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Dufour |
Comment retrouver le bonheur:
le psaume 27
La clef du salut est dans nos mains!
Etudier
les psaumes et leurs commentaires
pour les prier et en vivre.

Traduction et commentaires
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos
Sages
Photos de l'auteur ©
(Cette page comporte des noms saints,
ne pas la jeter mais la déposer dans une guéniza).
Nous récitons
ce psaume 27 (kaf, zayine est son chiffre en hébreu) chaque
jour du mois de Eloul, deux fois, une le matin et une le soir. Pourquoi ?
Nous allons découvrir ce motif à travers les commentaires.
J'étudie à nouveau ce psaume, ce 12 Sivane, 12 juin 2003,
dans la douleur du nouvel attentat à Jérusalem où
un terroriste palestinien déguisé en Juif religieux 'haridi
s'est fait exploser dans l'autobus 14. Nous sommes touchés tous.
Bush est venu après avoir tué des centaines ou milliers
d'êtres humains en Afghanistan et en Iraq en imposant son ordre.
Il a pensé mettre de l'ordre aussi sur la terre d'Israël mais,
cette fois, Israël étant toujours bouc émissaire et
victime, face à nos ennemis les terroristes il leur a donné
la reconnaissance la plus élevée et nous a demandé
de nous limiter et exigé la division de la terre d'Israël.
On s'est prêté à ses demandes. Il a réussi,
avec notre coopération, à montrer aux terroristes qu'ils
pouvaient foncer car ils ont une reconnaissance pour leur cause. Il les
a fait exploser. Nous avons coopéré et, une fois de plus,
le peuple meurt: 23 assassinés par des terroristes depuis ces accords
de Aqaba il y a une semaine, qui sont la suite des 804 assassinés
depuis les accords d'Oslo en 987 jours ("Le" titre à
la une en première page de Maariv de ce jour).
Nous ne sommes pas innocents, nous sommes aussi nos propres ennemis quand
nous proposons ces plans fous et les acceptons et les soutenons continuellement
dans l'insensibilité à toutes ces souffrances renouvelées.
Simultanément à cet événement majeur, je commençais
à dire ce psaume en marchant dans la rue et j'ai rencontré
alors en quelques instants trois femmes: l'une pleurait dans la rue
en sortant de la demeure de son amie assassinée dans cet attentat,
l'autre était livide au jour anniversaire du décès
de son mari et entrait dans la synagogue en y apportant quelques nourritures
pour y ajouter dessus les bénédictions après min'ha,
et la troisième enfoncée dans ses problèmes ne parvenait
même plus à parler en me voyant. Que faire? Rien que remettre
sous l'ordre de Hachém ce réel qui peut submerger,
et pour lequel je n'ai aucun remède.
J'ai prié ce psaume, bref mais dense, pour être porté
par la prière de celui qui savait prier, le Roi David. Même
si on dit les quelques mots que la psychologie humaine minimale exige,
on n'a plus d'autre voie que la prière face à l'inéluctable
et pour ne pas y appeler la moindre parcelle d'impureté que l'on
ajouterait encore, ou que l'autre vous attribuerait à tort. Que
Hachém comble leurs souhaits pour le bien et réalise le
plan de bonheur pour lequel Il les a créées. Amen. Je ne
peux rien faire d'autre.
Le Roi David, la paix sur lui, a la véritable approche: il
connaît et reconnaît les difficultés ou les ennemis
tels qu'ils sont; mais il parvient à chercher les clefs du salut
non pas dans les tentatives humaines impossibles ou impuissantes, mais
uniquement face au Créateur qui est le seul puissant, et le seul
médecin de toute la création et de toutes les créatures.
Dans ce contexte, par cet effort, et certainement par la qualité
de ces personnes placées à la fine pointe de la vérité
de leur être, j'ai pu remarquer davantage une structure du psaume
et je dois le dire pour distinguer ma part personnelle de la transmission
des études des Sages. "Niré lé anioute déâti,
il me semble à la pauvreté de ma connaissance", dit-on
pour parler de ce que l'on découvre. Cette découverte personnelle
est nécessaire pour parvenir à prier le texte, comme quelqu'un
lit une partition avec attention afin de pouvoir la jouer ou la chanter
exactement. Mais il ne faut pas la confondre avec la transmisson sûre.
- En ce psaume court, les ennemis sont nommés sous
10 formes ou 10 fois : méréim (malfaiteurs),
tsaraï (mes adversaires), oyévaï (mes ennemis),
ma'hané (un camp), mil'hama (armée en guerre),
oyévaï (mes ennemis), choréraï
(qui me regardent de travers), tsaraï (mes adversaires persécuteurs),
êdé chéqér (témoins mensongers),
iféa'h 'hamas (souffleur de violence). Et tout est résumé
en un 11e terme: yom raâ (jour du mal, mauvais).
- Face
à cela le Roi David formule 10 demandes directes:
chémâ (écoute), 'honnéni (sois-moi
propice), ânnéni (réponds-moi), âl
tastér panéikha (ne cache pas Ta face), âl
tach-bé af âvdékha (ne repousse pas Ton serviteur
avec colère), âl titéchéni (ne me délaisse
pas), âl taâzévéni (ne m'abandonne pas),
horéni (guide-moi), néhéni (dirige-moi),
âl-titténéni (ne me livre pas).
et 2 demandes indirectes: avaqéche chivti (je demande
de séjourner), la'hazote (de contempler) qui
sont en fait la clef et la solution.
Nous pouvons penser, évidemment, que ce psaume voit toutes les
difficultés comme la manifestation extérieure des difficultés
qui imprégnent les 10 dimensions de la réalité, et
qu'on peut résoudre ces problèmes uniquement par la présence
de Hachém qui vient faire éclore l'ordre bon de toutes
choses en leur 10 dimensions.
Par cette approche, le Roi David décrit 10 actions ou états
positifs qui s'ensuivront:
- 7 de sa part: chivti (séjourner dans le Temple), la'hazote
(contempler), lévaqér (visiter), yarom rochi
(je lève ma tête), ézbé'ha (j'immolerai),
achira (je chanterai), azaméra (je dirai des cantiques),
- et les 3 de la part de Hachém: yitspénéni
(Il m'abritera), yastiréni (Il me cachera), yéroméméni
(Il me fera monter).
Mais le centre de la solution qui permet au Roi David de prier et de
trouver l'axe juste est dans le regard différent qu'il parvient
à prendre au milieu de cette réalité; au lieu du
cauchemar visible, il en fait une autre scène:
- il se relie en tout mouvement de son coeur à Hachém
qu'il nomme 13 fois, probablement en référence à
ses 13 dimensions de ra'hamim, de miséricorde.
- il nomme la dimension visible des 10 formes de la réalité
par 10 expressions pleines uniquement de la réalité de Hachém,
comme on dit qu'il est le Maqom, le lieu, et ces dimensions sont
toutes les ressources dont l'homme a besoin dans les variations de ses
sentiments; il nomme alors Hachém: ori (ma lumière),
ichî (mon salut), maôz (rempart ou citadelle
forte), bait (maison ou temple), héikhal (sanctuaire),
souca (abri), ohél (tente), tsour (rocher),
av (père), ima (mère). Se reporter au lien
qui traite de "la maison".
La dynamique
J'ai dit tout ceci, non pas pour faire une analyse de texte, mais pour
rencontrer le travail que fait le Roi David sur lui-même pour transmuter
les difficultés ou les ennemis en une autre scène: où
il place Hachém comme moteur unique de la réalité.
Il appelle ce lieu sa demande essentielle, habiter dans la maison de Hachém
à chaque instant. Et ne pas être au seul niveau de ce que
les autres appellent les évenements ou la politique. C'est ce passage
que je nomme quand je dis et redis: nous ne faisons pas de la politique
mais nous plaçons cela dans la Torah. Ce centre est le verset 4:
.
"Il est une chose que je demande à Hachém, que je
réclame instamment;
c'est de séjourner dans la maison de Hachém tous les jours
de ma vie,
de contempler la splendeur de Hachém et de fréquenter Son
sanctuaire".
Mais c'est aussi la jonction qu'il fait entre la lumière et la
crainte en chaque verset dès le début, aussi bien que dans
le dernier verset.
Alors, les 13 qualités de Hachém vont se répandre
dans la réalité et la réorganiser. Et on arrive à
la nomination particulière et unique que fait le Roi David et qui
résume le point où il est parvenu avec stabilité:
Elohé Ichî, D.ieu de mon salut.
Il l'exprime aussi en disant "bé zote ani votéa'h,
en elle j'ai confiance".
Quelle est donc cette "elle, ce zote"? Ce mot est employé
pour la création de la femme, pour la bénédiction
(zote habbérakha) et pour la Torah. Cela suffit pour être
heureux.
Que cela se réalise pour Israël, spécialement pour
ces trois femmes rencontrées, pour que Hachém réorganise
leur réalité dans sa lumière et son salut.
Car le Roi David a ainsi rédigé les psaumes que sa prière
personnelle a un format qui s'applique à toute situation.
Ce psaume est peut-etre celui où la pédagogie de ce passage
entre le malheur et le bonheur est le plus clair.
En effet, il y touche par diverses approches partielles dans d'autres
psaumes mais, à mon humble avis, pas aussi clairement qu'ici.
- Les psaumes 15 et 24 parlent de cette aspiration a être dans "la
maison de Hachém".
- Les psaumes 3, 4, 6 et 7 parlent des ennemis dans l'axe d'ici. Et le
thème des ennemis se trouve, me semble t'il, dans 40 psaumes !
Ce sont les psaumes 3, 6, 7, 9, 13, 17, 18, 25, 27, 30, 31, 35, 37, 38,
41, 42, 43, 44, 45, 54, 55, 58, 64, 68, 69, 72, 74, 78, 80, 81, 83, 89,
92, 102, 106, 119, 127, 138, 139, 143.
Cela nous montre bien ce que nous savons: "nombreux sont les ennuis
du juste, rabbote raôte tsaddiq" (psaume 34,20) mais
le Roi David nous apprend justement à propos de tout ce qui concerne
la vie personnelle ou celle du peuple juif comment faire pour que la suite
du verset se réalise: "mais de tous ces maux, Hachém
l'en débarrasse, oumikoullam yatsillénou".
Je termine cette méditation d'aujourd'hui par cette belle étincelle:
peut-être peut-on résumer ce retour à la confiance
que nous imposons dans la réalité difficile, en voyant la
guématria de ori vé ichî (ma lumière
et mon salut)

qui est 613, nombre de l'ensemble des mitsvotes de la Torah. Ainsi, toute
notre action, placée dans la bénédiction par la réalisation
des mitsvotes insère, en toutes choses et face à toute difficulté,
la lumière de Hachém et de l'ordre bon de la Création.
Le judaïme n'est pas une philosophie ni une spiritualité,
c'est une pratique, dans laquelle nous réinsérons le bonheur
dans le monde si brutal.

Nous n'avons
pas à être déçus face à ce monde terrible,
car les Juifs nous ne sommes pas là pour jouir d'un bon film dans
un bon fauteuil mais pour réaliser une tâche: révéler
la beauté et la bonté et les faire gagner sur le noir et
le mal.
Nous comprenons que le 'Hida centre son commentaire sur le fait que cette
lumière qui sauve est la Torah et il cite la page 5a du Traité
Bérakhote: Chimeône ben Laqiche dit: celui qui étudie
la Torah éloigne de lui les souffrances (yissourine bédéline
hémannou) car il est dit: "et les fils de la flamme prennent
leur envol, ouvné réchéf yagbihou ôf"
et il n'y a pas d'envol si ce n'est la Torah, vé éine
ôf élla Tora, et il n'y a pas de flamme si ce n'est les
souffrances, vé éine réchéf élla
yissourine". Et le texte poursuit en disant que Hachém
est heureux de nous donner cette Torah qui guérit car Il est le
médecin. Voyez le développement de cela dans le Talmud.
Je dédie la bénédiction de cette étude d'aujourd'hui
à ceux qui souffrent d'être enchaînés dans le
malheur. Et pour que bientôt la lumière éclate en
toute leur vie également. Amen.
Après
avoir découvert le sujet du psaume et sa structure, nous allons
facilement percevoir et comprendre le travail que réalise le Roi
David sous forme de prière. N'oublions plus les composantes et
le lien constant qu'il en fait comme au premier verset David-Hachém
lumière-peur. Ainsi que l'élément
central: la maison de la Présence où il a à situer
tout ce réel. Commençons à partir sur la vague de
ces versets l'un après l'autre.
(ici, je quitte l'étude d'aujourd'hui et je la relie à celle
que j'avais faite auparavant).
Première partie
Le problème d’ensemble est exposé dans les 3 premiers versets
qui montrent un scénario en 4 temps:
a) Le 1e verset
nomme d’abord David et Hachém comme une proximité
dans laquelle Hachém est « ma lumière (ori),
mon salut (icheî), rempart de ma vie (maôz-‘haillaï).
Alors, pourquoi craindrais-je?"

Lire:
LéDavid -
Hachém - ori
véichî mimmi ira
Hachém
maôz-'haillaï mimi éf'had.
b) Ensuite,
aux versets 2-3, cette affirmation de base est située dans un contexte
environnant de
- malfaisants
(méréîm) qui ont une tactique précise :
s’approcher pour combattre (biqrov âlaï), détruire
cruellement en dévorant la chair même, l’intimité,
- mes
persécuteurs (tsaraï) et mes ennemis (oyévaï)
qui guettent. (Apprenez le vocabulaire!).
c) Puis, ce
sont les ennemis qui ont vacillé (kachélou) et sont
tombés (nafalou).
d) Cela, tandis
que David ne sombre pas dans la peur mais garde la confiance au milieu
du contexte le plus dangereux. En effet, le problème soulevé
est celui de l’assurance dans la situation de danger et du moyen qui donnera
l’assurance, et non pas la question de la force des adversaires :
- qu’une armée
prenne position contre moi ou, même, que la guerre fasse effectivement
rage contre moi, mon coeur n’éprouve aucune crainte, et plus encore
je garde confiance.
Ensuite, David, expose l'essentiel de ce psaume: le pourquoi et le comment
de sa réussite : parce que son désir est placé
en un lieu bien particulier.
Cela tient
à la fois
1) dans ce qu’est Hachém
et 2) dans le fait que David situe son désir là seulement
où il faut. En effet, il y a beaucoup de personnes qui demandent
de l’aide mais placent leur désir tout à fait ailleurs qu’en
Hachém (dans argent, ambition, corps, sexe, pouvoir, réussite
sociale, etc).
Seconde partie (le verset 4)
«Une chose, j’ai demandé
à Hachém. Et c’est celle-là que je demande (et
aucune autre), c’est de séjourner (chivti) dans la
maison de Hachém tous les jours de ma vie ».
Je doute fort
que, si l’on demandait à beaucoup de personnes qu’elle est l’unique
chose qu’ils demandent si leur voeu pouvait être exaucé,
je doute qu’ils demandent de vivre ainsi « dans » la présence
de Hachém, en Lui comme dans une maison, à l’image
de Son Temple. Tous les désirs de David sont résumés
en ce seul désir et les autres sont secondaires et ne dépendent
que de celui-là. Voilà la clef
de ce psaume.
On comprend
déjà un peu comment ce psaume remet les pendules à
l’heure car il nous place dans la seule réalité dont
nous devrions avoir conscience, celle de la Création et l’on
comprend mieux alors cette jonction des deux mots au début :
Vers David-Hachém (léDavid-Hachém),
comme on parlerait de deux amants.
David décrit
sa position en 3 termes : séjourner qui est le même
terme que la yeshiva ou l’étude (chivti), avoir le regard
fixé vers (la’hazote), revenir (lévaqér).
Troisième partie (verset
5-6)
David nous montre
les conséquences positives de cette position :
-
alors, Hachém
m’abrite, alors Il me cache dans Son habitation, alors Il me place sur
un Rocher solide et inatteignable. (verset 5).
-
c’est en conséquence
de cela que je peux garder cette assurance dans la réalité
telle qu’elle est où il y a de nombreux ennemis qui me veulent
du mal.
-
et, au lieu de
tomber dans le piège de leurs querelles, de l’angoisse, de l’échec,
je vais passer mon temps à chanter et célébrer Hachém.
On voit que
David se place comme Myriam avait demandé de faire à ses
parents et à ses frères et au peuple et elle le symbolisait
par son tambourin jusqu’au chant final après la traversée
de la Mer Rouge.
Quatrième partie (verset
7-12)
C’est maintenant seulement
que David commence des demandes et prières pour que Hachém
l’aide à tenir cette position. Il demande : "écoute
(chémâ), ne cache pas Ton visage (al-tastér
panéikha), ne me délaisse pas (al-tate), ne m’abandonne
pas (al-taâzévéni), sois un parent qui oriente
(horéni), dirige-moi (né’héni), ne
me livre pas (al titénéni)".
Cinquième partie (verset
13-14)
David revient à
la forme de parole du début du psaume qui n’est pas une prière.
-
Louleï :
oh là là ! si je n’avais pas cette confiance envers
la bonté de Hachém sur la terre de vie (sous-entendu :
quel malheur m’arriverait au milieu de tout cela). Et ce mot louléï
est surmonté d'un point au dessus de chaque lettre pour montrer
son importance. Précision importante : ce mot louléï
est composé exactement des lettres de Eloul, ce qui nous indique
clairement que, en ce mois, nous sommes exactement placés en ces
dynamiques.

-
Le dernier verset
voit David (Israël et chacun de nous en tous les siècles)
se parler à soi-même pour s’encourager à la confiance
(qavé), mais en la confiance précise envers Hachém,
pour être "fort et courageux dans le coeur"

et
ce sont les mots mêmes du 1er Chapitre de Yehoshua dont
on sait par le dernier verset de son livre qu’il a réussi ainsi
à ce que tout le peuple vive toute la Torah pendant qu’il vivait.
Combien on a besoin de tels leaders !
Sur cette base, nous connaissons le psaume, nous pouvons le lire pour
bien décomposer ces parties, mettre en évidence le vocabulaire
afin que notre prière suive ces mouvements avec facilité
et nous pouvons maintenant aborder les commentaires. La méthode
de l’étude juive demande que l’on défriche ainsi d’abord
avec notre intelligence avant d’apprendre d’autrui par les commentaires.
Commentaires
Arrière-plan du décor
Nous voyons que David parle de trois étapes: ma lumière
(ori), mon salut (icheî), forteresse inexpugnable
pour vivre (maôz 'haillaï). Les commentaires s'appuieront
sur ces trois concepts différents et sur la logique de leur succession.
D'abord, le Middrache Rabba sur Bémidbar 11,3 montre que
David a connu ces angoisses et cette "crainte" quand le roi
Chaoul a vu les Philistins aller contre lui (I Chmouel 28,5). Voilà
qui peut nous éclairer aujourd'hui face aux ennemis; c'est le même
mot du psaume: "vayare, il a craint". Le Middrache
Tan'houma montre que David a encore éprouvé cela quand
Âmaleq a attaqué de nuit et dans l'épisode de Goliath
(I Chmouel ch. 17).
Les trois termes
Rachi insiste sur l'illumination, le jaillissement (zéria'h)
de la lumière dans les ténèbres. Ainsi, jamais David
ne parle d'un moyen magique qui supprimerait les tenèbres ou les
difficultés ou les ennemis; il accepte l'épreuve de cette
vie comme elle est. Mais, dans ce contexte, la lumière prédomine
sur les ténèbres et révèle un sens autre.
Ibn Ezrâ développe cela et dit qu'il s'agit bien
d'une lumière dans les ténèbres de la peur (ori
balaïla ché éïne cham or ki hanéféche
téfa'hed). Donc la lumière de ori vient du niveau
de l'âme, de la néchama qui voit la réalité
profonde, tandis que le salut (icheî) concerne l'apparence
et le corps. Et "forteresse inexpugnable pour vivre (maôz
'hayaï)" indique l'union de l'âme et du corps en équilibre
et en bonne association.
Rabbénou Bé'hayé, sur le récit de
la Création en Béréchite 1,3, dit que ori,
ma lumière, concerne cette même lumière fondamentale
(oto haor) dont il est question dans la Création et dont
il est dit : va yéhi or, et que soit la lumière.
Et, ajoute-t'il, tu dois savoir que c'est par cette parole exacte que
commence la Création du monde le 25 du mois de Eloul. Donc, nous
passons dans le mois d'Eloul, de l'angoisse psychologique au niveau existentiel
global d'obscurité où nous avons besoin d'un aide divine,
puis nous sommes capables de situer l'étincelle de lumière
que nous recevons jusqu'en sa source qui est le lien dont parle
David: la lumière qu'est Hachém et
cette force est celle-là même de Son acte créateur
de tout. Alors, nos angoisses sont vraiment relativisées. Et le
moment le plus propice où nous pouvons réussir ce joint
est le mois de Eloul. Nous comprenons maintenant pourquoi nous lisons
ce psaume en préparation pendant tout ce mois de Eloul.
Sur le verset 1,31 de Béréchite, le Rav souligne encore
et dit que la lumière est yi'houd, unification. David (et
nous Israël) prend conscience de son union avec Hachém,
à partir des ténèbres qui deviennent éclairés.
Cette union est si forte et stable et durable que David, selon son commentaire
de Chémote 27,20, y voit même l'assurance du retour de la
Chékhina dans le 3e Temple. Car la lumière est, et
donc elle sera comme elle était.
Le Malbim insiste sur la nécessité de cette prise
de conscience car c'est dans l'obscurité que les méchants
préparent leurs mauvais coups et la victime potentielle en est
réduite à la peur par l'incertitude du mal qui va lui arriver.
Aussi, cette lumière qui ne permet pas à la nuit d'être
effective, annule la peur.
Et Hachém est le yotser or, celui qui fabrique cette
lumière. Il la déploie progressivement dans ses effets -nous
disent les middrachim (Rabba sur Vayiqra 21,4)- depuis cette phase
de la prise de conscience de Sa lumière créatrice et puissante
(ori) en Eloul et Roche ha chana, puis sa concrétisation
dans la réalité (icheî,salut) à Kippour
et sa stabilisation en forteresse (maôz) dans la soucca.
L'Egypte
Nous vivons cela maintenant, non seulement en liaison avec la Création
du monde, mais aussi avec le renouvellement de la Création qui
s'est produit lors de la sortie d'Egypte. 3 époques reliées.
Nous évoquons aussi ce souvenir double et lié, lors du qiddouche
de Chabbate. Pourquoi? En effet, lors de la plaie de l'obscurité,
les Egyptiens étaient dans les ténébres tandis que
les Hébreux voyaient dans la lumière. Le même phénomène
se produisit quand Pharaon lança son armée à la poursuite
de Moché et des Hébreux qui étaient dans l'effroi
de la menace de mort prochaine. Alors, pour les Egyptiens," il y
eut nuée et ténèbres et pour les Hébreux la
nuit fut éclairée" (14,20). C'est le Middrache Rabba
14,3 sur Vayiqra 21,1 qui nous met cela en évidence avec notre
verset.
Le Middrache Rabba 14,3 sur Chémote dit que cela se reproduira
dans l'avenir comme Isaïe le présage (60,1-2): "Lève-toi,
resplendis, car ta lumière est venue et la gloire de Hachém
rayonne sur toi. Oui, tandis que les ténèbres couvrent la
terre et une sombre brume les nations; sur toi, Hachém rayonne,
sur toi Sa gloire apparaît".
Comment apparaît cette lumière: à une condition.
Le Middrache Tan'houma sur Tetsavé,4 montre que Hachém
pose une condition: Il veut que nous soyions associés au déclenchement
de l'apparition de la lumière. Il nous demande de construire et
d'allumer le chandelier (nér) et, alors, il donne la lumière
(or) et en fait un objet de diffusion de Sa lumière, un
maor. A ce moment, Lui donne et assure pour toujours, comme dit
Isaïe 60,19: "véhaya-lékha Hachém léor
ôlam, Hachém sera pour toi lumière permanente".
Quelle pédagogie, quelle science précise de la psychologie,
menée jusqu'à la connaissance de la structure fondamentale
et des dynamiques des êtres et de l'univers! Chaque acte de préparer
et d'allumer les mêches devrait nous rappeler cette répartition
des rôles.
Cependant (appelez cela humilité ou détresse, ou conscience
de notre manque, ou menace réelle), cela ne se produit que si
nous sommes en obscurité. Voilà qui va nous aider à
accepter nos difficultés.
Le Middrache Téhilim sur notre verset est clair et net là-dessus;
le prophète Mikha (Michée 7,8) le dit clairement: "ki-échev
ba'hochékh Hachém or li, quand je suis installé
dans l'obscurité, Hachém est lumière pour
moi". Ces deux mots (or li, lumière pour moi) composent
un prénom féminin très répandu en Israël,
et qui n'a rien à voir avec une certaine ville de France avec son
aéroport... Il faut savoir où on vit! Cette nécessité
de l'obscurité est contraire à la conception contemporaine
diffusée dans nos têtes par les publicités où
tout serait facile et heureux et acquis par quelques facilités
matérielles, c'est la société de consommation qui
ne vend que du vent mensonger.
Celui qui sait cela adopte une autre philosophie de la vie: il sait qu'il
a à sa disposition une vraie lumière dans les démarches
de sa vie, c'est la lumière de la Torah qui est effectivement lumière.Cela
est dit dans le psaume 119,105: "nér léragli dévaréikha,
une lumière pour mes pas Tes paroles".

Comme il est dit dans les Proverbes: "békhol dérakhékha
daéou, en toutes tes démarches, connais-Le". Et
une personne très sainte, zal, m'avait appris que la guématria
de ces trois mots est celle du nom Yehoshua. Et le Traité Bérakhote
61b nous compare à un poisson qui ne peut jamais vivre que dans
l'eau, notre eau vitale de chaque instant est la lumière de la
Torah. Sans cela un Juif est agonisant même s'il ne le sait pas,
sur le plan de son être essentiel.
Alors, nous comprenons pourquoi David dit qu'il demande "une"
seule chose. "Celle-là", c'est ce zote dont il
est dit zote haTorah (Dévarim 4,44, allez le lire) comme
le dit le Middrache Téhilim. De même qu'il est dit
zote ha bérakha, et cela est la bénédiction
(Dévarim 33,1). Une chose, a'hate, dit David.

Le Ari, zal, nous dit que les lettres de a'hate sont les
initiales de Eréts (la terre d'Israël), 'hayé
haôlam ha ba (la vie du monde qui vient), Torah. Cela
veut dire que tout ce mieux possible peut nous être donné,
et nous le savons maintenant. C'est cette conscience nettement perçue
qui fait que, un jour, des familles décident de lâcher l'équilibre
de leur situation pour réaliser concrètement dans leur vie
ces 3 points: aller "vivre" en Eréts Yisraël
et la Torah dans une vie à développer qui
va devenir davantage les 3 lettres de a'hate.
Les deux démarches
Il y a notre démarche et il y a Sa réponse
assurée: "ki Ata taïr néri, car Toi Tu
éclaireras mon chandelier".

Alors, sur cette base claire, vous pouvez et devez absolument aller lire
le chapitre 43 (versets 1 à 13) d'Isaïe et vous verrez que
ce programme de réussite
dans notre terre est possible, est prévu et que Hachém
y est encore plus engagé que nous. Mais nous
devions savoir comment fonctionne cette coopération: le Roi David
âlav ha chalom, et nos Sages viennent de nous l'expliquer.
Ne nous laissons pas envahir par la politique des journalistes et politiciens
pour lire le monde et notre vie, voyons la véritable politique
et dynamique de l'être.
Voici ce texte: "Or, maintenant, ainsi a parlé Hachém
ton Créateur, ô Yaâqov, ton Auteur, ô Yisraël:
ne crains RIEN car Je vais te libérer. Je t'ai appelé par
ton nom, tu es à Moi. Quand tu passeras par les eaux, Je
serai avec toi. Par les torrents, ils ne te submergeront pas. Quand
tu marcheras à travers le feu, tu ne seras pas brûlé.
A travers la flamme, elle n'aura pas de prise sur toi. C'est que Je suis
Hachém, ton D.ieu, le Saint d'Israël, ton défenseur.
Je donne l'Egypte pour ta rançon, Couch et Séba en échange
de toi. Parce que tu es cher à Mes yeux et digne d'estime, parce
que Je t'aime, je livre des hommes à ta place, et des peuples
pour racheter ta personne. Ne crains pas, Je suis avec toi! De l'Orient
je ramènerai tes enfants, et de l'Occident Je te rassemblerai.
Je dirai au Nord: donne. Au Midi: ne les retiens pas. Ramène des
pays lointains mes fils, et des confins de la terre mes filles, tous ceux
qui se réclament de Mon Nom, tous ceux que, pour Ma gloire, J'ai
créés, organisés.... Mon action qui peut l'entraver?"
Il faut lire ce texte, ici abrégé. Vous n'avez probablement
jamais reçu une telle lettre d'amour. Peut-on rester insensible,
et immobile? Ce texte aurait semblé une belle envolée, mais
quand les Sages nous le placent dans le lieu de notre psaume 27, alors
nous sommes pris au coeur de notre vie. Reprenez lentement cette étude
qui comporte beaucoup de points, mais ils sont précis et clairement
situés les uns par rapport aux autres. Laissez- les vous interroger
en vous-même, en prenant ces mots dans leur force et leur vérité.
J'espère que cette étude, faite avec amour, par amour,
dans l'obscurité et la lumière simultanément, vous
montre combien la Torah étudiée profondément est
Vie, combien les psaumes ne sont pas seulement une petite prière
mais un condensé de toute la Torah et qu'ils prennent notre vie
et nos sentiments et nous redonnent la direction juste.
J'ajouterai, enfin, que le Middrache Agadate Béréchite
(15) dit que lorsque nous vivrons selon tout cela que nous dit notre verset
du début du psaume 27, alors même les nations demanderont
de venir sous les ailes de la Chékhina quand Israël
réalise la volonté de Ha Qaddoche Baroukh Hou.
C'est par là qu'il faut comprendre cette obsession des nations
envers nous, et les promesses que quand nous vivrons bien là où
nous devons vivre, sur la terre de Vie, alors les ennemis d'Israël
disparaîtront et, au contraire, ils viendront nous demander notre
science de la Torah et rendre hommage au Créateur. En fait, ils
nous harcèlent comme des épines pour que nous vivions notre
Torah qui est si indispensable au monde car elle apporte non seulement
la morale sociale, mais la bénédiction depuis Sa source,
et pour tous et pour toutes les nations. Ne voyons pas la politique à
l'envers à partir de la seule information/désinformation/lutte
contre la désinformation.
Ce programme est entre nos mains.
Un dernier enseignement sur ce verset: le Zohar III,12a nous dit: ori
véichî Hachém, ma lumière et mon salut
c'est Hachém. Il ajoute et éclaire par le verset
20,3 de Chémote: "lo yiyé lékha élohim
a'hérim âl panaï, tu n'auras pas d'autres dieux
devant Ma face". Réfléchissons, cela va très
loin: ne pas avoir d'autre lumière et d'autre salut que Hachém
et non pas d'autres puissances à la mode ou que nous glorifions,
aucune autre. A chacun de bien préciser pour soi. Pas même
des anges, ajoute le Middrache hanéêlam sur la paracha
lékh lékha à propos de notre verset. Donc,
pas de gourou, pas de spiritualité, pas de clan ni de nouvelle
révélation que Hachém et Sa Torah, et transmise
par tous nos Sages sans idolâtrie d'un seul. Alors, poursuit le
texte, nous serons le tsaddik dont la néchama est illuminée
de la lumière d'En-haut. C'est ce que doit être Israël,
spécialement sur la terre d'Israël. Il y a encore beaucoup
de travail à réaliser, par moi peut et doit dire chacun
de nous, ici. Qui ne participerait pas à ce programme de la Torah
en ce mois où le Roi David nous l'enseigne?
Grandeur de nos Sages qui nous ont apporté ce psaume pour le dire
chaque jour.
Voici le texte du prophète Isaïe, chapitre 51,1-6 qui nous
assure de cette confiance que nous pouvons et devons avoir, et que Hachém
nous demande cet effort pour qu'Il puisse enfin donner à Son peuple
le soleil dont il a besoin. Il va de soi que ce programme vaut sur le
plan de la vie personnelle et intime.

Voici la traduction, ligne par ligne:
ligne 1
"Ecoutez-moi, vous qui poursuivez la justice, vous qui recherchez
Hachém! Regardez vers le rocher
ligne 2
dans lequel vous avez été taillés, sur le puits de
carrière d'où vous avez été tirés.
Regardez vers Avraham
ligne 3
votre père et vers Sarah qui vous a mis au monde, car lui seul
Je l'ai appelé, Je l'ai béni
ligne 4
et Je l'ai rendu nombreux. C'est sûr que, ainsi, Hachém
a fait miséricorde et consolé Tsione, l'a consolée
de toutes ses ruines et a fait
ligne 5
de son désert comme un Edén et de sa solitude comme un jardin
de Hachém. Allégresse et joie se trouvera
ligne 6
en elle, remerciements et la voix des cantiques. Ecoutez vers Moi, Mon
peuple et Ma nation
ligne7
vers Moi tendez l'oreille. Car l'enseignement (dont vous avez besoin),
c'est de Moi qu'il sort, et Ma miséricorde de justice comme une
lumière pour les nations
ligne 8
Je l'étalerai. Proche est Ma justice, il est sorti Mon salut, et
mes bras vont juger les peuples. Vers Moi
ligne 9
les îles espéreront, et vers Mon bras puissant elle compteront.
Levez vers les cieux vos yeux...".
Un texte à méditer et à connaître pour qu'il
devienne une assurance interne à laquelle on peut revenir de mémoire
quand on le veut, souvent.
En ce sens: Retour au psaume 48.
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