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Dufour
|
29, Le psaume de la paix-plénitude
et du Chabbate
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos
Sages
http://www.modia.org
Attention! Cette page comporte des lettres saintes, ne la déposer
que dans un lieu respectable.
Je dédie cette étude à tant de personnes
qui souffrent injustement (comme le peuple juif);
cette intention, pour que la bénédiction de bonté
qui a créé leur programme de vie
puisse se réaliser en toutes les étapes prévues
par le Ciel. Jusqu'au dernier verset de ce psaume.
Chacun peut entendre cela pour soi aussi! La suite de l'étude
le fera comprendre.
Par cette photo que j'ai prise d'une pierre parfaite en sa forme extérieure
comme en toutes parties de son intérieur et qui le montre de manière
étonnante, en rayonnement, j'ai essayé de traduire mieux
qu'en mots la plénitude de ce psaume, aussi bien dans sa structure
que dans ce qu'il exprime.
Pour cela, nous sommes devant un psaume qui a pris une place exceptionnelle
aux yeux de tous les Juifs et qu'ils ont placé aux moments les
plus importants pour le peuple.
Il est chanté le Chabbate et les jours de fêtes, et plus
encore par les Sépharades. Dans beaucoup de synagogues, on se tourne
vers l'Ouest pour le dire, les yeux fermés comme si on est devant
le Trône de la Gloire, pour recevoir le retour de l a Chékhina
(Présence divine) pendant "qabalate Chabbate, la réception
du Chabbate" où on dit aussi le Lékha dodi.
Et on le fait suivre souvent de la prière Ana vé khoa'h
car on est arrivé, alors, directement dans les noms de Haqqadoche
Baroukh Hou.
On en cite le dernier verset avant la fin de la prière du matin,
juste avant Alénou lé chabéa'h (lien ici).
Et dans la fin de la Âmida, prière des 18 bénédictions,
on dit les deux mots si importants dans ce psaume: ôz vé
chalom. Nous verrons pourquoi.
Et tout le peuple connaît son dernier verset:

"Hachém ôz lé âmmo yitén, Hachém
yévarékh éte âmmo va chalom
Hachém la force Il la donnera à Son peuple, Hachém
bénira Son peuple par le chalom, la paix complétude".
Ce futur est grammaticalement un présent.
Tout cela nous montre que la paix véritable nous viendra par la
plénitude que nous parviendrons à recevoir pendant le Chabbate,
et non pas seulement par des coalitions politiques soutenues par des puissances
militaires. C'est toujours notre illusion que de passer tant de temps
à ces manoeuvres qui sont bien souvent horribles, au lieu de faire
avancer positivement la paix par ce qui véhicule le bonheur et
la bénédiction.
Voilà pourquoi -en cette époque (édane) où
les peuples vivent de façon larvée une troisième
guerre mondiale du tiers monde puis de l'islam contre la civilisation
occidentale hégémonique, et Israël étant bien
entendu toujours placée entre le marteau et l'enclume par les peuples-
j'ai pensé qu'il est plus qu'utile, il est indispensable de comprendre
mieux ce psaume qui apporte le bonheur à la Création.
Nous avancerons en plusieurs parties:
I. Sa traduction pour en comprendre le sens global et les nuances avec
précisions.
II. Une étude de sa structure pour saisir comment il est bâti
pour nous transmettre son message.
III. La découverte de la richesse de son contenu.
I. Traduction du psaume 29.
Important de prendre le temps de bien lire avec
la transcription pour bien doubler les sons quand il le faut; et bien
redécouvrir l'exact mot à mot que les traductions habituelles
ont modifié.

Mizmor lé David. Chant de David.
(Appel, exhortation)
1. Havou lHachém béné élim, havou lHachém
kavod vaôz
2. Havou lHachém kavod Chémo, hichta'havou
lHachém béhadrate qodéche.
1. Donnez à Hachém êtres sublimes, donnez à
Hachém respect de gloire et force.
2. Donnez à Hachém gloire de Son nom; inclinez-vous
devant Hachém dans la beauté de Son Sanctuaire.
(Description de cette gloire et de son déploiement
par la voix
en 7 étapes marquées chacune par le cercle noir; versets
3 à 9).

3. Qol Hachém âl-hammayim
El-hakkavod hirîm; Hachém âl-mayim rabbim
Voix de Hachém sur les eaux
le D.ieu de gloire a tonné, Hachém sur les grandes
eaux.
4. Qol-Hachém békoa'h, qol Hachém
véhadar.
Voix de Hachém avec force, voix de Hachém
avec beauté.
5. Qol Hachém chovér arazim, vayachbbér
Hachém éte-arzé hallévanone.
Voix de Hachém brise les cèdres, et Il brise
Hachém les cèdres du Liban.
6. Vayarqidém kémo-êghel, levanone vésiriyone
kémo vén-réémim.
Et il les fait bondir comme un jeune taureau, le Liban et le Siriyone
comme des jeunes buffles.
7. Qol-Hachém 'hotsév lahavote éche
Voix de Hachém fait jaillir des flammes de feu.
8. Qol Hachém ya'hil midbbar, ya'hil Hachém midbbar
qadéche.
Voix de Hachém fait trembler un désert, fait
trembler Hachém le désert de Qadéche.
9. Qol Hachém yé'holél ayalote,
vayé'héssof yéârote
ouvéhékhalo koullo omér kavod.
Voix de Hachém fera réagir les biches, dépouille
les forêts
et dans Son palais tout ce qui s'y tient dit : Gloire.
10.Hachém lammaboul yachav, vayéchév Hachém
mélékh léôlam.
Hachém le déluge Il l'avait décrété
de Son trône de justice, mais Il y siège Hachém
en Roi de justice pour toujours.

11. Hachém ôz lé âmmo yitén, Hachém
yévarékh éte âmmo va chalom
Hachém la force Il la donnera à Son peuple, Hachém
bénira Son peuple par le chalom, la paix complétude".
(Etude de la structure du psaume 29 pour bien saisir
le message que cette structure transmet autant que ses mots. Bien plus,
ces mots trouvent leur sens véritable par la structure).
1.
Une structure globale du sens des mots est celle de ce que l'on appelle
le dine, la puissance, la rigueur, la gloire, la justice qui décrête.
Elle s'exerce sur toute la nature, sur tous les niveaux, elle a même
produit le déluge. Mais, à Son peuple, c'est la force de
bénédiction et non pas de destruction que Hachém
donne. En fait, il y a puissance mais le nom par lequel D.ieu est nommé
dans ce psaume est celui de Hachém qui est la manifestation
de la miséricorde (ra'hamim) qui assume le contrôle
de la rigueur (dine) de la puissance. Cette bonté assure
la vie et tend à s'unir à la Création. Elle le fait
dans le psaume par la répétition 18 fois de ce nom de Hachém.
Pourquoi? Parce que c'est le rythme optimal du processus d'union bénéfique,
et c'est pour cela que l'on a la prière des 18 bénédictions
que l'on dit le matin (cha'harite, dans l'après-midi (min'ha)
et le soir (ârvite).
2.
Une structure en trois temps déploie cette manifestation (lisez
la suite et captez ce que vous ressentez et pensez au fur et à
mesure de cette découverte:
- les versets 1 et 2 s'adressent aux anges ou aux puissances célestes
et les invitent à célébrer la Gloire divine.

A ce niveau, le mot havou (donnez, célébrez, exprimez,
du verbe araméen yahav) est répété
3 fois, car en ces hauteurs, ce qui peut être saisi est en 3 descentes
de la bénédiction, comme les 3 fois où on dit qadoche,
qadoche, qadoche, ou comme les cabalistes parleront des 3 premières
séfirotes qui ne sont pas de notre monde. Mais il est remarquable
de constater que c'est l'homme qui dit le psaume (David puis nous son
peuple) qui a le pouvoir de mettre en route tout le fonctionnement de
cet orchestre. On dit qu'il n'y a pas d'éveil (itôréroute)
d'En-haut tant qu'il n'y a pas d'éveil par le bas. Nous reviendrons
sur le sens de cette première partie.
- les versets 3 à 9 sont cette célébration
qui décrit cette gloire qui se déploie. Elle le fait
en 7 étapes de la voix (qol) qui est nommée 7 fois (voyez
le mot placé sous le rond qui le situe pour votre facilité
de lecture):
On sait que tout ce qui est de notre montre est selon le rythme du 7 comme
les 7 jours de la semaine, des bénédictions du mariage,
du deuil, etc.
- les deux derniers versets, 10 et 11:

résument l'histoire de cette manifestation: il y a eu le déluge
comme justice, mais il y a pour Son peuple la bonté qui est force
et bénédiction.
Voici maintenant l'ensemble du psaume 29, avec ces rythmes que
j'ai fait apparaître; ici, je les rappelle et les complète:
- les 18 noms de miséricorde par le rond noir. Comptez.
- les trois parties délimitées par les pointillés
à partir de la marge à droite.
- les 7 "qol, voix" par le rond en nuage estompé,
accompagné de sa numérotation. Comptez.
- les trois "havou, donnez, célébrez" dans
la première partie, ils sont surmontés pour votre facilité
de lecture par les petits cercles juxtaposés.
- le psaume a aussi 91 mots, cela a sens, nous le verrons. Ne vous faisons
pas attendre, c'est l'union parfaite en ce monde entre le nom de 4 lettres
qui est le don de la Torah d'En-haut, et le nom de 4 lettres de Adonoute
qui est la réception féminine par nous, par Israël,
de la présence divine. Un mariage idéal qui est tout le
projet de la Torah. Quel psaume!
- remarquez enfin, que le mot "oz" se trouve au début
du psaume (à la fin du premier verset) et aussi à la fin
du psaume (deuxième mot du dernier verset), nous verrons que cela
encadre le psaume et le situe dans un cadre de oz, force, que nous
comprendrons.
Lisez maintenant le texte, lentement, en marquant une petite pause sur
chacun de ces signes pour bien y être présent et lisez tout
le texte. Reprenez depuis le début quand vous n'y parvenez plus
et vous verrez très vite que vous comprenez magnifiquement le psaume,
en suivant le rythme comme dans un morceau musical. C'est bien pour cela
qu'il s'appelle "chant".
Donc, cela ayant été bien perçu, nous pourrons dire
le psaume comme si nous déroulions un rouleau qui fait déployer
progressivement ces 3 niveaux (céleste, descente en ce monde du
7, notre peuple), avec les 18 noms de la Bonté permanente qui dominent
l'ensemble et l'imprègnent par la descente de la bénédiction.
Maintenant, lisez le texte en vous servant uniquement de la présence
des mots, de la séparation des 3 parties que vous avez momérisée.
Il reste une dernière structure qu'il faut respecter, c'est la
ponctuation et la scansion exactes.
Sinon, on déformerait le sens. Pour apprendre cette question, une
page lui est consacrée sur le site (http://www.modia.org/priere/ps.teamim.html).
Il faut s'y reporter pour bien assimiler ces points de façon définitive.
Je les applique ici à ce psaume, simplement.
1. Chaque verset forme une unité dont la fin est signalée
par le petit trait vertical, le sof passouq, sous le dernier mot,
avant les deux gros points verticaux en fin de ligne. Un exemple:

2. Presque toujours, les versets sont divisés en deux petites phrases,
comme lorsqu'on sépare en français par un point-virgule.
La moitié du verset ou plutôt la grande division en deux
parties
- quand le verset est long (comme dans les versets 1, 3 et 9 de ce psaume)
, la séparation est faite par cet exemple:
On appelle cet ensemble
de deux signes : ôlé vé yoréd
(monte et descend) et le premier signe, en haut, est un chofar
méhoupakh, tandis que le deuxième signe, en bas,
est un maarikh. Regardez, nous le trouvons après le second
mot du 1e verset (donc y faire une longue pause) et après le 4e
mot du 3e verset (donc y faire une longue pause) et après le 6e
mot du 9e verset. On appelle ce des signes disjonctifs. Su le texte de
ce psaume, ici, la pause est bien indiquée par un espacement large
des mots pour faciliter votre lecture mais cet élargissement n'existe
pas dans le manuscrit des psaumes.
3. Dans les versets plus courts (tous les autres versets de ce psaume),
les deux parties différentes du verset sont délimitées
par un autre signe disjonctif, le atnah, une sorte de fourche
à deux dents vers le bas, sous le mot, comme ceci:
Regardez ainsi chaque verset,
et lisez donc en faisant la pause qui est indiquée (pour vous aider)
par un intervalle plus large. Cette entrainement de lecture est nécessaire
pour ne pas faire des contresens, d'autant plus faciles que l'hébreux
est avare de toutes les nombreuses conjonctions qui évitent les
erreurs en français, tout doit être placé dans la
mémoire. Je vous assure que cet entrainement n'est pas long et
il vous permettra de lire avec exactitude tous les psaumes. Quel plaisir!
4. A l'intérieur de ces deux parties du verset, il peut y avoir
une autre division comme une virgule et elle est marquée par le
le losange noir du raviâ qui est un interrupteur de
second niveau. Il est nommé raviâ chez les Sépharades
et réviî chez les Askénazes.

Chaque fois que vous trouvez ici ce signe, il faut faire une légère
pause, comme on le fait spontanément en français, même
en parlant. Imaginez quelqu'un qui ne fait pas ces scansions, ce serait
incompréhensible comme quelqu'un qui parlerait sur le même
ton monocorde sans pause, faites l'expérience et vous aurez compris
qu'on ne peut pas lire ainsi un texte, surtout quand il a la sainteté
des psaumes. Nouvel exercice de lecture. Il vous fera "sentir"
le sens, c'est donc très important.
Un autre signe a cette même valeur de virgule (si l'on peut dire),
c'est le tsinor que l'on trouve au verset 9,
Vérifiez et lisez ce verset.
Pour les autres signes, reportez vous à la page indiquée
ci-dessus.
Si vous n'êtes pas convaincu que cela est important pour exprimer
le véritable sens du psaume, je vous propose deux expériences:
préparez un texte que vous allez dire à qui habite avec
vous et entraînez-vous à le lui dire sans ponctuation ou
en plaçant des ponctuations là où il ne faut pas
et vous verrez la réaction: on pensera que vous êtes devenu
fou. Exemple: "bonjour jesuis, venu vous, dire que je pars dans dix,
minutes" ;-)) C'est exactement comme cela qu'on lit les psaumes quand
on ne fait pas l'effort d'apprendre ces ponctuations. On n'y met certainement
pas le sens qu'il a.
Deuxième exemple. Les deux premiers mots sont : Mizmor lé
David. Celui qui n'a pas appris ces signes dira : "Cantique de David".
Mais celui qui a appris, comme vous, dira: "Cantique, ...de David".
Cela change tout. En effet, "Cantique de David" est une erreur
de sens, cela attribue le Cantique à David. Or il y a plus: en
effet, dans le Middrache Téhilim 24,1 il est dit que
- chaque fois que le psaume commence par "mizmor lé David",
cela veut dire que David commença à chanter et ensuite la
Chékhina vint vers lui.
- par contre, quand on a d'abord "LéDavid mizmor",
cela veut dire que le Roua'h ha qodéche, la parole divine
vint d'abord sur David et l'inspira et ensuite il chanta.
Donc, sur cet exemple insignifiant apparemment, quand nous faisons bien
une pause après le premier mot "mizmor... lé David"
c'est comme si nous disions: "mizmor (David commença
à chanter et ensuite la Chékhina vint vers...)
David". Et nous serons alors avec la Chékhina quand
nous commençerons à dire les mots qui suivent et qui, effectivement,
sont de ce niveau céleste.
Vous le voyez, la simple connaissance et exécution de ces signes
de lecture est grandiose et capitale. Aucune nuance n'est médiocre
dans la Torah.
Munis de tous ces outils, nous pouvons maintenant dégustez plus
facilement le sens.
III. Etude du sens
1.
Si nous avons été bien attentif pour percevoir
- ces mots précis,
- ces trois étages, qui sont une descente successive de la bénédiction
avec ce rythme des 3 étapes du haut, des 7 qui parviennent jusqu'à
l'union dans les deux derniers verset. Avec le finale de la paix complétude
qu'est le chalom.
- cette fonction que nous avons de déclencher (itoréroute)
ainsi ce flux de la bénédiction par la prière jusqu'à
sa réalisation dans le réel le plus concret, et pour tout
le peuple;
alors, nous avons découvert:
- la fonction du peuple juif dans le monde qui est de produire la bénédiction
dans le monde,
- la fonction de la prière qui le réalise, et alors nous
prierons,
- la fonction de l'étude qui nous fait découvrir cela,
une étude qui est à la fois rigouseuse et sensorielle
et chaleureuse.
- le rôle de faiseurs de paix que sont en Israël et dans
le monde ceux qui étudient la Torah. Et nous ne dirons plus jamais
que ce sont des fait-néant. Car ils "font" la vraie
existence, et ce que l'on désire le plus, la paix, la réalisation
des meilleures aspirations, l'harmonie.
2.
Nous allons pouvoir maintenant, dans ce cadre, situer les enseignements
de plusieurs grands Sages qui ne disent pas tout cela, puisque pour
eux ce cadre est connu et évident. Sachons qu'ils ont tout cela
dans la tête et dans les yeux et dans le coeur quand ils écrivent
leur commentaire sur tel point particulier.
C'est cela que j'essaie de vous transmettre sur Modia, ce que les Sages
ont ainsi dans la tête et qu'ils ne disent pas (comme Rachi) mais
qui est le préalable de ce commentaire que vous lisez. C'est
pour cela que l'on doit étudier non pas seul mais avec quelqu'un
qui connaît davantage la tradition.
Avec Rachi (lien
ici)
Rachi dit ceci sur le premier verset: "célébrez Hachém,
vous qui êtes béné élim, les fils
de sublimes de la terre, les Patriarches". Il relie ainsi les niveaux
célestes et humains, et la terre est toujours la terre par excellence
qu'est Israël. Ainsi, il ne sépare pas les anges et les
humains. Mais ce processus de la bénédiction nous concerne
puisque nous sommes de la racine qui est à la fois terrestre
et céleste: les Patriarches aussi bien que la terre d'Israël.
Alors, permettons-nous de louer Hachém. Nous pouvons "donner"
à Hachém, audace! Rachi précise bien que
havou vient du verbe araméen yahav, et qu'il s'agit
de l'activité de donner, nétina. Le Juif doit prendre
conscience du rôle sublime que le Créateur lui a donné.
Ne pas le discuter, c'est cela la ânava, l'humilité
(même si les antisémites disent que nous nous prenons pour
un peuple élu alors que nous ne sommes que des serviteurs, tant
pis).
Effectivement, dit Rachi, les élim sont des sarim,
des "princes qui pilotent le monde". Nous ne sommes pas ces
princes, mais nous sommes ben Avraham, les fils de ces princes
qui, par leur qualité et entièrement serviteurs de Hachém,
pilotent le monde pour le bien dans la bénédiction. C'est
ce psaume.
Rachi remarque que, venant de dire cela, le psaume parle de gloire (kavod)
qui est la sainteté (qédoucha) mais aussi de force
(ôz). Le psaume va donc nous présenter la force
que la sainteté d'En-haut donne au monde, et que nous pouvons
aider à faire circuler par notre prière de ce psaume.
Il fait, à partir de là, le lien entre les 18 noms de
4 lettres et la prière de la Âmida ou des 18 bénédictions;
cette prière et celle de ce psaume 29 sont donc les deux exercices
qui font véhiculer le flux de la bénédiction créatrice
et force pour atteindre la paix-complétude dans le bien parfait.
Rachi passe ensuite à la seconde partie qui traite
des 7 voix (qol).Il nous dépeint ce processus en montrant
les exemples historiques de notre peuple.
- La première (voix de Hachém sur les eaux): Rachi
réfère à ce qui s'est produit dans l'épisode
de la Mer Rouge fendue. L'eau est toujours bonté mais, cette
fois, elle fut aussi force (ôz) et libération. Voilà
un exemple de cette descente divine qui est bénédiction
pour l'homme. C'est parole, même si on ne la pas entendu, contrairement
à ce qui s'est passé au Sinaï. Donc, entends qui
veut lorsque le Créateur intervient de facto dans la nature et
les événements.
- La seconde (voix de Hachém par la force): Rachi réfère
au don de la Torah au Sinaï où la voix s'est exprimée
puisqu'il est dit que tout le peuple a vu les voix. Et Rachi souligne
que Hachém a contrôlé la puissance de Sa
voix pour qu'elle soit supportable pour Israël au niveau de ses
forces bien moindres (Chémote 19,19): voyez l'épisode,
où Moïse parlait et la voix divine lui répondait,
donc à son niveau moindre.
- La quatrième (voix de Hachém brise les cèdres):
Rachi réfère à I Samuel 7. Il faut le lire et il
apportera force dans le contexte qui ne change pas depuis ces millénaires.
Les "Philistins", terme repris par les Romains pour nommer
la Palestinie et les Palestiniens, du nom des ennemis perpétuels
du peuple juif (sans commentaire, c'est l'histoire). Les Philistins
menaçaient Israël qui craignaient et (verset 10) tandis
que Chmouel offrait le sacrifice de ôla, les Philistins
s'avancèrent pour déclancher la guerre contre Israël
va yarêm Hachém, et Hachém tonna contre
les Philistins par une voix forte, béqol gadol, ils furent
étourdis et battus par Israël. C'est étonnant
de voir combien la Torah nous donne les outils précis pour vivre
et survivre. Et Rachi nous avertit.
Rachi nous fait le lien avec le chapitre 4 de Chémote, à
lire ici. A nouveau la crainte, chez Moché cette fois devant
la force du Pharaon de l'époque (nous avons les nôtres).
Le terme "voix" revient dans cet épisode et il décrit
ce que dit Rachi: la voix entendu par notre peuple fut vie et elle fut
mort pour nos ennemis.
Et les montagnes vinrent alors, celles de Lévanone de de Siriyone,
pour entendre ces voix, lors du don de la Torah au Sinaï. Ainsi
est bâtie Jérusalem, dis-je, colline plus modeste mais
entourée des autres plus élevée qui viennent autour
de sa sainteté.
- La cinquième (voix de Hachém fait
jaillir des étincelles de feu): Rachi réfère encore
au don de la Torah où le feu du Ciel jaillissait et sculptait
sur la pierre de Moché les dix commandements.
- La sixième (voix de Hachém fait trembler le désert):
Rachi réfère à la douleur de la femme qui enfante
car c'est le même verbe utilisé ici et en Jérémie
6,24, quand le peuple se conduit mal et que, alors, Hachém
permet à des ennemis cruels de venir commettre des atrocités
sur la terre d'Israël contre notre peuple. Cela veut nous montrer
que "notre" comportement est ce qui empêche la voix
d'être voix de vie et de libération comme nous l'avons
vu jusqu'ici, et elle se tourne alors en tragédie: la voix des
ennemis, notre voix comme la voix de la femme qui souffre dans l'enfantement.
Il faut lire ce chapitre 6 de Jérémie pour comprendre,
et pour réfléchir sur notre situation présente
en dispersion aussi bien qu'en Israël.
Et la suite du verset parle du midbar qadéche. Car c'est
là qu'Israël devient saint ou non.
- La septième (voix de Hachém fait
réagir les biches): Rachi réfère aux nations qui
sont fières comme des biches et arrogantes quend Israël
est petit ou faible ou pèche. Mais leur affirmation méchante
se changera en tremblements comme ce verbe yé'holél
le signifie dans d'autres passages de la Torah. Finalement tout leur
jeu est vain et tout se tient en ces deux faits: Hachém
donne la Torah à Son peuple, Lui qui est le Créateur de
tout, alors que les peuples forts, railleurs et menaçants ne
sont que des tigres de papier, et rien n'empèchera que Hachém,
de la même manière donnera Sa force et Sa paix à
Son peuple.
Rachi a voulu nous montrer que ce processus de descente de la bénédiction
n'est pas une mystique spirituelle éthérée, mais
qu'elle est à la fois spirituelle et effective dans l'histoire,
dans la lecture que nous devons avoir de notre situation concrète
dans le monde aujourd'hui.
A l'instant, quelqu'un (un Juif) m'a apporté quelque chose et
me dit :"j'ai reçu un appel téléphonique de
cousins de Paris qui m'ont dit: mais qu'est-ce que tu avais à
aller faire dans ce pays (Israël) où il y a tous ces problèmes!".
De la même manière les non Juifs diront à ces Juifs
parisiens: "mais qu'avez-vous à rester Juifs ainsi, c'est
par cela que vous créez tous vos problèmes". Et l'étape
suivante, c'est "disparaissez". Et on passe à l'action,
pour les aider à ne plus vivre cela, à ne plus vivre.
Le Juif, où qu'il soit ne peut pas éviter d'être
problème pour le monde qui, lui aussi, envie ce texte millénaire
sur lequel il se fonde lui-même moralement. Ni Descartes, ni Kant,
ou Marx ou Khoméni ou Bush ne pèsent dans leur désir
de conquérir toute la planète (par l'esprit, l'économie
ou les armes, ou l'art) et de supplanter la force de cette seule "parole".
Et les Juifs ne peuvent échapper à ce rôle. Il faut
le comprendre et assumer.
Le psaume nous rappelle d'où nous vient notre force dans notre
faiblesse et jusqu'où ira cette force spirituelle: jusqu'à
la paix.
Avec le 'Hida (lien
ici et ici),
Son approche se place totalement dans le cadre que nous avons vu jusqu'à
maintenant; mais il prend appui, pour démontrer les mêmes
dynamiques, non plus sur la signification du récit global
éclairé par d'autres phrases aux termes similaires
comme Rachi. Il présuppose que nous avons déjà
fait ce travail avec Rachi. Il va continuer la démonstration
davantage en se basant sur les lettres et sur leur compte numérique,
puisque les lettres sont en même temps les chiffres en hébreu.
Il faut donc tenir compte aussi de cet autre véhicule du sens.
Il nous transmet de façon simple toute une longue tradition qui
est souvent d'approche complexe et qui, alors, ne peut être étudiée
qu'avec un maître dans une relation à deux.
Dans les deux premiers versets, nous savons qu'ils sont le niveau le
plus élevé du psaume, point de départ de la bénédiction.
Il montre que la louange se fait par la parole, mais aussi sous sa
forme la plus légère qu'on peut nommer hével,
vapeur, buée. Notre pensée et notre parole doivent
quitter le niveau habituel de la dureté, des affaires à
réaliser, des conflits pour rejoindre la source de la parole.
On le ressent quand on parle à un tout petit enfant, ou à
un être que l'on connait et qui est tombé subitement malade,
on lui parle avec une parole légère. Ce mot hével
est indiqué par les initiales (raché tévotes)
des mots havou laChém bénéi, sur lesquels
j'ai placé un rond noir pour le voir clairement.
Cette méthode traditionnelle se nomme le rémez,
l'allusion.On ne peut pas jongler avec cela, il faut avoir reçu
ce type d'enseignement qui remonte à Moché. D'autres grands
maîtres montrent également que ce mot réfère
à Abel tandis que béné élim réfèrerait
à Caïn. Cela veut dire que nous avons tous en nous les racines
(comme au début de ce psaume) de ces deux sources de l'humanité
avec leur conflit qui était à l'état brut entre
la violence et la spiritualité mal équilibrée.
Et ces deux niveaux doivent, en leur source en nous, s'éloigner
de l'égoïsme du moi et se soumettre dans la louange du Créateur.
Si les grands conflits politiques et militaires se résolvaient
ainsi, il y aurait moins de souffrance.
Un autre enseignement, à ce premier niveau du psaume est mis
en valeur par les lettres initiales des mots de la fin du second verset.
Je les ai surmontées d'un signe. Ces lettres forment le mot qabala.
Cela indique que, au moment le plus élevé, le Chabbate,
ceux qui ont reçu l'enseignement du coeur de la Torah auprès
de maîtres de ce niveau doivent s'y consacrer. (Il ne s'agit
pas ici de qabale à bon marché avec des logiciels d'ordinateurs!).
Et ce mot est en parallèle du premier verset du psaume 100: hariou
laChém kol haaréts dont les initiales forment le mot
halakha, pour indiquer que le niveau moindre qui est le nôtre
pendant toute la semaine est celui où nous devons étudier
la hakakha pour faire entrer la Torah dans le concret de notre existence.
Le 'Hida développe ensuite beaucoup le dernier
verset:

"Hachém ôz lé âmmo
yitén, Hachém yévarékh éte âmmo
va chalom
Hachém, la force Il la donnera à Son peuple,
Hachém bénira Son peuple par le chalom, la paix complétude".
C'est l'aboutissement du psaume et nous allons nous y attarder.
Le second mot (ôz)
est la Torah. Le Chir ha Chirim Rabba 2,10 le dit: "éin
ôz élla Torah, il n'est de force (pour le peuple juif)
que de la Torah". Et la Torah sera ce qui donne la paix. Elle revêt
de paix comme le disent les lettres du dernier mot vachalom
qui se combinent pour former le mot malbouche,
habit, qui protège, enveloppe, présente et
protège.
Comment peut-on arriver à la vivre dans sa complétude,
ce qui est le sens du mot chalom?
Le verset donne la solution: quand nous sommes âmmo
(bien lire en doublant le m, et non pas amo), c'est-à-dire quand
nous vivons en unité dans le peuple, alors nous pouvons recevoir
la Torah, et alors elle nous donnera sa force.
ânava, l'humilité C'est
un grand enseignement qui nous montre que
- la nécessité que la Torah soit enseignée à
tout le peuple,
- l'erreur totale de se dire: nous sommes un bon groupe qui vit dans
la Torah, la connaît et les autres se trompent et sont ailleurs
et nous nous détournons d'eux. Nous nous savons. Il n'y aura
pas de Torah de qualité si elle reste celle d'une secte. Et cette
secte ne doit pas penser qu'elle doit diffuser et imposer à tout
l'ensemble la Torah de sa propre élite. Ce défaut est
fréquent. C'est comme si l'oreille voulait que tous les organies
du corps soient des oreilles. C'est la mort immédiate.
-la nécessité de connaître les autres et leur approche
de la Torah. C'est pour cela qu'il y a sur le site la lecture de la
Torah avec les téâmim différents, la connaissance
des différentes communautés, ce n'est pas du folklore,
c'est une né-ce-ssi-té/
Un autre grand enseignement: les lettres initiales des quatre premiers
mots de ce verset Hachém ôz léâmmo
yitén, ont la guématria du mot ânava,
l'humilité. La Torah n'a été donnée
au peuple d'Israël que parce que c'est un peuple de gens humbles.
Les autres peuples ont d'autres forces collectives (art de la pensée,
de la guerre, de la beauté, de la science, etc); ce petit peuple
reste toujours petit, il ne conquiert pas de territoires, pas de continents,
il n'impose pas sa conception par l'épée et le bûcher
et les conversions forcées comme l'ont fait le christianisme
et l'islam. Il ne cherche pas à être nombreux, il est fidèle
à sa petite part, la Torah depuis des millénaires, c'est
tout.
C'est ce peuple humble que Haqqadoche barouk Hou a vu qu'il
était adapté à recevoir, à recevoir la Torah.
De même, parmi tous les choix possibles sur les règles
d'application de la Torah dans le concret, c'est selon l'Ecole de Hillel
que s'est fait le choix car ses Sages se caractérisaient par
la gentillesse, le sens de l'unité et la modestie. Pas selon
les autres qui étaient brillants, élitistes, sûrs
de leur qualité raffinée. Qu'ensuite, ces gens modestes
soient souvent éminents en de nombreux domaines, au contact de
la Torah, c'est une conséquence simplement. Mais ils ne tiennent
pas cela d'eux. Et ceux qui n'ont pas ce style de ânava,
l'humilité, ne se comportent pas selon le génie
de leur peuple.
Le 'Hida essaie de bien nous faire comprendre ces sens majeurs, et j'ouvre
l'éventail de ses expressions condensées dans l'hébreu,
langue dense, pour bien recueillir toute cette richesse.
Arrivé à ce point de compréhension, nous pouvons
entendre la logique de ce que nous dit le 'Hida: quand il nous est indiqué
dans le psaume que Hachém yévarékh
éte âmmo vachalom, Il bénira son peuple
(uni) dans la paix-complétude (de ce qu'Il est), il ajoute deux
clefs capitales:
- béli galoute, sans
galoute, sans la dispersion d'Israël car c'est une anomalie
pour ce peuple de ne pas être dans le lieu de la plénitude
qui lui est donnée par le Maître du monde. Quelle ingratitude
quand cela est possible. Imaginez une fiancée qui aime son fiancé,
et la fête du mariage est organisée, tous les invités
sont là et, tout simplement, elle ne vient pas, cela lui suffit
de savoir qu'elle est aimée, que son fiancé lui a accordé
toute sa vie et tout son être, mais elle conserve en plus les
quelques avantages réel qu'elle a ailleurs. C'est tout. Ainsi
quand nous disons: ne croyez pas que c'est facile, avec mon métier,
mes obligations, mon argent, mes soucis, d'aller là-bas. Il est
remarquable que les Sages de tous les siècles qui ont réalisé
ce retour vers la complétude sur la terre conjugale Eréts
Israël, ne parlent jamais de ces questions des difficultés
ou des avantages matériels. Et pourtant, c'était aller
dannns le lieu de la persécution et du danger, comme si aujourd'hui
on se décidait d'aller vivre en Iran ou en Syrie. Simplement,
nous sommes une génération qui a digéré
la mentalité de consommation. Et cela passe avant le reste. Cela
n'entrait pas enjeu chez ces maïtres comme le Rambam, le Rambane,
le Chla, le Ramhal, le 'Hida, etc. Il savaient ce qu'ils disaient en
disant ce verset, Hachém yévarékh
éte âmmo vachalom, sans galoute.
- béli ma'hloqéte,
sans discussion oiseuses où c'est la volonté de divergence
qui l'emporte. Une obsession de l'unité dans la diversité.
Dans la fraternité. C'est pour cela que j'ai placé ce
dossier (lien ici) si important pour parvenir à étudier
ce que la Torah entend par là. Cette urgence.
Continuons, car le 'Hida va très loin en nous
montrant les implications de cette conception de la Torah. Il déplace
un peu la loupe et nous montre que les lettres finales des mots Hachém
yévarékh éte, avec
l'unité qui les réunit, a la guématria de
Machia'h ben David,
le Messie fils de David. Que veut-il dire par là? Si nous vivons
selon cette perspective que nous enseigne le psaume, dans le peuple,
alors le projet divin se réalise automatiquement et le Messie
est là. C'est concret. Hélas, beaucoup ne veulent pas
aller dans cette logique, c'est plus facile mais nul de jouer à
la Loterie nationale hors de toute réalité, malgré
notre état si imparfait dans la Torah: Untel a dit qu'il est
déjà arrivé, ou qu'il se cache là-bas derrière
un arbre, ou en remuant les dés ce sera dans 27 ou dans 98 jours
et je vous assure qu'il remue bien les dés. Tout cela est interdit.
Nous avons toutes les règles pour qu'Il vienne maintenant, aujourd'hui.
Amen. Le reste est de la supercherie, la preuve que les magiciens d'Egypte
continuent encore à agir dans le êrev rav, le peuple
bigarré qui nous a accompagne. Nous avons tous un peu ces tendances.
Alors, nos grands Sages, comme le 'Hida, nous disent calmement: tout
est simple, regardez les textes mais vivez-les. Nous avons reçu
la promesse de tout, de la fraternité, de la vie, de la paix,
nous avons reçu les règles. A nous, quand même de
faire une petite partie du travail.
Et nous savons où cela se passe.
Et le 'Hida veut nous sensibiliser à l'immensité de tout
ce que nous avons ainsi reçu en n'oubliant pas Qui nous le donne.
Le psaume se termine par la force et la paix chalom qui est un Nom divin.
Il commançait par la force, ôz
et se termine par elle mais nous savons que c'est une certaine force,
celle qui vient d'En-haut. Le psaume nous a appris à resté
branché sur la source et à l'accompagner dasn sa volonté
d'apporter le bonheur. Il montre que cela se concrétise dans
le fait que le mot du dernier verset yévarékh
a la même
guématria 232 que les 4 façons dont on écrit le
tétragramme.
Le Juif travaille pour le bonheur du monde, et il en a reçu la
science, celle de la présence de Celui qui le crée et
qui veut associer l'homme à Son projet. Cela manque dans les
thèses remuées dans les journaux, à la radio ou
dans les lignes des parties qui veulent redécouper sans cesse
la planète. Le délire de se prendre pour D.ieu le Créateur.
Qu'on me permette une toute petite note personnelle, il est possible
de résumer tout cela en disant que la lettre initiale youd
et la lettre finale mém
de ce dernier verset du psaume 29
sont les mêmes que celles du mot le plus aimé Yérouchalayim:
Ce psaume nous a appris combien dans la prière et dans la réalité,
nous construisons le monde dans le bonheur en partenariat avec son Créateur:
Boné Yérouchalayim Hachém, nid'hé Yisrael
yékhanness.
Il construit Yérouchalayim Hachém, les dispersés
d'Israël Il les rassemble.
Amen!
Et ce qu'Il a prévu en créant les hommes, Il le réussira.
Immense est notre bonheur et privilège d'avoir été
créés pour cela. Pour cette tâche.
Nous ne serons pas des lâches ni des ingrats.
Et nous verrons avec Lui ce miracle.
Aucun homme, aucun, n'est capable d'arrêter ce plan de bonheur.
Merci.
C'est ce que nos Sages expriment en disant que les trois mots du premier
verset havou
laChém kavod forment le mot kala,
la fiancée Chabbate qui vient au mariage. Voilà pourquoi
on dit Boï
kala le soir du Chabbate après ce psaume
29 à la synagogue. Notre peuple est alors dans ce niveau avec son
Créateur.

Nos Sages le développent encore en disant que cette unité
est exprimée par le mot havou
qui a pour guématria 13 comme le mot é'had
(un) ou le mot ahava
(amour).
Maintenant, il reste à revenir plusieurs fois sur cette étude
pour bien l'intégrer et ensuite dire le psaume en étant
présent à ces richesses. Et nous verrons...
Avec le Middrache et le Zohar.
Tout ce psaume nous explique le désir de D.ieu que nous acceptions
Son don, comme dit le Yalkoute Chimeôni sur la paracha Yitro, 247,
jusqu'à ce que soient remplies nos maisons de la lueur de la Chékhina
(âd chénitméléou batéihén
miziv haChékhina). Les textes qui entrent davantage dans les
niveaux intimes en explorent la technique de diffusion que nous n'indiquons
ici que de façon simple et générale.
Beaucoup de textes insistent sur la grandeur de D.ieu qui doit se restreindre
pour ne pas briser l'homme. Ainsi, lorsqu'Il parle à Moché,
et Rachi insiste beaucout sur cette retenue sur le premier verset de Vayiqra
(voir le commentaire). Pour cela, il retient jusqu'à ce que Sa
voix ne soit pas entendue de l'extérieur, mais seulement dans la
tente de rencontre (ohél
moêd ). Il parle à voix basse (qol
namoukh). Cela nous apprend que l'essentiel,
et la Torah en particulier demandent cette centration intime sans laquelle
la rencontre ne peut se faire.
A l'autre bout de la chaîne (ôz
vé chalom) de cette diffusion de rencontre,
quand elle a pu se brancher et se déployer alors se réalise
le dernier verset et il en est dit Torate Hachém témima
méchivat nafeph, la Torah est parfaite, elle guérit
tout l'être (Traité Dérékh Erets, Chalom 3).
Et cette extériorisation réussie est ce que montrent les
téfillines portés, ils sont cette force (ha
téfiline ôz hem léIsrael,
Bérakhote 6,1).Voilà pourquoi beaucoup de Sages portent
ces téfilines chaque fois que possible. C'est pour cela qu'il est
dit aussi que les disciples des Sages font surabonder la le chalom dans
le monde et que ceux qui font de l'étude de la Torah leur métier
ont conscience de travail ainsi au bonheur du monde, autant que par toute
autre tâche. Comme il est dit en Isaïe 54,13: Tous tes enfants
seront disciples de Hachém et grande sera la paix de tes
enfants. Ne lis pas banaikh tes enfants mais bonaikh tes
constructeurs (Bérakhote 64a). Lisez ici des versets de psaume
119,165 et 122,7 et 19,11.
C'est alors la force non plus destructrice mais la force qui n'est que
joie, comme dit le psaume 21,2 sur l'épanouissement de l'homme
(Hachém béôzékha
yisma'h) comme le remarque la Mékhilta
de Ribbi Chiméone bar Yokhaï 15,2.
Le middrache nous éclaire aussi sur le lien entre la paix chalom
et le vêtement lévouche,
dont nous avons parlé. Chémote Rabba, 8,8,1 pose la question:
de quoi s'agit-il quand il est dit que Israël s'est revêtu
de l'habit de Ha Qadoche Baroukh Hou? C'est de ôz,
la force, comme il est dit dans le psaume 93: lavéche Hachém
ôz
hitâzar. Et le Middrache téhilim sur ce psaume décrit
ce vêtement de force qui a protégé Israël lors
de la guerre de l'eau, de la Mer Rouge, ce sont les cuirasses de défense
et de vengeance dont parle Isaïe 59,17.
Dans son siddour de prières, le Roqéa'h élargit encore
la compréhension. Ce chalom
de la fin du psaume ne s'étend pas seulement à Israël.
En effet, il est dit : éte âmmo vachalom. Or, nous
savons que chaque fois qu'il y a le mot éte, il s'agit d'une extension,
d'une adjonction. Il s'agit ici des nations ou des individus qui se sont
joints à Israël lors du don de la Torah et depuis. Et qui
reçoivent ce même ôz véchalom.
Le Middrache Rabba Bémidbar 2,1,5, en ce sens de la paix totale,
met en liaison les 7 voix du psaume avec les 7 bénédictions
de la prière de Chabbate, moment de plénitude. Et
on sait que la Torah fut donnée ainsi le matin de Chabbate. C'est
pour cela aussi, probablement que l'on dit ce psaume ou qu'on le chante
touts ensemble avec joie quand on a lu la Torah le Chabbate (pas le lundi
ni le jeudi) et que pleins de cette complétude, nous rentrons le
rouleau dans le arone ha qodéche. Regardez les textes que
l'on dit ensuite pour réaliser à quel haut niveau on est
alors.
Dire ce psaume nous met en tous ces niveaux, en toutes ces dynamiques.Que
cette étude nous vaille ce bonheur promis. Amen.
Je voudrais insister sur un point ici. On pourrait, à tort, imaginer
que la Torah voudrait imprégner ainsi chacun et donner la même
note. Souvent des débutants dans le retour au judaïsme ont
ainsi une propension à vouloir copier les autres de leur nouveau
groupe pour être "comme", pareils, identiques à
la masse ou au groupe. Cela se comprend dans la fragilité nouvelle.
C'est respectable quand cela ne veut pas s'imposer à autrui au
même nouveau rythme qui a pris soudain quelqu'un. Mais tous les
middrachim insistent sur ceci: pourquoi est-il dit en Chémote
19 que Eloqim répondait à Moché baqol,
dans la voix? Parce que c'était dans une voix telle qu'il pouvait
la supporter (lésovlo, Chémote Rabba 5,9,5 et 29,1,5
et 34,1). Et de même envers chacun, et une longue énumération
est donnée par les middrachim, aussi bien les hommes que
les vieillards, les enfants, ou la femme enceinte, chacun selon sa
force et non pas selon la force intégrale de Hachém.
C'est pour cela qu'il est dit aussi tout-de-suite, voix en force qol
bakoa'h, voix en beauté, qol
béhadar. Car elle ne détruit pas
mais fait oeuvre de beauté en chacun qui devient beauté.
Et c'est pourquoi Ribbi Chiméône bar Yo'haï dit : "voix
en beauté, qol
béhadar, la Torah leur a rendu leur
être, ha Torah vé'hzira lahém nafchotéhem".
En ce sens de largeur, Dévarim Rabba (paracha Nitsavim sur ki
ha mitsva) attire l'attention sur le fait que ces 7 voix investissaient
toutes les directions avant d'atteindre la plénitude de la réception
dans l'état que l'on nomme malkhoute ou royauté.
Quelqu'un qui est nourri de la Torah et en vit intérieurement ne
devrait pas être restreint, borné, contracté.
Et, de plus, il devrait être doux, adoucissant, car la voix est
passé de la force à la beauté. Le Chir ha Chirim
Rabba 6,3 le suggère quand il dit que Hachém himtiq
lahém éte ha dibbour, Hachém a adouci
pour eux la parole. Il faudrait parler ainsi dans une voix que l'autre
peut "supporter" (lisbol). Car tout homme est vulnérable
à la souffrance. C'est bien ce que dit l'aimée: nafchi
yatsea bidévaro, mon âme a défailli par la douceur
de ses paroles (voir le Middrache Tan'houma sur le mot Vayiqra).
Nous pourrions nous dire: nous ne sommes pas à la hauteur d'un
tel programme. Cette réaction est orgueil démesuré
et non pas attitude modeste. En effet, ce n'est pas nous qui décidons
du monde, ni de quoi nous sommes dignes ou non, ni de la volonté
d'union envers nous qu'a le Créateur, etc. Mais nos fautes constantes?
Elles ne sont en rien un obstacle, dit le Middrache Téhilim sur
"âl ha mayim": ces eaux de la voix, dès
le début du psaume et du processus, lave les fautes et les précipitent
dans les ravins comme dit Mikha 7,19. Et c'est la tâche de Celui
qui est le médecin, qui a donné une bénédiction
que nous disons parmi les 18: rofé 'holim, Il guérit
les malades. Et nous le sommes tous.
On comprend maintenant que les Sages du Grand Sanhédrine parlaient
70 langues. Ils captaient tout l'influx de la bénédiction
qui se répand sur Israël et sur tous les peuples, et ils en
étaient le canal de transmission. 70 est la plénitude de
7. Et pourquoi pas 72.Ah, si nos Sages qui existent se mettaient ainsi
ensemble. Rien ne devrait les empêcher car ils connaissent bien
cette nécessité d'unité qui assure cette paix divine,
eux qui connaissent la Torah.
Pour terminer, quelques aperçus dans le Zohar
- Dans le Zohar II, 31a: Voix de Hachém sur les eaux. Les
bontés de D.ieu descendent dans toutes les directions nécessaires
où chacun reçoit ce dont il a besoin, et parviennent à
constituer l'unité optimale. Mais il y a des temps de rigueur et
des temps de facilité et de dévoilement, et il faut une
grande souplesse et une profonde acceptation des moments dont nous ne
connaissons pas les raisons pour que le bien puisse continuer à
se dérouler.
- Dans le Zohar II, 70a: tout cela est compris dans l'expression de Chémote
20: "kol haz âm roim éte ha qolote" (tout
le peuple a vu les voix), lors du don de la Torah au Sinaï.
- Dans le Zohar II, 187a: (voix du déluge) quand la voix de la
rigueur s'exerce sur le monde cela est terrible, et ce fut le cas lors
du déluge. Et si D.ieu n'avait pas fait jouer Sa voix de ra'hamim,
miséricorde en donnant l'arche à Noé, tout le monde
aurait été détruit.
- Dans le Zohar III, 31b: la descente des ces 7 voix, celle des eaux c'est
Avraham, celle de la force rigoureuse c'est Yits'haq, celle de la beauté
c'est Yaâqov, les deux suivantes sont le duo de victoire et de splendeur,
la voix du désert c'est celle du tsaddiq, la voix des biches
est celle du tsédéq.
- Dans le Zohar III, 231a: les six voix de la Chékhina qui
débouchent dans la septième voix des "buées"
(cf. ce que nous avons vu plus hauit: havou, hével) du coeur,
les voix intimes du coeur qui montent vers la bouche. Que plaise à
D.ieu que nous ayions tous cette qualité ou les pensées
intérieures qui vont et viennent seront comme les anges sur l'échelle
de Jacob!
- Dans le Zohar III, 249a: les tremblements de la biche saisie par la
voix sont les douleurs des naissances difficiles sur tous les plans et
sur les plus essentiels pour la réussite de ce monde, qui est la
présence réussie de la Chékhina. Et le Ciel
ne peut pas le réussir sans nous et sans nos difficultés
à y avancer. Mais la voix de la Torah nous y interpelle et ce sont
ces difficultés d'accouchement. C'est une union difficile. C'est
tout le psaume sur la biche de l'aurore.
- Dans les Tiqouné Zohar 47a: les 7 voix sont comme des fleuves
de la descente de la bénédiction qui sortent du Jardin d'Eden
depuis la Sagesse (sa source 'hokhma et son fleuve de sortie bina)
et que l'on nomme séfirotes. Ils descendent et éclairent
selon les sept versets de la prière Ana vékoa'h.
(C'est pour cela qu'on le dit souvent après ce psaume). C'est la
Torah qui est la voix des eaux de vie et qui est dite en beauté
(tiféréte) à Moché et son visage illumine
et cela est donné jusque dans les téâmim
(lien ici) de la Torah. Mais cela n'est pas complet si nous ne faisons
pas remonter ce flux de descente vers nous en bonnes actions et en louanges
vers le Créateur.
Questions ou objections
Une étude sans question ou objection n'est pas une véritable
étude juive. Après avoir découvert toutes ces beautés
qu'il y a rien que dans ce psaume, on pourrait se demander ce qu'ajoute
le fait de le "dire". Cela est, nous l'avons appris. Cela
ne suffit-il pas?
Autre question: puisque Ha Qadoche Baroukh Hou Lui-même déploie
toute la bénédiction aux mondes, que puis-je y ajouter,
moi? en le disant je le reconnais, c'est beaucoup mais est-ce que
l'on nous demande plus que cela?
1. Dans la paracha Béchala'h
de Chémote, nous avons expliqué que Ra'hamana liba baê,
"D.ieu recherche le cœur de l'homme" dit le Talmud en Sanhédrine
106 b et son commentaire de Rachi. De même, dans plusieurs parachiyotes
de Dévarim: Eqev,
Ki tetsé,
Vézote
ha bérakha j'en ai parlé. Le Chla revient constamment
sur ce thème dans toute son œuvre par la phrase âvoda
tsorékh gavoa, "de notre prière du cœur, a besoin, le
Très-Haut".
Il nous demande d'être co-animateur de Sa Création. Et notre
prière a le pouvoir de mobiliser ces processus potentiels qui ont
été décrits. Nous savons bien qu'il se produit constamment
des blocages des bonnes énergies vitales, tout le Tanakh nous raconte
ces péripéties et comme va mal le monde suffit à
nous en faire prendre conscience.
Il suffit de notre pureté dans la prière pour que le désir
de vie que Hachém a placé dans le monde passe en
réalisation concrète. C'est la conception juive: l'étude
de la Torah, la prière, les sacrifices, les actions bonnes, la
tsédaqa transforment le monde.
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