
6. - 1e dynamique. La pratique
du mouvement du coeur par l'imagination:
Le mot “chiviti”
Preuves
dans les psaumes:
- le verset du psaume 16,8 “chiviti Hachem lé
negdi tamid (traduction: je m'imagine que Hachém
est devant moi toujours)” est un tamid
(toujours) permanent qui se reproduit constamment qui
se répète et crée le temps de cette
rencontre. C’est un 1 qui est 2 comme la rencontre,
comme la lettre hébraïque yod qui correspond
à notre lettre i et est aussi un chiffre en hébreu,
chiffre dont la valeur est en lecture simple le chiffre
10 mais il est également 20 par la guématria
de toutes ses lettres écrites ainsi yod vav
dalet. Et on pourrait aussi se dire que ces trois
lettres du yod sont les trois mots et mouvements
de la respiration: l’aspiration, l’expiration
et la latence.
- le
psaume 23 qui est un apaisement complet et stabilisé,
même devant les ennemis.
- le
psaume 119
C'est une longue mantra qui déploie et répète
en d’autres mots ce verset du psaume 16, 8: chiviti
Hachem lé negdi tamid, et il résume
toute la Torah dans son essence la plus parfaite qui est
une rencontre avec D.ieu.
Elle le réalise dans ce psaume par une répétition
de 8 versets pour chacune des 22 lettres de l’alphabet,
ce qui donne 176 versets ou respirations.
8 (versets) est un chiffre pair et donc double, comme
la respiration; et c’est un chiffre parfait car
il est au delà de la nature de la semaine qui est
composée de 7 jours; et le chiffre 8 est comme
le 8 de la victoire de Hanouka assurée par cette
rencontre extra-ordinaire avec Hachém.
Alors, ici, le rythme respiratoire est totalement régulé
et cela pendant la durée de 176 respirations ou
versets. Cette respiration totalement régulée,
c’est l’état de "pranayama"
dans le yoga.
Et le fait que les 176 versets décrivent tout l’enseignement
de la Torah montre que l’être de celui qui
s’exerce ainsi à ce moment-là, atteint
là le niveau de connaissance parfait et calme qui
est nommé "vidya" dans le yoga, et il
atteint alors une qualité de perception de la vérité
totale qui est la perception de la vérité
spirituelle ou "rta prajna". Ces termes sont
des précisions d'outils conceptuels et non pas
la définition du contenu.
- le
psaume 150.
Il est l’aboutissement complet de tous les psaumes.
Et nous parvenons alors à un phénomène
particulier qui nous concerne fortement ici car le dernier
verset de ce psaume est aussi le dernier de tous les psaumes
et donc la plénitude de tout le psautier. Et il
dit: “kol ha néchama téhallel
Ya hallélouya”, et les Sages disent:
“kol ha néchima, toute la respiration”
et non pas seulement "toute la néchama-âme.
Ce lien n'est donc pas de nous.
Ainsi, tout ce que nous avons dit est clairement précisé
et confirmé.
Ce sommet est, dans d'autres courants et en ce qui les
concerne, l’état de "kaivalya",
stade ultime du yoga et liberté atteinte. Alors,
il n’y a même plus place pour la dispersion
et l’irrégularité de la respiration.
C’est un état de bonheur, de bien-être,
de confort et de légéreté nommé
"sukha" dans le yoga.
Le Roi David, comme un univers entier cité dans
les versets de ce psaume, parvient à sortir des
alternances douloureuses et vit alors d’une seule
source, d’une seule joie et lumière; cette
forme d'orientation centrée de la pensée
se nomme "dharana" dans le yoga. Encore une
fois, je ne compare pas les contenus mais la formulation
des stades.
Les composantes de l’univers invoquées par
le Roi David dans ce psaume (relisez) sont aussi une image
des différentes composantes de son être et
de son corps.
Alors, l’énergie, l’énergie
bonne et unique circule comme un bon vent dans tout le
corps, c’est la "vyana-vayu" dans le yoga.
Il n’y a plus ce blocage interne à la circulation
de l’énergie que l’on nomme "kundalini",
ni la confusion et l’incohérence dans les
mouvements de l’énergie interne aussi bien
au niveau de la pensée que des sentiments, émotions
et vécus corporels que l’on nomme "viksipta"
dans le yoga, et qui se rencontre avec précision
dans la douleur au massage de relaxation, de psychothérapie,
de développement, ou dans les douleurs corporelles.
Je
reviens sur le psaume 119:
J’ai recherché le sens de cette respiration
régulière au long de ces versets en nombre
pair, et qui avancent en une mantra de 176 mouvements,
dans ce rythme du psaume qui est l’arrivée
à l’état stabilisé et vivant
de l’union divine. Je ne peux pas être sûr
de la valeur de ce que j’avance mais il y a des
probabilités; en tous cas, cela vient de mon coeur.
Je me suis souvenu que le Ari zal, donne le sens de la
guématria 176 dans le Chaar hakkavanotes,
Dérouché kavanotes de la Qriate
Chéma Yisrael, Darouch Vav, sur le pérouche
de “Barouk Chem Kevod Malkhouto lé ölam
vaed” (page 159 pour s’y reporter). Ce
nombre 176 est la guématria du mot hébraïque
“léôlam (pour toujours)”
et c’est le prolongement des lettres vav hé
du nom de Hachem nommé “chem ha méforash”
et c'est aussi -dans les concepts du Ari- comme l’union
de ce que représentent à ces niveaux Léa
et Rahel. S’y reporter car je ne peux pas décrire
tout cela ici. Et il faut de longues études sur
ces concepts pour ne pas se tromper lourdement sur leur
sens.
Et la beauté de cette union est décrite
par le Ari quand il le synthétise par allusion
en ce qu’est le magnifique verset de Michlé
22,4: “êqev ânava yireate Hachem,
ochér vé khavod vé ‘hayim;
fruits de l’humilité, crainte de Hachém:
richesse et honneur et vie”.
J’indique que ce mot “êqev”,
dans ce verset, indique une logique certaine; “ânava”
indique la qualité de l’attitude qui assure
l’union; “ânava yireate Hachém”
au lieu de “ânava vé yireate Hachém”
indique bien qu’il y a union entre nous qui nous
centrons vers Lui, et Lui Hachém; et les trois
mots suivants “ochér vékhavod
vé‘hayim (richesse et honneur et vie)”
sont le bonheur accompli et sont, me semble-t’il,
constitués de 13 lettres, ce qui est la guématria
de “ahava, amour”. Je trouve cela
dans l’innocence de mon coeur et que D.ieu me pardonne
si je me suis trompé.
Mais il est probable que j’ai bien écouté
l’inspiration de ces enseignements car, en ce niveau
donné par le Ari zal, on trouve justement aussi
ce “êqev” dans le psaume 119
aux versets 33 (“horéni Hachém
dérékh ’houqéikha véétsaréna
êqev, enseigne-moi le chemin de Tes préceptes
les plus élevés, j’en suivrai toujours
les traces sûres”) et au verset 112 (“natiti
libi kaâssote ‘houqéikha kéôlam
vaêd, J’ai incliné mon coeur à
accomplir tes préceptes les plus élevés,
pour toujours jusqu’en leurs traces dernières”).
Et nous avons ainsi retrouvé là aussi ces
deux mots auxquels faisait allusion le Ari, zal.
Cette technique de concentration ou de centration totale
sur un seul axe ou object se nomme, en ce qui les concerne,
"samyama" dans le yoga.
Examinons
ce “toujours stable en cet état”:
le verset du psaume 16,8 “chiviti Hachem lé
negdi tamid”. C’est la technique parfaite
de la méditation juive, du yoga juif qui est très
particulier, et cette relation vécue quand le travail
avec le maître qui enseigne et Hachém arrivent
à ce niveau d'une relation de gourou-gourou triangulaire
avec Hachém.
Le
mot “chiviti” comporte simultanément
plusieurs dynamiques
Examinons
ce mot très particulier: chiviti. C'est:
1- l’idée de technique imaginative qui
se représente devant les yeux par l’imagination
(sens de dima, taer, hitsig), comme dans notre
psaume 119,30 (dérékh-émouna
va’harti Hachém, michpatéikha chiviti,
Le chemin de la fidélité j’ai choisi,
j’ai placé devant mes yeux Tes jugements
miséricordieux”). Nous rencontrons là
la technique visuelle de méditation très
pratiquée dans toutes les spiritualités
basées sur des traditions multi-millénaires
qu’a connues Avraham, et dans la cabale qui visualise
dans ce verset avec permanence les 4 lettres du nom divin
comme le Ari le recommande par exemple dans Ets ‘hayim,
Chaâr Roua’h ha qodéch page 4-5).
Dans le judaïsme, cette permanence de la représentation
visuelle est souvent citée, par exemple
- dans Dévarim 28, 10 “tous les peuples de
la terre verront que le nom de Hachém est associé
au tien et ils te redouteront” et cela est repris
par le Traité Sota du Talmud page 17a. Ou bien
quand il est dit que le roi d’Israël doit avoir
constamment un Séfer Torah avec lui et le Traité
Sanhédrine 21b insiste sur cela. De même,
la “présence qui relie” est montrée
dans le collier ‘hochén du Cohen
gadol, le Grand Prêtre.
2-
l’idée de ce qui est bon et recommandé
(“raouille”), comme souvent dans
le Livre d’Esther (3,8; 4, 13; 7,4), Livre divin
où il s’agit de l’intérêt
qu’il y a dans l’union entre le Roi et nous.
3-
l’idée que l’on égalise et parfait
la réalité de base comme en Isaïe,
Yéchaya 28, 25.
4-
l’idée d’une comparaison qui rend égal
à l’autre, comme en Isaïe, Yéchaya
46, 5: “lé mi tédamiouni vé
tachvou, à qui en imagination vous Me compareriez”).
5-
tout cela que nous avons dit jusqu’ici est rassemblé
dans le verset parfait qui explique la technique de la
méditation juive par le verset “chiviti”
du verset du psaume 131, 2: “éim-lo chiviti
védomamti nafchi; au contraire, j’ai
apaisé et fait taire mon être”…
mais il me faut citer tout ce psaume très court
qui résume tout l’objet de cette étude:
“Cantique des degrés. De David.
Hachém, mon cœur n’est pas
gonflé d’orgueil, mes yeux ne sont pas altiers.
Je ne recherche pas des choses trop élevées
pour moi, au-dessus de ma portée.
Au contraire, j’ai apaisé et fait taire mon
être; tel un enfant sevré, reposant sur le
sein de sa mère, tel un enfant sevré, mon
âme est calme en moi.
Qu’Israël mette son attente en Hachém,
désormais et pour l’éternité!
”
et ce dernier mot du psaume est celui dont nous avons
parlé: “véâd-ôlam,
et pour toujours”. Union totale et définitive.
6-
et cela se confirme encore dans l’autre sens de
chiviti comme don (psaume 21, 6) qui décrit
les dons que reçoit le roi de la part de D.ieu:
“Gadol kévodo bichouatékha, hod
véhadar téchavé âlav,
Grande est sa gloire au Roi, grâce à Ton
salut, Tu lui as donné splendeur et beauté”.
Nous
comprenons maintenant pourquoi les psaumes de David nommés
“téhilim” ne comportent pas seulement
le sens bien connu de “louanger” mais aussi
la signification de “s’embellir” et
“d’éclairer au point que l’être
plein de cette lumière est comme vide de soi-même”.
Tous les Sages grands commentateurs y insistent:
- s’embellir: comme dans les versets
suivants des psaumes où il y a ce mot (32,3; 52;3;
63;12; 97,7; 106,5); et surtout le verset de l’union
mystique en 34,3: “baHachém tithalél
nafchi, yichméou ânavim véisma’hou,
mon être s’embellit en Hachém; que
les humbles l’entendent et se réjouissent”
où nous retrouvons l’allusion à l’humilité,
ânava qui est la condition de la réceptivité
totale.
- éclairer: comme le dit Yov (29,2-3):”khméi
Eloqa yichméréni, béhilo néro
âléi rochi, en ces jours où Eloqa
me protégeait, où sa lumière brillait
et éclairait sur ma tête”. Cette présence
que nous rencontrons donc par cette activité de
relation de présence présente est très
puissante. Au point que c’est ce même mot
que Yov (Job) emploie en 31,26 pour la lumière
du soleil: “im éreé-or”
ou quand il parle du Léviathan, cet être
unique au monde dont “les éternuements font
jaillir la lumière (“âtichotav
tahél or”); et le prophète Isaïe
emploie ce même mot référant aux psaumes
quand il parle de “la lumière des étoiles
et constellations” (“ki khokhévéi
hachamayim oukhésiléihem lo-yahéllou
oram”.
- l’être plein de cette lumière
est comme vide de soi-même:
comme David le dit dans le psaume 109,22: “ki-âni
vééviyone anikhi vékibbi hakak béqirbi.
Je suis en effet pauvre et misérable et mon coeur
est déchiré en moi”.
Ce sens rejoint, comme la qualité de “ânav”,
humble, l’autre qualité identique de “tam”
qui n’est pas le naïf débile mais celui
qui -par naîveté volontaire- veut être
intègre, droit et vit dans la vision face à
Hachém. Et celui qui sera droit verra ainsi celui
qui est un “tam”, comme tel, à
son tour: “chémar-tam ouréé-yachar
ki-a’harit léish shalom, observe l’homme
intègre, regarde le juste, certes il y a une postérité
pour l’homme de paix” (psaume 37,37 et tout
ce psaume est consacré à cela). S’y
reporter.
Bouclons
la boucle de toute cette relation dynamique avec D.ieu
dans le “chiviti” et dans les psaumes
de respiration dans la plénitude de la méditation
juive, du yoga juif si l'on peut dire pour souligner l'importance
de la méditation juive spécifique, en la
reliant à ce qui en est la source: la Torah, dans
le verset qui représente ces thèmes par
la racine du mot “tam”, en Dévarim
18;13: “tamim tiyé îm Hachém
Elokékha, reste dans une relation pure et
entière avec Hachém ton D.ieu”.

7. - 2e dynamique.
La pratique du mouvement du coeur par l'enseignement
du Roi David et des prophètes
qui nous fait aboutir à la rencontre essentielle
dans la méditation juive (expression et démonstration
ici par photos et le commentaire sur l'axe de ce regard).
Nous
allons exposer ce mouvement de la méditation juive,
caractérisée comme nous l'avons définie
plus haut, et qui est une réaction du coeur devant
la présence de D.ieu dans la nature. Le terme qui
est utilisé pour cela, en hébreu, est "maâsséi
Eloqim (les oeuvres de D.ieu)". Et un immense enseignement
est centré là-dessus dans toute la Bible
et le judaïsme ne se résume donc pas à
des pratiques imposées ni à des interdictions
d'actions. Voici des exemples.
Dans
Qohélète (l'Ecclésiaste) 7,13 l'enseignement
de la méthode de "voir" est clairement
indiqué: "Réé ét
maâsséi haElohim (regardez les oeuvres
de Celui qui est D.ieu)". Et cela est pratiqué
par le Sage en 8,17: "véraïti ét
kol maâssé haEloqim, (et j'ai regardé
et vu toute l'oeuvre de Celui qui est D.ieu").

Et le prophète Isaïe (60,21) va appliquer
cela jusqu'à la Création du peuple juif,
peuple de D.ieu: "(Mon peuple) maâssé
yadaï lé itpaér, (Mon peuple)
oeuvre de Mes mains dont je suis fier".
Et le prophète Isaïe nous montre qu'il a parfaitement
adopté cette attitude de méditation constante
car il dit en 64,7: "ou maâssé yadékha
koulanou, (et l'oeuvre de Tes mains, nous le sommes
tous)".
Mais
le prophète Isaïe va plus loin et semble tempêter
contre ceux qui en resteraient enfermés dans l'étude
des livres ou dans les jouissances superficielles et qui
ve lisent pas la réalité de la présence
divine: "Hachém-Tsévaote a dit à
mes oreilles... malheur à ceux... qui ne font pas
attention à l'oeuvre de Hachém, n'ont pas
d'yeux pour l'oeuvre de Ses mains. C'est pour cela que
mon peuple ira en exil, faute d'intelligence, que ses
nobles seront la proie de la faim, que... Ainsi l'homme
sera déprimé et le mortel humilié
et les yeux des orgueilleux seront abaissés"
Isaïe 5, 9-17. Ce manque du regard juste jusqu'à
la source entraine une ruine totale parce qu'il nous déconnecte
de la VIE. Et ce n'est pas une punition ni une vengeance
de D.ieu.

Cela
étant maintenant clairement posé et compris,
nous pouvons l'étudier dans les psaumes.
Le
psaume 19 est un excellent
prototype d'enseignement sur notre propos de découvrir
par quelle attitude on se relie à D.ieu dans la
méditation: tout ce qu'il enseigne sur cela commence
par l'observation de la nature et delà on va jusqu'à
rencontrer l'intimité divine qui "illumine
les yeux, méirate ëinayim"
au verset 9. On peut maintenant lire ce psaume si beau
qui nous fera franchir toute cette trajectoire.
"1.
Au chef des chantres. Psaume de David. 2 Les cieux racontent
la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre
de ses mains. 3 Le jour en fait le récit au jour,
la nuit en donne connaissance à la nuit. 4 Point
de discours, point de paroles, leur voix ne se fait pas
entendre. 5 Sur toute la terre s’étend leur
harmonie, et leurs accents vont jusqu’aux confins
du monde, là où Dieu a assigné une
demeure au soleil. 6 Celui-ci, pareil au jeune époux
sortant de sa chambre nuptiale, se fait une joie, tel
un héros, de parcourir sa carrière. 7 Son
point de départ est à l’extrémité
des cieux, son orbite embrasse leur étendue: rien
ne se dérobe à sa chaleur. 8 La doctrine
de Hachém est parfaite: elle réconforte
l’âme. Le témoignage de Hachém
est véridique: il donne la sagesse au simple. 9
Les préceptes de Hachém sont droits: ils
réjouissent le cœur. Le commandement de Hachém
est lumineux; il éclaire les yeux. 10 La crainte
de Hachém est pure: elle subsiste à jamais.
Les jugements de Hachém sont vérité:
ils sont parfaits tous ensemble; 11 plus désirables
que l’or, que beaucoup d’or fin, plus doux
que le miel, que le suc des rayons. 12 Aussi ton serviteur
les respecte-t-il avec soin: les observer est d’un
haut prix. 13 Qui peut se rendre compte des faux pas?
Laisse-moi indemne des [fautes] cachées! 14 Plus
encore, préserve ton serviteur des fautes volontaires,
qu’elles n’aient pas le dessus sur moi! Ainsi
je me rendrai parfait et pur de grands péchés.
15 Que les paroles de ma bouche et les pensées
de mon cœur soient agréables à tes
yeux, Hachém, mon rocher et mon sauveur!"

Le
psaume 90 reprend cet axe de
la méditation sur les oeuvres qui nous ouvre visuellement
au niveau divin puis l'interaction de coexistence et notre
insertion dans cette oeuvre globale qui devient
nôtre; observez bien tous ces points, toutes ces
étapes que fait franchir la méditation:
"16 Que tes œuvres brillent aux yeux de tes
serviteurs, ta splendeur aux yeux de leurs enfants! 17
Que la bienveillance de Hachém, notre Dieu, soit
avec nous! Fais prospérer l’œuvre de
nos mains; oui, l’œuvre de nos mains, fais-la
prospérer. "

Et,
dans le psaume 86, 8 un éclaircissement
apparaît au niveau de cette rencontre des oeuvres:
cette rencontre est différente de celle que les
autres méditations de philosophie, des cultures
ou religions -dans leur sagesse non contestée par
le psaume- appellent divinités:
"Personne, parmi les divinités, n’est
comme toi, Seigneur; rien n’égale tes œuvres".
Ici,
étude de ce psaume 86

Le psaume 107
nous fournit un exemple de personnes qui accomplissent
tout ce parcours depuis "les oeuvres"visibles
et se branchent dans la méditation et cela les
emmène "jusqu'au terme désiré
de leur voyage", terme divin de l'union divine:
"24
Ils voyaient, ceux-là, les œuvres de Hachém,
ses merveilles dans les profondeurs de l’océan.
25 Il parlait, et faisait souffler un vent de tempête
qui soulève les vagues. 26 Ils montaient jusqu’au
ciel, descendaient dans les abîmes; leur âme
se fondait dans la souffrance. 27 Ils dansaient, ils titubaient
comme l’homme ivre; toute leur sagesse était
réduite à néant. 28 Mais ils crièrent
vers Hachém dans leur détresse: il les sauva
de leurs angoisses. 29 Il transforma l’ouragan en
une brise légère, et les vagues apaisèrent
leur fureur. 30 Ce fut une joie pour eux de voir renaître
le calme; Dieu les conduisit au terme désiré
de leur voyage. 31 Qu’ils rendent grâce à
Hachém pour sa bonté, pour ses miracles
en faveur des hommes!"

Alors, le psaume 103, 22 incite ltout l'être
à aller plus loin encore que la conscience et l'union
mais à vibrer en bénédiction:
"22 Bénissez Hachém, vous, toutes ses
créatures, dans tous les lieux où s’étend
son empire. Bénis, mon être (néféche),
Hachém! "
Le
psaume 104, 13 et 24 nous fait découvrir
la conscience de la vie divine nourrissant le monde (dynamique
nommée "les oeuvres divines"):
"13 Du haut de ta résidence tu arroses les
montagnes, la terre est nourrie du fruit de tes œuvres.
"
"24 Que tes œuvres sont grandes, Hachém!
Toutes, tu les as faites avec sagesse; la terre est remplie
de tes créations."
Le
psaume 111 nous enseigne encore sur un point capital:
n'en restez pas à l'étude intellectuelle
des textes religieux mais vous avez l'obligation de regarder
et d'atteindre D.ieu par cette méditation:
"2 Grandes sont les œuvres de Hachém,
digne objet d’études pour tous ceux qui s’y
complaisent."
C'est un camouflet pour les "soi-disants religieux"
qui méprisent les sciences qu'ils nomment
profanes et qui traitent de la connaissance du monde,
c'est qu'ils ignorent ces enseignement de la Torah et
n'atteignent pas l'intériorité de la présence
divine dans Ses oeuvres. Et, en plus, ils méprisent
ceux qui le réalisent. On ne s'étonne plus
des colères des prophètes.
Le
psaume 92 l'affirme clairement sans y mettre de
gants:
"6 Qu’elles sont grandes tes œuvres,
Hachém, infiniment profondes tes pensées!
7 L’homme dépourvu de sens ne peut savoir,
le sot ne peut s’en rendre compte".
Le psaume 106 montre les dangers de cette ignorance
:
"13 Bien vite ils oublièrent ses œuvres;
ils ne mirent pas leur attente dans ses desseins. 14 Ils
furent pris d’ardentes convoitises dans le désert,
et mirent Dieu à l’épreuve dans la
solitude. 15 Il leur accorda ce qu’ils réclamaient,
mais envoya la consomption dans leurs organes."
Le Roi David remet donc les
pendules à l'heure dans le psaume 111:
"7 Les œuvres de Ses mains sont vérité
et justice, tous ses préceptes sont infaillibles.
8 Ils sont inébranlables pour toute l’éternité,
marqués au coin de la vérité et de
la droiture".
Le
psaume 139 nous montre le Sage heureux et remerçiant
d'une telle réussite de sa méditation qui
lui fait vivre tant de richesses:
"14 Je te rends grâce de m’avoir si merveilleusement
distingué; tes œuvres sont prodigieuses,
mon être (néféch) le sait parfaitement."
Le psaume 145 reprend tous les thèmes de cette
trajectoire de cette méditation sur les oeuvres
et déploie la jubilation et la louange qui éclate
à l'apogée de cette trajectoire et qui retentit
dans tous les sentiments de l'existence concrète
de façon positive:
1 Hymne de David. Je veux t’exalter, ô mon
Dieu, ô Roi, bénir ton nom jusque dans l’éternité.
2 Chaque jour je te bénirai, je célébrerai
ton nom à jamais. 3 Grand est Hachém et
justement glorifié, sa grandeur est sans bornes.
4 Une génération vante tes œuvres
à l’autre, et proclame tes hauts faits. 5
La splendeur de ta glorieuse majesté, le détail
de tes merveilles, voilà ce que je veux exposer.
6 Tous célèbrent la puissance de tes prodiges,
et moi aussi je veux annoncer ta grandeur. 7 Ils ne tarissent
pas sur la gloire de ta grande bonté, et ils chantent
ta justice. 8 Clément et miséricordieux
est Hachém, tardif à la colère et
abondant en grâce. 9 Hachém est bon pour
tous, sa pitié s’étend à toutes
ses créatures. 10 Toutes tes œuvres te louent,
Hachém; et tes fidèles adorateurs te bénissent.
11 Ils célèbrent l’honneur de ta royauté,
et disent ta puissance, 12 pour faire connaître
aux fils de l’homme tes hauts faits et l’éclat
glorieux de ton règne. 13 Ta royauté remplit
toute l’éternité, et ta domination
se prolonge d’âge en âge. 14 Hachém
soutient tous ceux qui tombent, et redresse ceux qui sont
courbés. 15 Tous les yeux se tournent avec espoir
vers toi, et, toi, tu leur donnes leur subsistance en
temps voulu. 16 Tu ouvres la main et rassasies avec bienveillance
tout être vivant. 17 Hachém est juste en
toutes ses voies, et généreux en tous ses
actes. 18 Hachém est proche de tous ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’appellent avec sincérité.
19 Il accomplit les désirs de ses fidèles,
entend leurs supplications et leur porte secours. 20 Hachém
protège tous ceux qui l’aiment, mais il anéantit
tous les impies. 21 Que ma bouche dise les louanges de
Hachém, et que toute créature bénisse
son saint nom à jamais!"
Alors, apparaissent en toute
clarté deux conclusions:
1. Dans les Proverbes (Michlé 16,3) c'est le mouvement
inverse de tout ce que nous avons réalisé
dans la méditation qui en découle comme
une cascade, concernant nos oeuvres:
"Remets le succès de tes œuvres Hachém,
et tes projets s'en trouveront affermis."
Un changement d'objectif en
découle dans l'existence qui devient une "vie"
intégrant ces dynamiques des "oeuvres"
véritables, et le psaume 118,17 l'exprime: "
Je ne mourrai pas, mais je vivrai, pour proclamer les
œuvres du Seigneur. "

8.
- 3e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par
le regard par les émotions
l'alternance dans les psaumes du Roi David:
Situons ce "mouvement poétique du coeur par
les mots" dans le vécu quotidien qui est vivant
comme la confusion des vagues qui alternent depuis les
profondeurs jusqu’à l’écume
de la surface.
J’y ai été longtemps impressionné
- par les alternances de versets dépressifs ou
tragiques ou de sentiments d’être abandonné
et menacé, avec par ailleurs les versets de confiance
et calme et louange et présence à D.ieu.
- par le fait que les versets tragiques sont souvent plus
nombreux que les versets de calme et confiance et présence.
- par le fait que la rechute semble continue spécialement
dans les psaumes autour du numéro 50 et on peut
vérifier cela en comptant ces deux circulations
en sens contraires.
- par le fait qu’il y a quand même quelques
versets ou passages stables
comme le verset du psaume 16, 8: chiviti Hachem lé
negdi tamid,
comme le psaume 23 ou le psaume 119 ou le psaume 150 qui
sont stabilisés dans le bonheur.
Je suis arrivé à l’hypothèse
suivante à partir de la pratique de ces psaumes
dans le contexte du travail de développement personnel
holistique réalise dans la présence à
Hachém selon la Torah.
Cette alternance non régulière, où
l’un des mouvements est surabondant, cahotique,
avec quelques instants passagers de calme seulement, est
en fait une respiration souffrante de tout l’être
et particulièrement de la respiration physique
réelle.
Quand cette respiration commence à se régulariser,
alors il y a le passage à un autre niveau qui donne
une impression intérieure d’unité.
Mais cela semble alors bizarre car la respiration n’est
pas unique mais double (aspiration-expiration et ce mot
"expiration" est avec justesse terrible en français)
et elle ne peut pas être un seul mouvement d’élévation
continue mais devient au contraire une simple alternance
régulière.
En fait, ce problème n’existe pas car ce
qui est discontinu c’est uniquement le bien être
mais l’alternance reste continue par le simple fait
de la récitation de versets successifs des psaumes
et elle peut réussir à maintenir simultanément
une présence à ce qui est la source de vie.
9.
- 4e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par
le regard
par le
Pérek Chira, qui aboutit à la rencontre
dans la méditation juive (pédagogie: lien
exprimant, démontrant, enseignant ici par photos
et par le commentaire sur l'axe de ce regard)
10. - 5e dynamique. La pratique du
mouvement du coeur par a respiration (lien
vers cette page)
11. 6e dynamique. La
pratique du mouvement poétique du coeur par les
mots
qui aboutit à la rencontre dans la méditation
juive (expression et démonstration par poèmes
et pensées). Nous l'avons déjà démontré
partiellement par le début de cet article. Mais
reportez
vous aussi à l'ensemble de nos poèmes, en
ce sens (Lien vers cette page).
Cette
étude a pris un axe particulier, celui de montrer
qu’il y a dans les psaumes des techniques millénaires
très structurées et très précises
de méditation, de spiritualité, de développement
de l’être complet dans toutes ses dimensions.
Et c’est l’expérience guidée
par la tradition et des maîtres compétents
qui peut en donner la pratique. Car il ne s’agit
pas seulement d’une étude intellectuelle.
Leurs commentaires des psaumes en sont la voie.
Nous voyons aussi qu’il y a parfois des points communs
avec des techniques millénaires de développement
et de spiritualité utilisées dans d’autres
peuples. Mais il n’y a pas d’identité
car chaque civilisation a ses spécificités.
Cependant, n’oublions pas d’où vient
Avraham, d’où vient toute l’humanité,
depuis un seul être.
Et répétons que le Talmud nous dit
- de prendre ce qu’il y a de bien dans les autres
peuples et non pas ce que nous faisons souvent: d’en
prendre seulement le mal.
- de reconnaître que le Créateur a réparti
chez l’homme fait à Son image des qualités
privilégiées à chacun des peuples.
- que les membres du Sanhédrine dialoguaient constamment
avec les autres peuples et ils étaient capables
de le faire en 70 langues.
- que les peuples venaient aussi jusqu’au Temple,
y offraient offrandes et sacrifices et tous les rois de
la terre voulaient avoir une maison sur la terre du Saint,
béni soit-Il.
- que nos Sages, de génération en génération
nous ont enseigné ce que je viens d’approfondir.
12. Tout se joue dans le "maintenant"
présentation et commentaire sur le Yoga Sutra de
Patanjali, qui apporte beaucoup pour nous rendre sensible
à des dimensions essentielles, existentielles et
psychologiques et spirituelles apportées dans l’étude
précédente sur la méditation juive.
Cette étude est directement dans les sources, comme
je le fais toujours, dans la langue originale, rigoureuse.
Cette forme d’tude sera donc particulièrement
utile aux psychologues qui recoivent de plus en plus aujourd’hui
des personnes demandant de l’aide et qui viennent
de cultures différentes, soit par leur origine,
soit par les voyages.
Patanjali
est un auteur indien ayant écrit l’ouvrage
considéré comme la base de la pratique et
de la théorie du Yoga Soutra, mais aussi un ouvrage
de base sur la langue sanscrit: Mahabhasya ("le grand
commentaire") sur l'ouvrage Astadhyayi de Panini.
Il aurait vécu au second siècle avant l’ère
vulgaire. Il a donné la définition la plus
admise de ce qu’est le Yoga parmi les multiples
enseignements. Il a placé en métaphysique
la grammaire et la langue. Cela va très loin car
il a même abouti à des éclairages
sur les conflits intérieurs aux philosophies et
religions et régimes politiques.
Examinons
le début de son texte:
Ata
yogA nousshasannam
Traduction
littérale: «(Ata) Maintenant, (yogA) le yoga
(anouchasannamm) instructions finales». Sens premier:
«maintenant voici les enseignements finaux sur le
yoga».
SENS
DE «ATA» ou selon l’écriture
phonétique exacte «Atha»:
Ata, cela veut transmettre plusieurs significations en
même temps:
- «maintenant».
- maintenant, dans le sens d‘ouverture, comme «et
maintenant» en français.
- maintenant après tout ce qui avait et a été
dit. (En ce sens, le mot Atha n’est pas utilisé
pour introduire un «nouveau» sujet... il est
pris dans le sens de souligner une suite immédiate
car ce qui va être abordé dépend des
conditions précédentes, des exigences précédentes,
des qualifications spirituelles précédentes,
alors seulement ce que l’on aborde va être
possible», commente Swami Krishnananda, Sage de
Sivananda Ashram à Rishikesh dans l’Himalaya,
Inde.
En
effet, ce mot avec son commentaire apparaît sur
le premier verset de Brahma Soutra. Et les commentaires
comme celui de Adi Sankara disent que le motif en est
qu’il n’a pas à être atteint
par la «conscience de l’étude»
de commentaires mais ces commentaires doivent se mettre
en «contact avec l’étant», en
silence.
C’est donc:
- à partir de maintenant,
- entre ce qui est entre le passé et l‘avenir,
- l‘instant continu et stable
- ce qui est certain
- ce qui est ”le“ but, l‘achèvement.
-ce qui est le lien avec l’Etre.
Ainsi, c’est un instant comme une note de musique
qui est le signal face à la foule dispersée
et bruyante, et il obtient le silence de la foule dans
la salle du concert car commence soudain un essentiel
qui est désormais la seule valeur commençante.
Personnellement, je réfère cela à
la technique que j’utilise dans la psychothérapie
ou l‘aide (j’emploierai le mot tippoul, en
hébreu) pour aider le patient ou la personne qui
recherche de l’aide, ) se placer dans le contact
unique avec l‘authenticité unique de soi.
Dans tout tippoul, il est important et nécessaire
d‘aider le patient à se placer face à
soi-même en conscience.
C’est aussi, comme dans les psaumes, se centrer
sur l‘essentiel qui est «chiviti Hachem
le negdi tamid, je me suis représenté
D.ieu devant moi toujours» ou «gol âl
Hachém darkékha (psaume 37,5), fait
virer vers Hachém D.ieu ton chemin».
Mais
ici, en sanscrit, le sens de Atha qui est le premier mot,
comme le Béréhite l’est dans toute
la Torah, signifie davantage «arrivée à
la perfection complète par rapport à tous
les enseignements précédents» et aussi
de «nous allons ainsi et donc vers quelque chose
qui est béni, authentique, de valeur ayant autorité
de vérité et de bonne augure».
Car, dans les textes des maîtres du yoga (non pas
dans ceux des livres de vulgarisation qui ne voient dans
le yoga qu’une technique de gymnastique), le lien
avec le corps ou le lien sous forme de méditation
est toujours relié à tous les niveaux de
l’être, non seulement personnel mais jusqu’aux
niveaux transcendantaux que chacun exprime dans sa forme
particulière de spiritualité ou de culture
propre sur laquelle le yoga ne se prononce pas.
Tout
cela nous permet de prendre conscience de l’importance
de ce mot Ata; et elle est prouvée par le fait
qu‘il ouvre d‘autres traités essentiels
comme le Brahma Soutra qui révèle la connaissance
de Brahma (athatoo Brahma jijnaasaa).
A la fin de
la seconde page de cette étude (lien ici),
nous situerons ce mot Atha (maintenant) en liaison avec
le mot hébraïque Âta (maintenant) qui
a la même orientation et la même pédagogie
dans toute la Bible (le Tanakh).
SENS
DU SECOND MOT: YOGA
Ce Yoga, c’est l’état optimal dans
l’existence caractérisé par la capacité
d’être centré sur un point comme l’est
une tour de contrôle ou comme le zéro d‘un
thermomètre permettant d’échanger
avec tous sur les températures .
Sinon l’esprit -ou mieux encore tout l‘être-
resterait centré simultanément sur de multiples
opérations mentales différentes et contradictoires
et impossibles à concilier et que Patanjali exposera
ensuite comme le délire (kchipta), l’oubli
(moudha), la recherche oscillante et instable (viksipta),
la centration sur un point (ekaagra) et la restriction
ou retenue (nirouddha). Et il faut apprendre la gestion
de tout cela. L‘essentiel n‘est donc pas le
niveau appelé l‘esprit, l’intellect
comme dans la pensée occidentale, mais la justesse
de la gestion. La valeur de l’être n‘existe
que par la valeur de sa gestion.
Certes, dit ce texte, il faut connaître toute la
mécanique des fonctions mentales dont les principaux
états sont l’illumination (samhadi), l’activité
énergétique (rajas) et l’inertie énergétique
(tamas), mais l’essentiel -qui est mis en exergue
dès le début de ce ligne qui est la fondation
de tout le yoga, c’est la capacité de gestion
qui s’obtient par une seule opération qui
est la «centration sur un point», nous le
verrons bientôt ci-dessous.
Il est important de préciser que cela ne concerne
pas du tout uniquement le niveau des opérations
dites intellectuelles cognitives mais aussi bien l’intériorité
physique des os, de la chair des composantes internes
physiques de toutes sortes, et le néfesh, l’intellectuel,
le spirituel, la volonté, la conscience, l’imaginaire,
l’être.
SENS
DU TROISIEME MOT: ANOUSHASANNAMM
On le traduit généralement par «guide
pour, introduction, règles». Voici les composantes
de ce mot. «Anou» veut dire «vers».
«Shas» a le sens de «orientation, ordonnancement
nécessaire, naturel, absolu» et il entre
dans de nombreux sens du sanscrit comme «contrôler,
gouverner, enseigner, former et même punir».
«Nam» entre aussi dans les sens de «soumettre
et justice». Ainsi fonctionne la pensée sanscrite,
de façon o;complexe, cumulée et holistique
continuellement, comme l‘esprit qui ajoute de nombreuses
couleurs pour en composer une seule. Mais cela n’est
nullement une confusion car toutes les composantes sont
précises, comme dans une couleur.
Sachant
désormais tout cela, que vous pourriez vérifier
dans tout dictionnaire sérieux du sanscrit comme
le «Sanscrit English Dictionary», de Sir Monier
Monier-Williams, (Oxford), la référence
indiscutable en la matière, examinons quelques
traductions qui diffusent cet enseignement dans les langues
occidentales.
En français, Marc-Alain Descamps (Institut Marc-Alain
Descamps. Paris) traduit: «Voici l’enseignement
du Yoga». Ce qui est exact mais n’a pas déployé
l’éventail multiple du mot pour celui qui
ne connaît pas le sanscrit. Par contre, pour ce
connaisseur, le mot «voici» peut rendre très
exactement ce que j’ai décrit, s’il
est commenté en ce sens.
Par contre, on ne trouve pas cela dans plusieurs traductions
très répandues en diverses langues qui annulent
la dynamique et le côté holistique et réduisent
la traduction au sens de «l’ouverture d’un
exposé». Par exemple, cela est traduit par
«Maintenant, le Yoga va être exposé»,
dans la Collection des Aphorismes Yogis. Traduction de
l'appendice F du livre Yoga "Philosophy of Patanjali"
Swami Hariharananda Aranya, Publié par Calcutta
Univ. Press.
De même, dans la traduction du Yoga-Sutra de Patanjali,
par Wim van den Dungen, Pascal van Dieren, Evelyne Philippaerts
et Dominique Wiche. Anvers, 1997: «Ici commence
un exposé sur le Yoga».
Par
contre, la traduction de Bernard Bouanchaud ( Yoga-Sutra
de Patanjali. Miroir de soi, Editions Agamat. Palaiseau.
France) déploie parfaitement la dimension dynamique
comprise dans le mot «atha» et la place pour
cela non seulement dans l’évolution personnelle
de l’étudiant ou vers l’étudiant
mais dans la relation: «Le premier aphorisme présente
une condition essentielle à la transmission du
yoga: une promesse réciproque de confiance mutuelle
est faite entre celui qui enseigne et celui qui reçoit.
Le terme «atha» signifie que la transmission
commence sous de bons auspices, le professeur et l’élève
ayant accompli une démarche préliminaire.
Le maître estime le disciple prêt. L’enseignement
du yoga est fondé sur un vécu et une continuité
dans la tradition orale, anu».
La
synthèse de ces paramètres est donnée
dans l’ouvrage magistral de Bellur Krishnamachar
Sundararaja Iyengar ou B.K.S. Iyengar, célèbre
pour la diffusion du Iyengar yoga qu’il a réalisée
aux USA dans la pratique et la théorie et exposées
en de nombreux livres de qualité.
Nous allons y découvrir tout-de-suite les immenses
dimensions de ce mot «atha». Voici le texte:
« Atha: now auspiciousness, a prayer, a blessing,
benediction, authority, a good omen... With prayers for
divine blessings, now begins an exposition of the sacred
art of yoga.»
Après
la définition du sens littéral, le pchate
comme on dit en hébreu, en voici mon commentaire
explicatif réalisé à partir de textes
de base de cette tradition et non pas à partir
de mes pensées:
on découvre immédiatement dans ces textes
fondateurs combien sont étroites d’esprit
les conceptions qui font du yoga une seule gymnastique
ou une seule technique de méditation et voient
en ce verset le seul signe de l’introduction d’un
exposé décrivant le yoga.
Avec
ces Sages, ouvrons donc l'éventail que le premier
verset présentait en ces trois mots pour essayer
d’atteindre toute la conscience de ses composantes:
- d’abord la mise en état que ceci est la
mise en état où tout va être favorable,
- l’attitude de prière, ce qui veut dire
contact, réception, affection, obédience,
- le flux béni,
- la puissance de ce flux sur l’être où
nous sommes,
- de cela, l’heureux présage pour tout ce
qui va être vécu.
- l’arrivée à l’état
de «cristal clair hors de la confusion de l’esprit
moderne» dit Iyengar.
- une progression et une progression continue.
- cela suppose des études préalables.
En
ce dernier point, Patanjali fait là allusion à
ses deux autres travaux qui en sont la base préalable
et nous permettrons de mieux réaliser la nature
globale du Yoga qui aurait pu parître à tort
une simple technique de gymnastique ou de méditation:
- son traité de grammaire qui est le Mahabhasya
("grand commentaire") sur l’ouvrage Astadhyayi
de Panini. Ce n’est pas une grammaire simplement
mais une compréhension de la rencontre avec les
formes de l’être par les mots et par la parole
dans toutes les dimensions.
- son traité sur l’ayurveda, médecine
basée sur ce qui est naturel.
Maintenant
que ces paramètres sont bien cadrés, on
peut comprendre pourquoi le Swami Venkatesananda traduit
en anglais résume ainsi ce verset initial: «Now,
when a sincere seeker approaches an enlightened teacher,
with the right attitude of discipleship (viz. , free of
preconceived notions and prejudices, and full of intelligent
faith and receptivity) and with the right spirit of inquiry,
at the right time and the right place, communication of
yoga takes place.» Traduction: «
Maintenant, quand un chercheur sincère s’approche
d’un maître éclairé, avec l'attitude
droite de devenir disciple (c'est-à-dire, libre
d’idées préconçues et de préjugés,
plein d’une intelligence ayant la qualité
de la foi et de la réceptivité), et avec
la droiture dans l'esprit de recherche, au bon moment
et à la bonne place, alors la communication de
yoga a lieu».
Il
faut aussi insister sur le fait que ces trois mots si
riches du sanscrit ne doivent pas seulement être
«lus» en lettres imprimées mais ils
doivent être prononcés et entendus car tout
mot de sanscrit comporte en chaque lettre une science
des véhicules de lettres gutturales, palatales,
cérébrales, dentales ou labiales, aspirées,
nasales, etc. qui sont véhicules du sens. Je ne
peux développer ici cette question fondamentale,
parallèle à ce que les Sages connaissant
la tradition de la Torah véhiculent dans leurs
écrits transmettant la tradition la pus profonde.
On pourra donc trouver ici, l’audition de ce verset:
http://www.patanjalisutras.com/Yoga-Sutras/Yoga-Sutras-audio/1-1.mp3
et ici un lien avec la prononciation de ces différents
versets:
http://www.patanjalisutras.com/yoga-sutras-ch1-1-10.html
Le
second verset
YOGAA TCHITTA VRITTI NIRODHAAH
Ici, son audition:
http://www.patanjalisutras.com/Yoga-Sutras/Yoga-Sutras-audio/1-2.mp3
Traduction
littérale: «Yoga (Yogaa) conscience (tchitta)
tourbillon (vritti) cessation (nirodhaah)» et la
phrase dans l’ordre du français:
«Le Yoga est la cessation du tourbillon de la conscience».
En
voici mon commentaire:
Cela veut dire qu‘il faut mobiliser l‘énergie
inerte (tamas) et, alors, l’énergie active
de connaissance (rajas) peut fonctionner et on entre en
méditation, en liberté de conscience (citta
vimouktih) qui est la qualité, la vertu (dharma
megha).
La
conscience (tchit ou tchitta) est mobilisée par
trois facteurs:
- l‘ego (ahammkaara) opposé au cela (pourousa).
- l‘intellect relié à l‘essence
(bouddhi) assuré par la connaissance et l‘expérience
dans l‘action.
- et l‘esprit (manas) qui collecte les informations
par les cinq sens (jnaanendriyas) et cela se manifeste
en trois fonctions, la connaissance, le vouloir et le
mouvement. Cet esprit agit par attention, observation
raisonnements, buts, stratégies et tactiques.
Tout
cela donne à l‘esprit conscient une impression
de révélation (viveka-khyaati) qui est encore
mouvement, opérations.
Mais cet état sera lui-même dépassé
encore pour parvenir à l’essentiel: un arrêt,
restriction, cessation, contrôle cessant, obstruction
(nirodhaah).
On peut parler alors de «Yoga» car ce niveau
de connaissance nouvelle est super-connaissance ou une
connaissance particulière où rien n‘est
connu ici. En effet, alors, l‘égo (ahammkaara)
atteint le niveau de véritable self relié
aussi au self universel (antaraatma) et à ce niveau
la conscience prend une nouvelle forme (antahkaragna)
qui unit les deux
Il
s‘agira donc d‘arrêter le mouvement
habituel par cette forme de concentration (dhaaragna)
qu‘est l‘attitude essentielle de silence en
méditation (dyaana). A ce moment, le yoga apparaît
comme une tactique mais aussi comme le but final qui est
appelé alors dans le verset 2,28 du texte: la ”gloire
de la connaissance ou l‘essence de la connaissance“
(aavivekakhyaateh).
J’ai
présenté ainsi une introduction sur l‘essentiel
du Yoga dans les deux premiers versets du Yoga sutra de
Patanjali. Je l’ai fait avec le même sérieux,
la même rigueur que j’ai mis dans toute l’étude
de la tradition de la Torah, en allant jusqu’à
la connaissance de la langue de ces textes fondateurs
et de la tradition. J’avais commencé ces
études à l’Université parallèlement
à ma formation en psychologie en 1955. C’est
seulement en 2009 que j’ai pu écrire ce texte
avec l’impression d’avoir assez étudié,
compris et respecté.
Pourquoi
dire tout cela?
«Prenez des peuples ce qui est bon et ne continuez
pas à prendre d’eux ce qui n’est pas
bon» dit le Talmud.
Sur
ces bases, le judaïsme a même été
jusqu’à adopter l’écriture araméenne
et a abandonné son écriture hébraïque,
pour arriver à sa plénitude reliée
à la Création globale et qui la concerne,
chacun dans son rôle spécifique mais aussi
dans ses rencontres.
Le Talmud et les middrachim sont pleins de rencontres
et dialogues avec les cultures environnantes. Et les Sages
du Sanhédrine, vivant à proximité
du centre du sanctuaire assumaient leur rôle en
connaissant parfaitement les 70 cultures environnantes.
Récemment revenus dans la géographie juive
au Proche-Orient, nous n’avons pas encore assez
repris cette insertion vivante dont nos textes anciens
nous transmettent la réalité et la richesse,
mais aussi la vocation divine commune.
Je n’en donnerai qu’un seul exemple sur la
base de ce texte: tous nos lecteurs qui connaissent l’hébreu
parlé et nos textes saints ont été
stupéfaits de découvrir deux faits:
- le mot «ata» possède également
cette signification de «maintenant», en hébreu.
- il est évident que, en conséquence, nous
ravivons notre connaissance de nos textes fondateurs comportant
ce même mot par la connaissance des textextes fondateurs
des autres traditions millénaires de notre région.
Et que découvrons-nous?
Dans
le «Ata» sanscrit, la conjonction du double
sens de «maintenant» et de relation divine
crée alors une stupéfaction de découvrir
qu’il n’y a peut-être pas un hasard
total si le mot «ata» en hébreu
peut avoir ces deux significations mais avec une différence
d’écriture (ata, avec un alef initial,
signe «tu» ou «toi»; «ata»,
avec un âyine initial signifie maintenant).
Mais
cela va plus loin car en hébreu et dans le judaïsme,
ce «ata, tu, toi» n’est pas
seulement un pronom personnel de la seconde personne envers
les humains, il est aussi ce qui nomme spécifiquement
D.ieu et il est nommé ainsi en chaque bénédiction,
en chaque relation de bénédiction, qui est
alors le lien au grand Toi effectif. Voilà qui
va très loin et renouvelle divinement toute relation
humaine aussi dans laquelle on utilise ce mot envers autrui.
En avoir conscience, c’est alors être dans
la relation immédiate de méditation qui
atteint l’être profond et la qualité
effective de l’être de deux êtres jusqu’à
l’être divin.
Pour ceux qui sont prêts à aller jusqu’à
étudier ces niveaux, ils pourront se rapporter
aux écrits du Ari,zal sur le «Ata»
comme étant en référence à
«Abba» (voir par exemple Ets
‘hayim, chapitre 34, règle 22); ou son
commentaire sur «ata é’had»
de min’ha de Chabbate dans son Chaâr hakavanotes,
75,2; ou son commentaire sur «ata»
qiddachta dans le même livre 71;1.
Rien
que dans l’ensemble du Tanakh, la Bible, ce mot
«ata» (maintenant, avec un âyine),
apparaît 433 fois. Mais il y a plus et qui rejoint
le texte de Patanjali (ou réciproquement). En effet,
il ne signifie pas seulement «maintenant, en ce
moment» mais il signifie aussi «à partir
de maintenant» dans 271 cas où il a l’adjonction
de la particulie «vé» (et).
Cela est clair dans les psaumes:
- interpellation nouvelle sur une chose essentielle pour
des humains saisis dans leur importance: «et maintenant,
rois, sachez comprendre, tenez vous pour avertis, juges
de la terre» (psaume 2,10).
- changement radical et global de l’ordre des choses:
«et maintenant, je porte le front haut en face de
mes ennemis qui m’entourent; je vais immoler dans
Sa demeure des sacrifices de triomphe, je vais chanter,
célébrer Hachém» (psaume 27,6).
- «et maintenant, quel est mon espoir, Hachém?
Mon attente se tourne vers Toi» (psaume 39,8). Et
dans son célèbre commentaire des psaumes,
le ‘Hida dit qu’il s’agit ici de la
«téchouva (retour)» où
tout passe de l’erreur à la retrouvaille,
de dina (la rigueur) au nom Adonout
qui a les mêmes lettres et qui est bonté
et miséricorde (ra’hamim). Ceux qui savent
comprendront. Et nous retrouvons là le lien avec
le Nom divin «Ata Adonout, Toi Hachém»
comme lorsqu’il apparaît pour la première
fois dans les psaumes (4,9). Alors, il y a simultanément
la relation et la nomination totale de l’Etre divin
et l’être humain en paraît capable.
- «avant que je ne fusse humilié de m’égarais,
et maintenant, je suis attentif à Tes discours»
(psaume 119,67).
Ces deux derniers versets mettent particulièrement
en relief le passage du confus négatif au bon,
mais surtout à Hachém dans une relation
au Toi, ainsi que cela a été dit dans l’aboutissement
du Yoga. La seule différence, et elle est de taille,
c’est que le nom de LA source s’est révélé.
13. Si nous pouvons connaître par la méditation,
quelle est cette forme de connaissance?
Cette méditation
mène à "une connaissance qui est inconnaissance".
Elle n'est pas intellectuelle mais c'est une rencontre
très particulière.
Nous sommes ici dans le niveau dont parlait Ribbi Hayim
Vital. Nous pourrions le nommer avec le Roi David: "être
dans Tes parvis" et c'est tout le psaume 84:
"Au chef des chantres. Sur la Ghitit. Par les fils
de Koré. Psaume. 2 Que tes demeures sont aimables,
Hachém-Cebaot! 3 Mon âme soupirait et languissait
après les parvis de Hachém: que mon cœur,
tout mon être célèbrent le Dieu vivant!
4 Même le passereau trouve un abri, l’hirondelle
a son nid où elle dépose ses petits. [Moi,
je rêvais] de tes autels, Hachém-Cebaot,
mon roi et mon Dieu. 5 Heureux ceux qui habitent dans
ta maison, et sans cesse récitent tes louanges!
Sélah! 6 Heureux l’homme qui met sa force
en toi, dont le cœur connaît les vraies routes!
7 En traversant la vallée des larmes, ils en font
un pays de sources, qu’en outre une pluie précoce
couvre de bénédictions. 8 Ils s’avancent
avec une force toujours croissante, pour paraître
devant Dieu à Sion. 9 Hachém, Dieu-Cebaot,
écoute donc ma prière, prête l’oreille,
Dieu de Jacob. Sélah! 10 Regarde, ô Dieu,
celui qui est notre bouclier, fixe les yeux sur la face
de ton oint. 11 Assurément, un jour dans tes parvis
vaut mieux que mille [autres]; je préfère
me tenir au seuil de la maison de mon Dieu, plutôt
que de séjourner dans les tentes de l’impiété.
12 Car le Seigneur Dieu est un soleil, un bouclier: Hachém
octroie grâce et honneurs; il ne refuse pas le bonheur
à ceux qui marchent dans la droiture. 13 Hachém-Cebaot,
heureux l’homme qui a confiance en toi!" C'est
un lieu (maqom), certes, mais avec et dans Celui qui est
Le lieu de tout lieu (maqom).
1. Ce ne peut pas
être une connaissance intellectuelle mais par le
coeur, compris selon la tradition. Reportez-vous
à la page de l'étude sur ce qu'est ce "coeur
(lév). On s’éloigne de
l’accessoire, avec immédiateté et
atteint la cible qui est le seul Etre et le seul faisait
exister. Relation possible. Mais qui doit toujours se
ré-éveiller.
2. Pour cela, il faut veiller continuellement l’accoutumance
qui fait dévier et trompe et devrait se remettre
en question continuellement jusqu’à l’attitude
d'épuration des pensées pronée
par Patanjali et qui reprend exactement celle de Job:
«qui suis-je, je ne Te connais pas» et il
est alors soudainement en relation véritable.
3. De nombreux chants juifs, chantés dans la prière
collective comme le Adon ôlam reprennent
cette pédagogie, avec la ritournelle du mot béli
(sans) qui indique bien cette attitude. C’est
une pédagogie collective à l’attitude
méditative.
Selon
la méthode que nous avons déjà rencontrée,
nous allons mettre ici -en ce point précis- un
document d'une importance capitale parce qu'il témoigne
du meilleur des peuples dans la Création. Je vous
donne la traduction de l'introduction en persan du Shahnaméh
de Ferdowsi (lien de présentation ici en
français et meilleur en
anglais ici). Ce texte, écrit en persan est
connu aujourd'hui de tout Iranien qui lit ces textes antiques
de sa tradition multimillénaire comme les Juifs
lisent aussi leurs textes antiques qui sont dans la même
langue que celle parlée aujourd'hui, tradition
vivante qui n'existe dans aucun pays occidental.
Après que la Perse qui fut glorieuse (comme la
terre d'Israël avant la destruction du Temple), elle
fut violée dans sa culture et se vit imposer avec
violence l'arabe, l'écriture arabe, la religion
étrangère, et est jusqu'à ce jour
en état de révolte continue contre les occupants
sunnites (ce qui explique les problèmes militaires
de la région et qui se répercutent sur l'ensemble
du monde), Ferdowsi accomplit ce que réalisa Ben
Yéhouda pour l'hébreu et il écrit
son livre Shanaméh (Le livre des Rois) qui rassemble
toutes les traditions précédentes de l'identité
perse et dans la langue persane expurgée de tout
arabe, cela vers le 10e siècle, plusieurs siècles
après l'invasion et l'occupation arabe qui se firent
sur toute la région. Depuis, ce texte est la Bible
de tout Iranien même musulman et jamais on n'a réussi
(comme pour les Juifs) à leur imposer le calendrier
islamique et ils gardent la fête importante du jour
de l'an des traditions antiques, le Norouz. C'est donc
dans ce contexte que se fit la rencontre capitale entre
le Roi et Esther, et en cette langue, et c'est pour ce
motif que j'ai appris cette langue pour rencontrer dans
l'original cette intimité de leur rencontre et
dialogue et décisions toujours actuels.
Ne soyons donc pas surpris que de là nous vienne
un texte remarquable sur la démarche qui évolue
vers la rencontre essentielle.
J'invite maintenant à aller relire la dernière
page du Tanakh (la Bible) puis de lire ci-dessous cette
introduction de Ferdowsi à son livre volumineux.
Elle est exactement au meilleur de notre paragraphe sur
la connaissance dans l'inconnaissance qui est le coeur
de la méditation juive. Voici le texte original
de cette introduction suivi de sa traduction:

(Dans cette première partie, commence ici la pédagogie
envers celui qui veut aller vers D.ieu et il va comprendre
ce qu'est la trajectoire de l'inconnaissance, comme D.ieu
l'a demandé de Job).
"Au nom du D.ieu miséricordieux qui nous a
donné l'âme et l'intellect.
Nos pensées sont très limitées et
ne parviennent pas jusqu'à Lui. Il a un Nom élevé
et il a un lieu élevé. Il nous donne notre
pain et Il nous montre le chemin. Il est le nom de tout
existant. Il donne la lumière à la lune
et aux astres et au soleil.
Dis tout ce que tu veux dire mais il est plus que les
noms, les lieux, les signes et tout cela. Il écrit
tous les destins et Son étoile brille au delà
de toutes les étoiles.
Ne te donne pas de peine car tu ne peux Le voir de tes
deux yeux. Ne te donne pas de peine et ne fatigue pas
tes yeux car ils ne peuvent pas Le voir. Même
par la pensée il est impossible d'arriver jusqu'à
lui. Ma pensée parvient à un certain niveau
où je peux penser et dire ce que j'ai à
dire et je ne peux dire que ce que je vois et pas plus.
Car Lui est en un lieu bien plus élevé que
ma pensée, que ta pensée et on ne L'atteindra
pas, D.ieu, dont le Nom est au-dessus de tous les
noms, Lui qui est le lieu de tous les lieux, Lui qui me
donne mon pain et nous donne notre pain et nous montre
le chemin.
D.ieu qui a dans Sa main de faire exister tous les êtres,
Il accompagne tout ce qui bouge mais il est impossible
de Le voir et même si je continue à penser
et à parler, je ne peux l'atteindre ni par mon
corps ni par ma pensée.
Aucun humain jusqu'à ce jour ne peut parvenir
à Le servir comme il faudrait.
(A partir de cette
base clairement définie, dans cette seconde partie
commencepourtant la présentation de la rencontre
possible).
Il faut donc commencer à ceindre nos reins et à
être Son serviteur. Il t'examine, toi, ton intelligence,
ton âme, ton corps et celui qui a une compréhension
fermée et obstinée ne parviendra pas à
l'atteindre...
Tu dois le rechercher cet Existant et arrête de
dire des bêtises. Tu dois le servir et cherche la
voie de le regarder profondément pour parvenir
à ce qu'il dit et à ses commandements.
Celui qui a intelligence et force, l'homme adulte et âgé,
s'il étudie, comme les cellules du cerveau il se
renouvelle.
Mais pas plus, car il ne peut pas parvenir à retirer
les rideaux ni dé-couvrir les secrets car il ne
parvenir à Cet Etre.
Et avec toutes les générations de guilgoulim
qu'il a traversées et avec toutes les choses qu'il
a dit jusqu'ici, il ne peut dire qu'une seule chose: je
ne peux pas".
Et à ce moment, la rencontre, ainsi épurée
est VRAIE. Entière autant qu'il est possible.
Alors, nous
pouvons relire les deux derniers chapitres du Livre de
Job qui seront perçues pour ce qu'elles sont: au
présent permanent. Présent, dans tous les
sens du terme.
Et lisons surtout les psaumes, depuis le 119 jusqu'au
150, "comme une respiration présente en tous
lieux et à tous les niveaux de notre être".
Je n'ajoute
aucun mot d'étude: réalisons.
Pages complémentaires
pour continuer à approfondir cette étude:
- Se rendre d'abord à la page des exercices de
formation pédagogique pratique à la méditation
juive: par ce lien
vers la longue galerie de nos photos pour développer
notre regard sur Sa Création présente,
et nous exercer face au don présent à
recevoir le présent (au sens double de "actuel"
et de "cadeau").
- LE "PEREK
CHIRA", SUBLIME LOUANGE EMISE CONSTAMMENT PAR TOUTE
LA NATURE: (LIEN
ICI).
- Echange et long
suivi avec un Juif ayant pratiqué la méditation
orientale en Inde et revenant au pays (lien).
- Le psaume 16
(lien)
et la dévéqoute ou adhésion
et adhérence heureuse à D.ieu.
- Autres liens sur la dévéqoute (lien)
J
e vous offre aussi un de mes poèmes méditatifs
dans le lien à la source:
"Mon amour
pour toi
est aussi beau que le vol des oiseaux,
le chant des merles et le jeu des vagues,
et les paysages verts
et les aquarelles des nuages
et la pureté des gouttes de rosée
et les rires des bébés
et la gloire des montagnes
et l'immensité des océans
et les surprenantes galaxies infinies
et les caresses des cascades et des rivières
et la force des tigres bondissants
et la variété des saisons
et des hommes et des femmes de toutes nations
et les musiques et les danses
et les parfums qui grisent",
dit le Créateur
à Israël,
dit le Créateur à tout être
bâti à Son image de même.
"J'aime,
vous n'êtes que de cette veine.
Arrêtez toute guerre,
toute haine,
tout ce qui est vulgaire.
Il n'y a qu'un
seul être,
en chaque être.
C'est tellement bon, tellement clair.
C'est mirage mortel
l'argent que tu recherches.
C'est le défi juif en tout être".
Une seule image
pour terminer de parler, avant de vous laisser akker
respirer cette rencontre:
c'est celle d'une proto-étoile sur le merveilleux
site d'astronomie Hubblesite.org
(lien à vraiment consulter).
