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Le psaume 144


Comment garder et développer l'équilibre et les forces
quand, tout autour et en dedans, on perd le phare et la boussole.
"Heureux le peuple qui jouit d'un tel sort,
Heureux le peuple dont le D.ieu est Hachém".

 



La situation présente exige de recourir à ce psaume.
Sur le plan individuel, beaucoup sont fatigués: perte d'être chers, échecs sentimentaux, professionnels, insatisfactions diverses et envers soi-même. La question est "comment continuer à combattre, à bien combattre".
Sur le plan collectif, ce psaume nous a été préparé pour le temps où on est dans l'obligation de lutter, de faire face à des ennemis, à des nations malfaisantes, où le mensonge et la perfidie sont les armes utilisées contre Israël, où le danger est réel, mais aussi où les forces de gestion ne ressemblent qu'à du vent qui tourbillonne.
C'est la situation présente.
Le psaume reprend ces différents thèmes aux deux niveaux, et il nous en donne le traitement.

Bilan conscient
Les gouvernants anciens sont finissants, obnubilés seulement par leur image et par leur place dans l'histoire comme seul phare, font les pires erreurs de pilotage qui conduisent à des centaines de pertes de vies humaines, s'obstinent dans la marche au gouffre car ils n'ont plus de repères valables.
Les jeunes qu'ils ont formés à leur école n'ont pas l'expérience des combats vitaux, ni les valeurs anciennes.
Aucun capitaine ne semble à même de tenir la barre du navire.
Et pourtant la jeune génération doit transmettre, et porter à son tour le flambeau des lumières reçues. Elle doit surtout vivre hors de ces folies qui les mènent droit dans les cimetières.
L'axe et la lumière donnés par le phare nécessaire qui fonde le peuple sont totalement absents du pilotage officiel du pays, des compte-rendus et des analyses données par les informations, et il y a même dans une petite partie du peuple l'idéologie de collaborer avec l'ennemi. Les boussoles ne fonctionnent plus.
Les Sages se taisent et gèrent chacun leur propre séminaire, intemporellement.


Réponse thérapeutique
Voici la réponse du psaume au niveau personnel et au niveau collectif..
En ces heures, le Roi David nous a préparé un psaume qui redonne l'axe, qui assume bien ce paysage, qui nous apprend à appeller l'aide de la seule manière dont elle peut venir vers le peuple d'Israël.
Alors la lucidité, la confiance, les forces reviennent; plus de panique ni d'exil forcé, plus de peur de vivre, plus de peur de vivre la Torah en montant en Israël (ce qui est la Torah) en invoquant sans cesse de nouvelles raisons qui, pour la plupart, ne sont vraiment que des prétextes.

Ainsi, nous comprendrons à nouveau, et nous serons encore une génération de plus qui dira:
"Achré ha âm ché kakha lo, heureux le peuple qui a un tel sort,
Achré ha âm ché Hachém Elohav, le peuple est heureux lui qui reconnaît que son D.ieu est Hachém".
Car nous aurons retrouvé ce qui nous guide et nous fait vivre.

Oui, la vie est un combat comme le dit le psaume, et la réussite essentielle y est celle de l'amour: le combat se dit qérav, mais cette racine veut dire aussi "rapprochement". Et le sacrifice est un qorbane, mot de la même racine. Tout cela nous indique que le rapprochement d'amour est un combat qui va exiger un apprentissage, une formation, des étapes, des luttes et des renoncements:
"Lé David, Baroukh Hachém tsouri, hamélamméd yadaï laqrav, étsbéôtav lammil'hama.
A David. Béni Hachém, mon rocher, qui enseigne mes mains au combat, mes doigts à la guerre".

Je dédie cette étude à de nombreuses personnes qui souffrent dans ces combats et un payent unprix considérable.
Pour bien réaliser que nous n'y sommes pas seuls, la Torah nous enseigne cet art de ce combat par le rapprochement. C'est ce que nous enseigne le psaume. Les autres cultures ont aussi des tactiques de combat, les unes par le dollar, d'autres par les pirouettes intellectuelles, d'autres par la nonviolence virtuelle, d'autres par les attentats suicides, les conversions forcées, ou les chambres à gaz, d'autres en tentant de voler notre Torah et notre terre, d'autres par, etc.
Et nous allons comprendre la proposition de la Torah pour le combat, et nous pourrons ainsi chanter un chant nouveau, comme le dit le verset 9:
"Elohim chir 'hadache achira lakh, Eloqim un chant nouveau je Te chanterai".
Comme nous le dit le psaume 51, 12:
"Lev taor béra-li Eloqim vé roua'h nakhone 'haddéche béqirbi,

Un coeur pur m'a créé Eloqim et un esprit juste Il a renouvelé en mon sein".

Mais cet apprentissage ne se fait que par des éclosions qui brisent NOS coquilles bien montées sur nos rêves clos, c'est pour cela qu'il est dit en 51,19:
"c'est un esprit brisé et un coeur brisé qui vont vers D.ieu et Il ne les dédaigne pas". La prière des larmes devance par sa sincérité et sa profondeur vraie toutes les prières des grands tsaddiqim (justes). Et cela réussira à restaurer Tsiyone et à rebâtir Yérouchalayim. Image des couples souhaités, par tous sur toute la planète.


Cela veut dire pour Israël, sur le plan collectif: nous ne chercherons notre puissance vitale dans AUCUNE des autres puissances qui semblent aujourd'hui dominantes. Mais bien en Hachém et en sa Torah qui sont données pour guider aussi bien chacun individuellement, chaque famille, que le Roi et tout le peuple.
N'oublions jamais que le Roi juif doit avoir toujours deux rouleaux de la Torah avec lui: un dans sa vie publique et un dans sa vie privée. On en est loin:
- un sondage du journal Maariv au mois d'août 2003 vient de poser les questions minimales que l'on pose à ceux qui veulent se convertir et il fournit les réponses de députés: une ignorance grasse même sur les principaux noms des Patriarches, par exemple. L'un des hauts personnages (je ne veux pas préciser davantage) a protesté devant ces exigences minimales placées face aux candidats à la conversion et il a dit, cela est publié: "j'aurais été recalé".
- Le Professeur et Rav André Neher m'a souvent raconté cette scène. Il avait été l'un des 60 sages consultés par Ben Gourion pour tenter de définir "qui est Juif". Mais la scène se passe bien plus tard. Bégin dirigeait le pays et avait l'habitude heureuse d'inviter chez lui un Sage pour parler de la Torah devant des personnalités chaque Chabbate après-midi. Quand il invita André Neher, celui-ci parla de la sainteté de la terre d'Israël. Quand il eut fini, un célèbre général de l'époque qui devint ensuite Chef de l'Etat et eut une fin tragique, Yits'haq Rabin, s'approcha et lui dit personnellement: "je vous envie, vous avez des raisons d'être ici, je n'ai ce que vous avez dit, moi vous savez ce que j'ai fait pour mon pays, mais j'aurais fait la même chose exactement et j'aurais été le même général si j'avais vécu en Australie, rien de plus, rien de moins ". André Neher est revenu souvent sur cet épisode qui a eu des témoins. Aveu modeste, sincère, touchant et terriblement triste, surtout à ces niveaux d'un homme qui savait tant sur le pays et lui donnait tant mais n'avait pas rencontré cette racine-là, la racine fondatrice. Cette absence demande de lui trouver une réponse car des centaines de milliers de bons Juifs sont dans ce cas et on n'y apporte pas de solution. Le Grand Rabbin de Jérusalem, Chalom Messas, a publié une lettre qu'il avait envoyé à chaque rabbin leur disant qu'ils devraient descendre dans la rue pour enseigner au peuple, devant cette absence d'éducation juive fondamentale qui crée tant de problèmes. Il les mettait devant leurs responsabilités. Rien n'a changé.
L'échange avec André Neher m'a été confirmé par d'autres personnes qui y furent présentes.
C'est la base de notre problème, malgré la qualité des hommes. Tout est dans l'éducation juive, et son absence ne permet pas alors de trouver des réponses aux conflits, puisque nous sommes contestés mondialement en tant que "Juifs", en tant que porteur de l'héritage juif et non pas en tant que groupe de population simplement.

Il est temps de retrouver le minimum de formation et d'éducation pour pouvoir piloter. Imaginons des pilotes d'avion qui n'auraient jamais suivi de stages sur les règles de la suspension atmosphérique et ses perturbations.
Une clef se trouve dans le dernier verset de ce psaume 144 et il éclaire bien le problème et apporte la solution:
"Achré ha âm chékakha lo, heureux le peuple qui a un tel sort". Nos Sages font remarquer que chékakha a la guématria de "Moché", ce qui veut dire que la nature du peuple et son pilotage ne sont possibles que dans la Torah. Et si c'est le cas, alors, ce peuple dispose de sa lumière et de sa force, de son axe dans la Torah et il tient sur ses pieds chez soi, et les ennemis n'ont plus aucune consistance. Ils échouent, reculent, disparaissent, nous en avons les dossiers et les actes historiques dans le Tanakh (la Bible) et dans toute la tradition du Talmud.
Nous optons pour cette position optimiste, comme toutes les générations. Cela nous est dit et prouvé, dans le sens positif comme dans le sens négatif. Nous ne faiblirons pas, nous de démissionnerons pas, nous ne trahirons pas.



Nous pouvons maintenant dire ce psaume selon ces axes mis en évidence.
La traduction ci-dessous est littérale sans recherche d'effet, afin d'étudier et de prier dans la proximité avec l'hébreu.
Si vous avez besoin de bien comprendre les règles de la lecture de l'hébreu, cliquez ici.
Doublez bien les lettres doublées, car elles sont un daguéche.


1. Lé David, Baroukh Hachém tsouri, hamélamméd yadaï laqrav,
étsbéôtav lammil'hama.

A David. Béni Hachém, mon rocher, qui enseigne mes mains au combat,
mes doigts à la guerre.

(Vocabulaire:
Rocher, tsour; mon rocher tsouri. Main, yad; ma main, yadi; mes mains, yadaï. Combat, qrav. Guerre mil'hama.)


2. 'Hassdi oumétsoudati, misgabi oumfalti. Li
maghinni ouvo 'hassiti, harodéd âmmi ta'htaï.

Il est mon bienfaiteur et mon rempart, ma citadelle, et ma sauvegarde. Pour moi
Il est mon bouclier, et en Lui je m'abrite; il soumet les peuples à mon pouvoir.


3. Hachém, ma-adam vatédaêhou, ben-énoche vaté'hachévéhou;
4. adam lahévél dama, yamav kétsél ôvér.
Hachém, qu'est-ce qu'un homme que Tu t'en soucies, un fils d'homme que Tu en tiennes compte?
L'homme à un souffle il est semblable, ses jours sont comme une ombre qui passe.

(Vocabulaire:
Homme, adam; ou énoch . Ombre, tsel. Passer, ôvér.)


5. Hachém hat-chamékha vétéréd, hâ béharim véyéêchanou.
Hachém
, penche Tes cieux et descends, touche aux montagnes et place les dans la fumée.
(Vocabulaire:
Ciel, chamayim; Tes cieux, chamékha . Montagnes, harim)

6.Béroq baraq outfitsém, chéla'h 'hitséikha outhoummém.
Fais luire des éclairs et disperse-les, envoie tes flèches et mets-les dans le trouble.
(Vocabulaire:
Eclair, baraq. Flèche, 'hets. Tes flèches 'hétséikha, ôvér.)

7. Chéla'h yadéikha mimmarom, pétséni vé hattsiléni mimmayim rabbim, miyad béné nékhar.
Envoie Tes mains depuis les hauteurs, arrache-moi du danger et sauve-moi des eaux nombreuses, de la main des fils de l'étranger.
(Vocabulaire:
Hauteur, marom. Eau, mayim)

8. achér pihém dibbér-chav, viminam yémin chaqér.
dont la bouche parle faussement, et dont la droite est une droite de mensonge.
(Vocabulaire:
Que, achér. Bouche, . Leur bouche, pihém.)


9. Elohim chir 'hadach achira lékha, béel âssor azamméra-lakh.
D.ieu, un chant nouveau je Te chanterai, sur le luth à dix cordes je lancerai mon chant pour Toi.
(Vocabulaire:
Chant, chir. Nouveau, 'hadach. Toi, Atta. Pour Toi, lékha ou lakhe .)

10. hannotén téchouâ lammélakhim, happotsé éte-David âvdo mé'hérév raâ.
Toi qui donnes le salut aux rois, qui délivres David Ton serviteur de l'épée mauvaise.


(Vocabulaire:
Donne, notén. Roi, mélékh. Rois, mélakhim.)

11. Pétséni véhatssiléni miyad béné-nékhar,
sauve-moi des eaux nombreuses, de la main des fils de l'étranger
achér pihém dibbér-chav, viminam yémin chaqér.
dont la bouche parle faussement, et dont la droite est une droite de mensonge.
(Vocabulaire:
Faux, chav. Droit, droite, yamine. Mensonge, chéqér.)


12. achér banénou kintiîm mékhoudalim binôuréihém
bénotéinou khézavite, méhouttavote tavnit hékhal.

car (par Toi, ainsi) nos fils sont comme des plants qui prospèrent dans leur jeunesse
et nos filles comme des colonnes d'angle, sculptées sur le modèle du Palais.
(Vocabulaire:
Fils, bén. Fille, bate. Nos fils, banéinou. Nos filles, bénotéinou .)


13. Mészavéinou méléim mifiqim mizzane él zane
tsonénou maalifote méroubavote bé'houtsotéinou.
Nos greniers, pleins, regorgent de réserves de nourriture,
nos brebis se multiplient par myriades dans nos campagnes.
(Vocabulaire:
Plein, malé. Pleins, méléim. nourriture, zane.)


14. Alloufénou méssoubalim, éïn-péréts vééïn yotsét vééïn tséva'ha bir'hovoténou.
Nos bêtes de trait sont lourdement chargées, pas d'arrêt et pas d'exil et pas de panique sur nos places.
(Vocabulaire:
Pas, rien, éïne. Flèche, 'hets. Rue, place, ré'hov. Rues, ré'hovote .)


"Achré ha âm ché kakha lo, achré ha âm ché Hachém Elohav,
heureux le peuple qui a un tel sort,
le peuple est heureux lui qui reconnaît que son D.ieu est Hachém".
(Vocabulaire:
Bonheur, ochér. Heureux, achré. Peuple, âm. Comme çà, kakha . Que, ché. Pour lui, lo)


Quelques lumières de nos commentateurs

1.
Ils nous font remarquer que le psaume utilise intentionnellement ces mots:
"Hachém, ma-adam
Hachém, qu'est-ce qu'un homme"

pour bien nous rappeler que l'homme, Adam, nous seulement est fait à l'image du Créateur et qu'il est en déroute lorqu'il l'oublie, mais aussi que son nom lui-même a la même guématria (45) que l'un des noms de Hachém écrit de façon complète. Ceci nous enseigne que la nature de l'homme véritablement homme trouve SA VIE EN SA SOURCE. Même les sagesses orientales les plus antiques, dont était issu Avram, notre Patriarche, avaient capté que le "je" (atmane) et l'être essentiel et suprême indépendant du "je" (brahmane) étaient quelque peu de la même nature, sans projection facile par la pensée pour construire ce concept, et dans l'incapacité de les concevoir semblables. La révélation faite à Avraham puis au Sinaï ont apporté de multiples éclairages supplémentaires sur la relation de ces deux niveaux et le Roi David nous en livre la pédagogie quotidienne, sur le lien que nous devons avoir avec le Créateur pour surmonter les épreuves. Ce n'est pas le renoncement oriental, mais c'est cependant une ascèse très structurée.
Le désarroi actuel, plus que du refus du judaïsme parmi des Juifs, vient de la méconnaissance dont la plupart ne sont même pas responsables. Mais il est un phénomène "nouveau" dans le peuple juif: c'est qu'une partie de l'équipe de nos politiciens aujourd'hui a comme programme explicite en Israël de détruire cette référence vitale juive, avec une virulence antisémite prenant des mesures très concrètes qui cherche à déduire les fondements du peuple.

2. Le psaume dit:
hannotén téchouâ lammélakhim,

Toi qui donnes le salut aux rois.
Cela veut nous rappeler une dimension de réalité que nous perdons. Nous parlons souvent des "puissances" de l'heure, des USA comme gendarmes du monde (en l'approuvant ou non) mais nous oublions que le judaïsme voit ce niveau des Chefs des nations comme un niveau totalement dépendant de la puissance du Roi des rois.
Le psaume veut nous rappeler cette géographie de la réalité, sans laquelle nous ne pouvons pas retrouver l'optimisme. Tous ces rois sont passés rapidement dans l'histoire avec leurs possessions, mais le peuple de la Torah a traversé les âges. N'oublions pas cette source (maqor) de notre force (koa'h). Il est indispensable de renforcer cette "image de soi" qui est positive dans le peuple juif. Encore faut-il la transmettre.
Le monde actuel matraque le public pour lui faire oublier les dimensions de réalité et les contraindre à penser qu'il n'y a qu'une réalité donnant le bonheur éternel: l'achat et la consommation sont présentés comme le bonheur du Jardin d'Eden sous la nouvelle forme d'un grand village économique, d'un super marché; comédie qui n'est même pas comique. Il faut dénoncer cette supercherie qui veut faire de nous des esclaves, travaillant sans cesse pour acheter, et ne vivant plus, cela pour l'unique profit de ceux qui ont un but dans la vie: faire de l'argent, pensant qu'ils sont ainsi éternels. Vanité totale. Le judaïsme fait de nous des hommes marchant à contre-courant et sachant pourquoi: par la connaissance de la Torah.

3. Nos Sages nous disent encore que cela est prouvé dans la qualité de Moché rabbénou montré ainsi en exemple dans le dernier verset du psaume: cette capacité de voir loin (comme Avraham aussi) et d'accepter la Torah créatrice est la "anava", la modestie, l'humilité, qualité du peuple juif et de Moché qui, par son acceptation exceptionnelle, était le plus modeste des hommes ainsi qu'il est dit dans les derniers versets de la Torah. Le 'Hida développe ces pensées sur le psaume.

4. C'est par la conscience de toute cette science de la réalité et de l'histoire que le Roi David se réjouit et remercie Hachém dans le premier verset.
"Lé David, Baroukh Hachém tsouri, hamélamméd yadaï laqrav,
étsbéôtav lammil'hama.

A David. Béni Hachém, mon rocher, qui enseigne mes mains au combat,
mes doigts à la guerre".
Cela lui donne une largeur, une puissance, un optimisme qui sont fondés. Et avec cela, il vient affronter la réalité apparente qui était celle de son époque, comme elle est celle de toutes les époques. C'est pour cela que NOUS NE CRAIGNONS PAS: nous avons des millénaires de sagesse, de conscience, de réassurance. Et le Roi David le dit spécialement à l'heure où les ennemis semblent puissants, ligués, fourbes, attaquants. La bénédiction de David vient en sentiment de reconnaissance pour avoir ainsi éclairé son peuple, comme je le disais plus haut, sur la véritable géographie et chimie du monde où il y a ce Rocher, cette Bonté, etc. C'est ce que Avraham a découvert de lui-même sans révélation divine par sa seule recherche: le monde est fondé sur la bonté, ha ôlam âl 'héssed yibané. Et il n'est pas fondé, dans le plus profond des forces, sur la science, ni sur des géographies, ni sur des mythologies, ni sur des systèmes autres. C'est cet exercice de "distinguer selon cet axe juif " que j'essaie de faire, en recherchant et apportant les "nouvelles significatives" et non pas pour être une agence de presse parmi les autres, ni pour lutter contre la désinformation, notre axe est autre. Simplement comme un exercice de tentative. Pour vivre notre pays selon cet axe. Il faut pour cela de la rigueur dans l'analyse, mais aussi un point de vue qui situe le réel sous un projecteur. Nous avons besoin "d'apprendre" cette sagesse, et de nous y entraîner, comme il est dit: .
Baroukh Hachém..., hamélamméd yadaï laqrav, étsbéôtav lammil'hama.
Béni Hachém, ... qui enseigne mes mains au combat, mes doigts à la guerre.

5. Quelle audace: le Roi David ose nous dire: en fonction de tout cela, nous sommes "heureux". C'est très surprenant et audacieux d'oser dire cela à quelqu'un qui se trouve dans les difficultés. Mais il le fallait puisque c'est la réalité. Il fallait aussi nous EDUQUER à ce bonheur. Donc, ici, David, nous apprend dans ce psaume à ne pas prier seulement pour demander, supplier, mais pour prendre conscience de notre véritable situation qui est bonne... dans la mesure où nous en prenons conscience et vivons en conséquence. Comme peuple et non seulement comme individu.Et même dans l'Etat d'Israël sous sa forme encore imparfaite, cela est rappelé dans la loi fondamentale: c'est une Etat JUIF et c'est sur ce point qu'agissent ceux qui veulent supprimer de l'Etat toute note juive et modifier la composition du peuple et donner notre terre à d'autres peuples, mais ils échoueront. Le psaume nous rappelle qu'ils n'ont pas plus de force que ceux qui voudraient arrêter le cours des saisons, car c'est le Créateur qui a choisi cette terre, ce peuple et sa mission.

6. Cette position insérée dans la conscience personnelle permet à la bénédiction de se diffuser. C'est pour cela que le psaume commence par le mot "bénédiction". Alors, elle balaie les ennemis comme le vent fait voler la poussière, mais aussi elle apporte le bonheur qui est production de bonnes réalités: vie des enfants, vie des biens, pas d'exil de nécessité, pas de panique, mais le bonheur. Ce sont les versets 12 à 15. C'est en ce sens que nous sommes une "famille" car nous sommes engendrés par cette vie, tous sans exception insérés dans cette vie quels que soient nos conceptions politiques ou notre particularisme sociologique en religion ou en vêtement, ou en chants, ou en journaux, ou en quartiers d'habitation, ou en origines, etc. Et toutes nos difficultés doivent être replacées sous cet angle qui voit tout le monde comme le psaume encadré par le début "baroukh, bénédiction" et la fin "achré, bonheur"..

7. Cela n'est pas une béatitude planante car tout cela, il est dit, nous "prépare au combat". On peut aller plus loin en disant comme le psaume 35,1 ("riva Hachém éte-yérivaï, lé'ham éte lo'hamaï, combats Hachém contre mes adversaires, combats ceux qui me combattent") qu'Il combat ainsi pour nous, à condition que nous nous plaçions dans cet axe en disant le psaume pour le vivre intérieurement.
C'est ce que dit explicitement Chémote 12-14. Il faut le lire: les Hébreux préfèreraient repartir en Egypte (ou en Europe, ou aux USA, ou ailleurs en quelque lieu autre que ce soit), Moché leur répond de ne pas craindre ces ennemis vains et il ajoute: "Hachém yilla'hém lakhém, Hachém combattra pour vous". Et il ajoute encore une condition essentielle: "Vé atém ta'hatichoune, mais -pour vous- restez tranquilles"! Cela veut dire que toute cette attitude demande une pédagogie collective, familiale, et un travail psychologique individuels pour y parvenir.
Et les prophètes nous disent que cette aide du Ciel nous sera donnéeà tous les âges selon le même modèle:
"Alors Hachém viendra combattre contre ces peuples, comme jadis il le fit au jour de la rencontre, véyatsa Hachém vénil'ham bagoyim hahém, hila'hmo bé yom qérav" (Zacharie 14,3)
et la suite parle bien de ce qui se passera alors dans Jérusalem et autour. C'est à lire.

Le thème de ce psaume apparaît identique en de très nombreux passages: psaume 31,1 (riva rivi miggoï lo-'hassid, combats mon combat contre un peuple sans sentiments), psaume 119,154 (riva rivi ouguéaléni, combats mon combat et sauve-moi). Voyez de même: I Samuel 24,15 et 25,39 - Jérémie 50,34 - Mikha, Michée 7,9 - Michlé, Les Proverbes 22,23 et 23,11 - Eikha, Les Lamentations 3,58...

Conclusion:
- remettre tous les combats dans leur axe fondamental.
- replacer toutes les puissances apparentes dans leur axe fondamental.
- rechercher notre puissance par son insertion juste dans LA seule puissance (bénédiction) qui est morale et s'apprend dans la Torah.
- renforcer alors la puissance personnelle apr le degré invulnérable de la puissance divine nommée alors "forteresse, combattante, rocher, etc."
- ne pas oublier la non-stabilité des puissants et l'intervention divine et directe constante.
- nous nous en souvenons parfois quand nous voyons soudain la chute des méchants, des politiciens et riches orgueilleux et insolents, médisants, railleurs. C'est ce que le psaume nomme "kétsél ôvér, comme l'ombre qui passe". Mais nous avons toujours tendance à oublier cela à nouveau. Les médias auxquels nous accordons beaucoup de temps par la lecture (journaux), l'audition (radio), par la vision (TV) sont une pédagogie constante en sens inverse.
Et il nous faut sans cesse réaviver la conscience par l'étude, par la méditation et par la prière très lentes.
Qui ne prend pas ce temps perd ipso facto cet ordre vrai des choses et devient, à son insu, déformé par ces influences externes. "Va vers toi-même, Lekh lékha", a dit le Créateur à Avraham, c'est ce que nous avons à refaire constamment, et en ce psaume le Roi David nous y aide. Mais il faut une discipline personnelle constante, quotidiennement pour accorder le temps à cette remise au point.
C'est aussi la tâche de la longue prière matinale de Cha'harite (lien ici) que de remonter cette conscience de l'ordre véritable des choses et rebâtir notre force personnelle en conséquence.
 

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