Prières - La Joie


Photos de l'auteur. Arbres et fleurs


Une pédagogie précise pour trouver la joie,
dans un monde méchant et dur,
avec le psaume 30 de 'Hanouka

Chaque jour, j'ajoute des éléments à intégrer pour avancer:
1 - 2e jour - 3e jour - 4e jour - 5e jour - 6e jour - 7e jour
(étude avec le Roi David, psaumes 30 à 35)

Lire aussi cette seconde série de méditation pédagogique quotidienne:
http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka.html#pensee

Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages
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Etude d'avancée personnelle vers la 1e lumière de 'Hanouka


Chacun veut vivre mais il ne suffit pas de vivre car la vie peut se transformer en pleurs, en souffrances, en solitude inéluctable, en persécutions, en maladie, en déceptions ou cauchemars des trahisons, en faillite financière, en chômage, etc. Tout cela existe réellement. La vie reste belle mais trop dure. L'espoir reste invisible.


Chacun souhaite parvenir à vivre dans le calme, la tranquillité, l’amour, la santé, etc. ; un concept rassemble le tout, c’est la joie. On peut être riche et malheureux ou pauvre et malheureux ou heureux. La joie est une synthèse de qualité. Elle est « basée sur », c’est un résultat, l’éclosion de quelque chose, un épanouissement, une éclosion, une réussite. C’est ce processus que nous allons étudier.

Mais soyons réalistes, la joie semble transitoire, fragile. L’insouciant peut être joyeux, mais pas celui qui assume les difficultés de la vie car il a aussi l’oeil fixé sur de grandes difficultés, bien souvent.

Pourtant, on espère la joie, on pense qu’on la mérite, autant que l’amour dont elle est une des composantes comme la confiance.

Le judaïsme a un enseignement sur la joie. Et la façon dont il le pose est déjà enseignement. Ce n’est pas une liste de trucs psychologiques pour réussir dans la vie. Le judaïsme place les choses en relation et nous montre toujours ce qui va contribuer à l’amélioration ou à la détérioration car il connaît la structure du monde aux différents niveaux, depuis des millénaires et depuis la révélation et la transmission.

Nous allons voir ce qu’en dit le Roi David, âlav ha chalom, que la paix soit sur lui, dans les psaumes. En effet, ceux-ci sont un concentré d’enseignement, de prière, d’exhortation personnelle et d’action. Nous l’étudierons ici à travers la séquence des psaumes 30 à 35.

 

Mais, auparavant, voyons un passage du 1e Livre de Samuel 2,1 qui résume tout en trois mots:

  

« ki sama’hti bichouâtékha , car je me suis réjouie dans Ton salut ». ‘Hanna ne parvenait pas à avoir un enfant, et sa rivale la ridiculisait, et son mari ne lui suffisait pas dans ces souffrances, elle pleurait, pleurait continuellement jusque dans ses prières. Une situation humaine compréhensible par chacun. Et elle nous donne la clef de ce qui lui a redonné sa joie qui a éclaté dans un chant (2, 1-10) : il n’est pas dit « car je me suis réjouie puisque Tu m’as sauvée » mais « ma joie est revenue parce que j’ai réussi à me placer avec joie dans la direction de Ton salut ». Nous apprenons là tout l’enseignement juif qui nous permettra de bien décrypter les psaumes. Et nous l’apprenons d’une femme, comme il est dit dans le Talmud : « d’une femme j’ai appris ». Tant pis pour les misogynes.

Donc, la joie tient en plusieurs points :

-  Elle est définie comme un état qui est simultané à la difficulté et non pas qui la suit (joie sama’hti/salut bichouâtékha qui réfère à la difficulté).

-  La difficulté est vue comme un état qui est simultané au salut et non pas qui la précède.

-   Ce qui fait passer la seule expérience de difficulté à cette résolution, c’est le fait (cf. le mot ki, parce que, ou quand), c’est le fait qu’une femme ou un homme parviennent à cette heure-là à se placer « dans, bé » Celui qui est salut des humains. Tout est là ; réussir même dans les larmes à faire l’effort de se placer « à l’intérieur de Celui » qui est tout bonheur et toute réparation car Il est LA bonté et a créé pour cela. Mais tout dépend de l’endroit où l’homme se place. C’est pour cela que D.ieu est nommé le maqom, le lieu.

Pour ce motif, nos Sages font remarquer que le psaume 33,1 ne dit pas « réjouissez vous, justes, par Hachém ou vers Hachém, mais « réjouissez-vous justes en Hachém ». De même, dans le verset que nous récitons plusieurs fois dans la journée et qui indique comme parvient le bonheur : « heureux ceux qui sont assis dans ta maison, achré yochevé véitékha » et, littéralement l’expression est encore plus forte et plus brève dans l’insertion : « heureux les assis de ta maison ». Cela veut dire ceux qui sont partie intégrante. Nous allons voir ci-dessous les psaumes 30 à 34 dans cette perspective.

 

Etude d'avancée personnelle vers la 2e lumière de 'Hanouka



Le psaume 30

Lisez-le d’abord l'ensemble du psaume. Les phases sont : malheur grave-libération-chant. Et la joie prend, alors, précisément la forme du chant. mais cela est dit par le poète dans un rythme en spirale que nous allons comprendre afin de parvenir à prier le psaume depuis notre coeur. Profitez de la transcription et traduction pour avancer dans l'hébreu autant que vous pouvez.

1e partie : la synthèse du psaume est présentée dans le premier verset.
Il nous expose la conception globale qui est double:
1) Ce psaume est celui de l’inauguration du Temple, quel est le rapport ? Nous le comprenons si nous nous souvenons de ce que nous venons de dire sur « vivre dans Ta maison ». Ainsi, ce qui aurait pu sembler être une suite d'états psychologiques, nous révèle que nous pouvons être là un sanctuaire.
2) Inversement, LE sanctuaire n'est pas un édifice formel de cultes extérieurs; il n'existe que par l'intensité de notre investissement intérieur. Et ils s'est détruit le jour où cela n'a plus eu lieu, comme les prophètes en avaient averti; et espérons que nous retrouverons ce niveau vite.
Les Sépharades lisent ce psaume à ‘Hanouca qui relie la libération et la maison-sanctuaire.

Ceux qui lisent l’hébreu et savent que le même enseignement est toujours résumé magistralement dans les lettres (et non seulement dans le thème ou dans les phrases ou dans les mots), liront les lettres initiales de ce premier verset et verront qu’elles font allusion au machia’h (le messie), et disent avec précision: « vers la joie, lé sim’ha ». Merveille de nos textes.



Mizmor chir-'hanoukate habbayit léDavid.
Traduction: "Psaume. Cantique de la Dédicace du Temple, par David".



2e partie. Dans les versets 2 à 4, le psaume nous démontre le scénario qui justifie le chant de joie : l’homme avait coulé sur tous les plans et Hachém l'en a relevé (recensez les 5: chute-ennemis-maladie-abîme-tombeau).



2. Aromimékha, Hachém ki dillitani; vélo-samma'hta oyévaï li
Je T'exalterai, Hachém, car Tu m'as appauvri-relevé; Tu n'as pas réjoui mes ennemis à mes dépens.
3. Hachém Elo-haï, chivâti élékha vattirpaéni.
Hachém, mon D.ieu, je T'ai invoqué et Tu m'as guéri.
4. Hachém héélita mine-chéol nafchi; 'hiyitani miyarédi-vor.
Hachém Tu as fait remonter mon âme du Chéol, Tu m'as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau.



3e partie. Dans les versets 5 à 6, le psaume nous montre David interpelant le peuple pour lui préciser la liaison de ces 3 points: le chant nécessaire de louange et son double motif car nous sommes dans une situation vitale avec deux pôles: un négatif qui est constitué de larmes liées à la colère divine, et ensuite le retour au bonheur.



5. Zémérou laChém 'hassidav, véhodou lézékher qodcho.
Chantez vers Hachém, vous Ses amants, louez pour le souvenir de Son saint Nom
6. Ki régâ béapo, 'hayim birétsono.
Baêrev yalin békhi, vélaboqér rinna.
Car sa colère ne dure qu'un instant, mais la vie est dans Sa volonté. Le soir dominent les pleurs et le matin c'est l'allégresse.

Ainsi, David alterne entre parler en style personnel "je" ou "je-TU", et parfois il généralise son expérience à tout le peuple. C'est que notre expérience à tous est identique, bien plus nous sommes tous et chacun des parties d'un ensemble qui a à trouver sa juste place envers Hachém et pour faire réussir le monde et ne pas nous détruire tous, car c'est notre tendance spontanée à tous. Cela étant compris, David peut rédiger ses psaumes pour rejoindre l'expérience de chacun et, didactiquement, il nous expose son expérience pour qu'elle nous serve. C'est pourquoi il a rédigé ses psaumes sous une forme très vivante mais qui recouvre toujours l'expérience de tous les humains en tous les siècles et en tous les lieux. Chacun peut donc y prendre appui et y trouver l'outil pour bien vivre selon la Torah.

David nous demande de ne pas quitter la perception que, dans la bonté divine, le malheur ne pourra pas durer mais ne sera qu’une phase. Mais comment cela se fera t’il ?


4e partie. Dans les versets 7 à 8,
le roi David décrit, pour nous enseigner cela, son exemple personnel, les phases qu’il a suivies : d’abord auto-assurance ne correspond pas à la réalité et imaginant que sa stabilité dépend uniquement de lui et de sa réussite personnelle, puis brusquement l'éclatement de la difficulté, destruction, et du désespoir ; en fait, agissant ainsi, David avait repoussé le maître de la vie et celle-ci s'effondrait. Il pose nettement le problème de son côté, dans son erreur de compréhension de la réalité



7. Vaani amarti véchalvi, bal-ammout léôlam.
Et moi, j'avais dit dans mon calme, jamais je ne chancellerai.



8. Hachém, birétsonékha héêmadta léhareri ôz
histarta fanékha, hayiti nival
Hachém, dans Ta volonté bonne tu avais établi ma montagne avec force,
Tu as caché Ta face, j'ai été perturbé totalement.


5e partie. Dans les versets 9 à 11,

le roi David nous montre que nous continuons selon notre erreur d'appréciation et nous accusons presque Hachém et le supplions d'arrêter. Mais, en fait, il demande aussi totalement l'aide de Hachém dans son désarroi puisqu'il n'est pas capable de bien se poser. Il supplie alors comme un enfant perdu.



9. Elékha Hachém éqra, véél-Ado-naï ét'hannane
Vers Toi, Hachém, je crie et invoque, et versAdo-naï je supplie.
10. Ma-bétsâ bédami, béridti él cha'hate
Hayodékha âfar, hayaguid amitékha.
Quel intérêt as-Tu envers mon sang, envers ma descente vers la tombe?
Est-ce que la poussière Te loue? Dit-elle Ta bonté?
11. Chémâ-Hachém vé'hannéni, Hachém hayé-ôzer li.
Ecoute, Hachém, et accorde-moi Ta bonté. Hachém sois une aide pour moi.


6e partie. Dans le verset 12,

le roi David nous montre que l'attitude qu'il a prise en se remettant dans l'axe juste, fait que Hachém peut exercer la puissance de Sa bonté envers la créature, le délivrer des tracas et lui rendre la joie. En somme, l'homme redevient ce qui était le but de la Création, il devient sanctuaire bien réglé, et nous comprenons que cela concerne la dédicace du Temple. Il devient le Temple lui-même et sa pureté du coeur comme celle de l'huile d'olive, tout cela valait de dire ce psaume à 'Hanouka.



12. Hafakhta mispédi léma'hol li, pita'hta saqi vatéazéréni sim'ha.
Tu as échangé mon deuil en danse de joie pour moi, Tu as ouvers mon vêtement de deuil et tu m'as ceint de joie.


7e partie. Dans le verset 13

le roi David conclut: c'est ainsi que je viens de le décrire que l'on aboutit à la joie et que l'on peut s'y maintenir toujours et pour toujours. Le psaume s'est joué en 13 versets comme la liste des 13 expressions de la bonté de D.ieu envers nous révélées à Moché rabbénou.



13. Lémaâne yézammékha khavod vélo yidom,
Hachém, Elo-haï léôlam odéka.
En raison de tout cela, la gloire chantera et ne s'endormirera jamais plus,
Hachém, Mon D.ieu toujours toujours je Te louerai.




Etude d'avancée personnelle vers la 3e lumière de 'Hanouka


Il est important de relire maintenant l'ensemble du psaume pour y comprendre autre chose. Le poète l'a rédigé comme une spirale où il revient dans la chute et se redresse, et il avance par ce mouvement plus loin que dans le tour précédent. Cela nous enseigne aussi que notre mouvement se fera dans des essais et erreurs répétés; c'est ainsi, seulement, que se fait le développement positif.



En priant, et en priant à partir de l'expérience de notre vie, regardons ce texte, comme une vague où nous avançons, seulement parce qu'elle monte et descend et remonte:
- sommet: chir, chant (verset 1), aromimékha, j'exalterai (verset 2).
- chute: chivâti, j'ai exprimé ma plainte (verset 3).
- remontée: zamérou, chantez (verset 5).
- rechute: bal-amout léôlam, j'ai dit à tort que jamais je ne chancellerai (verset 7).
- remontée: éqra, je T'invoque (verset 9).
- retour stable au sommet: (verset 13).
C'est ainsi, en connaissant et en acceptant nos montées et descentes, c'est ainsi que nous pouvons sortir de l'abîme et avancer, pour sortir de nous-mêmes et recevoir la vie qui vient à notre rencontre, comme ce dessin le montre en image:


Le psaume avance avec l'homme qui découvre combien sa montée et sa chute
ne sont que la dynamique nécessaire et transmutée en victoire aboutissant au chant.



(cliquez sur les images pour en comprendre la rigueur)

 

Tout cela est la règle magnifique formulée
par le Traité Guittine du Talmud en ces termes:
Ein adam ômed âl divré Tora élla im kén nikhchal bahén
Aucun homme ne peut réussir à accomplir ce que demande la Torah
s'il n'a pas d'abord échoué en essayant d'y parvenir (page 43a et son Rachi).


Le roi David pointe pour nous, au verset 7, l'erreur qu'il avait faite un instant et que nous faisons sans cesse: viser à tout prix la tranquillité, mon calme (chalvi) et penser que nous serons stabiliser en ce point. Toutes les publicités essaient de nous tromper en ce sens et nous vendent continuellement ce miroir aux alouettes: avec ces vacances, avec cet appartement de rêve, avec cette nouvelle voiture, avec ce gazon, avec ce nouveau canapé, avec ce nouveau look, vous aurez enfin l'assurance, la beauté stable, le niveau social de rêve, etc. Mensonges absolus, mais nous marchons, nous volons, nous nous épuisons, nous sommes hors de la réalité, hors des valeurs, nous pensons que nous avons stabilisé le monde, que nous sommes éternels. Et nous chutons, et nous chutons dans la solitude car les autres ne veulent pas accompagner quelqu'un qui sort de cette illusion.

Au contraire, le roi David a compris que ce rythme d'avancée en montées et descentes est nécessaire; il est réel, il est psychologique, il est biologique, il est spirituel, mais c'est aussi celui de la vie, les deux ne sont qu'un, car il y a "un ordre, un sédér" dans le monde créé.
Et David nous montre que -alors- nous pouvons chanter, ouvrir nos fenêtres et atteindre la joie qui participe à la Gloire d'En-haut sans que les soucis ne nous brisent. Il le dira en de nombreux psaumes: je traverse les tempêtes et je ne suis pas brisé car Tu es avec moi. Mais c'est parce que lui, David (ou nous) sait piloter. Il n'y a pas de réception magique; elle est dûe à un travail de l'homme sur soi. Va vers toi-même, lekh lékha, a dit D.ieu à Avraham. Il le formule alors en reliant les deux termes: Tu as changé mon deuil en danse. Il a trouvé "le Séder, l'Ordre" qui permet la vie. C'est pour cela qu'on parle du Sédér de Pessa'h. Il a trouvé le rythme pour rebondir sans cesse le long de la vague. Cela construit l'homme-Sanctuaire car la réalité devient réceptacle de la lumière et de la joie divine. On comprend maintenant que David, découvrant ces règles de la dynamique de vie, soit placé dans la trajectoire nécessaire inscrite dans les lettres du nom ADaM: Adam-David-Machia'h.

Relisez encore une fois le psaume en sentant ainsi le texte. Vous comprendrez maintenant que le psaume commence sur les beautés du chant au premier verset, se conclut au même niveau au dernier verset et, entre deux, il y a cette pédagogie du plongeon et de la remontée.
Il nous montre même que cela a une rigueur et une efficacité mathématiques:
en chaque nouvelle phase qui reprend le processus, il écrit "ki" (parce que); au verset 2 (je T'exalterai parce que; des ennemis Tu m'as délivré, joie parce que du plongeon il remonte); au verset 6 (chantez ki, parce que Sa colère ne dure pas); au verset 7, il dit vaani (parce que moi je faisais l'erreur...); au verset 13 (lémaâne, de la sorte...).
Cette découverte assure la construction solide du monde, du Temple et de lêtre humain dans la joie et le chant. Cette construction, par la rigueur pure et exacte de la vie, est la progression de 'Hanouka. Ce n'est pas seulement une fête enfantine, c'est une fête de constructeurs qui ont réussi. C'est si rare, il fallait apprendre les règles de leur pédagogie. Même les spécialistes du développement psycho-biologique de l'enfant appellent cela: le développement alterné, depuis Gesell. Et, en accompagnement psychothérapique, nous voyons constamment que le progrès se fait par cette alternance dialectique.

Cette partie de l'étude, je l'ai rédigée à partir de ma méditation entre le texte et mon existence, et l'évolution constante et positive mais laborieuse des personnes en psychothérapie; faites de même et vous y découvrirez de nombreux lumières personnelles ou références à votre vie personnelle. Qu'il est bon pour les personnes d'y découvrir la cohérence totale entre l'évolution personnelle et les lumières de nos textes qui ont formulé ces éclairages.
La compréhension de ces rythmes et de ces règles donnera un grand apaisement aux parents dont les enfants passent des crises profondes dans leur développement. Qu'ils se réjouissent de la descente apparente, elle est l'assurance du progrès véritable. Seulement ainsi accompagnent les bons éducateurs et les bons psychothérapeutes. D'autres ne recherchent que les problèmes et coulent et font couler en ligne directe. Ils n'ont pas compris cette dynamique d'alternance dans le développement.
Le psaume est fait pour vous l'approprier personnellement ainsi, en permettant d'augmenter votre stabilité dans cette lumière. David l'a rédigé de façon telle que tout homme, de toute époque et de tout pays, puisse y projeter sa vie concrète et l'orienter.
Alors, progressivement, nous pouvons redresser, émerger, et retrouver ce mouvement chaque fois. C'est la victoire progressive de chaque jour de 'Hanouka!



Tableau de l'artiste Pepa

 

Etude d'avancée personnelle dans la 5e lumière de 'Hanouka

Nous avons bien intégré, hier, la conscience du rythme de la vague et serons moins effrayés quand la chute du moral se présente, sachant que la vague va remonter.
Nous évitons ainsi deux erreurs: celle qui est exprimée dans le verset 7 (jamais je ne chancellerai); celle qui consiste à se dire que nous restons au fond de la vague et à s'y complaire.
Avançons dans la pédagogie de la 'hanoukia.
- Quand nous regardons la 'hanoukia, au matin, nous comprendrons cela: la lumière, apparemment n'y est plus, effectivement nous voici à nouveau dans le fond de la vague et il n'y a plus de lumière.
- C'est alors que nous devons nous souvenir de ceci: la prochaine lumière va réapparaître ce soir. Nous avons à renforcer cette représentation, l'anticiper: même si la prochaine lumière n'est pas visible, même si la lumière précédente est apparemment éteinte, restons dans la conscience de cette lumière.



Quand nous aimons quelqu'un, la présence externe n'est pas constante, mais la présence intérieure l'est. L'amour et sa lumière ne sont pas atteints par l'absence. Les 7 années où le patriarche a dû servir Lavane et ne pas épouser Ra'hel lui ont sembler n'être qu'un seul jour continu, tant il l'aimait, dit le texte.
Ainsi, nous ne nous basons plus sur notre stabilité mais nous ne doutons plus un instant de la présence de Celui qui est constante lumière et qui éclaire chacune des fibres de notre existence. C'est ce que nous disons dans chacune des bénédictions du matin, il faut aller relire cette page (lien ici) . C'est ce que nous disons après la rencontre d'amour du Chémâ Yisrael (lien ici) : émet vé yatsiv, vérité et stabilité. Comme si, cette fois, dans l'absence, nous voyions déjà la 6e lumière.




C'est "la constance": comme il est dit sur les murs de chaque synagogue:
"Chiviti Hachém lé negdi tamid, je me représence Hachém devant moi sans cesse".


Le dernier verset de notre psaume 30, psaume de 'Hanouka le dit: "léôlam odékha, toujours constamment et sans fin je Te louerai". Que la lumière reste, aujourd'hui, constante et stable, c'est le miracle de 'Hanouka. Et, au milieu des difficultés décrites au début du psaume, nous parviendrons alors à maintenir la pureté de l'huile sainte du Temple. Ce sont là les enseignements de ces jours de 'Hanouka.

 

Etude d'avancée personnelle dans la 6e lumière de 'Hanouka

Réponse à une lettre reçue de Yéhouda (nom modifié) et publiée avec son accord et à sa demande. Une aide très particulière à 'Hanouka.

Yéhouda a 35 ans, il est israélien; élevé dans une famille juive pratiquante, par des parents bons éducateurs, attentionnés; il avait passé quelques années en yeshiva puis il a vécu une crise d'identité très profonde lors de son adolescence et, après son service militaire, il était parti découvrir le monde et vivre des expériences diverses en Amérique latine (Colombie, Pérou, Chili où il gardait un contact avec moi) puis en Inde où il devint fasciné par la pureté de la spiritualité hindouiste et l'exemple de la rigueur et de la force morale des jeunes et des adultes de cette culture qu'il y rencontrait. Il entra en ashram ("yeshiva" hindouiste) et y a passé 4 ans, maîtrisant peu à peu les pratiques et les textes de l'ascèse. Après quelques années, pendant ce parcours, il a repris contact avec moi, en tant que psychologue et rav, et sachant que je comprends les aspects positifs des diverses cultures qu'il traversait et en en connaissant les textes.

Au temps du Temple, les Sages du Sanhédrin parlaient 70 langues et devaient pour assumer leur fonction être capables de comprendre vraiment l'autre sans interprète. En effet, j'avais pu déjà l'accompagner dans sa découverte spirituelle et psychologique de vérité pendant un temps à travers les textes d'Octavio Paz et d'autres auteurs véridiques en espagnol à l'époque, spécialement dans Libertad sobre palabras (liberté sur paroles) dont il se nourrissait quotidiennement.

Nous avons à nouveau échangé par lettres et par téléphone régulièrement et je lui parlais aussi en me référant aux mots sanscrits qui étaient devenus ses nouveaux repères d'expression et de pensée.

Il y a quelques années, à l'approche de la fête de 'hanouka, il me disait pressentir que notre tradition possède elle-aussi de quoi lui parler en cette phase très avancée de son parcours. Il me l'a dit et m'a demandé de l'aider, si je le pouvais en tenant compte de ce qu'il avait intégré et de ce qu'il était devenu. Une correspondance s'est établie et notre échange l'accompagnait encore quand il décidait de réintégrer progressivement puis totalement sa tradition.

Voici la dernière lettre de notre parcours commun, en ce point, et que je traduis en français. Il m'a demandé de la publier car, m'a-t'il dit, elle pourrait aider d'autres; il me dit qu'elle fut capitale pour lui car elle rassemblait si bien son parcours sans le condamner, et elle trouvait selon lui exactement les mots pour le dire et pour éclairer de l'intérieur toute sa trajectoire authentique, l'aidant à avancer dans sa ligne pour la dernière étape et l'accompagnant dans son apaisement épanouissant. Auparavant je n'avais pas utilisé cette clarté des mots et jonctions car il n'était pas en ce point, je l'accompagnais là où il en était. Et quand il fut en ce point de jonction, voici ce que je lui ai écrit. Il me dit: cette lettre fut comme l'éclairage de la 'hanoukia à la 6e lumière, car il espérait avoir encore à vivre d'autres lumières, la 7e et la 8e, sans mon aide.
Depuis, jusqu'à maintenant, avec stabilité, il a repris une vie ordinaire en Israël: étude, travail, relations heureuses familiales et amicales, dans les conditions incertaines mais possibles qui sont celles de tout un chacun en Israël. Apparemment, il est un Juif très ordinaire, que rien ne distingue, mais combien riche et rayonnant dans son silence. Tout Juif est ainsi un Tanakh vivant, complet et complètement. Tout Juif est une 'hanoukia géante. Qui s'illumine progressivement. Et qui illumine en silence.

Réponse à deux objections: l'une trouve que j'ai trop formulé ce que je souhaitais, l'autre que j'ai été trop permissif pendant ces années! Effectivement, je n'ai fait que l'accompagner à sa demande quand son parcours était cette recherche géographique où son lien avait un sens mais qui ne s'explicitait pas davantage. Par contre, là où il en était en cette phase de son retour, je pouvais formuler tout ce sur quoi il réfléchissait et intégrait en soi. Yéhouda n'était pas quelqu'un qu'on mène par des mots externes à lui, même avec la subtilité de gros sabots! Il rirait qu'on puisse supposer cela de lui après tout ce qu'il a vécu!

"Cher Yéhouda.
En remontant dans tes souvenirs d'étude juive, tu te souviens certainement très bien de l'histoire qui est à l'origine de la fête de 'Hanouka. Mais, aujourd'hui, où tu as découvert toute l'importance de l'intériorité sans laquelle il n'y a pas d'homme, ni de relation, ni de religion, tu comprends que l'essentiel de 'Hanouka, c'est l'avancée chaque jour vers la victoire de la pureté (symbolisée par la pureté de la fiole d'huile), et c'est une pureté non pas conceptuelle ni théorique mais visuelle, lumineuse. La Grèce avait une pureté, mais elle nous combattait et voulait nous interdire la pureté d'intériorité lumineuse, car sa civilisation choisissait de valoriser l'excellence et la beauté dans l'impureté. Tu le sais.
Au contraire, nous les Juifs étions obstinés à faire de chaque homme juif, un Temple de Hachém en toute Sa pureté. C'est pour cela que le psaume 30 sur la dédicace du Temple est choisi pour 'Hanouka. Les Grecs le comprenaient bien et ne le toléraient pas. Beaucoup de courants -même ici- luttent encore ainsi contre Israël, pour une Shoa spirituelle et non pas pour nous mener aux fours crématoires ni pour nous expulser de notre terre; simplement pour remplacer notre lumière par une autre qui a beaucoup de beaux noms culturels d'aujourd'hui et très portés par les médias et leurs partis politiques qui s'auto-décrètent comme étant le seul progrès pour l'humanité et la seule intelligence évidente.

Nous, les Juifs, nous voulons vivre en pureté d'union avec... la pureté de Hachém, et tu le comprends toi qui as appris que le atman (moi) individuel est uni au brahman (tout) inconnaissable mais présent. Tu as été sensible à cela sans savoir que chez nous, le ani (moi) personnel et le Ani divin ont jusqu'au même mot pour tenter de l'exprimer exactement.

Cette spiritualité que tu as découverte est la fine pointe de la civilisation d'où a émergé Avram-Avraham et le Rav Ménaché ben Israël, au 17e siècle, dans son livre célèbre Miqvé Israel (l'Espérance d'Israël) explique qu'Avraham a envoyé là-bas ses enfants de Agar en leur ayant appris ces secrets essentiels pour qu'ils ne tombent jamais dans le culte des représentations ni des idoles. Ce sont ces fruits que tu y as découverts encore, et leurs plus anciens textes datent de bien des années après Avraham. Ils vont ainsi au plus loin de la pureté de ce que l'esprit humain peut atteindre dans sa recherche juste. Je parle de ceux qui ne se soucient pas des représentations idolâtres environnantes.
Mais, ce que Avraham ne leur a pas transmis c'est la révélation qu'il a reçu: il a réservé à son fils Yits'haq le fait que Cet inconnaissable a parlé et a révélé ce qu'Il est, Ses noms, et son besoin de vivre avec l'homme. Cela n'est pas la création de D.ieu par l'homme, c'est une révélation.

Et nos Sages nous apprennent que cela est le sens du psaume que tu connais bien: achré yochévé veitékha ("heureux les assis de Ta maison"). Cette union est ainsi exprimée et c'est la véritable traduction, commente le 'Hida; cela va bien plus loin que de dire "heureux ceux qui sont assis dans Ta maison", ce qui serait déjà immense. En effet, nous sommes heureux car nous "sommes nous-mêmes Sa maison", et pour cela, nous l'exprimons visiblement à 'Hanoukha et nous disons ce psaume 30 qui célèbre ce processus dans ce peuple et dans ses membres qui sont ce Temple que l'on inaugure. Et l'inauguration externe n'a lieu que s'il y a cette inauguration interne, sinon le Temple s'écroule, ce qui s'est produit, hélas.

Bien plus, le psaume 30 nous fournit la pédagogie progressive pour atteindre ce niveau, cet état d'hommes-Temple dans un bonheur qui éclate ipso facto en chant.
Le psaume nous l'explique par un contraste:
- ou bien nous sommes Sa maison et nous recevons tout de Lui et de Sa lumière.
- ou bien, comme le dit le verset 7, nous échouons car nous misons sur nous-mêmes et n'atteignons que notre pauvre lumière limitée et instable. Cette option négative est tout le monde actuel que tu n'as pas voulu vivre car tu y voyais un égoïsme vain (tout pour mon "moi"; "mon" bonheur, "ma" réussite, "ma" situation, "mon" argent, "ma" maison, "ma" retraite, "mon" club de gens identiques, "mon" parti, etc, et ne pas s'occuper des autres qui s'écroulent). C'est exactement le verset 7: j'avais dit dans "ma" tranquillité: jamais "je" ne chancellerai.
Le psaume nous place devant ce choix à 'Hanouka :
- ou bien la pureté de vivre avec Hachém, selon Sa lumière et compter sur Lui pour passer des difficultés à la joie et la libération que tu as recherchée (bodhi, moksha).
- ou bien une fausse lumière, celle de l'ego, de l'égoïsme, que les publicités font grandir pour nous vendre leurs pacotilles.
Ton judaïsme personnel que tu recherchais à travers tes voyages a donc bien cette ascèse élaborée, mais en plus le judaïsme nous transmet la "révélation" par ce niveau inconnaissable lui-même; tu as voulu respecter ce niveau dans sa pureté, je dirais "dans ton laïcisme ou dans ton agnosticisme" car tu ne voulais pas tricher ni le ramener à tes propres élucubrations intellectuelles ni à celles d'autrui. C'est cette exigence très pure qui t'a fait rechercher si loin, comme Avraham parcourait tous les pays cultivés de l'époque avec tous leurs maîtres pour trouver l'essentiel.
En plus, tu ne savais pas encore que le judaïsme te transmet les dossiers d'expérience des chercheurs qui t'ont précédé (les Patriarches, David, Chélomo et leur sagesse, les Prophètes); bien plus encore, ton judaïsme peut te transmettre le dossier de cette expérience en tant que peuple, avec ses échecs, ses erreurs et ses succès; ainsi, tu as tout le dossier, bien entendu si tu étudies avec des maîtres qui sont capables de t'enseigner tout cela selon "ton" exigence excellente. C'est pour cela qu'il est dit dans nos textes: fais "toi" un Rav; celui qui pourra réunir "ton" expérience et "ta" recherche à tout ce dossier; tu as été le chercher comme Avram auprès des gourous rigoureux, très loin car tu ne savais pas que tu avais cela chez toi, ne l'y ayant pas rencontré. Les chemins de D.ieu sont insondables.

C'est donc cela la particularité de notre tradition: nous ne regardons pas "notre" lumière, mais LA lumière qui s'est répandue et qui vient d'Autre que nous; cela est symbolisé par la lumière que nous prenons au chamache plus élevé. Ainsi, nous renonçons à la tactique de notre moi et de notre intellect égoïste et à ses tactiques subtiles; tu sais, toi, par la qualité de ta recherche, la valeur de ce renoncement (samnyassa, tyaaga) et tu as raison de choisir ce qui n'est pas illusion (moha), ni confusion, car tout cela serait ignorance (avidya).
Ce choix, nous le faisons en regardant cette lumière comme il nous l'est prescrit à 'Hanouka (au moins une demi-heure chaque jour la regarder sans rien faire d'autre).

Quel est ce "plus" révélé que Avram devenant Avraham a découvert en saisissant ce point juste de jonction dans la réalité entre le haut et le bas? Il a découvert deux choses:
- que la véritable réalité est 'hessed (bonté), non pas comme idée mais comme réalité la plus concrète, comme on parle de l'ADN ou des électrons.
- et il a découvert aussi que son foyer d'émergence et de rayonnement est sur la terre d'Israël, et en ce point précis qu'est Jérusalem. C'est cela sa découverte physique et géographique qu'aucune ascèse la plus pure de l'époque n'avait pressentie.
Et vivre ces deux découvertes, là, c'est vivre cette lumière de 'Hanouka, car là est alors le lieu du Temple, et car l'homme (individuel et comme collectivité) est alors Temple lui-même.
Cela est le sens du premier verset du psaume 30 de David: "Mizmor, chir 'hanoukate ha baït. Lé David (Cantique, chant d'inauguration du Temple. A David)". Toi qui aimes le sens des mots qui résument l'essentiel et l'enseignent, tu as la chance de pouvoir le comprendre directement dans l'hébreu qui est ta langue maternelle.

Le Roi David, ayant balayé la position d'erreur et d'échec (comme toi), et ayant situé exactement cette union de l'humain, de la nature et de D.ieu, le Roi David nous apprend aussi comment ne plus sortir de ce point magnifique; c'est le verset final du psaume, le 13e verset comme par hasard: "lémaâne... léôlam odéka, de la sorte... toujours je Te célèbrerai".
Alors est atteint ce que tu cherches: la libération (kaivalya), la paix (chanti), la tranquillité (samadhi), la perfection (siddhi) inébranlable (sthanou) que d'autres religions les plus pures recherchent dans une ascèse incomparable. Avraham savait tout cela et il a reçu -en plus- la révélation que cela se joue dans un Atta (Toi), c'est-à-dire dans une relation vivante particulière qui relie les deux pôles: va vers toi-même, lui dit D.ieu (et c'est ce que tu fais), car Moi Je viens vers toi.
Tout cela se joue aussi quand il nous est prescrit de regarder la lumière de la 'Hanoukia qui descend de celle du chamache, c'est-à-dire que nous nous mettons en "ce point d'union de ce Moi-moi" par le regard sur la lumière. David le dit en ce seul mot de rencontre: Elohaï, mon D.ieu. Et nous avons à y rester (léôlam, toujours, dit le verset 13) et nous avons à le ressentir et à l'exprimer avec tout l'être (odékha, je louerai, chir, chant, mizmor, cantique...). Alors, l'homme devient chir El, chant de D.ieu, expression composée des lettres du nom Israël. C'est cela ton peuple. Et le bonheur est possible: ces deux mots chir El (me semblent-ils) commencent et terminent le splendide psaume 128 que tout humain voudrait vivre. Ton peuple, c'est cela. Rien que cela. Nous n'avons pas besoin d'autres conquêtes, d'autres dominations, d'autres supériorités que cette union. Cela est bon, cela suffit, et cela apporte bénédiction au monde, c'est tout. Plusieurs religions le pressentent au point de vouloir nous voler ce message et nous supprimer pour prendre notre place. Comme s'ils pouvaient changer à leur gré la volonté de D.ieu sur Ses créatures. Heureusement, tu n'es pas tombé dans ces supercheries criminelles qui ont tué des millions de Juifs dans l'histoire.
La direction que tu prenais était juste parce qu'elle était un retour à la pureté de celle d'Avraham; tu as pu ainsi lâcher les illusions et tu es prêt à recevoir totalement maintenant la lumière que tu pressentais et qu'il a découvert ainsi que ses successeurs qui l'ont déployée.
Cette lumière -celle que tu as ainsi visée depuis si longtemps, avec courage et persévérance, t'attend à 'Hanouka, en ce lieu de Jérusalem. Si tu penses que c'est le moment, dans ta liberté. Tu as fait exactement comme Avraham qui parcourait le monde et qui a trouvé ici.
Je formule aisément tout cela dans les termes que tu connais maintenant puisque c'est toi, c'est ton être et tu l'as prouvé: regarder cette lumière de 'Hanouka, en odékha (je louerai, verset 13 du psaume 30), c'est atteindre simplement l'union du transcendant et du concret (sahadja), c'est y rester stable et inébranlable (sthaanou), dans cette conscience (cit) et peut-être as-tu été sensible à ces mots communs en ces deux langues pour exprimer ces recherches (nour, la lumière; et ce point de rencontre de l'Innommable et de nous-mêmes est appelé souka -joie, bonheur- en sanscrit et c'est bien ce que nous vivons sous la soucca à Chavouôte! Un peu d'humour fait du bien, sans prétention de rien prouver par là, car nous n'en n'avons pas besoin!
Les Sages de là-bas, fine fleur de l'humanité en recherche, t'ont appris qu'ils appellent prasaada cet état de grâce calme, de pureté, de perfection de la gloire parfaite (vibhouti); le roi David nomme aussi cela en lui donnant le nom de kavod (gloire qui a sa source dans la Gloire, comme nous le célébrons spécialement dans la prière de matin de Chabbate). Et il dit dans le psaume: "yézamérékha khavod vé lo yidom, voilà une gloire qui chantera et qui ne s'endormira pas". Nous chantons souvent ce kavod dans toutes nos prières.
Je te souhaite de parvenir très bientôt à ce point du bonheur pour lequel tu as beaucoup cherché sur toute le terre, sans tricher. Tu as accompli ce qui est prescrit de "te" faire un rav, cela veut dire une Torah que "tu" vives, tu as construit lentement cette ascèse de recherche (saadhana) que tu as voulue centrée seulement sur l'ultime réalité (la satya). Tu as évité l'illusion confuse (moha) du seul concret et des seules richesses matérielles, tu as réussi à éviter le seul attachement (assakta) à ces apparences.

Et maintenant, épuré, tu reviens comme Avraham vers le lieu qui est lumière. Et cela à 'Hanouka. Et tu réussiras, comme les Makabim; et tu ne te laisseras certainement pas prendre comme les mityavnim (les partisans de la Grèce qui pullulent encore).

Je pense que tu es la réalisation exacte de ce que dit le Traité Méguila 6a:

"im tomar lékha adam: yagâti vé lo matsati, al taamine,
si quelqu'un te dit: j'ai peiné dans l'étude et je n'ai pas trouvé, ne le crois pas.
lo yagâti vé matsati, al taamine
si quelqu'un te dit: je n'ai pas peiné et j'ai trouvé, ne le crois pas.
yagâti vé matsati, taamine
mais si quelqu'un te dit: j'ai peiné et j'ai trouvé, crois-le".
Je me souviens très bien quand, dans nos premiers échanges en espagnol, tu me faisais part de ta soif de la rencontre avec l'absolu: "Oh llama de amor viva... rompe la tela de este dulce encuentro! O flamme d'amour vive, rompt la toile de cette douce rencontre". Et j'y ai repensé ce soir, devant la 'hanoukia avec ses 6 lumières allumées: chacune des lumières de tes années précédentes envers Hachém est restée vivante, on n'allume pas la 6e seulement mais on allume d'abord la 6e là où tu es arrivé, mais chacune des précédentes restent lumière allumée également et c'est toute la trajectoire parcourue qui est lumière stable, sans aucune qui manque. Ainsi de ton parcours, car ta direction était pure et droite: vers Jérusalem à travers ces spirales que tu as suivies dans le monde entier. Et, par ce parcours où tu as épuré parmi les meilleurs du monde, tu reviendras non pas dans une Jérusalem seulement de paysage externe, mais dans une Jérusalem à la fois externe et intérieure, avec toute la recherche depuis Avraham et la remontée de la Création, assumée et offerte dans le Temple de la bénédiction. Tu es un vrai Juif, ce n'est pas une aventure solitaire que tu as vécue, c'est toute l'histoire, et tu lui as fait faire un pas de plus, le tien, que nul autre ne pourra faire à ta place. Il est sûr que par là tu fais accoucher ce que beaucouop d'autres jeunes Juifs et Israéliens recherchent aujourd'hui. Quand tu voudras, apportes maintenant modestement tout cela en offrande au Kotel, en attendant que le Temple bientôt reconstruit t'accueille avec les chants des Léviim dont tu es.

Je te remercie infiniment d'avoir partagé avec moi pendant ces années ta recherche et de m'avoir donné de voir se dérouler sous mes yeux ce parcours avrahamique magnifique, en un raccourci de quelques années de la vie d'un jeune Juif.
Que ta lumière rayonne en toi et sur tout Isra-Ël. Nous avons besoin de toi ici qui as vécu un tel parcours, tu pourras enseigner à beaucoup qui te ressemblent."


Lire aussi cette seconde série de méditation pédagogique quotidienne:
http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka.html#pensee

Note
Pour ceux qui sont dans des fonctions de conseil, et qui veulent tenir compte à la fois des éclairages psychologiques et des dimensions de Torah, et parler en leur langage, spécialement face à des Juifs pour qui ces deux dimensions sont importantes, lire ce lien qui rassemble des publications en ce sens: http://www.modia.org/publications/index.html et http://www.modia.org/infos/etudes/techouva1.html
Il est vrai qu'accompagner des gens dans leur parcours dans cette manière demande un important investissement linguistique et culturel pour écouter, comprendre et rencontrer vraiment. Et pour intervenir dans les termes de la personne qui rejoignent ainsi son expérience. Et non pas dans nos propres mots professionnels ou culturels. Des psychologues ou psychanalystes m'ont souvent posé des questions là-dessus, ils trouveront ici un éclairage partiel.
C'est pour cela que j'avais choisi pour ma thèse de doctorat d'Etat sur la psychothérapie, le thème de la conjonction des éléments personnels et culturels dans le rêve, en prenant l'exemple dans diverses langues, en particulier en ce domaine, en plus du français, l'espagnol, l'hébreu, l'arabe et quelques autres.

 



Etude d'avancée personnelle dans la 7e lumière de 'Hanouka

Dans son commentaire sur les psaumes, intitulé Yossef Téhilote, le 'Hida montre que les lettres initiales (raché tévotes) des trois premiers mots du psaume (mizmor chir 'hanoucate) correspondent aux trois objectifs que voulaient combattre les Grecs dans la culture juive: le mém de mizmor correspond à la mila (circoncision), le chine de chir correspond au chabbate, le 'héit de 'hanoucate correspond à la fête de Roch 'hoddéche. Et ces trois interdictions se changèrent en miracle et en victoire dans la joie.

Et l'ensemble des lettres initiales de ce premier verset l'indiquent bien: elles forment ensemble le mot , vers la joie.



Le 'Hida veut souligner par là que ce psaume composé par David nous témoigne que la protection de Hachém est tellement grande et assurée que le Roi David a vu ces événements et leur issue heureuse et a voulu les inscrire dans son psaume justement consacré à la dédicace du Temple qui fut ensuite le moment où cela s'est joué.

Cela nous indique que la Présence divine ou Chékhina est toujours avec Son peuple Israël, et ce mot sim'ha (joie) dans lésim'ha est un nom de la Chékhina.
Donc, tout cela, en cette 7e lumière où nous avons persévérés en rebondissant ainsi chaque jour de lumière en lumière au dessus des obscurités et dépressions, cela doit nous soutenir.
Le 'Hida va jusqu'au bout de cette lancée sur le premier verset et souligne que le dernier mot David dans (léDavid, à David ) a la guématria de 42 et ce nombre est celui des lumières utilisées sur la 'hanoukia pendants la fête. Le 'Hida veut nous montrer par tout cela quelle cohérence et assurance totale il y a dans cette joie et dans cette victoire. Que cela nous soutienne constamment, et que nous restions branchés sur cette lumière qui est joie.

Cette idée est encore rendue autrement dans le psaume, par le mot li ("pour moi") qui y revient plusieurs fois, allez le constater (versets 2, 11, 12). Et le Middrache Vayiqra Rabbah 2,2 explique l'importance du choix de ce mot, par cette régle d'interprétation du texte:
"bé khol maqom ché néémar li, éino zaz léôlam lo va ôlam ha zé vé lo laôlam ha ba (dans tout endroit où il est écrit ce mot li, ce dont il est parlé restera stable et assuré et ne bougera pas ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir)".
Cela nous montre que la lumière que nous espérons, sur laquelle nous travaillons ainsi avec persévérance en ces jours de 'Hanouka, nous apportera avec assurance ce qu'elle promet, et cela dans ce monde-ci et dans le monde à venir.
Le middrache apporte les références qui le prouvent et que vous pouvez étudier, je vous les donne dans l'ordre où les inscris le middrache: Jérémie 31,20 - Chémote 40,15 - Bémidbar 8,14 - Vayiqra 35,55 - Chémote 25,2 - Bémidbar 3,13 et 11,16 - Vayiqra 35,23 - I Rois 11,36 - I Samuel 16,1 - Chémote 25,8 et 20,21 - Vayiqra 28,2 - Chémote 30,31.
Voilà de quoi méditer et nous renforcer pendant toute cette journée.

N'oublions pas: victoire-assurance-lumière-joie-constance perpétuelle-Chékhina.
Nous comprenons maintenant pourquoi la tradition nous demande de passer au moins 30 minutes à regarder la lumière, pour recevoir toutes ces bontés et prendre le temps de les assimiler. Ce n'est pas du tout simplement allumer les bougies, chanter un chant, donner des cadeaux et papoter. Il y a cela et plus!

Si vous le voulez, voyez aussi l'autre méditation pour ce 7e jour :
http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka.html#pensee

Découvrez qui est le 'Hida: lien ici. Ecrivez Hida dans le moteur de recherche, en haut de la page d'accueil (lien ici) et vous découvrirez que ses commentaires sont très présents sur tout le site Modia.



Etude d'avancée personnelle dans la 8e lumière de 'Hanouka

Dernière avancée dans ces étapes d'obscurité et de lumières. Nous devons aboutir et stabiliser, ce sera notre méditation d'aujourd'hui.
Résumons donc les étapes franchies et démontrées par le psaume 30 dans le commentaire ci-dessus dans les 7 jours précédents, en y ajoutant ce plus d'aujourd'hui.

1e étape à franchir et que nous rappelle le premier verset du psaume:
"J'ai su que tu proposes ce bonheur total où nous entrons pour nous inaugurer en sanctuaire et être chant comme le bien-aimé David".



2e étape à franchir et que nous rappelle les versets 2 à 4 du psaume:
"J'ai vu les 5 délivrances d'où Tu me tires depuis les chutes, et ma part sera de m'en souvenir et de chanter en conséquence".

3e étape à franchir et que nous rappelle les versets 5 à 11 du psaume:
"Je chanterai aussi de ce que j'ai appris:
- mon erreur de croire que je serai stable et fort par moi-même puisque Tu m'as donné; j'ai appris que Tu donnes et puis Tu caches Ton aide et je m'écroule, qui que je suis; me rappeler que ma force et ma stabilité ne me sont pas acquises mais sont à prendre comme un don constant de Toi et pour toujours".

4e étape à franchir et que nous rappelle le verset 12 du psaume:
"La vision claire de ce scénario qui éclaire la réalité assure la réalisation de ce plan divin qui est de nous donner et avec continuité".

5e étape à franchir et que nous rappelle le dernier verset du psaume:
" Nous sommes dans le chant, pas seulement moi, c'est "notre" kavod, notre gloire commune qui sans cesse chantera; j'ai l'autorisation de dire ce mot d'union: Elo-haï. Et le dire toujours en jubilation, c'est le mot odéka, je louerai, je célébrerai".

Un éclairage important nous est fourni, me semble-t'il lé ânioute déâti, en utilisant la méthode classique d'ouvrir ce mot en allant trouver un autre contexte où il est utilisé.
Ce dernier mot odéka, je louerai, ne revient qu'une seule autre fois dans tout le Tanakh (Bible), c'est dans le livre de Yov (Job) au verset 40,14. Après toute l'expérience de sa vie et des enseignements inadaptés des savants en Torah qui lui ont fait bourdonner les oreilles pendant des dizaines de chapitres en essayant de lui expliquer pourquoi il souffre, et lui même prenant cette même voie tordue, D.ieu l'invite à abandonner ces démarches trop humaines et lui laisse entrevoir une autre:
réaliser que seul comprend Celui qui fait les mondes avec toutes les merveilles et puissances qui s'y déroulent, et laisser parler le chant qui devrait venir alors en nous (même si nous sommes en peine) dans la conscience de cette vision d'un tel univers. Et, alors, l'univers de Yov (ou le nôtre) change et peut laisser se manifester la puissance du bonheur, comme dans le miracle de 'Hanouka.
Ce mot est encore placé une seule autre fois mais en y ajoutant devant le mot "vé" (et) dans le verset du hallél (lien ici) de louange au psaume 118, au verset 28 qui le termine, et que nous chantons en communauté les jours de fêtes: "Eli Atta vé-odéka, Elo-haï aromiméka, mon D.ieu c'est Toi et je Te louangerai, mon D.ieu, je Te célèbrerai".



Nous y retrouvons les mots de notre psaume, nous sommes donc bien assurés qu'il s'agit du même thème. Et ce psaume se termine par "Hodou laChém ki tov, ki léôlam 'hassdo, Louez Hachém car Il est bon, car Sa bonté est éternelle et constante".

Les 8 lumières de 'Hanouka brillent ce soir sans une qui ne manque, et dans le psaume, 8 fois celui qui prie appelle "Hachém" directement, 8 rencontres de bonheur expressément. Deux fois, il y ajoute Elo-haï, mon D.ieu, rencontre d'amant, de 'hassid qui chante doucement.

Nous retrouvons aussi, en cette phrase du psaume 118, le mot qui revenait dans le psaume 30: "ki, car"; en effet, le roi David veut nous faire saisir que c'est la logique réelle du monde et de la vie qu'il connait maintenant.
Puissions-nous, tout Israël et tous les hommes, aller dans cette voie qui est bien au delà des conflits, et de l'agitation vaine des mouches que nous infligent en douche continue les médias sur la vie politicienne; et que nos préoccupations internes nous camouflent également.

Exercice concret
Essayons de mémoriser ces 5 étapes, pour les franchir le plus souvent possible, pour nous y maintenir.
Si nous les séparons par un trait sur notre texte pour les lire clairement dans ce rythme,
et apprendre et mémoriser ce psaume selon ces étapes,
nous aurons ainsi un outil interne pour notre pilotage optimal.
Essayer de relire plusieurs fois le psaume en suivant ainsi le rythme de progression de chaque étape.
Hag 'hanouka saméa'h.


Psaume 31

Il est indispensable de le lire avant de suivre cette étude.Et de le suivre dans le texte ou dans la traduction pour vérifier les mots précis de cette étude.

Nous comprenons maintenant et immédiatement pourquoi le premier verset parle de ce « dedans » : « Békha Hachém ‘hassiti, En Toi, Hachém, je m’abrite ».

Nous retrouvons les séquences précédentes et les thèmes précédents. Ce qui nous montre aussi que ce travail est à reprendre constamment.

Ce psaume nous enseigne davantage sur le lieu où nous devons vivre, « dans lequel » nous devons vivre, et il nous éclaire en décrivant davantage. Cela est résumé jusqu’au verset 6 qui comprend encore la préposition « dans » (bé) avec les trois mots « bé yadékha afqid rou’hi, dans ta main je confie mon esprit » et nos Sages ont remarqué que les initiales forment le mot béer, puits comme le puits de vie de Myriam. Et cela au milieu des dangers décrits dans le verset précédent.

Ensuite (versets 7-9), nous voyons que cette réciprocité apporte la joie : l’homme se tourne et regarde avec confiance, et D.ieu regarde la misère et, du lieu de cette rencontre, l’ennemi et les soucis ne peuvent être présents et la joie apparaît, elle est indiquée par les deux mots guila et sim’ha, au verset 8 et il est bien précisé que l’on est alors au large des ennemis et des soucis.

Nous allons voir que le Roi David refait plusieurs fois ce scénario, peut-être parce que nous sommes faibles et n’avons pas la constance de séjourner et aussi parce que les ennemis et soucis se renouvellent. Dans les versets 10-14, il décrit à nouveau la situation pénible dans lequel il est. Si le Roi et le Roi David passent par là, ne nous étonnons pas de traverser à notre tour des épreuves, cela nous montre qu’elles sont dans le programme normal. On a l’impression de lire le Livre de Job, et il faut regarder son chapitre 29 pour découvrir l’intensité de l’épreuve dont les autres attribueront la réalité au malheureux, la responsabilité à la victime. Ainsi va le monde, même celui des meilleurs, cela devrait nous mettre en garde.

A nouveau, au verset 15-17, David travaille pour se placer dans le duo « je-Tu » et aux versets 18-19, les méchants sont exclus et externes à cette union.

Les versets 20-23 décrivent encore comment le fait de se mettre en ce lieu qui est le lieu de Celui qui est Bonté, expulse les méchants et médisants.

Le final (24-25) est composé de conseils en conclusion et en bref résumé. Et David reprend les mots dit à Yehoshua dans le premier chapitre de son livre : « être fermes et forts dans ces attitudes ». Myriam a eu ces qualités et elle a pu ainsi sauver le peuple, et Yehoshua a eu aussi ces qualités et est parvenu à éliminer les méchants autour du peuple et de la terre d’Israël et pendant toute sa vie tout le peuple a vécu de toute la Torah. Voilà le fruit de réussite de cette attitude.

L’écriture même de ce psaume nous apprend l’alternance normale que nous devrons vivre dans une répétition de difficultés, de retour puis de joie. Nous avons analysé plus précisément ce psaume sur le site.


Psaume 32

En fonction de tout ce que nous avons vu, il commence par le mot « heureux, achré ».

Pour préciser la source du vrai bonheur, car ce ne sont pas les critères habituels qui assurent le bonheur même s’ils peuvent y contribuer partiellement : santé, jeunesse, beauté, argent, maisons, objets, relations, pouvoir, etc. On peut être malheureux et ne pas être heureux avec tout cela, le cas est fréquent.

Ce psaume va développer une phase du processus que nous avons découvert : certes, on va se mettre à l’abri mais ce déplacement suppose que l’on sorte réellement des fautes ; on ne peut pas jouer sur les deux tableaux, être ici et là en même temps, c’est impossible. Les deux premiers versets déclarent cela. Et dans cette erreur commise même par le Roi David, ipso facto le poids de la réalité de Hachém l’écrasait, car il tordait lui-même toutes les réalités.

Il nous enseigne comment il en est sorti de cette impasse : par l’aveu de ses fautes et le fait de les reconnaître vraiment. Le verset 6 nous montre bien que le Roi David fait de ce psaume un poème didactique, pédagogique.

Les versets 7 et 8 nous dépeignent bien le duo dont nous avons parlé, de la part de l’homme et de la part de D.ieu. Suivez le texte avec cette étude. Ne survolez pas.

Les versets 9 à 11 donnent des conseils et nous rappellent le lien de cette droiture morale avec le fait que le chant va jaillir pour nous. Il faut être droits (yécharim) en tout cela, des gens au coeur droit. Ecrivez ce mot coeur ou lev dans le moteur de recherche du haut de la page d’accueil pour découvrir son importance dans les études sur le site Modia.

Psaume 33

Nous arrivons dans une phase nouvelle, le poète d’Israël nous transporte maintenant dans la zone du chant et de la réjouissance qui sont réalisés ainsi par le duo des personnes droites et justes, et nous allons comprendre parfaitement ce premier verset :

"Ranénnou tsaddiqim ba Hachém, la yécharim nava téhila

Lancez des chants de réjouissance, justes, en Hachém, aux hommes droits convient la louange".

Ce ne sont plus des conseils préparatoires, mais on invite le peuple de gens droits et qui avancent selon ce qui a été proposé, à laisser éclater leur joie, celle de D.ieu.

Nous sommes là avec Avraham avinou, notre père, qui a constitué notre peuple en découvrant que le monde est bâti sur la bonté divine (et non pas sur la force intellectuelle, économique, politique, financière).C’est une révolution et un dévoilement que beaucoup n’ont pas encore compris ni dans notre peuple ni hors de notre peuple. Les journaux écrits ou télévisés que nous absorbons sans cesse ne sont pleins que des luttes de ces faux pouvoirs, et non pas des politiques de la bonté. Ce psaume nous fait entrer dans ce monde de la bonté qui a écarté le mal. Notre monde est bâti selon l’ordonnancement du 7, comme les 7 jours ou les 7 descentes de la bénédiction que l’on nomme séfirotes. Et le psaume nous décrit dès les 3 premiers versets, les 7 formes de cette joie-louange qui éclate :

ranénou (rina), téhila, houdou (hodaya), zamérou (zimra), chirou (chira), naguéne (nigoun), térouâ. Et ce chant se joue sur les 10 cordes qui font allusion aux 10 ordres du flux de la bénédiction, totalité des séfirotes.

Toute la terre est ainsi remplie de l’amour (ohév) venant de D.ieu et venant des hommes par les michpatim que nous avons étudié longuement dans la paracha Michpatim. C’est le psaume du dévoilement, après les efforts pédagogiques, c’est ce que devrait être notre vie de peuple et notre vie personnelle, vie intérieure, de relation et d’action.

On comprend l’erreur faite par ceux qui ne veulent défendre Israël que par les armes, ou que par l’idéologie politique ou que par la lutte contre la désinformation. Tout cela est nécessaire (et est forme d’amour aussi), mais c’est insuffisant, c’est de la théorie qui ne transforme pas. On a vu mille fois les belles idéologies philosophiques ou de pouvoir (y compris politique ou religieux) devenir des systèmes justifiés et puissants d’assassinats. Cela, parce qu’ils n’avaient pas saisi l’essentiel de la force qui constitue réellement le monde : la moralité de l’amour. Relisons en ce sens les deux derniers versets de ce psaume.

Psaume 34

Nous n’aurons aucune peine à le comprendre après cette étude : le Roi David nous explique comment tout cela s’est joué dans sa propre vie. Nous retrouverons donc tous ces thèmes et toutes ces étapes, mais saisies au niveau d’une vie personnelle.

Nous comprenons aussi par là que le Roi David a écrit tous ces psaumes sous une forme de rédaction qui permet de les dire au même titre par un particulier, par une communauté ou par l’ensemble du peuple d’Israël. Les dynamiques et les solutions sont les mêmes.

Nous ne pouvons pas penser uniquement à nos petits problèmes personnels mais nous prions toujours d’abord pour tout Israël (et ensuite pour nous ou pour nos malades, etc. au milieu des mêmes besoins d’Israël).

Le bonheur d'Israël

En ce sens, nous allons terminer le commentaire du Ari, zal, non pas pour faire tout-à coup une envolée dans la cabale. Mais les cabalistes ou le Zohar ont aussi des commentaires qui sont au niveau dont nous parlons, de ce qui est clairement dévoilé. Cette part-là, seule, nous est accessible.

Dans son commentaire des psaumes de Séfer halliqoutim, il décrit une dynamique que nous allons comprendre parfaitement après tout ce que nous avons étudié. Le psaume 33, 10 dit :

« Hachém héfir âtsate-goyim, héni ma’hchévotes âmim
Hachém renverse les projets des peuples, Il fait échouer les desseins des nations ».

Son commentaire.

« Il faut voir la vérité complexe (éméte) :Hachém a séparé la terre d’Israël de toutes les autres terres. Car toutes les autres terres sont la part de leur gouvernement et des anges qui les guident. Mais la terre d’Israël, il n’y a aucun gouverneur ni aucun ange qui la commande, comme il est dit : « cette terre que Hachém ton D.ieu exige et désire toujours ». Et c’est exact, tout Israël est Sa part à Lui, comme il est dit : « car la part de Hachém c’est Son peuple, ki ‘héléq Hachém âmo ». C’est pour cela que, même si les puissances qui gouvernent les autres peuples en bas et en haut (sarim), décrètent quelque décret mauvais contre Israël, ou passent à l’action par de mauvais conseils contre Israël, Ha Qaddoche Baroukh Hou annule tout de là- Haut et renverse leurs plans, comme il est dit dans ce verset…. Et il sauve Israël des plans des nations, car elle est Sa part et Son héritage. Et Il ne revient pas sur ce à quoi Il s’est engagé.

C’est pour cela qu’il est dit au verset 33,11 : et les décrets de Hachém subsistent à jamais, « âtsate Hachém léôlam taâmod ». Et Il sauve Israël des nations, et il ajoute en bien pour Son peuple, c’est ce que veut dire la suite du verset : « les résolutions de Son coeur, de siècle en siècle, makhchévote libbo lé dor va dor ».  Et c’est pour cela que l’on dit souvent dans la prière le verset : achré ha âm ché kakha lo, achré ha âm ché Hachém Elohav, Heureux le peuple qui est ainsi, heureux le peuple dont Hachém est le D.ieu. »

Inutile de détailler tous les liens de ce texte avec l’actualité constante. Chacun peut le faire facilement et remettre ses pendules à l’heure pour ne pas se tromper dans l’action ni se tromper de leaders internes ou externes, et ne pas craindre. A condition de vivre selon la nature du monde.

C'est uniquement selon cet axe que nous portons notre regard et notre analyse sur l'actualité dans les bulletins de Modia. En essayant.


Comment réussir la pratique de ce programme?

- il faut assimiler clairement cette structure de ces psaumes pour que la prière puisse porter ces dynamiques, ce qui veut dire travailler l'étude de ces psaumes jusqu'à ce que ces dynamiques soient claires. Alors, la prière pourra les porter. Le Chla dit que la prière doit être dans le dibbour (les paroles), la ma'hchava (la pensée), et dans la cavana (l'intention du coeur) et alors la prière est efficace car ha 'hout ha méchoulache lo bimhéra yinateq, ce cable triple ne se rompra pas facilement (Qohéléte 4).C'est pour cela que la prière est dite comme étant un "travail", âvoda.
- dans le même sens, nos Sages se posent la question: mipné ma éin Israel néénim (pourquoi Israel prie et n'est pas éxaucé? Middrache Tehilim sur le psaume 91,5). La réponse se trouve dans les versets du psaume 91, 14-16: "car il m'est attaché et Je veux le sauver du danger; je veux le grandir, parce qu'il connait Mon nom. Il m'appelle et Je lui réponds; Je suis avec lui dans la détresse îmo Anokhi vé tsara, Je le délivre et le comble d'honneur. Je le rassasierai de longs jours, et je le fais jouir de mon salut". Nous revenons là à ce qu'a compris 'Hanna: se placer avec Hachém, "en" Lui car et comme Il est avec nous dans la peine. Seulement quand l'homme connait ce nom de bonté de D.ieu, et s'en approche dans l'union, alors la situation change.

- c'est ce que Job a compris quand il a décidé d'arrêter de discuter et de raisonner comme le faisaient ses amis les philosophes et théologiens. Il fait taire tout cela et se place en vériter devant Hachém et il a perdu beaucoup de temps avant de parvenir à cette attitude (41 chapitres sur les 42 de son livre). Alors le dénouement se fait. Lisez ce chapitre 42 de Job.
- c'est ce que le prophète Isaïe a dit : bé khol tsaratam lo tsar (dans tous leurs ennuis, ce sont également Ses ennuis. Isaïe 63,9). Et de nombreux middrachim (Mékhilta dé Ribbi Ichmael sur Béchala'h, ou Middrache Tan'houma sur Vayichla'h 10,10) interprètent en ce sens ce qui s'est passé pour 'Hanna: souci pour elle, souci pour Lui, joie pour Lui, joie pour elle. Cette réciprocité est la base réelle de toute délivrance. Mais c'est un travail très laborieux pour que les hommes parviennent à se dégager de leur conception solitaire du souci. Alors que Hachém connait nos souffrances comme il est dit lors de la sortie d'Egypte (Chémote 3, 3-5: "J'ai vu, J'ai vu l'humiliation de mon peuple... Et Je serai avec toi).Et Rachi commente: "J'ai mis mon coeur à comprendre et à connaître ses souffrances. Je ne me suis pas caché les yeux, je ne me suis pas bouché les oreilles pour ne pas entendre leur cri". C'est le sens de ce mot "éte" supplémentaire en hébreu et qui n'existe pas dans une autre langue et qui indique "avec, îm" comme le dit Rachi sur Béréchite 4,1. Ce "avec" continu correspond au "bé, dans" dont nous avons parlé longuement plus haut.

Je termine cette étude à Jérusalem quand les premières fleurs des arbres ressurgissent, celles de l'amandier, éts chaqéd, comme il est dit dans le premier chapitre de Jérémie: "La parole de Hachém me fut adressée en ces termes: que vois-tu Jérémie? Je répondis: je vois un rameau de l'amandier.


Tu as bien vu, me dit Hachém, car je vais me hâter (chaqéd) d'accomplir ma parole."
Et la bonté s'étend alors et remplit le corps, la vie.

Cela près de ma maison, en Israël. Cette année. Hachém ne déçoit pas. Il nous "fait savoir" (sens du mot modia), il nous fait savoir la seule réalité et elle est l'invisible: Sa bonté, la bonté.Cliquez sur l'image de Modia, en page d'accueil, vous verrez ce qui était invisible.

Le psaume 31


Ce psaume est toujours cité contre le "mauvais oeil". Qu'est-ce que cela veut dire ? Il s'agit des situations où les ennemis mobilisent toutes les forces possibles contre quelqu'un, non seulement les forces militaires mais aussi les forces bien plus mortelles de la médisance, de la jalousie, du souhait de malheur, etc.
Voyez aussi notre commentaire des psaumes 58 et 59.
Ce psaume ne décrit pas une situation précise du Roi David afin que chacun puisse l'utiliser pour ses propres besoins.

Voici maintenant la structure du psaume 31. 
Il est composé de deux parties A et B (versets 2-9 et versets 10-23) qui sont bâties de la même manière :
- d'abord la plainte qui décrit les malheurs (A1: verset 2-7, et B1: versets 10-19).
- puis le souvenir des bontés, la louange (A2: versets 8-9, et B2: versets 20-23).
Enfin, après ces deux parties semblables, le psaume se conclut sur un appel à tous d'aimer Hachém, d'avoir confiance et de se renforcer ainsi (versets 24-25).

Voici maintenant la traduction du texte hébraïque du psaume.  Nous pourrons ainsi dépouiller précisément cette structure, afin de pouvoir prier selon ce rythme qui nous enseigne comment prier dans les circonstances les plus tragiques.

Premier verset qui résume tout
"Au vainqueur (ou "au chef des chantres"), psaume de David".

Première partie (A)
D'abord la plainte qui décrit les malheurs (A1: verset 2-7).

Verset 2
"En Toi, Hachém, je me suis abrité. Je ne serai déçu jamais. Dans Ta justice, retire-moi du danger".
Ce verset situe les deux termes : celui qui prie est quelqu'un de menacé au point qu'il doit vivre protégé et n'a plus d'autre défense et protection que D.ieu Lui-même, et il supplie que D.ieu le sauve et il dit sa confiance contrairement à toutes les déceptions qu'il a eues de la part des humains. Cette "justice tienne" est, en fait, la Chékhina divine qui réside avec nous.

Verset 3
"Tends vers moi Ton oreille, vite sauve-moi. Sois pour moi un rocher, une forteresse, une citadelle où j'aurai le salut".
Ce verset précise et intensifie la demande ; ce ne doit pas être vague mais une relation personnelle, un véritable salut. Et la protection doit être intense et solide. On trouve ici les mots fréquents dans les psaumes : rocher (tsour),  maôz (forteresse), métsouda (citadelle) et salut (hochiâ).
Cela est bien plus que aide, c'est la solution définitive à une menace totale.

Verset 4 
"Car mon rocher et ma citadelle c'est Toi, et pour Ton Nom Tu me guideras et Tu me dirigeras".
Ici, on précise encore ; on ne dit pas : sois un rocher, mais Tu es mon rocher. Ce n'est pas ailleurs, et c'est Toi. Et on se place dans l'ordre de l'amour car cela est demandé en raison d'une relation d'amour. En effet, quand on aime, on ne peut pas refuser car l'aide repose sur l'amour seul. Et cet amour devient le moteur qui mènera la vie et la pilotera.

Verset 5
"Tu me feras sortir de ce filet dans lequel ils m'ont enserré, car Toi Tu est ma forteresse".
Maintenant on précise les tactiques des adversaires qui précédaient cette protection : un piège fourbe dans lequel on est tombé. Au lieu de cela, désormais nous aurons une aura de protection très forte et positive, inébranlable et nous ressentirons la force au lieu de la chute, de la vulnérabilité, et de la menace.

Verset 6
"Dans Ta main, je confierai mon esprit. Tu m'as sauvé, Hachém, D.ieu de vérité".
Celui qui était menacé est arrivé ici à une relation d'amour en toute proximité et me se reposer totalement sur l'Aimé. Il est la vérité totale, comme l'expriment les lettres de ce mot EMET en hébreu (1e lettre, lettre médiane et lettre finale de l'alphabet). Et le nom qui nomme D.ieu est ici celui de la bonté: El. On reste tendu vers le salut et il est atteint.

Verset 7
"J'ai haï ceux qui gardent des relations vaines et moi, c'est vers Hachém que j'ai remis ma confiance".
Nous étions perdus dans un monde où tout est vain et menaçant, et nous avons fait le choix de Celui que nous connaissons par Sa révélation de la Torah, et nous nous plaçons totalement en confiance envers Lui. C'est la fin de la première séquence de la supplication dans le danger et de la construction de la relation de confiance.


Verset 8 Commence la partie de louange et reconnaissance, jusqu'au verset 9.
"Je serai heureux et je me réjouirai dans Ta bonté car Tu as vu ma pauvreté, et Tu as connu les drames de mon âme".
Cette fois, on dépasse enfin le drame et comment ? Par l'union en Celui qui est bonheur et joie. Le vide est devenu contenant pour ce bonheur. La pauvreté prend sens. On atteint des termes que l'on utilise dans les chants de mariage.

Verset 9
"Et Tu ne m'as pas enfermé dans la main de l'ennemi ; Tu as établi mes pieds au large".
Ce que nous vivions était exprimé en termes d'espace enfermé comme une prison, un piège. Cette fois, la cage s'est ouverte et on a retrouvé la liberté d'action.

Nous avons effectué un cycle. Et nous allons en recommencer un autre, identique (Versets 10-19). Cela nous enseigne peut-être que la vie restera un affrontement de grandes difficultés qui se renouvelleront, comme ce fut pour David et tous les Patriarches. Il faut alors tirer les leçons du cycle précédent, dans cette nouvelle épreuve. La première phase (versets 10-19) sera une plainte dans l'angoisse et la seconde phase (versets 20-23) sera à nouveau l'assurance et la louange de remerciement.

Verset 10
"Sois bon envers moi, Hachém, car dans la détresse je suis. J'ai fatigué mes yeux dans la colère, ainsi que mon âme et mon corps et mon ventre".
Situés dans la bonté, nous osons redire l'intensité de la détresse qui déchire et brise tout l'être.

Verset 11
"Car détruite dans la peine est ma vie, et mes années s'écoulent dans les gémissements. L'échec de mes forces vient de mes fautes, et mes membres sont épuisés".
Dans la confiance, nous pouvons dire à Hachém l'étendue de notre détresse réelle. Et notre faiblesse réelle qui explique toute cette situation.

Verset 12
"Pour tous mes persécuteurs, j'ai été considéré comme moins que rien ; et de même intensément pour mes voisins, et je suscitais la peur chez ceux qui me connaissaient. Ce qui me rencontraient dehors s'éloignaient loin de moi".
Ce n'est pas seulement une ruine personnelle, mais nous étions aux prises avec des véritables persécuteurs et, par faiblesse ou par gêne, ou par coopération avec eux, tous même mes proches amis se mettaient à m'éviter et à me fuir. Rien n'est pis que ces trahisons injustes venant de ceux que l'on aime, qui nous aiment et lâchent celui qui est faible.

Verset 13
"J'ai été oublié comme un mort hors des coeurs, et j'ai été comme un instrument abandonné et perdu".
Cette situation a été jusqu'à l'extrême, sans retour, dans une solitude atroce et sans pouvoir trouver d'issue.

Verset 14
"Oui, j'ai entendu les médisances nombreuses, la terreur m'environnant et m'enserrant, quand on se ligue ensemble contre moi, et pour me prendre ma vie ils complotaient".
Cela ne suffisait pas encore, après la faiblesse il a fallu que la persécution se déchaîne par la pire des armes, celle de la médisance, et non pas simplement pour nuire mais pour aller jusqu'à faire mourir. C'est la situation fréquente que vivent les Juifs et tout Israël. En ces heures, nous pouvons avoir l'assurance que nous ne vivons pas cela seuls, mais nos pères l'ont vécu et ont piloté l'histoire à travers ces larmes.

Verset 15. Ici commence la réaction positive en cette seconde partie du psaume.
"Et moi, c'est en Toi que j'ai placé ma confiance ; Hachém, j'ai dit : mon D.ieu, c'est Toi".
Au milieu de tout cela, en un instant je réagis et  je me branche en une seule réalité : Toi. Toi que je connais et qui est mon amour.

Verset 16
"Dans Ta main sont les étapes de ma vie; sauve-moi de la main de mes ennemis et de mes persécuteurs".
Je ne reste pas à contempler mes malheurs ni mes ennemis mais je vois plus loin et les étapes à venir de mon destin qui est mené par Ta main. Mais, pour cela, Tu dois me délivrer de ces obstacles qui ne sont rien pour Toi.

Verset 17
"Fais luire Ta face sur Ton serviteur, sauve-moi dans Ta bonté".
Au lieu de visage des mes ennemis, donne-moi de prendre de la distance et de me souvenir de la réalité qui est la mienne : je suis situé dans Ta lumière et si je le tiens Ta bonté pourra alors me sauver.

Verset 18
"Hachém, que je ne tombe pas dans la honte quand je T'ai appelé. Que les méchants, eux, sombrent dans la honte, qu'ils soient réduits au silence du Chéol".
Il faut cependant que Tu m'aides et renverse la situation concrète. Place les méchants là où ils ont voulu me mettre et là où se situe leur être.

Verset 19
"Qu'elles deviennent muettes les lèvres de mensonge, qui parlent avec insolence contre le tsaddiq, avec orgueil et mépris".
Fais cesser cette règle du monde.


Verset 20. Maintenant, après tout ce travail dans la prière, va venir dans la lumière la véritable situation du juste qu'est Israël.
"Quelle est immense Ta bonté, que Tu as dispensée à ceux qui Te craignent, que Tu as fais agir pour ceux qui ont confiance en Toi, en face des humains".
Tout cela se stabilise, non pas parce que nous supplions par des prières, mais c'est uniquement parce que nous vivons dans Ta crainte, cela veut dire que nous nous mettons envers Toi dans le véritable et unique rapport : Tu es le créateur du vrai bonheur et nous ne cherchons nulle part ailleurs nos raisons de vivre, et nous vivons selon Tes règles du jeu qui sont les règles de la vraie vie. Comme le dit le psaume 1 ou le psaume 128, celui qui vit ainsi dans ce que l'on nomme "crainte de D.ieu, yireat chamayim" trouve le bonheur. Il faut aller lire ces psaumes pour comprendre ce thème.

Verset 21
"Tu les as cachés dans le secret de Ta face, à l'abri des intrigues des gens, Tu les as abrités dans Ta soucca, hors de l'atteinte de la guerre des langues mauvaises".
Nous retrouvons les mots d'espace qui entoure, mais maintenant c'est Ton espace ; et il est une protection totale contre le pire des maux : la langue qui tue.

Verset 22
"Bénédiction et bonheur est Hachém, car Il m'a abrité dans Sa bonté pour moi, dans Sa ville fortifiée".
C'est un nouvel être dans un nouvel espace que nous vivons quand notre regard a retrouvé ainsi, par la prière bien guidée par le Roi David, notre lieu, notre peau, notre bouclier, notre union, notre force. Et tout cela, par l'amour que Hachém nous manifeste.

Verset 23
"Et moi j'avais dit dans mon trouble : j'ai été exilé loin de Tes yeux. Vraiment, Tu as entendu la voix de mes plaintes, en mes gémissements vers Toi".
Je ne dois plus oublier que Tu es présent à mes douleurs, que Tu les vois et les entends et que mes gémissements Te sont présents et que Tu y réponds réellement.


Verset 24. Nous abordons maintenant la conclusion du psaume après ces deux parties qui ont doublé la plainte suppliante et la louange de confiance.
"Aimez Hachém, tous ses amants épris de Lui. Ses fidèles Il les protège, Hachém. Mais Il paie immensément ceux qui agissent avec orgueil".
Nous avons le choix entre deux modes de vie : la guerre des humains brutaux et orgueilleux, ou bien l'humilité du peuple juif qui reçoit et reconnaît la Torah et va vivre là comme le demande Hachém. Même si cela semble fait rencontrer les persécutions et la misère. Mais c'est vivre dans Sa lumière, dans Sa protection de Celui qui neutralise tous les méchants si nous Lui faisons cette  confiance.

Verset 25
"Renforcez-vous et rendez fermes vos coeurs, vous tous qui espérez en Hachém".
Il ne suffit pas de s'en remettre placidement et passivement à la confiance. Il faut oser aller affronter le danger et la médisance qui s'exerceront envers le peuple juif, et cela comme il a été dit à Yehoshua dans le premier chapitre de son livre (aller le lire) : puisque nous avons reçu la Torah de lumière, la preuve et l'assurance de la protection, nous avons le devoir de nous renforcer. Hachém ne peut pas nous donner à Lui seul la force dont nous sommes capables, il a laissé cette part libre à l'homme qui décide comment il vit. Ayons confiance mais nous avons le pouvoir de nous rendre forts. Alors seulement la paix viendra dans un second temps : ôz vé chalom, force d'abord et paix ensuite.


Poème


Plus brillant que le soleil
Ta présence.
Plus réelle que Ton ciel
ma confiance.

Et les oiseaux me rappellent
dans leurs chants
Ta douceur dans le silence.
Je pourrais douter de toutes les amitiés
mais pas de la beauté
que Tu as créée.

Tu es discret
dans Ton immensité,
tout baiser est secret.
Une main sur une main s'est posée
et voici l'éternité.

Tu es, Jérusalem mon aimée,
la ville de la double beauté.
Impossible de désespérer.