu cette révélation
de la réalité de ce lien dite par l'Etre essentiel
Lui-même. Et nous, nous aurions l'impertinence, ou le
privilège d'entendre cette nomination (ani) et aussi
de l'appliquer à nous-même ou à la valeur
d'autrui? Non pas par notre valeur propre mais uniquement par
volonté du Créateur qui en a décidé
ainsi et qui a toujours tenu à nous rappeler par le récit
de la Torah combien nous sommes imparfaits et pas meilleurs
que les autres. Nous avons seulement reçu ce don gratuit
de Sa révélation qui est mission exigeante pour
le bien de tous.
Avraham vient de cet orient et étudia toutes les religions
et philosophies et les sciences les meilleures de son époque,
les prenant au sérieux; et il avançait toujours
d'avantage en exigence, insatisfait sur la compréhension
de l'essence du fonctionnement de la création. Nos textes
nous le disent. Et la réponse lui fut donnée quand
il se rapprocha de ce qui sera la terre d'Israël, il comprit
que de là venait la clef, et elle tint en ces mots: lekh
lékha (va vers toi-même), voir
l'important commentaire ici. Cela concerne notre sujet.
Et, confimé dans sa propre recherche sur ce lien du soi
à l'essentiel moteur et organisateur, il découvrit
que cela est inscrit dans la relation qui est ahava-hessed,
amour, avec celui qui est lui-même cela; là est
la clef de tout, la vie de tout, l'organisation interne de tout,
bien plus que toutes les autres dynamiques apparentes, théoriques,
scientifiques et autres. Bien entendu, il avait depuis longtemps
balayé l'impasse que constituaient les idoles (nous ne
les abandonnons pas si facilement).
Et il découvrit alors que ce moteur, si l'on peut dire,
Lui-même se révèle et parle. Ce fut le début
de la révélation essentielle qui n'est pas un
traité de théologie mais une révélation
basée sur la quête existentielle du ani (moi) qui
découvre sa relation au Ani source. Nous sommes remis
en ce point, au matin, dès nos premiers indices de reprise
de conscience.
En effet, D.ieu se définit ainsi constamment par Ani
quand il met la puissance de Son être : Ani Hachém
ou bien Ani Ani Hou (Chémote 32,39). Il faut étudier
tout cela avec modestie, humilité (ânava), qualité
de Moché. Et tout reprendre à partir de ce seul
fondement de l'être qu'Il est, fondement de notre être
et de notre ani. D'où ce : modé ani du matin (je
reconnais "moi").
3. Nous sommes donc replacés, en disant ces premiers
mots le matin, dans l'instant de la Création où
D.ieu décide de nous faire, et à Son image et
ressemblance. Aussi, quand nous disons," modé ani,
je reconnais moi", nous disons que nous acceptons d'abandonner
notre petit moi embrouillé, faible ou prétentieux,
ou malheureux, ou ou... pour n'être que comme à
l'instant pur et merveilleux de la Création: uniquement
de la qualité du Créateur.
Il va de soi que nous devrons aussi regarder les autres en ce
sens dans la journée.
Quand nous prenons le journal le matin ou la radio, nous sommes
loin d'entendre parler de cette beauté essentielle de
l'homme.
Justement, la prière du matin consiste à se remettre
dans l'ordre beau, bon, juste et créateur de bonheur.
Nous essayons très imparfaitement et laborieusement de
reprendre cet axe dans le regard sur les nouvelles d'actualité
sur Modia.
On comprend qu'il serait lamentable de ne pas prier le matin
selon de tels mots, ou simplement de mettre les téfillines
en vitesse. Quelle perte nous ferions!
4. Maintenant que nous avons compris comment nous nous branchons
en ces premiers mots, nous allons comprendre en ce même
sens les mots suivants:
modé ani léfaneikha (devant Toi). Ce n'est pas
une formule, mais nous sommes en réalité "devant
Lui", devant le Roi (mélékh) des rois des
rois. Devant le seul Existant qui, seul, donne l'existence que
ensuite les scientifiques découvrent peu à peu
dans sa manifestation mais qu'ils ne créent pas et qui
n'a d'être que suspendue au seul Existant.
La suite le dit:
Modé ani léfanékha, Mélékh
'Haï vékayam, (Roi vivant et subsistant).
Tout cela nous est donné et branché sur cette
source. Il faudra ne pas l'oublier, ni vivre simplement comme
canadien, américain, français, professionnel de
ceci ou cela, etc mais notre identité est à ce
niveau de participation; c'est cela qui est écrit sur
notre carte d'identité réellement. Comment cela?
Le nom Yéhoudi, juif, est composé des 5 lettres
du Nom divin, plus la lettre daléte qui indique les dimensions
de l'espace qui est le nôtre, et du pauvre (dal), et de
la porte qui nous est donnée (déléte).
Tout cela est l'enseignement de nos Sages (Otiotes de Ribbi
Aqiva). Soyons toujours conscients de cette valeur. Et quand
des persécuteurs chrétiens nous ont traités
de "sales juifs" pendant des siècles, ils n'ont
fait qu'insulter et salir le Nom divin mis dans le nom d'identité
de Son peuple.
chéhé'hézarta bi nichmati (qui nous a fait
revenir à l'âme essentielle) nous comprenons maintenant
ces mots qui parlent de la re-Création à laquelle
nous venons d'assister ce matin et qui nous redonne le souffle
de Sa vie.
bé'hémla, en
bonté miséricordieuse. Oui, c'est un cadeau
d'amour immense et dont nous n'avons par nous-mêmes
aucun droit ni mérite. Pourquoi sommes-nous aimés
ainsi? Aucun motif sinon que le Créateur nous aime.
Mais cela, il faut au moins le reconnaître. Et en
être conscient aussi également dans notre regard
envers les autres créatures, toutes, car les Juifs
ne sont que le canal de la bénédiction pour
toutes Ses créatures faites à Son image.
rabba émounatékha. Oh quelle est immense la
confiance que Tu nous fait.
5. Maintenant, après cette préparation, posée
par notre tradition comme une condition première
avant tout mot et toute pensée et toute action pendant
la journée,
- nous allons essayer de ne pas perdre cette forme de conscience
aux mots dans la suite des bénédictions qui
continuent exactement la création.
- nous allons essayer de ne pas perdre cette forme de conscience
aux mots dans la suite des mots que nous entendrons de toute
personne.
- nous veillerons à ce que tous les mots qui sortent
de notre bouche aient cette pureté. Notre corps a
été bien créé pour que les excréments
sortent par un autre endroit que par la bouche et beaucoup
l'ignorent et les sortent par leur langage également.
Et il y a des lieux discrets pour aller sortir les excréments
mais ne pas les jeter vers le visage d'autrui par le langage.
- nous n'oublierons jamais que Ani-ani: tout est basé
dans le monde sur la réciprocité. Nous devons
en prendre conscience, c'est ainsi même pour Hachém.
Etre aimé/e sans réciprocité n'a aucun
sens existentiellement, n'est d'aucune morale, abolit toute
autre morale que nous prétendrions avoir.
Maintenant que l'on a compris l'axe de l'attitude à
prendre dans la prière, nous pouvons aller revoir
le plan
de toutes les pages de Modia sur la prière (lien
ici) et nous garderons l'axe.
Et notre prière sera efficace, car elle sera branchée
en mots et sentiments reliés à Celui qui est
mots-créateurs. C'est ce travail de rectification
de l'axe que le Roi
fait en chacun de ses
psaumes (voyez
nos commentaires, ici), aussi bien pour lui-même
que pour les mots d'autrui (lisez par exemple le psaume
2
Soyez sûrs de la justesse de cette approche. Elle
est basée en particulier sur les commentaires de
la prière du Chla
ha qaddoche (lien ici) dans son introduction à
son siddour de prières Chaar ha chamayim (Portail
des cieux) qu'il a attendu d'écrire jusqu'au moment
où il serait dans la sainteté de Jérusalem
après son alyah. Torah Yérouchalayim. Lieu
de la Création du monde et de l'homme. De tous les
humains.
Terminons par une note sur la qualité de l'écoute:
- nous comprenons mieux par cette démarche, combien
la présence effective aux mots nous met dans un univers
extrêmement riche, et qu'il ne faut pas y voir seulement
des bribes d'une phrase globale qui ne serait qu'un poteau
indicateur envoyant vers ailleurs. C'est ici, dedans, que
se trouve le trésor. Le Roi David l'a dit:
"Ahat dibbér Eloqim, chtaïm-zo chamâti"
(une fois a parlé D.ieu, deux fois j'ai entendu.
Psaume 62, 12).
- il suffirait d'entendre le contenu et la richesse de ce
qui se dit, ici et maintenant, nous aurions reçu
la réponse à toutes nos attentes.
- D.ieu dit en effet: "léan'hil ohavaï yéch,
j'ai donné à ceux que j'aime un il y a" (Michlé,
Proverbes, 9;21).
- C'est bien pour cela qu'il nous est dit: Chémâ
Israel, Ecoute Israël (voir le commentaire dans la
paracha Vaét'hanane, lien ici). Voilà pourquoi
les prophètes répondent toujours à D.ieu:
hinéni, me voici présent.
- une formation longue, incessante est nécessaire.
Elle est tout à fait possible. Comme il est dit:
"qarov éléikha ha davar méod la
chose est très proche de toi, bé fikha ouvilévavékha
tu l'as dans la bouche et dans le coeur, laâssote
pour la réaliser" (Dévarim 30).
Lire aussi les méditations
quotidiennes (lien
ici) sur les lumières de 'Hanouka qui prolongent
ce travail interne et la lecture du psaume 30 qui le résume
jusqu'au chant et jusqu'à la joie commune.
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les pages sur la priere
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