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Dufour |
Les psaumes
(5e cours sur les téâmim)
Comment bien les lire, pour
bien les prier
en connaissant leur ponctuation.
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de
nos Sages
Dans la situation périlleuse
qui est la nôtre,
nous sommes bâtis sur le
rocher et prions et vivons avec assurance
comme la construction solide de
nos psaumes.
(Photo de l'auteur)
Nous avons déjà étudié sur Modia les
téâmim
de la Torah (lien
ici) et nous connaissons leurs noms, leur fonction de ponctuation
du sens. Nous avons lu des versets de la Torah pour nous exercer à
ponctuer le sens sans faire d'erreur. Cela est indispensable pour ceux
qui veulent lire la Torah dans l'étude individuelle, dans la lecture
publique ou lors de la lecture du bar-mitsva, ou pour citer des versets
dans l'enseignement.
Ceux qui ne connaissent pas les signes ont fait des erreurs monumentales
sur la parole de D.ieu en reliant entre eux des mots qui étaient
séparés, jusqu'à créer ainsi de nouvelles religions
profanant la Torah.
Mais il y a trois livres du Tanakh (la Bible hébraïque)
qui ne suivent pas les mêmes règles que la Torah pour la fonction
de chaque taâm. Ce sont le livre de Job (Yov), les
Proverbes (Michlé) et les Psaumes (Téhilim).
Les trois initiales de ces livres sont les lettres aleph, mém,
tav du mot Eméte (vérité), ce qui est un
bon moyen mnémotechnique.
Les téâmim des Psaumes
Prenons comme exemple le premier verset du premier psaume :
Voici la lecture de la 1e ligne, de droite à gauche, suivie
du sens :
Achré ha iche (heureux l'homme) achér lo halah
(qui
n'alla pas) baâtsate réchaîm (dans le Conseil
des méchants)
Voici la lecture de la 2e ligne, de droite à gauche, suivie du
sens :
Ouvédérékh 'hattaim (et dans le chemin
des pécheurs) lo âmad (ne se tint pas) ouvémochav
létsim (et là où s'asseyent les railleurs)
lo yachav (ne s'assit pas).
Ci-dessus, le verset est déjà imprimé en deux lignes
suivant le sens, mais dans la plupart des livres ce n'est pas le cas, en
fonction de la taille des pages.
Ces signes de ponctuation qui divisent le sens et le ponctuent sont
appelés des mafsiqim, des interrupteurs.
Première découpe des versets.
La fin des versets est indiquée dans les psaumes par
le sof passouq, qui est le petit trait placé sous le
dernier mot yachav :
Rappelons que les deux points en fin de verset sont une facilité
topographique récente qui ne fait pas partie de la tradition.
Le milieu du verset dans la Torah est indiquée par le
atna'h
chez les Sépharades (ou étna'hta chez les Askénazes)
; ce n'est le cas, dans les psaumes, que pour les versets courts, comme
dans
le psaume 145 (versets 2 et suivants) que l'on récite le matin à
Chaharite et à Min'ha.
On distingue nettement le atna'h au milieu du verset court, avant l'intervalle
vide.
Donc, hormis ce cas des versets courts, dans les psaumes, le milieu
du verset est indiqué par les deux signes que l'on trouve au premier
verset du premier psaume, en fin de la 1e ligne
dans le mot réchaîm (les méchants) : .
On appelle cet ensemble de deux signes : ôlé vé
yoréd (monte et descend) et le premier signe, en haut, est un
chofar
méhoupakh, tandis que le deuxième signe, en bas,
est un maarikh.
Résumons ce que nous venons de voir, le verset doit être
lu avec un arrêt net et prolongé en fin de verset
après le sof passouq ; et il faut aussi marquer un temps
d'arrêt net mais plus bref du sens après le ôlé
vé yoréd qui est le second mafsiq en importance.
On lira donc :
Heureux l'homme qui n'alla pas dans le Conseil des méchants
(fin du premier sens)
et dans le chemin des pécheurs ne se tint pas, et là
où s'asseyent les railleurs ne s'assit pas (fin du second sens et
de toute la proposition globale).
Si on ne connaît pas ces ponctuations, on fera des contresens
très regrettables sur les psaumes.
Précision. On le voit, ces deux signes sont sur deux lettres
qui se suivent ; mais, si la première lettre est un chéva
composé de deux points superposés, alors le premier signe
passe sur la lettre qui précède comme dans le 5e mot du second
verset de ce psaume : 'heftso, son désir. Allez l'observer.
Mais c'est le même signe de ponctuation et il doit être
composé de ces deux téâmim. On lira "mais dans
la Torah de Hachém est son désir" (fin de la première
partie du sens).
Seconde découpe des versets.
Chaque demi-partie du verset ainsi découpé comme nous
venons de le voir, peut à son tour avoir des subdivisions marquées
par un mafsiq ou interrupteur, ou par plusieurs interrupteurs
ou mafsiqim. Exemples :
Redonnons la traduction :
Voici la lecture de la 1e ligne, de droite à gauche, suivie
du sens :
Achré ha iche (heureux l'homme) achér lo halah
(qui
n'alla pas) baâtsate réchaîm (dans le Conseil
des méchants)
Voici la lecture de la 2e ligne, de droite à gauche, suivie du
sens :
Ouvédérékh 'hattaim (et dans le chemin
des pécheurs) lo âmad (ne se tint pas) ouvémochav
létsim (et là où s'asseyent les railleurs)
lo yachav (ne s'assit pas).
1. On le voit, il y a une découpe logique du sens après
"Heureux l'homme" (achré ha-iche) car ce dernier mot
ha-iche
porte
au dessus le losange noir du raviâ qui est un interrupteur
de second niveau. Il est nommé raviâ chez les Sépharades
et réviî chez les Askénazes.
2. De même, un autre signe joue le même rôle, c'est
le
tsinor (appelé zarqa dans la Torah) et composé
d'une sorte de S renversé comme dans le mot "alla", halakh
:
3. De même, un autre signe joue le même rôle, c'est
le atnah qui est aussi un interrupteur mineur
Résumons dans la lecture. On lira donc ainsi la première
ligne :
achré ha-iche (Heureux l'homme) -faire une légère
pause pour le sens pour le raviâ-
achér lo halah (qui n'alla pas) -faire une légère
pause pour le sens pour le tsinor-
baâtsate réchaîm (dans le Conseil des méchants)
-faire une GRANDE pause pour le sens pour le ôlé véyoréd-
Chaque petite séquence est porteuse d'un sens à comprendre
et explorer.
Et on continue ainsi à lire la seconde ligne :
Ouvédérékh 'hattaim (et dans le chemin
des pécheurs) lo âmad (ne se tint pas) -faire une légère
pause pour le sens pour le atna'h ou étna'hta :
ouvémochav létsim (et là où s'asseyent
les railleurs) lo yachav (ne s'assit pas) -faire une TRES GRANDE
pause pour le sens pour le sof passouq-.
Il vaut la peine de bien apprendre ces quelques précisions car
elles permettent de réciter intelligemment les psaumes, d'avoir
l'intention (cavana) correspondant au sens, ce qui est obligatoire
dans la prière.
On le voit, il y a ces ponctuations presque tous les deux mots, il
y a donc une variation du sens, et il est important de suivre ces variations
avec l'intelligence et le coeur, et ce qui pourra alors s'y placer à
partir de nous.
S'entrainer maintenant sur l'ensemble de ce premier psaume ; on sera
étonné du changement que cela produit dans notre compréhension,
notre étude et notre prière.
Pour faciliter cette lecture de ce premier psaume que nous prenons
comme exemple, remarquez avec précision qu'il est divisé
en deux grandes parties :
- la première (versets 1-3) parle du juste qui évite
3 défauts dans ses relations (méchants, pécheurs,
railleurs) et qui a 2 qualités (son désir et sa méditation)
; il s'ensuit qu'il acquiert ainsi 4 caractéristiques positives
(planté, donne des fruits, ne flétrit pas, réussira).
- la seconde partie (versets 4 et 5) décrit les méchants
en 2 caractéristiques négatives (pourchassés, n'ont
pas le dessus).
- la troisième partie (verset 6) conclut en résumant
ce qui arrive au juste et au méchant.
Cela étant bien clair après l'étude précise
de chaque verset selon ce plan,
- on peut le déchiffrer à nouveau selon les signes,
- on peut le lire en plaçant exactement les arrêts de
sens comme il faut.
- on délimitera bien les trois parties.
A partir de là, on peut vraiment adopter ce psaume comme prière
chargée de nos intentions, comme réflexion de vie ou lire
les commentaires.
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