modia.org : un site pour étudier et
vivre le judaïsme, le Talmud et la Torah
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Dans le drame actuel de la guerre,
de plans les plus divers des puissances pour dépecer la terre d'Israël
et la remettre aux terroristes qui divergent dans les méthodes mais non pas dans le but,
continuité de l'Occident depuis des siècles de persécutions pour essayer de retirer Israël de son héritage, nous nous rapprochons des heures décisives,

que demander dans une prière POUR LA PAIX,
POUR NOS DIRIGEANTS, POUR NOTRE PEUPLE,
POUR LA TERRE D'ISRAEL ?
En quels termes le demander ?


(Réponses de nos Sages)


La prière POUR LE TEMPS DE GUERRE. 
Important : le psaume de David pour la victoire


étude par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour Site Modia : http//:www.modia.org

(Dessin de Moché regardant la terre où il ne pourra pas entrer)
Cette page contient des lettres saintes, ne la déposer que dans un lieu respectable.


PRIÈRES

La prière POUR SAUVER LA TERRE D'ISRAEL, par le Rav Mordékhaï Eliyahou, Grand Rabbin Sépharade d'Israël

La prière POUR LE TEMPS DE GUERRE. 
Important : le psaume de David pour la victoire
Un espoir dans le noir. Les psaumes 74, 75 et 110
La prière POUR ISRAEL avant d'allumer les lumières du Chabbate, par le Rav Mordékhaï Eliyahou, Grand Rabbin Sépharade d'Israël
La prière POUR LA PAIX :  le psaume 125 (texte et commentaire).
Le psaume 21 POUR LE DIRIGEANT du peuple d'Israël
La prière POUR LES DIRIGEANTS et pour la terre (traduction et commentaire  de la prière du Ram'hal)
La prière POUR LA TERRE D'ISRAEL (psaume 85), selon le Roi David
Les autres prières juives


COMMENTAIRES DES PRIÈRES

Commentaire de la prière pour la terre d'Israël, selon R. Moché Hayim Luzzatto
Qui est R. Moché Hayim Luzzatto, le Ram'hal ?
Traduction de la prière du Ram'hal
Qui a la capacité de définir la prière qui correspond aux besoins actuels ?
D.ieu a besoin de la prière des hommes, par le Ram'hal
L'enseignement de la paracha Bé'houqotaï
La terre : paysages, et villes



Le problème


Devant les dimensions dramatiques où les responsables politiques ont organisé et réalisé l'abandon systématisé de la terre d'Israël et sa transmission à ceux qui affirment sans cesse et ouvertement leur volonté d'en prendre le contrôle total par tranches, 
de nombreux lecteurs posent les questions : pourquoi le Ciel n'intervient-Il pas ? comment peut-on Lui demander d'arrêter ce drame irréversible ?
Les phrases qui reviennent sans cesse, même de la part d'anciens, sont : "jamais on n'est descendu si bas dans le mépris de soi-même, de son identité, de son histoire, de toutes les générations, de notre Torah, de nos valeurs". 
Des lecteurs rapportent que des arabes ont dit : "vous devriez avoir honte d'avoir ainsi donné les villes de vos ancêtres, Naplouse, Hévrone, mais vous n'avez même pas ces sentiments de honte, nous avons honte pour vous, vous ne méritez pas votre pays". 
Des non-Juifs habitant à des milliers de kilomètres d'Israël nous disent : "mais qu'arrive en Israël, jamais on n'a vu un pays dont les habitants veulent donner leur terre, jamais. Etes-vous devenus fous ?". 
D'autres, nombreux : "mais pourquoi le Ciel n'intervient-il pas d'une façon ou d'une autre pour faire comprendre, bloquer cette dégringolade ?".

Je ne traiterai pas ici des dimensions psychologiques de cette haine de soi, mélange de 
- adhésion aux souhaits des ennemis ou persécuteurs pour en être apprécié ; ce "syndrome de Stockholm" est maintenant bien  analysé, c'est la séquelle de l'esclavage séculaire où, pour survivre, beaucoup n'avaient qu'une solution, devenir le plus possible à l'image de l'autre qui vous sadise.
- conflit continu dans le peuple juif depuis sa constitution, composantes qui se sont manifestées dans le "êrev rav" (peuple mélangé dans le livre de Chémote, l'Exode) qui voulait retourner en Egypte pour y vivre en esclaves en adorant les dieux des autres, et dans les élites apparentes qui veulent détourner le peuple de son identité (voir la paracha Chéla'h lékha), ou qui jouent des falsifications du langage et de la pensée (la falsification du terme "paix" aujourd'hui, comme sous le communisme) pour casser le peuple et prendre le pouvoir (épisode de Qora'h).
Il manque à Israël la lumière, l'idéal, un ou des leaders qui vivent dans cette lumière et qui parlent au peuple à partir de là et qui le guident et le gouvernent dans cette lumière qui est sa raison d'être. C'est là le problème, le reste ce sont des conséquences de ce défaut fondamental.
Le motif essentiel est le manque d'éducation dans les valeurs de la Torah. Si cela se faisait, comme le dit le texte du Chémâ ou la paracha Bé'houqotaï, alors notre terre obtiendrait automatiquement la paix et nos ennemis ne convoiteraient pas notre terre.

Ici, j'essaierai de répondre à la seule question de la prière : que demander dans une prière pour la terre d'Israël ? En quels termes le demander ? Y-a-t'il une prière dans cette situation qui semble désespérée dans tous les sens du terme ?


Qui a la capacité de définir la prière qui correspond aux besoins actuels ?
Seuls les Sages reconnus comme ayant reçu toute la connaissance de la tradition sont habilités à le faire. En effet, il ne s'agit pas seulement de trouver les mots les plus exacts et pertinents. Il faut aussi connaître ce qu'est la prière, les relations entre les niveaux des mondes, les pièges et erreurs qui pourraient se glisser dans le pilotage de ces voyages particuliers ; les conséquences peuvent en être très graves.
En conclusion, autant chacun a le devoir de prier selon son coeur, autant la prière collective ne peut se faire que selon les codes, les rites, les mots, les temps fixés par ceux qui savent, dans leur science, dans leur sainteté, dans leur humilité qui ne sont pas de nos niveaux.

C'est pour cela que  nous recensons ce que nous ont proposé ces grands maîtres
à l'heure où la situation de la terre d'Israël devient tragique de par la responsabilité immense d'une partie du peuple et de nos dirigeants 
qui n'ont pas conscience de la nature de notre terre,
qui cherchent à la donner à d'autres, ce que ne fait aucun peuple pour sa terre,
qui veulent que le sens national et historique de ces parties de la vie juive soit détruit et extirpé de notre identité nationale.


D'où nous viendra le salut ?

1. La Torah nous livre par l'étude les éclairages dont nous avons besoin. Nous les trouvons dans l'enseignement d'Avraham avinou sur la terre d'Israël, dans l'enseignement donné pour nous à Yehoshua dans la paracha Chela'h lekha.   Il n'y a pas d'existence pour le peuple juif hors de cette Torah. Tous les combats intelligents, économiques, psychologiques, politiques de la citoyenneté juive sur la terre d'Israël sont vains s'ils n'intègrent pas la vie et les exigences de la Torah. Ceci n'est qu'une image, mais celui qui négligerait de mettre l'huile dans le moteur de sa voiture et dans les engrenages, aurait-il la plus belle voiture, il la détruirait avec certitude en quelques instants malgré le plaisir qu'il trouverait à agir. C'est ce que nous constatons en ce moment en Israël. Mais nous voyons déjà les signes précurseurs d'une nouvelle génération qui a tiré les enseignements de ces erreurs.
2. Le Chabbate est l'interruption dans le temps des hommes et de leurs volontés. Il installe totalement le temps et les qualités de vie qui sont totalement de lumière divine, de pureté divine, de bonheur divin. C'est la plus grand efficacité politique. Le temps uniquement humain sans cette greffe ne peut pas atteindre à la qualité souhaitée par les hommes. Nous avons une science millénaire de cette gestion. Les nouveaux mouvements qui découvrent l'écologie ne sont que des pâles découvertes à côté de cette connaissance qui nous branche sur la source de vie, en direct.
Bien plus, l'homme est tellement autodestructeur et futile qu'un humanisme intégral le plus réfléchi ne ferait pas éclore le printemps souhaité pour le genre humain. Il faut intercaler ce temps uniquement divin au milieu des séquences de temps humains.
Pourtant notre rôle est essentiel dans le Chabbate car c'est nous qui le recevons et le faisons s'épanouir, c'est le pouvoir de l'homme. Et alors... lisez ici le chapitre 58 d'Isaïe : si tu abandonnes tes occupations habituelles sur tous les plans pour vivre Mon Chabbate, alors tu jouiras de...
Lisez aussi les termes de la prière de moussaf qui assure les frontières de la tere d'Israël et veut nous y faire habiter.
3. Chaque prière des 18 bénédictions nous donne la meilleure formulation pour la défense et l'intégrité de la terre d'Israël et de Jérusalem. Prenez conscience de chacune des formules qui le précisent.
4. Chaque fois que nous récitons la prière après le repas, nous remettons la nature et l'histoire de la terrre d'Israël dans son ordre et nous pouvons accepter la réalisation de ce bon ordre des choses. Lisez le "birkate hamazone" en ce sens, vous y trouverez de nombreux termes sur tout ce dont a besoin le peuple d'Israël sur sa terre.


La prière pour la terre d'Israël, selon le Roi David

Lisez le psaume 85. 
Au niveau du sens littéral, il répond exactement aux besoins de l'heure et des intelligences et des coeurs ; retour à l'idéal ancien, regret des fautes, pardon, confiance en la bonté devant la colère méritée, supplication envers Celui qui seul peut nous améliorer et nous faire revenir à la vraie vie, appel à la tendresse, confiance, et alors seulement (contrairement aux programmes politiques de bas niveau), se réalise le paysage des idéaux vantés ; car nous serons en Sa présence, et alors Il agira. 

Mais aussi, ceux qui ont accès aux enseignements profonds de la tradition y trouveront sur chaque mot des synthèses lumineuses et pleines de force. 

Voici notre traduction :

1. Au chef des chantres, par les fils de Qora'h. Chant.
2. Tu as voulu, Hachém, Ta terre, Tu es revenu vers les restes de Yaâqov.
3. Tu as enlevé le péché de Ton peuple, tu as couvert tous leurs péchés, pour toujours.
4. Tu as contenu toute Ton indignation, Tu es revenu sur Ton mouvement de colère.
5. Fais-nous revenir, D.ieu de notre salut, retire Ta colère de nous.
6. Seras-Tu pour toujours irrité contre nous ? Feras-tu durer Ta colère de génération en génération ?
7. Est-ce que Toi Tu ne reviendrais pas pour nous faire revivre ? et Ton peuple se réjouira en Toi .
8. Fais-nous voir, Hachém, Ta bonté, et Ton salut Tu nous le donneras.
9. J'écouterai ce que prescrira le D.ieu, Hachém, car il décrètera la paix vers Son peuple et vers ceux qui le révèrent de tendresse. Et ils ne reviendront plus vers leurs stupidités.
10. Mais Il est près pour ceux qui Le craignent Son salut, pour qu'habite Sa gloire dans notre pays. 
11. Amour et vérité se sont rencontrés, justice et paix se sont embrassées.
12. Vérité de la terre jaillira, et la justice depuis les cieux brillera.
13. Oui vraiment, Hachém donnera tout ce qui est bon, et notre terre donnera sa moisson.
14. Justice devant Lui se tiendra et mettra en route Son action.




La prière . pour le dirigeant d'Israël, le psaume 21 (lien ici)




La prière pour la terre d'Israël, selon R. Moché Hayim Luzzatto

Nous terminerons avec cette prière rédigée par Ribbi Moché 'Hayim Luzzatto.
Elle fait partie d'un livre de 515 prières qu'il a rédigées dans la ligne du psaume 
mais en y développant la démonstration logique que ce programme est ce que souhaite la Torah, 
c'est ce qu'elle que nous demande.
Et elle nous propose de le réaliser d'une certaine façon, en sachant ce qu'il faut demander, et comme il faut le demander.
Les citations de la Bible viennent le prouver.
Nous développerons ces points.

D'abord, qui est Ribbi Moché 'Hayim Luzzatto ?
Il est né à Padoue (1707-1746), et fut un prodige d’intelligence, de savoir et de créativité dès sa jeunesse, tant dans les  connaissances juives que dans les connaissances profanes. Il dut affronter de terribles persécutions suscitées par la jalousie et la médisance, et s’exiler à Amsterdam. Plusieurs de ses œuvres sont des classiques pour la formation de la pensée juive, de la 'hassidoute et du moussar (la morale) (Méssilate Yécharim, Dérékh Hachém, Daâte Tévounote). Sa méthode  d’introduction à l’étude du talmud (Dérékh Tévounote, La voie de la compréhension, 1742) est moins connue ; il sait y  allier, comme dans ses autres œuvres, une expression claire et la flamme de l’amour de la Torah, utilisant toutes les  ressources de la raison chez l’étudiant dans cette ligne ouverte proposée par le Rav Qanepanetone. Le Gaone de Vilna dit de  ses œuvres qu’il n’y manque pas un mot et qu’aucun n’est superflu. 



Texte et traduction de la prière de R. Luzzatto

Explication de la composition de cette prière 

Elle se divise en quatre parties :
- une introduction de quatre mots (El E'ahd Ya'hid OuMéyou'had, D.ieu Un Unique et Unifié) qui se trouve au début de chacune de ses prières.
- une présentation des textes du Tanakh (la Bible) qui justifient la demande.
- la prière de demande.
- une formule de conclusion qui se trouve à la fin de toutes ses prières : lichouâtékha qiviti Hachem, en Ton salut j'ai espéré, Hachém. Sa source est en Béréchite 48, 18 et on la dit dans les prières prononcées avant l'étude approfondie de la Torah.

Les quatre mots de l'ouverture (El E'ahd Ya'hid OuMéyou'had, D.ieu Un Unique et Unifié) indiquent tout le programme : il n'y a que D.ieu, et ce qui le caractérise, c'est Son unité qui est amour (é'had = 13 comme le mot ahava, amour).  Il n'y a donc pas en Lui d'échec ni de réparation à faire ; il est achevé,unifié.
Cette affirmation sous-entend que le monde lui-même a, comme plan divin, de parvenir à l'état où il sera unifié dans l'unité de D.ieu alors qu'il est aujourd'hui, au contraire, dans un état de division et de non-amour.
Le peuple d'Israël a été choisi pour être le moteur, l'outil et le prototype de cette réalisation d'unité.
Il doit connaître les lois de cette unification à venir et les mettre en pratique. Il les a reçues dans la Torah. 
Son leit-motiv quotidien dans la vie du Juif, la récitation du Chémâ Yisrael veut dire tout cela. 
Il est normal que le peuple d'Israël, laboratoire de l'humanité vive cet état d'échec temporaire du monde avec une intensité plus grande encore que et c'est à lui qu'ont été remises les clefs dequi permettront l'insertion de l'unité d'En-haut dans ce monde divisé. 
On appelle l'achèvement réussi de ce processus : guéoula, libération.

La seconde partie de la prière
Le Rav présente les textes qui nous donnent les clefs pour atteindre à cette réalisation. 
Il  commence par citer le verset du psaume 84, 10 que nous récitons chaque jour avant Min'ha, heure de l'angoisse et des difficultés : 
maghinnénou réé Eloqim, véhabét péné méchi'hékha,
"notre bouclier, vois-le, Eloqim ; et regarde le visage de celui qui est Ton oint".
Rachi est la source de l'utilisation que le Rav Luzzatto fait de ce verset . 
Rachi dit sur ce verset : "maghinnénou, (première partie du verset) c'est le beit hammiqdache, le sanctuaire (le Temple) qui fait office de bouclier pour nous ; et 'regarde le visage...' (deuxième partie du verset) c'est David Ton oint et regarde ses actes de bonté et tout son labeur qu'il a accompli pour la construction du sanctuaire".
Le verset du psaume 89, 19 proche du précédent, car il utilise le même mot maghinnénou,apporte aussi explicitement la deuxième dimension que reprend le Rav Luzzatto : ki laChem maghinnénou, vé liqdoche Yisrael malkénou, oui vers Hachem est notre bouclier (David), et vers le Saint d'Israel est tourné notre roi (David).

Résumons : pour sortir de l'état de détresse du monde et d'Israël, 
a) nous allons avoir besoin d'être protégés par un espace,
b) nous allons avoir besoin que cet espace soit habité par Hachem, cet espace est le sanctuaire,
c) nous allons avoir besoin d'avoir un leader du peuple qui soit homme de Torah, ce que l'on appelle oint ou machia'h,
d) nous allons avoir besoin surtout d'une unique condition : que tout cela se déroule par la lumière émanant du regard de D.ieu.
Voilà où sera le salut d'Israël.

Il est important de connaître ces 4 paramètres que nous n'aurions pas pu trouver de par notre seule intelligence.
Il faut les mémoriser pour qu'ils mobilisent notre prière pour Israël : espace-habitation-onction-regard donnant la lumière.
Nous pouvons maintenant traduire le texte, il deviendra compréhensible.

Traduction de la prière
par Yehoshua Ra'hamim Dufour

El E'had Ya'hid OuMéyou'had, D.ieu Un Unique et Unifié.
"Notre bouclier, vois-le, Eloqim ; et regarde le visage de celui qui est Ton oint" (Psaume 84, 10), 
ce sont deux qui ont été détruits, le sanctuaire et la royauté de la maison de David.

Le beit ha miqdache,sanctuaire, comme il est dit à son sujet : "âl har tsione chéchamem, sur le mont Sion en ruines" (Eikha, Les lamentations, 5, 18)

(Commentaire du traducteur. Il faut lire absolument dans Les lamentations les versets 5, 1-18 qui décrivent vraiment encore nos drames actuels : étrangers qui veulent capter notre héritage de notre terre, abandon des nations, menaces de guerre, fatigue morale, violence externe et interne, diminution du rayonnement de la Torah chez beaucoup ; tout cela parce que nous avons péché et, le résumé de tout, "ce qui nous déchire le coeur, ce qui obscurcit nos yeux, c'est de voir le mont Sion en ruines, foulé par les renards". Nous  citons l'ensemble du texte car le Rav le connait et le ressent en entier quand il le cite par une allusion). 
"Sion, champ labouré" (Mikha, Michée 3, 12)
(Commentaire du traducteur. Voici l'ensemble de la phrase : "à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de ruines et la montagne du temple une hauteur boisée"? Oh, nos larmes doivent monter quand nous voyons vraiment cela, le mont du Temple occupé, bien plus, remis à ceux qui veulent notre destruction et le disent sans cesse, et qui y essaient d'y détruire toute trace de notre histoire et de nos droits, quand nos policiers ont l'ordre de nous empêcher d'y aller prier et n'interviennent pas pour arrêter les destructions mais interdisent l'accès aux fonctionnaires mandatés venant prendre note des destructions pour agir. Oï va voï, cette génération unique dans  notre histoire de plusieurs milliers d'années qui a de tels chefs qui veulent détruire notre héritage et, pour la première fois, veulent donner de façon officielle et irréversible, disent-ils, notre terre aux ennemis. Nous paierons cher de telles fautes, et celles de ceux qui sachant leur programme les ont amené au pouvoir et les y maintiennent, vrais responsables, cachés dans l'anonymat. Voici maintenant le second point, indiqué par la seconde moitié du verset du psaume 84, 10).


Le machia'h (messie, chef du peuple ayant reçu l'onction de nomination), comme il est dit à son sujet : "kén mich'hate mé iche maréhou, il était défiguré au point de n'avoir plus l'apparence d'un homme".
Et c'est de son visage d'où aurait dû sortir la lumière pour Israël, comme il est dit à son sujet : "bé or péné mélékh 'hayim, par la lumière venant du visage du Roi est la vie" (Michlé, Proverbes 16, 15).

(Commentaire du traducteur. Après avoir présenté les deux points clefs de l'échec actuel, le Rav entre dans la voie qui va nous montrer le chemin de l'issue. De notre visage d'Israël meurtri, dans le face à face incessant entre Israël et D.ieu, rappelons-Lui que notre vie ne peut venir que de son visage et que de son regard sur nous. S'il regarde un instant Israël, alors tous les ennemis disparaîtront de la terre d'Israël et nous retrouverons immédiatement le sens juste des choses, tous les membres d'Israël. Après cet aperçu vers la solution, il revient au sujet négatif).


Oui, au sujet de ce qui se passe maintenant, il est dit : lo toar lo vélo hadar,  "il n'a ni apparence ni beauté" (Isaïe 53, 2).

(Commentaire du traducteur. Voici la phrase complète : "il n'a ni apparence ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, ni grâce pour nous le rendre aimable. Méprisé, repoussé des hommes, homme de douleurs, expert en maladies, il est  omme un objet dont on détourne le visage, une chose vile dont nous ne tenons nul compte. Et pourtant ce sont  nos maladies dont il était chargé... c'est pour nos péchés qu'il a été meurtri...".).


Et c'est de ces visages qu'une lumière éclaire tout Israël par des bénédictions qui descendent par l'intermédiaire du sanctuaire (Temple) ki cham tsiva Hachém éte ha bérakha 'hayim âd ôlam, car c'est là que Hachém a ordonné que soit la bénédiction qui est la vie pou toujours (Psaume 133, 3).
Cela, car c'est par le visage du Roi qu'est la vie.

(Commentaire du traducteur. Le Rav indique explicitement que le salut d'Israël ne peut pas venir seulement par un retour à une morale conforme aux principes du judaïsme de toujours. Il n'est pas besoin d'être Juif pour cela, tout être humain a cette conscience et cette obligation. Le salut pour Israël, afin qu'il sorte de son état de persécution externe, ou de dégradation morale interne, ou de sa trahison face à ses obligations de la Torah, c'est avoir conscience de l'importance du Temple car c'est le lieu d'écoulement de la bénédiction vers nous, choisi par D.ieu pour cela, afin que le peuple juif soit le visage humain qui reçoit et rayonne la vie divine. Sans cette représentation des choses, il ne peut pas y avoir de salut pour Israël, les textes apportés à l'appui le prouve. Bien plus, aucune prière ne peut être efficace car on n'y demande pas ce qui est le nécessaire).


Et c'est la situation actuelle : maintenant que les deux (le sanctuaire et le préposé au leadership du peuple selon la Torah) sont détruits, il n'y a absolument aucune lumière qui arrive vers Israël et c'est pour cela quelle est dans l'obscurité.

(Commentaire du traducteur. Le Rav, ayant pris la peine de bien expliquer le contexte et les textes, commence maintenant la prière elle-même qui est exactement centrée sur ce nécessaire des besoins et des solutions).


Troisième partie : la prière
Maître de tous les mondes, qui pourra réparer tout cela si ce n'est ta propre unification ?
Ce sera à l'heure où tu tourneras tes yeux sur la terre d'Israël et sur le roi machia'h, comme il est écrit : "toujours les yeux de Hachem sont sur elle méréchite ha chana du début de l'année... immédiatement se remplit alors le commencement".

(Commentaire du traducteur. Le verset complet en Dévarim 11, 12 est celui-ci : " une terre que Hachem ton D.ieu exige, doréche, toujours les yeux de Hachem ton D.ieu sont sur elle méréchite ha chanadu début de l'année et jusqu'à la fin de l'année". Cette fois la prière est entrée dans le concret en parlant réellement de la terre d'Israël et non pas du concept abstrait de "pays d'Israël". L'auteur écrit méréchite deux fois avec aleph et sans la lettre aleph. Sans le aleph dans le mot "début", roche, qui est la lettre du début du mot or, lumière, et du mot é'had, le sens du mot "début", roche, devient différent car "début", roche,  devient alors rach, qui signifie pauvre. Cela est conforme à notre état actuel privé de lumière et de vie, qu'il faut modifier et réparer, tiqqoune, par la réintroduction de la lumière de D.ieu. Voir ci-dessous le sens du mot tiqqoune)
Immédiatement se remplira le mot réchite qui est rache sans aleph et qui est alors "pauvre", misérable sans aleph et sans lumière. Il se remplira dans le aleph de lumière de Toi, et c'est alors ce que dit le verset : "une terre où tu ne mangeras pas ton pain misérablement".
(Commentaire du traducteur. La suite du verset est : "où tu ne manqueras de rien, les cailloux y sont du fer et de ses montagnes tu extrairas du cuivre, tu jouiras de ces biens, tu t'en rassasieras ; rends grâce alors à Hachem ton D.ieu, de la bonne terre qu'il t'aura donnée". 
Car, à l'heure où Ton unification se découvrira, le tsaddiq le juste ne se déplacera pas de la royauté qui est ton épouse.
(Commentaire du traducteur. Ce tsaddiq, ce juste, c'est Israël, c'est aussi le leader d'Israël, le roi d'Israël, celui qui le gouverne au nom de la Torah comme David le faisait ou Yehoshua ; c'est ce qui manque également actuellement : un ou des dirigeants qui mènent le peuple selon la lumière de la Torah. Alors, sera visible tout ce qui est dit dans la Torah et dans le Cantique des Cantique de la relation d'union entre Isaël et son D.ieu comme entre une épouse aimée et son bien-aimé).


Et toute la lumière descend sans manque. En elle, ne manquera pas le mot "tout", kol,avec évidence.

(Commentaire du traducteur. Le concept de "tout", kol, dans la Torah indique la plénitude et non pas toute la quantité. C'est aussi la plénitude réussie dans l'union du couple et, là-dessus seulement, peut s'édifier l'état final que l'on appelle la "royauté").


Autre point. Le aleph dans Réchite est celui du mot éméte, vérité, qui commence par aleph. Cela est : "éméte, vérité de la terre germera" (Psaume 85, 12). C'est la terre d'Israël que Tes yeux éclairent là, "Tes yeux verront Jérusalem, résidence paisible" (Isaïe 33, 20).

(Commentaire du traducteur. Le psaume 85, 12 continue : "éméte, vérité de la terre germera et la justice brille du haut des cieux. Oui, Hachem donnera le bien suprême et notre terre, artsénou, donnera sa moisson. Tsédéq, la justice marchera devant lui et trace la route devant ses pas". Cela montre bien la thèse de cette prière, le bon pour notre terre se révèle quand nous voyons le regard bon de D.ieu tourné vers nous. Ce point de jonction entre le bon voulu d'En-haut et le bon qui nous est indispensable en-bas est conditionné par Jérusalem dont le nom lui-même signifie : "voir la complétude". Il est indispensable qu'il y ait Jérusalem et Jérusalem complète pour que le peuple juif y assume sa fonction qui est de faire fonctionner ce passage de la bénédiction ; cela par la prière qui y monte).
Et c'est cela qu'exprime le mot titsma'h,  germera avec la lettre Tsadé dans laquelle la libération finale, la guéoula viendra : "germera le juste, tséma'h tsédéq.
(Commentaire du traducteur. Le Rav continue sa démonstration devant D.ieu dans la prière. Il évoque là ce que disent les chapitres de Ribbi Eliêzér (ch 48) que les 5 lettres de l'alphabet qui ont deux formes d'écriture différentes -dans un mot et en finale d'un mot- sont toutes situées en doublet dans des versets qui indiquent la guéoula. Ces lettres sont dites otiotes kéfoulotes. Tous les auteurs qui étudient le sens profond des choses décrivent qu'elles renferment à la fois ce qui est découvert en ce monde difficile et ce qui adviendra et qui est encore fermé, satoum. Mais, sur le plan simple de l'analyse apparente de la Torah, le Middrache Raba, 18, 21 et le Middrache Tan'houma, paracha Qora'h 12 nous donnent la liste des versets où ces lettres sont doublées et qui contiennent les secrets qui permettent la libération finale  ou guéoula.  Il ne s'agit pas là d'ésotérisme mais de la Torah qui nous a été révélée clairement. Le Ram'hal ne fait donc que rappeler l'enseignement le plus traditionnel et le plus connu et non pas nous "révéler" des secrets. Seuls les ignorants trouvent sans cesse des nouveaux gourous qui viennent de découvrir la lune.
La lettre khaf est contenue en doublet dans le lekh lékha, va vers toi-même (Béréchite 12, 1).
La lettre mém est dans le salut de Yits'haq par la force dans le mimménnou  méod de Béréchite 26, 16.
La lettre noune est doublée dans le sauvetage de Yaâqov face à ennemi Esav (qui menace encore Israël) en Béréchite 32, 11 : hatsiléni na.
La lettre est doublée dans le sauvetage d'Egypte par Yossef et Moché en Chémote 3, 16 : paqod paqaadti; visiter je vous visiterai.
Enfin la lettre tsadé est dite comme étant la lettre par laquelle Haqqaddoche Baroukh Hou sauvera à l'avenir Israël de l'oppression des royaumes et il leur dira : J'ai fait pousser un germe de vous comme il est dit  : "un homme dont le nom est tséma'h,germe, plant, et sous lui germera et il bâtira le sanctuaire de Hachem. Oui, c'est lui qui bâtira le sanctuaire de Hachem".
Encore une fois, insistons, ces textes du Tanakh et des premiers Sages  ont transmis explicitement ces voies de la libération finale. Il n'est pas aujourd'hui un Sage qui surgirait et nous apprendrait des secrets nouveaux. Il n'y a pas de nouveau testament ni de Rabbi miraculeux qui serait un nouveau Moché. Et le genre de leader qui nous guidera pour le salut est décrit avec précision ainsi que les voies morales et de Torah à suivre pour cela. Imaginer des révélations inédites, c'est retourner au temps des magiciens d'Egypte et retarder la guéoula au lieu de la faire avancer comme on pourrait le prétendre par ces procédés. Cela est enseigné explicitement par la Torah comme le dit le Zohar sur le Cantique des Cantiques, Chir ha chirim 66, 3-4 en commentant les 5 lettres nommées ci-dessus. Le Ram'hal le rappelle. L'ayant bien rappelé, il peut conclure sa plaidoirie envers Hachem en reprenant le verset initial où nous avons le droit de demander les deux clefs du salut : le Temple et le leader de Torah.
Et selon ce que nous espérons en vérité, bé éméte, "vois, D.ieu, notre  bouclier (double), c'est le sanctuaire et "regarde le visage de ton oint" c'est le roi machia'h, pour faire revenir parmi nous sa construction d'un bâtiment éternel qui n'aura plus jamais de destruction, car dans Ton unification il sera réparé et il n'y aura plus pour lui de changement pour l'éternité, comme il est dit : "Moi Hachem, je n'ai pas changé" (Malakhie 3, 6), car ainsi ils sont sur le point de  faire découvrir Ton unification dans le monde, sanctuaire un, roi un, et en eux Israël est un peuple un sur la terre" (Chroniques, I Divré ha yamim, 17, 21). 
Vé haya Hachem lé mélékh âl kol haarets,
Et Hachem sera Roi sur toute la terre

ba yom ha hou yiyé Hachem é'had ou chémo é'had.
en ce jour, Hachem sera Un et son nom Un. (Zacharie 14, 9).

Comment le Ram'hal est-il passé des lettres de libération (Tsadé, etc) aux versets parlant de royauté. Il faut savoir que le Ram'hal dispose de la tradition sur ces lettres et de leur lien à la royauté. Expliquons-le. Ces lettres sont nommées toujours selon cet ordre : mém, noun, tsadé, pé, khaf.  ordre n'est pas celui de l'alphabet. Pourquoi ? Parce que cet ordre, en guématria, correspond aux intentions de prière indiquées par les  guématriotes du verset que l'on dit dans la prière chaque matin : Hachem mélékh (lettres mém, noun), Hachém malak (lettre tsadé), Hachem yimolkh (lettres pé khaf)lé ôlam vaêd, "Hachem règle, Hachem a régné, Hachem régnera toujours". 
Ces versets apparaissent maintenant pleins de toute la sagesse de la Torah, avec précision, et ils ne sont plus une simple ritournelle bien connue. Ils sont aussi la justification (asmarta) sur laquelle peut s'appuyer toute la prière. Quand on prie D.ieu avec Ses mots et Ses propres affirmations, Il ne peut que répondre. Et le verset de Zacharie se poursuit en célébrant la future Jérusalem qui aura retrouvé tous ses habitants, qui ne sera plus livrée au malheur et qui sera installée dans la sécurité : Yérouchalayim la véta'h. Dans son lien entre le tsadé et le Roi, le Ram'hal fait ici allusion à ce qui est dit au chapitre 25, 4 de Ets 'hayim sur le lien précis entre les guématriotes des 5 lettres citées plus haut et le verset : Hachem Roi, Hachem a régné, Hachem  régnera.
Que la hauteur de niveau et la rigueur dans l'analyse et dans la prière du Roi David dans ses psaumes ou du Ram'hal servent d'exemple pour ceux qui prétendent déterminer le destin politique du peuple d'Israël. Qu'ils connaissent la sagesse de leur peuple qu'ils ont la prétention de diriger.
Que ceux qui prétendrent supplanter religieusement ou politiquement Israël puissent craindre dans la réalisation de leur forfait car la grandeur du Tout-puissant les confondra. Il ne ment pas, le gardien éternel d'Israël.

D.ieu a besoin de la prière des hommes
(cliquez ici pour la suite du commentaire sur le Ram'hal)

Yehoshua Ra'hamim Dufour
 


Texte hébraïque de la prière
Ce texte est tiré, avec son autorisation de reproduction, du livre Téfilote lé Ram'hal, du Rav Mordékhaï Chriki,  Roche Yéchiva, Directeur de la Yéchiva du Ram'hal, 62 Rehov Agassi, à Jérusalem. Il est l'auteur spécialisé et hautement qualifié de plusieurs livres sur le Ram'hal  dont "Rabbi Moché Hayim Luzzatto, Le flambeau de la Cabale" et sa yeschiva consacre un part importante de son enseignement à l'oeuvre du maître. Le livre  Téfilote lé Ram'hal est une collection de plus de 500 prières écrites par le Ram'hal dont des inédites à ce jour. Le paragraphe plus étroit est l'introduction du Rav Chriki.


Sens du terme Tiqqoune, réparation

Ce concept  fait partie du vocabulaire de la majorité des courants du judaïsme actuellement.

1. c'est la réparation d'un manque ou d'un défaut, qu'ils soient dans la fabrication ou dans ce qu'est devenu un objet, une personne, une situation.

2. C'est la technique de réparation établie par nos Sages et qui consiste dans des programmes précis de textes à étudier, de prières à dire, à des dates ou heures particulières ou dans des circonstances précises, après avoir réalisé des actes précis de purification des intentions (par exemple, miqvé, tsédaqa, viddouï ; bain de purification, bienfaisance, aveu des fautes, etc.). Ainsi,  le Tiqqoune 'hatsote qui se dit la nuit à minuit.

3. Un tiqqoune particulier basé également sur des textes composés par les Sages, est le corpus de textes que l'on lit pendant la nuit de certaines fêtes comme le tiqqoune Chavouôte, le Tiqqoune de la nuit de Hochaâna Rabba (voir ces deux mots, à la suite de celui-ci).

4. Le "tiqqoune néchama" entre dans ces cadres qui dépassent le niveau du commun. Il s'agit d'améliorer l'être, non plus seulement dans ses comportements et dans ses attitudes intérieures, mais dans la nature de son âme car il y aurait eu des accidents de parcours, soit dans les vies antérieures, soit dans le processus de purification après la mort, et l'âme aurait besoin de l'aide de prières. Les plus grands mystiques juives parlent de cela. Mais, ici, c'est plus qu'une mise en garde qu'il faut placer ; en effet, qui peut prétendre qu'il vit à ces niveaux de pureté, qu'il a reçu le don divin de voir et de comprendre ces niveaux ; qui se prononce là-dessus et prétend interpréter ou donner des conseils en ce domaine est un dangereux charlatan, hormis les rares Sages reconnus comme tels par les plus grands tsaddiqim de la génération. Le judaïsme qui a une longue expérience millénaire des conduites des hommes met en garde contre les tentatives de s'égarer dans les situations extrêmes. Les fils de Aharone ont péri dans cette voie ; le roi David pensait pouvoir aisément affronter ces voyages avec leurs épreuves et il a reçu des épreuves qu'il lui fut très difficile de supporter. Et nous n'avons pas ces niveaux. Il existe une pathologie de ces expériences, dont parle la littérature 'hassidique et le folklore concernant le "dibbouq".

5.En ce sens, dans la conduite populaire, on parle aussi de "tiqqouné chabbate" (au pluriel) pour désigner la pratique de lire des ensembles de cantiques ou psaumes qui mettent en valeur la beauté du Chabbate, et qui ont été organisés par les caballistes, spécialement le Ari zal.

6 Dans la même ligne, on désigne le "tiqqoune Klali" mis en valeur par Rabbi Na'hmane de Braslav pour la purification des pensées. et du corps.

7. On parle aussi de "tiqqoune ha lachone"quand une lettre supplémentaire apparait et produit des anomalies dans une forme grammaticale d'un mot. Voyez l'analyse de ce phénomène par Rachi dans son commentaire de Béréchite 49, 22 et Chémote 18, 8 et Bamidbar 11, 16 et Isaïe 9, 6 et Job 32, 3. Il y a des raisons très profondes à ces anomalies, qui transmettent souvent des secrets de la Torah, ou parfois ce sont des formes qui permettent d'éviter une lecture qui porterait préjudice à la dignité de la Torah.

8.On parle alors de "tiqqoune sofrim". On parle aussi de tiqqoune qoreim  à propos d'un livre qui donne toutes les précisions pour ne pas faire d'erreurs dans la lecture de la Torah .

9. Last but not least, les Tiqqouné hazzohar sont l'un des livres du Zohar qui, en 70 chapitres commentent uniquement le premier mot de la Torah et décrivent les nombreuses correspondances qui existent entre les lettres ou les versets de la Torah, aux niveaux les plus élevés. Ce livre est écrit en araméen. Il est la base de la plupart des commentaires de la cabale qui sont développés ultérieurement

10. Une expression courante, qui joue sur tous ses niveaux, mais en revenant sur le plan de l'organisation sociale, par le "tiqqoune haôlam", c'est souvent une décision d'un Sage reconnu par la génération entière qui décide d'une mesure qui change les usages, mais justement parce que cela remet dans le bon ordre des choses. On en parle ainsi pour ce qui vient améliorer les choses dans la paix.

11. Enfin, tout cet ensemble s'insère dans une conception générale présente dans le judaïsme le plus authentique que le peuple juif est engagé dans un "tiqqoune" du monde où agissent des forces positives et négatives. La réparation a commencé avec les patriarches, elle s'est poursuivie sur le plan familial puis national ; il y a eu des rechutes comme les phases de destruction du Temple ; il y a aussi une certitude que le processus de réparation n'échouera pas et qu'il y aura des phases propices au retour au projet divin. On trouve là le concept de téchouva (retour), celui de Machia'h qui est très complexe et est analysé avec précision à la fin du Traité Sanhédrine et par le Rambam. Il y a toujours eu des individus qui exploitent ces espérances pour abuser des personnes de qualité qui n'ont pas de formation suffisante dans le discernement. C'est tout le problème constant des faux-messies.  En résumé, à la fois, la réalité du tiqqoune est authentiquement juive, et le processus est très complexe à mobiliser et à discerner. C'est cependant une des bases de la émouna juive, confiance et foi ; c'est pour cela que le Rambam l'a introduit dans ses iqarim, principes de base.



D.ieu a besoin de la prière des hommes

Toute la prière du Ram'hal fera poser une question au lecteur : cette prière est émouvante et belle, mais  avons-nous l'assurance que "notre" prière peut produire ces effets décrits ? Qui sommes-nous pour un tel résultat ?
Même si nous comprenons ces voies de la prière pour Israël, nous sommes pourtant fonder d'objecter ceci : mais pourquoi donc D.ieu ne l'accorde pas de Lui-même à Israël, et pourquoi ce serait notre prière qui aurait cete efficacité alors que nous sommes si petits et rien à côté de Lui, de Sa puissance et surtout à côté de Sa bonté totale qui n'a pas besoin de nous pour s'étendre à Sa création.
La réponse tient en ceci : ce n'est pas à nous de décider quand D.ieu veut accorder, ni pourquoi D.ieu a décidé d'accorder quand nous le Lui demandons. Bien plus, les middrachim sont nombreux qui décrivent que les colères de D.ieu devant les fautes des hommes, dans le désert du temps de Moché, dans l'histoire et toujours, sont un geste au code bien compris que fait le Roi devant Son serviteur bien-aimé. Celui-ci le comprend et sait que le Roi lui demande d'intervenir pour Lui demander de revenir sur Sa colère et pour déverser tout Son amour envers Ses créatures qu'il aime.  "Retiens-moi ou je fais un malheur" veut dire : insiste un peu et je vais donner tout ce que j'ai à celui que j'aime.
Le chapître 4 de Tanna de Bé Elihaou le décrit avec de nombreux versets qui le prouvent.
Le Ram'hal ne cite pas tout ce contexte mais il est présent dans sa forme de prière.
Cependant, il utilise quelques passages de ce chapitre 4, dans le 18e chapitre ('hassidoute) du Sentier des justes (Méssilate Yécharim) pour exprimer ce qui motive cette prière qu'il vient de faire. Voici la citation faite par le Ram'hal :
"chaque Sage d'Israel qui a en lui la parole de Hachem selon la tradition de vérité de la cabale et qui gémit pour la Gloire de Ha Qadoche Baroukh Hou et pour la gloire d'Israël en chacun des jours de sa vie, et qui désire et oeuvre pour la gloire de Jérusalem et pour la gloire du sanctuaire et pour le salut qui germera (cf ce qui a été écrit plus haut sur tséma'h) bientôt et pour le rassemblement des diasporas mérite de recevoir le roua'h haqqodéche (l'esprit venant du Saint) dans ses paroles".
Cela étant dit, le Ram'hal ajoute :
Il faut être dans cet état d'esprit qui est le seul convenable, loin de toutes considérations personelles, dirigé seulement vers la gloire de la sainte présence et vers la sanctification de Son nom quand Ses créatures agissent selon Sa volonté. C'est pour cela qu'il est dit dans le Zohar de la paracha Michpatim : "qui est un 'hassid (celui qui aime D.ieu), c'est celui qui se fait 'hassid avec Son créateur". Un 'hassid de cette sorte, il est évident qu'il... doit constamment et toujours ressentir véritablement et  concrètement une douleur réelle pour la dispersion du peuple et pour la destruction du sanctuaire, car c'est cela même qui cause si l'on peut dire une diminution de Celui qui est la gloire et la bénédiction. Et il aura un désir ardent pour la guéoula de façon à ce que la gloire de D.ieu croisse... Et chaque homme doit se dire que le monde a été créé pour lui (Sanhédrine 37a) et c'est le plaire du Saint Béni soit-Il que Ses fils désirent et prient pour cela".
Ne prolongeons pas, on peut se reporter à la suite du chapitre 18 du Sentier des Justes : il nous donne la justification claire et suffisante que ce type de prière est bon et nécessaire. Sachons que ce lire, le Sentier des Justes, est recommandé par tous les courants du judaïsme comme un guide sûr pour la formation de chaque Juif.


La prière du Rav Mordékhaï Eliyahou (17-7-2000)

Bulletin de Modia du 18 juillet 2000  -  15 Tamouz 5760.
Numero 150.
http://www.modia.org/

Dans la page du site intitulée "comment prier pour sauver la terre d'Israël"
http://www.modia.org/priere/prierter.html
je vous y dis que, malgré la necessité de l'heure, nul ne peut écrire une juste prière pour le peuple en cette circonstance extrême et tragique de la situation d'Israël. Cela, car seuls les plus grands Sages en sont capables.
Grâce à D.ieu, nos souhaits ont été exaucés puisque le Grand Rabbin d'Israël Mordekhaï Eliyahu vient de rédiger cette prière et elle est placée en hébreu sur cette page.
 

Et voici son site :
http://www.eliyahu.cjb.net/
Je vous en donne ci-dessous la transcription de l'hébreu et la traduction en français.
FAITES CIRCULER cette page au maximum par chaînes auprès de vos correspondants.
Merci pour nous tous, merci pour la terre d'Israël, merci pour les générations à venir,
Tout l'enseignement de la Torah nous l'impose. Nous n'aurons pas été lâches en ces moments de danger.
Yehoshua Ra'hamim Dufour
Yérouchalayim


Téfila lémaâne ha âm ha yochev bé tsiyone
Prière pour le peuple qui est établi en Sion.

HORAATE MARANE HA GAONE HA RICHONE LÉ TSIYONE
HA RAV MORDEKHAÏ ELIYAHOU CHALITA
Instruction du Rav Mordékhaï Eliyahou, Richone lé Tsiyone, ex-Grand Rabbin sépharade d'Israël, qu'il vive de longs jours, amen.

Yeche lé hossif bé virkate "choméâ téfila" chel ha âmida éte ha milim ha baote.
Il y a lieu d'ajouter à la bénédiction "écoute la prière" qui est dans la âmida, prière des 18 bénédictions, les mots suivants :

Ânénou Hachem, Ânénou, lichmor éte ha arets bidé âm Yisrael 
Exauce-nous, Hachem, exauce-nous, pour garder la terre d'Israël dans les mains du peuple d'Israël

ou ve khol ha 'hochevim limsor afilou 'héléq mé érets ha qodéche bidé zarim,
et de quiconque pense à en transmettre ne serait-ce qu'une partie de la terre du Saint
aux mains d'étrangers,

hafar âtsatam vé qalqel ma'hchévotam
détruis leurs desseins et contrecarre leurs pensées

ki Ata chomêa téfilate kol pé, baroukh Ata...
car Tu écoutes la prière de toute bouche, Béni es-Tu, Toi, etc.


L'ex-Grand Rabbin d'Israel Mordekhai Elyahou demande aussi que les femmes
 disent cette prière avant d'allumer les lumières du Chabbate :
"Qu'il soit selon Ta volonté, Hachem notre D.ieu et D.ieu de nos pères,
que Ta miséricorde vienne sur nous et sur les petits enfants,
et sur le peuple qui séjourne en Sion et sur la terre du Saint,
et sur la sainteté du peuple d'Israel,
et sur la sainteté de la terre,
et sur la complétude et sur la sécurité du peuple et de la terre
particulièrement en ce temps ou un grand danger arrive 
sur nous et sur la terre du Saint.
Maitre du monde, fais-le pour Toi et non pour nous,
fais-le pour Ton Nom grand et redoutable,
pour qu'il ne soit pas profané par les nations et sauve-nous.
et que tous ceux qui pensent du mal contre ton peuple de la maison d'Israel,
anéantis leurs desseins et contrarie leurs pensées,
et que s'accomplisse les concernant ce verset :
"sur eux pèse l'anxiété et l'épouvante ; la majesté de ton bras les rend immobiles comme la pierre" (Chémote Exode 15, 16)
et que s'accomplisse ce verset  (Isaie 41, 16) :
"Tu les vanneras et le vent les emportera, la tempête les dispersera, 
tandis que toi, tu te rejouiras en Hachem, tu te glorifieras par le Saint d'Israel",
et que nous méritions la venue du sauveur et la construction de la montagne de D.ieu (le Temple),
et que nos yeux voient Ton retour à Sion en miséricorde.
Amen que ce soit Ta volonté.



 


MESSAGE DU GRAND RABBIN DE FRANCE, Joseph Sitruk (chalita)
(texte de 2001, toujours valable).

Chers amis,
La gravité de la situation en Israël n’échappe à personne. Je viens de m’y rendre pour, à la fois apporter le soutien du judaïsme français à nos frères israéliens dans ces temps d’épreuve, et pour consulter les grands rabbanim. J’ai tenu aussitôt à m’adresser à
vous.
Il me paraît urgent d’agir tant sur l’opinion publique, les médias et les élus locaux pour
donner une information plus juste et équilibrée de la situation très difficile que vit Israël.
La liste de nos disparus, hommes, femmes, enfants et même nourrissons est
malheureusement beaucoup trop longue. Les membres de notre communauté se
doivent de se tenir, en permanence, au courant de ce qui se passe en Israël. J’ai
demandé à l’Ambassade d’Israël de faire parvenir au Consistoire Central de brefs
bulletins d’information pour vous les communiquer aussitôt. L’impact des communautés
auprès des élus, tant à Paris qu’en province, est loin d’être négligeable. Agissons
d’urgence dans ce sens.

D’autre part, sur le plan spirituel, nous devons multiplier les occasions de faire le bien et
renforcer l’unité et la cohésion dans notre communauté. La plus petite des Mitzvot a,
devant l’Eternel, une immense valeur.
Aussi, certains des guédolim (grands maîtres) le Rav Steinman (chalita) ainsi que le
Rav Mordéchai Eliahou(chalita) nous ont demandé d’inviter chaque juif à s’efforcer :

1. De réciter 100 bénédictions chaque jour, comme le fit le Roi David il y a 3000
ans, lorsqu’une terrible épidémie emportait 100 jeunes tous les jours. L’épidémie
s’arrêta aussitôt. Il est facile d’atteindre ce chiffre avec les trois offices
quotidiens, talit, téfilines, bénédictions diverses (nétilat, motsi, birkat
hamazone)
2. De répondre au Kadisch avec ferveur, surtout lors des mots : « Amen, Yéhé
chémé rabba mévara’h léalam oulalmé almaya yitbara’h… »
3. D’éviter de parler de tout sujet profane à la synagogue, surtout durant les offices.
Merci d’encourager les fidèles dans ces domaines notamment.
4. En ce qui concerne les femmes, d’allumer les veilleuses du Chabbat, de prier
alors pour TOUS les enfants d’Israël, et de faire un effort, chacune à son niveau,
pour incarner d’avantage les valeurs de la femme juive.
5. De demander aux enfants d’accomplir une mitzva chaque jour, par exemple :
réciter le Chéma matin et soir, faire nétlilat Yadaim (ablution des mains) le
matin.
6. de multiplier la charité (tsédaka) notamment envers nos frères d’Israël.
7. pour chacun d’entre nous, et ce jusqu’à amélioration de la situation, de réciter au
moins 3 psaumes chaque jour (les psaumes 91, 121, 130).
8. D’essayer d’organiser dans chaque communauté au moins une soirée d’étude de
la torah toutes les semaines autour du thème de l’amour du prochain, de la
médisance, de la téchouva et de notre amélioration personnelle. Il existe de
nombreux ouvrages en français dans tous ces domaines (comme : « Le sentier
des Justes » de R. M. H. LUZZATO).
9. Enfin, nous proposons à la communauté de décréter un jeûne, lors de la
prochaine veille de Roch Hodech Tamouz, le 29 Nissane, mercredi 20 juin
2001. Le jeûne commencera au lever du jour, se poursuivra au moins jusqu’à
Hatsot (environ 14 heures) et si possible s’achèvera à l’office du soir. En cas de
minyane, on sortira le Séfer Tora à l’office de min’ha.

Avec l’espoir de voir très vite nos prières exaucées et la situation s’améliorer en Israël,
je vous prie de croire, Chers amis, en mes sentiments les plus amicaux et en mon
cordial chalom.
J. SITRUK 



Commentaires

(Les points soulignés sont de Modia). Diffusez ce message et ce texte.
Commentaires pour l'étude de ce qui est contenu dans cet enseignement du Rav.
En effet, il ne suffit pas de dire : "vous avez entendu le bel appel ?"
La Torah est à étudier... afin de la vivre et d'en vivre. Donc,
vous pourrez mieux comprendre ce message et développer tous ces points par votre étude sur Modia,
comme nous le faisons pour tous les textes de nos Sages:

Point 1. 
Comprendre les trois prières quotidiennes
http://www.modia.org/priere/expliq1.html

La âmida pendant les trois prières quotidiennes
http://www.modia.org/infos/israel/troispas.html

Les téfillines
http://www.modia.org/etapes-vie/jeunes/barmitsva.html#important

Les bénédictions
http://www.modia.org/priere/index.html

L'appel du Rav Mordekhaï Eliahou
http://www.modia.org/priere/prierter.html#Eliyahou

Les autres prières pour la paix en Israël en temps de guerre
http://www.modia.org/priere/prierter.html

Point 4
Le Chabbate

Les valeurs de la femme juive
http://www.modia.org/tora/vayiqra/tazria.html
http://www.modia.org/etapes-vie/index.html

La priere des femmes avant l'allumage des lumieres de Chabbate
http://www.modia.org/priere/prierter.html#femmes

Point 5
Le Chémâ Yisrael
http://www.modia.org/tora/devarim/vaethanane.html#chema
 

Point 6
Tsédaqa
http://www.modia.org/tora/vayiqra/tazria.html
http://www.modia.org/tora/devarim/kitavo.html

Point 7 Les psaumes
http://www.modia.org/priere/index.html

Point 8
La médisance
http://www.modia.org/tora/bamidbar/chelah.html

Point 9
Les jeûnes
http://www.modia.org/infos/etudes.html
La téchouva
http://www.modia.org/infos/etudes/tamouz.html
http://www.modia.org/infos/calendrier/eloul.html

Bonne étude, bonne pratique afin d'en vivre
et prions pour nos Rabbins afin qu'ils éclairent ainsi le peuple
et qu'ils soient écoutés. Amen.
Yehoshua Ra'hamim Dufour
 

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