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Prier contre l'injustice et les
faux procès
qui s'exercent contre Israël,
psaume 35
Commentaire et traduction
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos
Sages
Site Modia : http//:www.modia.org
Je dédie cette étude à des
amis injustement poursuivis pour qu'ils parviennent à retrouver
et garder l'assurance du bonheur.
Cette étude est réalisée le 12 Chévate 5762,
25 janvier, dans la paracha Béchalla'h qui comporte le chant de
libération de Moché et celui de Myriam à la sortie
de la mer Rouge.
En ces jours, Israël est soumis à un jugement mondial
injuste, continuellement.
Les nations d'Europe, non contentes d'avoir sur leurs épaules,
20 siècles d'antisémitisme religieux cruel, d'avoir expulsé
et exterminé sur les bûchers des centaines de milliers de
Juifs et d'en avoir fait les boucs émissaires de toutes les plaies
de la société, d'avoir organisé proprement et civilement
la solution finale avec les 6 millions de morts, d'avoir refusé
souvent d'être le pays de refuge des survivants, s'allient encore
aujourd'hui avec les ennemis les plus déterminés du Juif
contemporain qui est représenté par les Israéliens
et l'Etat d'Israël.
Les nations d'Europe osent citer injustement en justice le Chef d'état
d'Israël pour des crimes réalisés par des Chrétiens
au Liban.
Elles osent sans cesse placer la culpabilité sur Israël quand
les terroristes palestiniens tuent les Israéliens de façon
atroce.
Les meilleurs amis, indéniablement, les USA ont vu hier leur ambassadeur
briser pour la seconde fois toutes les règles de la diplomatie
et intervenir vulgairement dans les affaires intérieures d'Israël
en demandant aux citoyens israéliens de se rebeller contre le gouvernement.
Il a dit perfidement : "je ne vous le recommande pas, mais je vous dis
que des manifestations ont fait tomber des gouvernements, et des manifestations
devraient contraindre le gouvernement d'aller dans le sens de la politique
des USA sur le processus de paix". Perfide, ignoble, vulgaire, faux, fourbe.
Et de la part d'un pays ami, et par la bouche d'un Juif contre sa terre
promise et donnée par le C.iel, et qui encourage régulièrement
les mouvements opposés au consensus et collaborant avec l'ennemi.
Qui n'a pas vécu dans sa vie des faux procès, des
trahisons de la part de proches et qui laissent des blessures douloureuses
qui ne s'effacent guère et se ravivent sans cesse ?
Le Roi David, que la paix soit sur lui, a connu tout cela de façon
répétée dans sa vie et nous pouvons nous baser sur
son exemple et sur sa prière pour retrouver l'espoir, le chant
et la victoire. Il exprime cela dans le psaume 35.
Présentons-en la structure.
Il est composé de 28 versets, comme la guématria du mot
koa'h, la force.
12 versets y sont des prières, et davantage de versets (16) sont
l'expression obsédante des ennuis causés par les fourbes
et les traîtres qui citent en justice de façon fausse et
injuste.
Le psaume est une montée et une rechute, le tout répété
plusieurs fois comme dans un tourbillon jusqu'à la bonne stabilisation.
Il porte ainsi la réalité humaine et celle d'Israël
en ces jours.
C'est la plénitude de "l'être (néféche)",
de "mon être (nafchi)" qui est atteinte dans cette persécution.
L'enjeu est de retrouver la joie, celle qui se reconstitue parce que Celui
d'où vient tout l'être se manifeste et fait revivre, alors
ces adversaires ne sont plus rien ; devant LA bonté le mal rigoureux
éclaté en miettes.
Les 5 phases de prière sont séparées par 4 phases
décrivant le péril.
Voici la description du psaume
selon ses séquences.
1e phase de prière (versets 1-2-3) où David
cherche et demande que Hachém Lui-même soit son combattant,
sa protection, son salut :
De David. Entre en lutte, Hachém, avec mes adversaires,
combat ceux qui me combattent.
Renforce le bouclier et la cuirasse, et lève-Toi pour m'aider.
Brandis une lance et ferme à ceux qui me poursuivent ; dis à
mon être (nafchi) : Ton sauveur, c'est Moi".
1e phase de péril (versets 4-5-6-7-8) où David prie
contre ses ennemis :
Qu'ils soient confus et honteux, ceux qui en veulent à
mon être (nafchi)!
Qu'ils lâchent pied et reculent, en rougissant, ceux qui méditent
mon malheur!
Qu'ils soient comme le chaume emporté par le vent, et que l'ange
de Hachém les pourchasse!
Que leur chemin soit sombre et glissant, et que l'ange de Hachém
soit à leurs trousses!
Car, gratuitement, ils m'ont dressé leur filet meurtrier, gratuitement
ils ont creusé (un piège) à mon être (nafchi).
Qu'une catastrophe (choa) fonde sur eux à l'improviste ;
qu'ils soient pris dans le filet qu'ils ont dressé et soient précipités
dans la ruine (choa).
2e phase de prière (versets 9-10) où David
parle à nouveau de son âme qui demande à atteindre
la joie par l'assurance de l'aide divine :
Alors tout mon être (nafchi) se réjouira
en Hachém, il sera plein de joie à cause de Son secours.
Tous mes membres diront : Hachém, qui est comme Toi ? Tu
défends le pauvre contre un plus fort que lui, le malheureux et
l'indigent contre leur spoliateur.
2e phase plus longue de péril (versets 11-12-13-14-15-16)
où David prie à nouveau contre ses ennemis, et décrit
les manoeuvres perpétuelles de ces traîtres et menteurs :
Des témoins pervers se lèvent : ils m'interrogent
sur ce que j'ignore.
Ils me récompensent en rendant le mal pour le bien ;
on veut réduire mon être (nafchi) à l'isolement..
Tandis que moi, quand ils étaient malades, je portais un cilice
comme vêtement,
je mortifiais mon âme par le jeûne, et ma prière se
renouvelait dans mon coeur
Comme s'il s'agissait d'un ami, d'un frère à moi, j'errais
ici et là ;
comme si j'étais en deuil d'une mère, j'étais tristement
courbé.
Et eux, ils se réjouissent en bande de ma chute,
des misérables s'attroupent contre moi à l'improviste, ils
me déchirent sans relâche.
En vrais hypocrites, en railleurs gloutons, ils grincent des dents contre
moi.
3e phase de prière (versets 17-18) où David
supplie et affirme que, sauvé, il redeviendra capable de louer
:
Hachém, combien de temps le verras-Tu ?
Protège mon âme (nafchi) contre leurs violences, contre
les lionceaux mon bien le plus intime.
Je T'en rendrai grâce dans une grande assemblée,
je T'en louerai au milieu d'un peuple nombreux.
3e phase un peu plus longue de péril (versets 19-20-21)
où David décrit les procédés de ces ennemis
:
Qu'ils ne se réjouissent pas contre moi mes ennemis de
mensonge!
Ceux qui me détestent gratuitement, qu'ils ne puissent pas me lancer
de mauver regards.
Car ce n'est pas de paix qu'ils parlent, et contre les gens du pays.
Et contre moi ils ouvrent une large bouche disant "é'ha, é'ha"
nous l'avons vu de nos yeux.
4e phase de prière (versets 22-23-24) où David
demande l'intervention rapide de Hachém :
Tu as vu, Hachém, (tout cela), ne garde pas le
silence, mon Maître ne T'éloigne pas de moi.
Eveille-Toi, et réveille-Toi pour me rendre justice, mon D.ieu
et mon Maître, pour défendre ma cause.
Juge-moi selon Ta justice, Hachém, mon D.ieu, et qu'ils
ne se réjouissent pas à mon sujet.
4e phase de péril (versets 25-26) où David demande
qu'ils ne gagnet pas et qu'ils soient perdus :
Qu'ils ne disent pas dans leur coeur : "é'ha"
c'était cela ce que notre être voulait contre lui,
qu'ils ne disent pas : "nous l'avons ruiné".
Qu'ils soient honteux et dans la confusion, tous ensemble ceux qui se
réjouissent de mon mal,
qu'ils soient revêtus d'opprobre et d'infamie ceux qui se grandissent
à mes dépends.
5e phase, finale, de prière (versets 27-28) où
David exprime son bonheur en Hachém : joie, salut, paix,
justice et louange:
Qu'ils jubilent et se réjouissent ceux qui souhaitent mon bien;
et qu'ils disent toujours: "que la grandeur de Hachém soit
glorifiée, Lui qui désire la paix pour Son serviteur".
Et ma langue méditera Ta justice, tout le jour Ta louange.
Ici, le psaume s'arrête, sans phase de description du péril,
car celui qui prie a atteint la sécurité et la louange.
Car Hachém est près de lui (verset 22).
Un terme revient, en cet état, celui de joie, de jubilation, dès
le verset 9.
Il y a deux réjouissances :
- celle des méchants qui jouissent de leur perfidie (verset 15
et 24 et 26) mais ne se réjouiront pas longtemps, comme le rappelent
les Proverbes 3, 25.
- la joie de celui qui met sa confiance en Hachém (verset
9) et les deux derniers (versets 27-28). Il s'éloigne alors de
l'influence du mauvais oeil (âyine ha râ) et de la
médisance (lachone ha râ) et sera éternellement
préservé dans la paix et la joie jusque dans le monde à
venir.
Comme le dit le Zohar en III, 126b sur le verset 23, David demande que
les bontés se répandent (haîra) et que les
rigueurs et cruautés (haqitsa) soient limitées.
C'est aussi ce que nous demandons le matin dès la première
prière (achér yatsar) quand nous disons que ne se
ferme pas ce qui doit être ouvert et ne s'ouvre pas ce qui doit
être fermé.
Notre tradition sait bien que les méziqim, ceux qui
nuisent, se renouvellent constamment et qu'il faut donc savoir
réagir face à ce phénomène. Le Talmud discute
souvent des témoins mensongers (êdim zomémim)
devant les tribunaux (psaume 7), témoins qui véhiculent
la violence (êd 'hamas) comme dans le psaume 27, 12.
Cela prend sa source sur le verset 19, 16 de Dévarim
La fin de ces méchants sera leur ruine (psaume 9).
Le psaume 31 reprend tous ces thèmes et en tire une conclusion
dans le dernier verset, celle même qui fut dite à Yehoshua
avant qu'il n'entre dans la terre d'Israël : "alors, soit fort et
ferme" pour bien tenir cette ligne avec conscience et constance.
Et, aux mots répétitifs d'angoisse et de malheur, se
substitueront les mots répétitifs de bonheur et de louange.
Méâm loêz le résume en ces termes sur
le psaume précédent (34, 20) : "les tracas du juste sont
nombreux et, de tous, Hachém le sauve", "ils appellent et
Hachém les exauce" (34, 18), "ils n'ont pas encore fini
de demander que Je leur ai déja répondu" (Isaïe 65,
24).
Ainsi, le juste peut tomber 7 fois sous l'adversité mais il
se relève tandis que le méchant s'écroule pour
de bon (Proverbes 24, 16).
Que les peuples qui persécutent Israël par faux témoignage,
et que les fourbes qui leur prètent concours de l'intérieur
de notre peuple deviennent ainsi conscient de ce qui les attend et de
la puissance du D.ieu d'Israël qui ne dort ni ne sommeille.
Dans la proximité à la sainteté, nous sommes comme
un seul être, et rien ne pourra nous séparer.
Précisions
Ce psaume concerne David et est écrit par lui, ce qu'indique l'expression
du début : léDavid. 73 psaumes comportent cette expression,
50 n'ont aucun nom au commencement (mizmorim yétoumim),
12 sont léAssaf, 11 sont des fils de Qora'h (livné
Qora'h), 2 (les psaumes 72 et 127) sont de Salomon (liChlomo),
1 est de Moché (léMoché), 1 de Eitane (léEitane
hammizra'hi). Ce lamed (lé) placé avant le nom
réfère ainsi à la personne concernée soit
qu'elle ait rédigée le psaume, soit que le psaume soit en
son honneur ou en prière pour lui, ou d'un prophète qui
prophétise au sujet de David, ou que ce personnage avait coutume
de chanter ce psaume, selon les commentateurs.
Dans le Middrache Téhilim 24, 1 il est dit que chaque fois
que le psaume commence par mizmor lé David, cela veut dire
que David commença à chanter et ensuite la Chékhina
vint vers lui.
Par contre, quand on a d'abord LéDavid mizmor, cela veut
dire que le Roua'h ha qodéche vint d'abord sur David et
l'inspira et ensuite il chanta.
Quand il est écrit maskil léDavid, c'est un interprète
qui a rédigé ce chant.
Et la Chékhina ne réside pas en ces cas si l'auteur
est dans l'état de tristesse, de légèreté
d'esprit, de distraction ou centré sur des choses futiles.
Mais uniquement quand on est en état de joie (sim'ha) ;
voyez sur cela, II Chroniques 3, 15 : "maintenant, amenez-moi un musicien,
et comme le musicien jouait, la main de Hachém fut sur Elicha".
En tous cas, voyez le Traité Péssa'him 117a où il
est dit que David chanta tous ces psaumes comme il est dit dans le verset
72, 20 : "ici se terminent les prières de David, fils de Yichaï".
Prier les psaumes, c'est se placer dans cette union de David et de la
Chékhina.
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