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Un espoir dans le noir.
La prière en temps de guerre :
les psaumes 74, 75 et 110.

Présentation et étude 
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur le commentaire du 'Hida
Site Modia http://www.modia.org



 
 

Il ne suffit pas de s'informer, ni de vibrer, ni de participer par le coeur, ni de manifester sa solidarité, il faut aussi reprendre l'axe de la vraie vie par la prière. Deux voies :

1. La prière de la Âmida, la prière des 18 bénédictions que l'on dit 3 fois par jour. Il nous est demandé de rectifier 17 étapes avant que la paix puisse nous y être accordée. Elle n'est qu'un couronnement et non pas une réalisation immédiate.

2.Les psaumes nous donnent cette prière juste mais, en plus, ils nous enseignent comment vivre pour que la guerre disparaisse.
Les psaumes 74, 75 et 110 sont particulièrement adaptés à la prière en tant de guerre. C'et le cas actuellement. Lisez-les et nous les comprendrons avec le commentaire du 'Hida, intitulé Téfilote Yossef.

Commentaire du verset 2 du psaume 75. 
Il dit : hodinou lékha, donne-nous de Te louer. Cela nous enseigne que nous devons être conscient que la vie n'est pas un fait brut, ni un acquis. Nous devons être sensible constamment au fait que la vie est un don gratuit de par la bonté de D.ieu. Et, plus encore que la vie, nous avons reçu un autre don, celui de pouvoir avoir le bonheur de nous adresser à D.ieu et de Le louer. C'est cela l'ordre des choses.
Je prends un exemple pour le rendre sensible. Dans un couple, quand les deux personnes perdent la conscience que leur vie ensemble est le résultat d'un amour, d'un choix, d'une liberté et ne l'expriment plus en bonheur à l'autre, ils voient leur vie commune comme un fait acquis, un fait, une habitude et se ferment l'un à l'autre ; la médiocrité s'installe puis la vulgarité, l'ennui et le besoin de vie ne porra plus ressurgir qu'avec une aventure externe. Et c'est la destruction et la guerre.
Il en est de même entre parents et enfants quand les parents n'ont pas développé chez les enfants la conscience que leur présence est un don gratuit venant de l'amour gratuit des parents. Cette attitude est le cavod, le respect que la tradition juive développe et manifeste par la bénédiction des enfants par les parents le Chabbate, par les enfants qui, alors, baisent la main, et par de nombreuses coutumes de respect.
A contrario, quand la vie n'est plus ainsi reliée à sa source mais que l'homme la voit comme un combat et c'est "lui-même" qui va l'emporter et gagner et construire ainsi la vie, il devient fou et bête, et il devient une bête ; la vie sociale devient une jungle, les valeurs sont le gain seul et la situation sociale définie par l'argent. C'est la civilisation américaine et c'est une grande tristesse que de voir en Israël que cela est devenu l'idéal pour de larges couches de la civilisation. On est là entièrement en dehors du monde juif qui doit se caractériser par les valeurs de la Torah, par la justice, la solidarité, la bonté, le 'hesséd sur lequel D.ieu a fondé le monde. Voyez le commentaire de la fête de Hochaâna Rabba qui réinstaure cet ordre normal.
Quand le peuple perd cela, la guerre sociale s'instaure.

Commentaire du verset 4 du psaume 75. 
"Que la terre en soit alarmée avec ses habitants, némoghim éréts vé khol yochévéya".
Nous voyons d'abord que l'état du moral des habitants est lié à ce qui se passe pour la terre. La situation où les deux sont menacés en même temps actuellement, nous fait bien comprendre ce que le Roi David nous enseigne ici : l'état moral des habitants se traduit ipso facto par l'état de la terre. 
Le Traité Âvoda Zara 3b le précise, "Haqqaddoche Baroukh Hou a fait un accord avec les oeuvres de la Création : ou bien Israël accepte la Torah et la vie, et ce sera bien, ou Israël ne le fera pas et ce sera le chaos". Et cela n'est pas théorique car il est dit : "Je t'ai prescris et Je t'impose d'exécuter AUJOURD'HUI la Torah" (Dévarim 7, 11). Et les nations penseront que ce n'est pas possible mais Israël le fera et D.ieu "se mettra à rire dans les Cieux" (Psaume 2, 4).
Voilà l'ordre des choses, nous enseignent le psaume et le Talmud qui le commente. Que cela nous plaise ou pas, c'est la Création, c'est la fonction du peuple juif. S'il s'écarte de cela, c'est le chaos. Et le commentaire des Tossafistes sur la page de Âvoda Zara sur le mot Néguiîm dit : "c'est seulement par le fait qu'Israël accueille et réalise la Torah que le monde subsiste en bien" : déqabbalat isrel hattorah levad nitqayem ha ôlam âl ha qabbala lévad.
Et le Traité Baba Metsia 24a indique aussi que par cette acceptation de la Torah et par le fait de la vivre, Israël est reconnue en mérite par le monde entier.

Celui qui connaît et comprend ces enseignements est alors sensible à deux événements qui, sans cela, restaient incompréhensibles :
- la concommittance de cet état de guerre avec la période immédiatement précédente où le gouvernement minoritaire et ses supporters minoritaires dans le pays avaient mené un harcélement incessant contre les institutions de la Torah, contre ses leaders dans une injustice qui choquait même les non-pratiquants. Le dispositif policier et judiciaire étaient mobilisés par lui pour cela avec les médias, puis le gouvernement préparait aussi un dispositif juridique et législatif pour supprimer d'Israël toute référence au judaïsme, c'était la "révolution laïque" des ministres gauchistes et de Barak. Exactement le pire bolchevisme. Quelques semaines après cette guerre contre le judaïsme et la Torah, la guerre éclatait de l'intérieur et de l'extérieur sur la terre d'Israël contre Israël. Exactement ce que toutes les pièces historiques du Tanakh ont relaté cent fois pour nous mettre en garde.
- le peuple a perçu ce rapport, c'est l'origine de cet immense mouvement de téchouva ou, sans cesse, des dizaines de milliers de personnes ont réagi dans des manifestations qui ne se dirigaient pas "contre le gouvernement" mais "pour revenir à la Torah". Et l'important, c'est que toutes les couches sont présentes ENSEMBLE dans ce regroupement du peuple, car il y avait une grande faute inconsciente en Israël par le clivage hostile des différentes communautés et des différents courants religieux.

Cela n'est pas une thèse personnelle, ce sont des faits, c'est l'enseignement de la Torah, ce sont les commentaires du Talmud et de nos Sages. Et ils nous donnent les voies et les instruments pour VIVRE et être heureux sur notre terre. 

La paix en Israël en sera la conséquence ou la guerre, elle ne sont pas des fruits incompréhensibles ni imprévisibles. Nous y avons une tâche, une mission. Ce n'est pas une terre de retraite ni de vacances, ni un lieu pour vivre en dehors d'elle en la rêvant, ni pour lui manifester seulement notre solidarité dans les guerres alors que notre présence en y vivant selon la Torah aurait fait éviter ces guerres, alors que notre vote y aurait placé des dirigeants respectant l'histoire et la mission de notre peuple. 

Nous savons qu'Israël est en danger constant, il n'est pas d'excuses à ne pas y être présents car tous nous sommes membres de ce peuple. On objecte que c'est difficile, qu'on n'est pas sûr de pouvoir y vivre et y trouver logement ou travail. Mais l'argument ne tient pas car il se pose et s'est posé à tous ceux qui y sont revenus. Et ils sont parvenus à y vivre.
Personne n'a à juger, car c'est vraiment TRES difficile. Et c'est très difficile aussi d'essayer d'y vivre selon la Torah.
Mais, au moins, on essaye et on prend sa part vitale de responsabilités pour la vie de notre peuple. Tout le bien que l'on peut faire pour le peuple ou pour Israël de l'extérieur ne fait pas le poids à côté d'une vie sans bruits mais sur la terre d'Israël. Là est notre place pour y vivre la Torah. Et les difficultés d'insertion sont à y porter là ensemble dans la solidarité et la justice ; cela est aussi un combat à mener pour arrêter ceux qui veulent y construire une jungle économique selon d'autres valeurs. Et souvent nous n'y parvenons pas, soit par manque d'éducation juive de nos sources, soit par assimilation, par incapacité à franchir ces pas, par peur. Tout cela se comprend.

Disons maintenant ces trois psaumes.

Si ces paroles semblent excessives ou donner des leçons, pensons à ne pas utiliser cette réaction de défense injuste contre les enseignements de la Torah et la transmission que nous en font nos Sages. Je n'ai fait que les véhiculer vers vous, en secrétaire, en facteur.

Pourquoi certains paient-ils si chers le prix ici, en étant si peu nombreux ? Est-ce juste ? 
Quand tant de communautés florissent ailleurs, mais aussi quand tant de Juifs vivent dans des conditions matérielles ou morales difficiles ailleurs ; cela ne leur serait pas plus difficile ici ; et, au moins, ils contribueraient directement à bâtir leur pays en indépendance et en dignité assumée, et selon la Torah qu'ils connaissent et qu'ils pourraient enseigner ici. Et ils auraient le bonheur de servir directement, même très modestement. C'est cela la vie.
 
 
 
 Prier pour la paix
Prier pour nos dirigeants et pour un Israël juif

 

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