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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 

Le psaume 91

Traduction et commentaires
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages

Comment ne pas défaillir mais VIVRE et nous unir.

 

Ce psaume nous apprend comment vivre dans LA présence divine et ne pas défaillir face à toutes les difficultés inévitables de l’existence. Parfois, ce sont les épreuves majeures de la santé, de la guerre, des ruptures dans les relations heureuses, mais en fait ce sont toujours nos mises en épreuve et la nécessité de ne pas sombrer dans les cauchemars ni dans l’impuissance.

La demande juive de protection n'a rien à voir avec la passivité d'une assurance tous risques. La réponse juive nous propose de nous rendre conscients du non isolement qui est votre vie située constamment dans l’heureux projet divin et dans la proposition de relation divine. Et ce psaume nous dévoile une pédagogie de cet ensemble d'insertion indispensable dans la vie.

La question importante est :
comment garder le niveau de la sainteté et de la beauté qui est la réalité de la Création, sans défaillir alors que c'est souvent l'heure des malheurs, des fantasmes, des délires, et des appréhensions ? Qora'h avait échoué sur ce point.
Spécialement à l'heure où, en Israël et dans le monde, les terroristes tirent sur les routes, viennent tuer dans les rues, les restaurants, ou sur leurs lieux de travail. Et ce n'est pas une question politique, ni théologique mais c'est une nécessité d'exister pour des gens qui existent puis n'existent plus après le meurtre. Ces quelques exemples nous placent dans le concret de l’existence.

Le psaume 91 (Yochév béssétér êliyone, celui qui demeure dans le secret du Très-haut), nous semble-t-il, traite ce problème. Allons d’abord le lire, mais lentement, en devinant le dialogue intime qu’il nous révèle.

Psaume 91
1. Celui qui est assis dans le secret du Très-haut, * s'abrite à l'ombre du Tout-puissant efficace,
2. dit à Hachém: Tu es mon refuge, ma citadelle, * mon D.ieu j'aurai confiance en Toi.

3. Car Lui te sauvera du piège de l'oiseleur, * de la peste meurtrière.
4. Par Lui-même Il te couvre, sous Ses ailes Il est refuge: * sa bonté fidèle est bouclier et cuirasse.

5. Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit, * ni la flèche qui vole de jour.
6. ni la peste qui marche dans l'ombre, * ni l'épidémie qui ravage en plein midi.
7. Il en tombera à tes côtés 1000, et des myriades à ta droite, * mais vers toi cela ne t'atteindra pas.
8. Seulement, de tes yeux tu regarderas, * et le paiement des méchants tu le verras.

9. Car Toi Hachém Tu es mon refuge. * Dans le Très-haut, tu as placé ton abri.
10. Ne surviendra aucun mal vers toi, * aucun fléau ne s'approchera de ta tente.
11. Car à Ses anges Il a ordonné * de te protéger en toutes tes voies.
12. Sur leurs mains ils te porteront, * pour que ne bute sur aucune pierre ton pied.
13. Sur le chacal et la vipère tu marcheras, * tu fouleras le lionceau et le serpent.

14. Car c'est Moi qu'il désire et Je le sauverai (dit Hachém), J* e le protégerai car il a connu Mon Nom.
15. Quand il M'appellera Je lui répondrai. Avec lui Je suis dans la difficulté, * Je le sauverai et Je le comblerai d'honneur.
16. D'une longue vie Je le rassasierai, * et Je lui montrerai Mon salut.

Psaume splendide et vital! Quotidien. Il avance comme une respiration qui tombe et remonte et reste stable dans son rôle vital.

La lecture étant faite, analysons-le psaume pour mieux l'écouter:

1- pour parvenir à rester dans la confiance, il faut d’abors apprendre à nous situer dans ce qui est notre “réel”: le "secret" (bésséter) et dans "l'invisible" de la présence de Hachém comme dans une forteresse vivante (métsoudati) où l’on est avec qui nous parlons et vers qui va notre désir vital constant et qui chute et rebondit sans cesse.

2- de là, on ne supprimera certes pas les nombreuses attaques perfides ou internes mais elles resteront sans effet et, tôt ou tard, on verra les méchants ou nos tendances méchantes et pessimistes recevoir le prix de leurs forfaits.

3- quelle est cette forteresse, ce lieu de protection et de bien-être ? C'est la révélation de la Torah, comme le disent nos Sages en prenant les lettres initiales des versets 8 et 9 du psaume : “béêinéikha tabite véchiloumate réchaîm tiré ki” (et de tes yeux tu verras le salaire que recevront les méchants car...) qui forment en hébreu le mot béTorahtékha (dans Ta Torah) ; c'est dans la Torah que l'homme peut se découvrir attaché à D.ieu et c'est par cela qu'il est sauvé (verset 14). Cela est explicite : "parce qu'il connait Mon nom", ki-yadâ chémi). Cette connaissance vient uniquement de la rencontre et de la réception avec la Torah existante, révélée et reçue puis étudiée à l'intérieur du peuple. Concrètement il l’exprime en respectant l'alliance de la circoncision, clef initiale de cette connaissance et le Chabbate, lieu et temps de l'habitation parfaite de Hachém avec Son peuple. Et dans de nombreux versets ou autres pratiques.

4- le psaume précise où sera le bienfait éminent:
- dans le couple (béaholékha, dans ta "tente" et cela fait allusion à la "femme" et on peut poursuivre cela en lisant le psaume 128 qui explicite ce thème),
- dans toutes les voies de la vie qui seront "gardées" (lichmorékha, verset 11, et ce terme reprend celui de la paracha de Qora'h, la garde).

5- deux conditions sont posées : que le désir affectif de l'homme soit saisi et constant et orienté vers Hachém et que l'homme Le connaisse par l'étude.

6- alors,
- sa prière de demande sera entendue,
- Hachém sera avec lui dans ses soucis,
- il participera de la gloire de Hachém,
- il bénéficiera de longs jours,
- il verra le salut.

7- les trois derniers versets du psaume parlent de cette plénitude en utilisant des verbes qui se terminent par un suffixe composé des dernières lettres du tétragramme (Hou) pour bien marquer qu'il s'agira là de l'unité essentielle et finale accordée à ceux qui connaissent la Torah qui, dans son ensemble, est toute entière la vie dans le grand nom de Hachém. Il me semble que cela est encore renforcé par le fait que ces verbes sont en trois doublets de chacun 13 lettres comme les 13 caractéristiques de bonté de Hachém envers nous.

Ainsi,
- la vie dans la Torah
n'est pas seulement une attitude de rituel piétiste ou religieux,
- le projet de la Torah va aller jusqu’à s'ordonner très concrètement dans toute une vie, dans une organisation sociale et politique où les distinctions précises jouent un rôle éducatif chargé de préserver la vie (cela c'est la science juive que l’on acquiert dans l’étude),
- mais cela est basé avant tout sur des attitudes intérieures.
- ces attitudes sont "amour" (“véahavta, tu aimeras” comme nous disons dès la prière du matin après le Shéma Israël). Et c’est aussi un amour développé dans l'étude qui donne la connaissance, la co-naissance, la naissance ensemble.
La demande juive de protection dans la prière n'a donc rien à voir avec la passivité d'une assurance tous risques.
Il nous est assuré que, si nous vivons ainsi et dans cette fraternité, la protection divine, alors, pourra arrêter les tirs physiques et les tirs moraux contre les membres de ce peuple d'Israël.
David a voulu nous donner son exemple où, par sa confiance même au milieu du danger le plus proche, il a échappé à la mort, par exemple quand le Roi Chaoul et ses troupes étaient parvenues près de lui jusque dans la caverne où il s'était réfugié. Mais, comme tous les psaumes, cela s'applique à tout Juif en toute période et à tout âge.

Tout cela était reçu et compris, recevons davantage mot après mot du texte du psaume.

Le premier mot «yochev» nous place dans une stabilité: «assis, celui qui est assis, étant assis», et cela dans le secret du Très-Haut. Ce n’est pas une attitude d’agitation, mais c’est une volonté de rester dans cette position et dans ce lieu où nous affirmons déjà que c’est une position qui donne la permanence, l'assurance et la tranquillité.
Nous ne sommes pas alors assis en position de réflexion théorique dans l’étude ou dans nos pensées, mais nous sommes en un lieu qui pour nous même a l’intimité d’un secret et qui ne se saisit que dans l’écoute, et qui nous dépasse infiniment. C’est une TRANQUILLITÉ immédiate de confiance, comme dans l’amour, où nous sommes sûrs que nous sommes dans le meilleur des deux et DANS L'UNITÉ CONSTANTE ET CONTINUE ET ASSURÉE et avec la possibilité d'y revenir quand on le souhaite; elle est permise et autorisée et aimée.
Et nous acceptons que cela soit «secret» et «à l’ombre», nous acceptons l’intimité et que le bien vécu nous dépasse.

Le second verset ne s’éloigne pas de ces sentiments ou pensées, de ce vécu. Et il nous retire comme dans «un refuge» où ce calme est protecteur et nous assure le bien. Et nous atteignons ainsi l’union la plus grande: «bo, en Toi».

Les versets 3 et 4 nous révèlent ce à quoi nous n’aurions pas été conscients: alors, Sa présence crée l’isolement et la protection qu’est le refuge, et cela intérieurement, mais aussi en résistance invulnérable aux nuisances.

Les versets 5, 6 et 7 font prendre conscience qu’il s’ensuit une diminution de toute crainte sous toutes les formes possibles. Le reste peut vasciller, cette position est assurée.

Le verset 8 nous montre que notre regard et notre vision sur les difficultés change, car nous sommes en stabilité et reliés à l’essentiel de toute Création permanente assurant l’existence.

Le verset 9 nous en révèle le pourquoi, la clef: nous nous sommes placés dans la relation de Toi-moi. Et nous ne cherchons pas d’autre abri. Notre activité est de rester «yochev, assis» là, dans ce ici et maintenant permanent.

Les versets 10, 11, 12 et 13 ramènent la présence à la conscience des difficultés et menaces mais aussi de la perception de ce qui divinement les neutralise dans notre conscience.

Le verset 14 dévoile la présence de Celui qui est ici dans ce secret, dans cette relation, et Il parle alors à la première personne.

Et, dans ces trois derniers versets, les verbes passent au futur qui n’est pas en hébreu une façon de parler de l’avenir, mais c’est la traduction d’un présent continu qui dure sans faille.
Les versets 15 et 16 franchissent un stade supplémentaire: nous sommes alors dans la présence au Toi-moi et dans l’échange par dialogue et donc dans l’Amour essentiel, total et fondateur de toute existence et de toute durée. Et ce n’est pas une philosophie ni un crédo mais c’est comme une vision donnée par le divin (avant-dernier mot: «véaréhou») et c’est la vie à l’intérieur (dans, «bé) Son salut à Lui le Créateur.
Psaume étonnant qui dévoile ainsi si brièvement ces étapes, ces techniques, ces vies, ces unions jusqu’aux niveaux les plus personnels des deux partenaires.

Je rejoins donc la dédicace que nous a fait de ce psaume le divin par le Roi David et je dédie donc cette étude à tous; et spécialement à tous mes amis menacés concrètement dans leur santé, profession, sur les routes, en se rendant au travail, en rejoignant leur famille, dans les risques et menaces de guerres, et cela par la faute réelle des politiciens qui ont fait entrer les terroristes par leurs plans, leurs mouvements, par leurs décisions et par leurs votes, leur ont donné les armes et les territoires, ont laissé dans l'impunité les leaders politiques de ces terroristes pour plaire au monde qui avait juré la perte d'Israël déjà une fois en notre génération. C'est dans ce contexte précis que nous récitons ce psaume qui est un véritable sauvetage.
Je dédie cette étude à mes amis qui montent en Israël et qui éprouvent soudainement le vide de leurs habitudes, de leurs compétences, de leur langue maternelle et paniquent souvent. Je dédie cette étude à mes amis qui sont devenus juifs et qui affrontent, en plus, tout cela seul, sans famille, alors que la famille est si importante dans le judaïsme et qui sont loin de ceux qu'ils continuent à aimer, et qui ressentent souvent un vertige devant leur situation.
A travers cela, je dédie cette étude à tous amis qui traversent les phases personnelles difficiles de l'existence, chacun a ce lot (enfants qui se droguent, travail perdu, affection brisée, etc.) et qui cherchent comment se brancher sur toute la force de la vie et de la Torah.


Le Ari, zal, fait remarquer que le verset 3 porte le nom de Yémima dans les lettres initiales («raché tévotes») des mots: «Yatsilékha Mipa'h Yaqouch Middévér Havote (Il te préservera du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière»). Qui est Yémima? Lisez le dernier chapitre du Livre de Job, c'est l'une de ses filles lorsque la période du bonheur revient, simplement parce que Job a fait taire ses angoisses et s'est placé silencieusement dans la confiance envers Hachém, comme dans ce psaume.

 

Nous ne parlons pas à la légère devant ces questions. Toutes les objections, David les connaissait. Son expérience vaut la nôtre. Je ne parle pas à la légère de la guerre car, comme beaucoup, je sais ce que c'est d'expérience d'être au milieu des bruits des tirs et des murs qui tremblent et tombent et des nombreux proches explosant ou broyés, éjectés dans l'espace, brûlés, noyés en un instant. Cette première fois, j'étais enfant, et quand j'ai vu et entendu alors l'affolement des adultes qui, subitement différents, devenaient croyants et suppliants pour un seul instant nouveau, j'ai dit autre chose en mon coeur dans le noir et sous le bruit et la poussière : "jamais je ne lâcherai les fleurs". Il s'agissait de cette position assise permanente du "yochev".
C'était pour moi le début d'un poème et d'un dessin ou d'une photo de fleurs qui ne se sont pas terminé un seul moment depuis lors. A travers ce regard visuel sur la beauté du monde en cet instant, en enfant que j'étais, je disais ma foi dans l'ordre bon du monde que ces horreurs seulement humaines ne pouvaient pas abolir. Je rencontrais ce psaume, assis dans le secret du Très-Haut, sans même le savoir.
Je ne parle pas non plus à la légère des attaques injustes, perfides, du lachone ha râ toujours basé sur ce qui serait plausible et contre lequel on ne peut pas se défendre, et où il faut seulement «être yochev, assis» comme nous venons de le voir et seulement compter sur l'amitié, l'amour, la fidélité, la bonté, la justice vraie.
Je ne parle pas à la légère des proches menacés de maladie et qui franchissent la mort. Tout cela, comme chacun, je le connais d'expérience directe. Je suis en cela comme tout un chacun : nous avons la vie écrite de nos patriarches et matriarches et de nos prophètes dont la vie fut encore bien plus dure que la nôtre, avec leur désespoir et angoisse de psaume en psaume avant de rebondir chaque fois dans l'espoir et dans la confiance. C’est pour cela que ce psaume 91 était nécessaire. Nous marchons "chacun" dans ces traces et, avec l'aide de leur mots, de leur exemple et de leur présence, nous ne trahirons pas les contrats d'amour éternel, CE contrat d'amour éternel du «yochev», du "assis dans le secret sublime".

Je ne parle pas à la légère de la Shoa. Je n'ai pas besoin de ceux qui voudraient l'objecter face à la confiance du Roi David. J'ai vécu, si proche nuit et jour, pendant des années avec mon épouse Yémima, celle qui est restée seule après la Shoa avec ses absences et cette souffrance, et n'a pas hésité à monter en Israël avec moi pour assurer la victoire finale de toutes ces générations que les ennemis voulaient achever à Monte-Carlo, puis en France à Drancy et à Auschwitz. Ce n'est pas le Ciel qui avait livré ces Juifs aux nazis, c'est la police française et les bons voisins polis. Malgré cela, nous avons dit "oui définitif" à la victoire de la vie et nous avons dit "merci" avec tous ceux qui vivent face à tous ces ennemis. Certes, nous n'avions pas prévu qu'en plus, un jour, ce seraient des Juifs en Israël qui feraient parfois venir et soutenir les ennemis pour tuer nos frères sur notre terre millénaire. Mais là encore nous gardons confiance. La Torah nous a donné ce psaume et l'enseignement face à ceux qui comme Qora'h promeuvent la mort ou les seules affirmations théoriques derrière leurs beaux mots trompeurs.

La vie a toujours gagné et toujours gagnera. Après les épreuves de Job, le dernier chapitre de son livre nous montre le retour du bonheur.

Plus que jamais, disons ce psaume 91 car David était encore bien plus menacé directement que nous, et il nous a enseigné comment prier, pour vivre. Et «où» vivre, dans ce «secret, sétér), et dans quelle «ombre, tsél».
Et, ces belles fleurs, je les ai retrouvées à Jérusalem et toujours dans tout le monde et dans les sourires de toutes les cultures créées. Car il suffit de regarder, de voir en recevant et en aimant, et surtout : en permanence. Ces photos sont partout dans le site «Modia, faire savoir». Je vous prouve ainsi qu'elles existent bien comme don quotidien de vie partout dans la vie, comme réception quodienne possible de vie.



Revenons dans LA présence directe qui est dans les mots de ce psaume 91. Pour cela, pour être dans ce dedans, prenons les pauses nécessaires pour l'attention, pour l'écoute, pour la sensation, pour l'union, pour l'amour:

1. Celui qui est assis dans le secret du Très-haut, s'abrite à l'ombre du Tout-puissant efficace,
2. dit à Hachém: Tu es mon refuge, ma citadelle, mon D.ieu j'aurai confiance en Toi.

3. Car Lui te sauvera du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière.
4. Par Lui-même Il te couvre, sous Ses ailes Il est refuge: sa bonté fidèle est bouclier et cuirasse.

5. Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour.
6. ni la peste qui marche dans l'ombre, ni l'épidémie qui ravage en plein midi.
7. Il en tombera à tes côtés 1000, et des myriades à ta droite, mais vers toi cela ne t'atteindra pas.
8. Seulement, de tes yeux tu regarderas, et le paiement des méchants tu le verras.

9. Car Toi Hachém Tu es mon refuge. Dans le Très-haut, tu as placé ton abri.
10. Ne surviendra aucun mal vers toi, aucun fléau ne s'approchera de ta tente.
11. Car à Ses anges Il a ordonné de te protéger en toutes tes voies.
12. Sur leurs mains ils te porteront, pour que ne bûte sur aucune pierre ton pied.
13. Sur le chacal et la vipère tu marcheras, tu fouleras le lionceau et le serpent.

14. Car c'est Moi qu'il désire et Je le sauverai (dit Hachém), Je le protégerai car il a connu Mon Nom.
15. Quand il M'appellera Je lui répondrai. Avec lui Je suis dans la difficulté, Je le sauverai et Je le comblerai d'honneur.
16. D'une longue vie Je le rassasierai, et Je lui montrerai Mon salut.

Accentuons surtout souvent notre écoute par des pauses:

1- Le signe vert que j'ai placé indique la pause juste telle qu'il faut la placer pour bien lire le sens du psaume. Entraînez-vous à réussir cette lecture, à haute voix. Voir pour comprendre cette pause, la page sur les téâmim des psaumes (lien ici).
Bien faire la pause au milieu du verset après le atna'h ou étna'hta. Et, au verset 3 qui n'en comporte pas, faire la pause après le raviâ chez les Sépharades et réviî chez les Askénazes.

2- Le signe orange indique qu'il faut bien accentuer les mots qui n'ont pas l'accent sur la dernière syllabe, en prenant le repère grâce au taâm: exemple, au début, yochév bé SEter...
Entrainez-vous à prendre ainsi l'habitude de bien lire un psaume, en le ressentant lentement dans tout son rythme interne "et dans mon rythme interne". Tout cela, c'est "le yochev, mon refuge, séter éliyone, ombre, tsel...".


 

Nous pouvons toujours déguster tout cela avec nos Sages qui nous ont fait tant de cadeaux. Nous allons découvrir maintenant qu'ils nous disent: "il ne s'agit pas seulement d'une aide divine envers nous, d'une providence; il s'agit bien plus: ce yochev est une proximité de nature et d'espace communs qu'il n'est pas question de définir en jetant en l'air quelques mots mais qui est à méditer et à recevoir en toute humilité, et à le vivre. Voyons quelques uns de ces enseignements:

- Toute cette ligne du psaume 91 est la position de Mordékhaï et d'Esther dans le danger: calme serein et sûr et stable et différent de la situation apparente: "Kassi ké dar panâhgah âlijenab: celui qui est dans le refuge du Très-Haut", comme cela est dit dans leur langue persane dans les livres de prière des juifs d'Iran encore aujourd'hui.

- Et comme le dit Rachi sur ce psaume: "celui qui est en abri dans le secret sous les ailes de la Chékhina, là il apprend tout de MOI et JE le dis à chacun".

- Et le grand Eliahou ben Moshé Vidas, dans Réchite 'Hokhma, sur la base de ces versets, nous précise jusqu'à ce que nous sommes "dans la nature de notre être". Dans le chapitre Shaar ha ahava, 6, il cite le Zohar: nous prenons conscience que nous sommes ainsi faits à l'image du Créateur (Emor 104,2) et Dévarim 32,6: "Il est ton Père, ton Créateur, LUI que t'a fait, qui t'a affermi". Et en cela, dans toute action ou dans tout état continu où nous sommes  ce lien est rocher. Ainsi le disait Job 10,12 : "vie et amour TU as fait envers moi". Et les Tiqounéi Zohar le précisent ainsi (Béréchit 3,1): "par la téchouva, l'homme devient invisible pour ceux qui voudraient lui appliquer leur jugement".

- S'occuper de ces secrets de la Torah, dit Yaâkob Abou'hatséira sur ce psaume, citant le Zohar, n'est pas s'enfoncer dans des doctrines compliquées mais c'est... vivre dans le secret de Hachem, dans la joie de la présence divine nommée Chékhina comme il est dit en Proverbes 15, 23.

- Et alors, tous les textes d'étude et de prière sont un simple retour à cette conscience vitale, et non pas une demande d'aide utilitaire envers nous. C'est développer en nous la "conscience de l'union spatiale permanente au Créateur". Pour nous, alors, il y s'agit (simplement si l'on peut dire) d'écouter (Shémâ Israel), et de recevoir (qabala) et d'aimer (véahavta) et non pas de s'enfermer intellectuellement dans des études comme ferait un prisonnier à perpétuité qui élucubrerait en désespoir dans sa cellule invariable, ou qui élucubrerait des théories sur la venue d'un libérateur politique. Shémâ Israel, écoutons dans le présent la simplicité transcendante et de nature concrète de ces messages placés dans ce simple "yochev".


UNE NOUVELLE FOIS, AVEC TOUT CELA, REVENONS À NOTRE UNION DANS LA MÉDITATION DES MOTS DU PSAUME:

verset 1 - "Yochev". Nous avons bien compris que dire ce mot nous replace dans la conscience de "notre" nature double: humaine et "divine de LUI" et que nous ne pourrons plus jouer la comédie d'être seulement abattus et depuis cela demander le miracle: nous "sommes réellement" dedans et non pas en demande externe.

verset 2 - "Omar". De là, nous avons le droit et recevons même l'ordre de dire au Créateur: "TU es mon...". C'est avouer et proclamer que ce yochev est si solide qu'il est un refuge et une citadelle qui sont en fait le Créateur Soi-même et que c'est "bo, dedans LUI" que nous sommes maintenant réellement conscients d'être réellement placés.

versets 3 et 4 - Cela étant clairement situé, c'est à l'intérieur de cela que nous sommes conscients que "LUI préserve dans une action continue" car le futur qui va apparaître souvent ensuite DANS LA FORME GRAMMATICALE DES VERBES n'est pas un futur comme dans les grammaires occidentales, mais en hébreu c'est un présent continu qui se prolonge sans cesse dans l'avenir.

versets 5-6-7 - C'est la description de cette protection continue exprimée par ce futur hébraïque: "lo tira" (tu n'auras jamais à craindre), ni de la terreur nocturne, ni des flèches dans la journée, ni de la peste ou des épidémies diverses, des spectacles de destructions car ils ne t'atteindront pas dans cette unité double que tu connais maintenant et que tu reconnais comme position personnelle de vie.

versets 8-9-10 - Nous entrons maintenant dans cette réalité logique précisée par les mots "seulement, rak" ou "car, ki".

versets 11-12-13 - Alors maintenant nous percevons SON action protectrice permanente dans ce duo de "notre yochev" : "car à Ses anges IL a ordonné pour toi de te protéger en toutes tes voies... ils te porteront...tu marcheras toujours sur...".

verset 14 - le duo initial est maintenant repris mais dévoilé dans son action efficace et d'unité duelle continue par ce futur hébraïque : "car en MOI il est épris, et JE veux le sauver du danger, JE veux le grandir car il a connu MON nom".

versets 15 et 16 - Ils dévoilent combien c'est un couple d'amour extrême qui se dit, qui continue à se développer comme réalité présente. Et le "yochev" initial qui avait pu sembler (par ignorance) une attitude individuelle, dévoila maintenant toute la place immense du Créateur dans cette relation d'amour et dans cette unité d'amour: "véaréhou bichouâti, et JE lui fais toujours voir (tout) dans Mon salut".

Vivons tout cela comme l'exprime dans sa guématria 100 de plénitude du mot yamim (jours) dans le dernier verset...

 

........................... ........................ ..........................

Comment faire pour que cette étude ne reste pas conviction intellectuelle sur la Torah
mais s'insère existentiellement dans la vie?

Pour cela, nous devons nous resituer avec priorité dans le début de cette étude et de ce psaume:
"Pour parvenir à rester dans la confiance, il faut apprendre à se situer “assis, yochev” dans "le secret élevé" (bésséter êliyone) et dans "l'ombre" (bétsél) de la présence de Hachém comme dans un "refuge (marsé)" et "forteresse vivante (métsoudati)" .

Donc, nous continuerons pour comprendre "dans la vie" ces termes qui ne sont pas évidents: "dans le secret Très-haut (béséter êliyone)" et "dans l'ombre (bétsél)" et "le refuge (marsé)" et "la forteresse (métsouda)". Comment abandonner nos refuges secrets et nos ombres pour ceux de Lui? La meilleure préparation à cette nouvelle étude sera d'étudier maintenant les pages sur la méditation: (http://www.modia.org/priere/meditation.php)

Commençons par le premier mot du psaume qui est “assis, yochev”. N’oublions pas que ce mot est situé ainsi dans le psaume 84: “asheréi yochevéi véitékha, heureux ceux qui sont assis dans Ta maison”. Ce mot est donc celui du bonheur suprême, intégral et il est le mieux relié au Créateur et à Son bonheur qu’Il partage avec nous. Il faut prendre le temps d’intégrer cela comme base essentielle de cette étude, avant même de continuer l’étude.

Essayons aussi de comprendre ce mot dans le vocabulaire et dans les dynamiques de la Torah. Il y apparait plus de 800 fois sous des formes grammaticales diverses, c’est dire son importance. Et seul ou accompagné de prépositions (lé,bétokh, bein, etsel, ét, él, etc). De toutes façons, il indique la position assise du corps qui est bien stable, se repose, est puissant, domine tout calmement, tandis que le reste devient ou est inférieur.
Si nous regardons les psaumes où se situe notre verset, ce mot “assis, yochev” y apparait 7 fois, dans les psaumes et versets 2,4 - 9,12 - 17,12 - 22,4 - 80,2 - 91,1 - 99,1. Il y a aussi une forme proche dans le psaume 123,1 qui dit alors: “Cantique des degrés: vers Toi j’ai élevé mes yeux, Toi qui est assis dans les cieux”. Retrouvons ces caractéristiques verset par verset:

- verset 2,4 : “Celui qui est assis dans les cieux en rit, Hachem se raille d’eux. Yochev ba chamayim yis’haq, Adonaï yilag-lamo”.

- verset 9,12 : “Célébrez Hachem qui est assis, siège à Sion. Zamérou laHachem yochev Tsion”.

- verset 17,12 : “Pareil au lionceau assis en embuscade. Vékikhfir yochév bémistarim”.

- verset 22,4 : “et Tu es pourtant le Saint, assis dans les louanges d’Israël. VéAta qadosh yochév téhilot Israel”.

- verset 80,2 : “Toi qui trône assis sur les chérubins. Yochév hakérouvim hofiâh”.

- verset 91,1 : notre verset en cours d’étude : assis (yochev) dans le secret élevé (bésséter êliyone) et dans l'ombre (bétsél) de la présence de Hachém (Chadaï) il s’abrite (yitlonane), qu’il dise à Hachem (omar laHachem) TU es mon "refuge (marsi)" et ma forteresse vivante (ou métsoudati), mon Dieu (Elohaï) en qui je place ma confiance (évta’h BO)".

- verset 99,1 : “Hachem règne, ils tremblent les peuples, IL trône assis sur les chérubins, la terre vascille. (Hachem malakh yirguézou âmim kérouvim tanout)”.

Reprenons alors maintenant les termes que nous avons dit: “yochev, assis” indique comme image la position assise du corps qui est bien stable, se repose, est puissant, domine tout calmement ou en puissance, tandis que le reste devient ou est inférieur.

CONCLUSION:
MAIS SURTOUT, CE TERME “YOCHEV” QUI NOUS CONCERNE NOUS SITUE NOUS-MÊMES ET MAINTENANT DANS LES DYNAMIQUES MÊMES QUI SONT DIVINES ET QUI SONT L’ETRE DIVIN. C’est cela l’essentiel à percevoir.
Il ne s’agit donc pas d’une conception intellectuelle. Mais ce mot est un lieu d’union et un moment d’union, et il est dans des dynamiques diverses d’union. Il faut alors prendre le temps de silence POUR SE JOINDRE INTÉRIEUREMENT ET PLEINEMENT A CES DYNAMIQUES DIVINES, et non pas sauter par dessus les mots des versets de ce psaume 91.
On peut comprendre maintenant pourquoi -avant de dire si souvent et chaque jour- les si célèbres mots “Hachem Eloheinou, Hachem E’had”, nous devons nous modifier en disant les deux mots précédents “Shémâ Israël, mais écoute donc ce que tu vas dire et au sens propre réalise-le et dans l’union et l’unité, Israël: “Hachem Eloheinou, Hachem E’had”.
Aux actes maintenant !



 
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