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Expliquez-moi la prière
juive
La prière du matin, Cha'harite
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4ème
cours
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Nous
allons étudier l’intérieur de la prière de
Cha’harite après avoir déjà étudié
tout le cadre général (fondateur, heure, intention
ou cavana, etc.). Se reporter à cette étude
chaque fois que l’on pense avoir perdu en mémoire ces coordonnées.
Nous nous baserons dans cette étude sur les fondements
de la halakha depuis le Tour et le Choul’hane Aroukh jusqu’aux
commentaires du Chla, du ‘Hida et du Ari sans entrer du tout dans
le détail technique de ces niveaux. Donc, nous nous appuyons
sur les classiques.
Le but de Cha’harite auquel nous avons à nous unir est
à plusieurs niveaux simultanés :
- réparer (létaqén) la perte de présence
de la sainteté, ou pureté, ou bénédiction
ou Chékhina qu’il y a dans le monde, c’est-à-dire
aussi bien en nous.
- effectuer le tri (lémayén) entre les forces
négatives et les positives, séparer, annuler ces
forces négatives en leur enlevant leur mélange d’avec
la sainteté d’où elles puisaient leur force; les
rejeter (lésaléq).
- élever (léhaâlote) notre niveau le
plus bas et le plus concret d’étapes en étapes,
en 4 marches séparées par un kaddiche, jusqu’au
niveau de l’union parfaite ; puis redescendre de ces niveaux
en gardant l’union vécue et nous entourer d’une enveloppe
de protection par la dernière prière de Alénou
léchabéa’h.
La structure des prières de Cha’harite est faite
de manière à nous permettre de réaliser ces
actions. C’est ce que nous allons voir dans le détail.
Nous pourrons alors prier plus consciemment.
Cette structure rejoint celle qui se déroulait dans le
service du Temple.
Le bénéfice qui s’ensuit concerne aussi bien le
monde que le peuple d’Israël et l’individu que nous sommes.
En cela, il concerne autant Ha Qadoche Baroukh Hou puisque
notre réussite est celle de Son projet d’amour.
Les 4 parties ou étapes de la prière
Présentons-les globalement avant de voir le rôle
de chaque prière séparément.
1. La première partie s’étend depuis
les bénédictions du réveil jusqu’à
Baroukh ché amar (Béni Celui qui a dit).
C’est le travail dans le monde le plus concret, ce que l’on appelle
ôlam ha âssia. C’est là que se fait
l’essentiel du travail de purification.
Cette partie comprend les bénédiction, les récits
des sacrifices, les cantiques de purification ou péssouqé
dé zimra, le récit des 13 règles d’étude
de la Torah de Ribbi Ichmaél.
On dit alors le Qadiche pour lequel nous avons consacré
une étude particulière en raison de son importance.
Il joue un rôle d’élévateur de niveau, d’ascenseur.
2. La seconde partie s’étend depuis Baroukh ché
amar (Béni Celui qui a dit) jusqu’à Barékhou
(bénissez). On a élevé le niveau précédent
dans une réalité plus spirituelle où la créativité
divine peut jouer Son rôle ; on appelle donc ce niveau
ôlam ha yetsira (monde de la créativité).
C’est le monde de la révélation.
3.
La troisième partie s’étend depuis Barékhou (bénissez) jusque Gaâl Yisrael.
Nous continuons à assumer le monde et ce que nous sommes
et à le purifier, l’imprégner davantage de la réalité
vraie du monde spirituel où, en fait, c’est D.ieu qui organise
le monde tel qu’Il est selon Sa volonté : c’est Lui
qui crée, qui organise le déroulement de l’histoire
et sauve le monde des erreurs et folies des hommes. C’est le monde
de la Création, en hébreu ôlam ha béria.
4. La quatrième partie s’étend depuis Gaâl
Yisrael (sauveur d’Israël) et comprend la prière
sublime des 18-19 bénédictions, la Chémona
essré. Ce monde est celui de la vie d’En-haut, de ses
louanges, le monde de l’excellence, ôlam ha atsiloute.
On participe d’abord à ce monde puis on y introduit tous
nos besoins pour l’humanité, le peuple d’Israël, nos
proches et nous-même.
Une cinquième partie clôture cette prière
collective : on redescend par l’ascenseur en ne perdant pas
la qualité des niveaux précédents au fur
et à mesure que nous réintégrons ce monde
complexe et dangereux. On termine en disant la prière de
Alénou lé Chabéa’h (« c’est à
nous de louanger ») qui assure autour de nous comme une protection
de lumière divine.
La fonction de cette dernière partie est donc très
importante et ne doit pas être bâclée :
elle assure la protection, assurons-là sérieusement
au lieu de la faire en rangeant déjà notre matériel,
pensant à autre chose ou commençant à parler.
On ne quitte pas la synagogue en courant, mais on s’y assoit un
instant et, si notre emploi du temps le permet, on lit alors un
peu de Torah, michna, guémara, zohar, halakha.
Comme nous le voyons, Cha’harite n’est pas une suite de textes
à lire sur une seule ligne pour en finir. C’est un travail
qui exige la réussite de chaquie phase ; permettez
une comparaison : comme en peinture, la phase de préparation, une sous-couche,
une première couche, puis la couche finale ; et si
on a mal fait la sous-couche ou une autre le résultat est
lamentable.
Cela demande donc une attention, une concentration, une lecture
précise de chaque mot sans se fier aucunement à
la mémoire mais en entendant chaque mot sans gêner
les voisins.
Cela demande aussi un temps minimal. Les Sépharades qui
ont gardé le rythme minimal collectif pour dire tout cela
tout haut ne parviennent pas à le faire en moins d’une
heure un quart environ.
On réalise ainsi que c’est une prière exceptionnelle
par son importance et par sa longueur. Et on nous l’impose chaque
jour, pourquoi ? Ribbi Yaâqov Abou’hatséra revient
souvent sur le sens de cela : c’est que chaque 24 heures,
tous et chacun sans exception nous perdons le contrôle de
notre régulation (il va même jusqu’à dire
que la Chékhina est ainsi désarticulée et
appauvrie chaque jour et doit être reconstruite).
Ne nous étonnons donc plus que le monde aille mal si les
gens se lancent dans la vie d’action en étant si mal coordonnés.
Imaginons des pilotes d’avions qui seraient fatigués, malades,
ne reverraient pas leur liste obligatoire chaque jour avant l’envol ;
alors, comme on dit populairement : « bonjour les dégâts ! ».
C’est cela qui se passe dans le monde.
Le peuple juif, et chaque Juif, a à régler à
nouveau le monde chaque matin, c’est un service collectif de première
importance.
Pour cela, beaucoup, se lèvent avant même l’aurore,
à l’heure où le monde est encore sage, où
on voit les étoiles et l’ordre vrai et la relativité
de nos dimensions et vont prier à l’office de vatiqine. Depuis toujours, certains se sont même levés dans
le milieu de la nuit pour commencer ce travail avec Tiqoune
‘hatsote (voir le lien) puis l’étude de la Torah. En
tous cas, les anciens passaient une heure de préparation
personnelle avant de commencer la prière elle-même,
et une heure ensuite pour bien l’assimiler avant de réintégrer
l’action (voir le Traité Bérakhote).
Tout cela demande un effort presque surhumain et chacun fait comme
il le peut. Mais on comprend maintenant pourquoi il y a ces prières
au début qui parlent de la lutte contre le sommeil. Un
Juif dort peu. C’est un lutteur individuel et perpétuel.
Comment assumer cela avec le travail, avec la famille, avec le
partage des tâches familiales qu’il serait inadmissible
de laisser peser seulement sur l’épouse ? Cela demande
donc un surcroît d’attention et d’affection. Car la prière
ne peut pas être un artifice pour éviter les charges.
Mais c’est possible de régler ces questions.
Ceux qui veulent devenir Juifs simplement parce que la spiritualité
leur semble belle et unique, doivent bien réaliser l’importance
de la réalisation de toutes ces tâches auxquelles
ils vont s’engager sans possibilité de s’en décharger
jamais, aucun jour. Et la prière n’est encore qu’une petite
partie, il y a l’étude et toutes les mitsvotes.
Celui qui se convertit a l’avantage de faire ce choix librement,
comme il a l’avantage d’être le fils direct d’Avraham avinou
(et portant ce nom) lui qui a fait ces mêmes choix libres
et de Sarah imanou, immense privilège mais obligation intraitable.
Les Juifs par naissance se sont engagés également
au Sinaï où tous étaient mais il est parfois
plus difficile de réaliser ce que veut dire un tel engagement
éloigné dans l’histoire. Mais il y a eu engagement
et il a été confirmé à l’âge
où on devient « bar mitsva » (chargé de
la fonction de la mitsva).
La suite de l’étude sera mise sur le site ultérieurement,
pour déjà intégrer cette partie.
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