La priere juive

Pour vous souhaiter à chaque instant une journée réussie.

Prière pour assurer le calme
en revenant constamment à notre lieu d'équilibre et de bonheur:

le psaume 16

Commentaire et traduction
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages
PHOTOS DE L'AUTEUR

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Bien lire l'hébreu, à partir de la transcription, en doublant bien les lettres doublées, en respectant les lettres douces ou dures. 
 

Beaucoup de psaumes rejoignent nos difficultés et tentent de nous aider à les surmonter et à retrouver la louange envers le Créateur.
En fait, nous constatons que notre abattement face aux difficultés, aux attaques, aux soucis, aux ennemis forcenés et méchants ne vient pas seulement de la force de nos ennemis, mais aussi de notre manque d'équilibre intérieur fondamental.
Et les psaumes nous rappellent alors sans cesse que la force de ces ennemis n'est rien à côté de la force de Celui qui nous a promis sa protection et nous a donné le bon mode d'emploi pour réussir son projet et neutraliser ces ennemis.
Mais alors, pourquoi tombons-nous constamment au niveau de ces ennemis et ne voyons plus le monde que dans cet affrontement, comme deux gladiateurs.

C'est que nous lâchons la vision complète du monde, comme des fourmis dans leur fourmillière diraient que le monde est plongé dans les ténèbres alors qu'elles ne sortent pas là où il y a la lumière.
Et nous restons dans la fourmillière obscure parce que nous avons tendance nous-mêmes à participer du même niveau lamentable et borgne de nos ennemis.
Et parce que nous ne sommes pas conscients de ce qui se passe en nous.

Nous exprimerons donc notre beauté interne par mes photos de fleurs-merveilles de l'acte de Création qui se rapprochent le plus de notre beauté intérieure de chacune et de chacun.



Nous avons ainsi 3 rectifications à réaliser:
- parvenir à ne pas être constamment désarçonnés et ne pas être immédiatement emportés dans le tourbillon,
- ne pas quitter l'ensemble du panorama divin qui est la véritable réalité, et
- développer la conscience de notre comportement interne, c'est une dimension de lucidité psychologique qui ne s'atteint qu'en la développant.

Le psaume 16 travaille toutes ces dimensions, et sa brièveté permet de bien en saisir le rythme et les dynamiques.
Il nous donnera, si nous l'étudions bien, une dévéqoute (fixation, adhérence) plus stable avec Haqqadoche Baroukh Hou. La dévéqoute veut dire "adhésion à", comme deux personnes présentes et collées l'une à l'autre qui "s'épousent".
Ce psaume est lu aussi, chez les Sépharades, spécialement du Maroc, entre Min'ha et Ârvite de Chabbat, au summum de la relation de bien-être avec Hachém. Et ses mélodies sont merveilleuses.

Explorons l'hébreu pour bien découvrir les composantes de cette dévéqoute.
La colle se dit en hébreu dévéq. Ce mot revient souvent dans les psaumes, allez-y découvrir ce qu'il exprime: 22,16 - 44,26 - 102,6 - 101,3 - 119,25 - 119,31 - 137,6.
Mais aussi, tout le travail personnel effectué pendant le mois de Eloul a pour but de nous ramener à cette position juste de dévéqoute. Et Pessa'h est aussi la preuve de cet amour de Hachém pour nous qui mérite bien notre "attachement". Le don de la Torah à Chavouote aussi, ou toute autre fête, ou tout autre instant de vie. Ce psaume est lu aussi, chez les Sépharades, spécialement du Maroc, entre Min'ha et Ârvite de Chabbat, au summum de la relation de bien-être avec Hachém. Et ses mélodies sont merveilleuses.

La notion de dévéqoute est étudiée sur le site Modia dans les pages suivantes (lien indiquez en cliquant): Paracha Vayichla'h, Béhar, Vaét'hanane; dans l'attitude nécessaire pour étudier la Torah, dans la caractéristique du mois de Sivane, et du mois de Eloul, dans la 'hassidoute.
Etudions le psaume en commençant par un poème qui est l'éveil de notre coeur:

Merci
Tu es réalité
Tu n’es pas ma pensée ni philosophie ni croyance

Tu es le seul existant créant
et nous donne la conscience
de Tes cadeaux étonnants.

Merci pour l’amour, les fleurs et les fragrances
merci pour la joie de la connaissance
et pour les bouquets des musiques enivrantes
ou apaisantes.

Merci pour l’infini de la beauté des femmes jouvence
et pour toutes les races étonnantes
et les merveilles des langues
et chaque instant naissance.
et pour les années rebondissantes.

Merci pour la confiance
pour l’amour en présence
et d’avoir inventé la reconnaissance
et notre moi en trois: la femme, l’homme et l’enfant.

Et merci pour nos secrets que nous vivons en silence.

.

Etude du premier verset du psaume 16

"Mikhtam léDavid. Chaméni El ki-'hassiti vakhe.
Mikhtam de David. Garde-moi, D.ieu, car je m'abrite en Toi."




3 précautions
- La transcription sera exactement la prononciation de l'hébreu comme dans la prière ou dans la lecture. Quand on utilise les noms divins dans une lecture, on ne les prononce pas ainsi pour ne pas les profaner. Mais ici il s'agit d'apprendre et dans le recueillement digne de la prière. Placez donc ces feuilles dans un endroit respectable.
- Les mots transcrits depuis l'hébreu ont des syllabes soulignées pour bien placer l'accent tonique renforcé et la lecture de l'hébreu nous montrera que cette accentuation est indiquée par des signes. Aimons bien proncer ce psaume qui nous unit au Créateur.
- Je donnerai parfois des réflexions ou parallèles dans d'autres cultures que juives non pas par égarement mais parce que des thèmes sont déjà bien compris par les lecteurs dans cette culture commune et cela facilite ou confirme la compréhension. Mais, surtout, parce que nous respectons tous l'enseignement de la Bible (Livre des Rois, chapitre 8, 41...) sur le respect divin envers ces personnes comme le disait le Roi Salomon au Créateur de tous également: "Je T'implore aussi pour l'étranger qui ne fait pas partie de Ton peuple Israël et qui viendrait de loin pour honorer Ton nom. Car ils entendront parler de Ton grand nom, de Ta main puissante et de Ton bras étendu, et ils viendront prier dans cette maison; Toi, Tu l'entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu exauceras les vœux que T'adressera l'étranger, afin que tous les peuples du monde connaissent Ton nom, qu'ils Te révèrent comme Ton peuple Israël, et qu'ils sachent qu'elle est sous l'invocation de Ton nom, cette maison que j'ai bâtie".

Suite de l'étude
Comme dans le psaume 59, quand on emploie le mot Mikhtam, cela veut dire que David s'y considère makh (pauvre, démuni) et tam (simple) face au Créateur malgré qu'il fréquente les grands. Voyez ces commentaires dans le Traité Sota 10b, dans le Middrache Tan'houma Dévarim 3 et dans le Middrache Téhilim sur le psaume 9.

Le psaume dit bien, dès le début, ce que nous avons indiqué concernant la dévéqoute : on est pauvre, on se met en Lui et on a besoin d'un renforcement dans notre assurance que nous sommes protégés et gardés et préservés du mal environnant. Le psaume va donc travailler avec une grande précision sur le développement de cette qualité interne: passer de notre soi-disant grandeur autonome à la modestie exacte (humilité nommée ânava). Elle seule pourra nous faire bénéficier d'une adhésion et des bonheurs qui en découleront et que nous allons découvrir. Comme disait André Gide : "Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent. »

Rachi rapproche
Mikhtam de Mikhtav, pour dire que David avait l'habitude d'écrire ainsi, de parler ainsi envers Hachém. Ibn Ezra en donne la traduction selon Kétem paz : "excellence suprême". Cela nous indique que ce psaume est au plus haut niveau de la rencontre et de l'union avec le Créateur; c'est une indication précise que l'on trouve aussi dans d'autres cultures pour orienter le lecteur ou le priant vers la conscience du passage au niveau possible le plus élevé, "turiyatita" dit-on dans les textes en sanscrit. Effectivement, ce psaume reste au summum de l'équilibre. Le Targum en araméen le traduit par guélifa, gravure ('haqiqa ou 'harita, en hébreu), ce qui veut dire "message essentiel dont on ne doit pas bouger et qu'il ne faut pas oublier". Effectivement, ce psaume est capital. Il est unique en cela dans tout le recueil des psaumes. Certes, ce mot Mikhtam se trouve aussi dans les psaumes 56 à 60, mais pas placé en-tête du psaume comme ici.

Comprenons bien l'hébreu de ce premier verset.
Le mot chaméréni se lit ainsi parce qu'il y a un petit trait ou méteg qui casse la règle normale de prononciation qui aurait du être choméréni quand la syllabe commence par un a qamats sous la lettre chine, et se termine par la voyelle chéva sous le mem. A cause du
méteg, le qamats garde sa prononciation initale séparée et le e sous la lettre mém doit être prononcé é. Voyez ces règles sur ce lien.
Le dernier mot devrait se lire bakh mais il se lit vakh parce qu'il vient après la dernière lettre d'un mot qui se termine par l'une des lettres du tétragramme. Cela adoucit la prononciation de b en v. Voyez ces règles sur ce lien.

Maintenant, comprenons bien la notion de 'hassiti, je m'abrite en toi. Quel est ce verbe.
C'est le verbe 'hassa qui veut dire "il s'abrita, il se réfugia" (en hévreu on désigne les verbes non pas par l'infinitif mais pas cette 2e personne masculin singulier du passé. Il est accompagné du mot "en toi, par toi, békha".

On trouve cette qualité, par exemple dans le psaume 37 (lien ici) avec d'autres qualificatifs qui montrent bien qui a besoin de ce refuge: il y a 20 fois l’acteur positif (tsaddiq ou juste, ânav ou humble, âni ou pauvre, éviyon ou malheureux, yachar ou droit, guéver et iche ou homme, tam ou pur et simple, ‘hossé ou s’abritant).
Dans l'étude du psaume 11; nous avons vu que ceux qui essaient de vivre selon les qualités de droiture qui caractérisent Hachém, dit le Ari (Chaâr ha péssouqim), se trouvent avec Lui comme en relation de face à face. Comme un couple. Et tout l'univers, par eux, devient couplé à la bonté de celui qui est bonté. C'est en cela que le judaïsme parle de zivoug, d'union de couple. C'est ce que vivait David, alav ha chalom. Ce qu'il appelle, "Il est mon abri".



Cette expression de s'abriter en Hachém revient 25 fois dans les psaumes, je les ai comptées, vérifiez. Il faut connaître ce vocabulaire, pas seulement pour faire de la grammaire mais pour que l'on parvienne à prier les psaumes avec facilité, et surtout parce que le contexte de chaque psaume développe une nuance que nous n'aurions pas saisie sans lui. Il faut donc aller étudier ces différentes références:
- infinitif: la'hassote, il est bon de s'abriter en Hachém, tov la'hassote baAdonoute 118,8 et 9.
- présent: 'hossim, ils s'abritent: psaumes 17,7 - 18,31 - 31,20 - 34,23.
- passé: 'hassiti, je me suis abrité: psaumes 7,2 - 11,1 - 16,1 - 25,20 - 31,2 - 71,1 - 141,8 - 142,2.
- passé: 'hassa, il s'est abrité: psaume 64,11. 'hassaya, elle s'est abritée 57,2. 'hassou, ils se sont abrités 37,40.
- futur: é'héssé, je m'abriterai: psaumes 18,3 - 57,2 - 61,5.
- futur: té'hssé, tu t'abriteras: 91,4.
- futur: yé'héssé, il s'abritera: 34,9.
- futur poétique: yé'héssayoune, ils s'abriteront: 36,8.
Si vous voulez ainsi étudier d'autres vocabulaires de la Torah et avancer beaucoup en hébreu, allez sur cette page de Modia, ici.

La représentation de soi, yétsoug atsmi
De toute cette importance, nous comprenons que le lieu dans lequel nous nous représentons que nous existons doit être cette proximité avec Hachém, on appelle cela en psychologique la représentation de soi, du moi, notre self. Mais ce lieu est d'une telle proximité qu'elle est "en Lui", et surtout qu'elle est un abri. Une image simpliste et stupide permettra mieux de comprendre: en cas de danger, celui à qui on dirait "venez habiter pendant cette crise chez le Président de l'Etat" sentirait bien qu'il y bénéficie de toute la sécurité. A fortiori, pour un homme qui serait invité à habiter chez Celui qui soutient tous les univers dans l'existence à chaque seconde.
Mais ce mot contient encore une autre nuance, il inclut une attitude de notre part d'aller rejoindre cet abri. Cette action dépend de nous seul. Je dédie donc cette étude à des personnes qui souffrent d'être continuellement agressées par des ennuis et des personnes compliquées et malfaisantes pour qu'elles comprennent qu'elles ont la possibilité de prendre l'initiative psychologique de rejoindre cette zone protégée

dès qu'elles ressentent l'une de ces agressions ou destabilisations. Tous nous avons l'expérience de ces difficultés ou préoccupations soudaines qui nous destabilisent et nous font chuter de niveau.
Si nous chutons, nous nous plaçons alors au niveau des lions qui attaquent et nous l'emporterons peut-être, mais peut-être seront-ils plus méchants que nous et plus cruels et l'emporteront-ils; en tous cas, nous aurons chuté nous aussi au niveau du mal, et nous en sommes capables chacun. Alors, c'est le mal qui l'emportera, ce qui veut dire l'échec.
La seule réussite peut venir de la réaction positive qui nous préserve en qualité, et nous place "dans" l'abri qu'est Le bon par excellence, Le fort par excellence, La bonté par excellence. Et le mal ne peut rien. Il nous faut donc apprendre à adopter cette réaction.
C'est ce que nous apprend ce psaume. Et le premier verset fixe tout le programme. La suite ne fait que préciser.

 



SECONDE PARTIE

Second verset


"Amarte laChém Adonoute atta. Tovati ba-âlékha

Tu as dis à Hachém: Mon maître, c'est Toi, mon bonheur n'est pas ailleurs qu'en m'appuyant sur Toi."



C'est un dialogue avec soi-même qui décrit justement ce mouvement dont nous venons de parler. Nous constatons que, dans la difficulté, immédiatement nous sommes venus vers () Hachém, nous l'avons considéré comme Le maître sur toutes choses de ce monde. Tout le bien nous ne l'avons entendu que de Lui. Que "sur" Lui. Il faut lire en hébreu car les commentaires nous disent que la guématria de âl est 100 qui réfère aux 100 bénédictions qui nous accompagnent chaque jour.
regardez bien "Toi-moi-Toi": Toi, mon bonheur n'est pas ailleurs qu'en m'appuyant sur Toi.
Les difficultés auraient pu nous rompre et rompre notre relation d'amour, il y avait un risque très grand qu'elles provoquent cette chute. Mais notre réaction immédiate a évité cet écueil et nous avons réagi immédiatement dans le bon sens: "Toi-moi-Toi". Le psaume 73 décrit avec précision ce risque, lisez-le maintenant.
Combien de relations, d'amitiés, de couples seraient préservés s'ils avaient compris ce mouvement.
Bien plus, il ne s'agit pas seulement de revenir mais "il n'y a rien d'autre comme appui que Toi". Hélas, Israël ne comprend pas cela actuellement mais court uniquement vers l'appui des partis, du leader miraculeux dont on découvre à chaque fois ensuite les tromperies et l'ignorance de la mission de son peuple; hélas on court après le salut que pourrait donner un puissant qui ne pense qu'à la domination économique du monde pour son bénéfice, et on s'étonne ensuite qu'il dicte des conditions qui nous étranglent financièrement; qui se livre aux hommes ne doit pas s'étonner ensuite d'être déchiré par eux.
Hélas, il n'y a pas de voix qui rappellent à tout le peuple de faire ce mouvement de se fonder sur la puissance du Très-haut dans les choix, et dans la morale comme expressoin de cette voie.

Ce "que" est rendu en hébreu par la particule "bal". Comprenons-la car elle revient souvent, 69 fois dans le Tanakh et celui qui ne l'a pas bien compris mélange et inverse le sens du passage, et en ressort tout embrouillé, ce qui est contraire à la simplicité et à la pureté de la prière.
Le plus souvent, le sens de "non, ne" est rendu par le mot "lo" ou bien le sens de "ne pas, il n'y a pas" est rendu par "éïn, aïn", parfois par éfess (zéro) mais pas dans les psaumes, ou par béli (psaumes 19,4 et 59,5 et 63,2 et 72,2) ou térém (pas encore, psaumes 90,2 et 119,67) ou bilti (Job 14,12).
(Une parenthèse avec un sourire et une petite tristesse: je reçois assez souvent des conseils de personnes qui me disent: "je ne comprends pas que vous mettiez comme cela les mots d'hébreu en transcription latine, vous devriez mettre les caractères hébraïques et pas en photos, mais aussi avec le son indiquant comment on entend ce mot". Il est clair que cela serait possible en plus de la transcription pour les débutants mais coûterait beaucoup d'argent et de personnel, car je n'ai pas de secrétariat ni d'équipe pour réaliser ce travail technique. Depuis l'étude jusqu'à la mise en place sur le site, cela est fait par votre serviteur seul, et jusqu'à ce que cela soit terminé pendant la nuit. Les aides reçues à ce jour ont servi à couvrir partiellement des frais techniques mais surtout en tsédaqa pour les nombreux demandes graves qui s'adressent fatalement à un rav. Alors, ceux qui souhaitent une amélioration du site, à juste titre qu'ils envoient la tsédaqa nécessaire, et cela se fera, au lieu de continuer simplement à bénéficier sans rien donner en retour, contrairement à ce qui est la base du judaïsme: "vé ahavta léréakha kamokha, tu aimeras comme toi-même" et non pas "tu recevras ou prendras d'autrui sans donner en retour". On me dit: "alors pourquoi vous ne mettez pas de publicité, pourquoi vous ne faites pas payer" et je réponds "parce que la Torah est donnée gratuitement et cela touche des milliers dans leur coeur justement pour cela, mais il n'est pas interdit de donner en retour de ce que l'on reçoit". Revenons à nos moutons.


Donc, le mot bal indique un "non" ferme, comme "si ce n'est..." "en aucun cas". Ici, il est employé devant devant une préposition "si ce n'est sur Toi", mais la plupart du temps on le trouve avec un verbe au futur:
- "le méchant ne s'inquiète pas, bal-yidroche (psaume 10,4). L'homme a la méchante langue n'a pas d'avenir sur la terre, bal-yikone (psaume 140,12).
- "j'ai dit dans mon coeur: je ne chancellerai pas, bal-émmote (psaume 10,6 et 104,5).
Parfois, plus rarement, il est utilisé avec un autre temps ou avec des noms ou adjectifs (Michlé 24,23): "pour qu'ils ne soient pas proches de toi, bal qérov élékha (psaume20,9). Il n'est pas rare qu'un passage donne une rafale de ce mot (17,3 et 5 ou 21,8 et 12 comme Isaïe 32,20 et 34,9) pour bien marquer l'opposition à quelque chose, ou le choix entre deux styles différents d'attitudes dans la vie.
Tout ceci n'est pas de la grammaire, mais c'est une aide pour vraiment atteindre au mieux l'attitude intérieure dite par les mots. Afin de mieux apprendre cela du Roi David, voici les autres phrases qu'il donne en ce sens:
Psaumes: 10,4 et versets 11 et 15 et 18 - 16, 2 et 4 et 8 - 17,3 et 5- 21,3 et 8 et 12 - 30,7- 32,9 - 46,6 - 49,13 - 58,9 - 78,44 - 104,5 et 9 - 119,121- 140,11 - 141,4 - 147,20.

Troisième verset

Liqédochim achér-baarets hémma, véaddiré kol-'heftsi-vam
Aux saints qui sont sur la terre, et aux nobles en eux est tout mon désir.



Nous comprenons ce verset car il s'agit d'être dans le camp de ceux qui savent vivre dans l'excellence qui est celle de la qédoucha: les "qédochim".
Cela fait allusion non seulement à tout éloignement de l'idôlatrie, des choix étrangers de valeurs chez autrui, extérieurement mais, surtout, en nous, il s'agit de connaître et reconnaître ce en quoi nous participons encore à ce fonctionnement étranger (âvoda zara).

Pourquoi est-il dit liqédochim et non pas la qédochim (aux saints)? Parce que, lorsque les préfixes (vers), (dedans), etc. sont devant un mot qui commence par un chévâ nâ (deux points verticaux qui se prononcent é en début de mot), celui-ci se transforme en "i". Par exemple le mot "livres" se dit séfarim; et ont dit "dans des livres", ce ne sera pas bésséfarim mais bisséfarim. De même on ne dira pas béYérouchlayim (dans Jérusalem) mais birouchalayim.
Pourquoi parle-t'on du désir? Nous avons vu que le mouvement de nous placer dans l'abri de Hachém ne peut venir que de nous, donc de notre désir.

Quatrième verset

Yirbou âtsévotam
a'hér maharou
Ceux qui multiplient leurs peines, après d'autres (valeurs que Toi) ils courent

Bal- assikh niskéhém middam, vékhol-éssa éte chémotam âl-séfataï.
En rien je ne m'associerai à leurs rites mélés de sang, et leurs noms ne viendront pas sur mes lèvres.
C'est la suite du verset précédent qui est décrit dans des situations concrètes. Aussi bien dans leurs rites religieux ou idéologiques, que dans leurs violences ou même dans la discussion avec eux ou en en faisant mention.
Ne pensons pas que cela concerne uniquement les peuplades aux rites idolâtres. Mais aussi tout ce qui est de cette référence dans le monde qui nous entoure puisqu'on en parle. Il ne faut pas aller loin dans nos références pour comprendre, par exemple, qu'on vise ici aussi les sources d'information étrangères et hostiles qui parlent des valeurs d'Israël en terre toujours horribles. Et combien sont nombreux les Juifs qui puisent quotidiennement à ces sources qui introduisent en nous d'autres dieux, ceux qui sont bien valorisent par ces autres peuples.
Nous avons retrouvé l'absolu du mot "bal".



TROISIEME PARTIE

Cinquième verset


"Hachém ménate-'hélqi vékhossi, Atta tomikh gorali

Hachém, Tu es la part de mon destin et ma coupe, c'est Toi qui soutient mon sort."



Ici, on entre encore plus dans l'intimité de cette dévéqoute, de cette adhésion qui n'est plus vue comme un instant de soutien psychologique en période de difficultés.
Mais cette proximité qui vient de mon désir s'étend à tout mon être, et à mon avenir et mon destin; le mot de coupe comprend à la fois une dimension divine de plénitude et aussi une dimension de réception féminine qui fait allusion au sort en tant que couple. Cela réfère bien au verset: 'Héléq Hachém âmmo, Une part de Hachém est Son peuple.
Pour comprendre les allusions de ce kos, verre ou coupe, lisez le verset du psaume 11,6-7 et 23,5 et 75,9 et 116,13. Vous verrez que la coupe est ce que nous allons ingurgiter comme bonnes ou mauvaises choses et que, suivant notre attitude, tout peut virer en satisfaction ou cauchemar. Lisons dans ce contexte, spécialement le psaume 23 que les Sépharades disent avant le kiddouche du Chabbate et dont on comprend ici la plénitude chez celui qui est venu retrouver la Maître de la vie et qui veut l'accorder à Israël comme on le voit dans le Cantique des Cantiques. Les Sages qui nous transmettent le niveau du réméz nous indiquent aussi que le mot kos a la guématria de Elokim, D.ieu; nous comprenons mieux alors la phrase: "Tu es mon kos, ma coupe".

Sixième verset


"Havalim nagélou-li bannéîmim, af-na'halate chaféra âlaï.

Un héritage abondant m'est échu dans des lieux de délices, et mon héritage est magnifique pour moi."
On découvre ici que la téchouva, le mouvement de retour vers Hachém, est un retour au Gan Eden, au Jardin d'Edén.
Et il nous est accordé en pleine possession come un héritage touché.



Septième verset


"Avarékh éte-Hachém acher yéâtsani, af-léilote yissérouni khiliotav.

Je m'empresserai de bénir sans cesse Hachém qui m'a conseillé, même pendant les nuits mes reins m'en avertissent".

Cette fois nous voyons que notre mouvement intérieur qui va rejoindre Hachém n'est plus seulement un acte que l'on s'efforce d'accomplir par raison ou par sagesse, mais un mouvement qui vient des profondeurs de notre chair comme un amour profond qui monte.

 


Huitième verset


"Chivviti Hachém lé néghdi tamid, ki mimini bal-émmote.

J'ai agi pour me représenter Hachém sans cesse face à moi. Et, s'il est à ma droite, je ne chancellerai pas".



Le terme "chivviti" indique bien qu'il faut agir pour se représenter. Même qui on aime, il faut s'organiser pour y penser sinon les occupations et préoccupations nous en éloignent vite. Et l'auteur, cette fois, est parvenu à réaliser cet entrainement, non seulement avant d'affronter une difficulté, ce qui est déjà une grande réussite. Mais, à tout moment, il reconstruit devant son regard cette présence, même quand il n'y a pas de difficultés.

La phrase Chivviti Hachém lé néghdi tamid est placée en tout endroit, dans les synagogues, chez soi, dans les livres de prières. Ce n'est pas une amulette, mais il est exact que cette présence qui vient de notre initiative est une sauvegarde contre la "chute" qui est notre mouvement spontané.


Neuvième verset


"Lakhén sama'h libbi vayaghél kévodi, af-béssari yichkone lavéta'h.

C'est pourquoi se réjouit mon coeur, et jubile mon honneur; et même ma chair repose dans la tranquillité".



Le Roi David et celui qui dit ce psaume, découvrent que cette dévéqoute donne l'union à la joie, et que l'honneur personnel est satisfait, heureux; et le corps lui même, la chair sont apaisés. Ce dernier point est rare car on voit tellement de personnes, dans le stress de l'existence, se mettre à se replier sur les petites souffrances corporelles qui sont des signes du malaise plus grand et qui ne sera jamais soigné par les multiples pilules et traitements médicamentaux.

Ici, au contraire, les trois niveaux (corps, coeur et honneur) sont sains et jubilent.

 

 



QUATRIEME PARTIE

Dixième verset


"Ki, lo-taâzove nafchi lichol, lo-tittén 'hassidékha lirote cha'hate.

Car, Tu n'abandonneras pas mon être au désastre, Tu ne livreras pas celui qui t'aime à l'abîme."



L'auteur se souvient soudainement de la réalité difficile qui reste là, bien entendu, et celui qui vit comme on vient de le décrire n'est pas délivré de l'anxiété d'être abandonné à ces méchancetés ambiantes. Et il compte bien qu'il n'y tombera pas également par l'abandon de Hachém. L'être humain est abandonnique, quand il est lucide, car il ressent tellement sa faiblesse et, s'il sait que le Créateur existe et rien qu'en bonté, il comprend que le malheur ne pourrait -'has vé 'halila (D.ieu nous en préserve)- surgir et l'emporter que par abandon.
De son côté, il aime Hachém et va vers Lui. Il demande ici que la réciproque se manifeste également.


Onzième verset


"Todiêni ora'h 'hayim,
Tu me feras connaître le chemin de la vie,



Sovâ séma'hotes éte-panékha, néîmote biminékha nétsa'h.

le flux des joies avec Ton visage, délices à Ta droite, éternellement."

Le psaume se termine par un regard positif, optimiste et stable vers l'avenir. La prière a bien été réussie dans la présence et son fruit atteint même le ressenti du visage et de tout l'être.



Conclusion qui s'impose

Il s'agira maintenant de revenir (téchouva) à ces mouvements très souvent,
- chaque fois qu'un dommage s'éveille de l'extérieur,
- chaque fois que l'on se déstabilise soi-même et que l'on descend au niveau des attaques négatives.
Cette attitude définit ce que l'on appelle hé'hassid, le 'hassid, quelqu'un qui aime Hachém. C'est le sens de toute la littérature juive, ne pas limiter cela au groupe d'Europe centrale (lien ici) qui a constitué un mouvement nommé la 'hassidoute et dont ses membres sont nommés aussi des 'hassidim.
Précision: on ne dit pas ha 'hassid mais hé 'hassid, comme devant beaucoup de mots commençant par un 'hét: hé 'halav, le lait; hé 'hadachim, les nouveaux; hé 'haver, l'ami; hé 'halache, le faible; hé 'hag, la fête; hé 'hakham, le sage; hé 'hodachim, les mois. etc.

Sans cette téchouva de confiance et affective, la correction de nos déficiences morales qui nous est demandée risque d'être simple un regret, un aveu, une décision de changer (3 conditions nécessaires pour la téchouva) mais on en reste encore à une thérapeutique morale qui n'est pas située dans la réalité. Pourquoi? Parce que la réalité est celle de LA Présence d'amour irradiant, et en prendre conscience, s'en rapprocher nous éloigne des forces hostiles, leur enlève leur force. Comment l'exprimer avec intensité et sensation.
Il faut donc placer l'action du psaume dans la réalité continue et non pas seulement comme une heure d'étude.



Je vous donne cette étude pour cette année et que les 100 bérakhotes envoyées par le Ciel se déploient cette année
et que nous disions avec lui tous ensemble à Israël: "tu es la plus belle des femmes, ha yafa ba nachim" (Cantique des Cantiques 1,8 et 5,9 et 6,1).




Finale

Réalisons que pour maintenir cette adhésion, cette adhérence, cette dévéqoute à Hachém, nous avons beaucoup d'autres supports dans la journée.

1. D'abord, les hommes ont sur eux le signe de l'alliance, inscrit sur la zone la plus intime, ils ne peuvent donc pas l'oublier ni l'égarer. A fortiori, cela leur rappelle constamment que l'instinct subit et puissant doit rester adhérant à Hachém et ne pas s'égarer, jamais. Et que toute activité sexuelle doit se vivre dans la pudeur, la dignité, la qédoucha. A réfléchir.

2. Les téfilines sont aussi cette adhérence par la courroie qui colle à la peau



et, après avoir mis ceux du bras, nous comptons les tours qui s'y enroulent en disant les 7 mots de ce verset pour vérifier s'il n'y a pas d'erreur:

véatém haddévéqim baHachem Elohékhem 'hayim coulékem (et vous qui collez à Hachém votre D.ieu vivants tous vous êtes)

hayom (aujourd'hui).
Tout y est bien indiqué: le mot dévéqim (ceux qui collent à), l'union à Hachém, la vie que cela donne, l'union d'adhésion à tout le peuple, et que ce mouvement se vit ici et maintenant à chaque instant: hayom, aujourd'hui, sur lequel on insiste. Cette phrase vient de Dévarim 4,4.

3. Les mézouzotes
Nous "fixons" fermement une mézouza sur chaque montant de porte pour que notre maison soit bien bâtie sur la qédoucha, y adhére. Ici, le Rav Chalom Messas fixant solidement une mézouza.



(Le Rav Chalom Messas, zatsal, fixant une mézouza).
Et nous posons la main sur la mézouza depuis toujours et l'embrassons ensuite pour adhérer par le corps aux mots de qédoucha qui y sont inscrits.
Voici quelques exemples de ces mézouzotes:

(Exemples de boitiers de mézouza. Image SweetChild Software)


4. Voyez toute cette page (lien ici) où nous touchons les pierres du Kotel, lien à la Présence de la Chékhina.

5. Les bénédictions sont la forme verbale de ce lien qui reconnaît l'existence de cette adhérence en tout.

6. Continuez à trouver les autres expressions concrètes et continues de cette adhérence.

Se reporter au catalogue de toutes nos photos; elles sont un enseignement sur la beauté de la Création comme monde donné, présence de l'amour du Créateur, éducation du regard pour adhérer à Lui constamment.


Pour approfondir la notion de dévéqoute,
( adhésion constante d'amour)
envers Hachém

(Comment habiter sans cesse avec Ha qadoche baroukh Hou. Et comment développer cette adhésion dans notre relation à soi-même, aux autres aux activités, aux choses),

reportez-vous à ces études:

La dévéqoute dans l'enseignement de la Torah:
http://www.modia.org/tora/berechite/vayichlah.html
http://www.modia.org/tora/chemote/vaera.html
http://www.modia.org/tora/vayiqra/behar.html
http://www.modia.org/tora/devarim/vaethanane.html
http://www.modia.org/tora/devarim/choftim.html
http://www.modia.org/tora/devarim/nitsavimabou.html

et toutes les études de Modia sur l'amour dans la Torah: http://www.modia.org/etapes-vie/couple/amour.html

La dévéqoute dans le Livre des psaumes, ci-dessus: http://www.modia.org/priere/psaume16.html
La dévéqoute dans le Livre de Routh: http://www.modia.org/tora/nakh/ruth.html

La lune et sa bénédiction, exemple et enseignement sur la dévéqoute: http://www.modia.org/infos/etudes/birkaatalevana.html

Un enseignement essentiel chez un maître de la cabale et du moussar (morale), dans Réchite 'Hokhma (Le commencement de la sagesse, 1575), de Rabbi Eliahou ben Moché Vidas (élève de Rabbi Moché Cordovéro, 1522-1570):
- découvrir sa méthode sur la dévéqoute, l'adhésion d'amour: http://www.modia.org/tora/devarim/eqev-ahava.html
- et comment la vivre concrètement et non théoriquement: http://www.modia.org/tora/chemote/kitissa.html


La dévéqoute dans l'enseignement des 'haridim de Lithuanie, chez le
Rabbi 'Hayim de Volozhyne, dans Néféche Ha'hayim, http://www.modia.org/lev-gompers/methode/originalite-etude.html

La dévéqoute dans le 'hassidisme polonais et spécialement chez le Baâl Chem Tov:
http://www.modia.org/lexhassid/lexhassid.html
http://www.modia.org/infos/calendrier/eloul.html

La dévéqoute dans la pureté des mains: http://www.modia.org/priere/expliq4.html
La dévéqoute dans le regard: http://www.modia.org/poeme/presence/beautes.html

Ecoutons l'enseignement de l'auteur de Réchite 'Hokhma, Ribbi de Vidas: le bien que l'on souhaite et qui se fait dans le monde est en fonction directe de la qualité de l'adhésion amoureuse de l'homme à D.ieu (la dévéqoute):
"kéfi na ché ha adam mitdabéq bé boreo va yéra mimméno, kén ha boré nimtsa îmo" comme il est dit I Chroniques 28,9 :"si tu le recherches, il te sera accessible, im tidréchénnou yimatsé lakh". La preuve en est donnée dans le Zohar racontant l'épisode de Ribbi Chiméone et Ribbi Yitshaq (paracha Vayé'hi 218a) ou les merveilleuses histoires de toute la famille de 'Honni ha méâguél, le traceur de cercles, qui étaient tellement sûrs de la proximité divine qu'ils se mettaient dans un cercle pour prier pour le bien du peuple jusqu'à l'obtention qui ne tardait pas (Traité Taânite du Talmud 23a et suivants). Ecoutons l'un de ces épisodes: Abba 'Helkia le petit fils de 'Honni comprit que les rabbins étaient venus lui demander de prier pour la pluie car le peuple souffrait de la sécheresse. Il dit à sa femme: "montons sur la terrasse avant qu'ils nous le demandent, et prions pour que la pluie vienne et, comme cela, on ne nous en n'attribuera pas le mérite". Ils montèrent, ils prièrent lui d'un côté et sa femme de l'autre, et un nuage de pluie se plaça juste au-dessus de sa femme". (et la pluie commença). Ils redescendirent et il dit aux rabbins: "pourquoi venez-vous me voir?" - "pour que tu demandes la pluie" - "mais elle est déjà arrivée, grâce à D.ieu et vous n'avez pas eu besoin que j'intervienne" - "Nous savons que c'est grâce à toi qu'elle est tombée".
J'ai eu la possibilité de connaître un couple de ce type et une année de terrible sécheresse ils se mirent à prier ainsi et, malgré toutes les prévisions météorologiques qui n'annonçaient aucun chancement à l'horizon, la prière de la femme fut exaucée et la pluie commença à tomber quelques minutes plus tard après sa demande au grand étonnement des météorologistes. Et elle dura de nombreux jours. La pluie est la bénédiction et tout ceci ne nous parle que de la bénédiction: D.ieu s'est engagée à l'accorder quand son peuple est pur et demande avec confiance: ainsi le Roi David l'enseigne à son fils Salomon (Chlomo) en présence de tout le rassemblement des enfants d'Israël:
"chimrou védirchou kol mitsvote Hachém Elohéikhem
appliquez scrupuleusement et avec compréhension les mitsvotes de Hachém votre D.ieu,
lé maâne tiréchou éte ha arets ha tova
afin que vous ayiez en héritage cette bonne terre
vé hin'haltem livnékhem a'harékhem
et que vous la transmettiez à vos enfants en héritage après vous,
âd ôlam
éternellement."



Donc l'assurance est donnée, mais si nous avons cette adhésion qui mène à la pratique, dont le signe le plus évident est que l'on vive sur la terre de Hachém car, comme l'enseigne le Rambam et tous les Sages, la mitsva de la terre d'Israël comprend en elle toutes les mitsvotes.
C'est donc une aberration d'en faire une simple et autre mitsva parmi toutes les autres et dont on pourrait se dispenser. Quand le Rambam (Maïmonide) ne la met pas dans la liste de ses mitsvotes, c'est simplement parce qu'elle comprend toutes les autres et qu'il en faisait l'énumération séparée. Il n'y a donc aucune dissension avec le Rambane (Nahmanide) là-dessus.
La terre d'Israël est donc le signe le plus tangible de cette assurance de la dévéquoute réciproque de bonté entre D.ieu et nous.
Revenir à D.ieu dans la téchouva et particulièrement dans le mois de Eloul, est donc prendre tout cela en considération.
C'est pour cela qu'il est affiché dans les synagogues (lien ici), ce verset de la dévéqoute:
"Chivitti Hachém lé negdi tamid
je me représente Hachém devant moi continuellement".


David dit à son fils Salomon (Chlomo), et à nous: "hazaq vé âssé" (soit fort et accomplis!)".


(image de dévéqoute, dessin de l'auteur).

Pour terminer ces voeux, voici une mise en garde. Elle ne vient pas de moi mais du prophète Isaïe au chapitre 28. Il précise bien qu'il faut revenir mais par le coeur et non pas enfermer, ceux à qui on veut enseigner la Torah, dans des carcans. Ecoutez ses termes: "Ils n'ont pas voulu écouter, ils n'ont vu dans la parole de Hachém que loi sur loi, précepte sur précepte, règle sur règle, ordre sur ordre, une vétille par ci, une vétille par là, de sorte qu'en marchant ils trébuchent en arrière et se brisent, s'engagent dans le piège et s'y embarrassent... ". La Torah n'est pas une prison où on entre dans un uniforme mental et vestimentaire d'une secte. Lisez ce chapitre d'Isaïe et la suite et vous verrez comment renouveler un monde bloqué et qui se bloque toujours davantage. En ce sens voici d'autres preuves de la bonté et beauté de notre lien au Créateur que nous pouvons continuer dans le coeur (toutes photos de l'auteur qui vous souhaite la plénitude en chaque instant).

 

 

 

 

 

 

 

 



Maintenant, vivons mieux ensemble.


Lire ici le parcours d'un jeune israélien dans sa recherche de dévéqoute, adhésion amoureuse à D.ieu, qui l'a amené dans divers pays et expériences spirituelles dans d'autres cultures, avant qu'il ne parvienne à ce que la Torah lui proposait dans le même sens et, en plus, et selon sa propre identité. Je l'ai accompagné lentement dans ce long et très laborieux parcours à sa demande et ce texte est la dernière lettre de nos échanges à quelques semaines de son retour final à la dévéqoute de la Torah, en Israël.
(lien ici).
Chercher, comprendre et trouver la dévéqoute avec stabilité est une longue et laborieuse entreprise, comme celle d'Avraham. Comme pour lui, elle se fait à tous âges. C'est le Lekh lékha (va vers toi-même) fondamental.