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LE PSAUME 23
UNE ETUDE APPROFONDIE BASEE SUR LES SOURCES
qui répond à nos questions essentielles.
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Merci de dédier
cette étude et ces prières pour demander la guérison de
Nitsane ben Myriam, et de tous les malades.
© Voir les conditions du copyright. Ce texte peut être imprimé pour
l'étude personnelle ou de groupe.
Voir son lien au chabbate, ici
Cette page comporte des lettres saintes, ne la placer que dans un endroit respectueux.
Voir aussi ici l'étude
du psaume 29 du Chabbate, une étude très précise
et complète de ce qu'est un psaume.
Etude du psaume 23
Verset 1 - 2 - 3 - 4 - 5 -
6
Voici un psaume qui nous rend la douceur
de vivre. Nous avions tout reçu pour ne pas l'oublier, mais nous l'oublions
sans cesse et le psaume nous remet dans cet axe vrai et profond de ce qui
est toute l'existence, créée sur la bonté. A nous de savoir la capter,
et y revenir.

(Photo de l'auteur)
Mais nous avons notre part. C'est ce
que nous allons découvrir.
En
janvier 5758 (2008), au cours de la visite de Bush en Israël et
dans la région pour diviser
Jérusalem avec Olmert et remettre aux Arabes la Judée et
la Samarie, accusant Israël d'occupation du sol arabe alors que
c'est la terre historique d'Israël, retrouvée en toute rigueur
selon le droit international après
une victoire contre les forces arabes qui attaquaient en 1967, au
milieu des enjeux qui s'y déroulaient,
voici comment j'ai vécu
ces moments: je les ai placés à l'intérieur de ce
psaume 23 (Hachém est mon berger, je ne manquerai jamais de rien".
Et, dans la réalité de notre contexte, pour porter ma prière
dans le respect de la Création environnante, j'ai dessiné ce
psaume sur fond du vert islamique qui nous environne et avec la lumière,
et pour la transformation de la complexité en bien, comme dit
la paracha de cette semaine-là "Bo, viens vers Pharaon" (viens
avec moi vers Pharaon), j'ai dessiné ce psaume dans la langue
farsi de l'Iran et dans l'écriture arabe de nos voisins. C'est
ainsi, comme
Esther, en Iran, venir dire en farsi au Roi des Rois et Roi de tous les
peuples,
que nous avons confiance en Lui sans cesse et même dans la possibilité des
hommes de comprendre. Esther a ainsi gagné. Lisez ici cet épisode
audacieux. Nous le renouvelons.
Voici
la traduction du psaume:
"Psaume de David. Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.
Dans de vertes prairies, il me fait camper, il me conduit au bord des eaux paisibles.
Il restaure mon âme, me dirige dans les sentiers de la justice, en faveur
de Son nom. Dussé-je suivre la sombre vallée de la mort, je ne
craindrais aucun mal, car Tu serais avec moi; Ton soutien et Ton appui seraient
ma consolation. Tu dresses la table abondante devant moi, à la face de
mes ennemis. Tu parfumes d'huile ma tête. Ma coupe est pleine à déborder.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront toute ma vie durant, et j'habiterai
de longs jours dans la maison de Hachém".
D'abord,
expliquons pourquoi cette étude sera précise, appuyée
sur de nombreuses sources de la tradition, recherchées, mises en
correspondance, et non pas seulement un enseignement du style: "vous êtes
angoissés, récitez ce psaume et vous serez délivrés
de tous vos maux, il en a le pouvoir, faites moi confiance" suivi
chez le pratiquant de réflexions du type: "il connait les ségoulotes,
les puissances magiques de chaque psaume et il vous dira celui qui vous
convient et vous serez guéri". Supercheries religieuses, intellectuelles
et souvent escroqueries pécuniaires. Non, le psaume est un travail
sur nous-mêmes, dans tous les niveaux de notre être.
Voici, au contraire, ce que dit la Torah sur la façon d'enseigner à propos
du premier verset de la paracha Michpatim: "et voici les statuts que tu
placeras devant eux" (Chémote 21,1). Rachi soi-même commente
en nous transmettant le sens reçu par la tradition orale: "Ha
qaddoche baroukh Hou, le Saint béni soit-il, dit à Moché:
qu'il ne te monte pas à l'esprit de dire, je leur enseignerai un chapitre
ou une halakha, une décision pour appliquer la Torah deux ou
trois fois jusqu'à ce que cela soit bien devenu automatique dans leurs
bouches mot à mot, et je ne me fatiguerai pas à leur faire comprendre
le sens et la signification de ce qui est enseigné; c'est pour cela
qu'il est écrit: que tu placeras devant eux, achér tassim
lifnéhém, comme une table préparée (ké choulkhane
ha âroukh) et prête pour que l'homme en mange".
Dans les psaumes chaque mot
est une somme d'enseignement et le coeur ne peut prier qu'en connaissant bien
la dimension intérieure du psaume et sa trajectoire. Commençons.

1. "Hachém est
mon berger, je ne manquerai de rien.
2. Dans des prairies d'herbe il me fait camper, sur des eaux de repos Il me
conduit.
3. Mon âme il la restaure, il me conduit dans les sentiers de la justice,
pour Son Nom.
4. Même quand j'irai dans la vallée de la mort, je ne craindrai
pas le mal car Toi Tu es avec moi,
Ton soutien et Ton appui ce sont eux qui me consolent.
5. Tu dresses devant moi une table contre mes persécuteurs:
Tu parfumes d'huile ma tête; ma coupe est pleine à déborder.
6. Et donc le bien et la bonté me poursuivront tous les jours de ma
vie;
et j'habiterai dans la Maison de Hachém au long des jours".
Etude
du premier verset pour bien le comprendre et bien le
prier

Mizmor lé David, Hachém roî, lo é'hsar.
Psaume de David. Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.
Etudions-le
d'abord avec le 'Hida. C'est une véritable étude
classique, approfondie qui relie les textes entre eux, la grande
classe de la tradition.
Pourquoi le mot "berger" de troupeau?
Le Yalkoute Chimôni, ch. 4, sur Ezéchiel 34, 31, cité par
le Rav Matrani dit que Israël est nommé Adam quand il vit selon
la volonté (ratsone) de Celui qui crée tout l'espace
et qu'on appelle ainsi "Maqom, Lieu". Par contre, quand
il ne le fait pas, on le nomme par l'appellation tsone, troupeau.
Il vit alors en troupeau suiveur et, comme un troupeau, il suit le premier
qui l'emmène dans le précipice. Mais, même alors, Hachém est
le Berger de Son peuple qui dévie et court à sa perdition.
C'est donc encore un grand privilège
et une sauvegarde heureuse que d'être ainsi sauvegardé quand
on pâtit des conséquences négatives de
nos actes. Maintes fois, les prophètes l'ont
rappelé dans chaque époque. Aujourd'hui, où il
est tellement clair que les dirigeants du peuple d'Israël.
Mais,
nous devons aussi nous extirper de notre condition de troupeau allant
vers le mal si nous demandons aussi à Hachém de nous aider. Concrètement,
en cette heure vitale pour Israël, notre examen de
conscience doit porter sur ces points suivants:
Même si nous agissons
dans une guerre nécessaire, avec la force vitale de la logique,
de l'intelligence et de la cohésion, la réalité de
l'existence d'Israël dépend encore, en profondeur, d'autres
facteurs de société qui ne sont encore nullement pris
en compte dans ce qui est l'habituelle politique et logistique de
défense, de résistance et de construction:
il s'agit de la moralité dans la direction politico-financière,
la justice sociale, la justice éducative égalitaire, la volonté d'appréciation
réciproque entre les différentes composantes de la société,
spécialement de la part des religieux envers ceux qui n'ont pas reçu
ce bagage de l'identité nationale par le fait qu'ils ne le leur communiquent
pas; enfin et surtout, le silence très coupable des grands leaders rabbiniques
en cette heure extrêmement grave, qui n'apportent pas au peuple les réponses
de la Torah, existantes, claires, celle de la téchouva morale et sociale
et de la fraternité absolue. Spécialement quand ils savent, eux,
qu'une telle crise où Israël est attaquée de l'extérieur
contre sa survie ne vient que de deux raisons indiquées par la Torah:
l'immoralité de la vie sociale, politique, fraternelle et religieuse,
et le refus d'une grande partie du peuple de recevoir le cadeau que D.ieu fait à Son
peuple de Sa terre pour venir y vivre selon Sa Torah.
Il faut, ici, absolument aller lire ou relire le premier
chapitre du prophète Isaïe, versets 1 à 17. C'est l'exacte
description de notre société juive actuelle, et les cris de scandale
de D.ieu, non pas ceux d'opposants politiques.
Alors, en cette situation,
comment peut se faire aussi cette téchouva indispensable, vitale?
C'est nous tous qui sommes les soldats de ces combats essentiels, où que
nous vivions, en Israël ou dispersés dans l'exil.
Ce n'est pas du tout par quelques petites collectes financières mais
momentanées de solidarité que nous apportons les vraies réponses
de fonds. Avant de continuer à prier, nous devons nettoyer notre coeur
et nos actes.
Pour cela, il faut,
ici, absolument aller lire ou relire la suite du premier chapitre du prophète
Isaïe, versets 18 à 31.
La téchouva (retour)
est d'autant possible que les nations sont gouvernées en haut, selon
le Zohar, par les puissances célestes que l'on nomme les sarim,
les Princes dont elles tirent leur force ('hozeq, en hébreu,
et toqpa, en araméen dans II Zohar 17a) qui sont sous l'obédience
de D.ieu.
Tandis qu'Israël, dans la mesure où elle vit selon son être,
est sous la mobilisation directe de la volonté de D.ieu. Cela peut sembler
un privilège, ce n'est pas le sujet car c'est d'abord une exigence de
pureté.
C'est pour cela qu'il est dit à propos de cet Israël dans le Traité Baba
Batra (page 115b): "guémiri, nous étudions la Torah
et l'écoutons vraiment, ela kala chivta, et qu'il y ait une
destruction, une part d'Israël subsistera puisqu'elle est branchée
dans la Torah qui est le branchement sur le Créateur de vie". (Vous
voyez combien les mots du Talmud sont abrégés et qu'on ne peut
les étudier qu'avec quelqu'un qui a reçu la tradition orale sinon
on ne peut pas déchiffrer ni comprendre et on parlera alors bêtement
d'arguties talmudiques).
C'est pour cela qu'il est dit que "Hachém est envers nous roï,
mon berger". C'est Lui notre sar, notre Prince et, donc, "je
ne manque de rien", dit le verset du psaume: ela kala chivta,
et qu'il y ait même une destruction, une part d'Israël subsistera.
Et maintenant, nous comprenons parfaitement le lien qu'il y a entre notre psaume
et ce que dit le prophète Ezéchiel 34, 31:
"Véatem tsoni, tsone marîti, Et quant à vous,
vous êtes mon troupeau, le troupeau que je fais paître,
Adam atem, Adam vous êtes, (et D.ieu place alors
les formules grandioses comme à chaque fois que c'est
une déclaration capitale qui engage tous, Lui et les humains),
Ani Eloqékhem, néoum Adonaï Hachém,
Je suis votre D.ieu, déclaration du Seigneur Hachém".
Attention, "Véatem
tsoni, tsone marîti, Et quant à vous, vous êtes
mon troupeau", ce n'est pas un privilège du type "peuple élu",
cela veut simplement dire: "vous n'accomplissez pas Ma volonté mais
Moi Je suis cependant votre berger qui vous guide".
Nous devons donc reconnaître nos écarts de conduite et nous
replacer sous la bonne guidance, c'est ce que l'on appelle la téchouva,
le retour.
Nos écarts de conduite sont flagrants et conduisent à la
destruction d'Israël. C'est clair: Après 2000 ans, le Ciel
nous ramène et nous savons que nous ne pourrons subsister que
si nous sommes fraternels, que si nous éduquons dans la Torah,
que si nous aidons les pauvres, que si nous sommes droits avec les autres
peuples. Dans chacun de leurs livres, les prophètes ne font que
redire cela car ils appliquent et expliquent la Torah dans l'actualité.
Mais, au lieu de remercier et d'agir en ce sens, comme des pilotes fous,
nous avons saccagé.
Alors, les ennemis reçoivent par nous la liberté d'attaquer
alors, les victimes sont nombreuses, plus d'un millier.
Mais encore, au lieu de comprendre et de revenir, non, nous sommes sourds,
méprisants envers le Ciel et entre nous, et nous expulsons les
Juifs de leur terre (Gouch Katif, et la suite préparée
avec obstination); et nous donnons la terre aux pires ennemis
et nous disons dans un mensonge éhonté aux nations: "n'est
ce pas que nous sommes des pacifistes ainsi" et les nations qui
veulent notre destruction encouragent alors ceux qui trahissent leur
identité et leur mission du peuple de la Torah.
A ce point, dans la même logique, les ennemis amenés par
nous pour nous encercler attaquent, et à nouveau des 4000 roquettes
et des missiles et la destruction des agglomérations du Nord d'Israël,
et il n'y a que très peu de victimes. Et nous ne comprenons rien
encore: ni les religieux ne font téchouva pour aimer tous leurs
frères et partager avec eux la Torah et prendre leur part dans
la défense commune, ni lutter les premiers pour la justice envers
les pauvres. Et le mépris des autres envers eux continue également.
Troisième avertissement: nous avons perdu la guerre et au lieu
de faire téchouva, de revenir, nous mentons effrontément
sans vouloir prendre en compte l'avertissement ni nos morts, et disons
que nous avons gagné.
Alors notre machine à nous détruire continue à fonctionner
de plus belle, par notre unique faute: ce n'est pas une punition externe,
c'est un suicide accompli par nous.
REAGISSONS!
JE LANCE DONC ICI UN APPEL. IL N'Y A PAS DE SOLUTION DANS LE
POLITIQUE EN ADHERANT A UN TEL CONTRE D'AUTRES. NI A REGARDER PASSIVEMENT
LA TV. IL N'Y A PAS DE SOLUTION DANS LE SEUL MILITAIRE: NOUS VENONS DE
LE CONSTATER, LE MILITAIRE SANS LA MORALE EST NUL EN EFFICACITE.
DONC, REVENONS A L'AVEU DE LA FAUTE COLLECTIVE ET INDIVIDUELLE ET REVENONS
A CE QUI EST UNE VERITABLE RELATION D'AMOUR PROUVEE ENTRE LE MAITRE D'ISRAEL
ET NOUS SON PEUPLE COMPLEXE, ET QU'IL FAUT AIMER DANS SES COMPOSANTES
LES PLUS DIVERSES. EN EN TIRANT LES CONCLUSIONS. C'EST CELA LE SENS DU
MOT "Mon Berger, roï".
C'EST L'APPEL A CETTE RELATION D'AMOUR ENTRE LE CIEL ET NOUS PAR DES
ACTES CONCRETS, SEULE ACTION EFFICACE, QUE NOUS LANCE CE PSAUME 23.
C'EST POUR CELA QUE NOUS EN FAISONS ENSEMBLE UNE ETUDE TRES APPROFONDIE.
S.O.S!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Comment le dire davantage?
LISEZ DONC CETTE ETUDE COMME UNE LETTRE PERSONNELLE
adressée à vous par le Ciel, je ne suis que le facteur
qui vous apporte ce courrier écrit par tous les Sages de notre
tradition merveilleuse. Je ne suis qu'un scribe rapide.
|
Toute la solution de la survie et du bonheur d'Israël tient en cela et
non pas dans des trucs magiques comme j'en entends souvent évoquer du
type (dans les difficultés terribles actuelles du peuple ou de votre
vie personnelle, vous obtiendrez tout si vous allez sur la tombe de X, si vous
ouvrez au hasard le livre de Untel, si vous dites telle formule chaque jour,
si vous lisez uniquement le livre de tel Rav, si vous devenez adepte de X qui
seul sait tout et qui fera le salut du monde, si vous faites telle mitsva,
si vous donnez à notre oeuvre de la tsédaqa, etc, etc.).
Tous cela n'est que se substituer à la Torah et à Son maître
pour n'en prendre qu'une partie (parfaite mais délaissant l'ensemble)
ou un substitut humain au rôle de berger du seul Roé,
berger. C'est une supercherie contre la Torah qui est un ensemble. On redescend
alors au niveau des sarim, des Princes comme les autres nations et
on s'étonne, en plus, de par la division du peuple ainsi créée,
que le salut n'arrive pas car on a détruit au lieu de construire tous
ensemble.
Donc, au contraire, soyons "Adam', c'est à dire ces humains
tous créés selon le modèle direct d'union au Créateur,
car Adam a la guématria 45 qui est celle de l'écriture
du Nom de D.ieu, pour bien en montrer la relation de lien et d'unité exclusive.
Ne preneons pas d'autres styles de modèles comme le font les autres
nations et religions, l'expression "Adam atem, vous vous êtes Adam",
a un sens qui indique la différence (lémaête)
par rapport à d'autres et à leurs modèles, et le Ritba
et le Rachba l'indiquent dans leur livre de Réponses, 1, 830.
Ne pensez pas qu'on puisse en déduire quelque chose de péjoratif
envers les nations, cela n'existe jamais dans la Torah car tout homme est à l'image
de D.ieu; c'est pourquoi Rabbénou Tam précise bien sur ce sujet:
les nations du monde (oumotes ha ôlam) sont nommées (niqréim) "haAdam" et
le peuple juif est nommé Adam. Donc simple nuance mais non
pas divergence. Mais l'exigence particulière envers nous subsiste. Cette
différence est indiquée dans les commentaires oraux de ce qui
s'est produit lors de la dispersion après la Tour de Babel (Béréchite
ou Genèse 11,5).
Vous le voyez, l'enseignement de la Torah démontre
en tous ses axes combien il est vital que le peuple juif soit relié à son
Berger pour qu'il puisse bénéficier de la protection ontologique,
automatique. Ce ne sont pas les armes seules, ni les alliances politiques
avec un empereur moderne puissant, ni une économie brillante, qui peuvent
assurer la prospérité et la survie de ce peuple particulier,
car elles ne sont que du vent sans ce lien, donc moral, au Créateur.
C'est ce que ce verset de Béréchite (la Genèse)
nomme "la tour qu'avaient bâti les fils de haAdam",
ce n'est que de l'humain friable. Ne faisons pas de la Torah cela, ne faisons
pas de Son peuple cela. Ensuite, refusant notre jonction vitale, on s'étonne
que notre santé est en danger et que les ennemis deviennent puissants
comme les cellules d'un corps vivant de façon malsaine sont attaquées.
C'est ce que l'on appelle tomber dans 50 portails de l'impureté ('hamichim
chéâré toumea).
Pour ceux qui ont une formation leur permettant de comprendre avec justesse
et complexité les niveaux du rémez, le 'Hida indique
que tout cela est résumé en code dans la composition du mot tsoni (mon
troupeau) dont les deux premières lettres tsadé aleph forment
la guématria des mots Adonoute Hachém (91), le noun annonce
les 50 portails de la connaissance et sagesse (bina), et le youd est
la sagesse ou 'hokhma. Pour ceux qui n'ont pas encore cette formation
très spécialisée, ne prêtez pas attention à ce
paragraphe, il n'est qu'un aide mémoire dans les connaissances pour
ceux qui ont ce niveau avancé.
Vous comprenez, par cette étude longue d'un seul verset chez nos Sages
nous rapportant notre tradition, quelle puissance a l'étude pour éclairer
nos enjeux qui sont vitaux au niveau du peuple aussi bien qu'au niveau personnel.
Et notre position heureuse ou non dans l'existence et dans les conflits est
différentes si on comprend cela ou non. Mais il faut étudier
pour avoir ces éclairages; on le fit pour toute connaissance nécessaire
dans la profession, et on le néglige en un secteur vital bien plus important
encore.
Munis
de ces connaissances, vous comprenez les usages multiples de D.ieu nommé roé,
berger dans la Torah, par exemple par Yaacov-Israel bénissant Ephraïm
et Ménaché et disant: "HaElohim ha roé oti
méôdi âd ha yom ha zé, le D.ieu qui a été berger
pour moi depuis toujours jusqu'à ce jour-ci" (Béréchite
48,15).
Voyez également dans le Cantique des Cantiques le terme de berger ou
faire paître ou conduire (roê): 1,7; 1,8; 2,16; 4,5; 6,2. ou dans
les psaumes: 49,15; 78,71; 80,14. Vous comprendrez parfaitement le psaume 28
et surtout son verset 9.
Et de même en de nombreux passages de tout le Tanakh (la Bible), 75 fois.
Ce qui est
donc important, après avoir compris cela, c'est de faire de la lecture-prière
de ces versets et mots, non pas une connaissance mais une "réalisation" présente
ensemble (intérieure, relationnelle avec Hachém, et extérieure).
(photo de l'auteur, près de chez moi, à Jérusalem, près:
les herbes multiples comme tous les humains et toutes nos tâches; au
loin: le moulin de Montefiore, la force de notre tradition qui nous enseigne
en phare; et le ciel de Jérusalem; le tout, en une seule présence).
Là, nous essayons d'être ce troupeau et conformes au berger.
Etude
du deuxième et troisième versets pour bien
les comprendre et bien les prier

2. Binéote déché yarbitséni; âl méi
ménou'hotes yénahaléni
Dans de belles prairies
d'herbe, il me fait camper; sur des eaux de repos il me conduira.
3. Nafchi yéchovév; yané'héni vémaâguéléi-
tsédéq lémaâne Chémo..
Mon âme, Il la restaurera; il me dirigera dans des sentiers de
justice, pour Son Nom.
Il faut essayer de comprendre ce que
cela veut dire. Il est interdit de prier sans cavana (intention
basée sur la compréhension du texte). Et il est
bien ordonné aux éducateurs de ne pas faire des
automates de ceux qui veulent étudier et prier. Donc
pas: vous avez tel problème, lisez x fois le psaume
Y, comme s'il était efficace par cet acte; le judaïsme
n'est pas de la magie. Si cette conception et pour vous nouvelle
et vous surprend, lisez le commentaire de Rachi sur Chémote
21,1: "Vééllé hamichpatim achér
tassim lifnéhem" (et celles-ci sont les ordonnances
que tu placeras face à eux). Rachi commente: "que
tu placeras face à eux: Ha qadoche baroukh Hou (le
Saint, béni soit-Il) a dit à Moché: qu'il
ne te vienne pas à l'esprit de penser comme ceci, je
vais leur enseigner un chapitre ou une halakha deux fois ou
trois fois jusqu'à ce que ce soit devenu un automatisme
connu dans leur bouche, et je ne vais pas me fatiguer à leur
faire comprendre le sens des choses et leur signification;
c'est pour cela qu'il est dit: " que tu placeras face à eux",
comme une table préparée (choul'hane âroukh)
et disposée pour manger devant un être humain
(lifné adam). Fin de citation de Rachi.
En conséquence, vous comprenez pourquoi je place ces commentaires sur
les psaumes souvent lus avec répétition automatique. Il vaut
mieux aller jusqu'à apprendre l'hébreu car des jeux nombreux
de sens ne transparaissent que dans l'hébreu, mais en tous cas, il faut étudier
les commentaires pour nous ouvrir le regard et la sensibilité sur les
mots. Continuons donc.
Les verbes de ces trois versets sont un futur (je ne manquerai, il me fera
camper, il me conduira, il restaurera, il me dirigera). Ce n'est pas un futur
de souhait mais de certitude; de plus, ce futur hébraïque est un
présent continu que l'on prolonge jusqu'au futur. Donc, ressentir cela
dans la prière.
Ces verbes se terminent par la particule "i" qui relie les deux personnages,
l'acteur (D.ieu) et le bénéficiaire (moi) en un seul mot d'union.
Prendre le temps de déguster cette union. J'appelle cela "se rapprocher
en sincérité, en union", diminuer l'écart de la sincérité.
Le "Il" grandiose et le "moi" sont dans une présence.
On comprendra ensuite combien ce lien est capital pour que l'on en vienne à oser
traverser les vallées de la mort. Et, en ce moment de guerre, on découvre
alors l'importance d'une prière vécue ainsi vraiment. Certains
de nos Sages en tous les siècles ont appelé cet exercice, ou
plutôt cette attitude du coeur et de la pensée dans la prière: cavana (intention)
ou bien hitbonénoute (attention, méditation).
Arrivés à une telle intimité, je dirai à ceux qui
ont étudié davantage, (par attention du coeur, et que D.ieu me
pardonne si je me trompe en cela) que ce n'est pas par hasard que ces trois
versets se terminent dans l'ordre par les lettres "r-i-o" de guématria
216 qui correspond trois fois à l'écriture alargie du nom de
D.ieu. Cela a sens; les étudiants avancés comprennent. En tous
cas, cela concorde bien avec ce que dit le Middrache Téhilim 24, 1:
chaque fois que le psaume commence par mizmor lé David, cela
veut dire que David commença à chanter et ensuite la Chékhina (présence
divine) vint vers lui. Voilà l'union: à nous de commencer, et
c'est commencer en chantant (il faut donc que notre coeur se mettre dans ce
registre) et alors la Chékhina vient et s'unit; ce n'est pas
une petite chose!
Et en effet, dès le troisième mot cela est réalisé car
le Nom divin est nommé.
Remarquons aussi que cela est intense et réalisé de façon
pressante car il y a peu de mots en ces versets (6-7-7) et dans un équilibre
parfait. Prenons le temps calmement pour lire en traversant le paysage extérieur
et intérieur de chaque mot, car ils sont des lieux d'union, comme nous
l'avons vu. Mais aussi de calme absolu: rien ne manque, herbe, paisible.
Le seul mouvement, est la conduite très douce du berger dans ces paysages
différents tellement calmes que Il fait que mon néféche revient.
Le néféche, c'est plus que la psychologie conscience,
c'est l'ensemble de tout ce qui constitue ma personnalité. On dit, dans
l'anthropologie juive, qu'il y a le corps (gouf), le néféche (personnalité),
la néchama (âme). Ils sont un tout et vont au même
rythme comme il est dit dans le psaume 84,3: "mon néféche (nafchi)
a soupiré et désiré vers les parvis de Hachém,
mon coeur (libbi) et ma chair (ou véssari) se réjouiront
vers le D.ieu vivant (yérannénou el El 'haï)".
Revenons à notre verset: nafchi yéchovév, mon néféche Il
le fait revenir. Donc, il y a une rénovation de tout l'être personnel
qui revient à ses sources, à ses profondeurs, à ses puretés, à ses
forces, à une situation heureuse et souriante, chovav.
Revenir, c'est la téchouva (même racine), c'est revenir
d'abord de la dispersion de la galoute comme le souligne le Rav Chalom
Abihssira dans son commentaire des psaumes Zévah Chéva, se basant
sur Sanhédrine 98a: il me ramènera de mon pays d'exil jusqu'en
terre d'Israël comme il est écrit en Dévarim 30,5: "et
Il te ramènera, Hachém ton D.ieu, dans le pays qu'auront possédé tes
pères".
Le
niveau exceptionnel de ce qui se passe dans ce psaume et par ce psaume
au niveau de tout l'être fait que beaucoup de communautés
le récitent dans les moments les plus élevés, spécialement
le Chabbate: avant le dernier kaddiche et âlénou lé chabéa'h,
dans la première du Chabbate, le soir. Souvent on le dit aussi avant
le qiddouche, soit le soir, soit le midi, soit avant la séouda
chélichite, ou avant la bénédiction de la fin
du repas (birkate ha mazone). Ceci, pour que vous perceviez sa
force de ré-union.
Après
avoir déchiffré, et nous être entraîné à entendre
ce qu'il y a en chaque marche, nous allons maintenant relier toute cette
première partie en un seul faisceau et nous laisser prendre par
la musique de cette rencontre entre notre niveau déficient (et je
pense beaucoup aux misères qui se déroulent sur la terre
d'Israël en ce moment) et notre Créateur. Cette terre est le
lieu de Sa présence, et de notre relation d'amour.
Nous serions tentés de dire: qu'on nous y laisse tranquille; d'autant
que les musulmans ne se tournent pas vers Jérusalem pour prier mais
vers La Mecque! Et qu'elle n'est pas nommée une seule fois dans tout
le Qoran. Alors. Mais le problème de ce qui les obsède en nous
n'est pas le sujet. Il suffit que nous vivions avec le Créateur sur "Sa" terre,
et les ennemis s'éloigneront.
Entrons maintenant dans cette relation qui est développée autour
de nos versets dans un dialogue amoureux extraordinaire dans le Midrache Rabbah
(2,2,16,1) du Cantique des Cantiques. Je le traduis en abrégeant un
peu:
"Dodi li va ani Lo (mon Bien-aimé est à moi et moi je suis à Lui)" Cantique
des Cantiques. Il est mon D.ieu et je suis Sa nation, comme il est dit: "Anokhi
Hachém Elohéikha, Je suis Hachém ton D.ieu" (Chémote
20,2). Et je suis Son peuple et Sa nation, comme il est dit: "Ecoutez-moi,
vous qui êtes Mon peuple, prêtez-moi l'oreille, vous qui formez Ma
nation" (Isaïe 51,4).
Réfléchissons
bien à ces mots dans le contexte de nos événements.
Il
est un père pour moi, et je suis un fils pour Lui, "car Tu
es notre père" (Isaïe 63,16). Egalement: "car Je
suis devenu un père pour Israël" (Jérémie
31,9). Je suis comme un fils pour Lui: "Israël est Mon fils,
Mon premier né" (Chémote 4,22). et encore: "Des
enfants vous êtes pour Hachém votre D.ieu" (Dévarim
14,1).

Il est comme un berger pour moi: " Prête l'oreille, Berger d'Israël" (Psaume
80,2). Je suis à Lui comme un troupeau: "Et vous, mes brebis, que
je fais paître, vous êtes des hommes, moi Je suis votre D.ieu" (Ezéchiel
34,31).
Il est pour moi comme un gardien: "Non, sûrement, il ne s'endort
pas ni ne sommeille, Celui qui est le Gardien d'Israël" (Psaume 121,4).
Je suis Son vignoble: "Car la vigne de Hachém-Tsévaote,
c'est la maison d'Israël" (Isaïe 5,7).
Il combat pour moi contre ceux qui m'attaquent et je combats pour Lui contre
ceux qui l'attaquent. Il combat contre ceux qui m'attaquent comme lorsqu'Il
fait la plaie des premiers-nés d'Egypte: "Je parcourrai le pays
d'Egypte" (Chémote 12,12). Et aussi :"Or, au milieu de la
nuit, HAchém fit périr tout premier-né dans le pays d'Egypte" (12,29).
Dieu dit: "Et Je ferai justice de toutes les divinités de l'Egypte" (12,12).
Et je sacrifierai à Lui, come il est dit: "quoi, nous immolerions
sous leurs yeux les idoles des Egyptiens!" (Chémote 8,22). et aussi: "que
chacun se procure un agneau pour sa famille paternelle" (Chémote
12,3).
Il m'a dit: "Ton giron est comme une coupe arrondie, pleine d'un breuvage
parfumé" (Cantique des Cantiques, 7,3). et je Lui dis: "Tu
es mon ami bien aimé, que Ta bonté jamais ne me manque" comme
il est dit: "Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien" (notre
psaume 23,1)...
...Il m'appelle: "Ma soeur, Mon aimée, Ma colombe, ma parfaite,
Mon unique" et je Lui dis: "Que Tu es beau, mon Bien aimé,
et combien aimable" Cantique des Cantiques 1,16). Et il me dit: "Heureuse
es-tu, Israël, qui est comme Toi?" (Dévarim 33,29) et je Lui
dis: "Qui est comme Toi, Hachém, parmi les puissances" (Chémote
15,11). Et Il me dit: "Et y a-t'il une seule nation sur la terre, comme
Ton peuple, comme Israël" (II Samuel 7,23).
Et je proclame l'unité de Ton nom deux fois par jour, disant: "Chémâ Israël,
Hachém Elokénou, Hachém é'had. Ecoute, Israël,
Hachem notre D.ieu, Hachém est Un" (Dévarim 6,4)...."
Et
le texte continue sur des pages et des pages ce dialogue
extraordinaire d'amour entre Dieu et Israël, en disant
des mots puisés dans tout le Tanakh, la Bible.
Ainsi, doit être notre relation à Lui, en tant que Son peuple,
en tant que Sa terre.
Alors, comme en Egypte, quand nos ennemis nous attaqueront, Il nous défendra
avec la même puissance.
Mais, pour cela, il faut que nous soyions avec Lui, particulièrement
dans les heures difficiles et non pas à nous lamenter sans dialogue
d'amour.
C'est tout cela qui est contenu dans ces trois premiers versets qui constituent
exactement la moitié du psaume 23.
Redisons-les:

Mizmor lé David, Hachém roî, lo é'hsar.
Psaume de David. Hachém est mon berger, je ne manquerai de rien.

2. Binéote déché yarbitséni; âl
méi ménou'hotes yénahaléni
Dans de belles
prairies d'herbe, il me fait camper; sur des eaux de repos il me conduira.
3. Nafchi yéchovév; yané'héni vémaâguéléi-
tsédéq lémaâne Chémo..
Mon âme, Il la restaurera; il me dirigera dans des sentiers de
justice, pour Son Nom.
Ensuite, avec cela, nous allons traverser la vallée des combats sans être
en péril, comme en Egypte (les 3 derniers versets).
Vous le voyez, une étude sur Modia vous transmet la richesse des sources
de la tradition juive dans ses ouvrages fondamentaux, selon la méthode
la plus traditionnelle que vous apprenez ainsi pour devenir progressivement
capables d'étudier par vous mêmes avec ces outils intégrés.
Mais, jamais n'est oublié l'essentiel: l'intériorité de
la Torah et notre intériorité personnelle. Enfin, cela éclaire
toujours l'actualité car la Torah est donné pour nous aider à vivre
ici, et non pas dans les cieux.
Réalisez donc -dans son mouvement de véritable
prière-
ce psaume 23, pour Israël en danger et qu'il soit la demande d'aide
avec la force de la confiance envers Hachém. L'étude de
ce psaume est très utile pour découvrir la part que "je" peux
réaliser pour sauver Israël. Car il exige de nous de ne plus
nous comporter en "tsone, troupeau".
Et n'oublions pas qu'il est tellement efficace que le Talmud (Pessa'him
118b) dit qu'on le dit après le Hallel, selon certains Sages.
C'est dire son efficience puissante. Le Zohar II, 170a, explique pourquoi:
c'est que D.ieu en Sa Chékhina (présence) veut tellement
aimer, aider les hommes qu'il devance en dons tout ce qu'il peut demander
et éveille ses demandes.
Si nous avons bien compris que cette efficacité vient
du trio que représente la venue divine vers nous, notre
réponse sincère, et la relation entre nous,
alors nous comprenons le mécanisme de cette efficacité:
c'est comme un équilibre de balance entre 3 termes, les deux côtés
de la balance et leur relation dans le fléau. Le Zohar I, 162b
trouve cet équilibre exprimé par les trois temps que vous
avons étudiés:
1. Hachém est
mon berger, je ne manquerai de rien.
2. Dans
de belles prairies d'herbe, il me fera
camper.
3. Sur des eaux
de repos il me conduira. Mon âme,
Il la restaurera; il me dirigera dans
des sentiers de justice, pour Son Nom.
|
.
Etude
du quatrième verset pour bien le comprendre et
bien le prier/
Resituons-le:

1. "Hachém est mon berger, je ne manquerai de
rien.
2. Dans des prairies d'herbe il me fait camper, sur des eaux de repos Il me
conduit.
3. Mon âme il la restaure, il me conduit dans les sentiers de la justice,
pour Son Nom.
4. Même quand j'irai dans la vallée de la
mort, je ne craindrai pas le mal car Toi Tu es avec moi,
Ton soutien et Ton appui ce sont eux qui me consolent.
Gam ki-élékh béghéi
tsalmavét, lo ira râ di-ata îmadi;
chivtékha oumicheânetékha hémma yéna'hamouni.
Etudions
Donc, après trois versets de méditation apaisante et confortante,
nous arrivons à la dure réalité, telle qu'elle peut être
véritablement.
Nous confrontons maintenant ensemble et ce calme assuré et le mal menaçant
et vraiment dangereux jusqu'au péril de mort. Et nous savons tous que
cela est exact. La Torah n'est pas au milieu des Cieux pour des anges bienheureux
et contemplants, elle est ici pour des vivants qui ont une tâche à réaliser
et le danger, le mal sont effectivement présents.
Nos Sages, réalistes, précisent bien que ces menaces de mort
viennent aussi de l'intérieur de nous, dans ce qui est nommé l'instinct
de mal, ou découvert par la psychanalyse, entre 2000 ans et 3200 ans
plus tard après nos textes fondamentaux, par un Juif nommé Freud:
l'instinct de destruction.
C'est ce qui vient détruire le programme de bonheur mise au point aussi
bien par le Créateur que par nous envers nous-même ou entre nous
les humains. On se rend compte après coup que "notre mauvais penchant
nous a dominé" comme dit Ribbi Elaï l'ancien dans le Traité Qiddouchine
page 40a: "roé adam ché yitsro mitgabbér âlav".
Même dans ces situations les pires où on risque la mort physique
et morale, exactement comme l'est la situation morale et physique de notre
peuple en Israël (et cela concerne la mise en cause de tous les Juifs également,
où qu'ils soient dans le monde), alors...
même en cette situation lamentable, comme dit le psaume 139,7-8: "où je
me refugie pour me dérober à Ta face, si j'escalade les Cieux
(de la richesse et des plaisirs et du confort en fuyant hors d'Israël),
ou si je fais du Chéol de mort là où je me repose (c'est
la même chose cette fuite en diaspora est comme une mort pour la vérité de
son être, concernant un Juif), hinnékha, Te voici encore
face à moi!".
Le Juif utilise toutes les cachettes pour échapper à son destin
profond, spirituel, même la vie d'étude et de communauté peut être
utilisée pour cela, tout le meilleur, absolument tout. C'est pour cela
que D.ieu dit par la bouche du prophète Jérémie, Yirmiyahou
23,24: "im yissatér ich bamistarim, vaani lo érénnou?!,
dit Hachém" (y a t'il quelqu'un qui puisse se cacher dans une cachette
et que Je ne le voie pas?!).
L'important, c'est de ne pas perdre la conscience que Hachém est avec
nous, avec Son peuple ("Atta îmadi, Toi, Tu es avec moi). Mais non
pas pour nous assoupir comme un bébé, mais le berger a en mains
deux batons, un pour indiquer la route, soutenir, diriger, et l'autre pour
donner des coups s'il le fallait. Car il s'agit d'aller, d'avancer. Ce n'est
pas la contemplation statique devant le Roi assis sur Son trône, sceptre
en main.
Exercice: méditer ce qu'il en est de notre cohérence de vie face à Hachém,
selon tous ces paramètres. Et, comme dit Rachi sur ce verset, comprendre
en ce sens les yissourim, les épreuves difficiles que l'on
traverse.
Et
le Middrach sur le Cantique des Cantiques 2,1 cite Ribbi Abba bar Kahana: "Knesset
Israël (la communauté d'Israël) dit à D.ieu: Ani
hi, il m'arrive d'être dans un piteux état ou je suis devenue
comme étrangère à moi-même,"elle, hi" et
c'est alors que j'appelle mon berger selon le verset bien connu du psaume
130,1: "mimaâmaqim qératikha Hachém, des profondeurs
je t'ai appelé, Hachém" et Tu m'as retiré de
la boue, de la fange, vayaâléni mibor chaone" (psaume
40,3). Et il a mis en moi un "chir 'hadache, un chant nouveau".
Remarquons bien que ce texte n'est pas une apologie de l'attente car il dit
seulement que, même si je suis dégringolé dans les pires
profondeurs et loin du dessein d'amour de D.ieu envers les hommes, si je veux
changer et je L'appelle, comme un berger Il répond. Et je peux donc
sortir de mes abîmes d'échec.
Le texte continue en remarquant qu'alors les nations profitent des faiblesses
morales d'Israël pour l'accuser en tout et auprès de D.ieu mais
c'est alors qu'est cité notre psaume en ses trois derniers versets.
Que les nations s'arrangent avec leurs idoles et leurs dieux mais le Créateur,
D.ieu d'Israël, ne l'abandonne pas et nous vivrons dans Sa maison toujours,
tous les jours de notre vie.
"Mais", il y a un mais, le mot akh en hébreu qui indique une
restriction. Cela veut dire que la permanence du secours divin reste avec nous,
mais que les malheurs que nous avons déclanché par notre conduite
et nos égarements vers les profondeurs ténébreuses et notre éloignement
de la terre du Sain béné soit-Il, lieu de vie de Sa Torah, s'exerceront
quand même.
Pourquoi perdre tant de temps, causer tant de ruines et de morts, comme nous
le voyons dans la phase actuelle du peuple juif mené par des équipes
de faux bergers mais où nous-mêmes ne venons pas au lieu du rendez-vous
du Cantique des Cantiques, ou n'y vivons pas selon les règles d'amour?
Alors que c'est si simple. Même si cela demande un grand courage.
Etude
du cinquième verset pour bien le comprendre et
bien le prier.

5. "Taârokh léfanaï choulkhane
néguéd tsoreraï:
dichaneta vachéméne rochi kossi révaya.
Tu dresses devant moi une table contre mes persécuteurs:
Tu parfumes d'huile ma tête; ma coupe est pleine à déborder".
On
pourrait s'étonner que l'on se place avec une table remplie de nourriture
devant ceux qui vous persécutent! Cela pourrait même être
perçu comme une provocation ou un appel au mauvais oeil, ayine ha
râ.
En fait, la vie quotidienne, et celle du Juif en particulier montre que le
persécuteur se renouvelle constamment. Et nous ne sommes pas délaissés.
Celui qui se ressent délaissé, l'est véritablement en
son vécu intérieur, et devient le plus vulnérable des
humains.
Nos sages insistent aussi sur le fait que notre véritable persécuteur
est le yetsér ha râ, l'instinct du mal, qui se renforce et se
renouvelle chaque jour et à chaque instant (Traité Qidouchine 30b, du
Talmud). Et il croît
en puissance plus nous montons dans la connaissance du bien (Traité Sotah 52a,
du Talmud). Ribbi Chalom Abisséra y insiste dans son commentaire de ce psaume,
Zéhav Chéva. La vigilance s'impose donc et il faut être
lucide.
Mais la lucidité est aussi celle de la conscience qui nous fait réaliser
que "l'être des choses" qui est présent est Hachém,
ici et maintenant, et en nous. C'est ce que Avraham a perçu en se trouvant
au Mont Moria, qui sera Jérusalem. Ainsi donc, comme dit ce verset,
bien plus que la présence des persécuteurs, il y a la présence du "Tu", la
lettre tav du mot "taârokh" (tu prépares) et ce "Tu" est actif, et il comble.
Ce commentaire m'a été donné par quelqu'un que sa modestie ne permet pas de
nommer, mais que la bénédiction l'accompagne. A ce moment là, nous sommes devenus
cette table remplie.
Et c'est cette surabondance d'huile qui coule sur la tête. Ce n'est pas une
huile lourde et grasse, c'est un parfum, ce qui veut dire, ce qui emplit tout
l'être de régal et bonheur. C'est le dernier mot du Chir ha
Chirim, le Cantique
des Cantiques: "Fuis, mon bien-aimé, vers les montagnes des parfums".
Si tous les psaumes commencent par la première lettre, le aleph et qui se trouve
dans le mot bonheur (achré), ici ce verset commence par la lettre tav, la dernière
de l'alphabet, comme si tout le programme est atteint.
Je
traduis cette Présente surabondante et qui emplit avec bonheur, par un dessin
pour rendre sensible cette plénitude.

Dire
le psaume est donc l'acte de prise conscience de ce bonheur présent.
Etude
du sixième et dernier verset pour bien le comprendre
et bien le prier

Akh, tov va 'héssed
yirdéfouni kol yémé 'hayaï
Vé chavti bé véit Hachém léorékh yamim.
Et donc le bien et
la bonté me poursuivront tous les jours de ma vie;
et j'habiterai dans la Maison de Hachém au long des jours".
Ici,
nous disons notre certitude, notre "assurance vie", notre possession à
long terme, dans un présent comblé qui sera continu.
Nous le disons d'abord pour qui nous prions, spécialement quand il s'agit
de malades, ou d'Israël, ou du monde de la Création qui est le projet humain
réussi. Il ne râtera pas.
On apporte toujours la restriction du "mais", du akh. Ici ce mais est retourné
en positif, il contredit notre tendance pessimiste!
Le "tov" en hébreu, le "bien" est particulièrement la femme, contrairement
a beaucoup d'autres conceptions contemporaines. On dit "matsa
tov" depuis
toujours dans le judaïsme pour parler d'un homme qui a trouvé sa véritable
femme, son retour à la complétude.
Dans le même sens de retournement vers le bien, le mot "être poursuivi,
me poursuivront, yirdéfouni"
est souvent l'image de tracas qui n'en finissent plus. Ici et maintenant,
c'est le bon et le bien du coeur qui poursuivent et ne cessent plus et
collent. Ce que l'on appelle en judaïsme la dévéqoute, le fait de coller,
d'adhérer à vous ou à D.ieu.
Le Juif est alors devenu résidence, maison de D.ieu. Et cela, chaque
jour de sa vie. C'est un thème constant dans les psaumes, voyez
le psaume 84 dès le début, celui que le Sépharades
disent avant la prière de Min'ha.
Son commentaire
ici.
Il n'y a pas de doute que le poète le Roi David en notre nom veut ainsi
exprimer la pulsation continue, la respirations constante, la danse intérieure
paisible de deux couleurs prédominantes (tov, 'hésséd)
qu'il
ressent en lui, venant constamment de la source; je la traduis ainsi.
On peut synthétiser toute cette étude par
le verset 2, 12 du Cantique des Cantiques:
"Ha nitsanim nireou vaarets, êt ha zamir higuiya, vé kol ha tor nichmâ
bé artsénou"
Les bourgeons sont vus sur la terre, le temps du chant est arrivé, et la voix
de la tourterelle est entendue".
C'est ce que la voix de la Torah nous propose de retrouver toujours, à chaque
instant, car les mots "kol ha tor, la voix de la tourterelle" sont les lettres
de "la voix de la Torah".
Et, comme il est possible -par amour de la Torah- d'entendre de belles correspondances,
entendons chanter cette allusion dans le chapitre 51,3 d'Isaïe, Yéchaya: le
mot "nitsane, bourgeon". Il est placé dans les lettres initiales (rachéi tévotes)
de ce verset qui dit: "Ni'ham Y(Hachém) Tsiyone, Ni'ham", Il a consolé Hachém
Sion, Il a consolé". Il faut alors lire tout ce chapître 51. Je
vous invite à lire à la suite ce psaume 23 et ce chapitre 51 d'Isaïe
dans cette
ligne.
Et essayons de les vivre, de ne pas les quitter, dans une conscience continue
de nous-même en cette ligne. C'est ce que dit ce verset du psaume placé dans
la plupart des synagogues (voir le reportage sur ce qu'est la synagogue, lien
ici): "Chiviti Hachem lénegdi tamid,
J'ai placé
Hachém face à moi toujours" (Psaume 16,8). L'étude de ce psaume
16 est ici, sur
ce lien.

Beaucoup ne savent pas que nous avons toutes les techniques ancestrales
et efficaces et thérapeutiques de
méditation
chez
nous. Il suffit de les mettre en valeur.
Si l'approche de cette étude vous parle, lisez et méditez donc régulièrement
ce
psaume
23,
le psaume 16 et le chapitre 51 d'Isaïe.