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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
Le psaume 6, appel dans la détresse et dans la guerre

1
Laménatséa'h bineghinote âl-hachéminite, mizmor lédavid.
Au chef des chantres, avec les instruments à corde, à l'octave. Psaume de David.

2-6
Hachém, ne me réprimande pas dans ta colère,
ne me châtie pas dans Ton courroux.
Aie pitié de moi, Hachém, car je suis abattu ;
guéris-moi, Hachém,
car mes membres sont en désarroi,
mon âme est bien troublée,
et Toi, Hachém, jusques à quand ?
Daigne de nouveau, Hachém,
délivrer mon âme, viens à mon secours
en raison de Ta bonté
car dans la mort Ton souvenir est effacé,
dans la tombe, qui te rend hommage ?

7-8
Je me suis extenué en gémissements,
chaque nuit, je baigne mon lit de larmes,
j'inonde ma couche.
Ma vue s'éteint de chagrin,
elle vieillit à cause de tous mes ennemis.

9-11
Loin de moi, vous tous artisans d'iniquité !
Car Hachém entend le bruit de mes sanglots.
Hachém exauce ma supplication, Hachém accueille  ma priere.
Qu'ils soient confus, effarés, tous mes ennemis !
Qu'ils lâchent pied, couverts soudain de honte.

Commentaire du Psaume 6
Premier verset : Psaume 6, 1.

Laménatséa'h bineghinote âl-hachéminite, mizmor lédavid.
Au chef des chantres, avec les instruments à corde, à l'octave. Psaume de David.

Cette début du commentaire est basé sur le Méâm loêz et nous continuons notre étude dans des sources diverses. (Le Méâm Moêz est une oeuvre populaire sur la Torah, d'initiation au judaisme, publiée en 1730 en judéo-espagnol par Yaâqov Culi pour ramener les juifs ignorants ou égarés par la triste épopée de Sabbataï Tsvi. Elle est surtout composée de middrachim). 

Ce premier verset, qui pourrait sembler comme une simple  introduction technique hermétique, a une grande importance.
1. Ce psaume est composé par David et on le réfère à plusieurs étapes où il fut gravement malade, ou en péril. C'est le motif pour lequel ce psaume convient particulièrement pour les malades ou pour ceux qui traversent de grandes difficultés. Il a toujours été dit par les Juifs dans les périodes de grand drame ; on l'utilise aussi pour ces motifs dans la prière quotidienne dans la partie des Ta'hanounim ou supplications de demande de pardon.
David fut en péril de mort, et le peuple aussi, quand David avait recencé le peuple (lisez II Samuel 24, 10 et I Chroniques 21, 16) ; car cette activité manifeste un manque de confiance envers le Créateur et Sa sauvegarde et ramène le peuple à des chiffres et numéros.
David passa également une longue période en état de lèpre et en isolement. C'est sa demande d'être purifié en son âme et de bien revenir à D.ieu et à la Torah complètement qui le guérit. Il demanda que ceux qui aiment D.ieu et le connaissent se rapprochent de leur roi David (voyez le psaume 119, 79) et que ses ennemis soient éloignés (ici 6, 11).
David tomba également malade après l'épisode avec Bat-Chébâ.
David fut également malade par les soucis causés par les nombreux ennemis intérieurs et extérieurs qui l'ont poursuivi pendant sa vie. Ce mal, si gravement ressenti et qui voulait réellement porter atteinte à sa vie est exprimé par l'expression qui parle de "colère" (verset 2) : rien n'est plus dévastateur que la colère.
On le voit, ce qui détruit l'homme est, aussi bien et également, les ennemis du corps, ceux de l'âme et les véritables ennemis externes. 
 

Et la solution du retour à la santé ne peut passer que par un retour préalable à la Torah, à une vie droite,à la prière pour demander le salut, à l'humilité et à la confiance. Ce sont toutes ces qualités, et leur parcours pédagogique, qui nous sont proposées en ce psaume. Ce sont aussi les conditions nécessaires à l'heure où Israël est plongé dans la détresse.

2. Quel est le sens de l'expression curieuse : âl-hachéminite (au huitième, à l'octave). A quoi cela fait-il allusion qu'on ait eu le besoin de donner cette indication technique très particulière ?
- cela réfère à la harpe à 8 cordes nommée chéminite, selon le nom du chiffre 8 (lisez I Chroniques 15, 21) ; ceci est une illustration mais ne nous fournit pas encore l'explication.
- on l'utilisait dans le rite de la circoncision (mila) qui a lieu à 8 jours. Et nous rejoignons la tonalité du psaume de détresse quand on se souvient que Moché rabbénou fut sous l'emprise de la mort et n'en fut sauvé qu'en réalisant la mitsva de la circoncision qu'il n'avait pas accomplie. 
 

Le psaume nous enseigne de bien examiner nos manquements par rapport aux obligations morales du Juif quand nous sommes en maladie et danger de mort et il nous donne l'espoir que nous serons sauvés de même quand nous aurons réparé (lisez Chémote, Exode, ch. 24).

- cette mitsva de la mila est la 8e (lisez Rabbénou Bé'hayé sur Chémote 20, 14), après les 7 de base qui furent données à toute l'humanité, donc aux non-Juifs, et qui constituent la base de toute humanité. Nous en avons parlé longuement dans la page du site Modia consacrée aux Béné Noa'h, aux fils de Noé.
 

Le Middrache Bémidbar Rabba 15, 11 dit que la harpe avec laquelle jouent les Lévites au Temple sera de 8 cordes ou de 8 octaves ou de 8 chants (Ibn Ezra) aux temps du Machia'h (le Messie). Le Rambane développe ce thème dans Torate haAdam, 124. Donc, ce psaume, dit, chanté, pleuré, prié dans la détresse nous laisse entrevoir ces temps du Machia'h que tout Juif espère avec impatience. Nous affirmons, avec optimisme et chant et musique, notre foi, et par là nous faisons descendre la bénédiction car elle ne peut se déployer que dans la joie.

Précisons que le terme de Néguinote (instruments de musique) refère à cela et, tout étant précis et transmis dans le judaïsme, nous savons que ce psaume est joué sur les instruments selon les modes de Nitsoua'h, de Nigoune et de Zémer. Rachi parle aussi de la bonté complète symbolisée par cet instrument (I Chroniques 3, 11). Et il réfère ailleurs à la splendeur du chant manifestée par David en I Chroniques 29.
Le Rambane (sur Béréchite 24, 1) parle en ce sens de la 8e des 13 middotes de Hachém et qui règne sur tout, en reliant le jugement et la bonté. En Vayiqra 23, 40, il le relie aussi à la complétude de la Fête de Chémini Âtsérete qui clôture la fête de Souccote (voir aussi Massékète Sofrim 19).
Ce jour hachémini est aussi le Roche 'Hoddéche Nissane, le premier jour du mois de Nissane où fut consacré le michkane, le sanctuaire (Rabbénou Bé'hayé, Vayiqra 9, 1). C'est donc, dans la détresse, l'assurance de la présence parfaite. Et cela ne concerne pas seulement notre petite personne mais tout le peuple d'Israël (Rabbénou Bé'hayé, Bémidbar 19, 35). C'est un état si bon, qu'il est celui qui se relie à la Création et qui précède la qualité du Chabbate (Rabbénou Bé'hayé, Dévarim 31, 10).

Nous comprenons maintenant aussi pourquoi, alors, il est parlé de "la ménatséa'h", le chef des chantres, car c'est un travail collectif comme dans un orchestre où chacun est indispensable et apporte sa part (voyez Métsoudote David sur I Chroniques 15, 21). C'est ce qu'exprime merveilleusement le Traité Bérakhote du Talmud de Jérusalem (68a) quand, à propos de cette expression, Ribbi Eleâzar dit que ceux qui étudient la Torah apportent la paix dans le monde. Amen ! Voilà bien un psaume à dire en ce moment pour Israël. Et le Rambane, dans ses 'Hiddouchim sur le Traité Soucca 49, a dit que cette expression montre bien que la qualité exceptionnelle de ce 8e jour. Et le Roche, dans ses Tossafotes, son commentaire supplémentaire sur le Traité Roche haChana 4b parle de la plénitude qui est atteinte alors.

Le Livre Chaâré Ora, 8e portail, développe cela aussi.
Le Zohar sur Bémidbar 223b parle de la merveille de ce point où il n'y a plus de séparation entre la victoire et la splendeur. Les Tiqqouné ha Zohar précisent cela en disant : c'est cela qui est exprimé par ces mots du psaume "âl hachéminite", cela veut dire que "nétsa'h Israël, Le victorieux d'Israël ne sera pas défaillant et gagneraéé. C'est le lien de Netsa'h et Hod, les étudiants avancés comprendront. En 51b, les Tiqqouné ha Zohar  ajoutent que, par ces mots, nous faisons louange à Hachém : ainsi, de la souffrance, nous pouvons nous élever jusqu'au plus haut et au plus fort de la victoire, et cela par la prière qui est nourrie de l'étude, et qui devient modestement capable de se placer sur la science de la prière du Roi David lui-même qui avait épousé toutes les difficultés de nostre condition et les a menées à leur plus haut point ; c'est pour cela qu'il est nommé le Machia'h, le Messie. Et qu'il est une des étapes du déploiement du projet de l'homme, ce qui est indiqué par les initiales du nom de Adam qui dessinent trois étapes : Adam-David-Machia'h.

Après l'étude, maintenant, entrons dans le psaume comme prière, par ce commentaire personnel.
Nous pouvons dire ce psaume avec un rythme en quatre phases que nous avons séparées dans la présentation graphique qui suit :
- le premier verset, commenté ci-dessus.
- les versets 2-6 qui sont l'appel suppliant du malade à Hachém lui-même qui est nommé 5 fois, peut-être comme les cinq mouvements possibles les plus élevés dans notre être qu'est la néchama (néféche, roua'h néchama, 'haya, yé'hida). Mais, R. Yéchaya Matrani dit, sur le verset de I Samuel 25, 29, que chaque fois que l'on voit le mot néféche comme au début de notre verset 4, cela représente à la fois le corps et l'âme ensemble. Donc, c'est tout l'être qui est souffrant et crie. Bien assumer tous les mouvements de supplication, de souffrance qui se disent dans toute leur étendue jusqu'à ressentir la proximité de la mort, et ressentir la demande, mais aussi la relation affectueuse et confiante puisqu'il y a le nom de Hachém.
- les versets 7-8 semblent être le coeur qui déverse sa souffrance sans même supplier : après la confiance, il est possible de dire toute la souffrance, sans culpabilité ; la souffrance est une réalité qui envahit et torture sans capacité de la réduire ; elle a besoin de se dire, et de se dire uniquement à qui peut entendre, pour se réduire.
- la dernière partie est formée de trois versets. Ils comprennent à la fois le retour au nom de Hachém et une expression nouvelle : une attitude active contre les "ennemis" qui avaient prise contre celui qui prie. 
Cette attitude active est possible parce que le malade, ayant pu se décharger quelque peu de l'excès de sa souffrance, a repris confiance d'abord, puis il a pu expérimenter son union à Hachém qui est le maître tout-puissant de toutes les forces positives. Celui qui prie ne devient pas un guerrier, il est uniquement revêtu de la bonté de Hachém et c'est elle qui va éloigner les ennemis et les soucis. L'attitude n'est pas la guerre mais la paix qui se récupère et les ennuis s'éloignent. 
Un élément supplémentaire est traité mais avec légéreté comme il se doit : l'angoisse, le malheur et la maladie font la joie de ceux qui ont un mauvais oeil, et ils ont une part certaine dans ces malheurs, et ces véritables ennemis -et vécus comme tels- redoublent de joie quand la situation empire, jusqu'à venir la constater. Le psaume traite également cette dimension.
Le psaume peut être pris également comme une plainte collective d'Israël, et une prière pour Israël dans l'angoisse et la souffrance.
Nous dédions cette étude aux malades et aux blessés des attentats ainsi qu'à leur famille.

Par notre prière, que ce psaume porte les souffrances d'Israël jusqu'à la victoire et la plénitude, tous ensemble. Amen  !


 
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