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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
Formation à la méditation juive
Etude et pratique, en 7 pages
Page 1

Placer ce texte dans un lieu décent car il comporte des lettres hébraïques saintes

Tableau du peintre israélien Roee Yossef Suffrin: le contact intérieur total avec la vie


Ces 2 pages existent également en anglais
ici (study) et ici (practice) dans le site Modia-english

 


Cette étude a été réalisée progressivement dans le cadre des travaux du Séminaire du Centre Ayurvédique Traditionnel, animé par Nili Stone Gangapersad, où les participants échangent leurs recherches anthropologiques différentes. Lien


La méditation juive

 

Plan avec liens internes:

1. Définition de base.
2. La méditation juive peut se résumer dans le parcours suivant quand on la pratique.
3. Traditions de la méditation juive.
4. Points communs et différents entre les traditions juives et les autres.

5. Pédagogie de la méditation juive, de l’étude à la pratique (et du faire à l'être).

6. - 1e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement du coeur à travers l'imagination: le mot “chiviti”.

7. - 2e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement du coeur à travers le regard dans l'enseignement du Roi David et des prophètes (expression et démonstration ici par photos et le commentaire sur l'axe de ce regard).

8. - 3e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement du coeur à travers les émotions: l'alternance dans les psaumes du Roi David.

9. - 4e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement du coeur par le regard décrit par le Pérek Chira (pédagogie: lien exprimant, démontrant, enseignant ici par photos et par le commentaire sur l'axe de ce regard).

10. - 5e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement du coeur à travers la respiration (lien).

11. - 6e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement poétique du coeur à travers les mots (expression et démonstration ici par poèmes et pensées). Nous l'avons démontré par cet article. Et reportez vous aussi à l'ensemble de nos poèmes, en ce sens (Lien).

12. Tout se joue dans le "maintenant, ata", présentation et commentaire sur le Yoga Sutra de Patanjali, qui apporte beaucoup pour nous rendre sensible à des dimensions essentielles dans la méditation juive.

13. Si nous pouvons "connaître" le divin par la méditation juive, quelle est cette forme de connaissance? La méditation mène à "une connaissance qui est inconnaissance". Elle n'est pas intellectuelle mais c'est une rencontre très particulière. Et, en ce sens, traduction de l'introduction du Shahnameh de Ferdowsi.

14. Exercices d'entrainement à la méditation juive à partir de la relation au réel (nature, choses, personnes, action) en utilisant notre sensibilité au réel-créé dans sa beauté qui est directement reliée à la Beauté créatrice diffusée par la présence divine.  (Plusieurs pages de galeries de photos à cet effet).


1. Définition de base de la méditation juive


- La méditation juive est résumée dans le verset du psaume 16, 8: “chiviti Hachém lé negdi tamid, je me suis représenté Hachém continuellement face à moi ”.

Elle est le mouvement qui, depuis le niveau de la confusion en tous domaines (pensées, sentiments ou actions), nous relie directement à la cible inscrite en tout: Celui qui est l'Etre essentiel, créateur et bon, et la vie même.


(exemple de ce verset chiviti Hachém lé negdi tamid
Ce verset est placé continuellement sur le mur devant les yeux des personnes présentes dans la majorité des synagogues séfarades; un exemple, ici,  d'une grande inscription dans une synagogue à Jérusalem). Beaucoup ont aussi ce verset chez eux.


Commençons par définir ce qu'est la méditation

Situons, pour commencer, ce qu’est la méditation juive. Elle est particulière.
Il ne s’agit pas de la réflexion. Il faut la distinguer aussi d’une activité intellectuelle de réflexion répétitive sur un thème, et qui distrait son acteur de la réalité environnante pour prendre vraiment conscience claire d’une notion pour en tirer les applications ou les leçons: «tu ferais bien de méditer ce que je viens de te dire».

La méditation juive est une capacité continue de centration personnelle vers les dimensions intérieures qui évoluent d’elles-mêmes. Et la tradition juive a éclairé sur cela. Maintenant, après avoir éliminé la simple réflexion agissant en concentration, prenons un exemple autre pour mieux nous rapprocher de la méditation: quelqu’un a ressenti de l’affection pour une autre personne ou pour une cause ; il éprouve ensuite le besoin non seulement d’agir envers elle mais aussi de rester centré sur ces sensations ou sentiments dans le calme intérieur, en se détachant des pensées autres afin de mieux rencontrer la vérité de la sensation éprouvée et, ainsi, lui être davantage présent et la laisser se développer en soi non seulement dans l’éprouvé mais surtout dans sa vérité spécifique. Et commence alors un développement interne et relationnel qui cherche à rester pur dans la qualité de l’éprouvé et de la relation.

Il peut s’agir aussi bien d’une relation à autrui, au monde visuel ou objectif, au monde spirituel qui a de nombreuses formes (artistique, des valeurs, de la spiritualité religieuse, etc.). Nous venons de bien distinguer la méditation de la réflexion mais nous venons aussi de voir que la méditation peut être nourrie de contenus sentimentaux ou philosophiques ou artistiques ou culturels ou spirituels divers. et qu’elle est reliée aussi à notre source interne, intérieure. Le choix de cette forme de méditation peut venir d’un choix explicite envers l’une de ces dimensions,

Elle peut venir aussi de l’intérieur de l’individu qui découvre une vibration importante de son identité profonde et cherche à y être présent et à la développer (car il n’y a pas de méditation sans part personnelle importance et profonde). Cela peut aussi surgir à l’occasion de la rencontre d’une culture particulière ou d’une personne qui a déjà développé ces dimensions et en a rendu l’accès beaucoup plus transparent et facile pour autrui, dans l’éducation ou dans la formation chez l’adulte.

Généralement, techniquement, cette pratique demande une centration dans le calme physique, la centration envers le contenu pour qu’il se développe dans la conscience, dans la sensation, dans son potentiel, et donc la capacité de suspendre le flux agité des pensées, des sensations, des mouvements, des paroles.

Mais il ne faut surtout pas inverser la priorité des plans, ceux de la technique facilitante et ceux de l’expérience éprouvée et écoutée et développée. Nombreux sont ceux qui, ayant entendu décrire à la fois les techniques et le film des expériences, s’imaginent qu’il suffit de plonger dans les techniques comme dans un jeu d’ordinateur pour parvenir à l’expérience; ils n’atteignent rien alors sinon une caricature qu’ils auraient pu trouver nommée dans n’importe quel livre ou discours mais pas la chose.
Depuis des millénaires, nombreuses sont les cultures qui ont formulé cette réalité que le petit lion qui veut imiter le grand lion ne devient qu’un singe, ou que le pauvre qui veut imiter le riche ne fait que mourir. La méditation ne peut pas être une imitation, ni une autosatisfaction narcissique ni une flatterie. Tout cela ne serait que masque comme ceux des fêtes de Venise ou des carnavals.

Au contraire, la méditation est attente, calme, écoute, centration, développement lent, vérité imprévue, pureté, pauvreté qui permet de découvrir le joyau caché comme disait Hafez (Khawaja Shamsu Din Muhammad Hafez-e Shirazi), le célèbre poète persan de Shiraz (1325–1390): «Gohari daram va saheb nazari mi djouyam : Je possède (en moi) un joyau et je cherche quelqu’un qui soit capable de le regarder» (Divân, 373,4).
Le Coran parle ainsi de l’entrée dans «la nuit de la valeur» (Sourate 97).
Et le poète mystique espagnol chrétien mais d’origine juive écrivit sur la richesse de «La noche oscura del alma, la fructueuse nuit obscure intérieure».
Et la sourate 73,6 du Coran dit que «la récitation de nuit touche plus profondément» le cœur: «Inna nashi-ata allayli hiya ashaddu wat-anwaaqwamu qeelan».
C’est ce que Moïse avait proposé au Pharaon et au peuple égyptien: allons au désert ensemble et nous découvrirons tout. Le Pharaon et ses magiciens refusèrent et Moïse partit, ainsi naquit le peuple juif, et la technique de la méditation juive. Nous sommes chacun et Pharaon et Moïse avec notre risque interne constant (« J'endurcirai le cœur de Pharaon et il ne vous écoutera pas». Exode 7,3-4 et 9,12).
La méditation est la trajectoire de ce séjour dans ce désert de l’écoute où la parole vraie et pleine peut se révéler. C’est devenir capable de mettre en œuvre ce que dit la célèbre chanson de Lionel Florence et Patrice Guirao sur les paroles de Exode 8,16-17: «Laisse mon peuple s'en aller, Rends lui sa liberté, Laisse mon peuple partir, Laisse le vivre libre», La méditation juive est le développement de la capacité de ne plus endurcir notre cœur et de pouvoir, dans ce désert toujours nouveau, lâcher les surdités pour entendre la vérité de nos paroles intérieures de vie et de vie féconde.

Donc cela ne peut jamais devenir une tâche uniquement intellectuelle, cérébrale, logique, pensée mais le corps et les sensations et sentiments de niveaux différents peuvent y prendre place. Sinon il ne s’agit pas de ce que l’on nomme la méditation, ni la méditation juive.
Dans la méditation, la rencontre intérieure et intime doit toujours avoir la priorité sur la réflexion. Dans la même ligne, la priorité ne doit plus être donnée alors aux activités sensorielles externes (vue, audition,odorat, goût, etc.). Elles peuvent être un facteur qui oriente vers la méditation (un mot, une musique, un ressenti, une image...) mais celle-ci va donner ensuite la priorité à l’écoute interne sur tous les plans par une centration, certes, mais surtout par une ouverture et une réceptivité calme face à la vitalité interne sur les plans qui vont s’ouvrir. Comme une porte s’ouvre. Mais aussi, comme la rencontre qui va alors se produire va nous changer. Et nous ne la définissons pas à l’avance.

C’est le passage de l’extériorité superficielle qui caractérise l’intellect à la richesse duelle et imprévue de la relation dans l’intériorité, comme l’exprime merveilleusement Djalâl-od-Din Rûmî, le poète persan du 13e siècle, fondateur du soufisme, dans son immense livre de 51000 vers, Mathnawî. Il développe en de multiples versets les rencontres de Moïse et du Pharaon et il fait franchir subitement au lecteur ce passage en écrivant: «Moise et Pharaon sont dans ton propre être, il te faut chercher ces deux adversaires en toi-même» (versets III, 1252-1258. Editions du Rocher p. 604).

- La méditation juive demande une formation et d’en prendre le temps chaque jour, et même avant toute prière, comme en témoigne la phrase du Traité Bérakhote du Talmud, page 30b: “hassidim harichonim hayou choim chaâ a’hate oumitpallélim, les Sages qui atteignaient le niveau du grand amour envers Hachém passaient régulièrement une heure (le matin en préparation méditative) puis seulement priaient...”. On retrouve aussi cela dans la Michna 32 b de Bérakhote. Et, bien entendu, dans la tradition de transmission orale qui le développe pour la pratique.
- Les psaumes sont l’enregistrement et l’enseignement de cette pratique à partir de tous les états d’âme et de toutes les situations de vie.

- Ainsi, la méditation est l'assurance de réaliser ce qu'exige le plus grand écrit reconnu qui organise la pratique juive, le Chouk'hane aroukh: "il est interdit de prier sans cavana (sans intention orientée)". Il ne suffit pas de prier, il faut que les niveaux de notre être soient reliés à la cible et jusque dans les mots. Et dès le début de son Livre Ora'h 'hayim (1,4) il écrit: "tov néât ta'hanounim békhavana mi harbot béli cavana, il est mieux de faire peu de prières avec kavana que d'en surabonder sans cavana"). Et voyez tous les nombreux commentaires sur ces citations.
Cela repose sur les principes des Pères (Pirké Avotes, 2,13): "kéché ata mitpallél, al taâs téfilatékha qévâ, quand tu pries, ne fais pas de ta prière une chose fixe".

Lire ici ce qu'est la "cavana" ou intention orientée.

- Ainsi, la "méditation juive" est un mouvement sur une trajectoire dans lequel le sujet est relié à la cible de vie qui en est la source. Et non pas une seule technique qui serait limitée à un exercice lié à un temps de position d'immobilité, de concentration intellectuelle dans un style de type yoga. Nous verrons que cette erreur est dénoncée elle-même par les textes fondateurs du yoga.
Mais nous découvrirons que ce "mouvement sur une trajectoire", une fois bien compris et mis en oeuvre, peut et doit se vivre dans le judaisme, aussi bien dans la prière vécue avec "cavana", dans l'acte de l'action ou des sentiments ou des mots (ce sont les "mitsvotes" qui marquent de façon privilégiée ce lien au divin dans l'acte).
Il s'ensuit alors un état de "lien-contact-adhérence" dénommé "dévéqoute" dans le judaïsme. Et cela est mise en oeuvre, par exemple, dès l'instant de la mise des téfilines où nous disons sur chaque tour de téfilines sur le bras les mots du verset de la Torah dans Dévarim ou Deutéronome 4,4: "atém haddévaqim va Hachém Elokékhem 'hayim coulékhém hayom, vous qui adhérez à Hachém votre D;ieu, vous vivez tous aujourd'hui".
La vie est alors une conscience de "l'immédiateté" dans laquelle l'instant -dans sa forme particulière et limitée- est plein de la totalité. Pour en développer la compréhension nous en donnerons bien entendu les sources juives mais, à l'exemple de ce que nous enseignent de faire les Sages du Talmud, nous puiserons aussi dans les autres cultures antiques chaque fois qu'elles ont mis en valeur dans la Création l'une des dynamiques essentielles: par exemple, le yoga dans ses textes fondateurs antiques a défini avec précision ce qu'est cette immédiateté du "maintenant" (âta) qui est justement mis en valeur dans notre Torah aussi par ce même terme de âta.

Nous mettrons aussi en évidence, par notre traduction du livre de base de toute la culture antique persane (l'introduction au livre Shanamé ou Livre des Rois de Ferdowsi), cette capacité de ne pas tomber dans le piège trompeur de l'apparence de saisie intellectuelle envers le divin mais d'en trouver la forme de relation exacte. Des sources juives chantées, comme le Adon ôlam, le disent mais l'éventail en est davantage ouvert sur les mêmes termes dans cet apport d'une autre culture créée par D.ieu et qui a approfondi particulièrement ce point.

Certes, nos textes fondateurs sur la méditation comme les psaumes ou le livre Chaâré qédoucha que nous utiliserons beaucoup dans cette étude en parlent parfaitement mais notre étude passe une loupe sur ces textes pour les comprendre et cette loupe a parfois besoin de ces apports mis en valeur dans tout le travail de l'ensemble des peuples de la Création cherchant avec honnêteté et réussite à déchiffrer la Création. Le Talmud nous a montré comment la répartition des lumières entre les peuples est la grande symphonie de la mise en oeuvre de la volonté divine créatrice. Nous en aurons les références dans la suite du texte à partir de quelques textes constituant l'apport multimillénaire de ces civilisations sages et antiques et qui ne tombaient pas alors dans l'idolâtrie, comme ces peuples venaient aussi au Temple de Jérusalem en louange et reconnaissance éclairée. Le Temple est encore détruit mais nous pouvons en être le Temple vivant.

- Une fois cet ensemble de la méditation juive bien compris, il est rythmé dans chaque instant par l'acte même de la respiration qui est reliée à l'essentiel de l'âme et cela est traduit dans notre culture par le Roi David en son dernier verset qui manifeste la réussite de celui qui prie, par la conjonction du mot néchama (âme) et néchima (respiration). Nous développons donc ci-dessous ce qu'est la respiration juive.

- Nous comprenons par là qu'il y a véritablement une conception globale de la personne et de l'être et de la relation dans le judaïsme. En particulier une conception de ce qu'est le corps (lien) et le coeur (lien) et même l'art (lien). Tout cela constitue ce que l'on pourrait nommer une anthropologie juive, ou une psychologie juive, ou une ethnopsychologie juive.

- Concrètement, l'avancée dans la méditation comprendra l'action sur trois plans :
sur le plan des idées, un portail,
une centration dans une seule direction;
sur le plan du corps, que celui-ci soit en adéquation des circuits (nadis, postures ou asanas, mudras) et ne gêne nullement cette centration par une agitation ou dispersion (les techniques sont diverses pour cela, et la tradition du yoga rédigée par Patanjali en est la plus claire et la plus développée);
sur le plan de la rencontre intérieure: d'abord la capacité de centration, puis d'écoute, puis de rencontre et enfin d'avancée dans l'union.
Techniquement, la tradition indienne a nommée cette triple action par le concept de "yoga parfait" ("celui qui demeure en Moi en tout et pense toujours à Moi est un yogi parfait, yukta-tamah", Bhagavad Gita 6,47 et 12,2) où le mot "yoga" choisi pour cette technique signifie clairement en sanscrit "lien" et aucune autre chose et certainement pas "gymnastique de relaxation" comme le présentent mensongèrement de nombreux cours et associations de yoga en Occident.

- Il est donc clair que tous ceux qui assument des fonctions de conseil ou aide ou coaching ou formation ou psychothérapie ou psychanalyse ou éducation, etc. auprès de juifs ne peuvent pas du tout ignorer cette anthropologie juive qui inclut le fonctionnement psychique et toute une relation spécifique de l'être aux personnes et au monde, et en particulier les relations de sens et d'amour et de développement. Pour des "aidants", ignorer ces fonctionnements intra-psychiques serait simplement une méconnaissance professionnelle.

 

2. La méditation juive peut se résumer dans le parcours suivant lors de la pratique


1. une attitude globale de “l’ensemble de la personne”.
2. une attitude définie comme “l’écoute” (Chémâ Israël). Lien ici sur ce qu'est l'écoute juive.
3. une écoute “recevant tout l’ensemble de la réalité” depuis la Création et le Créateur et ne réduisant pas la réalité à telle ou telle dimension partielle, soi-disant nommée objective ou scientifique.
4. l’attitude de se retirer de la multiplicité apparente pour se relier à la seule “source” essentielle créatrice de la vie et avec laquelle nous sommes constamment en contact.
5. cette relation n’est pas une performance personnelle comme le ferait un sportif mesurant ses progrès de son moi, mais c’est une réception de la "seule perfection” qui est celle du Créateur et qu’il a bien voulu communiquer dès les premiers mots de la Torah. Cela est précisé clairement dans l’introduction de Chaâré qédoucha de R. ‘Haim Vital. C’est pour cela que nos textes parlent de la ânava (humilité) comme la qualité suprême et unique.
6. saisir ce lien direct comme “une présence et une présence relationnelle”. C’est pour cela qu’elle ne peut pas être enseignée à deux personnes simultanément (Traité ‘Haguiga du Talmud 2,1 et 11b).
7. ce cycle ne se réalise pas seulement dans des phases d’entrainement immobile dans le silence, mais il tend à devenir une dynamique de regard de tout l’être en toute relation et événement dans la réalité. Nous en développerons ci-dessous toute une pédagogie pratique.
8. ce cycle se caractérise comme la vie par une alternance (comme les vagues de mer, du coeur ou de la respiration, ou du jour et de la nuit, ou des saisons) qui fait que cet état se perd constamment et doit se reconstruire constamment, motif pour lequel les psaumes nous décrivent cette alternance constante chez le Roi David. Lire ici  notre étude approfondie sur la respiration juive.

Voici le texte de l’introduction de Chaâré qédoucha de R. ‘Haim Vital. Puisqu'il l'a écrite et diffusée, elle ne s'adresse pas aux élites rares et quasi prophétiques mais simplement au meilleur de chacun de nous-mêmes:

En voici la traduction. "J'ai vu des bné âliya (membres de la montée), et ils sont peu nombreux, qui sont assoiffés de monter et l'échelle prend sa montée depuis leurs yeux, et ils méditent dans les livres des anciens, pour chercher et trouver les chemins de la vie, la route où aller et l'action qu'il faut faire pour faire monter leur être vers la source d'en-haut et la faire adhérer au Très-Haut (qu'Il soit béni), car Il est la totalité (chélémoute) éternelle qui est le sujet des prophètes dont toutes les journées sont d'adhérer (dévéqoute) à leur Créateur, et par cette adhérance, l'esprit de sainteté (roua'h ha kodesh) règne sur eux, pour leur enseigner la voie où réside la lumière, pour éclairer leurs yeux dans les secrets de la Torah comme dit le Roi David, que la paix soit sur lui: "fais virer (gal) mes yeux pour que je puisse contempler les merveilles de Ta  Torah" (psaume 119,18). et pour les conduire dans la voie droite et les mener vers la ville de résidence (îr mochav) préparée pour eux avec les bné âliya (membres de la montée)".

Cette reférence et l'ensemble de son livre nous montrent que nous décrivons pas ici une théorie personnelle sur la méditation mais nous transmettons et avec rigueur l'enseignement de la tradition.
La seule citation du psaume nous indique bien qu'il s'agit d'un enseignement pour chacun de nous.
Ce mouvement simple et pur est celui de la méditation juive constante.

Ci-dessous, un passage nouveau et très important pour votre développement personnel:

Voici un mouvement intérieur qui décrit une à une 1) les marches du passage de l'extériorité habituelle à 2) la méditation qui est 3) seulement rencontre. Cela ressemble 4) à un poème, niveau vrai de l'intériorité. Car c'est toujours, 5) dans le coeur, 6) l'union du Cantique des Cantiques 7) réciproque 8) à reprendre continuellement.

La nuit illuminée

1
Nous sommes nuit d'obscurité
aux étoiles minuscules
et bien des nuages vont les cacher.
Nous sommes plantes et rochers
qui essayent et ne peuvent marcher
malgré leur immense beauté.
Nous fleurissons et le vent vient nous casser.

2
Il ne faut pas oublier
LA Présence qui nous fait exister.
Elle est ici immense, elle est puissante,
elle est bonté et proximité révélée.
Elle est constante, elle est baiser.

3
Il suffit de la recevoir et de l'écouter.
Alors commence le troisième couplet:

4
Le chant interne a la grandeur du Créateur.
Sa mesure, si nous le voulons, est dévoilée,
il suffit d'y être présent et de regarder.

5
La beauté du monde est Sa Présence donnée.
Celle, infinie, des femmes en diversité
est Son rayonnement et Sa pureté.
Il ne doit rien aux produits ni à la publicité.

Les peuples sont des fleurs, des lunes illuminées,
ils ne sont pas assez nombreux pour nous Le révéler.
Pourquoi les guerres, pourquoi les préjugés
quand nous sommes tous des étincelles diffusées
de l'infini de Son don présent et donné?


6
Il suffit de revenir au présent illuminé
en chaque instant, et de le respirer.

7
Ensemble, nous sommes Sa symphonie diffusée.
Kol hannéchama-néchima téhallel Ya, hallelouYa;
toute notre âme-respiration Te loue, Infinité.

 

Lire aussi ensuite la même dynamique de ces marches sur la page 2:  galerie de photos et de dessins-méditation pour la formation à la pratique de cette entrée dans la présence divine interne aux créatures autour de nous ou en nous.

Pour ceux qui seraient déroutés par cette découverte de la rencontre possible avec la dimension divine "dans" la créature, contactée et éprouvée comme dimension réelle, et contactée dans la relation consciente sans en faire une allégorie poétique, je leur propose de porter leur attention sur ces textes:

- qu'ils relisent le Cantique des Cantiques non comme des images poétiques envoyées par un amant à son aimée mais comme l'affirmation d'une réalité découverte de la présence divine sous ces formes d'êtres humains épanouis dans la Torah. Et relisez spécialement les versets 2,3 et 8,9: vous entendrez de manère nouvelle "dans le champ des pommiers tu es monté pour y cueillir des aromates". Réalité et divinité confondues.

- qu'ils relisent le Cantique Bar Yo'haï s'adressant aux étudiants de la Torah comme Isaïe 54,13 et leur disant en réalité "atséi chitim vous êtes des arbres d'acacias dresssés" comme l'Exode 26,15 avait besoin de ces arbres dans le sanctuaire. Et plus loin: "sod Torah ké tsitsim ou fra'him, Secret de la Torah comme les bourgeons et les fleurs", ce qui ne fait que reprendre les Nombres 17,23. Nous comprenons alors que le Roi David, dès le premier psaume compare celui qui vit son bonheur dans cette ligne à un "arbre" planté au bord d'un cours d'eau et qui, jamais, n'est détaché du flux de la vie.

- et tout acte vécu ainsi en méditation comme le souffle dans le chofar, ou la bénédiction du pain ou des enfants, ou l'eau sur les mains, etc, nous pouvons et devons y vivre les mêmes unions dans chaque acte, dans chaque présent, dans chaque respiration.
Et dans chaque mot de la prière.

Nous n'avons pas besoin d'entrer dans des sectes où on ne ferait accroire que là seulement un être particulier se trouve maintenant ou a fondé il y a quelque temps une lignée qui connaît des secrets faisant arriver magiquement le monde à sa maturation finale: cela ne serait que l'Egypte et ses magiciens dont nous sommes sortis ou le mythe qui est sorti du judaïsme pour fonder le christianisme sous de multiples formes de religions qui, chacune, dit que son prophète synthétise le judaïsme et tous les courants depuis et que donc la révélation est close avec lui seul. C'est une pathologie constante qui a émergée et continue depuis des siècles à partir du meilleur. La paracha Devarim nous met en garde contre tout cela (Lien).
Donc,  la proposition est à chacun de nous, tous, les petits. En chaque regard, en chaque sentiment, en chaque mot, en chaque respiration, en chaque acte, en chaque relation.

 

Qui est Ribbi  'Hayim Vital?

1. Il a écrit les textes de son maître qui est le plus grand cabaliste de l'ère moderne, le Ari zal, Ribbi Yits'haq Achkénazi ben Chlomo Louria, (1534-1572). Sa hiloula est  le 30 Nissane, 1e jour de Rosh 'hoddéche du mois de Iyar. Nous utilisons ici son livre Chaaré qédoucha qui retransmet l'enseignement du Ari, mais sous une forme très claire et très pédagogique, et il est spécialement centré sur notre propos.
Il précise bien la place de la méditation par rapport aux autres obligations ou pratiques ou enseignements du judaïsme. Nous vous retransmetrons ces différents points progressivement dans cette étude, de manière à ce que l'on ne parle pas ici d'une "pratique" mais d'un l'élément essentiel  parmi l'ensemble du système juif.

2. Son maître, le Ari, a transmis cependant de sa main 3 poèmes que l'on chante le Chabbate (lien ici).
Il est l' élève de R. Moshé Cordovero et maître de R. 'Hayim Vital. Il est enterré à Tsfate, Saféd.
Il est l'auteur de Ets 'Hayim et de nombreux ouvrages de cabala (caballe) rédigés par ses élèves, en plus de R. 'Hayim Vital. Il est enterré à Tsfate (Safed). Sa hiloula est le 5 Av..

3. Le 23 Tamouz, c’est la hiloula de R. Moché Cordovéro. Plus de 20 liens sur lui dans Modia (si vous écrivez son nom dans le moteur de Google en page d’accueil). En particulier, pendant le Omer, nous y etudions son livre, le Palmier de Dévorah.
http://www.modia.org/infos/calendrier/dp-omer.html
http://www.modia.org/infos/calendrier/tomerdevora.html
Ribbi Moché ben Yaaqov Cordovéro (1522-1570), fut l'élève de Rabbénou Yossef Caro nommé Marane par les Séfarades, (le grand maître en halakha et auteur du Choul'hane Aroukh mais qui était également un grand caballiste). Il fut aussi le maître de Ribbi Chlomo Alkabets, auteur du Lekha Dodi, le plus célèbre chant du Chabbate. Il futdonc le maître de Ribbi Yits'haq Louria, le Ari.
Ses livres les plus connus sont Pardes Rimonim (livre très spécialisé de caballe), Or Néérav (plaidoyer pour la caballe) et Tomer Dévora (livre de moussar, morale du comportement pour l'ensemble du public, fondé sur la compréhension de toute la Torah jusqu'aux niveaux les plus intimes et les plus élevés mais traduits en modèles clairs et simples de comportement interne et externe pour tout le peuple).
Il fut aussi le maître de R. de Vidas, l'auteur de Réchite 'Hokhma, bien utilisé sur le site: http://www.modia.org/priere/expliq4.html

Vous voyez par cela que votre étude est puisée ici aux sources les plus riches, les plus solides et n'a rien d'ésotérique. Que leur mérite nous aide.



3. Traditions de la méditation juive

Cette étude repose donc sur des millénaires de méditation juive, inscrite dans la Torah, les prophètes, les commentaires et enseignements des Sages, et ils nous ont montré, spécialement dans leurs commentaires des psaumes depuis David soi-même, qu’il y a dans ces psaumes des techniques millénaires très précises de méditation, de spiritualité, de développement de l’être complet dans toutes ses dimensions et accomplissant la Torah. Les auteurs sont multiples au cours de nos quatre millénaires et ne sont pas présentés ici car ils demandent de nombreux degrés de formation dans cette étude, mais ils sont la source étudiée et connue en direct et sérieusement de ce texte. Les des grands rénovateurs sérieux de la diffusion traditionnelle de la méditation fut le Rav Arieh Kaplan dans ses différents ouvrages. Je ne présenterai pas ici ce que disent de la méditation des courants particuliers plus récents. Restons-en aux sources premières.

La pratique au cours des âges fut variable, et nous ne sommes pas dans une des périodes les plus pauvres ni les plus riches en ce domaine.
La méditation juive traditionnelle ne fut pas et n’est pas une technique de gymnastique, ni une technique mentale de contrôle de la pensée, ou de fuite de la réalité concrète, ni une philosophie éthérée, ni l’appartenance à une école ésotérique.
La méditation juive est une voie de rencontre et de maintenance de la rencontre avec le fondement vivant de la source de l’être. Et, pour nous Juifs, elle va depuis ce mouvement mis en route chez nous par nous-même jusqu’à l’étape suivante, qui est celle de la révélation.
La méditation juive n’abolit donc pas du tout les sagesses antiques de méditation mais elle y apporte un plus que fut la révélation supplémentaire à Avraham, à Moïse, celle du Sinaï et particulièrement le manuel précis que nous en a donné le Roi David.
C’est aussi et surtout l’expérience guidée par la tradition et des maîtres compétents qui peut en donner la pratique. Car il ne s’agit pas seulement d’une étude intellectuelle. Les commentaires des psaumes par les Sages authentiques en sont la voie.


4. Points communs et différents dans les traditions juives et autres


Dans l’étude et dans la pratique, nous voyons qu’il y a parfois des points communs avec des techniques millénaires de développement et de spiritualité utilisées dans d’autres peuples. Mais il n’y a pas d’identité car chaque civilisation a ses spécificités.
Cependant, n’oublions pas d’où vient Avraham, d’où vient toute l’humanité, depuis un seul être Créateur et un seul créé, Adam.
Et le Talmud nous dit
- de prendre ce qu’il y a de bien dans les autres peuples et non pas ce que nous faisons souvent: d’en prendre seulement le mal.
- de reconnaître que le Créateur a réparti chez l’homme fait à Son image des qualités privilégiées à chacun des peuples.
- que les membres du Sanhédrine dialoguaient constamment avec les autres peuples et ils étaient capables de le faire en 70 langues.
- que les peuples venaient aussi jusqu’au Temple, y offraient offrandes et sacrifices et tous les rois de la terre voulaient posséder une maison sur la terre du Saint, béni soit-Il.
- que nos Sages, de génération en génération, nous ont enseigné ce que je viens d’approfondir.

Ne nous étonnons donc pas ici de la référence faite parfois à quelques termes précis et bien définis et bien connus dans la tradition cognitive mondiale et qui peuvent être utiles pour mieux définir des mouvements intérieurs. La tradition juive n’a jamais hésité en cela. Ce n’est pas par jonglage, confusion ou facilité mais par souci de rigueur et dans la tradition de ce que nos Sages nous enseignent avec un immense respect quand ils disent: “hassidé oumote haôlam yéch lahém ’héléq ké ôlam habba, les Sages proches de l’amour divin qui sont dans les nations du monde ont une part dans le monde à venir”. Vous trouverez ces enseignements dans les sources suivantes: Tossefta du Traité Sanhédrine 13a, Rambam Maïmonide dans Hilkhotes téchouva 3,8 et autres livres qui en découlent.

Il ne suffit pas, cependant, de faire des liens allusifs aux mots techniques précis de certaines traditions de méditation mais, quand je précise parfois des liens conceptuels, cela repose ici sur une connaissance directe de ces sources antiques autres que la nôtre et directement dans leurs textes et commentaires dans leur langue originale que j’ai étudiée pour cela jusqu’à cette capacité de les comprendre en leurs nuances linguistiques, travail approfondi commencé il y a cinquante ans auprès d’enseignants reconnus et que j’ai déja commencé à insérer dans ma thèse de Doctorat d’Etat il y a plus de vingt ans. Cette approche, en plus de la tradition juive continuellement, et de l’approche ethnopsychologique et ethnopsychanalytique, je l’ai travaillée sérieusement et directement dans les sources textuelles ad hoc en sanscrit, persan, arabe et autres traditions.
Donc, jusqu’à un certain point de recherche, la "trajectoire" est la même chez les grands Sages de plusieurs traditions, même si les ignorants (chez eux comme chez nous) peuvent tomber dans l’idôlatrie dont les grands Sages ne sont pas dupes.
Mais la "rencontre finale de l’être nommé" n’est pas la même, et sa "révélation" n'est pas la même, que cela soit bien clair.




5. Pédagogie, de l’étude à la pratique (et du faire à l'être).

Plan

6. - 1e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par l'imagination: le mot “chiviti”.

7 - 2e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par l'enseignement du Roi David et des prophètes qui nous fait aboutir à la rencontre essentielle dans la méditation juive (expression et démonstration ici par photos et le commentaire sur l'axe de ce regard).

8. - 3e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par le regard par les émotions: l'alternance dans les psaumes du Roi David.

9. - 4e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par le regard par le Pérek Chira, qui aboutit à la rencontre dans la méditation juive (pédagogie: lien exprimant, démontrant, enseignant ici par photos et par le commentaire sur l'axe de ce regard).

10. - 5e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par la respiration (lien).

11. - 6e dynamique. La pratique du mouvement poétique du coeur par les mots qui aboutit à la rencontre dans la méditation juive (expression et démonstration ici par poèmes et pensées). Nous l'avons démontré par cet article. Mais reportez vous aussi à l'ensemble de nos poèmes, en ce sens (Lien).

10. - 5e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement du coeur à travers la respiration (lien).

11. - 6e dynamique de la méditation juive. La pratique du mouvement poétique du coeur à travers les mots (expression et démonstration ici par poèmes et pensées). Nous l'avons démontré par cet article. Et reportez vous aussi à l'ensemble de nos poèmes, en ce sens (Lien).

12. Tout se joue dans le "maintenant, ata", présentation et commentaire sur le Yoga Sutra de Patanjali, qui apporte beaucoup pour nous rendre sensible à des dimensions essentielles dans la méditation juive.

13. Si nous pouvons "connaître" le divin par la méditation juive, quelle est cette forme de connaissance? La méditation mène à "une connaissance qui est inconnaissance". Elle n'est pas intellectuelle mais c'est une rencontre très particulière. Et, en ce sens, traduction de l'introduction du Shahnameh de Ferdowsi.

14. Exercices d'entrainement à la méditation juive à partir de la relation au réel (nature, choses, personnes, action) en utilisant notre sensibilité au réel-créé dans sa beauté qui est directement reliée à la Beauté créatrice diffusée par la présence divine.  (Plusieurs pages de galeries de photos à cet effet).

6. - 1e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par l'imagination:

Le mot “chiviti

Preuves dans les psaumes:

- le verset du psaume 16,8 “chiviti Hachem lé negdi tamid (traduction: je m'imagine que Hachém est devant moi toujours)” est un tamid (toujours) permanent qui se reproduit constamment qui se répète et crée le temps de cette rencontre. C’est un 1 qui est 2 comme la rencontre, comme la lettre hébraïque yod qui correspond à notre lettre i et est aussi un chiffre en hébreu, chiffre dont la valeur est en lecture simple le chiffre 10 mais il est également 20 par la guématria de toutes ses lettres écrites ainsi yod vav dalet. Et on pourrait aussi se dire que ces trois lettres du yod sont les trois mots et mouvements de la respiration: l’aspiration, l’expiration et la latence.

- le psaume 23 qui est un apaisement complet et stabilisé, même devant les ennemis.

- le psaume 119
C'est une longue mantra qui déploie et répète en d’autres mots ce verset du psaume 16, 8: chiviti Hachem lé negdi tamid, et il résume toute la Torah dans son essence la plus parfaite qui est une rencontre avec D.ieu.
Elle le réalise dans ce psaume par une répétition de 8 versets pour chacune des 22 lettres de l’alphabet, ce qui donne 176 versets ou respirations.
8 (versets) est un chiffre pair et donc double, comme la respiration; et c’est un chiffre parfait car il est au delà de la nature de la semaine qui est composée de 7 jours; et le chiffre 8 est comme le 8 de la victoire de Hanouka assurée par cette rencontre extra-ordinaire avec Hachém.
Alors, ici, le rythme respiratoire est totalement régulé et cela pendant la durée de 176 respirations ou versets. Cette respiration totalement régulée, c’est l’état de "pranayama" dans le yoga.
Et le fait que les 176 versets décrivent tout l’enseignement de la Torah montre que l’être de celui qui s’exerce ainsi à ce moment-là, atteint là le niveau de connaissance parfait et calme qui est nommé "vidya" dans le yoga, et il atteint alors une qualité de perception de la vérité totale qui est la perception de la vérité spirituelle ou "rta prajna". Ces termes sont des précisions d'outils conceptuels et non pas la définition du contenu.

- le psaume 150.
Il est l’aboutissement complet de tous les psaumes. Et nous parvenons alors à un phénomène particulier qui nous concerne fortement ici car le dernier verset de ce psaume est aussi le dernier de tous les psaumes et donc la plénitude de tout le psautier. Et il dit: “kol ha néchama téhallel Ya hallélouya”, et les Sages disent: “kol ha néchima, toute la respiration” et non pas seulement "toute la néchama-âme. Ce lien n'est donc pas de nous.
Ainsi, tout ce que nous avons dit est clairement précisé et confirmé.
Ce sommet est, dans d'autres courants et en ce qui les concerne, l’état de "kaivalya", stade ultime du yoga et liberté atteinte. Alors, il n’y a même plus place pour la dispersion et l’irrégularité de la respiration. C’est un état de bonheur, de bien-être, de confort et de légéreté nommé "sukha" dans le yoga.
Le Roi David, comme un univers entier cité dans les versets de ce psaume, parvient à sortir des alternances douloureuses et vit alors d’une seule source, d’une seule joie et lumière; cette forme d'orientation centrée de la pensée se nomme "dharana" dans le yoga. Encore une fois, je ne compare pas les contenus mais la formulation des stades.
Les composantes de l’univers invoquées par le Roi David dans ce psaume (relisez) sont aussi une image des différentes composantes de son être et de son corps.
Alors, l’énergie, l’énergie bonne et unique circule comme un bon vent dans tout le corps, c’est la "vyana-vayu" dans le yoga.
Il n’y a plus ce blocage interne à la circulation de l’énergie que l’on nomme "kundalini", ni la confusion et l’incohérence dans les mouvements de l’énergie interne aussi bien au niveau de la pensée que des sentiments, émotions et vécus corporels que l’on nomme "viksipta" dans le yoga, et qui se rencontre avec précision dans la douleur au massage de relaxation, de psychothérapie, de développement, ou dans les douleurs corporelles.

Je reviens sur le psaume 119:
J’ai recherché le sens de cette respiration régulière au long de ces versets en nombre pair, et qui avancent en une mantra de 176 mouvements, dans ce rythme du psaume qui est l’arrivée à l’état stabilisé et vivant de l’union divine. Je ne peux pas être sûr de la valeur de ce que j’avance mais il y a des probabilités; en tous cas, cela vient de mon coeur.
Je me suis souvenu que le Ari zal, donne le sens de la guématria 176 dans le Chaar hakkavanotes, Dérouché kavanotes de la Qriate Chéma Yisrael, Darouch Vav, sur le pérouche de “Barouk Chem Kevod Malkhouto lé ölam vaed” (page 159 pour s’y reporter). Ce nombre 176 est la guématria du mot hébraïque “léôlam (pour toujours)” et c’est le prolongement des lettres vav hé du nom de Hachem nommé “chem ha méforash” et c'est aussi -dans les concepts du Ari- comme l’union de ce que représentent à ces niveaux Léa et Rahel. S’y reporter car je ne peux pas décrire tout cela ici. Et il faut de longues études sur ces concepts pour ne pas se tromper lourdement sur leur sens.
Et la beauté de cette union est décrite par le Ari quand il le synthétise par allusion en ce qu’est le magnifique verset de Michlé 22,4: “êqev ânava yireate Hachem, ochér vé khavod vé ‘hayim; fruits de l’humilité, crainte de Hachém: richesse et honneur et vie”.
J’indique que ce mot “êqev”, dans ce verset, indique une logique certaine; “ânava” indique la qualité de l’attitude qui assure l’union; “ânava yireate Hachém” au lieu de “ânava vé yireate Hachém” indique bien qu’il y a union entre nous qui nous centrons vers Lui, et Lui Hachém; et les trois mots suivants “ochér vékhavod vé‘hayim (richesse et honneur et vie)” sont le bonheur accompli et sont, me semble-t’il, constitués de 13 lettres, ce qui est la guématria de “ahava, amour”. Je trouve cela dans l’innocence de mon coeur et que D.ieu me pardonne si je me suis trompé.

Mais il est probable que j’ai bien écouté l’inspiration de ces enseignements car, en ce niveau donné par le Ari zal, on trouve justement aussi ce “êqev” dans le psaume 119 aux versets 33 (“horéni Hachém dérékh ’houqéikha véétsaréna êqev, enseigne-moi le chemin de Tes préceptes les plus élevés, j’en suivrai toujours les traces sûres”) et au verset 112 (“natiti libi kaâssote ‘houqéikha kéôlam vaêd, J’ai incliné mon coeur à accomplir tes préceptes les plus élevés, pour toujours jusqu’en leurs traces dernières”). Et nous avons ainsi retrouvé là aussi ces deux mots auxquels faisait allusion le Ari, zal.
Cette technique de concentration ou de centration totale sur un seul axe ou object se nomme, en ce qui les concerne, "samyama" dans le yoga.

Examinons ce “toujours stable en cet état”:
le verset du psaume 16,8 “chiviti Hachem lé negdi tamid”. C’est la technique parfaite de la méditation juive, du yoga juif qui est très particulier, et cette relation vécue quand le travail avec le maître qui enseigne et Hachém arrivent à ce niveau d'une relation de gourou-gourou triangulaire avec Hachém.

 

Le mot “chiviti” comporte simultanément plusieurs dynamiques

Examinons ce mot très particulier: chiviti. C'est:
1- l’idée de technique imaginative qui se représente devant les yeux par l’imagination (sens de dima, taer, hitsig), comme dans notre psaume 119,30 (dérékh-émouna va’harti Hachém, michpatéikha chiviti, Le chemin de la fidélité j’ai choisi, j’ai placé devant mes yeux Tes jugements miséricordieux”). Nous rencontrons là la technique visuelle de méditation très pratiquée dans toutes les spiritualités basées sur des traditions multi-millénaires qu’a connues Avraham, et dans la cabale qui visualise dans ce verset avec permanence les 4 lettres du nom divin comme le Ari le recommande par exemple dans Ets ‘hayim, Chaâr Roua’h ha qodéch page 4-5).
Dans le judaïsme, cette permanence de la représentation visuelle est souvent citée, par exemple
- dans Dévarim 28, 10 “tous les peuples de la terre verront que le nom de Hachém est associé au tien et ils te redouteront” et cela est repris par le Traité Sota du Talmud page 17a. Ou bien quand il est dit que le roi d’Israël doit avoir constamment un Séfer Torah avec lui et le Traité Sanhédrine 21b insiste sur cela. De même, la “présence qui relie” est montrée dans le collier ‘hochén du Cohen gadol, le Grand Prêtre.

2- l’idée de ce qui est bon et recommandé (“raouille”), comme souvent dans le Livre d’Esther (3,8; 4, 13; 7,4), Livre divin où il s’agit de l’intérêt qu’il y a dans l’union entre le Roi et nous.

3- l’idée que l’on égalise et parfait la réalité de base comme en Isaïe, Yéchaya 28, 25.

4- l’idée d’une comparaison qui rend égal à l’autre, comme en Isaïe, Yéchaya 46, 5: “lé mi tédamiouni vé tachvou, à qui en imagination vous Me compareriez”).

5- tout cela que nous avons dit jusqu’ici est rassemblé dans le verset parfait qui explique la technique de la méditation juive par le verset “chiviti” du verset du psaume 131, 2: “éim-lo chiviti védomamti nafchi; au contraire, j’ai apaisé et fait taire mon être”… mais il me faut citer tout ce psaume très court qui résume tout l’objet de cette étude:
“Cantique des degrés. De David.
Hachém, mon cœur n’est pas gonflé d’orgueil, mes yeux ne sont pas altiers.
Je ne recherche pas des choses trop élevées pour moi, au-dessus de ma portée.
Au contraire, j’ai apaisé et fait taire mon être; tel un enfant sevré, reposant sur le sein de sa mère, tel un enfant sevré, mon âme est calme en moi.
Qu’Israël mette son attente en Hachém, désormais et pour l’éternité! ”
et ce dernier mot du psaume est celui dont nous avons parlé: “véâd-ôlam, et pour toujours”. Union totale et définitive.

6- et cela se confirme encore dans l’autre sens de chiviti comme don (psaume 21, 6) qui décrit les dons que reçoit le roi de la part de D.ieu: “Gadol kévodo bichouatékha, hod véhadar téchavé âlav, Grande est sa gloire au Roi, grâce à Ton salut, Tu lui as donné splendeur et beauté”.

Nous comprenons maintenant pourquoi les psaumes de David nommés “téhilim” ne comportent pas seulement le sens bien connu de “louanger” mais aussi la signification de “s’embellir” et “d’éclairer au point que l’être plein de cette lumière est comme vide de soi-même”. Tous les Sages grands commentateurs y insistent:
- s’embellir: comme dans les versets suivants des psaumes où il y a ce mot (32,3; 52;3; 63;12; 97,7; 106,5); et surtout le verset de l’union mystique en 34,3: “baHachém tithalél nafchi, yichméou ânavim véisma’hou, mon être s’embellit en Hachém; que les humbles l’entendent et se réjouissent” où nous retrouvons l’allusion à l’humilité, ânava qui est la condition de la réceptivité totale.
- éclairer: comme le dit Yov (29,2-3):”khméi Eloqa yichméréni, béhilo néro âléi rochi, en ces jours où Eloqa me protégeait, où sa lumière brillait et éclairait sur ma tête”. Cette présence que nous rencontrons donc par cette activité de relation de présence présente est très puissante. Au point que c’est ce même mot que Yov (Job) emploie en 31,26 pour la lumière du soleil: “im éreé-or” ou quand il parle du Léviathan, cet être unique au monde dont “les éternuements font jaillir la lumière (“âtichotav tahél or”); et le prophète Isaïe emploie ce même mot référant aux psaumes quand il parle de “la lumière des étoiles et constellations” (“ki khokhévéi hachamayim oukhésiléihem lo-yahéllou oram”.
- l’être plein de cette lumière est comme vide de soi-même:
comme David le dit dans le psaume 109,22: “ki-âni vééviyone anikhi vékibbi hakak béqirbi. Je suis en effet pauvre et misérable et mon coeur est déchiré en moi”.
Ce sens rejoint, comme la qualité de “ânav”, humble, l’autre qualité identique de “tam” qui n’est pas le naïf débile mais celui qui -par naîveté volontaire- veut être intègre, droit et vit dans la vision face à Hachém. Et celui qui sera droit verra ainsi celui qui est un “tam”, comme tel, à son tour: “chémar-tam ouréé-yachar ki-a’harit léish shalom, observe l’homme intègre, regarde le juste, certes il y a une postérité pour l’homme de paix” (psaume 37,37 et tout ce psaume est consacré à cela). S’y reporter.

Bouclons la boucle de toute cette relation dynamique avec D.ieu dans le “chiviti” et dans les psaumes de respiration dans la plénitude de la méditation juive, du yoga juif si l'on peut dire pour souligner l'importance de la méditation juive spécifique, en la reliant à ce qui en est la source: la Torah, dans le verset qui représente ces thèmes par la racine du mot “tam”, en Dévarim 18;13: “tamim tiyé îm Hachém Elokékha, reste dans une relation pure et entière avec Hachém ton D.ieu”.


7. - 2e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par l'enseignement du Roi David et des prophètes
qui nous fait aboutir à la rencontre essentielle dans la méditation juive (expression et démonstration ici par photos et le commentaire sur l'axe de ce regard).

Nous allons exposer ce mouvement de la méditation juive, caractérisée comme nous l'avons définie plus haut, et qui est une réaction du coeur devant la présence de D.ieu dans la nature. Le terme qui est utilisé pour cela, en hébreu, est "maâsséi Eloqim (les oeuvres de D.ieu)". Et un immense enseignement est centré là-dessus dans toute la Bible et le judaïsme ne se résume donc pas à des pratiques imposées ni à des interdictions d'actions. Voici des exemples.

Dans Qohélète (l'Ecclésiaste) 7,13 l'enseignement de la méthode de "voir" est clairement indiqué: "Réé ét maâsséi haElohim (regardez les oeuvres de Celui qui est D.ieu)". Et cela est pratiqué par le Sage en 8,17: "véraïti ét kol maâssé haEloqim, (et j'ai regardé et vu toute l'oeuvre de Celui qui est D.ieu").



(Toutes photos de l'auteur de cette étude, dans ce regard)


Et le prophète Isaïe (60,21) va appliquer cela jusqu'à la Création du peuple juif, peuple de D.ieu: "(Mon peuple) maâssé yadaï lé itpaér, (Mon peuple) oeuvre de Mes mains dont je suis fier".
Et le prophète Isaïe nous montre qu'il a parfaitement adopté cette attitude de méditation constante car il dit en 64,7: "ou maâssé yadékha koulanou, (et l'oeuvre de Tes mains, nous le sommes tous)".

Mais le prophète Isaïe va plus loin et semble tempêter contre ceux qui en resteraient enfermés dans l'étude des livres ou dans les jouissances superficielles et qui ve lisent pas la réalité de la présence divine: "Hachém-Tsévaote a dit à mes oreilles... malheur à ceux... qui ne font pas attention à l'oeuvre de Hachém, n'ont pas d'yeux pour l'oeuvre de Ses mains. C'est pour cela que mon peuple ira en exil, faute d'intelligence, que ses nobles seront la proie de la faim, que... Ainsi l'homme sera déprimé et le mortel humilié et les yeux des orgueilleux seront abaissés" Isaïe 5, 9-17. Ce manque du regard juste jusqu'à la source entraine une ruine totale parce qu'il nous déconnecte de la VIE. Et ce n'est pas une punition ni une vengeance de D.ieu.


Cela étant maintenant clairement posé et compris, nous pouvons l'étudier dans les psaumes.

Le psaume 19 est un excellent prototype d'enseignement sur notre propos de découvrir par quelle attitude on se relie à D.ieu dans la méditation: tout ce qu'il enseigne sur cela commence par l'observation de la nature et delà on va jusqu'à rencontrer l'intimité divine qui "illumine les yeux, méirate ëinayim" au verset 9. On peut maintenant lire ce psaume si beau qui nous fera franchir toute cette trajectoire.

"1. Au chef des chantres. Psaume de David. 2 Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre de ses mains. 3 Le jour en fait le récit au jour, la nuit en donne connaissance à la nuit. 4 Point de discours, point de paroles, leur voix ne se fait pas entendre. 5 Sur toute la terre s’étend leur harmonie, et leurs accents vont jusqu’aux confins du monde, là où Dieu a assigné une demeure au soleil. 6 Celui-ci, pareil au jeune époux sortant de sa chambre nuptiale, se fait une joie, tel un héros, de parcourir sa carrière. 7 Son point de départ est à l’extrémité des cieux, son orbite embrasse leur étendue: rien ne se dérobe à sa chaleur. 8 La doctrine de Hachém est parfaite: elle réconforte l’âme. Le témoignage de Hachém est véridique: il donne la sagesse au simple. 9 Les préceptes de Hachém sont droits: ils réjouissent le cœur. Le commandement de Hachém est lumineux; il éclaire les yeux. 10 La crainte de Hachém est pure: elle subsiste à jamais. Les jugements de Hachém sont vérité: ils sont parfaits tous ensemble; 11 plus désirables que l’or, que beaucoup d’or fin, plus doux que le miel, que le suc des rayons. 12 Aussi ton serviteur les respecte-t-il avec soin: les observer est d’un haut prix. 13 Qui peut se rendre compte des faux pas? Laisse-moi indemne des [fautes] cachées! 14 Plus encore, préserve ton serviteur des fautes volontaires, qu’elles n’aient pas le dessus sur moi! Ainsi je me rendrai parfait et pur de grands péchés. 15 Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur soient agréables à tes yeux, Hachém, mon rocher et mon sauveur!"

Le psaume 90 reprend cet axe de la méditation sur les oeuvres qui nous ouvre visuellement au niveau divin puis l'interaction de coexistence et notre insertion dans cette oeuvre globale qui  devient nôtre; observez bien tous ces points, toutes ces étapes que fait franchir la méditation:

"16 Que tes œuvres brillent aux yeux de tes serviteurs, ta splendeur aux yeux de leurs enfants! 17 Que la bienveillance de Hachém, notre Dieu, soit avec nous! Fais prospérer l’œuvre de nos mains; oui, l’œuvre de nos mains, fais-la prospérer. "



Et, dans le psaume 86, 8 un éclaircissement apparaît au niveau de cette rencontre des oeuvres: cette rencontre est différente de celle que les autres méditations de philosophie, des cultures ou religions -dans leur sagesse non contestée par le psaume- appellent divinités:
"Personne, parmi les divinités, n’est comme toi, Seigneur; rien n’égale tes œuvres".


Ici, étude de ce psaume 86


Le psaume 107 nous fournit un exemple de personnes qui accomplissent tout ce parcours depuis "les oeuvres"visibles et se branchent dans la méditation et cela les emmène "jusqu'au terme désiré de leur voyage", terme divin de l'union divine:

"24 Ils voyaient, ceux-là, les œuvres de Hachém, ses merveilles dans les profondeurs de l’océan. 25 Il parlait, et faisait souffler un vent de tempête qui soulève les vagues. 26 Ils montaient jusqu’au ciel, descendaient dans les abîmes; leur âme se fondait dans la souffrance. 27 Ils dansaient, ils titubaient comme l’homme ivre; toute leur sagesse était réduite à néant. 28 Mais ils crièrent vers Hachém dans leur détresse: il les sauva de leurs angoisses. 29 Il transforma l’ouragan en une brise légère, et les vagues apaisèrent leur fureur. 30 Ce fut une joie pour eux de voir renaître le calme; Dieu les conduisit au terme désiré de leur voyage. 31 Qu’ils rendent grâce à Hachém pour sa bonté, pour ses miracles en faveur des hommes!"



Alors, le psaume 103, 22 incite ltout l'être à aller plus loin encore que la conscience et l'union mais à vibrer en bénédiction:
"22 Bénissez Hachém, vous, toutes ses créatures, dans tous les lieux où s’étend son empire. Bénis, mon être (néféche), Hachém! "

Le psaume 104, 13 et 24 nous fait découvrir la conscience de la vie divine nourrissant le monde (dynamique nommée "les oeuvres divines"):
"13 Du haut de ta résidence tu arroses les montagnes, la terre est nourrie du fruit de tes œuvres. "
"24 Que tes œuvres sont grandes, Hachém! Toutes, tu les as faites avec sagesse; la terre est remplie de tes créations."

Le psaume 111 nous enseigne encore sur un point capital: n'en restez pas à l'étude intellectuelle des textes religieux mais vous avez l'obligation de regarder et d'atteindre D.ieu par cette méditation:
"2 Grandes sont les œuvres de Hachém, digne objet d’études pour tous ceux qui s’y complaisent."
C'est un camouflet pour les "soi-disants religieux" qui méprisent  les sciences qu'ils nomment profanes et qui traitent de la connaissance du monde, c'est qu'ils ignorent ces enseignement de la Torah et n'atteignent pas l'intériorité de la présence divine dans Ses oeuvres. Et, en plus, ils méprisent ceux qui le réalisent. On ne s'étonne plus des colères des prophètes. 

Le psaume 92 l'affirme clairement sans y mettre de gants:
"6 Qu’elles sont grandes tes œuvres, Hachém, infiniment profondes tes pensées! 7 L’homme dépourvu de sens ne peut savoir, le sot ne peut s’en rendre compte".


Le psaume 106 montre les dangers de cette ignorance :

"13 Bien vite ils oublièrent ses œuvres; ils ne mirent pas leur attente dans ses desseins. 14 Ils furent pris d’ardentes convoitises dans le désert, et mirent Dieu à l’épreuve dans la solitude. 15 Il leur accorda ce qu’ils réclamaient, mais envoya la consomption dans leurs organes."

Le Roi David remet donc les pendules à l'heure dans le psaume 111:
"7 Les œuvres de Ses mains sont vérité et justice, tous ses préceptes sont infaillibles. 8 Ils sont inébranlables pour toute l’éternité, marqués au coin de la vérité et de la droiture".

Le psaume 139 nous montre le Sage heureux et remerçiant d'une telle réussite de sa méditation qui lui fait vivre tant de richesses:
"14 Je te rends grâce de m’avoir si merveilleusement distingué; tes œuvres sont prodigieuses, mon être (néféch) le sait parfaitement."


Le psaume 145 reprend tous les thèmes de cette trajectoire de cette méditation sur les oeuvres et déploie la jubilation et la louange qui éclate à l'apogée de cette trajectoire et qui retentit dans tous les sentiments de l'existence concrète de façon positive:

1 Hymne de David. Je veux t’exalter, ô mon Dieu, ô Roi, bénir ton nom jusque dans l’éternité. 2 Chaque jour je te bénirai, je célébrerai ton nom à jamais. 3 Grand est Hachém et justement glorifié, sa grandeur est sans bornes. 4 Une génération vante tes œuvres à l’autre, et proclame tes hauts faits. 5 La splendeur de ta glorieuse majesté, le détail de tes merveilles, voilà ce que je veux exposer. 6 Tous célèbrent la puissance de tes prodiges, et moi aussi je veux annoncer ta grandeur. 7 Ils ne tarissent pas sur la gloire de ta grande bonté, et ils chantent ta justice. 8 Clément et miséricordieux est Hachém, tardif à la colère et abondant en grâce. 9 Hachém est bon pour tous, sa pitié s’étend à toutes ses créatures. 10 Toutes tes œuvres te louent, Hachém; et tes fidèles adorateurs te bénissent. 11 Ils célèbrent l’honneur de ta royauté, et disent ta puissance, 12 pour faire connaître aux fils de l’homme tes hauts faits et l’éclat glorieux de ton règne. 13 Ta royauté remplit toute l’éternité, et ta domination se prolonge d’âge en âge. 14 Hachém soutient tous ceux qui tombent, et redresse ceux qui sont courbés. 15 Tous les yeux se tournent avec espoir vers toi, et, toi, tu leur donnes leur subsistance en temps voulu. 16 Tu ouvres la main et rassasies avec bienveillance tout être vivant. 17 Hachém est juste en toutes ses voies, et généreux en tous ses actes. 18 Hachém est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’appellent avec sincérité. 19 Il accomplit les désirs de ses fidèles, entend leurs supplications et leur porte secours. 20 Hachém protège tous ceux qui l’aiment, mais il anéantit tous les impies. 21 Que ma bouche dise les louanges de Hachém, et que toute créature bénisse son saint nom à jamais!"


Alors, apparaissent en toute clarté deux conclusions:

1. Dans les Proverbes (Michlé 16,3) c'est le mouvement inverse de tout ce que nous avons réalisé dans la méditation qui en découle comme une cascade, concernant nos oeuvres:
"Remets le succès de tes œuvres Hachém, et tes projets s'en trouveront affermis."

Un changement d'objectif en découle dans l'existence qui devient une "vie" intégrant ces dynamiques des "oeuvres" véritables, et le psaume 118,17 l'exprime: " Je ne mourrai pas, mais je vivrai, pour proclamer les œuvres du Seigneur. "


(Toutes photos de l'auteur de cette étude, dans ce regard)


8. - 3e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par le regard par les émotions

L'alternance dans les psaumes du Roi David:
Situons ce "mouvement poétique du coeur par les mots" dans le vécu quotidien qui est vivant comme la confusion des vagues qui alternent depuis les profondeurs jusqu’à l’écume de la surface.
J’y ai été longtemps impressionné
- par les alternances de versets dépressifs ou tragiques ou de sentiments d’être abandonné et menacé, avec par ailleurs les versets de confiance et calme et louange et présence à D.ieu.
- par le fait que les versets tragiques sont souvent plus nombreux que les versets de calme et confiance et présence.
- par le fait que la rechute semble continue spécialement dans les psaumes autour du numéro 50 et on peut vérifier cela en comptant ces deux circulations en sens contraires.
- par le fait qu’il y a quand même quelques versets ou passages stables
comme le verset du psaume 16, 8: chiviti Hachem lé negdi tamid,
comme le psaume 23 ou le psaume 119 ou le psaume 150 qui sont stabilisés dans le bonheur.


Je suis arrivé à l’hypothèse suivante à partir de la pratique de ces psaumes dans le contexte du travail de développement personnel holistique réalise dans la présence à Hachém selon la Torah.
Cette alternance non régulière, où l’un des mouvements est surabondant, cahotique, avec quelques instants passagers de calme seulement, est en fait une respiration souffrante de tout l’être et particulièrement de la respiration physique réelle.
Quand cette respiration commence à se régulariser, alors il y a le passage à un autre niveau qui donne une impression intérieure d’unité. Mais cela semble alors bizarre car la respiration n’est pas unique mais double (aspiration-expiration et ce mot "expiration" est avec justesse terrible en français) et elle ne peut pas être un seul mouvement d’élévation continue mais devient au contraire une simple alternance régulière.
En fait, ce problème n’existe pas car ce qui est discontinu c’est uniquement le bien être mais l’alternance reste continue par le simple fait de la récitation de versets successifs des psaumes et elle peut réussir à maintenir simultanément une présence à ce qui est la source de vie.

9. - 4e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par le regard

par le Pérek Chira, qui aboutit à la rencontre dans la méditation juive (pédagogie: lien exprimant, démontrant, enseignant ici par photos et par le commentaire sur l'axe de ce regard)


10. - 5e dynamique. La pratique du mouvement du coeur par a respiration (lien vers cette page)



11. 6e dynamique. La pratique du mouvement poétique du coeur par les mots

qui aboutit à la rencontre dans la méditation juive (expression et démonstration par poèmes et pensées). Nous l'avons déjà démontré partiellement par le début de cet article. Mais reportez vous aussi à l'ensemble de nos poèmes, en ce sens (Lien vers cette page).


Cette étude a pris un axe particulier, celui de montrer qu’il y a dans les psaumes des techniques millénaires très structurées et très précises de méditation, de spiritualité, de développement de l’être complet dans toutes ses dimensions.
Et c’est l’expérience guidée par la tradition et des maîtres compétents qui peut en donner la pratique. Car il ne s’agit pas seulement d’une étude intellectuelle. Leurs commentaires des psaumes en sont la voie.

Nous voyons aussi qu’il y a parfois des points communs avec des techniques millénaires de développement et de spiritualité utilisées dans d’autres peuples. Mais il n’y a pas d’identité car chaque civilisation a ses spécificités. Cependant, n’oublions pas d’où vient Avraham, d’où vient toute l’humanité, depuis un seul être.
Et répétons que le Talmud nous dit
- de prendre ce qu’il y a de bien dans les autres peuples et non pas ce que nous faisons souvent: d’en prendre seulement le mal.
- de reconnaître que le Créateur a réparti chez l’homme fait à Son image des qualités privilégiées à chacun des peuples.
- que les membres du Sanhédrine dialoguaient constamment avec les autres peuples et ils étaient capables de le faire en 70 langues.
- que les peuples venaient aussi jusqu’au Temple, y offraient offrandes et sacrifices et tous les rois de la terre voulaient avoir une maison sur la terre du Saint, béni soit-Il.
- que nos Sages, de génération en génération nous ont enseigné ce que je viens d’approfondir.



12. Tout se joue dans le "maintenant"

Présentation et commentaire sur le Yoga Sutra de Patanjali, qui apporte beaucoup pour nous rendre sensible à des dimensions essentielles, existentielles et psychologiques et spirituelles apportées dans l’étude précédente sur la méditation juive.

Cette étude est directement dans les sources, comme je le fais toujours, dans la langue originale, rigoureuse. Cette forme d’tude sera donc particulièrement utile aux psychologues qui recoivent de plus en plus aujourd’hui des personnes demandant de l’aide et qui viennent de cultures différentes, soit par leur origine, soit par les voyages.

Patanjali est un auteur indien ayant écrit l’ouvrage considéré comme la base de la pratique et de la théorie du Yoga Soutra, mais aussi un ouvrage de base sur la langue sanscrit: Mahabhasya ("le grand commentaire") sur l'ouvrage Astadhyayi de Panini. Il aurait vécu au second siècle avant l’ère vulgaire. Il a donné la définition la plus admise de ce qu’est le Yoga parmi les multiples enseignements. Il a placé en métaphysique la grammaire et la langue. Cela va très loin car il a même abouti à des éclairages sur les conflits intérieurs aux philosophies et religions et régimes politiques.

Examinons le début de son texte:

Ata yogA nousshasannam

Traduction littérale: «(Ata) Maintenant, (yogA) le yoga (anouchasannamm) instructions finales». Sens premier: «maintenant voici les enseignements finaux sur le yoga».

SENS DE «ATA» ou selon l’écriture phonétique exacte «Atha»:
Ata, cela veut transmettre plusieurs significations en même temps:
- «maintenant».
- maintenant, dans le sens d‘ouverture, comme «et maintenant» en français.
- maintenant après tout ce qui avait et a été dit. (En ce sens, le mot Atha n’est pas utilisé pour introduire un «nouveau» sujet... il est pris dans le sens de souligner une suite immédiate car ce qui va être abordé dépend des conditions précédentes, des exigences précédentes, des qualifications spirituelles précédentes, alors seulement ce que l’on aborde va être possible», commente Swami Krishnananda, Sage de Sivananda Ashram à Rishikesh dans l’Himalaya, Inde.

En effet, ce mot avec son commentaire apparaît sur le premier verset de Brahma Soutra. Et les commentaires comme celui de Adi Sankara disent que le motif en est qu’il n’a pas à être atteint par la «conscience de l’étude» de commentaires mais ces commentaires doivent se mettre en «contact avec l’étant», en silence.
C’est donc:
- à partir de maintenant,
- entre ce qui est entre le passé et l‘avenir,
- l‘instant continu et stable
- ce qui est certain
- ce qui est ”le“ but, l‘achèvement.
-ce qui est le lien avec l’Etre.
Ainsi, c’est un instant comme une note de musique qui est le signal face à la foule dispersée et bruyante, et il obtient le silence de la foule dans la salle du concert car commence soudain un essentiel qui est désormais la seule valeur commençante.
Personnellement, je réfère cela à la technique que j’utilise dans la psychothérapie ou l‘aide (j’emploierai le mot tippoul, en hébreu) pour aider le patient ou la personne qui recherche de l’aide, ) se placer dans le contact unique avec l‘authenticité unique de soi. Dans tout tippoul, il est important et nécessaire d‘aider le patient à se placer face à soi-même en conscience.
C’est aussi, comme dans les psaumes, se centrer sur l‘essentiel qui est «chiviti Hachem le negdi tamid, je me suis représenté D.ieu devant moi toujours» ou «gol âl Hachém darkékha (psaume 37,5), fait virer vers Hachém D.ieu ton chemin».

Mais ici, en sanscrit, le sens de Atha qui est le premier mot, comme le Béréhite l’est dans toute la Torah, signifie davantage «arrivée à la perfection complète par rapport à tous les enseignements précédents» et aussi de «nous allons ainsi et donc vers quelque chose qui est béni, authentique, de valeur ayant autorité de vérité et de bonne augure».
Car, dans les textes des maîtres du yoga (non pas dans ceux des livres de vulgarisation qui ne voient dans le yoga qu’une technique de gymnastique), le lien avec le corps ou le lien sous forme de méditation est toujours relié à tous les niveaux de l’être, non seulement personnel mais jusqu’aux niveaux transcendantaux que chacun exprime dans sa forme particulière de spiritualité ou de culture propre sur laquelle le yoga ne se prononce pas.

Tout cela nous permet de prendre conscience de l’importance de ce mot Ata; et elle est prouvée par le fait qu‘il ouvre d‘autres traités essentiels comme le Brahma Soutra qui révèle la connaissance de Brahma (athatoo Brahma jijnaasaa).
A la fin de la seconde page de cette étude (lien ici), nous situerons ce mot Atha (maintenant) en liaison avec le mot hébraïque Âta (maintenant) qui a la même orientation et la même pédagogie dans toute la Bible (le Tanakh).


SENS DU SECOND MOT: YOGA

Ce Yoga, c’est l’état optimal dans l’existence caractérisé par la capacité d’être centré sur un point comme l’est une tour de contrôle ou comme le zéro d‘un thermomètre permettant d’échanger avec tous sur les températures .
Sinon l’esprit -ou mieux encore tout l‘être- resterait centré simultanément sur de multiples opérations mentales différentes et contradictoires et impossibles à concilier et que Patanjali exposera ensuite comme le délire (kchipta), l’oubli (moudha), la recherche oscillante et instable (viksipta), la centration sur un point (ekaagra) et la restriction ou retenue (nirouddha). Et il faut apprendre la gestion de tout cela. L‘essentiel n‘est donc pas le niveau appelé l‘esprit, l’intellect comme dans la pensée occidentale, mais la justesse de la gestion. La valeur de l’être n‘existe que par la valeur de sa gestion.
Certes, dit ce texte, il faut connaître toute la mécanique des fonctions mentales dont les principaux états sont l’illumination (samhadi), l’activité énergétique (rajas) et l’inertie énergétique (tamas), mais l’essentiel -qui est mis en exergue dès le début de ce ligne qui est la fondation de tout le yoga, c’est la capacité de gestion qui s’obtient par une seule opération qui est la «centration sur un point», nous le verrons bientôt ci-dessous.
Il est important de préciser que cela ne concerne pas du tout uniquement le niveau des opérations dites intellectuelles cognitives mais aussi bien l’intériorité physique des os, de la chair des composantes internes physiques de toutes sortes, et le néfesh, l’intellectuel, le spirituel, la volonté, la conscience, l’imaginaire, l’être.

SENS DU TROISIEME MOT: ANOUSHASANNAMM

On le traduit généralement par «guide pour, introduction, règles». Voici les composantes de ce mot. «Anou» veut dire «vers». «Shas» a le sens de «orientation, ordonnancement nécessaire, naturel, absolu» et il entre dans de nombreux sens du sanscrit comme «contrôler, gouverner, enseigner, former et même punir». «Nam» entre aussi dans les sens de «soumettre et justice». Ainsi fonctionne la pensée sanscrite, de façon o;complexe, cumulée et holistique continuellement, comme l‘esprit qui ajoute de nombreuses couleurs pour en composer une seule. Mais cela n’est nullement une confusion car toutes les composantes sont précises, comme dans une couleur.

Sachant désormais tout cela, que vous pourriez vérifier dans tout dictionnaire sérieux du sanscrit comme le «Sanscrit English Dictionary», de Sir Monier Monier-Williams, (Oxford), la référence indiscutable en la matière, examinons quelques traductions qui diffusent cet enseignement dans les langues occidentales.
En français, Marc-Alain Descamps (Institut Marc-Alain Descamps. Paris) traduit: «Voici l’enseignement du Yoga». Ce qui est exact mais n’a pas déployé l’éventail multiple du mot pour celui qui ne connaît pas le sanscrit. Par contre, pour ce connaisseur, le mot «voici» peut rendre très exactement ce que j’ai décrit, s’il est commenté en ce sens.
Par contre, on ne trouve pas cela dans plusieurs traductions très répandues en diverses langues qui annulent la dynamique et le côté holistique et réduisent la traduction au sens de «l’ouverture d’un exposé». Par exemple, cela est traduit par «Maintenant, le Yoga va être exposé», dans la Collection des Aphorismes Yogis. Traduction de l'appendice F du livre Yoga "Philosophy of Patanjali" Swami Hariharananda Aranya, Publié par Calcutta Univ. Press.
De même, dans la traduction du Yoga-Sutra de Patanjali, par Wim van den Dungen, Pascal van Dieren, Evelyne Philippaerts et Dominique Wiche. Anvers, 1997: «Ici commence un exposé sur le Yoga».

Par contre, la traduction de Bernard Bouanchaud ( Yoga-Sutra de Patanjali. Miroir de soi, Editions Agamat. Palaiseau. France) déploie parfaitement la dimension dynamique comprise dans le mot «atha» et la place pour cela non seulement dans l’évolution personnelle de l’étudiant ou vers l’étudiant mais dans la relation: «Le premier aphorisme présente une condition essentielle à la transmission du yoga: une promesse réciproque de confiance mutuelle est faite entre celui qui enseigne et celui qui reçoit. Le terme «atha» signifie que la transmission commence sous de bons auspices, le professeur et l’élève ayant accompli une démarche préliminaire. Le maître estime le disciple prêt. L’enseignement du yoga est fondé sur un vécu et une continuité dans la tradition orale, anu».

La synthèse de ces paramètres est donnée dans l’ouvrage magistral de Bellur Krishnamachar Sundararaja Iyengar ou B.K.S. Iyengar, célèbre pour la diffusion du Iyengar yoga qu’il a réalisée aux USA dans la pratique et la théorie et exposées en de nombreux livres de qualité.
Nous allons y découvrir tout-de-suite les immenses dimensions de ce mot «atha». Voici le texte:
« Atha: now auspiciousness, a prayer, a blessing, benediction, authority, a good omen... With prayers for divine blessings, now begins an exposition of the sacred art of yoga.»

Après la définition du sens littéral, le pchate comme on dit en hébreu, en voici mon commentaire explicatif réalisé à partir de textes de base de cette tradition et non pas à partir de mes pensées:
on découvre immédiatement dans ces textes fondateurs combien sont étroites d’esprit les conceptions qui font du yoga une seule gymnastique ou une seule technique de méditation et voient en ce verset le seul signe de l’introduction d’un exposé décrivant le yoga.

Avec ces Sages, ouvrons donc l'éventail que le premier verset présentait en ces trois mots pour essayer d’atteindre toute la conscience de ses composantes:
- d’abord la mise en état que ceci est la mise en état où tout va être favorable,
- l’attitude de prière, ce qui veut dire contact, réception, affection, obédience,
- le flux béni,
- la puissance de ce flux sur l’être où nous sommes,
- de cela, l’heureux présage pour tout ce qui va être vécu.
- l’arrivée à l’état de «cristal clair hors de la confusion de l’esprit moderne» dit Iyengar.
- une progression et une progression continue.
- cela suppose des études préalables.

En ce dernier point, Patanjali fait là allusion à ses deux autres travaux qui en sont la base préalable et nous permettrons de mieux réaliser la nature globale du Yoga qui aurait pu parître à tort une simple technique de gymnastique ou de méditation:
- son traité de grammaire qui est le Mahabhasya ("grand commentaire") sur l’ouvrage Astadhyayi de Panini. Ce n’est pas une grammaire simplement mais une compréhension de la rencontre avec les formes de l’être par les mots et par la parole dans toutes les dimensions.
- son traité sur l’ayurveda, médecine basée sur ce qui est naturel.

Maintenant que ces paramètres sont bien cadrés, on peut comprendre pourquoi le Swami Venkatesananda traduit en anglais résume ainsi ce verset initial: «Now, when a sincere seeker approaches an enlightened teacher, with the right attitude of discipleship (viz. , free of preconceived notions and prejudices, and full of intelligent faith and receptivity) and with the right spirit of inquiry, at the right time and the right place, communication of yoga takes place.» Traduction: «
Maintenant, quand un chercheur sincère s’approche d’un maître éclairé, avec l'attitude droite de devenir disciple (c'est-à-dire, libre d’idées préconçues et de préjugés, plein d’une intelligence ayant la qualité de la foi et de la réceptivité), et avec la droiture dans l'esprit de recherche, au bon moment et à la bonne place, alors la communication de yoga a lieu».

Il faut aussi insister sur le fait que ces trois mots si riches du sanscrit ne doivent pas seulement être «lus» en lettres imprimées mais ils doivent être prononcés et entendus car tout mot de sanscrit comporte en chaque lettre une science des véhicules de lettres gutturales, palatales, cérébrales, dentales ou labiales, aspirées, nasales, etc. qui sont véhicules du sens. Je ne peux développer ici cette question fondamentale, parallèle à ce que les Sages connaissant la tradition de la Torah véhiculent dans leurs écrits transmettant la tradition la pus profonde.
On pourra donc trouver ici, l’audition de ce verset:
http://www.patanjalisutras.com/Yoga-Sutras/Yoga-Sutras-audio/1-1.mp3
et ici un lien avec la prononciation de ces différents versets:
http://www.patanjalisutras.com/yoga-sutras-ch1-1-10.html

Le second verset
YOGAA TCHITTA VRITTI NIRODHAAH

Ici, son audition:
http://www.patanjalisutras.com/Yoga-Sutras/Yoga-Sutras-audio/1-2.mp3

Traduction littérale: «Yoga (Yogaa) conscience (tchitta) tourbillon (vritti) cessation (nirodhaah)» et la phrase dans l’ordre du français:
«Le Yoga est la cessation du tourbillon de la conscience».

En voici mon commentaire:
Cela veut dire qu‘il faut mobiliser l‘énergie inerte (tamas) et, alors, l’énergie active de connaissance (rajas) peut fonctionner et on entre en méditation, en liberté de conscience (citta vimouktih) qui est la qualité, la vertu (dharma megha).

La conscience (tchit ou tchitta) est mobilisée par trois facteurs:
- l‘ego (ahammkaara) opposé au cela (pourousa).
- l‘intellect relié à l‘essence (bouddhi) assuré par la connaissance et l‘expérience dans l‘action.
- et l‘esprit (manas) qui collecte les informations par les cinq sens (jnaanendriyas) et cela se manifeste en trois fonctions, la connaissance, le vouloir et le mouvement. Cet esprit agit par attention, observation raisonnements, buts, stratégies et tactiques.

Tout cela donne à l‘esprit conscient une impression de révélation (viveka-khyaati) qui est encore mouvement, opérations.
Mais cet état sera lui-même dépassé encore pour parvenir à l’essentiel: un arrêt, restriction, cessation, contrôle cessant, obstruction (nirodhaah).
On peut parler alors de «Yoga» car ce niveau de connaissance nouvelle est super-connaissance ou une connaissance particulière où rien n‘est connu ici. En effet, alors, l‘égo (ahammkaara) atteint le niveau de véritable self relié aussi au self universel (antaraatma) et à ce niveau la conscience prend une nouvelle forme (antahkaragna) qui unit les deux

Il s‘agira donc d‘arrêter le mouvement habituel par cette forme de concentration (dhaaragna) qu‘est l‘attitude essentielle de silence en méditation (dyaana). A ce moment, le yoga apparaît comme une tactique mais aussi comme le but final qui est appelé alors dans le verset 2,28 du texte: la ”gloire de la connaissance ou l‘essence de la connaissance“ (aavivekakhyaateh).

J’ai présenté ainsi une introduction sur l‘essentiel du Yoga dans les deux premiers versets du Yoga sutra de Patanjali. Je l’ai fait avec le même sérieux, la même rigueur que j’ai mis dans toute l’étude de la tradition de la Torah, en allant jusqu’à la connaissance de la langue de ces textes fondateurs et de la tradition. J’avais commencé ces études à l’Université parallèlement à ma formation en psychologie en 1955. C’est seulement en 2009 que j’ai pu écrire ce texte avec l’impression d’avoir assez étudié, compris et respecté.

 

Pourquoi dire tout cela?
«Prenez des peuples ce qui est bon et ne continuez pas à prendre d’eux ce qui n’est pas bon» dit le Talmud.

Sur ces bases, le judaïsme a même été jusqu’à adopter l’écriture araméenne et a abandonné son écriture hébraïque, pour arriver à sa plénitude reliée à la Création globale et qui la concerne, chacun dans son rôle spécifique mais aussi dans ses rencontres.
Le Talmud et les middrachim sont pleins de rencontres et dialogues avec les cultures environnantes. Et les Sages du Sanhédrine, vivant à proximité du centre du sanctuaire assumaient leur rôle en connaissant parfaitement les 70 cultures environnantes. Récemment revenus dans la géographie juive au Proche-Orient, nous n’avons pas encore assez repris cette insertion vivante dont nos textes anciens nous transmettent la réalité et la richesse, mais aussi la vocation divine commune.
Je n’en donnerai qu’un seul exemple sur la base de ce texte: tous nos lecteurs qui connaissent l’hébreu parlé et nos textes saints ont été stupéfaits de découvrir deux faits:
- le mot «ata» possède également cette signification de «maintenant», en hébreu.
- il est évident que, en conséquence, nous ravivons notre connaissance de nos textes fondateurs comportant ce même mot par la connaissance des textextes fondateurs des autres traditions millénaires de notre région. Et que découvrons-nous?

Dans le «Ata» sanscrit, la conjonction du double sens de «maintenant» et de relation divine crée alors une stupéfaction de découvrir qu’il n’y a peut-être pas un hasard total si le mot «ata» en hébreu peut avoir ces deux significations mais avec une différence d’écriture (ata, avec un alef initial, signe «tu» ou «toi»; «ata», avec un âyine initial signifie maintenant).

Mais cela va plus loin car en hébreu et dans le judaïsme, ce «ata, tu, toi» n’est pas seulement un pronom personnel de la seconde personne envers les humains, il est aussi ce qui nomme spécifiquement D.ieu et il est nommé ainsi en chaque bénédiction, en chaque relation de bénédiction, qui est alors le lien au grand Toi effectif. Voilà qui va très loin et renouvelle divinement toute relation humaine aussi dans laquelle on utilise ce mot envers autrui.
En avoir conscience, c’est alors être dans la relation immédiate de méditation qui atteint l’être profond et la qualité effective de l’être de deux êtres jusqu’à l’être divin.
Pour ceux qui sont prêts à aller jusqu’à étudier ces niveaux, ils pourront se rapporter aux écrits du Ari,zal sur le «Ata» comme étant en référence à «Abba» (voir par exemple Ets ‘hayim, chapitre 34, règle 22); ou son commentaire sur «ata é’had» de min’ha de Chabbate dans son Chaâr hakavanotes, 75,2; ou son commentaire sur «ata» qiddachta dans le même livre 71;1.

Rien que dans l’ensemble du Tanakh, la Bible, ce mot «ata» (maintenant, avec un âyine), apparaît 433 fois. Mais il y a plus et qui rejoint le texte de Patanjali (ou réciproquement). En effet, il ne signifie pas seulement «maintenant, en ce moment» mais il signifie aussi «à partir de maintenant» dans 271 cas où il a l’adjonction de la particulie «» (et). Cela est clair dans les psaumes:
- interpellation nouvelle sur une chose essentielle pour des humains saisis dans leur importance: «et maintenant, rois, sachez comprendre, tenez vous pour avertis, juges de la terre» (psaume 2,10).
- changement radical et global de l’ordre des choses: «et maintenant, je porte le front haut en face de mes ennemis qui m’entourent; je vais immoler dans Sa demeure des sacrifices de triomphe, je vais chanter, célébrer Hachém» (psaume 27,6).
- «et maintenant, quel est mon espoir, Hachém? Mon attente se tourne vers Toi» (psaume 39,8). Et dans son célèbre commentaire des psaumes, le ‘Hida dit qu’il s’agit ici de la «téchouva (retour)» où tout passe de l’erreur à la retrouvaille, de dina (la rigueur) au nom Adonout  qui a les mêmes lettres et qui est bonté et miséricorde (ra’hamim). Ceux qui savent comprendront. Et nous retrouvons là le lien avec le Nom divin «Ata Adonout, Toi Hachém» comme lorsqu’il apparaît pour la première fois dans les psaumes (4,9). Alors, il y a simultanément la relation et la nomination totale de l’Etre divin et l’être humain en paraît capable.
- «avant que je ne fusse humilié de m’égarais, et maintenant, je suis attentif à Tes discours» (psaume 119,67).
Ces deux derniers versets mettent particulièrement en relief le passage du confus négatif au bon, mais surtout à Hachém dans une relation au Toi, ainsi que cela a été dit dans l’aboutissement du Yoga. La seule différence, et elle est de taille, c’est que le nom de LA source s’est révélé.


13. Si nous pouvons connaître par la méditation, quelle est cette forme de connaissance?

Cette méditation mène à "une connaissance qui est inconnaissance". Elle n'est pas intellectuelle mais c'est une rencontre très particulière.

Nous sommes ici dans le niveau dont parlait Ribbi Hayim Vital. Nous pourrions le nommer avec le Roi David: "être dans Tes parvis" et c'est tout le psaume 84:
"Au chef des chantres. Sur la Ghitit. Par les fils de Koré. Psaume. 2 Que tes demeures sont aimables, Hachém-Cebaot! 3 Mon âme soupirait et languissait après les parvis de Hachém: que mon cœur, tout mon être célèbrent le Dieu vivant! 4 Même le passereau trouve un abri, l’hirondelle a son nid où elle dépose ses petits. [Moi, je rêvais] de tes autels, Hachém-Cebaot, mon roi et mon Dieu. 5 Heureux ceux qui habitent dans ta maison, et sans cesse récitent tes louanges! Sélah! 6 Heureux l’homme qui met sa force en toi, dont le cœur connaît les vraies routes! 7 En traversant la vallée des larmes, ils en font un pays de sources, qu’en outre une pluie précoce couvre de bénédictions. 8 Ils s’avancent avec une force toujours croissante, pour paraître devant Dieu à Sion. 9 Hachém, Dieu-Cebaot, écoute donc ma prière, prête l’oreille, Dieu de Jacob. Sélah! 10 Regarde, ô Dieu, celui qui est notre bouclier, fixe les yeux sur la face de ton oint. 11 Assurément, un jour dans tes parvis vaut mieux que mille [autres]; je préfère me tenir au seuil de la maison de mon Dieu, plutôt que de séjourner dans les tentes de l’impiété. 12 Car le Seigneur Dieu est un soleil, un bouclier: Hachém octroie grâce et honneurs; il ne refuse pas le bonheur à ceux qui marchent dans la droiture. 13 Hachém-Cebaot, heureux l’homme qui a confiance en toi!" C'est un lieu (maqom), certes, mais avec et dans Celui qui est Le lieu de tout lieu (maqom).

1. Ce ne peut pas être une connaissance intellectuelle mais par le coeur, compris selon la tradition. Reportez-vous à la page de l'étude sur ce qu'est ce "coeur (lév). On s’éloigne de l’accessoire, avec immédiateté et atteint la cible qui est le seul Etre et le seul faisait exister. Relation possible. Mais qui doit toujours se ré-éveiller.
2. Pour cela, il faut veiller continuellement l’accoutumance qui fait dévier et trompe et devrait se remettre en question continuellement jusqu’à l’attitude d'épuration  des pensées pronée par Patanjali et qui reprend exactement celle de Job: «qui suis-je, je ne Te connais pas» et il est alors soudainement en relation véritable.
3. De nombreux chants juifs, chantés dans la prière collective comme le Adon ôlam reprennent cette pédagogie, avec la ritournelle du mot béli (sans) qui indique bien cette attitude. C’est une pédagogie collective à l’attitude méditative.

Selon la méthode que nous avons déjà rencontrée, nous allons mettre ici -en ce point précis- un document d'une importance capitale parce qu'il témoigne du meilleur des peuples dans la Création. Je vous donne la traduction de l'introduction en persan du Shahnaméh de Ferdowsi (lien de présentation ici en français et meilleur en anglais ici). Ce texte, écrit en persan est connu aujourd'hui de tout Iranien qui lit ces textes antiques de sa tradition multimillénaire comme les Juifs lisent aussi leurs textes antiques qui sont dans la même langue que celle parlée aujourd'hui, tradition vivante qui n'existe dans aucun pays occidental.
Après que la Perse qui fut glorieuse (comme la terre d'Israël avant la destruction du Temple), elle fut violée dans sa culture et se vit imposer avec violence l'arabe, l'écriture arabe, la religion étrangère, et est jusqu'à ce jour en état de révolte continue contre les occupants sunnites (ce qui explique les problèmes militaires de la région et qui se répercutent sur l'ensemble du monde), Ferdowsi accomplit ce que réalisa Ben Yéhouda pour l'hébreu et il écrit son livre Shanaméh (Le livre des Rois) qui rassemble toutes les traditions précédentes de l'identité perse et dans la langue persane expurgée de tout arabe, cela vers le 10e siècle, plusieurs siècles après l'invasion et l'occupation arabe qui se firent sur toute la région. Depuis, ce texte est la Bible de tout Iranien même musulman et jamais on n'a réussi (comme pour les Juifs) à leur imposer le calendrier islamique et ils gardent la fête importante du jour de l'an des traditions antiques, le Norouz. C'est donc dans ce contexte que se fit la rencontre capitale entre le Roi et Esther, et en cette langue, et c'est pour ce motif que j'ai appris cette langue pour rencontrer dans l'original cette intimité de leur rencontre et dialogue et décisions toujours actuels.
Ne soyons donc pas surpris que de là nous vienne un texte remarquable sur la démarche qui évolue vers la rencontre essentielle.
J'invite maintenant à aller relire la dernière page du Tanakh (la Bible) puis de lire ci-dessous cette introduction de Ferdowsi à son livre volumineux. Elle est exactement au meilleur de notre paragraphe sur la connaissance dans l'inconnaissance qui est le coeur de la méditation juive. Voici le texte original de cette introduction suivi de sa traduction:




(Dans cette première partie, commence ici la pédagogie envers celui qui veut aller vers D.ieu et il va comprendre ce qu'est la trajectoire de l'inconnaissance, comme D.ieu l'a demandé de Job).

"Au nom du D.ieu miséricordieux qui nous a donné l'âme et l'intellect.
Nos pensées sont très limitées et ne parviennent pas jusqu'à Lui. Il a un Nom élevé et il a un lieu élevé. Il nous donne notre pain et Il nous montre le chemin. Il est le nom de tout existant. Il donne la lumière à la lune et aux astres et au soleil.
Dis tout ce que tu veux dire mais il est plus que les noms, les lieux, les signes et tout cela. Il écrit tous les destins et Son étoile brille au delà de toutes les étoiles.
Ne te donne pas de peine car tu ne peux Le voir de tes deux yeux. Ne te donne pas de peine et ne fatigue pas tes yeux car ils ne peuvent pas Le voir.  Même par la pensée il est impossible d'arriver jusqu'à lui. Ma pensée parvient à un certain niveau où je peux penser et dire ce que j'ai à dire et je ne peux dire que ce que je vois et pas plus.
Car Lui est en un lieu bien plus élevé que ma pensée, que ta pensée et on ne L'atteindra pas, D.ieu, dont le Nom  est au-dessus de tous les noms, Lui qui est le lieu de tous les lieux, Lui qui me donne mon pain et nous donne notre pain et nous montre le chemin.
D.ieu qui a dans Sa main de faire exister tous les êtres, Il accompagne tout ce qui bouge mais il est impossible de Le voir et même si je continue à penser et à parler, je ne peux l'atteindre ni par mon corps ni par ma pensée.
Aucun humain  jusqu'à ce jour ne peut parvenir à Le servir comme il faudrait.

(A partir de cette base clairement définie, dans cette seconde partie commencepourtant la présentation de la rencontre possible).

Il faut donc commencer à ceindre nos reins et à être Son serviteur. Il t'examine, toi, ton intelligence, ton âme, ton corps et celui qui a une compréhension fermée et obstinée ne parviendra pas à l'atteindre...
Tu dois le rechercher cet Existant et arrête de dire des bêtises. Tu dois le servir et cherche la voie de le regarder profondément pour parvenir à ce qu'il dit et à ses commandements.
Celui qui a intelligence et force, l'homme adulte et âgé, s'il étudie, comme les cellules du cerveau il se renouvelle.
Mais pas plus, car il ne peut pas parvenir à retirer les rideaux ni dé-couvrir les secrets car il ne parvenir à Cet Etre.
Et avec toutes les générations de guilgoulim qu'il a traversées et avec toutes les choses qu'il a dit jusqu'ici, il ne peut dire qu'une seule chose: je ne peux pas".
Et à ce moment, la rencontre, ainsi épurée est VRAIE. Entière autant qu'il est possible.

Alors, nous pouvons relire les deux derniers chapitres du Livre de Job qui seront perçues pour ce qu'elles sont: au présent permanent. Présent, dans tous les sens du terme.
Et lisons surtout les psaumes, depuis le 119 jusqu'au 150, "comme une respiration présente en tous lieux et à tous les niveaux de notre être".

Je n'ajoute aucun mot d'étude: réalisons.

 


 

 

Pages complémentaires pour continuer à approfondir cette étude:

- Se rendre d'abord à la page des exercices de formation pédagogique pratique à la méditation juive: par ce lien vers la longue galerie de nos photos pour développer notre regard sur Sa Création présente, et nous exercer face au don présent à recevoir le présent (au sens double de "actuel" et de "cadeau").

- LE "PEREK CHIRA", SUBLIME LOUANGE EMISE CONSTAMMENT PAR TOUTE LA NATURE: (LIEN ICI).

- Echange et long suivi avec un Juif ayant pratiqué la méditation orientale en Inde et revenant au pays (lien).

- Le psaume 16 (lien) et la dévéqoute ou adhésion et adhérence heureuse à D.ieu.

- Autres liens sur la dévéqoute (lien)



J
e vous offre aussi un de mes poèmes méditatifs dans le lien à la source:

"Mon amour pour toi
est aussi beau que le vol des oiseaux,
le chant des merles et le jeu des vagues,
et les paysages verts
et les aquarelles des nuages
et la pureté des gouttes de rosée
et les rires des bébés
et la gloire des montagnes
et l'immensité des océans
et les surprenantes galaxies infinies
et les caresses des cascades et des rivières
et la force des tigres bondissants
et la variété des saisons
et des hommes et des femmes de toutes nations
et les musiques et les danses
et les parfums qui grisent",

dit le Créateur à Israël,
dit le Créateur à tout être
bâti à Son image de même.

"J'aime,
vous n'êtes que de cette veine.
Arrêtez toute guerre,
toute haine,
tout ce qui est vulgaire.

Il n'y a qu'un seul être,
en chaque être.
C'est tellement bon, tellement clair.

C'est mirage mortel
l'argent que tu recherches.
C'est le défi juif en tout être".

Une seule image pour terminer de parler, avant de vous laisser akker respirer cette rencontre:
c'est celle d'une proto-étoile sur le merveilleux site d'astronomie Hubblesite.org (lien à vraiment consulter).



(c'est un exemple de photos du dit site)



 
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