Le psaume 20 et ses commentaires

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Le psaume 20 
10 versets

1. La ménatséa'h mizmor lé David
Au chef des chantres (au vainqueur). Psaume de David.

2. Hachém te répondra au jour de l'angoisse,
il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov.
3. Il enverra ton aide depuis Son sanctuaire
et de Sion Il t'aidera.
4. Il se souviendra de toutes tes offrandes 
et Il fera bon accueil à tes sacrifices de ôla (holocauste pur).
5. Il te donnera selon ton coeur,
et tes aspirations Il les comblera.
6. Nous nous réjouirons dans Ton salut
et dans le nom de notre D.ieu comme un drapeau,
et Hachém remplira toutes tes aspirations.
7. Maintenant, j'ai su que Hachém donne le salut à son machia'h
Il lui répondra des cieux de Sa sainteté,
par les forces rigoureuses de Sa droite qui sauvent.
8. Ceux-ci c'est dans les chars, et ceux-là dans les chevaux (qu'ils placent leur confiance),
mais nous c'est par le nom de Hachém que nous faisons souvenance.
9. Ceux-là ont plié et sont tombés,
mais nous, nous nous sommes dressés et éveillés.
10. Hachém hochiâ Hammélékh
Hachém, sauve, Roi, 
yaânénou véyom qorénou
Il nous répondra au jour où nous l'avons invoqué.
(traduction du dernier verset, selon la découpe précisée par le Ari, zal).

Voici une image réduite du psaume pour que vous puissiez l'imprimer et la garder sur vous.



Commentaire du psaume 20

Le psaume 20, est à dire en situation de guerre
Le Roi David disait ce psaume chaque fois qu'il devait partir en guerre ou qu'il envoyait ses généraux (voyez le premier commentaire de Rachi sur ce psaume et II Samuel 19).
Ibn Ezra l'attribue à l'un des poètes présent autour de David, ou à un poète qui recueillait les poèmes de David, et que -en tous cas- ce psaume concerne la venue du Machia'h, le Messie, c'est-à-dire la résolution finale des conflits, persécutions envers Israël. Il comporte donc des enseignements très importants qui valent la peine d'étudier avec précision.
Le Malbim ajoute aussi le fait que ce nom de D.ieu qui sauvera a été révélé au peuple juif quand il était encore hors de la terre promise (voir aussi Dévarim Rabba 2, 11 sur ce point). C'est donc un nom qui protège et aide à revenir en terre d'Israël, lieu de notre vie normale pour les Juifs.
On le dit chaque jour à la fin de la prière du matin (Cha'harite) après achré et avant ouva lé tsione comme supplication (ta'hanounim) et les jours de joie particulière on ne le dit donc pas dans les communautés sépharades mais les Askénazim continuent à le dire. De même pendant le Tiqoune 'hatsote. On le dit aussi régulièrement quand on prie pour un souci particulier ou pour des malades.
 

Ce psaume va nous enseigner qu'elles sont les attitudes qui, seules, ont permis et permettent au peuple juif (minoritaire et faible) de ne pas succomber face aux forces environnantes quand elles sont hostiles, et face à la coalition constante des nations contre Israël en ce cas.

Il y a un niveau d'étude de ce psaume que nous ne faisons qu'indiquer: ce psaume comporte 18 noms de D.ieu qui y sont directement agissants. Les dire pendant le psaume, même si nous n'avons pas les connaissances à la hauteur de ces Noms (qui peut prétendre être à un tel niveau?) suffirait à expliquer l'efficacité du psaume quand il est prié avec l'intention la meilleure et en toute humilité.


Etude de chaque verset. Le but de ce commentaire est de rendre sensible chaque mot du psaume à notre coeur. Même si nous ne nous souvenons plus ensuite de tous ces commentaires, notre coeur en est imprégné comme nous ne mémorisons pas tous les souvenirs que nous avons envers quelqu'un qu'on aime et que l'on rencontre, mais tout cela était nécessaire pour arriver à cet amour. Ainsi, de notre étude.


Premier verset 20, 1

La ménatséa'h mizmor lé David 
Au chef des chantres (au vainqueur). Psaume de David. 
Ce psaume commence par La ménatséa'h  Mizmor lé David. Cet ordre des mots est important. 

1. D'abord, l'expression La ménatséa'h 
Elle a un sens particulier. Elle est souvent traduite par "au chef des chantres". En hébreu moderne, ménatséa'h c'est le chef de chorale ou le chef d'orchestre. Ce mot  La ménatséa'h se trouve à l'ouverture de très nombreux psaumes : 4-6, 8-9, 11-14, 18-22, 31, 36, 39, 42, 44-47, 49, 51-62, 64-70, 75-77, 80-81, 84-85, 88, 109, 139, 140

- Nous sommes à un premier niveau, celui du sens littéral, le pchate. Pour le comprendre, nous devons appliquer cette règle qui permet de trouver le sens d'un terme là où ce mot apparait pour la première fois; et là, presque toujours, c'est Rachi qui nous y donne la solution dans son commentaire: on trouve donc ce mot pour la première fois dans le psaume 3. Celà est une règle importante pour l'utilisation des commentaires de Rachi dans toute l'étude. Et Rachi y dit que ce mot refère aux membres de la tribu des Lévi âgés de plus de 20 ans qui exerçaient la fonction que nous avons décrite dans la paracha Nasso, ainsi qu'il est décrit dans Ezra 3, 8. Cette fonction est de ramener le peuple dans la joie et cette interpellation du début du psaume a pour rôle que les Léviim (Lévites) se sentent renforcés dans cette mission importante. Aujourd'hui, le peuple a bien besoin de cette joie que réveillaient les Léviim dans le peuple. Qu'ils se préparent donc, comme les Cohen le font déjà, pour se remettre au service de cette joie dans le peuple! Quant à nous, entendons que le psaume veut nous donner cet éveil de la joie.

- A un second niveau, celui de l'intériorité, le mot nétsa'h doit être pris au sens propre qui signifie "victoire". Et il réfère à un stade de descente de la bénédiction (ou séfira) qui se concrétise dans la "victoire" et la réussite (voyez les Tiqqouné ha Zohar 28b ou Chaaré Ora, ch. 3-4). Voyez aussi notre commentaire de 'Hanouka: le Ari y explique que les psaumes faisant allusion à la louange (hodou) indiquent un stade où le peuple est encore dans l'exil et que ce netsa'h, cette dynamique de la victoire les ramène en leur lieu véritable et cela aux yeux de tous (Chaâr Maamaré Razal). A 'Hanouka, nous sommes en cela arrivés à cette lumière qui est contenue dans la 7e étape de la descente de la bénédiction (phase nommée netsa'h) et qui est résumée dans le verset de II Samuel 15,29: Netsah Israel lo yéchaqer ("le vainqueur et protecteur d'Israël ne ment pas et n'est pas versatile, ce n'est pas un mortel pour qu'Il se rétracte"). Et c'est plus que cela, car en la fête de Hanouka, nous dépassons ce niveau et la bénédiction arrive directement au 8e niveau de la descente, nommé hod, splendeur, rayonnement. Essayons de prendre conscience de ce privilège, de le ressentir, de lui donner de s'expanser dans toutes les dimensions qui sont notre existence.
On comprend alors que ce psaume assure la victoire quotidienne et, également, que nous en avons grand besoin actuellement pour deux motifs : nos ennemis sont déterminés a nous détruire et à nous renvoyer dans l'exil, et nos compatriotes ne viennent pas à notre secours ni au secours de leur terre et restent dans l'exil alors qu'ils pourraient ou devraient venir. Il nous reste le psaume. Le Ram'hal dit que la ménatséa'h assure chélémoute ha tiqoune, la complétude de la réparation (Pérouche âl ha kétouvim). On comprend alors l'expression Nétsa'h (D.ieu) Israël lo yéchaqér, Le Victorieux d'Israël ne mentira pas (et ne nous abandonnera pas mais réalisera ses promesses si nous coopérons).

2. Mizmor lé David
La tradition (Pessa'him 117a. Rachi sur psaume 23,1. Zohar  I 67a) nous fait remarquer que, lorsque nous commençons le psaume par les mots Mizmor lé David, il s'agit d'un psaume où David a d'abord chanté puis la Chékhina (présence de D.ieu) s'est unie à lui. Par exemple dans les psaumes 3, 4, 5, 6, 8, 9, 12, 13, 15, 22, 23, 29, 38, 39, 63, 65, 108, 141, 143. Il importe donc de comprendre ce sens, car c'est le mouvement que nous devons mettre en lisant ce psaume, nous devons chanter, le dire avec joie, et la réponse sera donnée en retour. C'est pour cela que beaucoup de Sages disent qu'il est mieux de dire les psaumes à haute voix.
Par contre, lorsque nous commençons le psaume par l'ordre des mots  lé David Mizmor, il s'agit d'un psaume où  la Chékhina s'est d'abord unie à David et, ensuite, il a commencé à chanter. Par exemple, dans les psaumes 24, 68, 101, 109, 139. 
L'expression "chante fortement" traduit le mot mizmor qui comporte l'idée de faucher (zmmr) comme une serpe les oppositions négatives. C'est ce que le Ari zal a pris comme début de son poème de Chabbate : Azammér bichéva'hine et traduit sur Modia ; il faut lire ce poème que nous avons traduit sur ce lien pour comprendre l'intention de celui qui prie avec un poème dit mizmor.


Il va de soi que le but de cette étude n'est pas un travail de recherche comme on le ferait sur n'importe quel texte d'une tradition étrangère. Mais le but de ces précisions est de nous aider à entrer intérieurement dans le rythme et dans la force de ces mots pour les dire en prière avec tout notre être. Et de le faire en mettant toute notre vie en cohérence avec cela. Et aussi, de le faire à l'intérieur de notre peuple Israël ; ce n'est pas une gymnastique de développement personnel égoiste, mais une action collective à réussir. Notre investissement personnel est intense quand nous prions un psaume.


Deuxième verset 20, 2

Yaânékha Hachém bé yom tsara,
yéssaguévékha chém Elohé Yaâqov.
Hachém te répondra au jour de l'angoisse, 
Il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov.
 

Rachi, se basant sur le Traité Sanhédrine 49a dit que cela fait allusion à ce qui s'est passé pendant la guerre de Yoav contre Aram.Le texte nous dit que David put gouverner son peuple avec justice et équité parce que Yoav était chef de l'armée. Deux fonctions à bien équilibrer, la droiture et la force. L'armée ne peut pas vaincre sans la vie dans la Torah. Mais l'étude de la Torah ne dispense pas non plus d'affronter l'ennemis dans le concret et de la vaincre par la guerre. David envoya donc Yoav combattre pendant que lui restait à Jérusalem (porte du Ciel) pour prier.

Ce verset nous apporte de nombreux enseignements qui sont des encouragements et des guides. Ils viennent de ceci : on nous présente que D.ieu nous aide quand il nous est présent sous le nom de "D.ieu de Yaâqov". En disant ces mots du psaume, nous nous joignons donc à cette dynamique importante. Cela est surprenant, mais nous enseigne que :
- Yaâqov est alors choisi en cette heure parce que c'est celui qui a le plus souffert des trois Patriarches.
- D.ieu lui a envoyé des anges pour le protéger (Béréchite 32, 33).
- Il l'a soutenu dans sa détresse personnelle et dans ses pérégrinations sur la route (Béréchite 35, 3).
- en ces épreuves, et pour cela, il a été le plus solide des Patriarches. Dans le Traité Bérakhote 64a du Talmud, Ribbi Abine dit : celui qui doit porter un tronc d'arbre, doit le saisir par son côté le plus solide. Cela veut dire que Yaâqov fut ce point le plus solide de tous.
C'est donc dans ce nom de Yaâqov (qui est aussi Israël) que nous devons nous mettre pour demander l'aide à D.ieu quand nous sommes en détresse, quand notre famille ou notre groupe, ou tout notre peuple sont en péril et en fuite sans espoir clair. C'est bien le cas aujourd'hui.  
C'est aussi pour cela que nous sommes nommés Israël en tant que peuple.
Et c'est quand D.ieu est nommé de ce nom par nous dans la prière dite avec intention simple mais consciente que le peuple est protégé par arrêt de la détresse, par accompagnement, et en nous accordant ce dont nous avons besoin.
Nous pouvons méditer chacun de ces points, et porter alors nos pensées et nos sentiments en disant ce verset du psaume, et la prière sera exaucée pour le bien d'Israël.
Nous allons voir ainsi beaucoup d'autres aspects très importants pour notre prière et pour Israël dans les jours suivants.

Le nom du D.ieu de Yaâqov, c'est aussi se placer dans ces dynamiques dont parle le Middrache Rabba (75, 13) :
- Nous voyons que Yaâqov dit à ses serviteurs, à l'approche de son frère Esav (Esaü) : "laissez un espace entre chacun de nos troupeaux et le suivant,
réva'h tassimou bein êder ou vein êder. (Béréchite 32, 17).
Yaâqov dit devant Haqqadoche Baroukh Hou : "Maître du monde, s'il se faisait que des ennuis (tsarotes) tombent sur mes fils, ne les fais pas venir immédiatement l'un après l'autre, mais laisse un intervalle (réva'h) entre chacun". En ces heures où chaque jour, et parfois plusieurs fois par jour, nos ennemis tuent avec cruauté nos enfants, nos amis, maris et mères, sans intervalle et sans que des mesures ne soient prises avec efficacité pour nous défendre effectivement, cette supplication envers le D.ieu de Yaâqov est nécessaire. 

Comment réagir, en plus de la supplication ? Yaâqov, au même moment leva les yeux et vit Esav qui venait de loin. Nous les voyons, ces ennemis, se préparer et avancer, soutenus par les nations d'Europe descendantes de la dynamique d'Esaü et ces nations arabes descendantes de la dynamique d'Ismaël, qui hurlent au scandale chaque fois qu'un Juif se défend; elle n'aiment le Juif que victime et mort. Alors, comment réagir ?
Yaâqov, dit le Middrache, 1) leva les yeux vers les Cieux, 2) pleura et 3) demanda miséricorde (ra'hamim) devant Haqqadoche Baroukh Hou et Il entendit sa prière. Est-ce que notre prière passe par ces 3 étapes immédiates ?
Regardons-nous le Ciel ou regardons-nous la télévision, demandons-nous ra'hamim ou est-ce que nous nous contentons de gémir ou de nous déprimer ou de trouver des sauveurs qui n'en sont pas et n'assument pas les règles de défense d'Israël?
Et alors, Haqqadoche Baroukh Hou lui certifia qu'Il le sauverait (en tant que peuple nommé Yaâcov-Yisrael) de tous ennuis par son mérite comme il est dit :
"Hachém te répondra au jour de l'angoisse, 
il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov". 
Le Middrache Téhilim remarque que ce psaume est cadré au 1er et au dernier verset sur la détresse, la demande et la réponse ; cela nous fait comprendre que si nous demandons, D.ieu est sensible et répond.
Cela correspond au commentaire de Rabbénou Bé'hayé (Béréchite 43, 14 et début du ch. 2). De même que D.ieu a arrêté le processus de Création du monde après 6 jours parce qu'il pouvait devenir une création continue et incontrôlée, et Il a créé l'arrêt du Chabbate, en disant Daï, cela suffit, terme mis dans Son nom Chaddaï, ainsi D.ieu arrête également les tracas (tsarotes) et Il est alors le refuge des créatures (son introduction à la paracha Pin'has).
Cela est si exact que le Middrache précise que D.ieu exauce au jour de la détresse, signifie qu'Il exauce même si nous ne parvenons pas à bien le demander mais si nous en avons l'intention. Et le Or ha 'Hayim (sur Vayiqra 6, 2 et sur Bémidbar 24, 17) dit que le verset veut dire qu'alors les ennuis ne dureront qu'un jour! et que nous serons sauvés immédiatement de la galoute, dispersion de l'exil, si nous faisons pénitence (téchouva). C'est le sens de l'appel que j'ai lancé dans une lettre d'urgence.

Cette réponse à cette forme de prière est si forte que ce psaume est peut-être placé en 20e position dans le livre des psaumes, pour nous dire que toutes les 19 demandes que nous faisons dans la prière de la Âmida seront ainsi exaucées; et la phrase qui le précède (psaume 19, 15) est justement placée pour cela dans cette prière :
Yiyou lératsone iméréi-fi vé héghiyone libi léfanékha, Hachém tsouri vé ghoali,
"Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon coeur soient agréables à Tes yeux, Hachém, mon rocher et mon sauveur".
On trouve cet enseignement aussi bien dans le Traité Bérakhote du Talmud de Jérusalem, que dans le Traité Taânite 9a, ou dans le Middrache Tan'houma sur la paracha Vayéra 1.
Et le Middrache Dévarim Rabba (2,11) montre que Moché s'est appuyé sur cela, nous en avons la preuve par le fait qu'il y dit que Hachém répond toujours quand on l'appelle (Dévarim 4,7).

Et, comme cette prière des bénédictions est précédée de la bénédiction sur la guéoula (le salut final), alors le Rachba dit, dans ses Hiddouchim sur Bérakhote 9b, que la guéoula sera proche de cette téfila (prière).

Nous comprenons maintenant pourquoi ce psaume a 70 mots, car ils correspondent au concept juif des 70 nations qui peuvent être aussi bien les persécutrices d'Israël, que la reconnaissance espérée de la présence de D.ieu (Chékhina) dans Son peuple béni. (Pour les étudiants avancés, voyez sur ces enseignements : Tiqqouné Zohar 67, 2 et Chaâr ha Kavanotes dans le chapitre de Pitoum et Alénou et de Tiqqoune 'Hatsote).
Ces dynamiques nous sont enseignées avec une telle précision que le Méiri nous démontre que l'ordre des bénédictions de la Âmida est l'ordre même de ces psaumes (voir son  commentaire sur Bérakhote 31b et sur Méguila 17b).
Nous faisons cette étude aussi précise, pour ne pas nous contenter de vagues exhortations psychologiques mais pour déchiffrer avec sérieux, avec la tradition de nos Sages, le message de la Torah qui nous livre les remèdes si nous l'étudions puis le vivons avec précision.

Probablement que nous lisons tout cela avec un certain scepticisme devant la masse des ennuis qui accablent le peuple juif continuellement, et devant l'inefficacité évidente de tous les masques que les Juifs tentent de vivre en s'exilant dans les endroits merveilleux, en jouants aux riches et puissants ou en se camouflant pour éviter ce destin difficile. Prenons plutôt, à l'exemple de ce que disent nos Sages sur ce verset, une position dynamique d'avocat du peuple juif. Comme cela est expliqué dans Dévarim Rabba 2,11 sur notre verset.
Les Sages disent: ce verset "Hachém te répondra au jour de l'angoisse, 
Il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov" peut être comparé à un fils de Roi qui s'est mal comporté et est allé dans des voies mauvaises. Il a trois maîtres; l'un dit: enchaîne-le de chaînes qui pèsent 100 kilogs, comme Moché a dit (Dévarim 31,17): "ce jour-là, Ma colère s'enflammera contre lui, Je les abandonnerai, leur cacherai ma face et ils deviendront la pâture de chacun, et de nombreux maux et angoisses viendront l'assaillir". Le second maître dit: Il ne peut pas endurer de telles chaînes, mets-lui des chaînes qui pèsent 12 kilogs, comme David le dit dans ce verset car un jour ne comporte que 12 heures; le troisième vient et dit: comment pourrait-il endurer des chaînes de 20 kilogs, mets lui plutôt des chaînes de 1 kilog faites spécialement pour lui. Et le prophète Jérémie (30,7) se leva et dit à D.ieu: ils n'ont même pas la force d'endurer ce yom tsara, ce jour de 12 heures de problèmes, mais c'est un jour redoutable, ce jour, pareil à aucun autre, en effet c'est un temps d'angoisse pour Yaâqov mais il en sortira triomphant". Fin du middrache de Dévarim Rabba.
Cela nous montre bien que être juif est redoutable, difficile, mais que c'est une tâche de combattants qui luttent comme des soldats et qui ont avec eux des officiers, des aides qui les conseillent et les encouragent et plaident pour eux et qui ont l'accès après du Tout-puissant.

Le Roqéa'h souligne alors que le "D.ieu de Yaâqov" est nommé car de Yaâqov n'est rien sorti de mal dans sa descendance parmi ses enfants, contrairement aux deux patriarches précédents. Et que, dans l'épreuve de Lavane ou de Esav qui le poursuivaient, Yaâqov fut renforcé, ainsi le verset nous promet ce surcroît de force qui nous sera accordé. Et comme Yaâqov fut envoyé dans la galoute de l'Egypte, ainsi les golim, les dispersés d'Israël recevront l'aide et la force (voir le Traité Houline 92,1).

Après avoir compris tout cela, nous découvrons pourquoi le psaume emploie tellement de verbes au futur: car le futur sera bon, il nous l'assure, après notre combat dans la prière (qui accompagne notre combat dans l'action et dans la guerre s'il le faut). Regardons bien, en nous reportant sur le texte:
1. La ménatséa'h mizmor lé David
Au chef des chantres (au vainqueur). Psaume de David.

2. Hachém te répondra au jour de l'angoisse,
il te protégera le nom du D.ieu de Yaâqov.
3. Il enverra ton aide depuis Son sanctuaire
et de Sion Il t'aidera.
4. Il se souviendra de toutes tes offrandes 
et Il fera bon accueil à tes sacrifices de ôla (holocauste pur).
5. Il te donnera selon ton coeur,
et tes aspirations Il les comblera.
6. Nous nous réjouirons dans Ton salut
et dans le nom de notre D.ieu comme un drapeau,
et Hachém remplira toutes tes aspirations.
7. Maintenant, j'ai su que Hachém donne le salut à son machia'h
Il lui répondra des cieux de Sa sainteté,
par les forces rigoureuses de Sa droite qui sauvent.
8. Ceux-ci c'est dans les chars, et ceux-là dans les chevaux (qu'ils placent leur confiance),
mais nous c'est par le nom de Hachém que nous faisons souvenance.
9. Ceux-là ont plié et sont tombés,
mais nous, nous nous sommes dressés et éveillés.
10. Hachém hochiâ Hammélékh
Hachém, sauve, Roi, 
yaânénou véyom qorénou
Il nous répondra au jour où nous l'avons invoqué.

Donc, 12 fois en dix versets, nous est donnée l'assurance de sauvetage de bonheur par le D.ieu de Yaâqov, c'est beaucoup. Autant que les 12 tribus, chacun a son salut bien à lui. Ceux qui disent le psaume en hébreu, qu'ils repèrent ces 12 mots pour en faire un rythme quand ils disent ce psaume, un rythme de renforcement, dans le lien d'amour et de confiance, comme un motif musical porté par la lettre youd du début de ces verbes au futur qui revient et monte davantage: Yaânékha... yéssaguévékha... yichla'h... yissâdéka... yizkor... yédachéné.
Cette lettre youd est la plus nombreuse de ce psaume: 37 fois, si je ne me trompe.

Faites toute la liste. Trois des 12 futurs portent aussi la finale indiquant "à toi, kha", et 9 sont à la troisième personne simple du futur.
Et, dans tout le psaume, il y a aussi 12 fois l'expression du suffixe en kha, qui indique "à toi"; c'est donc un psaume de confidence, de don.
Regardez à quel point: ce suffixe en kha, qui indique "à toi" est bien plus nombreux que les noms de D.ieu qui sont pourtant l'essentiel du psaume: une fois le D.ieu de Yaâqov, une fois Eloqénou, une fois Hachém Eloqénou, et 4 fois Hachém. Saus erreur. Essayez de percevoir ce que vous sentez en cela. Il faut dire et redire bien des fois comme une chanson, pour découvrir ces nuances profondes.
Cela n'est pas une analyse littéraire ni comptable, c'est comme quelqu'un qui relit 1000 fois une lettre qu'il aime terriblement.

Vous voyez comme on connaît peu à peu un psaume, comment on l'investit et l'intègre, mais il faut pour cela étudier les commentaires, faire son étude très personnelle et développer ce qui parle à soi. Ainsi pour toute l'étude de la Torah.
Quand vous aurez commencé, vous découvrirez tant que vous n'écouterez plus pour la centième fois les mêmes nouvelles à la radio.

Vous verrez aussi que les versets 2 à 7 sont au futur; le verset 8 passe du présent au futur; le verset 9 passe du passé au futur; le verset 10 comence par un impératif d'appel et se termine par un futur. Cela nous montre que, en tous les cas, le futur est assuré comme bon et garanti de la par de D.ieu mais c'est à nous d'être dans cette relation, et de faire de cette relation cet appel dans la ligne du D.ieu de Yaâqov. Cette relation est bien montrée par l'appel direct du dernier verset; les précédents pouvaient sembler didactiques et enseigner, mais ils ne faisaient que préparer cette rencontre d'amour, celle du premier verset éclate en cri d'amour au dernier verset.
Seuls les ennemis d'Israël ont droit au passé sans futur: voyez les versets 8 et 9.

 


Etude du verset  20, 3

Yichla'h-êzrékha miqqodeche, 
ou mi Tsione yissâdéka.
Il enverra ton aide depuis Son sanctuaire
et de Sion Il t'aidera.


 Le secours ne vient donc que "de Sion" et du sanctuaire de Jérusalem, et d'aucune autre source.
Il faut vous référer aux textes que je vais citer du Tanakh, pour bien comprendre la charge qui est mise dans ces versets qui les utilisent.

Le Middrache Vayiqra Rabba 24, 3... développe cette idée que le salut  et l'aide ne viendront que de Sion comme il est dit explicitement dans le psaume 14, 7 : "qui donnera de Sion le salut d'Israël...". C'est de Sion que soufflera la corne du salut (Joël 2, 15).  Et de Sion vient la vie et la bénédiction qui la transmet. Et la bénédiction divine donnant la vie "pour toujours" (psaume 133, 3). C'est de Sion que sortira la Torah, pas d'un autre endroit (Isaïe 2, 3). Et le psaume 50, 2 dit que D.ieu se manifeste à partir de Sion, réservoir de toute la beauté. (Sion, c'est la phase de rapprochement vers Yérouchalayim, dans nos textes).
Combien, en ces années de guerre, sont douces à entendre ces paroles du Roi Salomon (I Rois 8, 43-48) mises en évidence par le Middrache Téhillim : " Tu entendras de Ta maison... Quand Ton peuple ira en guerre contre l'ennemi, là où Tu l'enverras, et qu'ils t'adresseront leur prière, Hachém, tournés vers la ville que Tu as choisie et vers la maison que j'ai bâtie en Ton honneur... Tu entendras du Ciel leur voix suppliante et Tu leur feras justice".
Le Middrache Tan'houma, 9 sur la paracha Qedochim (soyez saints) reprend les deux parties de notre verset pour montrer que nous devons d'abord être unis à la sainteté de Hachém et être sains et que, alors, la bénédiction sortira de Sion. C'est une condition, les médias ne nous parlent pas de cela, et nous y cherchons trop les autres solutions qui nous détournent de celle-là qui est une base nécessaire avant toutes les autres.
Le Middrache Téhilim developpe cette idée en disant que c'est dans la mesure où on vit les moments qui sont caractérisés par la sainteté, comme le Chabbate, les fêtes de Yom tov et les jours de début du (Roche 'Hoddéche) ; il y a en cela une allusion sur le mot Sion qui indique aussi l'excellence : dans la mesure où nous vivrons en excellence (tsione, Sion) ces moments de sainteté, alors le lieu Sion jouera sa fonction de diffusion de la bénédiction, et de passage vers la plénitude qu'est Jérusalem, l'état où on voit que tout est chalem, complet. Le Roqéa'h souligne que Sion c'est le lieu du kavod, de la gloire de .Dieu que nous respectons. Ce n'est donc en rien un programme politique qui élimine la connaissance de notre tradition. Et on doit garder ce terme de Sion et sionisme, mais en le voyant dans sa plénitude, qui intègre aussi la dimension réelle et visuelle et concrète.
Rachi le sioniste et l'amant de la terre d'Israël, souligne que le salut viendra du lieu saint où réside la Chékhina, Jérusalem. Le Roqéa'h dit aussi que ce lieu kodéche est celui dans lequel nous vivons dans la sainteté de nos actes reliés aux mitsvotes et à la Torah.

Mais c'est, peut-être, surtout le commentaire du Middrache Vayiqra Rabba sur la paracha Qédochim (4,2) qui devrait nous toucher. Il nous décrit combien quelqu'un ne peut être aidé que si les autres abandonnent la voie de leur péchés. Alors, vraiment, il y a sainteté; et chacun seulement peut recevoir l'aide du Ciel.

 



Etude du verset  20, 4

Yizkor kol-min'hotékha, véôlatékha yédachéné sélah.
Il se souviendra de toutes tes offrandes 
et Il fera bon accueil à tes sacrifices de ôla (holocauste pur).


Rachi dit que ce sont les prières que l'on dit pendant le temps de la guerre, le Roqéa'h parle aussi des promesses et engagements formels (nédarim) que l'on formule alors (et qu'il faudra tenir ensuite). Et D.ieu les accueille volontiers dès qu'on les prononce d'un coeur sincère.



Etude du verset  20, 5

Yittén-lékha khilévavékha, vékhol-âtsatékha yémallé.
Il te donnera selon ton coeur,
et tes aspirations Il les comblera.


Cela veut dire qu'Il t'aidera effectivement dans les combats ou dans ta vie de dispersé. Et tes aspirations, dans la mesure où elles seront bonnes et selon la Torah, Il les accomplira. Comme il a été dit à Rabane Gamliel, et il n'accomplira pas toutes les pensées mauvaises que nous avons dans notre coeur d'humains (voler, tromper, souhaiter l'inutile, etc).


Sixième verset 20, 6 

Nérannéna bichouâtékha,
ouvéchem-Elohénou nidgol.

 Nous nous réjouirons dans Ton salut
et dans le nom de notre D.ieu comme un drapeau
et Hachém remplira toutes tes aspirations.

Ce verset est celui de quelqu'un qui aime et qui sait qu'il est aimé : le propre de l'amour est de devancer toutes les aspirations de l'autre et de les satisfaire. Le Middrache Bémidbar Rabbah 2, 3 montre comme Hachém révèle cela à Moché, cet amour qu'Il a ainsi pour chacun dans le peuple juif quand il explique l'organisation du camp dans le désert où chacun a sa place autour du sanctuaire et "le drapeau qu'Il a mis sur moi est l'amour" (Cantique des Cantiques 2, 4). Il nous donne l'être, Son être, et remplit nos trésors (Middrache Bémidbar Rabbah 9, 2 sur Proverbes 8, 21). Et, dit ce middrache, si quelqu'un entend dire du mal contre sa femme, il bondit ; ainsi Hachém envers Son peuple.
Nous comprenons maintenant le commentaire du 'Hida disant :
"Nous nous réjouirons dans Ton salut", c'est notre vie dans la Torah, et
"dans le nom de notre D.ieu comme un drapeau", c'est lors de la guerre comme il est dit dans le psaume 122, 2 pour ceux qui s'occupent de la Torah, dans tes portails, Jérusalem".
Les aspirations dont il est question ici sont celles du combat contre le mal et les angoisses ainsi que le dit le Roqéah, dans le contexte de l'ensemble du psaume. Et ce sont celles-là pour lesquelles nous recevrons l'aide de Hachém.
Ribbi Na'hmane de Braslav explique la présence de ce verset par le fait important que le manque véritable est toujours celui qui est placé dans le coeur: ha'hissarone hou balév,et c'est pour cela qu'il est écrit aussi dans le psaume 37: vé yitén lékha michalote libékha, Et Il te donnera ce à quoi ton coeur aspire!

 



Septième verset 20, 7 

Âta yadâti ki hochiâ Hachém méchi'ho
yaânéhou michémé qodcho, bighvourote yéchâ yémino.

Maintenant, j'ai su que Hachém donne le salut à son machia'h
Il lui répondra des cieux de Sa sainteté,
par les forces rigoureuses de Sa droite qui sauvent.


Tout cela se réalisant comme promis, nous pouvons dire "j'ai su", comme Yoav le dit par le fait du mérite de David, vivant dans la sainteté. Nous sommes loin des combines des politiciens corrompus qui complotent toujours, et pensent tout gagner par ces moyens.
Et, Yoav vit, pendant le temps de la guerre, effectivement selon l'aide que les Cieuxdonnent par la prière de David. Et David enseignait en ce sens ses collaborateurs dans la direction du peuple d'Israël. Car, au dessus de tout, est La puissance sans égale avec les difficultés du niveau terrestre. C'est objectivement la seule puissance.
Tout le psaume nous redonne un réglage de la façon dont nous devons affronter les difficultés, sous quel angle, en plaçant les choses dans cette hiérarchie. David le comprit et c'est ainsi qu'il fut ainsi rétabli dans son poste de roi après les conflits (Middrache Rabba de Ruth 5,6). Il commente le verset du Livre de Ruth 2,14 montrant que par la bonté de Boaz elle mangea et fut satisfaite, image de nous qui serons satisfait en ce monde, aux temps messianniques et dans le monde futur.

 



Huitième verset 20, 8

Ellé varékhev vé éllé vasoussim,
vaana'hnou béchém-Hachém Elohénou nazkir.

Ceux-ci c'est dans les chars, et ceux-là dans les chevaux (qu'ils placent leur confiance),
mais nous c'est par le nom de Hachém que nous faisons souvenance.


Ce verset, dit Rachi, nous place devant le fait que les nations ont des solutions différentes des nôtres à leurs problèmes, et ils recourent à des puissances différentes mais qui sont de leur niveau souligne le Roqéa'h. Mais nous, nous plaçons notre solution ailleurs, et le terme nazkir n'est pas seulement de "miser sur", mais c'est une prière. C'est un tout autre ordre dans la vision de l'univers et du jeu véritable des forces.
Le Middrache Béréchite Rabba (75,11) sur la paracha Vayichla'h commente ce verset en référence à la vie de Yaâqov. Quand il était menacé par Esav, et fit tout pour s'en protéger, il l'a nommé huit fois du nom de "Mon maître", titre qu'on ne devrait réserver qu'à D.ieu, ainsi que mon père me l'a enseigné, et me disant: "ne t'incline devant personne sinon devant D.ieu". Pour cette erreur de Yapaqov, huit rois ont régné sur Israël (voyez Béréchite 36,31). Cela nous est dit pour ne pas faire cette erreur que même un tel juste a commis, lui qui est le pilier du monde (Proverbes 5,25), alors que Hachém "accomplit les désirs de ceux qui le craignent" (Psaume 145,19). Et David qui choisissait la confiance reçut le salut des ennemis par cela (Psaume 11). C'est cela que rappelle et nous enseigne ce verset de notre psaume.
Et c'est pour cela que D.ieu a promis à Yaâqov, dans notre verset 2 qu'il accordera toujours son aide et son salut aux descendants de Yaâqov.


Neuvième verset 20, 9

Emma karéou vénafalou,
vaana'hnou qqamnou vé nitodad
Ceux-là ont plié et sont tombés,
mais nous, nous nous sommes dressés et éveillés.

La chute de ceux qui se fient aux autres puissances de leurs armées pour attaquer Israël se fera progressivement mais sûrement, mais nous nous tiendrons fermes et sûrs et forts comme le souligne Rachi. Nous l'avons vu dans combien de guerres d'Israël. Et notre victoire est arrivée chaque fois, malgré les forces apparentes insurmontables. Que nous continuions à le mériter. Cela dépend de: où est placée la confiance. Les nations mettent leurs confiance dans leur puissance ou dans leurs armes; il n'en est pas ainsi d'Israël qui met son assurance ailleurs. La guerre est parfois nécessaire, et il faut être combattant et combattre. La force d'Israël qui combat est alors dans l'humilité qui connait notre fragilité et se confie à la puissance de Hachém (cela ne veut pas dire que nous n'avons pas d'armée, mais notre confiance n'est pas placée en cette apparence mais dans la vraie source). C'est ce que dit aussi le psaume 147,6: "Hachém soutient les humbles, Il abaisse jusqu'à terre les méchants". Et c'est Lui qui est alors LE combattant véritable, c'est pour cela qu'il est écrit: Hachém ich mil'hama, Hachém est un homme puissant en guerre. Et nous sommes sous son étendard d'armée, comme il est dit que l'étendard qu'il place sur nous, c'est Son amour (fin du Cantique des Cantiques) commenté dans le Middrache Bémidbar Rabba 2,3. C'est pour cela que, dans le campement dans le désert, il est écrit que chacun était sous son étendard (Bémidbar 2,2) car il s'agit de l'étendard de l'amour approprié aux besoins de chacun. Quand on aime, on veille aux besoins de l'autre. Tout le Tanakh donne de longues descriptions de ces guerres perdues quand il n'y avait pas la confiance en Hachém, et gagnées quand la confiance fut mise là, et pas dans la suffisance personnelle ni dans les armes, ni surtout dans le concours faux des autres puissances (voyez le Middrache Rabba 4,8,3 sur le Cantique des Cantiques).



Dixième verset 20, 10

Hachém hochiâ, hammélékh yaânénou véyom-qorénou.
Hachém, sauve, Roi, 
yaânénou véyom qorénou
Il nous répondra au jour où nous l'avons invoqué.
(traduction du dernier verset, selon la découpe précisée par le Ari, zal).

Tout cela a été suffisamment démontré. Subitement, le psaume passe en invocation au lieu de continuer à décrire la réalité profonde des choses. C'est qu'il faut aussi supplier et lancer un cri pour demander de l'aide. Le dernier verset du psaume 27 nous l'explique plus clairement: "espère certes, mais si tu n'est pas exaucé prie plus fort encore et ton espérance redoublée apportera le salut. Fais-le maintenant que tu es dans l'ordre vrai du monde et de la Création".
Le Roi répond mais il veut entendre notre appel intense. Beaucoup ne prennent pas le temps de cela, pas plus qu'ils ne prennent de temps pour parler à leurs proches.
Hachém
nous certifie qu'Il répondra, nous dit le Roqéa'h, car il est nommé 5 fois dans ce psaume comme les 5 livres de la Torah par lesquels Il nous révèle que nous pouvons compter sur Lui. Et les 3 autres formes de nomination ou kinouyim (Dieu de Yaâqov, notre D.ieu, le Roi) parlent dans le même sens en nous le certifiant par le mérite des 3 Patriarches qui ont eu accès avec certitude auprès de notre D.ieu.
Et le Middrache Téhilim dit que l'aide du D.ieu de Yits'haq lié sur l'autel pendant la âqéda nous est indiquée par le verset 4: véôlatékha yédachéné sélah, et Il fera bon accueil à tes sacrifices de ôla (holocauste pur). Ce middrache compare aussi les versets du psaume à la progression d'une femme enceinte au long des mois.
Le Gaone de Vilna reprend ce thème, en se basant sur le Zohar, et relie ce symbolisme aux douleurs qui précèdent la venue du Machia'h comme celles qui précèdent une naissance qui tarde à arriver, et les 70 mois de ce psaume ont ce symbole. La difficulté qui précède la délivrance de la naissance ou guéoula, a bien été vécue en Egypte avant la sortie.
Et Aboudharam dit que ce psaume est tellement aimé par D.ieu qu'il commence par "Il te répondra" et qu'il se termine par "Il nous répond". Amen!
Pour ceux qui veulent étudier ce psaume dans le Zohar: II 119b - III 241b et 269b et 271a et 306b.




 

Nous allons maintenant entreprendre une nouvelle étude de ce psaume.

Fixons d’abord le contexte dans lequel il s’adresse à nous.

Nous sommes dans une situation critique où l’environnement hostile s’étend par ondes concentriques depuis nos villes, nos frontières et jusqu’aux Etats qui ont eu un terrible passé antisémitisme, spécialement les Etats européens. Devant la souffrance, beaucoup disent : « d’où nous viendra le salut ? ». L’angoisse est réelle car les pertes en vies humaines sont réelles, par centaines et centaines. Et, de l'intérieur du peuple, des groupes sont objectivement alliés aux ennemis pour déligitimer l'existence de leur peuple et légitimer les meurtres présentés comme fruits du désespoir.

Les psaumes sont rédigés, à partir d’une situation particulière dans la vie du Roi David, sous une forme qui les rend applicables dans tous les siècles et par tous. Pour aider Israël et chaque membre. Ici l’aide va concerner notre prière.

L’environnement hostile est une constante de l’histoire juive.

-         En Béréchite 32. 8, notre Père Yaâqov est dans cette situation : « Il fut fort effrayé et plein d’anxiété, distribua son monde… en deux bandes, se disant : Si Essav attaque l’une de ces bandes et la met en pièces, la bande restante deviendra une ressource ». Quand on en est là… Essav est présenté par toute la tradition comme le fondateur typologique de la civilisation romaine et occidentale.

-         Avançons. En Dévarim 20. 1 : « quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, n’en sois pas effrayé… ». Voilà un programme que l’on connaît quotidiennement face aux nations. Il fallait donc nous apporter ces éléments de réflexion dès le début de l'enseignement de la Torah.

-         Avançons maintenant dans l’enseignement des prophètes (lisez Isaïe 31…) : il nous dépeint la fuite en avant de ceux qui, en ces situations, se précipitent pour aller demander de l’aide à la puissance de l’époque « mais qui ne se tournent pas  vers le Saint d’Israël, ne se souviennent pas de Hachém… ». Situation constante et actuelle et analysée pour nous depuis toujours dans les catastrophes que cela engendre. Lisez le psaume 81 : « ne te prosterne pas devant un dieu du dehors… Ah, si Mon peuple voulait M’écouter, Israël marcher dans Mes voies, bien vite Je dompterais ses ennemis…». Ce dieu du dehors, c’est aujourd’hui le dollar et tout ce qu’il entraîne, ou d'autres idéologies totalitaires qui se succèdent les unes aux autres, mais le modèle est le même, il détruit.

-         Et le psaume 83 décrit en détail cet encerclement par les ennemis, il faut le lire. Il est important de bien constater cette constante ; les cabalistes expliquent que c’est notre fonction de Juifs que de saisir les étincelles de lumière enchaînées dans les coquilles de mal et de les délivrer, c’est une réparation que nous devons faire, en particulier par la prière. Sans entrer dans le détail de cette tactique, voyons ce qu’en dit notre psaume.

Face à tout cela, le psaume 20 reconstruit notre assurance; on dit qu’il est écrit en léchone ‘hozéq, en langue de renforcement. Rachi indique que le peuple le disait à David quand il devait partir en guerre. Le Chla indique qu’il faut le réciter quand quelqu’un est malade ou dans la détresse. Comment se fait ce renforcement ?

-         Les versets 2 à 6 sont adressés à celui qui a besoin de cet encouragement. Les termes s’adressent avec force pour injecter vers toi la répétition : « Il te répondra, Il te protègera … ».

-         Une expression revient tout au long du psaume : la "réponse" est assurée de la part de Hachém. Au début (yaânékha, Il te répondra), au milieu (yaânénou, Il lui répond), à la fin  (yaânénou, Il nous exaucera). Il faut bien réaliser que ce verbe « répondre » est un mot précis et fort dans la Torah. Par exemple, on l’utilise dans les supplications des périodes de séli’hotes (ânénou…) avant Roche ha chana, dans les prières des jours de jeûne.

-         De nombreuses fois, dans la Torah, Hachém rappelle à Son peuple qu’Il a répondu à ses prières. Il assure : « n’hésite pas » (Béréchite 46. 4). Lisez le chapitre 4 de Dévarim : « maintenant vous êtes vivants ! ». Et Job (36. 22), lui qui souffre tant, affirme : « Sûr, D.ieu est sublime dans Sa force (hén-El yasguiv békho’ho) ». Le Roqéa’h donne ces références en commentant les versets du psaume dans la prière du matin.

Alors, si nous avons l’assurance de la réponse divine, notre réponse doit être aussi nette, c’est toute la seconde partie du psaume (laissons le dernier verset à part) .

-         Il y est dit âta (maintenant) yadâti (j’ai su). C’est l’immédiatement de la confiance et de la réponse dans l’instant même de la prière. Certains disent que David l’a compris ainsi, et qu’il l’a dit également en rentrant après la victoire.

-         Alors, sur plusieurs versets, nous formulons la conscience de cette réponse : réponse, puissance divine, confiance seulement en Hachém et non dans les autres puissants apparents, ni dans les forces apparentes (armées et puissances), capacité de porter notre différence alors que tout le monde fonctionne selon d’autres critères. Voilà ce que nous ne devons pas oublier en entendant les nouvelles et tous les débats sur les choix politiques ou militaires à faire.

 

Le dernier verset, comme la dizième marche ou séfira de la descente de la bénédiction, reprend tout l’ensemble en un résumé (« la » réalité est Hachém, notre appel pour être sauvés, la réponse dans l’instant de la prière). Le terme employé ici est « le roi, ha mélékh ». Il s’agit, en fait, de l’état de plénitude que l’on nomme malkhoute, royauté, et qui est une union de la royauté divine et de sa présence ici-bas par notre conduite ; voilà pourquoi certains placent le mot mélékh en liaison avec la première partie de la phrase, et d’autres avec la seconde ; mais, en fait, c’est la même chose en ses deux dimensions.

Ce psaume est si important qu’on le lit chaque nuit dans le Tiqqoune ‘hatsote de Léa, les jours où on dit les supplications, dans les journées de supplications nommées Kippour qatane, petit Kippour, dans les prières pour les malades, et dans la prière du matin (à un moment différent suivant les communautés) après la prière de la âmida, après le psaume alphabétique de achré, avant la prière de Ou va lé tsione.

Résumons : c’est vrai que notre tâche est de supporter ces encerclements d’inimitiés et que nous avons à œuvrer au milieu de cela par la prière et la confiance. Le Tour commence tout son monumental ouvrage de halakha (Arbaâ Tourim) par une exhortation à ne pas nous laisser impressionner par l’hostilité, même celle des railleurs. Et les psaumes veulent nous montrer que notre angoisse est comprise et assumée en peuple avec toute la solidarité de l’histoire : lisez les psaumes 22 et 38 et vous réaliserez combien cela est intense. L’épisode de Elie opposé aux mauvais prophètes démontre cela encore : il les accuse de l’infidélité qui entraîne la catastrophe (I Rois 18, 18), puis ceux qui n’ont pas confiance en Hachém ne reçoivent aucune réponse (18. 28). Au contraire, la confiance donne la réponse et, alors néranéna (on se réjouira) et Hachém remplira toutes les aspirations, yimalé.
C'est pour cela que les Tiqouné Zohar, 67b, disent: Vé chivéîn tévine dé mizmor yanékha Hachém... inoune laqavel chivéîm sarim, vé oumine dé inoun tsirio va'havalim dichékhnéta îlaa vé tataa. Dé atévane Beit. Commentons: la structure des 70 mots de ce psaume rassemble toute la signification principale de ce psaume, et elle représente les 70 nations du monde avec leurs génies, leurs puissances et leurs forces célestes. Elles sont comme une pression autour d'Israël et occasionnent une souffrance que l'on nomme les souffrances de l'accouchement avant l'arrivée du Machia'h, du Messie. Et cela concerne l'achèvement complet du monde, quand la Chékhina, la présence divine sera également dans le monde d'En-haut et dans le monde d'en-bas, comme deux lettres Beit, deux Temples. Voir les douleurs actuelles que subit Israël dans cette perspective, tant du dedans que du dehors ou des forces d'en haut, (ces chars sont autant ceux d'en haut que d'ici-bas), et la certitude de cette aide de Hachém constamment pour nous, nous conforte, nous soutient, et nous incite à être ici pour mener ce combat sans déserter, sans attendre en cachette. Nous avons à mobiliser ce psaume en sa puissance, mais c'est autant mobiliser notre coeur et nos forces sur le terrain. Et, s'il est dit ici que nous, c'est dans le Nom de D.ieu que nous agissons, cela veut qire que le Ciel nous donne le pouvoir, par notre prière et nos demandes droites, de réussir le plan d'union divin. De nombreux auteurs expliquent de quoi il s'agit et comment.

Ainsi, les grandes épreuves personnelles sont notre lot, comme individu ou comme collectivité. C’est une épreuve à dépasser, sportivement, par la dynamique de tout l’être qui absorbe les mouvements de ce psaume.

Nos Sages nous montrent aussi que ces dynamiques sont prouvées encore par l'union de divers Noms de Hachém dans ce psaume. Cela apparaît dans dans la disposition des lettres et dans leur compte numérique. Il ne s'agit pas de jonglages farfelus par combinaisons de logiciels mais bien d'une sagesse transmise de génération en génération. Ce n'est pas le lieu de le développer ici car cela s'apprend progressivement, lentement, après avoir bien acquis les bases de la Torah, et auprès de maîtres dans une relation; mais les étudiants avancés pourront l'étudier auprès de leurs maîtres. Toute la Torah est ouverte à tous, à condition d'oeuvrer beaucoup.
Signalons seulement deux répétitions dans les guématriotes des initiales ou des finales des mots:
- trois fois apparaissent les guématriotes de valeur 52, correspondant à l'une des écritures du Nom de quatre lettres.
- cinq fois apparaissent les guématriotes de valeur 112, correspondant à la somme des trois noms Eqié, Hachém et Adonoute. Pour comprendre l'enseignement important indiqué derrière cela, il faut étudier davantage. Les références de base où cela est explicité pour les étudiants avancés sont le Séfer ha cavanote, Igniane chékhinate ha laila; Chaar ha qorbanote; Chaâr yéridate ha ôlamote. Et, dans les Mitsvote Chéviîte, il explique qu'il faut que l'action et la prière des tsaddiqim, des justes (c'est-à-dire: nous) devance l'aide divine. On ne peut pas attendre qu'un ascenseur descende du Ciel.
Cela est même exprimé, dit le Zohar et de nombreux commentaires, dans les mots du psaume car ils indiquent les différentes prières du repas que nous prenons (yiseâdékha, Il t'aidera réfère aussi au repas, séouda; yichlakh êzrékha, il enverra ton aide, réfère aussi à la femme; yimalé, il remplira les aspirations de ton coeur, nous indique que nous avons à aller étudier car c'est là que notre coeur sera rempli, dit le 'Hida dans son commentaire Téhilote Yossef, etc); le divin et le plus humain dans lequel nous oeuvrons ne sont pas séparés. Mais le 'Hida nous rappelle aussi le passage de Méguila 13b disant que D.ieu crée toujours le remède (réfoua) avant que le mal (térém maka) ne nous atteigne. Et c'est cela que nous confirme sans cesse ce psaume. Alors, marchons. Et le bien se dévoilera au fur et à mesure de notre avancée.
Et nous pouvons alors nous réjouir, néranéna bichouâtékha, car c'est la joie de la Torah qui ainsi nous épanouit.