Psaume 45

La priere juive

Prier pour que nous soyions tous, dans le peuple d'Israël, des hommes droits, des femmes droites,
heureux et heureuses dans la Torah et LA Présence qui est sur la terre d'Israël.

Prier aussi pour que nos dirigeants aient constamment présents à leur esprit le fait que leur action
doit être intérieure à celle de la Torah. Alors, il est sûr qu'ils apporteront le bonheur au peuple
et ils seront une présence vivante et un exemple vivant pour chacun. Que nous ayons des dirigeants
qui aient reçu cette formation et qui, dans leur être personnel, aient cette préoccupation.

C'est un chant d'amour et de joie envers le roi et son épouse




Voici le texte du psaume selon ses séquences

1e phase (verset 1), le titre de présentation du psaume et son axe :

"Au vainqueur, le chef des chantres. Sur les chochanim (roses ou fleurs d'amour).
Par les fils de Qora'h (ces victorieux, des grands Sages, pourtant fils d'un rebelle lamentable).
Maskil (chant intelligent).
Chant d'amour".



2e phase
(versets 2): l'ouverture musicale.

"Mon coeur agite un beau projet: je veux consacrer mes actes au roi!
Ma langue est la plume d'un scribe habile".


3e phase
(versets 2-8): louange amoureuse envers le roi.

"(3) Que tu es beau entre tous les fils d'homme, la grâce est sur tes lèvres; c'est pourquoi t'a béni D.ieu pour toujours.

(4) Ceins ton épée sur ton flanc, héros que tu es, c'est ta beauté et ta splendeur!

(5) Ta beauté! Courage et en selle pour la vérité: la modestie de la justice. Et que ta droite te découvre de nombreux exploits!

(6) Tes flèches sont aigües, des peuples tombent sous toi, elles pénètrent dans le coeur des ennemis du roi.

(7) Ton trône, par D.ieu, est assuré pour toujours car c'est un sceptre de droiture le sceptre de ta royauté.

(8) Tu as aimé la justice et tu as haï le mal; c'est pourquoi D.ieu ton D.ieu t'a oint d'une huile d'allégresse de préférence à tous tes amis".



4e phase
(versets 9-16): louange amoureuse envers la reine.

(9) "Myrrhe, aloës et casse parfument tous tes vêtements; du fond des palais d'ivoire les concerts te réjouissent.

(10) Des filles de rois parmi tes proches; elle se tient à ta droite la reine couronnée des bijoux d'Ophir.

(11) Ecoute, ma fille, vois et tends ton oreille: et oublie ton peuple et la maison de ton père.

(12) Que de ta beauté s'éprenne le roi; car il est ton maître, incline-toi devant lui.

(13) Et toi la fille de Tyr, par des cadeaux ils recherchent ta bienveillance les riches du peuple.

(14) Toute glorieuse est la fille du roi dans son intérieur, de tissus d'or elle est vêtue.

(15) Couverte de broderies, elle est conduite vers le roi, un cortège de jeunes filles derrière elle, qui sont amenées pour toi.

(16) accompagnées de joie et d'allégresse, elles entrent dans le palais du roi".


5e phase
(versets 17): souhait essentiel symbolique de tout.

(17) "A la place de tes pères que soient tes enfants, que tu puisses les établir en prince sur tout le pays".



6e phase (versets 18): louange finale.
"Je ferai souvenance de ton nom pour toutes les générations, c'est pourquoi les peuples te loueront pour toujours".

Ce 29 Elloul, (ce 2 octobre 2005), il y a 23 ans, mon épouse zal et moi, nous faisions notre alyah. Jamais, jamais, PAS une seconde, nous n'avons regretté d'avoir fait ce choix. JAMAIS. Malgré toutes les épreuves, et elles furent très très grandes.
Mais la joie profonde est restée inébranlable. Toujours plus large. Le bonheur de vivre dans une présence inégalée, au milieu du peuple qui a cette perle et cette responsabilité.
Je vous invite à fêter avec moi mes 23 ans! Et, dans cette joie, offrez-moi s'il vous plait un cadeau: lire ensemble ce psaume 45 pour tous ceux et celles qui vont venir construire le bel Israël. Ils le méritent! C'est en même temps un psaume d'hommage envers le Créateur et Sa Chékhina, sa présence dans le monde. Et à tout Juif et à toute Juive à Son image.
La joie d'Israël est de ces niveaux, elle n'est pas dans la ressemblance aux nations et à leurs critères de réussite.


Quelques progrès dans la connaissance de l'hébreu, quand on aime quelqu'un on lui parle avec le soin dans les mots, ainsi dans la prière des psaumes, on comprend et on exprime bien par l'hébreu:
1- Au verset 1, faut-il lire chochanim ou chochannim puisqu'il y a un point, un daggéche dans le noun; double t'il la lettre? Oui, chochannim et doublez bien la lettre noun . Voyez ces cas dans la page pour la bonne lecture de l'hébreu, ici. De même libbi et non libi au verset 2. Mibbéné adam et non pas mibéné adam au verset 3, etc. Voyez ici aussi.
Au verset 1, prononcez bien la lettre 'hét dans La ménatséa'h ou dans qora'h; de même tout au long du psaume.
Au verset 1, prononcez bien le âyin dans âl; je le rends par un accent circonflexe dans toutes les transcriptions pour ne pas l'oublier. Egalement, au verset 2: maâssaï, ête. Continuez ainsi tout au long du psaume.Voyez ici.
Au verset 2, prononcez bien le hé soufflé dans mahir. Ou bien dans houtsaq au verset 3.
Au verset 3, le qamats de "Que tu es très beau (yofiafita)" ne se lit pas "a" mais "o" car il est suivi d'un chévâ. De même, au verset 12 : "Que de ta beauté (yofyére) s'éprenne le roi". C'est la règle du qamats qatone, qui se retrouve aussi dans d'autres cas: allez les étudier sur cette page pour ne plus faire d'erreur de lecture.
Au verset 5, prononcez bien é le chévâ en début de mot (et non pas eu ni l'escamoter) :lire rékhav et non pas rkhav; vétorékha, en non pas vtorékha. etc

2- Pourquoi au verset 3, la racine yafé, beau, est-elle ainsi redoublée dans "Que tu es très beau (yofiafita)"?
Ce phénomène a pour but d'intensifier le sens de la racine. On le retrouve dans quelques autres verbes où la racine est doublée également pour intensifier comme si on doublait le mot, ainsi fait le prophète Osée (Ochéâ 4;18): ahavou hévou, ils ont aimé énormément... Un ahavhavane est quelqu'un qui s'adonne constamment dans l'art d'aimer. De même, Job dit que son visage est tout bouffi: panaï 'hamarmérou (16,16). Ou bien le Roi David dit que son coeur palpite violemment, libbi sé'har'har (psaume 28,11).

Verset 1 Pourquoi le psaume commence t'il par La ménatséa'h?
Comme 54 autres psaumes sur 150 (plus d'un tiers), le psaume 18 commence par l'expression Laménatséa'h que l'on traduirait en hébreu moderne par "Au chef d'orchestre, ou au chef des chantres" mais cela voudrait dire aussi "au victorieux". Et cela donne bien le sens du psaume: avec l'aide de D.ieu, nous surmontons toutes les difficultés. Voyez le commentaire de Ibn Ezra sur les psaumes 3,8 et 4,1 pour cela, et de Rachi.

Verset 1 Pourquoi le psaume commence t'il aussi par maskil. Voyez ce lien.

Verset 1 Pourquoi le psaume commence t'il aussi par chir yédidote.
Ce mot yédidote signifie amour (ahava) et 'hiba (tendresse) comme on dit dans le psaume 84,2: "ma yédidote michkénotéikha, qu'elles sont amour tes demeures". Apprenez ici le vocabulaire de l'amour.


Commentaires:

Verset 3 "Que tu es très beau (yofiafita) entre tous les fils d'homme, la grâce est abondante sur tes lèvres; c'est pourquoi t'a béni D.ieu pour toujours".
Le 'Hida montre que nombre de commentaires se centrent sur la beauté et celle du vêtement qui revient dans ce psaume. Ils disent que, sur le plan symbolique, le vêtement dont on doit s'habiller et qui est beau est celui qui est composé des 613 mitsvotes dont la guématria forme le mot du vêtement des tsitsit. Egalement dans la qualité du Chabbat qui comprend toutes les mitsvotes.
Certes, l'essentiel est dans le coeur, c'est à cela que fait allusion le second verset:

"Mon coeur agite (ra'hach libbi) un beau projet: je veux consacrer mes actes au roi!
Ma langue est la plume d'un scribe habile".
Mais quand le coeur et la pensée parviennent à se traduire dans la parole (langue) et dans les actes (plume), comme le dit ici le poète, alors on est dans la plénitude de la beauté: intérieure et celle de l'extérieur, celle du vêtement.
Vous le voyez, les paroles des psaumes reposent toujours sur une conception juive de l'homme, une anthropologie juive qui n'a rien à envie aux méthodes psychologiques holistiques d'autres nations ou de la psychologie contemporaine. Mais il faut beaucoup étudier pour découvrir cette richesse qui se traduit en actes et en instruments d'analyse personnelle et de conduite personnelle. Nous passons des années à étudier cela dans la psychologie des universités ou dans la formation psychologique personnelle: il vaut également de comprendre que les psaumes sont de merveilleux manuels précis d'analyse, de comportement qui, en plus, sont rédigés dans une beauté poétique de langage.
J'ai presque toujours inséré des poèmes dans mes écrits scientifiques de psychologie car il n'y a aucune raison de perdre cette dimension de la communication entre tous les plans qui fait partie intégrante de la synthèse psychologique.
De même, aucune constitution de pays, actuellement, n'a l'audace de rédiger le coeur de son texte dans le style du Cantique des Cantiques. Soyons donc fiers de cette complétude ou gestalt d'ensemble que le judaïsme sait préserver dans son enseignement. Alors, on comprend combien les psaumes sont des outils de formation en chaque mot pour ceux qui vont sur leur vague de prière. Il ne s'agit donc pas de les débiter en faisant la course avec les voisins pour montrer notre performance en lecture rapide. Ce serait vraiment stupide.

Maintenant, nous saisissons la mobilisation de tous les niveaux de l'être qui est indiquée par "léchoni, ma langue", "êt, ma plume", "massaï, mes actes". Et cette parole est tellement "forte et véritable" et prenant tout l'être qu'elle est nommée: acte, maâssé.
De là, découlent ensuite les mots: "outsaq 'hén bé siftotékha, la grâce est abondante sur tes lèvres. Et cette plénitude est exprimée par les mots: "âl kén bérakhékha Eloqim léôlam, c'est pourquoi t'a béni D.ieu pour toujours".

Et les mots: "je veux consacrer mes actes au roi!" se comprennent maintenant: le poète se définit comme quelqu'un qui vit en présence de D.ieu, un 'hassid ou tsadiq, comme il est dit dans le psaume 86,2: "choméra nafchi ki 'hassid ani, mon être est préservé car je suis un 'hassid, un amant de D.ieu". Sa vérité ne vient pas de lui mais du fait qu'il est en présence de D.ieu. Et il le dit amoureusement à D.ieu. Et le poète revendique pour le roi et son épouse ces qualités dans l'être. Ce roi et son épouse sont aussi tout Juif ou Juive.

Verset 4 (4) "Ceins ton épée sur ton flanc, héros que tu es, c'est ta beauté et ta splendeur!"
Ne jamais oublier que tout mot de la Torah et du Tanakh a une quadruple signification, depuis celui du pchate ou sens littéral qui est ici l'épée véritable quand il le faut, jusqu'au sens symbolique (la qualité de l'épée face à tous les types d'ennemis), jusqu'au sens du rémez, l'allusion par le sens des lettres et le niveau du sod ou secret qui parle des noms de D.ieu. Ainsi le Ari démontre et transmet que le mot 'hérev réfère à deux noms divins, que l'ordre des mots hod vé hadar indique une inversion des séfirotes netsa'h et hod qui donne sens, que la guématria de cinq mots correspond au mot dam (sang) et que cela se tranforme en la guématria du mot émet (vérité). Je n'expose pas cela, mais indique à ceux qui le peuvent de se reporter au livre Séfér haliqoutim. En bref, cet ensemble indiqué par ce verset est une mise en garde pour ne pas laisser, dans notre conduite, le mal se rapprocher de nous car les dégâts deviennent vite considérables. Pour cela, il faut beaucoup de force, et ce sont ces images d'épée des guiborim, des forts, comme on le lit aussi dans le Cantique des Cantiques. Sans cela, la femme, la présence de D.ieu dans le monde, est en péril.


Versets 5-6:
"(5) Ta beauté! Courage et en selle pour la vérité: la modestie de la justice. Et que ta droite te découvre de nombreux exploits!
Sur le plan symbolique, l'expression "Ta beauté! Courage et en selle pour la vérité" réfère à l'union que tout couple humain vit dans le modèle de l'union d'Israël (la belle épouse) avec Hachém (la vérité). Cela est exprimé aussi dans les commentaires par l'union entre Léa-Rahel et l'époux Yaâqov-Israël. Ce n'est pas seulement un compliment ou un souhait, c'est cela effectivement, mais c'est aussi affirmer et rappeler au roi et à la reine la grandeur de leur union, et par eux le rappeler à chaque couple de tout Israël.
Le travail intérieur pour améliorer cette situation est la prière de minuit dite tiqoune 'hatsote (lien ici pour l'étudier) qui est divisée en deux temps, le tiqoune (réparation) de Léa et de Ra'hel. Et le Traité Kétouvote du Talmud, page 13a, le dit explicitement: il réfère la tiféréte (beauté) à Hachém qui sera uni à l'épouse et il réfère la ânava (modestie) à Léa.

(6) Tes flèches sont aigües, des peuples tombent sous toi, elles pénètrent dans le coeur des ennemis du roi."
L'espression "tes flèches sont aigües ('hitséikha chénounim)" correspond à l'étude de la Torah dans ses quatre niveaux qui permet, elle seule, d'atteindre la cible espérée. Le Traité des Pères (Pirké avotes) 6,1 le dit dans une autre image: celui qui étudie ainsi est comme une source qui se renforce (maâyane hamitgabér). Et les psaumes de David vont encore plus loin: c'est sans comparaison de valeur et de force dans l'union quand cette étude de la Torah est réalisée à Jérusalem (Yérouchalayim), dans ses portails (chéarim), deux termes qui reviennent sans cesse dans les psaumes: "bichéaraïkh Yérouchalayim, dans tes portails Jérusalem". Voyez le psaume 122,2. Alors l'étude de la Torah anéantit les forces d'opposition (les ennemis du roi) qui veulent détruire la sainteté du pays. Nous voyons continuellement ces problèmes dans l'actualité: sans cette approche juive, les ennemis abondent et pénètrent. Une telle approche dans l'étude de la Torah, c'est ce que l'on appelle "laâssoq bé Torah lichmah (s'occuper de la Torah de façon non utilitaire pour avancer dans les connaissances mais lichmah, signifie lé Chém mém; car cette lettre mém est l'écriture du nom de D.ieu).

Verset 8: "Tu as aimé la justice et tu as haï le mal; c'est pourquoi D.ieu ton D.ieu t'a oint d'une huile d'allégresse de préférence à tous tes amis".
Un point de grammaire important; le verbe au passé ahavta tsédék (littéralement: tu as aimé la justice) signifie en fait au présent "tu aimes constamment" la justice; car, dans la Torah et toute la bible (le Tanakh), l'emploi du passé a souvent le sens d'un présent continu. Ainsi, le mot fréquent ahavti (j'ai aimé) signifie j'aime sans cesse; yadâti (je savais) signifie je sais constamment; chiviti (je me suis représenté) signifie j'imagine constamment (... Hachém devant moi); qiviti (j'ai espéré) signifie j'espère sans cesse; zaqanti (j'étais vieux) signifie je suis vieux; bata'hti (j'avais confiance) signifie j'ai constamment confiance. On trouve aussi ce processus par l'emploi du futur.

A continuer. Revenez sur cette page pour y trouver la suite.


(Photo de l'auteur, vous en comprenez le rémez, l'allusion: les structures différentes ensemble et communiquantes dans une unité de bonheur. Le Créateur nous offre la Torah écrite et la Torah visuelle dans l'oeuvre de ses mains, et en beauté. Saisissons tout cela par le coeur et le regard et les actes). LA présence est visible à travers ces beautés: le lien est continu entre Celui qui est le maqom, le lieu qui contient toute chose, et ce qui est présent concrètement autour de nous ou en nous. L'être n'a de réalité que par ce lien à L'ETRE, seul vivant.
La beauté de la nature nous est donnée pour cela, ne soyons pas aveugles ni des yeux ni du coeur. Et ne voyons pas ces beautés seulement comme un lieu de vacances ou comme une idéologie nouvelle de défense de la nature. Elles sont un lien de dialogue et de don pour entrer davantage dans l'union que fête ce psaume.
Tout le rituel de la prière de Pérék chira est basée sur cela, et nombre de psaumes. Lisez ici la belle étude sur Pérék Chira où toute la nature et tous les animaux manifestent ce que nous venons de comprendre.

Et tout ce je viens de dire de la nature s'applique é-ga-le-ment envers chaque personne présente dans le peuple.


L'homme et la femme juifs
Il ressort de ce psaume un modèle: beau (yafé), fort ('hazaq), droit (yachar), juste (tsadiq), modeste (anav), réalisateur, joyeux saméa'h), aimant ('hassid) et avec D.ieu, et D.ieu avec lui ou elle, sociables (ne pas privilégier sa propre origine), et aimés (yédidot).
Toutes ces qualités (middotes) sont sur le modèle de celle de Ha qadoch baroukh hou; et on peut dire aussi que le psaume lui est adressé également.