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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
Etude du psaume 22

Le psaume 22 (khaf-lamed) est le plus déchirant de tous les psaumes.
Il est un appel depuis la douleur, depuis le désarroi et depuis la détresse les plus grands.
En ce psaume, le Roi David nous enseigne comme nous tourner vers D.ieu même dans cette situation.
Celui qui souffre est perdu, il ne sait plus si sa plainte est un blasphème inadmissible ou si c'est la vérité de la prière que le Ciel peut entendre.
Nous y trouvons les sentiments humains les plus communs dans leur extrême, ce que chacun vit un jour ou l'autre, ce que le peuple Juif vit aujourd'hui en Israël. Que D.ieu nous en délivre rapidement.

C'est la voie thérapeutique nécessaire en ces heures.
Commençons l'étude.

Le psaume est composé de trois parties : 
- le premier verset
- les versets 2 à 22
- les versets 23 à 32.

Le premier verset
Traduisons les deux premiers pour bien comprendre la note particulière du premier.
1. Laménatséa'h,  âl-ayéléte ha cha'har, mizmor lé David.
Au chef des chantres. D'après la biche de l'aurore. Psaume de David.
2. Eli, Eli, lama âzavtani ? Ra'hoq michouâti divréi chaagati.
Mon D.ieu, mon D.ieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Loin d'être mon salut, d'entendre mes paroles suppliantes.

Nous voyons qu'avant la chute dans la zone des souffrances, nous plaçons un niveau stable d'harmonie (la musique), de maîtrise (le chef d'orchestre), de délicatesse, de montée de la lumière du jour hors de la peur et des menaces de la nuit (la biche de l'aurore). Reportez-vous à l'étude de Yom Kippour sur cette biche. Cette biche est Israël qui n'a pas l'assurance du jour comme les autres nations, elle ne semble toujours qu'un petit peuple naissant, faible et menacé comme cette lueur de l'aurore mais, en fait, elle a la puissance de la lumière qui va éclater, rayonner comme le jour, parce qu'elle est portée par la puissance du Créateur. Elle est ainsi, disent nos Sages, accompagnée de l'ange d'Israël qu'est Mikhaél (nom qui signifie : qui est comme D.ieu ?).
Cette musique du premier verset est brève avant de regarder la douleur. Mais elle est essentielle, comme l'assurance de l'amour maternel chez un enfant.
Ayéléte a la même guématria que éméte (vérité totale, de A à Z), vérité absolue qui est celle de la Torah. Ce psaume est comme l'assurance d'Esther au milieu des persécutions de Amane le méchant dont le nom est au verset 21 (hatsila mé 'hérev nafchi, sauve de l'épée mon âme), ce nombre de 21 qui aujourd'hui résonne si douloureusement par les 21 assassinés en Israël en ce seul jour d'aujourd'hui, le 19 Adar.
Ayéléte est donc aussi la Chékhina, cette présence divine avec Israël. Le psaume est ainsi la recherche de l'union entre Israël et D.ieu qui est émet. Le Zohar II, 10a et 46a parle de cette union essentielle à propos de ce verset et montre comment l'étude de la Torah est comme un baiser que l'on ne pourra jamais oublier.
Le psaume est donc ce rappel d'emblée avant toute prière dans la souffrance.
 C'est l'assurance que l'aurore va surgit, et plus encore comme il est dit dans le Cantique des Cantiques : "Qui est-elle, celle-ci qui apparaît comme l'aurore, qui est belle comme la lune, brillante comme le soleil, imposante comme une armée aux drapeaux déployés". Cette conscience de la lumière camouflée qui va se déployer est mise en scène sur le site Modia par le grand cercle en page d'accueil, cliquez dessus et vous retrouverez ces thèmes pour celui qui sait voir derrière la banalité du monde.

Deuxième phase (les versets 2 à 22). Elle comprend plusieurs parties :
- versets 2-3 : la première confidence de la détresse :
"Mon D.ieu, mon D.ieu, pourquoi m'as-tu abandonné, loin d'être mon salut, d'entendre mes paroles suppliantes ?
Mon D.ieu, j'appelle de jour et Tu ne réponds pas, de nuit et il n'y a pas de trêve pour moi".
L'accusation est impudique, directe, sans fard. C'est un reproche clair et quelque chose d'incompréhensible (bien le drame que vit Israël maintenant, aussi mal gouverné, en une telle dégradation continue et sans aide apparente). Imaginons quelqu'un qui aime et a mis toute sa confiance et se trouve abandonné (apparemment), cela est incompréhensible.
Mais n'oublions pas que cette plainte douloureuse s'entoure ou s'enlace dans trois noms divins, le premier Eli n'est pas seulement D.ieu mais son appellation est très amoureuse et possessive : "mon D.ieu", de même  que le mot Eloqaï, mon D.ieu. Bien plus, le mot Eli se répète ; et ce nom El est celui qui manifeste la bonté, le 'hésséd de D.ieu.

- Les versets 4 à 6 sont une respiration au milieu de la douleur. Ceux qui ont perdu un proche peuvent sourire, peu habitués encore au malheur, et brutalement le ressenti douloureux remonte et remplit la vie à nouveau. Inversement, dans la douleur, le souvenir de l'amour apporte un apaisement quelle que soit la douleur présente.
Ici, c'est le souvenir de cet amour et de la connaissance de l'Aimé qui resurgissent :
"Tu es pourtant le Saint, trônant au milieu des louanges d'Israël. En toi nos Pères ont eu confiance, ils ont eu confiance, et Tu les as sauvés. Ils ont crié vers Toi et ont été délivrés ; ils ont espéré en Toi et n'ont pas été déçus".
Qui aime, lors d'une séparation, se souvient de tous les mots qui ont été dits, des sentiments, des moments et, malgré les faits présents, ils restent un rocher inébranlable. Il ne peut pas y avoir de rupture de ce qui était dit, montré, prouvé, chanté, jubilé. 
Il peut y avoir la souffrance décrite précédemment mais le mot "et" (et toi...) relie ces deux réalités sans aucune possibilité de rupture. Le mérite des Pères est toujours ce qui nous sauve ; nous demandons et recevons d'abord le bouclier d'Avraham dans la prière des 18 bénédictions (la âmida). Malgré tout, le mot qui résume est : confiance.

- Puis, remonte la sensation des douleurs cruelles (versets 7-8) :
"Moi, je suis un vermisseau et non un homme, la honte des gens, objet de mépris pour le peuple. Tous ceux qui me voient se moquent de moi, grimacent des lèvres, hochent la tête". La description de la réalité terrible est intense, sans camouflage. C'est vraiment ce que ressent celui qui est atteint en son coeur, en son intime, dont le rêve vécu est détruit. C'est souvent l'expérience d'Israël, cette hostilité injuste des nations, des amis externes. Et celui qui subit cela ne peut pas se défendre. Il n'y a guère d'armes devant la méchanceté gratuite. Et alors, la grandeur de Hachém et des patriarches et matriarches, rend encore plus profonde la détresse de ceux qui représentent Israël aujourd'hui et peinent lamentablement.

- Les versets suivants prennent une forme de relation mère-enfant, après que l'on ait évoqué ce couple si différent et si proche (Israël petit face à D.ieu et à ses patriarches).
 C'est justement cet écart qui doit faire comprendre que la véritable relation doit être celle de la confiance vitale et assurée comme celle que doit prend le bébé puisqu'il n'a aucune possibilité pour vivre en autonomie :
"Qu'il s'en remette à Hachém. Que Celui qui le sauve l'arrache au danger, puisqu'Il l'aime". Ce verset, à l'image du culot de Moché Rabénou quand il s'adresse à D.ieu, rappelle à Hachém la logique qui doit être la conduite de Celui qui aime. Et il continue :
"Oui, c'est Toi qui m'as tiré des entrailles maternelle, qui m'as fait reposer en sûreté dans le giron de ma mère. Entre tes bras, j'ai été jeté dès ma naissance, dès le sein de ma mère.

- Et la transition se refait à nouveau vers la description de l'angoisse mais, cette fois, en y amenant la présence de D.ieu : "Ne t'éloigne pas de moi car l'angoisse est proche, et nul n'est là pour m'aider". C'est le lot d'Israël. Ne pas oublier en ces heures, aussi bien dans le peuple que face à l'extérieur, que cette expérience à été bien décrite avant même que nous la vivions. Ceci pour nous rappeler et pour nous assurer que l'amour de Hachém nous tient plus qu'une mère ne tient son enfant.

- Alors, la description réaliste et concrète des attaques subies peut se faire (versets 13-19).

- Le verset 20 est comme le fruit de tout un travail thérapeutique. Il pose ceci : Israël a retrouvé sa force et c'est "Toi" vé ata" comme il était déjà dit au verset 4. "Mais Toi, Hachém, ne T'éloigne pas , Toi qui est ma force, viens vite à mon secours".
Maintenant, la force retrouvée, elle s'accompagne de prière (versets 20-22). Ce n'est pas une force autonome ni hors de l'amour dit et échangé "Sauve mon âme de l'épée, ma vie de la fureur des chiens, arrache-moi de la gueule du lion, protège-moi contre les cornes des buffles".

La troisième partie, arrive après cet équilibre retrouvé (versets 23-32). C'est la louange, le peuple retrouvé comme lieu de vie agréable, le remerciement, la renaissance à la vie, le souvenir des bontés que l'on rappelle. Le règne de D.ieu sur toute sa Création. Et le peuple d'Israël est appelé alors âm nolad, un peuple naissant ou à naître : en somme, cette fois, la fragilité d'un corps en naissance est accompagnée de force et de renouvellement continu.

Tout ce psaume est une reconstruction du sentiment pour Israël qu'il est fils pour Hachém (Israël hem banim. Baba Batra 10a). Et, sur cette base, nous devons garder vive la conscience que D.ieu exerce sa domination sur les peuples qui prétendent nous persécuter : "Hou mochél bagoyim" (verset 29).
Et cela se produit quand Israël a la conscience de son union avec D.ieu, conscience qui se ravive dans l'étude et dans la prière comme le dit Béréchite Rabba 48, 7 sur notre verset 4. C'est ce que faisait le patriarche Israël quand il séjournait chez le méchant Lavane : il restait vigilant dans cette conscience, disant les psaumes pour cela (idem. 68, 11 et 74, 11).
Cet état d'apaisement s'appelle en hébreu la yeshiva (Chir ha Chirim Rabba 2, 9, 2): l'individu et le peuple d'Israël vit dans la Torah et les psaumes et le Saint d'Israël est assis (yochév) dans les louanges de Son peuple.
Que ces rappels soutiennent chacun en ces heures difficiles, qu'ils redonnent quelques instants d'apaisement à ceux qui souffrent comme les alternances de respiration qu'il y a dans ce psaume, qu'ils fassent souvenir à nos gouvernants juifs de ce qu'ils ont à gérer :  la vie d'être vivants qui sont chacun un monde entier, qui sont aimés de D.ieu et constituent Son peuple. C'est pour cela que le Roi d'Israël devait toujours avoir deux rouleaux de la Torah, pour ne pas quitter cette présence et cette conscience : un dans ses situations publiques et un dans sa vie privée.
Que ceux qui ont le privilège de ne pas être éprouvés se rapprochent plus de la Torah ainsi vécue avec le coeur pour pouvoir aider et réveiller à la puissance de cet amour maternel ceux qui sont brisés et perdus dans la détresse.

L'ensemble du psaume
 

Première phase. La confiance en la victoire et l'espoir. 
1. Laménatséa'h,  âl-ayéléte ha cha'har, mizmor lé David.
Au chef des chantres. D'après la biche de l'aurore. Psaume de David.

Deuxième phase (les versets 2 à 22). Elle comprend plusieurs parties :
- la première confidence de la détresse :
2. Mon D.ieu, mon D.ieu, pourquoi m'as-tu abandonné, loin d'être mon salut, d'entendre mes paroles suppliantes ?
3. Mon D.ieu, j'appelle de jour et Tu ne réponds pas, de nuit et il n'y a pas de trêve pour moi.

- une respiration au milieu de la douleur. 
4. Tu es pourtant le Saint, trônant au milieu des louanges d'Israël. 
5. En toi nos Pères ont eu confiance, ils ont eu confiance, et Tu les as sauvés. 
6. Ils ont crié vers Toi et ont été délivrés ; ils ont espéré en Toi et n'ont pas été déçus.

- remonte la sensation des douleurs cruelles (versets 7-8) :
7. Moi, je suis un vermisseau et non un homme, la honte des gens, objet de mépris pour le peuple. 
8. Tous ceux qui me voient se moquent de moi, grimacent des lèvres, hochent la tête. 

- une forme de relation mère-enfant, 
9. Qu'il s'en remette à Hachém. Que Celui qui le sauve l'arrache au danger, puisqu'Il l'aime. 
10. Oui, c'est Toi qui m'as tiré des entrailles maternelle, qui m'as fait reposer en sûreté dans le giron de ma mère. 
11.Entre tes bras, j'ai été jeté dès ma naissance, dès le sein de ma mère.

- la transition se refait à nouveau vers la description de l'angoisse mais, cette fois, en y amenant la présence de D.ieu : 
12. Ne t'éloigne pas de moi car l'angoisse est proche, et nul n'est là pour m'aider. 

- la description réaliste et concrète des attaques subies peut se faire.
13. Des taureaux nombreux m'environnent, des bêtes puissantes de Bachane m'assiègent.
14. Ils ouvrent contre moi leur gueule, tel un lion qui déchire et qui rugit.
15. Je suis comme l'eau qu'on répand, tous mes membres se disloquent; mon coeur est comme de la cire qui fondrait au mikieu de mes entrailles.
16. Ma sève est désséchée comme un tesson, ma langue est collée à mon palais ; tu m'étends dans la poussière de la mort.
17. Car des chiens m'enveloppent, la bande des méchants fait cercle autour de moi ; comme le lions (ils déchirent) mes mains et mes pieds.
18. Je pourrais compter tous mes os : eux, ils me toisent et se repaissent en me voyant.
19. Ils se partagent mes habits, ils tirent au sort mes vêtements.

- le fruit de tout un travail thérapeutique. 
20. Mais Toi, Hachém, ne T'éloigne pas , Toi qui est ma force, viens vite à mon secours.
21. Sauve mon âme de l'épée, ma vie de la fureur des chiens, 
22. arrache-moi de la gueule du lion, protège-moi contre les cornes des buffles.

La troisième partie, arrive après cet équilibre retrouvé (versets 23-32). C'est la louange, le peuple retrouvé comme lieu de vie agréable, le remerciement, la renaissance à la vie, le souvenir des bontés que l'on rappelle. 
23. Je proclamerai Ton Nom devant mes frères, au milieu de l'assemblée je Te louerai.
24. Adorateurs de Hachém, louez-Le ; vous tous, descendants de Yaâqov, honorez-Le ; révérez-Le, vous tous, postérité d'Israël.
25. Car Il n'a pas dédaigné, Il n'a pas méprisé la misère du malheureux; Il n'a pas chaché de lui Son visage, ni manqué de l'entendre quand il implorait.
29. C'est Toi dont je célévrerai les louanges dans le grand rassemblement ; j'accomplirai mes voeux devant ceux qui Te craignent.
17. Les humbles mangeront et seront rassasiés, les adorateurs de Hachém Le loueront. Que votre coeur renaisse à la vie pour toujours.
28. Les extrémités de la terre se souviendront et reviendront à Hachém, toutes les familles des peuples se prosterneront devant Lui.
29. Car, à Hachém appartient la royauté, Il domine sur toutes les nations.
30. Ils mangeront et adoreront, tous les heureux de la terre ; devant Lui s'inclineront ceux qui descendent dans la poussière, incapables de sustenter leur vie.
31. La postérité lui vouera un culte ; on parlera de Hachém aux âges à venir.
32. Ils viendront et proclameront Sa justice, ils diront au peuple naissant ce qu'Il a fait.


 
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