Regarder
sur Modia 
Photos par thème - galeries & diaporamas
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Recherchez
sur Modia 
 
  Cliquez ci-dessous
  Modia en français   
Un site pour étudier et vivre le judaïsme, le Talmud et la Torah
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
  Modia in english
 A web site on how to study and live Judaism, Torah and Talmud
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Dons: cliquez ici - S'abonner à la newsletter: cliquez ici
 
Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
Etude et prière pour ceux qui négocient au nom d'Israël


Ne faisons pas que suivre les événements graves pour Israël en écoutant les nouvelles ou en lisant les journaux.
Nous devons être agissant par l'étude qui apporte la bénédiction et le chalom dans le monde.
Et aussi par la prière qui est efficace et soutenir ainsi ceux qui portent la responsabilité de la défense d'Israël.
Evidemment, cela n'a de valeur que si nous vivons selon la morale de la Torah.
Etudiez et enseignez à partir de ce texte.

Plan
1. La contestation et sa réponse. Le 1e de tous les commentaires de Rachi porte sur les revendications des peuples contre nous face à notre terre que Hachém nous donne. Il apporte la réponse.
2. L'assurance absolue. Le psaume 20.
3. L'intervention rapide de Hachém a besoin de notre demande. Le psaume 70.

4. Le courage par la confiance en la victoire. Le psaume 108.
5. La protection assurée. Le psaume 121.
6. Les persécuteurs ne gagneront pas. Le psaume 129.
7. Nos fautes ne retarderont pas le salut. Le psaume 130.
8. La prière pour le dirigeant d'Israël. Le psaume 21. (lien vers une autre page).
9. Le dialogue avec Hachém pour Sa terre. Prière du Ram'hal, Ribbi Moché 'Hayim Louzzato.
(lien vers une autre page).


1. La contestation et sa réponse.

Le 1e de tous les commentaires de Rachi porte sur les revendications des peuples contre nous face à notre terre que Hachém nous donne. Ils nous accusent et nous accuseront toujours nos persécuteurs d'occupation (kibouch) de la terre d'autres. Rachi apporte la réponse.


Il faut d'abord comprendre ce mot en hébreu, et tout le contenu et les charges qui y sont inclus.
1. Le mot "kibouch"


ne veut pas seulement dire dans le langage international contemporain "occupation de territoires" mais aussi "domination contraignante qui deshumanise comme l'esclavage" et "occupation abusive et illégitime de territoires" et "occupation qui doit susciter une coalition internationale luttant pour les droits de l'homme et exigeant par la négociation ou sinon par la guerre pour imposer la libération". Elle est vue comme réversible et devant se terminer le plus rapidement possible.

2. Les mouvements arabes et palestiniens voient Israël comme une occupation de la terre arabe et islamique, cela depuis sa constitution par la Déclaration des Nations Unies en 1948. Ils s'y sont opposés par la guerre. Avant cette date, ils n'ont jamais établi un Etat indépendant arabe ou islamique sur cette terre. Cette idée n'est venue que comme opposition à l'Etat juif. En particulier, selon la règle islamique qu'une terre qui , une fois a été "occupée par l'islam" devient dar islam, terre éternelle de l'islam. Dans cette optique, l'Espagne et la France jusqu'à Poitiers sont terres de l'islam au même titre que l'Etat d'Israël.
Ils ont alors, avec succès, bâti le concept nouveau de "peuple palestinien" qui n'existait pas car les clans arabes qui se trouvaient sur la terre historique d'Israël appartenaient à des clans s'étendant aussi bien en Syrie, en Jordanie, en Egypte et n'avaient jamais eu d'existence étatique en aucune période de l'histoire. Le "peuple palestinien" est donc uniquement un outil de lutte contre l'Etat d'Israël pour aboutir à sa disparition.

3. Que les autres Etats aient progressivement adopté cette lecture est simplement la suite de l'antisémitisme religieux puis culturel de l'Occident chrétien qui se trouve comme l'Islam en revendication de substitution d'identité avec les Juifs et ont essayé de les supplanter et de revendiquer pour eux tous les attributs des Juifs (identité et texte et terre).

4. Pendant de nombreuses années, ce que je viens d'écrire fut la position explicative de l'Etat d'Israël, la asbara. C'est Bégin qui a miné cette position forte d'Israël quand il a commis l'erreur capitale et historique d'accepter de signer un texte commun avec Sadate où Israël parlait des Arabes tandis que Sadate signait le texte rédigé sur les mêmes feuilles où il parlait des "droits légitimes du peuple palestinien". Pour avancer peuit-être vers la paix, Bégin acceptait devant les instances internationales la lecture des opposants à Israël en "faisant comme si" il s'y opposait.

5. La position d'Israël face aux territoires conquis après la victoire de 1967 repose clairement sur le droit international qui permet à un Etat attaqué par un autre d'occuper et d'intégrer à son territoire ceux d'où il a été attaqué et qu'il a conquis lors de sa riposte victorieuse. C'est ainsi qu'il y a eu de nombreux changements de frontières en Europe après la seconde guerre mondiale. Le fait que les Nations Unies et les Etats qui la composent ont parlé d'illégalité et d'occupation des territoires envers Israël repose uniquement sur les facteurs dits plus hauts (conception islamique, antisémitisme occidental). Cela est clair et la vérité.

6. Mais cela repose aussi sur le fait que les divers gouvernements d'Israël ont préféré ne pas annexer ces territoires de Judée et Samarie, nommés transJordanie ou territoires occupés par les autres, afin de laisser l'avenir ouvert pour une négociation éventuelle entre Israël et les pays arabes vers la paix, comprenant les indemnisations réciproques des réfugiés des Juifs des pays arabes aussi bien que des Arabes qui ont quitté les territoires d'Israel lors des guerres. Ici, c'est la bonne volonté et l'idéalisme d'Israël qui ont été exploités comme dans l'accord avec Sadate.

7. Ensuite, il y a eu l'autre phénomène: dans une conférence au Caire, les mouvements de lutte palestiniens et les pays arabes ont fait le constat qu'ils ne vaincraient pas Israël par les armes et ont décidé de miser sur la dissension en Israël et s'alliant aux mouvements opposés à l'occupation de ces terres. Ce fut le motif du soutien international et financier envers les mouvements dits pacifistes en Israël qui étaient simplement de facto un outil dans la lutte contre Israël, de même que la décision de Bégin et la volonté de ne pas décider des territoires sont devenus un outil de la lutte contre Israël, par une utilisation malveillante de la part des nations. Le concept de "territoires occupés" et d'occupation" est devenu alors la base commune de multiples motions antiisraéliennes aux Nations Unies, de déclarations anti-israéliennes par l'Europe et de leur financement du terrorisme, reportant la responsabilité du conflit et des victimes sur Israël, en même temps que les mouvement pacifistes commençaient ce qui ne s'était jamais vu dans l'histoire d'Israël: une action internationale contre leur propre pays, pour en dissocier les communautés juives dans le monde et les associer aux critères de l'ennemi et des nations. L'opinion israélienne a commencé à être flottante et divisée, fatiguée par les victimes du terrorisme (dont c'est la tactique). Le parti travailliste s'est engagé dans cette voie sous la présidence de Mitsna contrairement aux autres leaders qui ont dirigé le parti auparavant, et le peuple a infligé un échec au parti sur cette base aux élections et Mitsna a du abandonner sa présidence. Il en restait la discussion sur la légitimité d'Israël à l'ensemble de la terre d'Israël.

8. Il faut aussi faire la part de la décision du Rav Ovadia Yossef sur laquelle il a reconnu qu'il s'était trompé, de dire qu'on peut abandonner des territoires pour la paix véritable. Car, finalement, c'est là que se pose le problème: le peuple juif a t'il ou non le droit de se déssaisir de la terre ancestrale d'Israël reçue par volonté écrite du Créateur sous le prétexte qu'une minorité y habite partiellement dans les déserts et n'accepte à aucun prix l'existence d'Israël et est prête à tuer sans fin les Juifs pour cela.

9. On en était là quand Sharon, devant le Comité du Likoud, fin mai 2003, a fait éclater une bombe en reprenant le mot maudit car il était une arme contre Israël, celui d'occupation, kibouch. Il a ensuite fait marche arrière partielle mais le mal était fait, comme lorsque Bégin a signé à côté des mots de Sadate. En fait, il a posé le vrai problème et il n'en est pas le coupable, car un dirigeant d'Israël est aussi mené par plus grand que lui. Il a ainsi dévoilé la question à laquelle doit répondre vraiment le peuple. En effet, le problème n'est pas de se séparer des Arabes comme disent mensongèrement certains partis en proposant l'abandon de ces territoires car les Arabes sont aussi dans tous les territoires autres d'Israël et ils sont identifiés à la cause palestienne, et les partisans de l'abandon des territoires n'ont pas l'intention d'y transférer les Arabes israéliens. Ce ne serait donc qu'une étape dans la dynamique de destruction générale d'Israël. C'est bien pour cela que les dirigeants qui sont prêts à cet abandon, demandent que les Arabes reconnaissent "l'Etat juif " d'Israël, ce qui veut dire sa non-destruction. Sion, on agit comme on découpe un salami jusqu'à aboutir à l'ensemble de la terre que l'on définit comme uniquement arabe. C'est là le point important et si nos dirigeants renoncent à cette revendication qu'ils ont, ils auront renoncé à toute l'existence du droit des Juifs à leur terre.

Il fallait préciser ces données avant de donner le point de vue du judaïsme sur ce problème. Cela prend plusieurs formes qui suscitent des débats sans fin et virulents:
- quelle est la surface de l'héritage?
- les Juifs n'ont jamais imaginé que certains d'entre eux changeraient l'héritage. Y a t'il une légitimité ou non à cette initiative?
- dans la mesure où cela apparaît impossible et interdit, sous quelle forme peut ou non se manifester l'oppostion à un pouvoir légitime qui réaliserait ces mesures.
Toutes ces questions dépendent de la responsabilité des grands rabbins de la génération qui sont habilités à y donner une réponse. Ce n'est aucunement notre niveau ni notre fonction et nous ne pourrons que transmettre les discussions ou décisions s'il y en avait.

Ce que je peux dire, et c'est le rôle de Modia, c'est vous aider à connaître ce qu'en dit la tradition. De l'étude à la décision, il faudrait une technique et des compétences qui ont des règles très rigoureuses et qui ne sont pas le niveau que nous avons. Cela doit être très clair et l'honneteté est de ne pas se prononcer en un sens ou en un autre simplement sur des réflexes émotionnels. Trop le font sans aucune compétence ni responsabilité et brisent les règles morales minimales. Dans un sens comme dans l'autre.

Sur cette base, voyons donc ce que dit RACHI.



Il faut bien comprendre le sens de ce que, parmi les milliers de commentaires de Rachi, il a décidé que le 1e de tous ses commentaires portera sur les revendications des peuples contre nous face à notre terre que Hachém nous donne.
Il indique par là pour les générations à venir que
les peuples se comporteront en persécuteurs mensongers et nous accusent et nous accuseront toujours d'occupation (kibouch) de la terre d'autres. Rachi utilise justement ce terme dans son 1e commentaire et il y apporte la réponse.


Voici la traduction: "(Pourquoi est-il dit ) Béréchite, en un commencement? Ribbi Yits'haq dit: la Torah n'aurait pas dû commencer autrement que par (le verset de Chémote 12): "Ce mois-ci est pour vous le premier des mois" puisque c'est là la première mitsva prescrite à Israël (après la constitution du peuple selon la Torah par Hachém lors de la sortie d'Egypte).
Alors, pourquoi commencer par "Béréchite" (qui parle d'autre chose, de la Création du monde)?
(Nous avons la réponse dans le verset du psaume 11,6) "D.ieu fait connaître à Son peuple la puissance de Ses oeuvres pour lui donner l'héritage des nations".
(Le motif en est ceci) Si les peuples du monde venaient à dire à Israël: vous êtes des voleurs qui occupez les terres des 7 nations, on leur répondrait (comme le Créateur le fait en commençant ainsi toute la Torah) que toute la terre appartient à Ha Qadoche Baroukh Hou. C'est Lui qui l'a créée et Il l'a donnée (librement) à qui bon lui semble (Jérémie 27,5). Par un acte de Sa volonté, Il l'avait donnée à ces peuples (descendants de Ham et qui se sont mal comportés et ont perdu ces droits). Par un (autre) acte de Sa volonté, Il l'a reprise à ces peuples pour nous la donner à nous". Fin du commentaire de Rachi.
Il reprend cela dans son commentaire sur le verset 111,6 des psaumes. Et le Rambane reprend le commentaire de Rachi sur Béréchite 1,1.
La base du commentaire de Rachi est dans de nombreux middrachim: Béréchite rabba 1,2, Middrache Léqa'h tov,2 et dans le Chir ha Chirim rabba, 1, sur le verset 4 qui met exactement les mots de Rachi dans la bouche de Ribbi Yanaï.

Il nous faut donc nous placer dans cette perspective:
- la terre a un seul Créateur et propriétaire.
- Il ordonne d'abord à l'homme "d'occuper" la terre. Il n'y a rien de négatif en cela. Il n'y a donc pas des occupants et des gens qui seraient les propriétaires légitimes. Le seul propriétaire est le Créateur. Ensuite l'usage est attribué par une "occupation" ordonnée et attribuée. Voici le texte de Béréchite 1,28 ("remplissez la terre et occupez là") où vous voyez dans le dernier mot les lettres du mot kibbouche


C'est exactement le mot de Sharon, celui des mouvements palestiniens ou des pacifistes israéliens et de Rachi qui est celui-ci "que vous occupez":


Après la perte totale d'humanité et de morale, des 7 nations, une re-Création claire s'est produite par le don de la Torah au Sinaï à un petit peuple que Hachém a décidé de placer sur Sa terre à Lui qui est le Sanctuaire du monde pour y donner et y diffuser la bénédiction. Ils auront à l'occuper. Moché l'explique clairement au peuple en Bémidbar 29, 20... (à lire absolument)

C'est dit à l'occasion d'une tribu d' Israël qui voulait habiter non pas sur la terre mais en dehors, en deçà du Jourdain.
Les conditions sont claires: occuper la terre, à la place des inhumains, mais se comporter moralement selon la Torah. Là, il y a un gros problème dans l'époque actuelle avec nos gouvernants actuels qui ne gouvernent pas cette terre pour y établir une société de justice et de moralité selon la Torah. Les ennuis qui sont les nôtres sont aussi liés à ce problème car tous nos textes disent que dans cette mesure, le Ciel donne pouvoir aux autres de nous harceler jusqu'à ce que nous revenions dans la bonne façon de vivre. La solution n'est certainement pas la voie actuelle qui consiste à persévérer dans l'injustice sociale et donner la terre pour éviter la pression des autres peuples. Absurde solution.

Yehoshua, (18,1) lui, a occupé la terre et y a fait vivre le peuple dans la beauté morale de la Torah:


Il y a donc une bonne occupation de la terre et une mauvaise. Effectivement, nous pouvons faire une mauvaise occupation, en ne vivant pas selon la Torah et tout se cnmplique et alors nous arrivons aux arguments pervers de la politique mondiale actuelle, qui n'est que la suite des siècles de persécution.La seule différence est que dans les siècles passés, nous étions persécutés et nous tenions la Torah et l'héritage; et que nous avons une génération horrible, après les cadeaux splendides qu'elle a reçue, qui est prête à jeter par la fenêtre l'héritage. Autant en ne venant pas y vivre et utiliser ce cadeau, qu'en y venant pour le donner à autrui au lieu d'avoir confiance dans toutes les promesses écrites et prouvées, et sans en faire une terre de justice ni d'enseignement de la Torah.
Alors l'occupation au nom du Ciel devient une horreur aussi immonde que l'acte vil de Aman envers Esther se couchant sur Esther (comme nous sur la terre dont on fait mauvais usage) pour lui demander pitié (comme nous) et le Roi (Hachém) arrive et dit : "tu fais de l'occupation sur mon épouse la Reine dans Ma maison!" (Esther 7,8).

On comprend clairement le symbolisme conjugal de l'union entre le peuple (amante cachée, Esther) et Hachém sur sa maison (la terre).
Cette même colère se retrouve dans le chapitre 5,5 du prophète Néhémie quand des Juifs mettent en esclavage d'autres Juifs au lieu de faire une société morale de Torah. Le texte dit qu'ils les occupent, comme Sharon dit qu'on ne peut pas faire de l'occupation sur les Palestiniens.

Conclusion.
Le roi actuel d'Israël, Sharon, a fait le lapsus le plus grave dont il espérait le meilleur bénéfice tactique pour nous débarrasser de cette partie de la terre d'Israël .

Mais il était aussi mu par l'esprit de notre tradition en mettant les pieds dans le problème le plus central qu'a à résoudre le peuple: celui de la moralité et de la fidélité à la Torah. Il est donc vital de refuser de jeter noytre héritage mais il est aussi vital d'y changer la façon actuelle d'y vivre. Il est accompagné du ministre Lapid, qui évidemment dans la ligne de toutes ses actions anti-religieuses vient de demander à Sharon d'abandonner son idée d'exiger la reconnaissance de "l'Etat juif" par les Arabes. Lapid également est un bon révélateur de nos problèmes, merci Lapid. N'en faisons pas non plus un bouc émissaire.
Mais la voie n'est certainement pas de liquider notre héritage traditionnel qui est fidélité à la morale et à la vie de la Torah qui donnera le respect de la part des peuples automatiquement.

Il y a en nous, dans notre peuple et en chacun de nous une tendance à nous auto-détruire, on la voit continuellement à l'oeuvre depuis ceux qui préférèrent rester en Egypte (80%) et mourir dans cette Shoa, tous ceux qui voulurent y retourner, voulurent détourner le peuple pour qu'il n'aille pas vivre sur la terre sainte promise, et surtout tous ceux qui voulurent en faire une terre comme celle des autres peuples, et sans la justice fraternelle de la Torah. Tout cela est actuel. Chacun est placé devant ces choix.
Le problème n'est certainement pas de liquider la terre (suicide) ni d'accuser Sharon. Accusons-nous et améliorons nous. Sharon n'est que l'expression de ce que nous sommes. A ceux que ses décisions révulsent, qu'ils tirent toutes les conclusions sur tous les plans que nous avons abordés. Sharon n'a pas à être le bouc émissaire de ce que nous ne faisons pas de bien. Il n'en est que le révélateur. Il va où nous allons chacun.Il ne pourrait pas y aller si nous n'allions pas dans la même direction immorale qui nous horrifie.

Tout cela étant clair et bien compris, nous avons reçu aussi les psaumes qui nous donnent la pédagogie pour nous améliorer et avoir la force de gagner en ces combats. Les voici, ceux qui sont adaptés à ces problèmes.
Si mon expression a commis des erreurs, soyez assez aimables pour corriger de vous-mêmes sans agression. Merci.



Le psaume 20 
10 versets (cette page comporte des lettres saintes, ne la déposer que dans un lieu respectable).

1. La ménatséa'h mizmor lé David
Au chef des chantres (au vainqueur). Psaume de David.

2. Hachém te répondra au jour de l'angoisse,
il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov.
3. Il enverra ton aide depuis Son sanctuaire
et de Sion il t'aidera.
4. Il se souviendra de toutes tes offrandes 
et Il fera bon accueil à tes sacrifices de ôla (holocauste pur).
5. Il te donnera selon ton coeur,
et tes aspirations Il les comblera.
6. Nous nous réjouirons dans Ton salut
et dans le nom de notre D.ieu comme un drapeau,
et Hachém remplira toutes tes aspirations.
7. Maintenant, j'ai su que Hachém donne le salut à son machia'h
Il lui répondra des cieux de Sa sainteté,
par les forces rigoureuses de Sa droite qui sauvent.
8. Ceux-ci c'est dans les chars, et ceux-là dans les chevaux (qu'ils placent leur confiance),
mais nous c'est par le nom de Hachém que nous faisons souvenance.
9. Ceux-là ont plié et sont tombés,
mais nous, nous nous sommes dressés et éveillés.
10. Hachém hochiâ Hammélékh
Hachém, sauve, Roi, 
yaânénou véyom qorénou
Il nous répondra au jour où nous l'avons invoqué.
(traduction du dernier verset, selon la découpe précisée par le Ari, zal).


Commentaire du psaume 20

Le psaume 20, est à dire en situation de guerre
Le Roi David disait ce psaume chaque fois qu'il devait partir en guerre ou qu'il envoyait ses généraux (voyez le premier commentaire de Rachi sur ce psaume et II Samuel 19).
Ibn Ezra l'attribue à l'un des poètes présent autour de David, ou à un poète qui recueillait les poèmes de David, et que -en tous cas- ce psaume concerne la venue du Machia'h, le Messie. Il comporte donc des enseignements très importants qui valent la peine d'étudier avec précision.
Le Malbim ajoute aussi le fait que ce nom de D.ieu qui le sauvera lui a été révélé quand il était encore hors de la terre promise (voir aussi Dévarim Rabba 2, 11 sur ce point). C'est donc un nom qui protège et aide à revenir en terre d'Israël, lieu de notre vie normale pour les Juifs.
 

Ce psaume va nous enseigner qu'elles sont les attitudes qui, seules, ont permis et permettent au peuple juif (minoritaire et faible) de ne pas succomber face aux forces environnantes quand elles sont hostiles, et face à la coalition constante des nations contre Israël en ce cas.

Il y a un niveau d'étude de ce psaume que nous ne développerons pas ici, celui qui montre que ce psaume comporte 18 noms de D.ieu qui y sont directement agissants.
Cela suffirait à expliquer l'efficacité du psaume. Ceux qui sont assez avancés dans l'étude de la guémara et de la halakha pourront demander à leurs maîtres cette marche supplémentaire et indispensable de la Torah.

Etude de chaque verset.

Premier verset 20, 1
La ménatséa'h mizmor lé David 
Au chef des chantres (au vainqueur). Psaume de David. 
Ce psaume commence par La ménatséa'h  Mizmor lé David. Cet ordre des mots est important. 

1. D'abord, l'expression La ménatséa'h 
Elle a un sens particulier. Elle est souvent traduite par "au chef des chantres". En hébreu moderne, ménatséa'h c'est le chef de chorale ou le chef d'orchestre. Ce mot  La ménatséa'h se trouve à l'ouverture de très nombreux psaumes : 4-6, 8-9, 11-14, 18-22, 31, 36, 39, 42, 44-47, 49, 51-62, 64-70, 75-77, 80-81, 84-85, 88, 109, 139, 140

- A un premier niveau, celui du sens littéral, lepchate, nous devons trouver le sens d'un terme là où apparait ce mot pour la première fois et, presque toujours, Rachi nous y donne la solution : c'est sur le psaume 3. Ceci est une règle importante de Rachi. Il dit que ce mot refère aux membres de la tribu des Lévi âgés de plus de 20 ans qui exerçaient la fonction que nous avons décrite dans la paracha Nasso, ainsi qu'il est décrit dans Ezra 3, 8. Cette fonction est de ramener le peuple dans la joie et cette interpellation du début du psaume a pour rôle que les Léviim se sentent renforcés dans cette mission importante.

- A un second niveau, celui de l'intériorité, le mot nétsa'h doit être pris au sens propre qui signifie "victoire". Et il réfère à un stade de descente de la bénédiction (ou séfira) qui se concrétise dans la "victoire" et la réussite (voyez les Tiqqouné ha Zohar 28b ou Chaaré Ora, ch. 3-4). Le Ari explique que les psaumes faisant allusion à la louange (hodou) indiquent un stade où le peuple est encore dans l'exil et que ce netsa'h, cette dynamique de la victoire les ramène en leur lieu véritable et cela aux yeux de tous (Chaâr Maamaré Razal). On comprend alors que ce psaume assure la victoire et, également, que nous en avons grand besoin actuellement pour deux motifs : nos ennemis sont déterminés a nous détruire et à nous renvoyer dans l'exil, et nos compatriotes ne viennent pas à notre secours ni au secours de leur terre et restent dans l'exil alors qu'ils pourraient ou devraient venir. Il nous reste le psaume. Le Ram'hal dit que la ménatséa'h assure chélémoute ha tiqoune, la complétude de la réparation (Pérouche âl ha kétouvim). On comprend alors l'expression Nétsa'h (D.ieu) Israël lo yéchaqér, Le Victorieux d'Israël ne mentira pas (et ne nous abandonnera pas mais réalisera ses promesses si nous coopérons).

2. Mizmor lé David
La tradition (Pessa'him 117a. Rachi sur psaume 23,1. Zohar  I 67a) nous fait remarquer que, lorsque nous commençons le psaume par les mots Mizmor lé David, il s'agit d'un psaume où David a d'abord chanté puis la Chékhina (présence de D.ieu) s'est unie à lui. Par exemple dans les psaumes 3, 4, 5, 6, 8, 9, 12, 13, 15, 22, 23, 29, 38, 39, 63, 65, 108, 141, 143. Il importe donc de comprendre ce sens.
Par contre, lorsque nous commençons le psaume par l'ordre des mots  lé David Mizmor, il s'agit d'un psaume où  la Chékhina s'est d'abord unie à David et, ensuite, il a commencé à chanter. Par exemple, dans les psaumes 24, 68, 101, 109, 139. 
L'expression "chante fortement" traduit le mot mizmor qui comporte l'idée de faucher comme une serpe les oppositions négatives. C'est ce que le Ari zal a pris comme début de son poème de Chabbate : Azammér bichéva'hine et traduit sur Modia ; il faut lire ce poème pour comprendre l'intention de celui qui prie avec un poème mizmor.

Il va de soi que le but de cette étude n'est pas un travail de recherche comme on le ferait sur n'importe quel texte d'une tradition étrangère. Mais le but de ces précisions est de nous aider à entrer intérieurement dans le rythme et dans la force de ces mots pour les dire en prière avec tout notre être. Et de le faire en mettant toute notre vie en cohérence avec cela. Et aussi, de le faire à l'intérieur de notre peuple Israël ; ce n'est pas une gymnastique de développement personnel égoiste, mais une aventure collective à réussir. 

Deuxième verset 20, 2
Yaânékha Hachém bé yom tsara,
yéssaguévékha chém Elohé Yaâqov.
Hachém te répondra au jour de l'angoisse, 
il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov. 

Ce verset nous apporte de nombreux enseignements qui sont des encouragements et des guides. Ils viennent de ceci : on nous présente que D.ieu nous aide quand il nous est présent sous le nom de D.ieu de Yaâqov. Cela est surprenant mais nous enseigne que :
- Yaâqov est choisi en cette heure parce qu'il a le plus souffert des trois Patriarches.
- D.ieu lui a envoyé des anges pour le protéger (Béréchite 32, 33).
- Il l'a soutenu dans sa détresse personnelle et dans ses pérégrinations sur la route (Béréchite 35, 3).
- en ces épreuves, et pour cela, il a été le plus solide des Patriarches. Dans le Traité Bérakhote 64a du Talmud, Ribbi Abine dit : celui qui doit porter un tronc d'arbre, doit le saisir par son côté le plus solide. Cela veut dire que Yaâqov fut ce point le plus solide de tous.
C'est donc dans ce nom de Yaâqov qui est aussi Israël que nous devons nous mettre pour demander l'aide à D.ieu quand nous sommes en détresse, quand notre famille ou notre groupe, ou notre peuple sont en péril et en fuite sans espoir clair. 
C'est aussi pour cela que nous somme nommés Israël en tant que peuple.
Et c'est quand D.ieu est nommé de ce nom par nous que le peuple est protégé par arrêt de la détresse, par accompagnement, et en nous accordant ce dont nous avons besoin.
Nous pouvons méditer chacun de ces points, et porter alors nos pensées et nos sentiments en disant ce verset du psaume, et la prière sera exaucée pour le bien d'Israël.
Nous allons voir ainsi beaucoup d'autres aspects très importants pour notre prière et pour Israël dans les jours suivants.
 
 

Le nom du D.ieu de Yaâqov, c'est aussi se placer dans ces dynamùiques dont parle le Middrache Rabba (75, 13) :
- Nous voyons que Yaâqov dit à ses serviteurs, à l'approche de son frère Esav (Esaü) : "laissez un espace entre chacun de nos troupeau et le suivant,
réva'h tassimou bein êder ou vein êder. (Béréchite 32, 17).
Yaâqov dit devant Haqqadoche Baroukh Hou : "Maître du monde, s'il se faisait que des ennuis (tsarotes) tombent sur mes fils, ne les fais pas venir immédiatement l'un après l'autre, mais laisse un intervalle (réva'h) entre chacun". En ces heures où chaque jour, et parfois plusieurs fois par jour, nos ennemis tuent avec cruauté nos enfants, nos amis, maris et mères, sans intervalle et sans que des mesures ne soient prises avec efficacité depuis des mois pour nous défendre effectivement, cette supplication envers le D.ieu de Yaâqov est nécessaire. 

Comment réagir, en plus de la supplication ? Yaâqov, au même moment leva les yeux et vit Esav qui venait de loin. Nous les voyons ces ennemis se préparer et avancer, soutenus par les nations d'Europe qui hurlent au scandale chaque fois qu'un Juif se défend ; elle n'aiment le Juif que victime et mort. Alors, comment réagir ?
Yaâqov, dit le Middrache, leva les yeux vers les Cieux, pleura et demanda miséricorde (ra'hamim) devant Haqqadoche Baroukh Hou et Il entendit sa prière. Est-ce que notre prière passe par ces étapes immédiates ? Regardons-nous le Ciel ou la télévision, demandons-nous ra'hamim ou est-ce que nous nous contentons de gémir ou de nous déprimer ?
Et alors, Haqqadoche Baroukh Hou lui certifia qu'Il le sauverait (en tant que peuple nommé Yaâcov-Yisrael) de tous ennuis par son mérite comme il est dit :
"Hachém te répondra au jour de l'angoisse, 
il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov". 
Le Middrache Téhilim remarque que ce psaume est cadré au 1er et au dernier verset sur la détresse, la demande et la réponse ; cela nous fait comprendre que si nous demandons, D.ieu est sensible et répond.
Cela correspond au commentaire de Rabbénou Bé'hayé (Béréchite 43, 14 et début du ch. 2). De même que D.ieu a arrêté le processus de Création du monde après 6 jours parce qu'il pouvait devenir une création continue et incontrôlée, et Il a crée l'arrêt du Chabbate, en disant Daï, cela suffit, terme mis dans Son nom Chaddaï, ainsi D.ieu arrête également les tracas (tsarotes) et Il est alors le refuge des créatures (son introduction à la paracha Pin'has).
Cela est si exact que le Middrache précise que D.ieu exauce au jour de la détresse, signifie qu'Il exauce même si nous ne parvenons pas à bien le demander mais si nous en avons l'intention. Et le Or ha 'Hayim (sur Vayiqra 6, 2 et sur Bémidbar 24, 17) dit que le verset veut dire qu'alors les ennuis ne dureront qu'un jour ! et que nous serons sauvés immédiatement de la galoute, de l'exil, si nous faisons pénitence (téchouva). C'est le sens de l'appel que j'ai lancé dans la lettre d'urgence.

Cette réponse à cette forme de prière est si forte que ce psaume est placé en 20e position dans le livre des psaumes, pour nous dire que toutes les 19 demandes que nous faisons dans la prière de la Âmida seront ainsi exaucées ; et la phrase qui le précède (psaume 19, 15) est justement placée pour cela dans cette prière :
Yiyou lératsone iméréi-fi vé héghiyone libi léfanékha, Hachém tsouri vé ghoali,
"Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon coeur soient agréables à Tes yeux, Hachém, mon rocher et mon sauveur".
On trouve cet enseignement aussi bien dans le Traité Bérakhote du Talmud de Jérusalem, que dans le Traité Taânite 9a, ou dans le Middrache Tan'houma sur la paracha Vayéra 1.

Et, comme cette prière des bénédictions est précédée de la bénédiction sur la guéoula (le salut final), alors le Rachba dit, dans ses Hiddouchim sur Bérakhote 9b, que la guéoula sera proche de cette téfila (prière).
Nous comprenons maintenant pourquoi ce psaume a 70 mots, car ils correspondent au concept juif des 70 nations qui peuvent être aussi bien les persécutrices d'Israël, que la reconnaissance espérée de la présence de D.ieu (Chékhina) dans Son peuple béni. (Pour les étudiants avancés, voyez sur ces enseignements : Tiqqouné Zohar 67, 2 et Chaâr ha Kavanotes dans le chapitre de Pitoum et Alénou et de Tiqqoune 'Hatsote).
Ces dynamiques nous sont enseignées avec une telle précision que le Méiri nous démontre que l'ordre des bénédictions de la Âmida est l'ordre même de ces psaumes (voir son  commentaire sur Bérakhote 31b et sur Méguila 17b).
Nous faisons cette étude aussi précise, pour ne pas nous contenter de vagues exhortations psychologiques mais pour déchiffrer avec sérieux le message de la Torah qui nous livre les remèdes si nous l'étudions puis le vivons avec précision.

Etude du verset  20, 3

Yichla'h-êzrékha mi qodeche, 
ou mi Tsione yisâdéka.
Il enverra ton aide depuis Son sanctuaire
et de Sion il t'aidera.
 Le secours ne vient que de Sion et du sanctuaire de Jérusalem, et d'aucune autre source.

Le Middrache Vayiqra Rabba 24, 3... développe cette idée que le salut  et l'aide ne viendront que de Sion comme il est dit explicitement dans le psaume 14, 7 : "qui donnera de Sion le salut d'Israël...". C'est de Sion que soufflera la corne du salut (Joël 2, 15).  Et de Sion vient la vie et la bénédiction qui la transmet. Et la bénédiction divine donnant la vie "pour toujours" (psaume 133, 3). C'est de Sion que sortira la Torah, pas d'un autre endroit (Isaïe 2, 3). Et le psaume 50, 2 dit que D.ieu se manifeste à partir de Sion, réservoir de toute la beauté.
Combien, en cette année de guerre, sont douces à entendre ces paroles du Roi Salomon (I Rois 8, 43-48) mises en évidence par le Middrache Téhillim : " Tu entendras de Ta maison... Quand Ton peuple ira en guerre contre l'ennemi, là où Tu l'enverras, et qu'ils t'adresseront leur prière, Hachém, tournés vers la ville que Tu as choisie et vers la maison que j'ai bâtie en Ton honneur... Tu entendras du Ciel leur voix suppliante et Tu leur feras justice".
Le Middrache Tan'houma, 9 sur la paracha Qedochim (soyez saints) reprend les deux parties de notre verset pour montrer que nous devons d'abord être unis à la sainteté de Hachém et être sains et que, alors, la bénédiction sortira de Sion.
Le Middrache Téhilim developpe cette idée en disant que c'est dans la mesure où on vit les moments qui sont caractérisés par la sainteté, comme le Chabbate, les fêtes de Yom tov et les jours de début du mois (Roche 'Hoddéche) ; il y a en cela une allusion sur le mot Sion qui indique aussi l'excellence : dans la mesure où nous vivrons en excellence (Sion) ces moments de sainteté, alors le lieu Sion jouera sa fonction de diffusion de la bénédiction.

Sizième verset 20, 6 
 Nous nous réjouirons dans Ton salut
et dans le nom de notre D.ieu comme un drapeau
et Hachém remplira toutes tes aspirations.

Ce verset est celui de quelqu'un qui aime et qui sait qu'il est aimé : le propre de l'amour est de devancer toutes les aspirations de l'autre et de les  satisfaire. Le Middrache Bémidbar Rabbah 2, 3 montre comme Hachém révèle cela à Moché, cet amour qu'Il a ainsi pour chacun dans le peuple juif quand il explique l'organisation du camp dans le désert où chacun a sa place autour du sanctuaire et "le drapeau qu'Il a mis sur moi est l'amour" (Cantique des Cantiques 2, 4). Il nous donne l'être, Son être et remplit nos trésors (Middrache Bémidbar Rabbah 9, 2 sur Proverbes 8, 21). Et, dit ce middrache, si quelqu'un entend dire du mal contre sa femme, il bondit ; ainsi Hachém envers Son peuple.
Nous comprenons maintenant le commentaire du 'Hida disant :
"Nous nous réjouirons dans Ton salut", c'est notre vie dans la Torah, et
"dans le nom de notre D.ieu comme un drapeau", c'est lors de la guerre comme il est dit dans le psaume 122, 2 pour ceux qui s'occupent de la Torah,
 "dans tes portails, Jérusalem".
 


(Nouveau commentaire)
 

Nous allons maintenant prendre une approche plus analytique de ce psaume.

Fixons d’abord le contexte dans lequel il s’adresse à nous.

Nous sommes dans une situation critique où l’environnement hostile s’étend par ondes concentriques depuis nos villes, nos frontières et jusqu’au Etats qui ont eu un terrible passé antisémitisme, spécialement les Etats européens. Devant la souffrance, beaucoup disent : « d’où nous viendra le salut ? ». L’angoisse est réelle car les pertes en vies humaines sont réelles.

Les psaumes sont rédigés, à partir d’une situation particulière dans la vie du Roi David, sous une forme qui les rend applicables dans tous les siècles et par tous. Pour aider Israël et chaque membre. Ici l’aide va concerner notre prière.

L’environnement hostile est une constante de l’histoire juive.

-         En Béréchite 32. 8, notre Père Yaâqov est dans cette situation : « Il fut fort effrayé et plein d’anxiété, distribua son monde… en deux bandes, se disant : Si Essav attaque l’une de ces bandes et la met en pièces, la bande restante deviendra une ressource ». Quand on en est là…

-         Avançons. En Dévarim 20. 1 : « quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé… ». Voilà un programme que l’on connaît quotidiennement face aux nations.

-         Avançons dans l’enseignement des prophètes (lisez Isaïe 31…) : il nous dépeint la fuite en avant de ceux qui, en ces situations, se précipitent pour aller demander de l’aide à la puissance de l’époque « mais qui ne se tournent pas  vers le Saint d’Israël, ne se souvient pas de Hachém… ». Situation constante et actuelle et analysée pour nous depuis toujours dans les catastrophes que cela engendre. Lisez le psaume 81 : « ne te prosterne pas devant un dieu du dehors… Ah, si Mon peuple voulait M’écouter, Israël marcher dans Mes voies, bien vite Je dompterais ses ennemis…». Ce dieu du dehors, c’est aujourd’hui le dollar et tout ce qu’il entraîne.

-         Et le psaume 83 décrit en détail cet encerclement par les ennemis, il faut le lire. Il est important de bien constater cette constante ; les cabalistes expliquent que c’est notre fonction de saisir les étincelles de lumière enchaînées dans les coquilles de mal et de les délivrer, c’est une réparation que nous devons faire, en particulier par la prière. Sans entrer dans le détail de cette tactique, voyons ce qu’en dit notre psaume.

 

Face à cela, le psaume 20 reconstruit notre assurance, on dit qu’il est écrit en léchone ‘hozéq, en langue de renforcement. Rachi indique que le peuple le disait à David quand il devait partir en guerre. Le Chla indique qu’il faut le réciter quand quelqu’un est malade ou dans la détresse. Comment se fait ce renforcement ?

-         Les versets 2 à 6 sont adressés à celui qui a besoin de cet encouragement. Les termes s’adresse avec force  pour injecter vers toi : « Il te répondra, Il te protègera … ». Allez observer cette écriture qui revient 11 fois en ces quelques versets. Nous savons bien que 11 est la composition de la qétoréte, les parfums qui sauvent du mal et des épidémies mortelles de toutes sortes dans le peuple.

-         Une expression revient tout au long du psaume : la réponse est assurée de la part de Hachém. Au début (yaânékha, Il te répondra), au milieu (yaânénou, Il lui répond), à la fin  (yaânénou, Il nous exaucera). Il faut bien réaliser que ce verbe « répondre » est un mot précis et fort dans la Torah. Par exemple, on l’utilise dans les supplications des périodes de séli’hotes (ânénou…) avant Roche ha chana, dans les prières des jours de jeûne.

-         De nombreuses fois, dans la Torah, Hachém rappelle à Son peuple qu’Il a répondu à ses prières. Il assure : « n’hésite pas » (Béréchite 46. 4). Lisez le chapitre 4 de Dévarim : « maintenant vous êtes vivants ! ». Et Job (36. 22), lui qui souffre tant, affirme : « Sûr, D.ieu est sublime dans sa force (hén-El yasguiv békho’ho) ». Le Roqéa’h donne ces référence en commentant les versets du psaume dans la prière du matin.

 

Alors, si nous avons l’assurance de la réponse divine, notre réponse doit être aussi nette, c’est toute la seconde partie du psaume (laissons le dernier verset à part) .

-         Il est dit âta (maintenant) yadâti (j’ai su). C’est l’immédiatement de la confiance et de la réponse dans l’instant même de la prière. Certains disent que David l’a compris ainsi, et qu’il l’a dit également en rentrant après la victoire.

-         Alors, sur plusieurs versets, nous formulons la conscience de cette réponse : réponse, puissance divine, confiance seulement en Hachém et non dans les autres puissants apparents, ni dans les forces apparentes (armées et puissances), capacité de porter notre différence alors que tout le monde fonctionne sur d’autres critères. Voilà ce que nous ne devons pas oublier en entendant les nouvelles et tous les débats sur les choix politiques ou militaires à faire.

 

Le dernier verset, comme la dizième marche ou séfira de la descente de la bénédiction, reprend tout l’ensemble en un résumé (« la » réalité est Hachém, notre appel pour être sauvés, la réponse dans l’instant de la prière. Le terme employé ici est « le roi, ha mélékh ». Il s’agit, en fait, de l’état de plénitude que l’on nomme malkhoute, royauté et qui est une union de la royauté divine et de sa présence ici-bas par notre conduite ; voilà pourquoi certains placent le mot mélékh en liaison avec la première partie de la phrase, et d’autres avec la seconde ; mais, en fait, c’est la même chose en ses deux dimensions.

 

Ce psaume est si important qu’on le lit chaque nuit dans le Tiqqoune ‘hatsote de Léa, les jours où on dit les supplications, dans les journées de supplications nommées Kippour qatane, petit Kippour, dans les prières pour les malades, et dans la prière du matin (à un moment différent suivant les communautés) après la prière de la âmida, après le psaume alphabétique de achré, avant la prière de Ou va lé tsione.

Résumons : c’est vrai que notre tâche est de supporter ces encerclements d’inimitiés et que nous avons à œuvrer au milieu de cela par la prière et la confiance. Le Tour commence tout son monumental ouvra de halakha (Arbaâ Tourim) par une exhortation à ne pas nous laisser impressionner par l’hostilité, même celle des railleurs. Et les psaumes veulent nous montrer que notre angoisse est comprise et assumée en peuple avec toute la solidarité de l’histoire : lisez les psaumes 22 et 38 et vous réaliserez combien cela est intense. L’épisode de Elie opposé aux mauvais prophètes démontre cela encore : il les accuse de l’infidélité qui entraîne la catastrophe (I Rois 18, 18), puis ceux qui n’ont pas confiance en Hachém ne reçoive aucune réponse (18. 28). Au contraire, la confiance donne la réponse et, alors néranéna (on se réjouira) et Hachém remplira toutes les aspirations, yimalé.

Ainsi, les grandes épreuves personnelles sont notre lot, comme individu ou comme collectivité. C’est une épreuve à dépasser, sportivement, par la dynamique de tout l’être qui absorbe les mouvements de ce psaume.

Nos Sages nous montrent aussi que ces dynamiques sont prouvées encore par l'union de divers Noms de Hachém dans ce psaume. Cela apparaît dans dans la disposition des lettres et dans leur compte numérique. Il ne s'agit pas de jonglages farfelus par combinaisons de logiciels mais bien d'une sagesse transmise de génération en génération. Ce n'est pas le lieu de l'exposer ici, mais les étudiants avancés pourront l'étudier auprès de leurs maîtres. Et en vivre. La Torah est ouverte à tous, à condition d'oeuvrer beaucoup.

 


Psaume 70 (pour l'intervention divine rapide face à nos ennemis).


1. Au chef des chantres. De David. Pour se souvenir.
2. D.ieu, pour me sauver ; Hachém, pour m'aider presse-toi.

3. Ils seront confondus et sombreront dans la honte ceux qui menacent ma vie ; 
ils battront en retraite ceux qui ne désirent que le mal contre moi.
4. Ils s'en retourneront, enfoncés dans leur honte, ceux qui disent de moi : ah! ah!.

5. Ils jubileront et se réjouiront en Toi, tous ceux qui Te recherchent ;
Et ils diront toujours "Il surpasse tout, D.ieu", ceux qui aiment Ton salut.

6. Quant à moi, pauvre et malheureux, D.ieu, hâte-toi pour moi ;
mon aide et mon refuge, c'est Toi, Hachém, ne tarde pas. 

Commentaire
Le 'Hida fait remarquer que le psaume 69 se terminait en disant : "D.ieu viendra au secours de Sion, Il rebâtira les villes de Yéhouda, on s'y établira et on en prendra possession. C'est la postérité de Ses serviteurs qui les aura en héritage ; ceux qui aiment Son nom y fixeront leur demeure".
Ce thème tellement actuel a été prévu par David pour notre temps. C'est en raison de ces promesses que David commence son nouveau psaume 70 par les mots : "pour se souvenir". Pour ne pas perdre de vue ces promesses. (Commentaire du Middrache Choham Tov).
Ainsi, en priant, je m'en souviens, Israël doit s'en souvenir, et je le rappelle à Hachém.

Alors, on peut dire le second verset : "D.ieu, pour me sauver, Hachém, pour m'aider presse-toi".
Et, en conséquence, même ce qui aurait été invoqué contre Israël en Haut sera annulé.
Au verset 6, il est dit : "Quant à moi, pauvre et malheureux..." car la prière du pauvre et celle du malheureux sont entendues de D.ieu plus que toutes les autres (Zohar, Chemote 86b).
En conséquence, il est dit :"hâte-toi pour moi (li)". Et chaque fois qu'est utilisée l'expression li, cela signifie que ce dont on parla n'aura jamais d'interruption (Vayiqra Rabba 2, 2). Cela veut dire que Hachém sera mon aide et mon refuge, toujours.
Les derniers mots du psaume sont alors pleins d'amour : "ne tardes pas".


Le psaume 108 (courage par la confiance en la victoire). Un psaume qu'il faut dire et redire en ces temps de guerre capitale des nations contre Israël.

14 versets
Ce psaume nous a été transmis car il est tellement nécessaire pour garder la vision totale de l'histoire et des forces réelles.
Et pour ne pas perdre l'orientation du coeur et de la tête.

Chir Mizmor lé David

Ce psaume commence par Chir Mizmor lé David.L'ordre des mots est important, nous le savons. 
Nous avons vu ci-dessus le sens de Mizmor lé David.Le terme Chir (cantique) qui ouvre ce psaume 108 comporte également cette orientation car le cantique nommé Chir est ce qui caractérise le groupe des Lévi : ils chantent dans le Temple chaque jour pour accompagner le "traitement" de ce qui doit être redressé et élevé. Leur histoire  montre qu'ils ont été affectés à ce rôle dans les moments difficiles du peuple dans le désert.

(Traduction du psaume 108)
David chante fortement ce cantique et la Chékhina s'unit à lui et répond à son espoir.

Mon coeur s'est affermi, Eloqim.
Je chanterai des cantiques,
des chants terribles,
mon honneur est retrouvé.
Eveille-toi, luth et harpe, j'éveillerai l'aurore.
Je Te louerai parmi les peuples, Hachém,
et je Te chanterai avec fermeté parmi les nations.
Car elle surpasse les cieux Ta bonté
et les cieux des cieux Ta vérité.
Ta bonté, fais-la monter jusqu'aux cieux, Eloqim,
et sur toute la terre étalée.
Pour qu'ils soient sauvés ceux que Tu aimes,
sauve-nous par Ta droite et réponds-nous.

Eloqim l'a décrété dans Son sanctuaire :
"Je triompherai, je m'adjugerai Chékhém,
et la vallée de Souccote je la mesurerai.
A moi est Guilad, à moi les terres de Ménaché,
et celles d'Ephraïm sont la forteresse de Mon commandement,
et Yéhouda mon gouvernement.
Moav est le bassin où Je me lave
et sur Edom d'occident Je jetterai ma sandale en possession,
et sur la Palestine, Je dominerai durement".

Qui me transportera à la ville fortifiée ?
Qui me transportera jusqu'à Edom ?
Eloqim ne m'avait-Il pas délaissé péniblement ?
Et Il ne sortait plus avec nos armées, Eloqim.

Viens donc vers nous en aide contre le mal
car il est vain et faux le salut des humains.
En Eloqim, nous ferons des prodiges,
Il écrasera nos persécuteurs.

Note. Ne soyez pas surpris de trouver ce nom de Palestine dans un psaume ; il y désigne seulement les habitants les plus acharnés d'alors contre les fils d'Israël. Ce nom devint le nom de l'ensemble du pays d'Israël quand les Romains voulurent humilier les Juifs et donnèrent à leur pays le nom de son plus mauvais ennemi ; pour comprendre par une analogie imaginaire, comme si les Britanniques avaient donné "Nazis" comme nom à la terre d'Israël, pays des Juifs, avec qui ils avaient des problèmes, afin de les humilier. C'est ce nom de Palestine et Palestiniens, chargé de cette haine envers les Juifs qui est revendiqué aujourd'hui par une partie du monde arabe qui veut se supplanter aux Juifs sur leur terre plus de trois fois millénaire. Avec l'approbation de l'occident qui est nommé depuis toujours Edom dans notre tradition. Elle dit que le lien entre les Juifs et les fils d'Ishmaël (Arabes) se rétablira dans la fraternité finalement, mais que le lien avec la culture romaine d'Edom sera plus difficile. Effectivement jusqu'ici, c'est cette culture romaine d'Edom qui a abouti à l'antisémitisme religieux chrétien sans lequel les autorités morales de l'Europe n'auraient pas collaboré jusqu'à Auschwichtz. Cet enseignement est clair dans les sources juives depuis 2000 ans.



Le psaume 121

8 versets


Chir la maâlote Cantique des degrés
Essa êinaï él hé harim.  Je lèverai mes yeux vers les montagnes
Méaïne yavo êzri,  d'où me viendra mon aide.

Êzri méîm Hachém ôssé chamyim vaaréts
Mon aide me vient de Hachém qui fait les cieux et la terre.

Al yitén lamotte raghlékha, al yanoum chomrékha
Il ne donnera pas à ton pied (l'occasion) de tomber, il ne dormira pas ton gardien.

Hiné lo yanoum vélo yichane chomér Yisraël.
Voici, il ne dort pas et il ne sommeille pas, le gardien d'Israël.

Hachém chomérékha, Hachém tsilékha âl yad yéminékha.
Hachém est ton gardien, Hachém est ton ombre à côté de ta droite.

Yomam hacchéméche lo yakéka, vé yaréa'h ba layéla.
De jour, le soleil ne te portera pas atteinte, ni la lune pendant la nuit.

Hachém yichmorékha mi kol râ, yichmor éte nafchékha.
Hachém te préservera de tout mal, il gardera ta vie.

Hachém yichmor tsétékha ou voékha méâta véâd ôlam.
Hachém gardera tes allées et venues, depuis maintenant jusqu'en l'éternité.


Psaume 129

1. Cantique des degrés. Abondamment ils m'ont persécuté dès ma jeunesse, peut bien dire Israël..
2. Abondamment ils m'ont persécuté dès ma jeunesse, mais sûrement ils n'ont pas pu venir à bout de moi.
3. Sur mon dos, ils ont labouré les laboureurs, ils ont allongé de longs sillons.
4. Hachém est tsaddiq (juste), il brise les contraintes des méchants.
5. Ils seront confondus de honte dans leur échec, et battront en retraite à l'arrière, tous ceux qui haïssent Sion.
6. Ils seront comme la paille posée sur les toits, avant même qu'on ne l'enlève elle est déjà desséchée.
7. (tant elle s'effrite) le moissonneur ne peut en remplir sa paume, ni le faiseur de gerbes sa brassée.
8. Et ils ne diront pas à leur sujet ceux qui passent par là : "que la bénédiction de Hachém vienne vers vous, nous vous bénissons au nom de Hachém".

Présentons le commentaire du 'Hida auquel nous joignons diverses précisions linguistiques.

- Le psaume commence par "Cantique des degrés" comme les 15 psaumes de 120 à 135 avec une particularité pour le 121. Cela montre l'importance et l'assurance de la bénédiction car 
1) Avraham, Yits'haq et Yaâqov vécurent ensemble 15 ans dans l'étude de la Torah.
2) il y a 15 mots dans le verset 28, 11 de Béréchite où Yaâqov a reçu des éclairages sur sa vie. Et de la pierre citée dans le verset sera fait le fondement du Temple.
3) il y a 15 mots dans le verset de la bénédiction des Cohanim.
4) il y a 15 mots dans le verset de Vayiqra 26, 42 où D.ieu se souvent Ses promesses et de Son alliance. 
5) Les Lévites chantaient ces psaumes en étant disposés sur les 15 marches devant le Temple entre la zone des hommes et celle des femmes (Traité Soucca 5,4 et Traité Middote 2, 5) ; Rachi reprend cela dans son commentaire. Le Traité Soucca 53 a et 53 b dit que le Roi David a composé ces 15 psaumes à l'heure du danger car, lorqu'il creusa les fondations du Temple, les eaux des profondeurs du monde montèrent et faillirent tout engloutir. David composa ces psaumes et elles reculèrent juste ce qu'il faut après qu'il eut aussi utilisé le Nom divin.
Il y a donc toujours un sens de progression lente vers le salut dans cette expression ; c'est pour cela qu'on commençait à chanter ces 15 psaumes à voix basse puis on montait le ton progressivement (commentaire du Méiri). C'est pour cela aussi que les pélerins qui montaient vers Jérusalem les chantaient car leur joie augmentait de plus en plus à l'approche du but. Tout cela correspond bien au sens du contenu du psaume.
Se reporter à toutes ces références.

- "Abondamment ils m'ont persécuté dès ma jeunesse" ; le terme "rabbate" veut dire de nombreuses fois et intensément. C'est une expression rare ; voyez dans les psaumes 65, 10 et 120, 6 ; Jérémie 51, 13 et Ezéchiel 22, 5 et 24, 12 ; II Chroniques 30, 17-18.

- La racine "tsérar" "tsérarouni" (ils m'ont persécuté) signifie l'angoisse, l'oppression, la guerre, l'extermination.

- Quel est le sens de cette persécution ? Le mot "tsérarouni" (ils m'ont persécuté) donne la réponse à cette question car il a la guématria du mot "tiqqoune" (réparation). Ainsi, ces persécutions que nous éprouvons par notre situation de dispersion (galoute) ont pour rôle de réparer ce qui a été abimé. Voyez ici le sens exact de ce terme important dans le judaïsme : tiqqoune. C'est une aventure qui commence dès la constitution de notre rôle et de notre peuple ; Moché lui-même a connu ces attaques de l'extérieur et de l'intérieur ; nous sommes exactement dans la même lignée en notre génération ; acceptons ce rôle.

- L'expression "yomar-na Yisrael", "peut bien dire Israël" veut dire littéralement : "dira, je vous en prie, Israël" ; c'est un ordre pour indiquer qu'il y a ici un enseignement très important.

- Mais ne craignons pas car le peuple d'Israël est invincible et inaltérable. En effet, dans le premier verset, Israël est nommé pour nous enseigner cela, puisque ce peuple possède en lui le nom de D.ieu, EL. 

- Et ce nom nous sauve et nous sauvera. Un autre enseignement nous le montre  : quand la Torah donne le nom de toutes les tribus d'Israël. En effet, les initiales de tous ces noms ont la guématria des initiales de toutes les séfirotes. Ce sont les dix étapes des processus de descente de la bénédiction divine. Ceux qui s'attaquent à Israël sous une forme ou sous une autre, s'attaquent à D.ieu-même et ils ne peuvent que perdre la partie, en toute inconscience de leurs actes, même s'ils les déguisent perfidement en nobles idéologies ou religions. C'est pour cela qu'il est dit au second verset : ils n'ont pas pu venir à bout de moi. Il n'y aura pas d'extermination finale d'Israël, toujours Esther vaincra.

- Il est écrit deux fois : "Abondamment ils m'ont persécuté" car les peuples attaquent Israël par la pensée et par les actes. Nous le voyons continuellement. Et, par les liaisons de sens entre les mots hébraïques, le 3e verset nous indique qu'ils agissent également par la parole contre Israël ; c'est le sens de l'expression : "Sur mon dos, ils ont labouré les laboureurs, ils ont allongé de longs sillons". La parole fait un mal douloureux qui porte très loin, comme les sillons.

- L'expression "gam", "mais sûrement" indique une insistance énorme et assurée.

- Le 4e verset reprend un triplet qui concerne ces trois formes d'attaques et les annule.

- Cela nous fait souvenir de la dureté de l'esclavage d'Egypte et, pour cela, ils furent libérés longtemps avant la durée projetée; ainsi en sera-t'il pour nous. La douleur ne durera pas tant que nous le craignons.

- Ainsi, nous ne verrons pas Israël, par la douleur, dégringoler jusqu'au 50e degré de l'impureté. (C'est important de s'en souvenir dans une période comme la nôtre où les ennemis de l'intérieur collaborent avec les ennemis de l'extérieur contre la Torah et contre notre terre et contre notre peuple pour nous détruire réellement physiquement avec persévérance, pensée, parole et actes. On dit aujourd'hui qu'il est mauvais qu'un peuple en domine un autre et l'occupe ; ainsi en est-il de ces ennemis intérieurs : un autre peuple les domine en eux-mêmes et les occupe, ils sont collaborateurs et capos cruels. Voir ici le poème "La colombe de la paix". Ce sens s'appuie sur le commentaire du psaume par le Radak sur II Chroniques 30, 17).

- au 7e verset, il est dit : "le moissonneur ne peut en remplir sa paume, ni le faiseur de gerbes sa brassée." Cela fait allusion aux femmes maagnifiques d'Israël qui ont toujours sauvé notre peuple ; ainsi, pendant l'esclavage d'Egypte, les accoucheuses faisaient leur belle besogne dans les champs, ce que veut dire ce verset. Et tout se termina bien, dans la paix.

- Le dernier verset de la bénédiction s'explique ainsi. Toute bénédiction même faire à tort fait son chemin. C'est pour ne pas bénéficier de la bénédiction  de Lavane que Rivqa fut stérile, afin que la bénédiction ne soit pas tordue ni qu'elle trouve sa source en un méchant. Ainsi de nos malheurs, comme de cette stérilité ; nous ne savons pas en quoi ils préparent le bonheur mais ils le préparent, comme pour Rivqa. Nous ne serons pas sauvé par les pseudo prophètes ou faux lecteurs de l'avenir qui prétendent connaître les jours et heures de la fin des temps. Non, nous ne dépendons pas de ces menteurs mais uniquement de la promesse de Hachém qui est vérité et ne nous quitte pas jusqu'à Son salut. Ne craignons pas ceux qui, temporairement, semblent mener le monde et faire bonne récolte de tout. Leur victoire n'est que du vent et ne durera qu'un instant.

On dit ce psaume, en particulier, avant la fin de Chabbate, car on ne doit pas oublier la grandeur de Celui qui nous emplit de Sa bénédiction lorsque nous revenons dans la dureté des travaux de la semaine. 
Ne craignons pas, nous serons "chalem", complet, comme Yaâqov ainsi que le montre sur ce psaume le Middrache Béréchite Rabba 79, 3 ou La lettre du Rambane. Le Middrache Tan'houma, sur la paracha Eqev ch 3, nous donne ce même enseignement pour les heures d'angoisse. Le Middrache Tehillim a un merveilleux middrache sur ce psaume que je laisse découvrir aux étudiants avancés.


Psaume 130
(La vérité dans le danger)


1. Chir hammaâlotes. Mimmaâmaqim, qératikha Hachém.

Cantique des degrés. Des profondeurs de l'abîme, je T'ai invoqué, Hachém.
2. Adonoute, chimeâ béqoli, Mon maître, écoute ma voix, que Tes oreilles soient écoutantes, envers la voix de mes supplications.
3. Si les fautes Tu en gardes le compte, D.ieu mon maître, qui peut subsister ?
4. Mais, avec Toi, c'est le pardon, pour que l'on Te craigne.
5. J'ai espéré en Hachém, tout mon être a espéré et Sa parole est mon espoir.
6. Mon être est tendu vers mon maître, bien davantage que les gardiens n'espèrent en la délivrance de l'aurore, que les gardiens n'espèrent en la délivrance de l'aurore.
7. Israël met toute son attente envers Hachém, car avec Hachém se trouve la bonté et avec Lui abonde le salut.
8. Et c'est Lui qui affranchit Israël de toutes ses fautes.

Psaumes traduits et commentés
Thèmes de commentaires
Notions hébraïques à connaître pour comprendre les psaumes
Le psaume 6 (Pour les malades ou pour les personnes et les communautés qui traversent de grandes difficultés).

Le psaume 20 (Dans les épreuves, comment puiser notre intelligence dans l'intelligence divine.) Et nouveau commentaire.
Les commentaires du 'HidaLes psaumes nommés maskil
Le psaume 21 (la prière pour la réussite du dirigeant d'Israël). Capital. New!..
Le psaume 22 (l'espoir d'Israël dans le désespoir)Ayéléte ha cha'har, la biche de l'aurore.
Le psaume 27 (la clef du salut d'Israël est dans nos mains)Ori véichi, ma lumière et mon salutA réciter chaque jour de Eloul
Le psaume 29 (comment la paix, la force et la bénédiction nous sont données)Oz véchalom, force et paixUn étude nouvelle très complète du psaume du Chabbate. Essayez.
Le psaume 30 La joie..
Le psaume 31 (Dans la détresse et contre le mauvais oeil). Comment prier...
Le psaume 34 (Le psaume éducatif). Comment vivre en Juif heureux...
Le psaume 35  (contre les perfides et les trahisons)..Les psaumes nommés lé David.
Le psaume 48  (comment tout travail de la semaine est la condition du Chabbate)..Une étude qui apprend ce qu'est le langage caché des psaumes
Les psaumes 59 et 58 contre les désinformateurs et le mauvais oeil (également psaume 31)..Les psaumes nommés Mikhtam
Le psaume 67 (que les nations louent D.)Les psaumes dans le TalmudLe tiqqoune ha klali
Le psaume 70 (supplication pour  l'intervention divine rapide face à nos ennemis)...
Le psaume 84..
Le psaume 85 (les clefs du bonheur) Le retourLes psaumes dans le ZoharLes psaumes nommés chir
Le psaume 89  (savoir prier et vivre dans les épreuves collectives et personnelles)Sens de  la structure du psaume.
Le psaume 90(comment vivre) Le psaume de Moché Rabbénou.
Le psaume 91 (protection face aux méchants)Règle des commentaires de RachiLes psaumes nommés mizmor
Le psaume 105 (garder ou non confiance pour Israël) NEW.
Le psaume 108 (confiance dans la victoire face aux nations) Le Machia'h (messie) dans les psaumesLes psaumes nommés âl-hachéminite
Le psaume 121 (le Gardien d'Israël)La Chékhina dans les psaumesLes psaumes nommés laménatséa'h
Le psaume 122 (joie vers Jérusalem)Les dix sortes de psaumesLe tiqqoune klali
Le psaume 129
(comment garder l'espoir).
L'aveu nécessaire des fautes (viddouï)Les psaumes nommés 
Cantique des degrés, Chir hammaâlote
Les psaumes 83, 130 et 142  (Les psaumes dans la persécution et le désespoir)..
   



Voir également sur le site Modia :

Retour à la page générale des prières
Retour à la page des prières pour les dirigeants
Retour à la page de la prière pour la terre d'Israël en danger
Comment prier
Ce qu'est la prière, et la rina comme l'une des 10 formes de prière.
La page des divers textes sur la prière avec les traductions des prières.
Comment prier pour les enfants : la prière de Chla .


 

Retour
à la page d'accueil

 
Toutes les photos du site sont Copyright de l'auteur (sauf images autorisées externes) - Aucun travail n'est effectué sur le site pendant le Chabbat et les fêtes juives
© Copyright - Textes, informations et webmaster: Dufour