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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 

Psaume 58

Note. Les Rabbins ont demandé spécialement de dire ce psaume pour le rétablissement rapide et complet, grâce à D.ieu, du Grand Rabbin de France (Yossef 'Hayim ben Sim'ha). Que tout mauvais oeil et toute mauvaise influence ne puisse avoir aucun pouvoir sur sa santé mais seulement la bonté du Ciel. Car le peuple juif a ici besoin de son enseignement.
En ce psaume, l'assurance laisse la colère s'exprimer devant l'ignominie des perfides.
Et elle affirme la victoire du tsaddiq, le juste libéré par D.ieu.

Axe
1. Au chef des chantres. "Ne détruis pas". Hymne, mikhtam de David.

Description de la malfaisance
2. En vérité, puissants, est-ce dans la justice que vous parlez,
avec droiture que vous jugez les humains ?

3. Mais non, dans votre coeur, c'est la perfidie que vous pratiquez, 
dans le pays, c'est la violence de nos mains que vous propagez.

4. Les pervers ont cherché à commettre le mal dès la matrice maternelle,
dès le ventre de leur mère, ainsi ceux qui profèrent le mensonge.

5. Du venin sont-ils semblables au venin du serpent,
comme l'aspic sourd à tout dans son action.

6. qui n'entend pas la voix des magiciens,
ni des manipulateurs les plus habiles.

Demande à D.ieu
7. D.ieu, détruis leurs dents dans leur bouche, 
les crocs des lionceaux, fracasse-les, Hachém.

Effet demandé de cette prière
8. Qu'ils se liquéfient comme de l'eau et s'écoulent.
Leur envoyant sa flèche, ils seront abattus,

9. comme une limace qui s'affaisse en allant,
un avorton de femme qui n'a pas vu la lumière du soleil.

10. Avant même que vos casseroles ne soient pleines d'herbes à brûler,
qu'elles soient vertes ou déjà détruites et consumées.

La victoire.
11. Il se réjouira le juste car il a vu la vengeance;
ses pas, il les baignera dans le sang du méchant.

12. Et ils diront les hommes : "c'est sûr qu'il y a un fruit pour le juste,
certes, il y a D.ieu qui juge sur la terre".



Commentaire du 'Hida

Qui est le 'Hida ?
Le 11 Adar, est la hiloula de Ribbi 'Hayim Yossef David Azoulaï (le 'Hida), (1724-1806), sépharade, qui naquit à Jérusalem. 'Hida, ce sont les initiales de 'Hayim Yosséf David Azoulaï (1724-1806). Il est l'arrière petit-fils de Ribbi Avraham Azoulaï de Féz (1570-1643) qui vint à 'Hévrone. Il étudia auprès de Ribbi 'Hayim ben Âttar (s'y reporter). Sa personnalité est très particulière et brillante en de nombreux domaines. Il fut au même titre le grand talmid 'hakham de sa génération, estimé et vénéré par tous, commentateur de nos sources, responsable communautaire et impliqué dans des disputes locales, caballiste, décideur dans la halakha, bibliophile, quêteur dans le monde pour les communautés de la terre d'Israël et la Yéchiva de 'Hévrone (Hébron), grand voyageur, enquêteur sur les communautés de la dispersion et sur le monde non juif, anthropologue sur les coutumes juives dans les diverses communautés autour du bassin méditerranéen, et écrivain sur ses voyages. Son passage à la cour de Versailles est resté célèbre. Ses livres les plus connus sont Birkhé Yosséf (qui est un commentaire sur le Choulkhane Âroukh de Ribbi Yosséf Caro), ses enquêtes de voyages (Zikhrone maâssiyote vé nissim), son répertoire des noms de sages (Chém haguédolim), son commentaire des psaumes (Téhilote Yosséf). J'étudie sans cesse ses commentaires. Il est enterré à Jérusalem.

Son commentaire sur ce psaume intègre les Sages de la qaballe mais il rejoint aussi par là les commentaires du Talmud et de la littérature du moussar, de la morale.

Il porte surtout sur le verset 2 :
Haoumnam, élém tsédéq tédabéroune, 
En vérité, puissants violents, est-ce dans la justice que vous parlez,

mécharim tichpétou béné adam
avec droiture que vous jugez les humains ?

Ce commentaire se base sur le fait que les mêmes lettres hébraïques alef, lamed, mém, signifient à la fois violent (alam) ou muet, silencieux (élém).
La phrase peut donc se lire aussi : "en vérité, muets, dans la justice vous parlerez".

Il faut comprendre alors que le sens véritable du verset est dans un rapport entre les deux.
C'est ce que nous allons voir.
Le Ari fait remarquer que le milouï du mot élém (muet) a la même guématria que tsédéq (194). En effet, ce sont les lettres (alef)lamed-pé,(lamed) mém-dalét, (mem) mem.
Donc, la nature même du juste, le tsaddiq et de celui qui se comporte selon la justice est qu'il sait être muet et silencieux. 
Les livres de morale juive insistent longuement sur cette qualité mais nous avons ici la clef. Sans cela, on croit trop facilement qu'il s'agit simplement de morale populaire.
Et s'il est mis pourtant : élém tsédéq tédabéroune, "en vérité, muets, dans la justice vous parlerez",
cela veut dire que celui qui sait être muet et évite les paroles vaines, les paroles orgueilleuses, les paroles méchantes et celles de la médisance, du lachone ha râ, alors celui-là peut parler du vrai parole. Ainsi, ce psaume ne parle pas seulement des hommes violents et des désinformateurs perfides qui veulent notre mort, mais de chacun de nous qui peut devenir ce même type de personnage. Ce psaume nous explique la dynamique qui fabrique ce type nocif de personnages, eux comme nous, éventuellement ; en tous cas, chacun de ceux qui utilisent une fonction publique pour agir mal contre autrui. Et cela est l'apanage de chacun dans sa vie sociale.

La seconde preuve que ce psaume parle bien de cela est démontrée par ceci :
La guématria de Haoumnam et de qol (la voix) est identique : 136. La vérité et la voix sont bien le même problème et sont les deux composantes de la médisance destructrice chez les puissants de la société.
Heureusement, la tradition nous montre que Adam ha richone n'a pas fauté sur ce point, et la part de nous-même qui est reliée à lui, comme tout humain, garde cette capacité d'éviter ces pièges. A ce niveau, nous sommes dans la vraie parole qui est celle de la Torah et celle de l'étude de la Torah.

J'ajoute ceci, modestement : on comprend alors l'importance de ce qui est demandé dans le Chémâ Yisraël aux pères : parles à ses fils "à l'intérieur des paroles de la Torah" vé dibarta bam. Cela suppose donc que le père ait conscience de ce que les Sages viennent de dire, et que le père s'imbibe assez de la Torah pour qu'il puisse formuler ce qu'il dit à son fils dans les mots mêmes de la Torah. Mon père en Torah, Ribbi Moché Yossef Zenou, zal, (lien ici) m'a rapporté un de ces exemples. Il est décédé depuis peu et était né au début du siècle et m'a rapporté que lorsque son grand-père a vu pour la première fois un train venir de l'horizon dans le bruit et la fumée et la vitesse, il a dit en hébreu :
âla âchane béapo, vé éche mipiv tokhél, gué'halim baârou mimménou,
"des vapeurs s'exhalent, signe de sa colère, et de sa bouche sort un feu dévorant, jaillissent de brûlantes étincelles". C'est la phrase du psaume 18, 9. Heureux un père et un fils qui vivent le monde concret dans les mots mêmes qui ont créé ce monde. Ils ne peuvent pas dévier, ni s'égarer vers la parole mensongère ou méchante. C'est cela qui caractérisait ce père et ce maître, et c'est qui est demandé à l'éducation parentale juive.

Reprenons le commentaire de nos Sages.
Et quand il est dit "tsédéq tédabéroune, justice vous parlerez", il s'agit bien des mots de la Torah. Donc, il y a deux attitudes nécessaires :
- un frein : veiller à ne pas porter atteinte à quiconque par la parole,
- une dynamique : orienter notre puissance à l'intérieur des mots de la Torah.

Ces deux attitudes supposent que l'on opte pour une certaine qualité dans l'existence : l'humilité, la ânava. Elle seule permet de dominer le yétsér ha râ, l'instinct qui nous pousse au mal. C'est pour cela qu'il est écrit en tête de ce psaume-ci 58 : "mikhtam" comme je l'ai expliqué plus haut : mikhtam, pauvre et démuni, et en cela il est capable de déjouer le yétsér ha râ et de le dominer, et d'en annuler la puissance. Et il s'arrête lui-même de parler mal, il est alors ilém, muet et il parle dans les mots de la Torah. Et il recherche le compromis dans les conflits qui surgissent entre les humains. C'est pour cela qu'il est dit ensuite : 
"mécharim tichpétou béné adam,
avec droiture que vous jugez les humains".
Voyez la description de ce comportement chez le roi David (Traité Sanhédrine 6b). Il était capable de rendre la justice même contre un pauvre qui n'assumait pas ses responsabilités, mais ensuite il lui donnait de quoi payer, car ce condamné n'aurait eu aucun moyen de retrouver sa dignité sans cette tsédaqa.

Cette attitude porte des fruits et elle repose sur la qualité personnelle du tsaddiq, du juste comme le dit le dernier verset, 12 : "péri latsaddiq, un fruit pour le juste".
Ajoutons :
Et alors, alors seulement, le monde peut arrêter de se dégrader dans la cruauté et la violence comme nous le voyons encore maintenant. Quand il y a un tel père et un tel fils.
Le fils de David a eu pour nom "plénitude, Chélomo". Souhaitons cela à chaque famille juive.
Et que nous parvenions à vivre les enseignements de ce psaume par le mérite de David hammélékh, âlav ha chalom, que la paix soit sur lui.


 
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