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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
Les premières prières, le matin
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages

(Sur la paracha Vayichla'h, à l'heure de l'aurore,  après le combat de la nuit)
Lire aussi sur ces thèmes cette étude

1. Le "Modé"

Dès le réveil, encore au lit, le Juif dit cette phrase :

Modé ani léfanékha, Mélékh 'Haï vékayam, 
chéhé'hézarta bi nichmati bé'hémla, 
rabba émounatékha.

"Je te remercie (ou je reconnais), Roi vivant et qui subsistes, 
que Tu aies fait revenir en moi ma néchama, dans Ta bonté, 
immense est Ta fidélité".

la Juive dit cette même phrase au féminin:

Moda ani léfanékha, Mélékh 'Haï vékayam, 
chéhé'hézarta bi nichmati bé'hémla, 
rabba émounatékha.
(Apprendre par coeur cette phrase, et bien la comprendre par sa traduction).
 
 

Commentaire qui permettra de réaliser la puissance de cette phrase et de l'intégrer chaque matin:

Le constat

Sur le verset de Vayiqra 18, 5 "vous accomplirez mes préceptes de façon à ce que l'homme qui les réalise haï bahém en vive, vive en eux, et vive par eux", le fils du Chla tenait ceci de son père: dès le réveil, l'homme est assaillé par la paresse et la fatigue et la tristesse (le Tour ajoute aussi: par la peur que lui inspirent les autres et surtout les railleurs qui lui font perdre toute assurance).
Ce sont comme des forces extérieures 

  • qui neutralisent l'homme, 
  • qui l'influencent pour lui donner de mauvaises raisons de ne pas tenir debout devant l'existence et devant les tâches qu'il a à entreprendre, de ne pas être capable de vivre dans les mitsvotes de la Torah et dans la prière ; 
  • il ressent que ses membres et son être sont faibles et comme morts. Il commencerait donc sa journée dans une direction de faiblesse et de non vie, d'impuissance.
La réaction

La tradition nous enseigne comment réagir : comme un guépard qui bondit, comme un lion puissant (voir le début du livre du Tour).

Mais le Chla précise bien :...de manière à adhérer à Celui qui est Lui-même la Vie.

Un véritable travail est à faire n'est donc pas seulement de se lever mais, auparavant, de dire cette phrase qui permet

  • de franchir ces étapes à travers les mots de cette phrase, 
  • en étant conscient à ce qui y est dit.
  • pour passer de la non-existence à la vie,
  • qui sera "la" vie venant directement de Celui qui est la source de tout existant.
  • de maintenir cette vie captée.
C'est cela qui est mis dans cette phrase :
Modé ani : l'immédiateté de la création et de la transformation est rendue par le sens du verbe modé, où il n'y a aucune tergiversation ; en hébreu, il n'est pas écrit "je te remercie", ni "je reconnais", mais "reconnais, je", c'est beaucoup plus décisif. Dire ces mots en les accompagnant que nous sommes engagés dans ces mots et devenons ce que nous disons, réellement, définitivement.

léfanékha (devant Toi): le face à face n'est plus avec soi-même dans l'auto-centration somnolante ou destructrice, mais c'est une mise en présence de l'Autre qui est LE roi, LE vivant, LE continuant à parvenir à exister, contrairement à celui qui est encore sans forces. Dire à nouveau ces mots en les accompagnant que nous sommes engagés dans ces mots et devenons ce que nous disons, réellement, donc véritablement présents à Sa présence.

chéhé'hézarta bi nichmati (que Tu as fait revenir en moi mon âme de vie), la vie que l'on n'a pas nous le recevons immédiatement, maintenant; mais ce n'est pas n'importe quelle aide, mais la néchama, la qualité totalement pure et divine qui est au centre de notre être ; nous en reprenons conscience que cette néchama nous réhabite véritablement. Prendre le temps d'assimiler cette conscience.

bé'hémla (par tendresse): bien se dire et bien réaliser que cela est effet de la tendresse, ce à quoi aucun humain ne peut résister car c'est l'essentiel de l'existence. Cette phrase n'est donc pas la récitation intellectuelle et théorique d'une constitution ou d'une liste de principes de foi. C'est reprendre conscience que je vis dans l'ensemble de Celui qui est l'Etre (voir la paracha Vayétsé) et qui est "bonté". Bien prendre le temps de réaliser que nous sommes imbibés de cette tendresse divine, que nous ne sommes pas seuls et non aimés, mais que notre nature est entièrement dans cette bonté à tonalité de tendresse.

• rabba émounatékha (elle est grande Ta confiance). A l'incertitude et à l'inconsistance, par cette phrase, j'intègre l'immensité de confiance en soi et de la fidélité, car je suis non pas dans ma propre confiance fragile et friable et inconstante mais dans la confiance du Tout-puissant.

Ayant dit cela, non pas comme une phrase automatique mais en essayant de bien entendre et de bien sentir, alors le Juif ou la Juive se lèvent. Pas avant d'avoir bien réalisé et bien stabilisé cette conscience qui est un présent continu, désormais. C'est le sens du Modé ani : l'immédiateté continue, certifiée par moi: "reconnais, je". Et je décide que cela est maintenu ainsi en permanence d'instant en instants.

Quel qu'il soit, chacun a réintégré sa dignité, ses forces reçues du Créateur. 

D'autant, nous disent nos Sages, que cette phrase a été construite en 13 mots en fonction des treize middotes du Créateur, de ses treize caractéristiques et démarches de bonté.
 
 

Ensuite, on va faire nétilate yadayim, les ablutions sur les mains pour éloigner complètement ces forces négatives. Et on dira les 19 bénédictions qui vont développer tout ce que l'on vient déjà d'intégrer.


Ci- dessous, un poème, non un exposé, venu de ces mouvements intérieurs en cette phase du réveil et de la rencontre de ces mots.

Modé, je reconnais Ta bonté,
premier mot imposé ce matin.
Aucun choix, un seule voie :
tous les soucis où je veux me noyer,
j'ai dû déjà les abandonner,
ils sont loin et dépassés : modé,
seulement Ta bonté.

Modé ani : "je reconnais, c'est moi",
je ne suis que cela :
renouvelé, placé en Ta seule bonté.

Modé ani léfanéikha,
je reconnais, face à Toi.
Et j'ai apporté avec moi
tous ceux que j'aime de fraternité :
celle qui peine, et l'isolé,
le malade et ce pauvre désespéré.

Modé, je les ai aussi dépouillés
des écorces qui enserraient ;
Aharone haCohén ravive le chandelier,
en chaque lampe, l'huile est pure,
la mèche seulement, il nous faut nettoyer,
ne crains pas, mon ami, pour ta liberté.

Un juif se lève, il trie le monde en secret,
il tire le monde vers Ta bonté,
soudainement : Modé.

Dès maintenant, c'est l'heure
de choisir le bonheur.
C'est fait : Modé,
cette journée est cadrée
en Ta bonté.

Ton bonheur est plus fort
que toutes nos peurs.


Modé
en hébreu, Ta langue sacrée, c'est 
reconnaître et avouer,
renoncer et louer,
lâcher toute sécurité
des pensées, anxiétés et projets
pour reconnaître une seule unité,
celle, envers Toi, de ma réceptivité.

car Modé ani
je reconnais que je suis
à l'image du seul "Ani",
seul "Je" établi
pur, vrai, infini.
Je n'ai d'autre "je, ani"
que dans ce lien précis.

Modé ani léfanéika
devant Toi
en Ton face à face,
seul regard et seul espace
dans lequel tout se place.
Nul écart.

Modé ani léfanéika Mélékh
je reconnais en moi
que Tu es Roi de tout être, 
que tout être vit en Ta loi.
Il n'est de force que la tienne
en laquelle chacun reçoit tout l'être.
Hors de cela chacun est poussière.

Modé ani léfanéika Mélékh 'Haï
Ce face à face est vie ;
devant lui éclatent
les prisons des soucis,
les regards de haine et d'envie.
Le seul Roi de vie est ici
chez celui qui Lui dit "oui".

Modé ani léfanéika Mélékh 'Haï vé qayam
Roi de vie vivante et droite,
vie promise et qui subsiste
en un Juif qui marche
en Ta présence vivante.
Ce ne sont pas les buildings
qui dirigent et dominent,
ni les nouvelles et les régimes.
Il n'est d'existence 
que dans Ta présence.

Modé ani léfanéika Mélékh 'Haï vé qayam
ché hé'hézarta
C'est Toi, pas moi,
qui fait revenir notre vie
après les nuits.
Ce ne sont pas les partis,
ni les économies,
ni les choix du prochain roi, 
ni les riches,
ni les journalistes.
Encore aujourd'hui,
rien que de Toi
nous recevons la Vie.

Modé ani léfanéika Mélékh 'Haï vé qayam
ché hé'hézarta bi nichmati
Par Toi, en nous inscrit,
Tu places en source Ta vie
inscrustée en moi
en simple écrin
précieux et fragile,
friable et prétentieux
puisque Tu l'aimes
depuis Tes cieux.

Modé ani léfanéika Mélékh 'Haï vé qayam
ché hé'hézarta bi nichmati
bé 'hémla
C'est par tendresse tout cela ;
dans les milliards d'autres mots,
un seul est assez beau
pour cerner ce réseau
des univers et des au-delas :
seulement... : tendresse, 'hémla.

Modé ani léfanéika Mélékh 'Haï vé qayam
ché hé'hézarta bi nichmati
bé 'hémla
raba émounatékha
Elle est immense Ta confiance
en notre engeance décourageante.
Mais notre expérience prend naissance
et renaissance en Ta patience
incessante et vivifiante.
Toi rien que Toi.
Et la joie.

Voir aussi
Modé ani d'Avraham,
poème, ici


2. Le Chémâ

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