"LE" psaume de remerciement: 100

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par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour (Dipour, en hébreu).

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Cette feuille comporte des lettres saintes, veuillez la conserver dans un endroit correct.

 

Soyons vrais: la plupart de nos prières spontanées sont des demandes, et nous exprimons des louanges surtout dans les prières collectives organisées comme celles du Chabbate.
Et, pourtant, la première expression de notre coeur devrait être la hodaya, le fait de dire toda, merci. Merci pour la vie, merci pour le fait de connaître ce monde, pour les rêves que nous espérons vivre, pour avoir reçu le don extraordinaire de pouvoir connaître dans la Torah les plans du Créateur, et Ses manières d'être dans Son don continu aux hommes.

Le mot français de "reconnaissance" l'exprime parfaitement: nous sommes conscients de façon nouvelle, comme une naissance, et nous y revenons vers la source et lui disons merci. Le premier mot que nous disons le matin est modé (masculin) ou moda (féminin): "reconnaissant et remerciant je le suis". C'est donc la base de tout. En ce début d'année, comme un début de jour, je fais cette étude pour dire merci dès le renouvellement. Et c'est le psaume 100 comme la plénitude des 100 bénédictions.
Certes, il y a des gens qui remercient et en font le contraire: "je vous remercie" signifie "je me débarrasse de vous, je vous éjecte, je vous met à la porte, ce qui était entre nous est terminé et je n'ai aucune reconnaissance mais je fais le rite vide de vous dire merci qui veut dire: partez pour toujours, je ne vous dois plus rien après ces mots de ce que vous avez fait de bien pour moi, vous vous croyiez mon ami-e et vous vous êtes trompé-e car je vous ai trompé-e, et par ces mots j'officialise ce changement de rapport sans que vous ayez rien à dire". C'est pis que Sodome qui est cruel et sans amour, c'est bafouer la pureté et l'amour.

Il fallait dire cela pour bien retrouver l'intensité de l'ordre naturel bon du monde dont le judaïsme veut développer la conscience chez nous. Et aussi nous y maintenir en permanence. Le merci ne sera donc pas un mot de cinq lettres mais il éclatera en multiples sentiments positifs, en relations heureuses.

Ce psaume 100 est un psaume bref qui l'exprime parfaitement, il a 5 versets comme les cinq niveaux de l'âme, et 42 mots comme la prière de force (anna vékoa'h) pleine des noms divins. Il est donc facile de s'y concentrer en ces quelques moments de sa brève durée et nous allons pouvoir aisément en découvrir toutes les richesses. Ainsi, nous en ferons un exemple de tout ce qu'il y a dans la structure d'un psaume et nous pourrons appliquer ces découvertes à tous les autres psaumes, pour l'étude comme pour la prière.
Certaines sources l'attribuent à Moché Rabbénou comme tous les psaumes 90 à 100. Le Roqéa'h l'attribue à David qui remercie de tous les dangers d'où Hachém le sauve.
Dans son commentaire de Yichtaba'h, il se met en référence avec le mot "nétsa'h" dans la liste des louanges car sa bienveillance l'emporte dans toutes les générations. D'autres auteurs le font continuer jusqu'à hod, la splendeur car, de là, à l'avenir se débloqueront les lumières créatives.
Ce psaume n'est pas lu le Chabbat (Beit Yossef, Ora'h Hayim, 281) car il n'y avait pas de sacrifice de toda le jour du Chabbate et de fêtes, et les Lévi ne le disaient donc pas; certains le disent en sautant les deux premiers mots. Il n'était pas lu non plus à Pessa'h parce que le sacrifice de toda se faisait avec des pains.
Le Chla, dans Tolédote Adam rappelle que le middrache dit que, un jour, toutes les prières disparaîtront sauf celle de remerciement, et tous les sacrifices disparaîtront sauf ce psaume (kol hachirote âtidote léhibatel 'houts mé mizmor létoda) et pour cela il faut le dire bénéîma ouvézimra, en douceur et en chantant (Choul'hane Aroukh, Ora'h 'hayim 51,9) et le Maguen Avraham et la Michna Béroura, là, disent qu'en certaines communautés on le dit à Roche hachana et Kippour en raison de l'allusion à toute la terre dans le psaume. Le Sefer Aboudaram écrit que ce psaume est en liaison avec la louange des créatures le second jour de la Création parce que la lumière fut créée. Pour toutes ces raisons, le Kitsour Choul'hane Aroukh 14,4 dit qu'on doit le chanter debout.

I. Premier niveau d'étude: la lecture enrichie
1. La lecture simple:
Voici d'abord le psaume
, lisons-le en hébreu avec sa transcription pour bien en saisir chaque sens.

1.

Mizmor létoda; Hariou laChém kol-haaréts.
Chant de reconnaissance. Acclamez Hachém toute la terre

2.

Îvdou éte-Hachém bésim'ha. Boou léfanav birnana.
Servez Hachém dans la joie. Venez devant Lui avec allégresse.

3.

Déou ki-Hachém Hou Elohim. Connaissez que Hachém, Lui, est Elohim.
Hou-âssanou vélo ana'hnou âmo, vérsone marîto.
Lui nous a faits, et pour Lui nous sommes, Son peuple et le troupeau qu'il fait paître.

4.

Boou Chéârav bétoda, 'hatsérotav bithilla. Hodou-lo barékhou chémo.
Venez dans Ses portails avec reconnaissance, dans Ses parvis avec louange. Louez-Le, bénissez Son nom.

5.

Ki-tov Hachém, léôlam 'hasdo. Véâd-dor va dor émounato.
Car bon est Hachém, pour toujours est Sa bonté. Et de génération en génération l'assurance de sa bienveillance.


Découvrons les rythmes internes de ce chant


Il y a d'abord les deux premiers mots qui définissent le genre et l'axe: Chant de reconnaissance.
Mais cela se dit non seulement dans des mots mais surtout dans des sons.

La grappe de 3 ballons indique le son "ou"
: Hariou... Îvdou... Boou... Déou... Hou... Hou-âssanou... ana'hnou... Boou... Hodou... barékhou...émounato.
Relisez le texte en sentant bien le rythme qui tourne autour de "Hou", Lui. Comme une fiancée penserait sans cesse à son fiancée et le nommerait en son coeur, et le "Hou" de Hachém est unifié dans le chant avec "ou" de "anahnou, nous". Relisez-le encore en cette sensation du coeur. Exemple sur deux versets:
Mizmor létoda; Hariou laChém kol-haaréts.
Îvdou éte-Hachém bésim'ha. Boou léfanav birnana.
Déou ki-Hachém Hou Elohim. Hou-âssanou vélo ana'hnou âmo, vérsone marîto.
Boou Chéârav bétoda, 'hatsérotav bithilla. Hodou-lo barékhou chémo.


Autre jeu de sonorités: le "a" qui indique comme nous devons être:
toda...sim'ha... rénana... téhilla
(remerciement, joie, allégresse, louange). Vous voyez l'importance du rythme des sonorités à entendre pour bien prier.
Relisez à nouveau en le sentant bien. Exemple sur deux versets:
Mizmor toda; Hariou laChém kol-haaréts.
Îvdou éte-Hachém sim'ha. Boou léfanav birnana.
Déou ki-Hachém Hou Elohim. Hou-âssanou vélo ana'hnou âmo, vérsone marîto.
Boou Chéârav toda, 'hatsérotav bithilla. Hodou-lo barékhou chémo.

Le troisième rythme, exprimé par la petite fleur ci-dessus, est le son "o" qui caractérise le motif essentiel de justification de tout ce remerciement:
Ki-tov Hachém, léôlam 'hasdo. Véâd-dor va dor émounato.
Et cela se poursuit encore dans l'union du o et du a dans léôlam, et dans dor vador.

Nous prions avec notre corps et avec la matière, ce sont eux qui comprennent et chantent et non pas seulement notre âme et notre intellect.

Nous pouvons résumer à partir de là:
- nous exprimons notre reconnaissance, ce sont les deux premiers mots qui indiquent le programme (mizmor létoda, chant de remerciement).
- cela comprend 4 sentiments à exprimer : toda...sim'ha... rénana... téhilla (remerciement, joie, allégresse, louange).
- cela se vit en 7 activités: Hariou... Îvdou... Boou... Déou... Boou... Hodou... barékhou (Acclamez. Servez. Venez. Connaissez. Venez. Louez. Bénissez). Au centre est l'union de connaissance, deux sont les activités de venir vers, une est de servir et trois sont acclamez, louez, bénissez). Il est possible que ces 7 activités facilitent la descente dans les sept paliers par lesquels passe la bénédiction céleste vers ce monde et vers nous.
- le Roqéa'h, dans son Siddour, met en relation les 4 tétragrammes de ce psaume avec les 4 Hodou présents dans le grand hallél de louange.


Il y a aussi une participation de l'intellect
C'est la justification finale de toute cette louange:

Ki-tov Hachém, léôlam 'hasdo. Véâd-dor va dor émounato.
Car bon est Hachém, pour toujours est Sa bonté. Et de génération en génération l'assurance de sa bienveillance.

Le psaume est ainsi encadré par ces deux mentions principales:
- au début: chanter merci, mizmor létoda.
- à la fin: la justification en est parce que (ki) bonté, bonté, bonté de Hachém toujours et toujours.
Nous avons répétez des mots et des sons, mais ce n'est qu'à l'imitation de Hachém qui répète sans cesse Sa bonté envers nous.
- au centre, il y a aussi le mot ki de justification et d'explication qui apparait donc deux fois . C'est pour expliquer la nécessité pour nous de connaître Hachém et de le reconnaître comme bonté (c'est le nom Hachém) et comme Toute-puissance distillant la bénédiction (Elohim).
- de là, il s'ensuit, rationnellement que nous sommes à Lui et qu'il s'occupe de nous comme un berger envers son troupeau.

Mais, ici, notre attention est sollicitée par un procédé très particulier à l'hébreu. Voici:

Déou ki-Hachém Hou Elohim. Connaissez que Hachém, Lui, est Elohim.
Hou-âssanou vélo ana'hnou âmo, vérsone marîto.
Lui nous a faits, et pour Lui nous sommes, Son peuple et le troupeau qu'il fait paître.

Vous remarquez que les imprimeurs ont placé un petit rond insolite sur le mot "lo". En voici la raison:
-il faut distinguer entre ce qui est écrit (le kétiv) "lo" avec un alef qui veut dire "non", et ce qui est prononcé (le qri) "lo" avec un vav qui veut dire "à Lui".
Si on le lisait comme il est écrit, on dirait: "Lui nous a faits, et nous ne sommes pas Son peuple main un troupeau qu'il fait paître": nous ne disons pas cela mais nous voyons dans la lecture visuelle que nous courons le risque de nous comporter ainsi, ne pas être avec Lui, vivre mal, ne pas connaître Sa Torah, etc et alors nous serions non plus Son peuple mais un vulgaire troupeau, tsone.
Le psaume nous rappelle ce risque et nous exhorte à vivre bien pour éviter ce mal qui entraînerait le malheur. Nous avons toujours les yeux fixés sur ce risque car nous connaissons nos faiblesses. Mais nous affirmons que nous faisons le bon choix: le "connaître, déou", ce qui veut dire être uni à Lui comme une femme et un homme se connaissent, ce qui veut dire en hébreu, sont unis totalement, et alors nous ne sommes pas un vulgaire troupeau mais Son peuple à Lui (lo avec un vav).
Ainsi, même dans les moments de louange, nous ne nous racontons pas des histoires et savons que nous sommes pécheurs, faibles et nous nous réjouissons d'autant plus de la joie qui nous est donnée gratuitement quand mêmem et nous en disons merci, toda.
Et nous venons dire merci, puisqu'une part nous est demandé, seulement celle-là de dire merci, et de dire notre joie. C'est ce que font deux personnes quand il y a amour. Quand il n'y a pas amour, il n'y a plus rien de tout ce qui est dit dans ce psaume.
Hachém est bonté éternelle, comme il est dit: "nétsa'h Israel lo yéchaker", le vainqueur éternel qui est avec Israël ne mentira jamais. Nous, nous sommes moins stables mais nous nous réjouissons de la bonté vécue quand même.
Cette explication est la transmission de l'enseignement traditionnel.

Remarquez bien que tout cela ne sont pas des exhortations mais c'est dit à l'impératif: voilà comment nous avons à vivre.


Maintenant, nous pouvons retrouver cette dynamique dans d'autres psaumes:
Ces psaumes sont des moments de chants du coeur, ce sont aussi des chants lors des montées au Temple pour remercier et offrir alors un sacrifice de remerciement (zéva'h toda) comme cela nous est indiqué et prescrit dans Vayiqra (lisez le chapitre 7; 12-15 et le chapitre 22,29):
Vayiqra 15: "ceci est la règle du sacrifice de complétude (éva'h chalem) qu'on offrira à Hachém; si c'est un sacrifice de remerciement (zéva'h toda), on offrira avec la victime des gâteaux azymes pétris à l'huile, etc; la chair de la victime devra être mangé le jour même sans rien laisser". En effet, un merci ou un cadeau de remerciement sont à fonds perdus, et avec joie, on ne calcule pas.
Et Vayiqra 22; 29... nous met en garde d'être en conformité dans les actions avec ce que nous exprimons par notre merci et par le cadeau: "quand vous ferez un sacrifice de toda (remerciement) à Hachém, faites-le de façon à ce qu'il soit agréé... Gardez mes commandements, pratiquez-les, ne deshonnorez pas Mon saint nom, afin que je sois sanctifié parmi les enfants d'Israël". Et le texte répète sans cesse "Moi Hachém" car si on vient dire merci au don immense du Créateur, on a l'audace de prendre au sérieux tout le don qu'Il nous fait et on l'engage donc dans notre union ainsi officialisée par notre accord qu'indique le merci. Et Hachém met bien les points sur les i en rappelant son engagement envers nous : "c'est Moi qui vous sanctifie, Moi qui vous ai faits sortir d'Egypte pour devenir votre D.ieu, Je suis Hachém". Nous sommes là dans une union grandiose qui est l'acte culminant de la Création. Voilà pourquoi je réalise cette étude dans la paracha Béréchite (5764 ou 2003).

Cela étant maintenant bien compris, nous pouvons maintenant, comprendre ce qui en est dit dans d'autres psaumes; vous pourrez vous reporter au psaume complet:
- Psaume 26: "Je me lave les mains en état de pureté, puissé-je faire le tour de Ton autel pour faire entendre une voix de toda et proclamer toutes Tes merveilles. Hachém, j'aime le séjour de Ta maison et le lieu où réside Ta gloire".
- Psaume 42: "Mon âme se fond en moi quand je me rappelle le temps où je m'avançais en rangs pressés, marchant en procession avec eux vers la Maison de D.ieu, au bruit des chants et du toda de la foule en fête".
- Psaume 50: "en guise de sacrifice, offre des remerciements;... quiconque offre un sacrifice de remerciement M'honore; quiconque dirige avec soin sa conduite, Je le ferai jouir de l'aide divine".
- Psaume 69: "mais moi si malheureux et si souffrant, Ton secours est ma protection. Je veux célébrer le nom de D.ieu par des cantiques et l'exalter par toda, plus agréables à Hachém qu'un taureau... A cette vue, les humbles seront dans la joie, vous qui êtes en quête de D.ieu, votre coeur se ranimera".
- Psaume 95: "acclamons le Rocher de notre salut. Présentons-nous devant Sa face avec toda, avec des cantiques en Son honneur. Car....".
- Psaume 107: "ils crièrent dans leur détresse et il les sauva de leurs angoisses. Qu'ils rendent grâce à Hachém pour Sa bonté, pour Ses miracles en faveur des hommes. Qu'ils fassent des sacrifices de toda et qu'il racontent Ses oeuvres avec joie...".
- Psaume 116: "Hachém est compatissant. Il protège les simples,, j'étais abaissé et Il m'a porté secours. Reviens, mon âme, à ta tranquillité car Hachém te comble de bienfaits... A Toi, j'offrirai un sacrifice de toda"...
Il faut lire en entier chacun de ces psaumes pour bien comprendre à quel point le merci de ce type prend en charge toute notre existence.

Lire aussi Isaïe 51,3 - Jérémie 17,26 - 30,19 - 33,11 - Amos 4,5 - Jonas 2,10 - Daniel 9,4 et 20 - Ezra 10,11 - Nehémie 1,6 et 12,38 - II Chronique 33,16.


Avançons maintenant dans notre capacité à lire le psaume grâce à sa ponctuation:
Nous savons que les psaumes ont des téamim qui sont indispensables à connaître pour faire les coupures de la phrase au bon endroit; sinon nous faisons des contresens. Avant d'appliquer notre connaissance de ces signes, je reprends ici le cours de présentation:

Nous avons déjà étudié sur Modia les téâmim de la Torah  (lien ici) et nous connaissons leurs noms, leur fonction de ponctuation du sens. Nous avons lu des versets de la Torah pour nous exercer à ponctuer le sens sans faire d'erreur. Cela est indispensable pour ceux qui veulent lire la Torah dans l'étude individuelle, dans la lecture publique ou lors de la lecture du bar-mitsva, ou pour citer des versets dans l'enseignement. 
Ceux qui ne connaissent pas les signes ont fait des erreurs monumentales sur la parole de D.ieu en reliant entre eux des mots qui étaient séparés, jusqu'à créer ainsi de nouvelles religions profanant la Torah.

Mais il y a trois livres du Tanakh (la Bible hébraïque) qui ne suivent pas les mêmes règles que la Torah pour la fonction de chaque taâm. Ce sont le livre de Job (Yov), les Proverbes (Michlé) et les Psaumes (Téhilim). Les trois initiales de ces livres sont les lettres aleph, mém, tav du mot Eméte (vérité), ce qui est un bon moyen mnémotechnique.



Les téâmim des Psaumes

Prenons comme exemple le premier verset du premier psaume :

Voici la lecture de la 1e ligne, de droite à gauche, suivie du sens :
Achré ha iche (heureux l'homme) achér lo halah (qui n'alla pas) baâtsate réchaîm (dans le Conseil des méchants)

Voici la lecture de la 2e ligne, de droite à gauche, suivie du sens :
Ouvédérékh 'hattaim (et dans le chemin des pécheurs) lo âmad (ne se tint pas) ouvémochav létsim (et là où s'asseyent les railleurs) lo yachav (ne s'assit pas).

Ci-dessus, le verset est déjà imprimé en deux lignes suivant le sens, mais dans la plupart des livres ce n'est pas le cas, en fonction de la taille des pages.
Ces signes de ponctuation qui divisent le sens et le ponctuent sont appelés des mafsiqim, des interrupteurs.



Première découpe des versets.
La fin des versets est indiquée dans les psaumes par le sof passouq,  qui est le petit trait placé sous le dernier mot yachav :

Rappelons que les deux points en fin de verset sont une facilité topographique récente qui ne fait pas partie de la tradition.

Le milieu du verset dans la Torah est indiquée par le atna'h chez les Sépharades (ou étna'hta chez les Askénazes) ; ce n'est le cas, dans les psaumes, que pour les versets courts, comme dans le psaume 145 (versets 2 et suivants) que l'on récite le matin à Chaharite et à Min'ha.

On distingue nettement le atna'h au milieu du verset court, avant l'intervalle vide.

Donc, hormis ce cas des versets courts, dans les psaumes, le milieu du verset est indiqué par les deux signes que l'on trouve au premier verset du premier psaume, en fin de la 1e ligne
dans le mot réchaîm (les méchants) :.  On appelle cet ensemble de deux signes :  ôlé vé yoréd (monte et descend) et le premier signe, en haut, est un chofar méhoupakh, tandis que le deuxième signe, en bas,  est un maarikh.

Résumons ce que nous venons de voir, le verset doit être lu avec un arrêt net et prolongé  en fin de verset après le sof passouq ; et il faut aussi marquer un temps d'arrêt net mais plus bref du sens après le ôlé vé yoréd  qui est le second mafsiq en importance. On lira donc :
Heureux l'homme qui n'alla pas dans le Conseil des méchants (fin du premier sens)
et dans le chemin des pécheurs ne se tint pas, et là où s'asseyent les railleurs ne s'assit pas (fin du second sens et de toute la proposition globale).
Si on ne connaît pas ces ponctuations, on fera des contresens très regrettables sur les psaumes.

Précision. On le voit, ces deux signes sont sur deux lettres qui se suivent ; mais, si la première lettre est un chéva composé de deux points superposés, alors le premier signe passe sur la lettre qui précède comme dans le 5e mot du second verset de ce psaume : 'heftso, son désir. Allez l'observer. 

Mais c'est le même signe de ponctuation et il doit être composé de ces deux téâmim. On lira "mais dans la Torah de Hachém est son désir" (fin de la première partie du sens).


Seconde découpe des versets.
Chaque demi-partie du verset ainsi découpé comme nous venons de le voir, peut à son tour avoir des subdivisions marquées par un mafsiq  ou interrupteur, ou par plusieurs interrupteurs ou mafsiqim. Exemples ou j'ai indiqué par les deux ronds le mafsiq principal qui coupe la phrase, et par le tiret les interrupteurs partiels et secondaires:

Redonnons la traduction :
Voici la lecture de la 1e ligne, de droite à gauche, suivie du sens :
Achré ha iche (heureux l'homme) achér lo halah (qui n'alla pas) baâtsate réchaîm (dans le Conseil des méchants)

Voici la lecture de la 2e ligne, de droite à gauche, suivie du sens :
Ouvédérékh 'hattaim (et dans le chemin des pécheurs) lo âmad (ne se tint pas) ouvémochav létsim (et là où s'asseyent les railleurs) lo yachav (ne s'assit pas).
1. On le voit, il y a une découpe logique du sens après  "Heureux l'homme"  (achré ha-iche) car ce dernier mot ha-iche porte au dessus le losange noir du raviâ qui est un interrupteur de second niveau. Il est nommé raviâ chez les Sépharades et réviî chez les Askénazes.
 

2. De même, un autre signe joue le même rôle, c'est le tsinor (appelé zarqa dans la Torah) et composé d'une sorte de S renversé comme dans le mot "alla",  halakh :

3. De même, un autre signe joue le même rôle, c'est le atnah qui est aussi un interrupteur mineur


Résumons dans la lecture. On lira donc ainsi la première ligne : 
achré ha-iche  (Heureux l'homme) -faire une légère pause pour le sens pour le raviâ-
achér lo halah (qui n'alla pas) -faire une légère pause pour le sens pour le tsinor-
baâtsate réchaîm (dans le Conseil des méchants) -faire une GRANDE pause pour le sens pour le ôlé véyoréd-
Chaque petite séquence est porteuse d'un sens à comprendre et explorer.
Et on continue ainsi à lire la seconde ligne :
Ouvédérékh 'hattaim (et dans le chemin des pécheurs) lo âmad (ne se tint pas) -faire une légère pause pour le sens pour le atna'h ou étna'hta
ouvémochav létsim (et là où s'asseyent les railleurs) lo yachav (ne s'assit pas) -faire une TRES GRANDE pause pour le sens pour le sof passouq-.

Il vaut la peine de bien apprendre ces quelques précisions car elles permettent de réciter intelligemment les psaumes, d'avoir l'intention (cavana) correspondant au sens, ce qui est obligatoire dans la prière.
On le voit, il y a ces ponctuations presque tous les deux mots, il y a donc une variation du sens, et il est important de suivre ces variations avec l'intelligence et le coeur, et ce qui pourra alors s'y placer à partir de nous.

S'entrainer maintenant sur l'ensemble de ce premier psaume ; on sera étonné du changement que cela produit dans notre compréhension, notre étude et notre prière.

Pour faciliter  cette lecture de ce premier psaume que nous prenons comme exemple, remarquez avec précision qu'il est divisé en deux grandes parties :
- la première (versets 1-3) parle du juste qui évite 3 défauts dans ses relations (méchants, pécheurs, railleurs) et qui a 2 qualités (son désir et sa méditation) ; il s'ensuit qu'il acquiert ainsi 4 caractéristiques positives (planté, donne des fruits, ne flétrit pas, réussira).
- la seconde partie (versets 4 et 5) décrit les méchants en 2 caractéristiques négatives (pourchassés, n'ont pas le dessus).
- la troisième partie (verset 6) conclut en résumant ce qui arrive au juste et au méchant.
Cela étant bien clair après l'étude précise de chaque verset selon ce plan,
- on peut le déchiffrer à nouveau selon les signes,
- on peut le lire en plaçant exactement les arrêts de sens comme il faut.
- on délimitera bien les trois parties.
A partir de là, on peut vraiment adopter ce psaume comme prière chargée de nos intentions, comme réflexion de vie ou lire les commentaires.


Appliquons tout cela à l'étude de notre psaume 100. Je mets en évidence la ponctuation:


Vous avez à droite les lettres hébraïques qui indiquent les chiffres des 5 versets: 1-2-3-4-5.
Donc chaque verset a une ligne sauf le verset 3 qui fait deux lignes. La première ligne de ce troisième verset se termine par le signe double spécial des longs verset le .  On appelle cet ensemble de deux signes :  ôlé vé yoréd (monte et descend) et le premier signe, en haut, est un chofar méhoupakh, tandis que le deuxième signe, en bas,  est un maarikh.
Pour chacun des autres versets, le milieux est indiqué par le atnah que j'ai distingué par un cercle, il faut donc faire là la coupure du sens, comme un point..
Et, chaque demi-partie du verset pour ensuite se diviser par le signe en losange nommé raviâ chez les Sépharades et réviî chez les Askénazes. Je l'ai distingué par un trait gras horizontal sur le mot.

Reprenez maintenant la lecture de tout le psaume avec ces indications:


1.

Mizmor létoda; Hariou laChém kol-haaréts.
Chant de reconnaissance. Acclamez Hachém toute la terre

2.

Îvdou éte-Hachém bésim'ha. Boou léfanav birnana.
Servez Hachém dans la joie. Venez devant Lui avec allégresse.

3.

Déou ki-Hachém Hou Elohim. Connaissez que Hachém, Lui, est Elohim.
Hou-âssanou vélo ana'hnou âmo, vérsone marîto.
Lui nous a faits, et pour Lui nous sommes, Son peuple et le troupeau qu'il fait paître.

4.

Boou Chéârav bétoda, 'hatsérotav bithilla. Hodou-lo barékhou chémo.
Venez dans Ses portails avec reconnaissance, dans Ses parvis avec louange. Louez-Le, bénissez Son nom.

5.

Ki-tov Hachém, léôlam 'hasdo. Véâd-dor va dor émounato.
Car bon est Hachém, pour toujours est Sa bonté. Et de génération en génération l'assurance de sa bienveillance.


Vocabulaire du psaume
Toda: merci
Hodaya: remerciement
Mais ces mots viennent de la racine youd, dalet, hé qui a plusieurs sens, nous allons les voir pour bien comprendre l'attitude souhaitée par le psaume et par la Torah.
Le verbe hoda ou vida veut dire à la fois
- avouer, dévoiler, reconnaître, (de là vient le mot viddouï, aveu)
- remercier, louer quelqu'un pour ce qu'il a fait de bien,

Comment passe-t'on de ce verbe au nom toda, merci, remerciement?

C'est une particularité de l'hébreu de pouvoir composer de nombreux mots à partir d'une racine en ajoutant une lettre. Souvent la lettre tav ajoutée à la racine du verbe crée un nom abstrait ou de catégorie comme téfila ou téhina (prière), téhila (louange), télouna (plainte), totsaa (résultat), tofaa (phénomène), taaloukha (cortège), tifara (beauté), téouda (certificat), ténoua (circulation), témouna (image), téchouva (réponse), etc. Connaître cette règle permet d'avancer très vite dans l'hébreu pour comprendre l'hébreu parlé ou écrit. Il y a beaucoup de petites règles de ce type qui facilitent: par exemple la lettre mem mise en préfixe indique souvent un lieu de...": miqdache, lieu de la sainteté, mamlakha lieu du royaume, mapala lieu où il y a une chute, madréga lieu d'un degré ou escalier, mil'hama lieu du combat ou guerre, mazone lieu de ce qui se mange ou nourriture, maor lieu lumineux ou lumière, matos espace qui vole ou avion, etc.

Pour tous les termes qui décrivent la joie dans ce psaume 100 , voyez ici la 7e bénédiction du mariage: elle parle de D.ieu comme créateur de la joie (sassone, sim'ha, guila, rina, ditsa,'hedva),
voyez aussi les 7 formes de joie dans le psaume 33, ici, : ranénou (rina), téhila, houdou (hodaya), zamérou (zimra), chirou (chira), naguéne (nigoun), téroua.
Rabbéinou Yona fait remarquer qu'il y a quatre sortes de mots en hébreu pour dire la joie :
- guil
- rina
- messos
- sim'ha

et sim'ha est le niveau le plus élevé, comme il est dit en Proverbes 23, 24 (le lire). Voyez la paracha Nasso sur ce point, ici.

Le mot ki apparaît deux fois dans ce texte du psaume 100; or il a des sens plus nombreux dans la Torah que dans le langage courant et vous pourriez donc commettre des erreurs de compréhension. Reportez vous ici à la paracha Eqev pour y découvrir les différents sens indiqués par Rachi.


Etude du psaume avec le 'Hida (lien ici):
Maintenant que nous savons vraiment lire un psaume, concrètement et en le liant à la Torah, et en en comprenant le sens principal, et en le priant avec tout notre être, nous pouvons aller entendre l'enseignement des grands Sages sur des niveaux plus élevés encore. Voici le commentaire du 'Hida.
Le 11 Adar, c'est la hiloula de Ribbi 'Hayim Yossef David Azoulaï (le 'Hida), (1724-1806), sépharade, qui naquit à Jérusalem. 'Hida, ce sont les initiales de 'Hayim Yosséf David Azoulaï (1724-1806). Il est l'arrière petit-fils de Ribbi Avraham Azoulaï de Féz (1570-1643) qui vint à 'Hévrone. Il étudia auprès de Ribbi 'Hayim ben Âttar (s'y reporter). Sa personnalité est très particulière et brillante en de nombreux domaines. Il fut au même titre le grand talmid 'hakham de sa génération, estimé et vénéré par tous, commentateur de nos sources, responsable communautaire et impliqué dans des disputes locales, caballiste, décideur dans la halakha, bibliophile, quêteur dans le monde pour les communautés de la terre d'Israël et la Yéchiva de 'Hévrone (Hébron), grand voyageur, enquêteur sur les communautés de la dispersion et sur le monde non juif, anthropologue sur les coutumes juives dans les diverses communautés autour du bassin méditerranéen, et écrivain sur ses voyages. Son passage à la cour de Versailles est resté célèbre. Ses livres les plus connus sont Birkhé Yosséf (qui est un commentaire sur le Choulkhane Âroukh de Ribbi Yosséf Caro), ses enquêtes de voyages (Zikhrone maâssiyote vé nissim), son répertoire des noms de sages (Chém haguédolim), son commentaire des psaumes (Téhilote Yosséf) que nous utilisons ici. Il est enterré à Jérusalem.

Il reprend l'enseignement du Ari, zal, sur ce psaume s'appuyant sur le fait que les lettres initiales du premier verset hé, lamed, kaf, hé, forment le mot halakha.

Qu'est-ce que cela veut dire dans un psaume de remerciement qui exprime notre union heureuse avec Hachém?
Le Talmud nous explique que le sacrifice de toda, de remerciement ne sera jamais supprimé, ni l'étude de la halakha.
Et le Ari rappelle qu'on ne prie jamais aux niveaux les plus élevés que dans le cadre de la halakha, de ses règles et de ses 4 dimensions (4 amote), ce que rappelle les 4 tétragrammes dans le psaume. Et cela est aussi en liaison avec le travail des Cohanim dans le Temple par le mot "avdou" qui réfère à leur charge, et ils ne l'exerçaient que dans le cadre des précisions de la halakha.
On est donc bien en ce monde concret-ci, mais ce sacrifice de toda va au-delà de l'apparence et des ennuis de ce monde concret et de tous les autres sacrifices, comme notre prière y montent au maximum de ce qui est possible de créativité (yetsira) et dans les unions les plus grandes possibles, d'où la joie citée. C'est pour cela que dans la prière du matin, à Cha'harite, ce psaume est dit au début de la seconde partie, après Baroukh ché amar. Tout cela est très détaillé dans Péri Ets 'Hayim et ce n'est pas ici le lieu de l'exposer.

Et, le 'Hida ajoute également, que les lettres finales de ces mots ont la guématria du mot ânava, modestie, humilité:


Cela nous indique que l'étude de la halakha suppose la ânava qui est la clef de la vérité. Il n'est pas rare que ceux qui ont étudié un peu disent avec assurance à d'autres ce qu'ils devraient faire (tout en oubliant qu'ils ne le faisaient pas il y a peu de temps et n'étaient pas des égarés pour autant), cela est un manque de ânava.
La conscience du bonheur du Juif dans son union à Hachém qui le protège même dans le malheur doit reposer sur cette qualité qui nous rappelle que nous ne sommes rien et que tout ce que nous recevons ne tient pas du tout à nos qualités mais à un choix gratuit de Hachém. Et, d'autre part, qu'il ne s'agit pas de s'en faire un gloriole mais d'étudier lentement et sérieusement pour parvenir à insérer dans le détail de l'existence la richesse de ce don pour lequel nous remercions.
La halakha n'est donc pas une arithmétique pour comptable, c'est l'application de l'amour. Le 'Hida rapporte ce commentaire classique que la halakha possède les lettre de ha kala, la fiancée. C'est à ce niveau d'union que nous avons à vivre et tout cela est dans le premier verset.
Vous découvrez ainsi combien le Roi David a réussi avec brio à insérer en quelques mots toute la Torah pour en faire un chant d'amour. Ne nous étonnons plus que son fils le Roi Salomon ait écrit trois fois dans le Cantique des Cantiques sa conscience qu'Israël est "ha yafa ba nachim, la plus belle des femmes".Voyez Rachi sur Daniel 11,17 pour cela. Alors, explique le 'Hida que j'explicite, celui qui a cette ligne étudie la halakha, mais il l'étudie dans cette relation d'amour à Hachém, ce que l'on appelle lichma, lé chém hé, lé chém Hachém, pour Lui, et pour vivre avec Lui dans le concret de cette relation amoureuse dans l'existence.

Et, si l'étude va en ce sens, précise le 'Hida, les mots vé-lo ana'hnou prennent leur sens: nous effaçons notre médiocrité devant ce don immense et devenons vé-lo avec un vav, c'est-à-dire "avec Lui". Et nous certifions qu'Il nous a faits, Lui et non pas nous. Ce n'est pas par notre science ni par nos mérites que nous entrons dans cette connaissance et pratique, mais uniquement par une action de Sa part, tout le mérite est de Son côté.
Les nations font souvent erreur, mais erreur partielle, en ce domaine. Elles se rendent bien compte que le peuple juif apporte quelque chose d'unique dans l'histoire à toute l'humanité: mais ils l'attribuent à nous en tant qu'hommes et nous jalousent: ils nous insultent de "peuple sûr de soi et dominateur, dirigeant le monde et voulant le diriger". Alors que (c'est exact), la direction du monde est dans le dispositif dont ils parlent (il y a un Maître et ce n'est pas nous) mais nous ne sommes que des interprètes serviteurs et non pas l'acteur ni le chef d'orchestre. Nous avons reçu un don et disons merci, et le partageons: Modia. C'est tout.
Nous ne dominons rien et ne voulons rien dominer, nous n'avons pas créé les mondes, nous racontons seulement les secrets de la création que nous avons reçus. Et les partageons. Nous tuer pour cela est vraiment stupide. Et injuste. Voici comment ces nations nous voient dans leur délire si bien croqué par Tim après que De Gaulle ait donné voix à ces délires si dangereux comme vient encore de le faire le Premier ministre de Malaysie avec le refus de condamnation immédiate et sans réserve de certains ou les applaudissements d'autres:


Mais un jour, les coeurs et les intelligences deviendront vrais et on nous situera seulement là où nous sommes, avec notre rôle de bénédiction dans la Création uniquement. Et les nations s'empresseront de nous laisser notre place, notre fonction, car ils comprendront que c'est une tâche très difficile mais indispensable pour leur bonheur.

Nous avons pour cela trop de souffrances continues mais l'histoire avance quand même, et les fils et filles d'Israël sont fidèles dans l'ensemble à ce qu'Il leur demande. Aussi nous disons "merci, toda". Un grand merci.

Et, régulièrement, des étincelles du monde se réveillent et entrent dans cette lumière d'amour (conversions comme Ruth accueillie par Boaz et Noémie, Marranes qui se rapprochent, téchouva, retours sur la terre de la Présence de la Chékhina, conscience qui se développe envers le Beit ha miqdache, souci de la paix hors des soumissions ou des trahisons, diffusion de la Torah dans le peuple, revendication d'une justice et d'une éducation basées sur la Torah). C'est le mélange d'aveu et de louange qu'il y a dans le mot hodaa, qui font de ce psaume un levier puissant pour la téchouva individuelle et du tiqoune (réparation) du monde comme l'indique le Maharal de Parague dans Nétivote Olam, nétiv ha téchouva. C'est bien pour cela qu'il est écrit dans le psaume "toute la terre, kol ha arets".
Ce psaume a un tel pouvoir sur la création que de très nombreux Sages (Liqouté moharane 3,1,4, etc) le recommandent pour les situations où les naissances sont difficiles.

Toutes les photos placées sur le site tentent de dire cet amour qui se joue dans la Création et dans la chambre nuptiale qu'est Jérusalem.
Regardez ces photos dans ce regard uniquement (lien ici).
Un jour, ce bonheur sera compris, nous en aurons payé un prix très très cher, mais nous pourrons dire: "nous avons été fidèle" et chaque jour nous avons dit "merci", et, dit le 'Hida, nous ne sommes pas tsone, un troupeau de bêtes, nous sommes "âmmo, Son peuple", dans l'union de Ha Qaddoche Baroukh Hou et de Sa Chékhina, comme nous le disons avant chaque prière.

Vivons cela ensemble, en laissant tomber nos faux problèmes, vivons "pour" cela et non pour notre tranquillité. Ne perdons pas notre unique vie sur des trajectoires secondaires.


Etude du psaume dans le Zohar:

1. Dans le Zohar I, 148a, le doublet du second verset

Îvdou éte-Hachém bésim'ha. Boou léfanav birnana.
Servez Hachém dans la joie. Venez devant Lui avec allégresse.

est mis en relation avec le fait que la prière réussit à atteindre Haqadoche Baroukh hou dans les deux mondes, celui d'En-haut et celui d'en-bas. Nous avons ce pouvoir.

2. Dans le Zohar I, 229b, ce doublet est mis en relation avec la prière du matin et celle du soir; les deux sacrifices une brebis le matin et une le soir, car la prière correspond aux sacrifices et est "âvoda", travail, comme les sacrifices. Ces deux mouvements ont pour rôle d'éveiller le 'héssed (la bonté) et ledine (la rigueur) et leur union est exprimée par le verbe déou comme nous l'avons déjà dit, qui est alors l'union productrice de bénédictions pour le monde. Ce stade, c'est l'existence même et la fonction d'Israël qui est la présence du royaume de Hachém. Et cette diffusion se fait dans la prière de Cha'harite le matin et dans celle de Min'ha l'après-midi, tandis que le soir la prière de Arvite est facultative en principe car elle n'a pas de sacrifice et est cette diffusion de la bénédiction la nuit, comme il est dit dans le dernier chant des Proverbes, Michlé, le verset qu'on lit avant le repas de Chabbate: Va taqom béôd lailila va titen téréf lé véita, elle se lève la nuit et elle donne la nourriture à sa maison: c'est la descente de la bénédiction vers Israël. Pour cela, celui qui prie doit être devant Hachém en sim'ha et en renana, en joie et en allégresse.

3. Dans le Zohar III, 8b, le texte s'étonne de cette joie demandée car le sacrifice correspond aussi à une qualité qui nous est demandée en nous rapprochant de Hachém, c'est d'être humble et d'avoir le coeur de notre orgueil brisé. La solution tient en ceci: ce sont les Cohanim et les Lévi qui interviennent alors: le Cohen se caractérise par la joie constante et la paix qui doit rayonner en lui et sur son visage (panim méirote), et le Lévi apporte le chant au peuple constamment.Et l'union de ces deux produit cette union entre 'hessed et dine qui est nécessaire pour que le monde reçoive la bénédiction. Cela produit cette unification dont nous parlons avant la prière quand nous demandons qu'il y ait yi'houd, c'est le stade de ra'hamim (miséricorde) et c'est aussi l'expression d'union des deux termes souvent dite: Hachém hou Elokim. Ces trois stades sont ce qui nous est demandé aussi dans les trois pas que nous faisons avant de prier: voyez ce lien où j'explique le sens de cette pratique. Les Sages le mettent aussi en liaison avec les 3 Patriarches qui ont organisé les 3 prières et qui sont nommés au début de la âmida.
Il n'y a pas contradiction en cela (ces 3 pas) avec le fait que signale le traité Bérakhote que l'homme qui entre à la synagogue doit faire deux pas, car ce sont les deux premières étapes et, ensuite, se réalise l'union qui est la troisième.
Les commentaires disent aussi que la joie doit être dans le coeur et l'allégresse dans la bouche lorsque nous prions. D'abord, la sim'ha dans le coeur et ensuite elle s'extériorise par la bouche en renana, allégresse.

4. Dans le Zohar 'Haddache 43,3 les deux termes du second verset sont mis en relation avec les deux chérubins qui se regardaient et il est souligné qu'ils avaient des visages d'enfant. Ainsi, doit être notre coeur dans la prière pour retrouver cette joie pure de l'enfance quand nous prions.
Tous ces commentaires ne sont pas différents, ils nous font simplement mieux saisir la richesse de ce psaume comme de multiples instruments jouent simultanément le même chant dans un orchestre. Nuos voyons par là ce qu'est un psaume et ce que sont les commentaires multiples de notre tradition. Nous pourrions continuer encore mais cela suffit, car il faut intégrer maintenant ces richesses en nous, et pas seulement lire, pour cela il faut méditer, réfléchir, faire silence et ressentir. Puis dire le psaume de nombreuses fois pour laisser en nous ces résonances s'exprimer.

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