Etudier les psaumes et leurs commentaires

Cela est nécessaire pour mieux prier, pour bénéficier du pouvoir de guérison et de développement personnel
des psaumes et pour découvrir la puissance de leur enseignement sur la Torah et sur la vie.




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Rappel : 
- la mitsva de sauver les prisonniers
- nos prisonniers d'Iran, présents à nos coeurs
- nos prisonniers de guerre, présents à chaque instant

 
Psaumes traduits et commentés
Thèmes de commentaires
Notions hébraïques à connaître pour comprendre les psaumes
Les psaumes 1, 2, 3 Comment faire pour parvenir à une confiance assurée, le bita'hone, et réussir? le bita'hone, prolonger avec les commentaires des psaumes 16, 20, 21, 27, 30, 34, 85, 89, 90, 91, 108, 121, 122, 130, 144.
Le psaume 6 Pour les malades ou pour les personnes et les communautés qui traversent de grandes difficultés. .
Les psaumes 10 à 19
Un scénario pour sauver Israël.
Découvrir l'année de sérénité avec le psaume 16
.
Le psaume 18 Dans les épreuves terribles, comment prier et retourner la situation. Description précise du scénario, par le Roi David. Les psaumes nommés laménatséa'h
Le psaume 20  Dans les épreuves, comment puiser notre intelligence dans l'intelligence divine. Pour sauver Israël. Les psaumes nommés maskil
Le psaume 21 et 102 La prière pour la réussite du dirigeant d'Israël. .
Le psaume 22 L'espoir d'Israël dans le désespoir
Ayéléte ha cha'har, la biche de l'aurore
.
Le psaume 23 La certitude d'Israël envers son Berger
Psaume du chabbate
.
Le psaume 27 La clef du salut d'Israël est dans nos mains
Ori véichi, ma lumière et mon salut
A réciter chaque jour de Eloul
Le psaume 29 Comment la paix, la force et la bénédiction nous sont données
Oz véchalom, force et paix
Un étude nouvelle très complète du psaume du Chabbate. Essayez.
Le psaume 30  Comment se stabiliser dans la joie Le psaume de 'Hanouka.
Le psaume 31  Dans la détresse et contre le mauvais oeil. Comment prier. .
Le psaume 34  Le psaume éducatif. Comment vivre en Juif heureux. .
Le psaume 35 et 43   Contre les perfides et les trahisons. Les psaumes nommés lé David.
Le psaume 37  Pour gagner la paix. Les psaumes nommés lé David.
Le psaume 45  Le psaume de l'amour.
Une étude qui apprend ce qu'est le langage caché des psaumes
Le psaume 48  Comment tout travail de la semaine est la condition du Chabbate.
Ici, les psaumes 46-47-48: savoir capter la beauté pour diffuser la puissance de vie.
Une étude qui apprend ce qu'est le langage caché des psaumes
Le psaume 51  Demande de pardon et de pureté pour aider Israël.
Ce n'est pas par l'argent, ni par les armes, ni par les conflits politiques, ni par les réglements politiques
que l'amélioration se réalisera: elle exige d'abord un changement de la relation dans le coeur.
Cet enseignement est capital pour tous ceux qui veulent le bien d'Israël, leur propre bonheur
et qui misent le plus souvent sur d'autres priorités qui s'avèrent toujours inefficaces.
Les psaumes 59 et 58 et 83 Contre les désinformateurs et le mauvais oeil (également psaume 31). Les psaumes nommés Mikhtam
Le psaume 63 Comment présenter notre prière au milieu des malheurs. Une pédagogie claire à laquelle on peut s'entraîner.
Le psaume 67 Que les nations louent D.
Les psaumes dans le Talmud
Le tiqqoune ha klali
Le psaume 70 et le psaume 74. Supplication pour  l'intervention divine rapide face à nos ennemis .

Le psaume 80

Pour réussir à re-vivre, pour réussir la téchouva réciproque des hommes et de D.ieu. .

Le psaume 81

L'appel désespéré et passionné de Hachém à l'amour. Indispensable de connaître. .

Le psaume 83
Le psaume 84

Face au complot des nations .
Le psaume 85 Les clefs du bonheur. Le retour
Les psaumes dans le Zohar
Les psaumes nommés chir
Le psaume 86  Savoir prier avec confiance dans les heures de détresse .
Le psaume 89  Savoir prier et vivre dans les épreuves collectives et personnelles
Sens de  la structure du psaume
.
Le psaume 90 Comment vivre
Le psaume de Moché Rabbénou
.
Le psaume 91 Protection face aux méchants
Règle
des commentaires de Rachi
Les psaumes nommés mizmor
Le psaume 102 et 21 La prière pour la réussite d'Israël et ici aussi
Le psaume 100 Avant tout, dire "merci". Pourquoi?  et ici aussi
Le psaume 105 Garder ou non confiance pour Israël  .
Le psaume 108 Confiance dans la victoire face aux nations
Le Machia'h (messie) dans les psaumes
Les psaumes nommés âl-hachéminite
Le psaume 113 à 118 Etudier le Hallel ici. Il comprend ces psaumes. .
Le psaume 121 Le Gardien d'Israël
La Chékhina dans les psaumes
.
Le psaume 122 Joie vers Jérusalem
Les dix sortes de psaumes
Le tiqqoune klali
Le psaume 128 Le psaume du couple et de la famille heureuse .
Le psaume 129
Comment garder l'espoir.
L'aveu nécessaire des fautes (viddouï)
Les psaumes nommés 
Cantique des degrés, Chir hammaâlote
Les psaumes 83, 130 et 142  Les psaumes dans la persécution et le désespoir .
Le psaume 144
Comprendre la science des combats et des renouvellements qu'il faut mener. .
Le psaume 148
Une science pour faire gagner avec stabilité le bien. .


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Le psaume 6, appel dans la détresse et dans la guerre

1
Laménatséa'h bineghinote âl-hachéminite, mizmor lédavid.
Au chef des chantres, avec les instruments à corde, à l'octave. Psaume de David.

2-6
Hachém, ne me réprimande pas dans ta colère,
ne me châtie pas dans Ton courroux.
Aie pitié de moi, Hachém, car je suis abattu ;
guéris-moi, Hachém,
car mes membres sont en désarroi,
mon âme est bien troublée,
et Toi, Hachém, jusques à quand ?
Daigne de nouveau, Hachém,
délivrer mon âme, viens à mon secours
en raison de Ta bonté
car dans la mort Ton souvenir est effacé,
dans la tombe, qui te rend hommage ?

7-8
Je me suis extenué en gémissements,
chaque nuit, je baigne mon lit de larmes,
j'inonde ma couche.
Ma vue s'éteint de chagrin,
elle vieillit à cause de tous mes ennemis.

9-11
Loin de moi, vous tous artisans d'iniquité !
Car Hachém entend le bruit de mes sanglots.
Hachém exauce ma supplication, Hachém accueille  ma priere.
Qu'ils soient confus, effarés, tous mes ennemis !
Qu'ils lâchent pied, couverts soudain de honte.

Commentaire du Psaume 6
Premier verset : Psaume 6, 1.

Laménatséa'h bineghinote âl-hachéminite, mizmor lédavid.
Au chef des chantres, avec les instruments à corde, à l'octave. Psaume de David.

Cette début du commentaire est basé sur le Méâm loêz et nous continuons notre étude dans des sources diverses. (Le Méâm Moêz est une oeuvre populaire sur la Torah, d'initiation au judaisme, publiée en 1730 en judéo-espagnol par Yaâqov Culi pour ramener les juifs ignorants ou égarés par la triste épopée de Sabbataï Tsvi. Elle est surtout composée de middrachim). 

Ce premier verset, qui pourrait sembler comme une simple  introduction technique hermétique, a une grande importance.
1. Ce psaume est composé par David et on le réfère à plusieurs étapes où il fut gravement malade, ou en péril. C'est le motif pour lequel ce psaume convient particulièrement pour les malades ou pour ceux qui traversent de grandes difficultés. Il a toujours été dit par les Juifs dans les périodes de grand drame ; on l'utilise aussi pour ces motifs dans la prière quotidienne dans la partie des Ta'hanounim ou supplications de demande de pardon.
David fut en péril de mort, et le peuple aussi, quand David avait recencé le peuple (lisez II Samuel 24, 10 et I Chroniques 21, 16) ; car cette activité manifeste un manque de confiance envers le Créateur et Sa sauvegarde et ramène le peuple à des chiffres et numéros.
David passa également une longue période en état de lèpre et en isolement. C'est sa demande d'être purifié en son âme et de bien revenir à D.ieu et à la Torah complètement qui le guérit. Il demanda que ceux qui aiment D.ieu et le connaissent se rapprochent de leur roi David (voyez le psaume 119, 79) et que ses ennemis soient éloignés (ici 6, 11).
David tomba également malade après l'épisode avec Bat-Chébâ.
David fut également malade par les soucis causés par les nombreux ennemis intérieurs et extérieurs qui l'ont poursuivi pendant sa vie. Ce mal, si gravement ressenti et qui voulait réellement porter atteinte à sa vie est exprimé par l'expression qui parle de "colère" (verset 2) : rien n'est plus dévastateur que la colère.
On le voit, ce qui détruit l'homme est, aussi bien et également, les ennemis du corps, ceux de l'âme et les véritables ennemis externes. 
 

Et la solution du retour à la santé ne peut passer que par un retour préalable à la Torah, à une vie droite,à la prière pour demander le salut, à l'humilité et à la confiance. Ce sont toutes ces qualités, et leur parcours pédagogique, qui nous sont proposées en ce psaume. Ce sont aussi les conditions nécessaires à l'heure où Israël est plongé dans la détresse.

2. Quel est le sens de l'expression curieuse : âl-hachéminite (au huitième, à l'octave). A quoi cela fait-il allusion qu'on ait eu le besoin de donner cette indication technique très particulière ?
- cela réfère à la harpe à 8 cordes nommée chéminite, selon le nom du chiffre 8 (lisez I Chroniques 15, 21) ; ceci est une illustration mais ne nous fournit pas encore l'explication.
- on l'utilisait dans le rite de la circoncision (mila) qui a lieu à 8 jours. Et nous rejoignons la tonalité du psaume de détresse quand on se souvient que Moché rabbénou fut sous l'emprise de la mort et n'en fut sauvé qu'en réalisant la mitsva de la circoncision qu'il n'avait pas accomplie. 
 

Le psaume nous enseigne de bien examiner nos manquements par rapport aux obligations morales du Juif quand nous sommes en maladie et danger de mort et il nous donne l'espoir que nous serons sauvés de même quand nous aurons réparé (lisez Chémote, Exode, ch. 24).

- cette mitsva de la mila est la 8e (lisez Rabbénou Bé'hayé sur Chémote 20, 14), après les 7 de base qui furent données à toute l'humanité, donc aux non-Juifs, et qui constituent la base de toute humanité. Nous en avons parlé longuement dans la page du site Modia consacrée aux Béné Noa'h, aux fils de Noé.
 

Le Middrache Bémidbar Rabba 15, 11 dit que la harpe avec laquelle jouent les Lévites au Temple sera de 8 cordes ou de 8 octaves ou de 8 chants (Ibn Ezra) aux temps du Machia'h (le Messie). Le Rambane développe ce thème dans Torate haAdam, 124. Donc, ce psaume, dit, chanté, pleuré, prié dans la détresse nous laisse entrevoir ces temps du Machia'h que tout Juif espère avec impatience. Nous affirmons, avec optimisme et chant et musique, notre foi, et par là nous faisons descendre la bénédiction car elle ne peut se déployer que dans la joie.

Précisons que le terme de Néguinote (instruments de musique) refère à cela et, tout étant précis et transmis dans le judaïsme, nous savons que ce psaume est joué sur les instruments selon les modes de Nitsoua'h, de Nigoune et de Zémer. Rachi parle aussi de la bonté complète symbolisée par cet instrument (I Chroniques 3, 11). Et il réfère ailleurs à la splendeur du chant manifestée par David en I Chroniques 29.
Le Rambane (sur Béréchite 24, 1) parle en ce sens de la 8e des 13 middotes de Hachém et qui règne sur tout, en reliant le jugement et la bonté. En Vayiqra 23, 40, il le relie aussi à la complétude de la Fête de Chémini Âtsérete qui clôture la fête de Souccote (voir aussi Massékète Sofrim 19).
Ce jour hachémini est aussi le Roche 'Hoddéche Nissane, le premier jour du mois de Nissane où fut consacré le michkane, le sanctuaire (Rabbénou Bé'hayé, Vayiqra 9, 1). C'est donc, dans la détresse, l'assurance de la présence parfaite. Et cela ne concerne pas seulement notre petite personne mais tout le peuple d'Israël (Rabbénou Bé'hayé, Bémidbar 19, 35). C'est un état si bon, qu'il est celui qui se relie à la Création et qui précède la qualité du Chabbate (Rabbénou Bé'hayé, Dévarim 31, 10).

Nous comprenons maintenant aussi pourquoi, alors, il est parlé de "la ménatséa'h", le chef des chantres, car c'est un travail collectif comme dans un orchestre où chacun est indispensable et apporte sa part (voyez Métsoudote David sur I Chroniques 15, 21). C'est ce qu'exprime merveilleusement le Traité Bérakhote du Talmud de Jérusalem (68a) quand, à propos de cette expression, Ribbi Eleâzar dit que ceux qui étudient la Torah apportent la paix dans le monde. Amen ! Voilà bien un psaume à dire en ce moment pour Israël. Et le Rambane, dans ses 'Hiddouchim sur le Traité Soucca 49, a dit que cette expression montre bien que la qualité exceptionnelle de ce 8e jour. Et le Roche, dans ses Tossafotes, son commentaire supplémentaire sur le Traité Roche haChana 4b parle de la plénitude qui est atteinte alors.

Le Livre Chaâré Ora, 8e portail, développe cela aussi.
Le Zohar sur Bémidbar 223b parle de la merveille de ce point où il n'y a plus de séparation entre la victoire et la splendeur. Les Tiqqouné ha Zohar précisent cela en disant : c'est cela qui est exprimé par ces mots du psaume "âl hachéminite", cela veut dire que "nétsa'h Israël, Le victorieux d'Israël ne sera pas défaillant et gagneraéé. C'est le lien de Netsa'h et Hod, les étudiants avancés comprendront. En 51b, les Tiqqouné ha Zohar  ajoutent que, par ces mots, nous faisons louange à Hachém : ainsi, de la souffrance, nous pouvons nous élever jusqu'au plus haut et au plus fort de la victoire, et cela par la prière qui est nourrie de l'étude, et qui devient modestement capable de se placer sur la science de la prière du Roi David lui-même qui avait épousé toutes les difficultés de nostre condition et les a menées à leur plus haut point ; c'est pour cela qu'il est nommé le Machia'h, le Messie. Et qu'il est une des étapes du déploiement du projet de l'homme, ce qui est indiqué par les initiales du nom de Adam qui dessinent trois étapes : Adam-David-Machia'h.

Après l'étude, maintenant, entrons dans le psaume comme prière, par ce commentaire personnel.
Nous pouvons dire ce psaume avec un rythme en quatre phases que nous avons séparées dans la présentation graphique qui suit :
- le premier verset, commenté ci-dessus.
- les versets 2-6 qui sont l'appel suppliant du malade à Hachém lui-même qui est nommé 5 fois, peut-être comme les cinq mouvements possibles les plus élevés dans notre être qu'est la néchama (néféche, roua'h néchama, 'haya, yé'hida). Mais, R. Yéchaya Matrani dit, sur le verset de I Samuel 25, 29, que chaque fois que l'on voit le mot néféche comme au début de notre verset 4, cela représente à la fois le corps et l'âme ensemble. Donc, c'est tout l'être qui est souffrant et crie. Bien assumer tous les mouvements de supplication, de souffrance qui se disent dans toute leur étendue jusqu'à ressentir la proximité de la mort, et ressentir la demande, mais aussi la relation affectueuse et confiante puisqu'il y a le nom de Hachém.
- les versets 7-8 semblent être le coeur qui déverse sa souffrance sans même supplier : après la confiance, il est possible de dire toute la souffrance, sans culpabilité ; la souffrance est une réalité qui envahit et torture sans capacité de la réduire ; elle a besoin de se dire, et de se dire uniquement à qui peut entendre, pour se réduire.
- la dernière partie est formée de trois versets. Ils comprennent à la fois le retour au nom de Hachém et une expression nouvelle : une attitude active contre les "ennemis" qui avaient prise contre celui qui prie. 
Cette attitude active est possible parce que le malade, ayant pu se décharger quelque peu de l'excès de sa souffrance, a repris confiance d'abord, puis il a pu expérimenter son union à Hachém qui est le maître tout-puissant de toutes les forces positives. Celui qui prie ne devient pas un guerrier, il est uniquement revêtu de la bonté de Hachém et c'est elle qui va éloigner les ennemis et les soucis. L'attitude n'est pas la guerre mais la paix qui se récupère et les ennuis s'éloignent. 
Un élément supplémentaire est traité mais avec légéreté comme il se doit : l'angoisse, le malheur et la maladie font la joie de ceux qui ont un mauvais oeil, et ils ont une part certaine dans ces malheurs, et ces véritables ennemis -et vécus comme tels- redoublent de joie quand la situation empire, jusqu'à venir la constater. Le psaume traite également cette dimension.
Le psaume peut être pris également comme une plainte collective d'Israël, et une prière pour Israël dans l'angoisse et la souffrance.
Nous dédions cette étude aux malades et aux blessés des attentats ainsi qu'à leur famille.

Par notre prière, que ce psaume porte les souffrances d'Israël jusqu'à la victoire et la plénitude, tous ensemble. Amen  !

Psaume 70
(pour l'intervention divine rapide face à nos ennemis)

1. Au chef des chantres. De David. Pour se souvenir.
2. D.ieu, pour me sauver ; Hachém, pour m'aider presse-toi.

3. Ils seront confondus et sombreront dans la honte ceux qui menacent ma vie ; 
ils battront en retraite ceux qui ne désirent que le mal contre moi.
4. Ils s'en retourneront, enfoncés dans leur honte, ceux qui disent de moi : ah! ah!.

5. Ils jubileront et se réjouiront en Toi, tous ceux qui Te recherchent ;
Et ils diront toujours "Il surpasse tout, D.ieu", ceux qui aiment Ton salut.

6. Quant à moi, pauvre et malheureux, D.ieu, hâte-toi pour moi ;
mon aide et mon refuge, c'est Toi, Hachém, ne tarde pas. 

Commentaire
Le 'Hida fait remarquer que le psaume 69 se terminait en disant : "D.ieu viendra au secours de Sion, Il rebâtira les villes de Yéhouda, on s'y établira et on en prendra possession. C'est la postérité de Ses serviteurs qui les aura en héritage ; ceux qui aiment Son nom y fixeront leur demeure".
Ce thème tellement actuel a été prévu par David pour notre temps. C'est en raison de ces promesses que David commence son nouveau psaume 70 par les mots : "pour se souvenir". Pour ne pas perdre de vue ces promesses. (Commentaire du Middrache Choham Tov).
Ainsi, en priant, je m'en souviens, Israël doit s'en souvenir, et je le rappelle à Hachém.

Alors, on peut dire le second verset : "D.ieu, pour me sauver, Hachém, pour m'aider presse-toi".
Et, en conséquence, même ce qui aurait été invoqué contre Israël en Haut sera annulé.
Au verset 6, il est dit : "Quant à moi, pauvre et malheureux..." car la prière du pauvre et celle du malheureux sont entendues de D.ieu plus que toutes les autres (Zohar, Chemote 86b).
En conséquence, il est dit :"hâte-toi pour moi (li)". Et chaque fois qu'est utilisée l'expression li, cela signifie que ce dont on parla n'aura jamais d'interruption (Vayiqra Rabba 2, 2). Cela veut dire que Hachém sera mon aide et mon refuge, toujours.
Les derniers mots du psaume sont alors pleins d'amour : "ne tardes pas".



Le psaume 89
Savoir prier et vivre dans les épreuves collectives et personnelles

Il est composé de 8 parties :

1e partie : le premier verset indique le type de psaume, un maskil. Il faut se reporter à l'étude faite sur ce terme (lien ici). Résumons : Qu'est ce qu'un psaume nommé maskil ? La racine du mot est sékhél, l'intelligence. Maskil est une forme du verbe hifil qui veut dire "faire intelligent, rendre intelligent", pour que l'intelligence augmente. Ces psaumes maskil nous enseignent des modèles de compréhension et de conduite très importants. 
Le middrache nous enseigne où est l'intelligence de David : 
- le sage sait que lorsque les épreuves commencent pour lui, cela ne vient pas de lui mais de la volonté de Haqqaddoche Baroukh hou ; rien ne vient de l'homme ou des hommes ou n'est maintenu par eux, ni son intelligence, ni sa force, ni son argent mais de D.ieu seul ; 
- il sait aussi bénir Hachém en tous temps (34, 2), 
- sa force est dans le nom de Hachém (Proverbes 18, 1) et en rien d'autre, aussi comment réagit David dans la caverne ? Il prie. 
- pour tous ces motifs, David dit dans le premier verset : l'intelligence dans l'angoisse est de faire une seule chose, téfila, la prière. Et il va continuer à faire une prière qui est pour nous un enseignement en ces circonstances. Il sait qu'il y a des conditions pour être exaucé. 
Ce verset n'a que trois mots, donc il n'y a pas le taâm du demi-verset (lien ici pour le taâm) mais simplement le sof passouq (en fin du verset) annoncé sous le deuxième mot par un maarikh qui relie le 2e et le 3e mot ensemble (de Etane le citoyen), et au premier mot il y a un interrupteur ou mafsiq, le losange noir nommé réviâ qui isole ce mot : "intelligence". Donc, quand on lit le verset, on fait une pause après le mot maskil (intelligence) et on sait ce que l'on attend de l'exercice de rectitude que l'on fait en lisant ce psaume ; puis le nom de l'interprète, Eitane. C'est un des trois nommés en I Chroniques 15, 17 avec Assaf et Heiman, et dans les psaumes 73, 83, 88. Par ce dernier, on sait que ce sont des gens de sagesse de vie (I Rois 5, 11). L'idéal que l'on doit être et ce que l'on essaie d'atteindre par ce psaume. 

2e partie (versets 2-5)
Le programme du chantre Eitane est défini en deux temps :
- au verset 2, il affirme qu'il chantera toujours les bontés de Hachém et sa fidélité. Cela indique tout de suite qu'il est dans l'épreuve et a besoin de penser que la bonté subsiste, et il éprouve qu'il est brisé et il se rappelle la stabilité de Hachém.
- aux versets 3 à 5, il dit sur quoi se base sa capacité de chanter et d'espérer alors qu'il est dans l'épreuve : sur la caractéristique de Hachém qui a fait alliance éternelle avec David le chef du peuple juif. Et cela pour toujours : Israël méritera toujours un chef se comportant selon la Torah et Hachém le lui accordera. Ensuite le psaume va détailler ce programme.

3e partie (versets 6-19)
Le chantre que nous accompagnons dans notre prière prend de la hauteur de vue et se place au niveau de ce qui dirige le monde, depuis les cieux et il y voit la conduite effective du monde : il voit alors que tout louange Hachém et sa puissance, son amour, sa vérité qui ont toujours protégé le peuple Israël.

4e partie (versets 16-19)
Le peuple Israël doit donc prendre conscience de son bonheur ; c'est par exemple ce bonheur que l'on récite avant le psaume 145 dans la prière de cha'harite quand on reconstruit le monde en bonté chaque matin, ou à l'heure de min'ha qui est caractérisée par l'angoisse (lien ici). Il doit adopter la même conduite que ceux qui louangent en Haut, avoir confiance dans la force et la bonté qui nous sont données ainsi qu'à notre bon dirigeant, qui nous protège. Nous nous appuyons sur Le défenseur d'Israël.

5e partie (versets 20-38) divisée en plusieurs parties
- Versets 20-30. Tout cela se base sur la promesse qui a été faite par D.ieu au roi David. C'est un dirigeant qui a été choisi, soutenu, protégé des ennemis, assuré de subsister avec son peuple bien dirigé éternellement dans cet amour.
- Versets 31-33. Certes, si le peuple d'Israël délaisse la Torah, ne veut plus l'étudier ni y confirmer sa vie, alors D.ieu sanctionnera durement. Nous saurons alors ce qui se passe et comment réagir. 
- Versets 34-38. Mais, il faudra continuer à savoir que rien n'est changé de l'amour de Hachém et, concrètement, Israël subsistera dans son autonomie et sa force par rapport aux autres peuples. Et que la stabilité du soleil et de la lune le lui rappelle toujours. Cela est appelé malkhoute David ou la continuité de la protection assurée au messie qui gouverne le peuple. Il ne s'agit donc pas là de l'arrivée exceptionnelle d'un messie sauveur mais d'une continuité de rôle du chef oint pour cela, ce qui est le sens du mot "messie", machia'h.

6e partie (versets 39-46). La plainte argumentée.
- Versets 39-46. Le chantre ose faire remarquer que, pourtant, les épreuves trop dures le porteraient à douter de tout. Et il ose faire le détail de tout ce qui semble contraire au beau programme promis. Cette partie est cadré au début et à la fin par le mot Sélah.
- Versets 47-49. Le chantre décrit à Hachém son malheur intime qui est terrible.
- Verset 50. La chantre ose poser à Hachém la question la plus dure : "où sont Tes anciens bienfaits que dans Ta droiture Tu avais promis à David ?"

7e partie (versets 51-52). La demande argumentée
Le chantre résume toute sa demande : "que Hachém qui est bonté se souvienne de tous ces malheurs et de tous ces ennemis contre ce qui est Son peuple".

8e partie (verset 53)
Le dernier verset est celui du Juif debout et qui, pour sa part, se remet dans la ligne initiale de louange et confiance du premier verset parce que la bénédiction s'écoule et s'écoulera aussi bien en Haut (premier amen) qu'en bas (second amen). Cela maintenant et pour toujours.

Que ce psaume soit un programme précis et concret pour nous qui vivons une période des plus dures pour le peuple d'Israël sur sa terre et dans le monde entier pour la première fois. L'hostilité n'est plus limitée à une petite zone géographique ni à la terre d'Israël mais elle est générale, dans des coalitions.
Cette étude réalisée de nuit jusqu'au matin du Roche 'Hodéche Kislev se termine quand la lumière bleue de la bénédiction descend sur le Kotel au lever du jour. 



(image permanente sur le site Aish ha Torah)

Que cela soit flux de la bénédiction pour tout Israël, pour qu'Israël mérite des dirigeants imprégnés de la Torah de vie afin que vive Israël, qu'ils sachent supplier et redresser leurs erreurs, et qu'ils soient pour tout Israël vive comme le messie David, oint de l'huile de la bénédiction pour le bonheur du peuple.
Que cette étude apporte la santé à tous les malades d'Israël et parmi eux au jeune Benjamin dont la lettre beit initiale et la lettre noun finale de son nom sont celles du dernier verset de ce psaume : Baroukh, Hachém, léôlam, amen vé amen !

Que ce psaume nous apprenne à prier et à vivre en ces temps difficiles.


Le psaume 91

Comment ne pas défaillir face aux tirs des terroristes et autres cauchemars

La demande juive de protection n'a rien à voir avec la passivité d'une assurance tous risques.
 La question importante est : 
 comment garder le niveau de la sainteté et de la beauté sans défaillir alors que c'est l'heure des malheurs, des fantasmes, des délires, et des appréhensions ? Qora'h a échoué sur ce point
Spécialement à l'heure où, en Israël, les terroristes tirent sur les routes, viennent tuer dans les rues, les restaurants, ou sur leurs lieux de travail. Et ce n'est pas une question politique, ni théologique mais c'est une nécessité d'exister pour des gens qui existent puis n'existent plus après le meurtre.

 Le psaume 91 (Yochév béssétér êliyone, celui qui demeure dans le secret du Très-haut), nous semble-t-il, traite ce  problème. Allons d’abord le lire.  La lecture étant faite, analysons-le : 

 1- pour parvenir à rester dans la confiance, il faut apprendre à se situer dans le "secret" (bésséter) et dans "l'invisible" de la présence de Hachém comme dans une forteresse vivante (métsoudati) à qui on parle et vers qui va notre désir. 

2- de là, on ne supprimera certes pas les nombreuses attaques perfides mais elles resteront sans effet et, tôt ou tard, on verra les méchants recevoir le prix de leurs forfaits. 

3- quelle est cette forteresse, ce lieu de protection et de bien-être ? C'est la Torah, comme le disent nos Sages en prenant les lettres initiales des versets 8 et 9 du psaume : béêinéikha tabite véchiloumate réchaîm  tiré ki (et de tes yeux tu verras le salaire que recevront les méchants car...) qui forment le mot béTorahtékha (par Ta Torah) ; c'est dans la Torah que l'homme est attaché à D.ieu et c'est par cela qu'il est sauvé (verset 14). Cela est explicite : "parce qu'il connait Mon nom", ki-yadâ chémi). Cette connaissance vient uniquement de la Torah reçue et étudiée à l'intérieur du peuple qui respecte l'alliance de la circoncision, clef de cette  connaissance et le Chabbate, lieu et temps de l'habitation parfaite de Hachém avec Son peuple.. 

4- le psaume précise où sera le bienfait : 
 - dans le couple (béaholékha, la "tente" fait allusion à la "femme" et on peut poursuivre cela en lisant le psaume 128 qui explicite ce thème.), 
 - dans toutes les voies de la vie qui seront "gardées" (lichmorékha,verset 11, et ce terme reprend celui de la paracha de Qora'h, la garde). 

5- deux conditions sont posées : que le désir affectif de l'homme soit orienté vers Hachém et que l'homme Le connaisse par l'étude. 

6- alors, 
                       - sa prière de demande sera entendue, 
                       - Hachém sera avec lui dans ses soucis, 
                       - il participera de la gloire de Hachém, 
                       - il bénéficiera de longs jours,
                       - il verra le salut. 

7- les trois derniers versets du psaume parlent de cette plénitude en utilisant des verbes qui se terminent par un suffixe composé des dernières lettres du tétragramme (Hou) pour bien marquer qu'il s'agira là de l'unité essentielle et finale accordée à ceux qui connaissent la Torah qui, dans son ensemble, est toute entière le grand nom de Hachém.

Ainsi,
 - la vie dans la Torah n'est pas seulement une attitude piétiste ou religieuse, 
 - le projet de la Torah s'ordonne très concrètement dans une organisation sociale et politique où les distinctions précises jouent un rôle éducatif chargé de préserver la vie (cela c'est la science juive), 
 - mais cela est basé sur des attitudes intérieures. 
 - ces attitudes sont "amour" mais un amour développé dans l'étude qui donne la connaissance. 
La demande juive de protection n'a rien à voir avec la passivité d'une assurance tous risques.
Il nous est assuré que la protection divine, alors, arrêtera les tirs physiques et les tirs moraux contre les membres de ce peuple d'Israël.
David a voulu nous donner son exemple où, par sa confiance même au milieu du danger le plus proche, il a échappé à la mort, par exemple quand le Roi Chaoul et ses troupes étaient parvenues près de lui jusque dans la caverne où il s'était réfugié.

Je dédie cette étude à mes amis menacés concrètement de mort quotidiennement sur les routes, en se rendant au travail, en rejoignant leur famille, et cela par la faute réelle des politiciens qui ont fait entrer les terroristes par leurs plans, leurs mouvements, par leurs décisions et par leurs votes, leur ont donné les armes et les territoires d'Israël, ont laissé dans l'impunité les leaders politiques de ces terroristes pour plaire au monde qui avait juré la perte d'Israël déjà une fois en notre génération. C'est dans ce contexte précis que nous récitons ce psaume de sauvetage.
Je dédie cette étude à mes amis qui montent en Israël et qui éprouvent soudainement le vide de leurs habitudes, de leurs compétences, de leur langue maternelle et paniquent souvent. Je dédie cette étude à mes amis qui sont devenus juifs et qui affrontent, en plus, tout cela seul, sans famille, alors que la famille est si importante dans le judaïsme et loin de ceux qu'ils continuent à aimer, en qui ressentent souvent un vertige devant leur situation.
A travers cela, je dédie cette étude à tous amis qui traversent les phases difficiles de l'existence, chacun a ce lot (enfants qui se droguent, travail perdu, affection brisée) et qui cherchent comment se brancher sur toute la force et la vie de la Torah.
Le Ari, zal, fait remarquer que le verset 3 porte le nom de Yémima dans les lettres initiales (raché tévotes) des mots: Yatsilékha Mipa'h Yaqouch Middévér Havote (Il te préservera du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière). Qui est Yémima? Lisez le dernier chapitre du Livre de Job, c'est l'une de ses filles lorsque la période du bonheur revient, simplement parce que Yov a fait taire ses angoisses et s'est placé silencieusement dans la confiance envers Hachém.

Nous ne parlons pas à la légère devant ces questions. Toutes les objections David les connaissait. Son expérience vaut la nôtre. Je ne parle pas à la légère de la guerre car, comme beaucoup, je sais ce que c'est d'expérience d'être au milieu des bruits des tirs et des murs qui tremblent et tombent et des nombreux proches broyés en un instant. La première fois, j'étais enfant et quand j'ai vu et entendu l'affolement des adultes qui, subitement différents, devenaient croyants et suppliants pour un seul instant, j'ai dit en mon coeur dans le noir et sous le bruit et la poussière : "jamais je ne lâcherai les fleurs". C'était pour moi le début d'un poème qui ne s'est pas terminé un moment depuis lors. A travers ce regard visuel sur la beauté du monde en cet instant, je disais ma foi dans l'ordre bon du monde que ces horreurs ne pouvaient pas abolir.
Je ne parle pas à la légère des attaques injustes, perfides, du lachone ha râ toujours basé sur ce qui serait plausible et contre lequel on ne peut pas se défendre, seulement compter sur l'amitié, l'amour, la fidélité, la bonté, la justice vraie. 
Je ne parle pas à la légère des proches menacés de maladie et qui franchissent la mort. Tout cela, je le connais d'expérience directe. Je suis, cependant, comme chacun : nous avons la vie écrite de nos patriarches et matriarches et de nos prophètes dont la vie fut encore plus dure que la nôtre, leur désespoir et angoisse de psaume en psaume avant de rebondir dans l'espoir et la confiance. Nous marchons dans ces traces et, avec l'aide de leur mots, de leur exemple et de leur présence, nous ne trahirons pas les contrats d'amour éternel.

Je ne parle pas à la légère de la Shoa. Je n'ai pas besoin de ceux qui voudraient l'objecter à la confiance du Roi David. J'ai vécu si proche nuit et jour pendant des années avec Yémima, celle qui est restée seule après la Shoa avec ses absences et cette souffrance, et n'a pas hésité à monter en Israël avec moi pour assurer la victoire finale de toutes ces générations que les ennemis voulaient achever à Monte-Carlo, puis en France à Drancy et à Auschwitz. Ce n'est pas le Ciel qui avait livré ces Juifs aux nazis, c'est la police française et les bons voisins polis. Malgré cela, nous avons dit "oui définitif" à la victoire de la vie et nous avons dit "merci" avec tous ceux qui vivent face à tous ces ennemis. Certes, nous n'avions pas prévu qu'en plus, un jour, ce seraient des Juifs en Israël qui feraient venir les ennemis pour tuer nos frères sur notre terre millénaire. Mais là encore nous gardons confiance. La Torah nous a donné ce psaume et l'enseignement face à ceux qui comme Qora'h promeuvent la mort derrière les beaux mots trompeurs.

La vie a toujours gagné et gagnera. Après les épreuves de Job, le dernier chapître des son livre nous montre le retour du bonheur, et l'une de ses 3 filles, images des bénédictions d'en Haut, se nomme Yémima. Nos Sages nous indiquent que le verset 3 de notre psaume 91 ("car c'est Lui qui te préserve du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière") porte en initiales sur les mots consécutifs ce nom de Yémima.



Plus que jamais, disons ce psaume 91 car David était encore bien plus menacé directement que nous, et il nous a enseigné comment prier, pour vivre.
Et, ces belles fleurs, je les ai retrouvées à Jérusalem (lien ici et ici). Je vous prouve ainsi qu'elles existent bien comme don quotidien de vie.


Psaume 91
1. Celui qui est assis dans le secret du Très-haut, s'abrite à l'ombre du Tout-puissant efficace,
2. dit à Hachém: Tu es mon refuge, ma citadelle, mon D.ieu j'aurai confiance en Toi.
3. Car Lui te sauvera du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière.
4. Par Lui-même Il te couvre, sous Ses ailes Il est refuge: sa bonté fidèle est bouclier et cuirasse.

5. Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour.
6. ni la peste qui marche dans l'ombre, ni l'épidémie qui ravage en plein midi.
7. Il en tombera à tes côtés 1000, et des myriades à ta droite, mais vers toi cela ne t'atteindra pas.
8. Seulement, de tes yeux tu regarderas, et le paiement des méchants tu le verras.

9. Car Toi Hachém Tu es mon refuge. Dans le Très-haut, tu as placé ton abri.
10. Ne surviendra aucun mal vers toi, aucun fléau ne s'approchera de ta tente.
11. Car à Ses anges Il a ordonné de te protéger en toutes tes voies.
12. Sur leurs mains ils te porteront, pour que ne bûte sur aucune pierre ton pied.
13. Sur le chacal et la vipère tu marcheras, tu fouleras le lionceau et le serpent.

14. Car c'est Moi qu'il désire et Je le sauverai (dit Hachém), Je le protégerai car il a connu Mon Nom.
15. Quand il M'appellera Je lui répondrai. Avec lui Je suis dans la difficulté, Je le sauverai et Je le comblerai d'honneur.
16. D'une longue vie Je le rassasierai, et Je lui montrerai Mon salut.

Psaume splendide et vital! Quotidien.


1- Le signe vert que j'ai placé indique la pause juste telle qu'il faut la placer pour bien lire le sens du psaume. Entraînez-vous à réussir cette lecture, à haute voix. Voir pour comprendre cette pause, la page sur les téâmim des psaumes (lien ici).
Bien faire la pause au milieu du verset après le atna'h ou étna'hta. Et, au verset 3 qui n'en comporte pas, faire la pause après le raviâ chez les Sépharades et réviî chez les Askénazes.
2- Le signe orange indique qu'il faut bien accentuer les mots qui n'ont pas l'accent sur la dernière syllabe, en prenant le repère grâce au taâm: exemple, au début, yochév bé SEter...
Entrainez-vous à prendre ainsi l'habitude de bien lire un psaume, en le comprenant et en allant à son rythme interne.


Le psaume 108 (courage de la confiance en la victoire).
Un psaume qu'il faut dire et redire en ces temps de guerre capitale des nations contre Israël.


14 versets
Ce psaume nous a été transmis car il est tellement nécessaire pour garder la vision totale de l'histoire et des forces réelles.
Et pour ne pas perdre l'orientation du coeur et de la tête.

Chir Mizmor lé David

Ce psaume commence par Chir Mizmor lé David.L'ordre des mots est important, nous le savons. 
Nous avons vu ci-dessus le sens de Mizmor lé David.Le terme Chir (cantique) qui ouvre ce psaume 108 comporte également cette orientation car le cantique nommé Chir est ce qui caractérise le groupe des Lévi : ils chantent dans le Temple chaque jour pour accompagner le "traitement" de ce qui doit être redressé et élevé. Leur histoire  montre qu'ils ont été affectés à ce rôle dans les moments difficiles du peuple dans le désert.

(Traduction du psaume 108)
David chante fortement ce cantique et la Chékhina s'unit à lui et répond à son espoir.

Mon coeur s'est affermi, Eloqim.
Je chanterai des cantiques,
des chants terribles,
mon honneur est retrouvé.
Eveille-toi, luth et harpe, j'éveillerai l'aurore.
Je Te louerai parmi les peuples, Hachém,
et je Te chanterai avec fermeté parmi les nations.
Car elle surpasse les cieux Ta bonté
et les cieux des cieux Ta vérité.
Ta bonté, fais-la monter jusqu'aux cieux, Eloqim,
et sur toute la terre étalée.
Pour qu'ils soient sauvés ceux que Tu aimes,
sauve-nous par Ta droite et réponds-nous.

Eloqim l'a décrété dans Son sanctuaire :
"Je triompherai, je m'adjugerai Chékhém,
et la vallée de Souccote je la mesurerai.
A moi est Guilad, à moi les terres de Ménaché,
et celles d'Ephraïm sont la forteresse de Mon commandement,
et Yéhouda mon gouvernement.
Moav est le bassin où Je me lave
et sur Edom d'occident Je jetterai ma sandale en possession,
et sur la Palestine, Je dominerai durement".

Qui me transportera à la ville fortifiée ?
Qui me transportera jusqu'à Edom ?
Eloqim ne m'avait-Il pas délaissé péniblement ?
Et Il ne sortait plus avec nos armées, Eloqim.

Viens donc vers nous en aide contre le mal
car il est vain et faux le salut des humains.
En Eloqim, nous ferons des prodiges,
Il écrasera nos persécuteurs.

Note. Ne soyez pas surpris de trouver ce nom de Palestine dans un psaume ; il y désigne seulement les habitants les plus acharnés d'alors contre les fils d'Israël. Ce nom devint le nom de l'ensemble du pays d'Israël quand les Romains voulurent humilier les Juifs et donnèrent à leur pays le nom de son plus mauvais ennemi ; pour comprendre par une analogie imaginaire, comme si les Britanniques avaient donné "Nazis" comme nom à la terre d'Israël, pays des Juifs, avec qui ils avaient des problèmes, afin de les humilier. C'est ce nom de Palestine et Palestiniens, chargé de cette haine envers les Juifs qui est revendiqué aujourd'hui par une partie du monde arabe qui veut se supplanter aux Juifs sur leur terre plus de trois fois millénaire. Avec l'approbation de l'occident qui est nommé depuis toujours Edom dans notre tradition. Elle dit que le lien entre les Juifs et les fils d'Ishmaël (Arabes) se rétablira dans la fraternité finalement, mais que le lien avec la culture romaine d'Edom sera plus difficile. Effectivement jusqu'ici, c'est cette culture romaine d'Edom qui a abouti à l'antisémitisme religieux chrétien sans lequel les autorités morales de l'Europe n'auraient pas collaboré jusqu'à Auschwichtz. Cet enseignement est clair dans les sources juives depuis 2000 ans.



Le psaume 121
8 versets


Chir la maâlote Cantique des degrés
Essa êinaï él hé harim.  Je lèverai mes yeux vers les montagnes
Méaïne yavo êzri,  d'où me viendra mon aide.

Êzri méîm Hachém ôssé chamyim vaaréts
Mon aide me vient de Hachém qui fait les cieux et la terre.

Al yitén lamotte raghlékha, al yanoum chomrékha
Il ne donnera pas à ton pied (l'occasion) de tomber, il ne dormira pas ton gardien.

Hiné lo yanoum vélo yichane chomér Yisraël.
Voici, il ne dort pas et il ne sommeille pas, le gardien d'Israël.

Hachém chomérékha, Hachém tsilékha âl yad yéminékha.
Hachém est ton gardien, Hachém est ton ombre à côté de ta droite.

Yomam hacchéméche lo yakéka, vé yaréa'h ba layéla.
De jour, le soleil ne te portera pas atteinte, ni la lune pendant la nuit.

Hachém yichmorékha mi kol râ, yichmor éte nafchékha.
Hachém te préservera de tout mal, il gardera ta vie.

Hachém yichmor tsétékha ou voékha méâta véâd ôlam.
Hachém gardera tes allées et venues, depuis maintenant jusqu'en l'éternité.

Psaume 129

1. Cantique des degrés. Abondamment ils m'ont persécuté dès ma jeunesse, peut bien dire Israël..
2. Abondamment ils m'ont persécuté dès ma jeunesse, mais sûrement ils n'ont pas pu venir à bout de moi.
3. Sur mon dos, ils ont labouré les laboureurs, ils ont allongé de longs sillons.
4. Hachém est tsaddiq (juste), il brise les contraintes des méchants.
5. Ils seront confondus de honte dans leur échec, et battront en retraite à l'arrière, tous ceux qui haïssent Sion.
6. Ils seront comme la paille posée sur les toits, avant même qu'on ne l'enlève elle est déjà desséchée.
7. (tant elle s'effrite) le moissonneur ne peut en remplir sa paume, ni le faiseur de gerbes sa brassée.
8. Et ils ne diront pas à leur sujet ceux qui passent par là : "que la bénédiction de Hachém vienne vers vous, nous vous bénissons au nom de Hachém".

Présentons le commentaire du 'Hida auquel nous joignons diverses précisions linguistiques.

- Le psaume commence par "Cantique des degrés" comme les 15 psaumes de 120 à 135 avec une particularité pour le 121. Cela montre l'importance et l'assurance de la bénédiction car 
1) Avraham, Yits'haq et Yaâqov vécurent ensemble 15 ans dans l'étude de la Torah.
2) il y a 15 mots dans le verset 28, 11 de Béréchite où Yaâqov a reçu des éclairages sur sa vie. Et de la pierre citée dans le verset sera fait le fondement du Temple.
3) il y a 15 mots dans le verset de la bénédiction des Cohanim.
4) il y a 15 mots dans le verset de Vayiqra 26, 42 où D.ieu se souvent Ses promesses et de Son alliance. 
5) Les Lévites chantaient ces psaumes en étant disposés sur les 15 marches devant le Temple entre la zone des hommes et celle des femmes (Traité Soucca 5,4 et Traité Middote 2, 5) ; Rachi reprend cela dans son commentaire. Le Traité Soucca 53 a et 53 b dit que le Roi David a composé ces 15 psaumes à l'heure du danger car, lorqu'il creusa les fondations du Temple, les eaux des profondeurs du monde montèrent et faillirent tout engloutir. David composa ces psaumes et elles reculèrent juste ce qu'il faut après qu'il eut aussi utilisé le Nom divin.
Il y a donc toujours un sens de progression lente vers le salut dans cette expression ; c'est pour cela qu'on commençait à chanter ces 15 psaumes à voix basse puis on montait le ton progressivement (commentaire du Méiri). C'est pour cela aussi que les pélerins qui montaient vers Jérusalem les chantaient car leur joie augmentait de plus en plus à l'approche du but. Tout cela correspond bien au sens du contenu du psaume.
Se reporter à toutes ces références.

- "Abondamment ils m'ont persécuté dès ma jeunesse" ; le terme "rabbate" veut dire de nombreuses fois et intensément. C'est une expression rare ; voyez dans les psaumes 65, 10 et 120, 6 ; Jérémie 51, 13 et Ezéchiel 22, 5 et 24, 12 ; II Chroniques 30, 17-18.

- La racine "tsérar" "tsérarouni" (ils m'ont persécuté) signifie l'angoisse, l'oppression, la guerre, l'extermination.

- Quel est le sens de cette persécution ? Le mot "tsérarouni" (ils m'ont persécuté) donne la réponse à cette question car il a la guématria du mot "tiqqoune" (réparation). Ainsi, ces persécutions que nous éprouvons par notre situation de dispersion (galoute) ont pour rôle de réparer ce qui a été abimé. Voyez ici le sens exact de ce terme important dans le judaïsme : tiqqoune. C'est une aventure qui commence dès la constitution de notre rôle et de notre peuple ; Moché lui-même a connu ces attaques de l'extérieur et de l'intérieur ; nous sommes exactement dans la même lignée en notre génération ; acceptons ce rôle.

- L'expression "yomar-na Yisrael", "peut bien dire Israël" veut dire littéralement : "dira, je vous en prie, Israël" ; c'est un ordre pour indiquer qu'il y a ici un enseignement très important.

- Mais ne craignons pas car le peuple d'Israël est invincible et inaltérable. En effet, dans le premier verset, Israël est nommé pour nous enseigner cela, puisque ce peuple possède en lui le nom de D.ieu, EL. 

- Et ce nom nous sauve et nous sauvera. Un autre enseignement nous le montre  : quand la Torah donne le nom de toutes les tribus d'Israël. En effet, les initiales de tous ces noms ont la guématria des initiales de toutes les séfirotes. Ce sont les dix étapes des processus de descente de la bénédiction divine. Ceux qui s'attaquent à Israël sous une forme ou sous une autre, s'attaquent à D.ieu-même et ils ne peuvent que perdre la partie, en toute inconscience de leurs actes, même s'ils les déguisent perfidement en nobles idéologies ou religions. C'est pour cela qu'il est dit au second verset : ils n'ont pas pu venir à bout de moi. Il n'y aura pas d'extermination finale d'Israël, toujours Esther vaincra.

- Il est écrit deux fois : "Abondamment ils m'ont persécuté" car les peuples attaquent Israël par la pensée et par les actes. Nous le voyons continuellement. Et, par les liaisons de sens entre les mots hébraïques, le 3e verset nous indique qu'ils agissent également par la parole contre Israël ; c'est le sens de l'expression : "Sur mon dos, ils ont labouré les laboureurs, ils ont allongé de longs sillons". La parole fait un mal douloureux qui porte très loin, comme les sillons.

- L'expression "gam", "mais sûrement" indique une insistance énorme et assurée.

- Le 4e verset reprend un triplet qui concerne ces trois formes d'attaques et les annule.

- Cela nous fait souvenir de la dureté de l'esclavage d'Egypte et, pour cela, ils furent libérés longtemps avant la durée projetée; ainsi en sera-t'il pour nous. La douleur ne durera pas tant que nous le craignons.

- Ainsi, nous ne verrons pas Israël, par la douleur, dégringoler jusqu'au 50e degré de l'impureté. (C'est important de s'en souvenir dans une période comme la nôtre où les ennemis de l'intérieur collaborent avec les ennemis de l'extérieur contre la Torah et contre notre terre et contre notre peuple pour nous détruire réellement physiquement avec persévérance, pensée, parole et actes. On dit aujourd'hui qu'il est mauvais qu'un peuple en domine un autre et l'occupe ; ainsi en est-il de ces ennemis intérieurs : un autre peuple les domine en eux-mêmes et les occupe, ils sont collaborateurs et capos cruels. Voir ici le poème "La colombe de la paix". Ce sens s'appuie sur le commentaire du psaume par le Radak sur II Chroniques 30, 17).

- au 7e verset, il est dit : "le moissonneur ne peut en remplir sa paume, ni le faiseur de gerbes sa brassée." Cela fait allusion aux femmes maagnifiques d'Israël qui ont toujours sauvé notre peuple ; ainsi, pendant l'esclavage d'Egypte, les accoucheuses faisaient leur belle besogne dans les champs, ce que veut dire ce verset. Et tout se termina bien, dans la paix.

- Le dernier verset de la bénédiction s'explique ainsi. Toute bénédiction même faire à tort fait son chemin. C'est pour ne pas bénéficier de la bénédiction  de Lavane que Rivqa fut stérile, afin que la bénédiction ne soit pas tordue ni qu'elle trouve sa source en un méchant. Ainsi de nos malheurs, comme de cette stérilité ; nous ne savons pas en quoi ils préparent le bonheur mais ils le préparent, comme pour Rivqa. Nous ne serons pas sauvé par les pseudo prophètes ou faux lecteurs de l'avenir qui prétendent connaître les jours et heures de la fin des temps. Non, nous ne dépendons pas de ces menteurs mais uniquement de la promesse de Hachém qui est vérité et ne nous quitte pas jusqu'à Son salut. Ne craignons pas ceux qui, temporairement, semblent mener le monde et faire bonne récolte de tout. Leur victoire n'est que du vent et ne durera qu'un instant.

On dit ce psaume, en particulier, avant la fin de Chabbate, car on ne doit pas oublier la grandeur de Celui qui nous emplit de Sa bénédiction lorsque nous revenons dans la dureté des travaux de la semaine. 
Ne craignons pas, nous serons "chalem", complet, comme Yaâqov ainsi que le montre sur ce psaume le Middrache Béréchite Rabba 79, 3 ou La lettre du Rambane. Le Middrache Tan'houma, sur la paracha Eqev ch 3, nous donne ce même enseignement pour les heures d'angoisse. Le Middrache Tehillim a un merveilleux
middrache sur ce psaume que je laisse découvrir aux étudiants avancés.


Psaume 130
(La vérité dans le danger)


1. Chir hammaâlotes. Mimmaâmaqim, qératikha Hachém.

Cantique des degrés. Des profondeurs de l'abîme, je T'ai invoqué, Hachém.
2. Adonoute, chimeâ béqoli, Mon maître, écoute ma voix, que Tes oreilles soient écoutantes, envers la voix de mes supplications.
3. Si les fautes Tu en gardes le compte, D.ieu mon maître, qui peut subsister ?
4. Mais, avec Toi, c'est le pardon, pour que l'on Te craigne.
5. J'ai espéré en Hachém, tout mon être a espéré et Sa parole est mon espoir.
6. Mon être est tendu vers mon maître, bien davantage que les gardiens n'espèrent en la délivrance de l'aurore, que les gardiens n'espèrent en la délivrance de l'aurore.
7. Israël met toute son attente envers Hachém, car avec Hachém se trouve la bonté et avec Lui abonde le salut.
8. Et c'est Lui qui affranchit Israël de toutes ses fautes.
 


Le psaume 142

1. Maskil lé David biyoto vaméâra. Téfila.
Psaume "maskil", de David, quand il était dans la caverne. Prière.

2. Qoli el Hachém ézâq ; qoli el-Hachém ét'hanén.
'Ma voix', vers Hachém je la crierai ; ma voix vers Hachém je supplierai.

3. Echpokh léfanav qi'hi ; tsarati léfanav aguid.
Je répandrai devant Lui ma conversation ; ma détresse devant Lui je dirai.

4. Bé hitâtéf âlaï rou'hi, vé ata yadâta nétivati ;
Quand je sens s'évanouir sur moi mon esprit, et Toi tu connais mon chemin ;

Bé ora'h-zou ahalékh, taménou pa'h li
Sur cette route où je vais, ils ont placé des  obstacles pour moi.

5. Habét yamine ouréé, vé éïn li makir ;
Regarde à droite et vois, et il n'y a pour moi aucun qui me connaisse ;

avad manos mimménni, éine doréche lénafchi.
m'a lâché tout refuge envers moi, il n'est personne qui se préoccupe de moi.

6. Zaâqti élékha Hachém, amarti : ata ma'hsi ;
J'ai crié vers Toi, Hachém, j'ai dit : Toi tu es mon abri ;

7. Haqchiva él-rinati, ki-daléoti méod ;
Ecoute bien ma supplication, car je suis réduit à l'état de pauvre à l'extrême ; 

hatsiléni mé rodéfaï, ki amétsou mimménni.
sauve-moi de mes persécuteurs, car ils sont plus puissants que moi.

8. Hotsiah mi masguér nafchi, léhodote éte chimkha
Fais sortir de ma prison mon âme,  pour louer Ton nom.

Bi yakhtirou tsaddiqim, ki tikhmol âlaï.
En moi et autour de moi comme une couronne les justes, car tu me combleras sur moi.


Commentaire sur l'intelligence de David dans l'épreuve (Psaumes maskil)


Qu'est ce qu'un psaume nommé maskil ? Comme les psaumes  32, 42, 44, 45, 52, 54, 55, 74, 78, 88, 89, et le nôtre 142.
La racine du mot est sékhél, l'intelligence. Maskil est une forme du verbe hifil qui veut dire "faire intelligent, rendre intelligent". C'est la caractéristique de David (lire I Samuel 18, 14-15) et cela est surtout dit de lui au début des psaumes.
Rachi sur 142, 1 rappelle ce que disent nos Sages : c'est toujours un psaume qui a été dit par le métourguemane, traducteur. C'est l'origine du nom de famille Tordjman. Ce n'est pas simplement le traducteur, mais celui qui, dans les grandes yeshivotes du temps du talmud reprenait avec une voix de stentor (il n'y avait pas de micro) l'enseignement du maître le transmettait à toute l'assistance ; mais il ne s'agit pas seulement d'une amplification de la voix, il fallait aussi le rendre compréhensible pour que l'intelligence augmente. D'où le rôle du métourguemane qui est maskil, "faisant l'intelligence".
Rachi se basait sur le Middrache Téhilim pour dire cela. C'est ainsi que ces psaumes maskil nous enseignent des modèles de compréhension et de conduite très importants.
Ce même middrache nous enseigne où est l'intelligence de David :
- le sage sait que lorsque les épreuves commencent pour lui, cela ne vient pas de lui mais de la volonté de Haqqaddoche Baroukh hou ; rien ne vient de l'homme ou des hommes ou n'est maintenu par eux, ni son intelligence, ni sa force, ni son argent mais de D.ieu seul ; 
- il sait aussi bénir Hachém en tous temps (34, 2),
- sa force est dans le nom de Hachém (Proverbes 18, 1) et en rien d'autre, aussi comment réagit David dans la caverne ? Il prie.
- pour tous ces motifs, David dit dans le premier verset : l'intelligence dans l'angoisse est de faire une seule chose, téfila, la prière. Et il va continuer à faire une prière qui est pour nous un enseignement en ces circonstances. Il sait qu'il y a des conditions pour être exaucé.

Commentaire sur celui du  'Hida (za"l)
Verset 1 - Psaume "maskil" (intelligence), de David ; Le Zohar II; 110 a dit que cela signifie que son intelligence en ce psaume avait sa source dans le fleuve qui sort du Jardin d'Eden. (Pour comprendre cela, il faut lire les chapitres 20 à 24 du I Samuel. David, menacé de perdre la vie par la jalousie morbide du Roi Chaoul, se cache dans une caverne, celle de ce psaume comme le souligne Rachi ; Chaoul vient s'y reposer alors qu'il est à la recherche de David pour le tuer ; pendant qu'il dort, David lui enlève un morceau de son manteau et vient le lui présenter ensuite pour lui prouver qu'il est droit et que D.ieu le lui avait livré et qu'il ne lui a rien fait de mal. Voilà l'intelligence de David, qui puisse son art dans l'intelligence divine).

Verset 2 - Le 'Hida, Ribbi David Azoulaï, écrit que ce psaume est dit par David dans la même veine qu'Adam ha richone, le premier homme (on sait que les lettres de Adam sont les initiales de toute la trajectoire de l'homme : Adam, David, Machia'h, le Messie).
C'est pour cela que David emploie le terme noble de qoli ma voix, car c'est l'union de sa voix à celle de la Torah dans laquelle il est occupé par son étude, jusque dans sa situation de détresse.
(Ce n'est pas seulement sa voix personnelle, imprégnée de souci ; David sait l'intégrer dans la qualité de la voix de la Torah. En ce sens, que, pour aider nos prisonniers, nous fassions un effort pour augmenter notre étude de la Torah et que nous puissions veiller à ce que notre parole garde la pureté de cette parole de la Torah.  Ainsi, notre parole unie à celle de ces prisonniers, les mènera à la libération qu'est la Torah. Celui qui est dans l'angoisse assume toute la trajectoire humaine pour la porter à sa victoire. C'est cet ajustement que David parvient à réaliser. Dans l'angoisse, il travaille ainsi sur lui-même, pour être fidèle au plan de Hachém).

Verset 3 - Le mot léfanav y est répété deux fois. Selon le 'Hida, cela montre que David insiste qu'il est tourné uniquement vers Hachém et n'attend de l'aide d'aucune autre puissance sur la terre ou dans les cieux. Cela indique également qu'il redresse intérieurement ses fautes pour bien s'orienter en pureté vers Hachém. (La prière de demande ne peut pas être exaucée autrement ; ce n'est pas un passage à la banque pour arranger nos intérêts ; c'est remettre la vie dans l'ordre bon de Hachém et cela suppose que nous réparerions d'abord en nous-mêmes. Prier pour ces prisonniers, cela exige que nous prions comme si nous étions en cette situation de vie ou de mort, et prêts alors à tout redresser de notre vie. Alors notre prière sera entendue, même pour eux).

Verset 5 - Le 'Hida indique que "habét yamine,regarde à droite" fait allusion à la Torah que David a apprise ; et  "réé, vois" fait allusion à la Torah que David se propose d'étudier encore, car la bonté c'est de croire dans les promesses de biens que fait l'autre. Ibn Ezra met ces verbes à l'infinitif qui serait ici une forme d'impératif dans la prière.
Le mot "manos" (embûche) a la guématria 156 de qinea, la jalousie qui pousse Chaoul et les siens.

Verset 6-7 - Le 'Hida montre que David s'adresse maintenant à la miséricorde (ra'hamim) de Hachém. Donc, dit David, je crois que "ma part est dans la vie". 

Verset 7 - Il peut dire alors à nouveau "écoute ma plainte", car il a confiance. Les textes disent souvent que la prière du pauvre (âni) est plus grande que toutes les autres et est écoutée en premier. David reconnaît aussi que son état de pauvreté consiste en ses fautes ; ce sont elles qui donnent de la puissance à ses persécuteurs; Il fait ainsi un aveu de ses fautes (vidouï) et promet par là de les abandonner et de ne pas y retomber. (A nouveau, cette condition est indispensable pour que notre prière pour le bien de ces prisonniers soit écoutée).

Verset 8 - Le 'Hida continue : David dit qu'il y a beaucoup de procureurs (méqatréguim) contre lui en Haut, mais D.ieu dans Sa bonté se base sur le bien que David fera à l'avenir et, à l'avance, David loue Hachém pour le bien qu'il Lui accorde dès maintenant pour cela. David associe également au bien qu'il fera, le bien que font les justes (tsaddiqim).
Les derniers mots du dernier verset (ki tighmol âlaï)  indiquent que D.ieu comble David à la mesure des tourments qu'il a eus, mesure pour mesure (midda kénéguéd midda) : comme il a été menacé de mort, il sera en contrepartie, oint (Messie) et sauvé pour sauver les autres.

En tout cela, David montre sa qualité de modeste (ânav), motif pour lequel la halakha sera fixée selon Hillél car il était modeste (Traité Erouvine 13b). La "plainte" (rinati) de David est toute imprégnée de cette qualité ; c'est pour cela que les textes appelent aussi rinati la Torah (Traité de Jérusalem Roche Hachana 20b).
 

Qui est le 'Hida, le Rav Azoulaï ?
Ribbi Yossef David Azoulaï (le 'Hida), (1724-1806), sépharade, naquit à Jérusalem. 
'Hida, ce sont les initiales de 'Hayim Yosséf David Azoulaï (1724-1806). 
Il est l'arrière  petit-fils de Ribbi Avraham Azoulaï de Féz (1570-1643) qui vint à 'Hévrone. Il étudia auprès de Ribbi 'Hayim ben Âttar (s'y reporter dans le lexique des maîtres). 
Sa personnalité fut très particulière et brillante en de nombreux domaines. Il fut au même titre le grand talmid 'hakham de sa génération, estimé et vénéré par tous, commentateur de nos sources, responsable communautaire et impliqué dans des disputes locales, caballiste, décideur dans la halakha, bibliophile, quêteur dans le monde pour les communautés de la terre d'Israël et la Yéchiva de 'Hévrone (Hébron), grand voyageur, enquêteur sur les communautés de la dispersion et sur le monde non juif, anthropologue sur les coutumes juives dans les diverses communautés autour du bassin méditerranéen, et écrivain sur ses voyages. 
Son passage à la cour de Versailles où il impressionna par sa prestance est resté célèbre. Ses livres les plus connus sont Birkhé Yosséf (qui est un commentaire sur le Choulkhane Âroukh de Ribbi Yosséf Caro), ses enquêtes de voyages (Zikhrone maâssiyote vé nissim), son répertoire des noms de sages (Chém haguédolim), son commentaire des psaumes que nous utilisons ici (Téhilote Yosséf). 
Le 11 Adar, est sa hiloula (fête de son décès pour son entrée dans la plénitude de la qéddoucha). Il est enterré à Jérusalem.

Voir également sur le site Modia :
Comment prier
Ce qu'est la prière, et la rina comme l'une des 10 formes de prière.
La page des divers textes sur la prière avec les traductions des prières.
Comment prier pour les enfants : la prière de Chla .



Questions diverses sur les psaumes dans leTalmud

Péssa'him 117a : on nous enseigne que Ribbi Méïr a dit : tous les cantiques et tous les chants de louange qui sont dans les psaumes, David les a chantés car il est écrit Kolou téfilote David bén Ichaï ; ne lis pas : ici se terminent mais  kol toutes.

Roche Ha Chana 31a : Ribbi Yéhouda a dit au nom de Ribbi Âqiva : les Lévi chantaient le premier jour le psaume 24, le second jour le psaume 48, le troisième jour le psaume 82 parce qu'Il a préparé le monde pour Son peuple, le quatrième jour le psaume 94 des vengeances parce qu'l a créé les puissances physiques et qu'Il punira ceux qui les ont adorées ; le cinquième jour ils chantaient le psaume 81 de joie, force parce qu'Il a créé les oiseaux et les poissons pour louer Son nom ; le sixième jour, ils chantaient le psaume 93 parce qu'il a complété et achevé la Création et le septième jour, ils chantaient le psaume 92 du Chabbate. La suite du texte parle des périodes de grande destruction qui se produiront à certaines phases du monde; et des différents exils. 

Soucca 53b: Ribbi Yo'hanane disait que lorsque David à commencé à creuser les fondations pour bâtir le Temple, les eaux de l'abîme sont remontées à la surface et ont failli submerger le monde ; alors David composa les 15 psaumes (120-134) des montées et l'eau s'est retirée.

Chévouôte 15b : les chants d'action de grâce étaient accompagnés d'instruments de musique et cela se déroulait sur chaque promontoire et rocher de Jérusalem. On lisait le psaume 30 et aussi le psaume des désastres 91... qui indique que D.ieu sauve.

Baba Batra 14b-15a : David a écrit le livre des psaumes en s'inspirant des dix anciens qui sont : Adam, Melkisédéq, Avraham, Moché, Hémane, Iditoune, Achaf et les trois fils de Qora'h.

Âvoda Zara 19a : Le verset dit "heureux qui trouve son plaisir dans la Torah de Hachém". Rav disait que l'on doit particulièrement approfondir uniquement les passages de la Torah qui plaisent au coeur... Ribbi Chiméône préférait les psaumes.

Questions diverses sur les psaumes dans le Zohar

(I Zohar 23b)
Quand David eut l'inspiration concernant la guéoula (libération finale), il composa (tiqén) les dix sortes de chants qu'il y a dans les psaumess . Note : c'est sur cette base que R. Na'hmane de Braslav composa son tiqqoun klali composé des psaumes 16, 32, 41, 42, 59, 77, 90, 105, 137, 150, décrit comme ayant un pouvoir particulier pour le tiqqoun (amélioration du monde et de l'individu). Il s'agit là d'une forme classique de prière et seuls les ignorants crédules pensent qu'il s'agit d'une invention extraordinaire dont ce seul Rav était capable. Les Tiqouné Zohar (Zohar 'hadach 167a et 23b) disent que David composa ces 10 sortes de psaumes quand il a vu que  Israël faisait téchouva (retour à la Torah) avec joie.
 

(I Zohar 158b et 179a)
Les psaumes sont aussi des textes d'enseignement sur les niveaux les plus intérieurs de la Torah.

(II Zohar 173b)
Hallélouya est une forme de louange qui a surpassé toutes les autres.
(III Zohar 120a)
David a composé 5 psaumes commençant et se terminant par hallouya.

(III Zohar 249b)
Le psaume 42 de la biche qui soupire est dit particulièrement quand la communauté d'Israël est en exil, ou par la femme qui est enceinte et va accoucher.
 
 

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