Le psaume 48


Ce psaume 48 montre comment le travail nécessaire du cycle des jours de la semaine
purifie systématiquement
jusqu'à préparer la qualité du Chabbate.
Les rois opposants sont les forces négatives que nous avons à combattre méthodiquement et patiemment chaque jour en nous basant comme certitude sur la beauté de Jérusalem, présence constante de la Chékhina (présence divine) qui déverse sur nous, par chacune de ses beautés chaque jour, la bénédiction nécessaire, qui est une petite partie du Chabbate.
(Les commentaires nous montreront ce que sont ces beautés nommés dans le verset 3).
Voilà pourquoi sur le site Modia, nous plaçons ces photos et poèmes qui chantent la beauté de Jérusalem de façon sensible.
(Photo de l'auteur. Plateau de qidouche iranien, exprimant la beauté de ce cycle©)


Voir aussi la page de photos qui entraînent à capter cette force de beauté dans la réalité autour des psaumes 46 à 48 .

 



Chant, psaume des fils de Qora'h.
Chir, mizmor livné Qora'h.
Les fils de Qora'h (le pervers qui a tenté de faire soulever le peuple contre Moché) témoignent, par leur sainteté, de la victoire assurée du bien sur tout le mal qui semblerait pouvoir réussir. Ils en sont la meilleure preuve. Voyez ici la paracha de Qora'h et ici l'analyse de Rachi. Et ils nous enseignent là-dessus dans 11 psaumes. Ils soutiennent notre espoir et étaient chantés par les Lévi qui accueillaient ceux qui montaient à Jérusalem après un voyage fatigant. C'est notre situation, cette montée spirituelle mais aussi réelle vers la qualité qu'est Yérouchalayim. Et ce psaume est un de ceux-là qui sont dits chaque jour de la semaine pour soutenir notre marche identique, en considérant la semaine en ce sens. Ce psaume 48 est lu le yom chéni bé Chabbate, le lundi, après la prière du matin, cha'harite.
Il est la forme priée de la paracha Vayaqhel qui nous enseigne le rapport du travail au Chabbate.
Il est important spécialement à l'époque, la nôtre, où les Juifs font le retour à la terre d'Israël et ont Yérouchalayim au coeur, et ont à le défendre contre les convoitises. En tous ces sens, la tradition le met en relation avec l'époque de la venue du Machia'h, le Messie.



Première séquence: la beauté de la Chékhina parmi nous en Jérusalem


Grand est Hachém et glorifié fortement, dans la ville de notre D.ieu, montagne de Sa sainteté.
Gadol Hachém ouméhoulal méod, béîr Eloqénou har-qodcho.
Tout ce que nous avons dit sur le premier verset se concrétise maintenant. Notre coeur voit la gloire de Hachém dans Sa ville qui est notre ville.Mais cela présuppose que, comme les fils de Qora'h et non comme leur père, nous avons accepté cette vraie Torah, celle qui nous amène à Yérouchalayim et non une autre Torah simplement spirituelle, ou communautaire, ou historique, ou nationale.
Le verset insiste sur la force (méôd, très) de cette affirmation, cela veut dire que cette qualité a pour rôle de s'imposer sur la réalité contraire, c'est le sens du long commentaire de R. Yaâqov Abou'hatséra sur la paracha Vayaqhel dans Ma'hsof ha lavane à partir de ce psaume.
Il indique que cette tâche est concrétisée par le fait que le mot méhoulal (loué) a la guématria de bé yémé 'hol (dans les jours de la semaine). D.ieu est grand (gadol) et les jours de la semaine lui appartiennent et non pas à nous. Et le travail de louange est la purification et l'élévation, selon la Torah, que nous devons faire systématiquement chaque jour de la semaine. Comme si nous vivions vraiment dans Son sanctuaire.
Cela nous enseigne un décalage: au lieu de ne penser que travail, argent, actualités, nous avons à placer cela à l'intérieur de la tâche qui est notre fonction lors des jours de la semaine qui "sont dans le Chabbate" comme dit l'hébreu. Il va plus loin: si nous n'avons pas vécu ainsi les jours de la semaine, que se passera-t'il le Jour du Chabbate? Il ne pourra pas avoir la plénitude que Hachém a à réaliser avec la fiancée (kalla) comme le disent les chants de Chabbate.C'est pour cela que Hachém est d'abord nommé en ce verset, puis le méhoulal méôd qui est notre tâche car il est en attente de notre tâche. Et nous devons y "travailler durement". C'est pour cela qu'il est dit au début de la paracha Vayaqhel : "tu travailleras" et nous rappelons ce texte lors du qiddouche de Chabbate.



Splendide en son paysage, joie de toute la terre,
Yéfé nof, messos kol-haaréts
montagne de Sion, aux flancs dirigés vers le Nord, cité d'un Roi immense.
haar-tsiyone, yarkété tsafone, qiriate mélékh rav.
En ce verset, le plan précédent de merveille, à amplifier en chaque jour de travail, est réparti sur les six jours de la semaine; cela est rendu par la succession de six expressions de beauté
- 1. Splendide en son paysage, Yéfé nof,
- 2. joie de toute la terre, messos kol-haaréts,
- 3. montagne de Sion, haar-tsiyone,
- 4 et 5. aux flancs dirigés vers le Nord, yarkété tsafone,
- 6. cité d'un Roi immense, qiriate mélékh rav.
Bien entendu, le niveau du rémez expliqué par la cabale montre que ce sont les étapes du processus de descente de la bénédiction que l'on appelle 'héssed, guévoura, etc. Ce n'est pas un niveau réservé aux initiés car nous le disons chaque matin de la semaine, justement, dans la prière de cha'harite. Quand? En fonction de ce que nous avons dit, après avoir rappelé que Sa gloire a à être reconnue comme emplissant toute la terre, nous nous levons et nous disons ces mots du Roi David (I Chroniques 29, 10-13) :

"Et David bénit Hachém aux yeux de tout le qahal (terme du commentaire de Vayaqhel) et David dit: à Toi Hachém (ordre des mots comme dans notre verset), D.ieu d'Israël notre père depuis toujours et pour toujours. A Toi (arrivent ici les 6 étapes)
1. haguédoula (hésséd, la bonté, ce qui correspond à "Splendide en son paysage, Yéfé nof"),
2. véha guévoura (la puissance, le dine, ce qui correspond à "joie de toute la terre, messos kol-haaréts"),
3. vé ha tiféréte (la Torah, et l'union venant d'En-haut, ce qui correspond à "montagne de Sion, haar-tsiyone"),
4 et 5. vé ha nétsah vé ha hod (la victoire et la splendeur, ce qui correspond à "aux flancs dirigés vers le Nord, yarkété tsafone")
6. ki-khol ba chamayim ou va aréts lékha, Hachém, (car tout, au ciel et sur la terre est à Toi, Hachém, ce qui correspond à "cité d'un Roi immense, qiriate mélékh rav")
7. hammamlakha véhamitsnassé lékhol léroche (la royauté et la domination de tout pour son élévation", ce qui correspond au dernier niveau qui sera le Chabbate, union totale et parfaite du Haut et du bas).
Nous comprenons par là que les psaumes de David ne sont pas de simples mots de louange ou de supplication, mais qu'ils se relient à tout l'enseignement de la Torah, en font une synthèse magnifique, sont centraux dans toute la prière du peuple et c'est pour cela qu'ils sont à une place bien précise dans le dispositif des prières organisées et collectives, et que ces psaumes se relient à ce que nous avons à faire dans la journée et dans la semaine. Quelle richesse en ces quelques versets que nous n'aurions pas vus sans nos Sages.
Le dernier mot de notre verset est rav, beaucoup. Nous comprenons, après ce commentaire, que cela réfère au verset du psaume 119, 125 (chalom rav lé ohavé Torateikha, plénitude complète pour ceux qui aiment Ta Torah) et au verset de Isaïe 54. 13 (vé khol banaikh limoudé Hachém vérav chalom banaikh, et tous tes enfants sont des étudiants de Hachém et immense la complétude de tes enfants).
Cela élève grandement le rôle de notre travail de la semaine qui pourrait sembler fastidieux ou passionnant mais d'un domaine qui n'a rien à voir avec le qodéche, il aurait été profane. Au contraire, c'est exactement en ce travail profane que nous avons l'obligation de faire monter la Création en y révélant son niveau de beauté et de sainteté. Tentative aussi de nos photos et de nos poèmes de rendre sensible à ces dimensions de ce qui était vu à tort comme du profane. Nous comprenons maintenant pourquoi lors du qiddouche du soir de Chabat, on se remet à parler du travail qu'avait accompli le Créateur (mikol mélakhto achér âssa), et aussi une référence au travail que nous avons accompli, mais aussi (dans le qiddouche du midi, im tachiv mi Chabbate raghlékha, si tu te dispenses de parler de ton travail pendant Chabbate) pour nous dire: ces étapes sont réalisées et dépassées, et ne revenez plus en arrière en parlant du travail.
Il est étonnant de comprendre que notre simple travail atteint ces dimensions d'efficacité, et c'est le rôle nécessaire de la prière du matin que de bien nous remettre en ces positions internes. Un véritable briefing du pilote. En tout cela, dit le 'Hida, boné Yérouchalayim Hachém, Hachém construit Jérusalem. Cela veut dire, nous construisons avec Lui l'union du monde d'En-haut avec le monde d'en-bas car Yérouchalayim est un mot exprimant le double.
Il dit aussi, et nous le comprenons maintenant que le début de la prière ci-dessus de David qui nous dévoile le sens du psaume ("Et David bénit...) va yévarékh David éte" a la même guématria que les mots Machia'h ben David, le Messie. C'est le même processus que celui qui est décrit. Synthèse.




Eloqim en Ses palais, est reconnu comme refuge protecteur.
Eloqim béarmonotéia, nodâ lémisgav.
Les deux termes de l'expression "Eloqim en Ses palais" nomment cet état d'union ici-bas entre D.ieu et Son peuple et Sa création, auquel on est parvenu le Chabbate, mais après le travail de purification et d'élévation réalisé en semaine. Et, pourquoi alors nous sommes en position de refuge protecteur? Car nous avons placé ce monde et nous-mêmes hors de ce qui l'enferme dans le médiocre, nous avons extirpé les lumières de leur mélange avec ce qui bloque et salit dans le quotidien de la semaine et nous les avons développées; alors, cette lumière dive prend toute sa puissance (méôd) et le mal n'a plus sa puissance. Cela est dans la capacité de l'homme. Le judaïsme en révèle la nature et la façon de faire.


Seconde séquence: les puissances d'opposition (nous verrons ce que c'est) ont constaté de leurs yeux cette extraordinaire beauté, ce travail qui a été réalisé et ont fui.Inutile de développer plus, nous avons là la description précise de ce qui peut nous délivrer de l'antisémitisme, des guerres, des voisins méchants. Ce n'est pas seulement les armes, les services de renseignement, la lutte contre la désinformation, les actions de solidarité avec Israël, l'organisation d'Israël comme un Etat ou une zone de refuge pour les persécutés. C'est la connaissance de la structure des choses, et notre travail de purification. Alors, tout le reste (qui est certainement nécessaire) deviendra fructueux, et ipso facto, de par la puissance créatrice que nous avons libérée, les ennemis n'oseront même plus venir contrarier le travail du peuple juif. Car, d'une part, ils craindront la manifestation du D.ieu d'Israël et, d'autre part, ils viendront demander au peuple juif la bénédiction et la science de la bénédiction, cela est décrit par les prophètes.
Il est clair que le salut n'est pas seulement, donc, dans le vote pour tel programme vraiment étroit dans sa gestion d'Israël.
Mais, en toute activité d'Israël, nous avons à
- y être présent,
- améliorer, y développer ce qui est lumière.
Il n'y a donc pas du tout à séparer ce que l'on appellerait la "religion" et le reste. D'ailleurs, le mot religion veut dire "relier"! Ce n'est pas tout mélanger. Le profane a ses techniques mais le sens profond est à y développer de l'intérieur: "békhol dérakhékha daêhou, en toutes tes voies, connais-Le".



Car voici, les rois s'étaient ligués, et ils ont disparu tous ensemble.
Ki-hiné hammélakhim noâdou, âvérou ya'hdav.





Ceux-là ont vu et alors ils furent dans la stupeur, épouvantés, ils se sont enfuis.
Hémma raou, kén tamahou, nivhalou né'hpazou.






Un tremblement les a saisis là, une angoisse comme celle de la femme qui enfante.
Réâda a'hazatam cham, 'hil kayoléda.






Par le vent d'Est, Tu brises les vaisseaux de Tachich.
Béroua'h qadim, téchabbér oniyote Tarchich.



Troisième séquence: nous aussi, nous avons bien vu Ta beauté. Et c'est louange.




Ce que nous avions entendu, sûr que nous l'avons vu
dans la ville de Hachém Tsévaote, dans la ville de notre D.ieu,
D.ieu l'a établie pour toujours. Séla.
Kaachér chamânou, kén rainou
béîr-Hachém Tsévaote, béîr Eloqénou,
Eloqim yékhonénéha âd-ôlam séla.






Nous nous sommes représentés, notre D.ieu, Ta bonté, à l'intérieur de Ton Sanctuaire.
Dimminou Eloqim 'hasdékha, bé qérév hékhalékha.






De même que Ton Nom, Eloqim, ainsi de même est Ta louange jusqu'aux extrémités de la terre; de justice est pleine Ta droite.
Kéchimkha Eloqim, kén téhilatékha âl-qatvé-haaréts; tsédéq maléa yaminékha.


Quatrième séquence: notre joie de tout cela. Et les tâches qui en découlent pour nous.


Qu'elle se réjouisse la montagne de Sion, qu'elles soient en allégresse les filles de Yéhouda en raison de tes miséricordes.
Entourez Sion, et parcourez là en l'entourant, comptez ses tours.
Mettez vos coeurs là où sont ses forces, et admirez ses palais,
pour que vous le racontiez à la dernière génération.
Yisma'h har-tsione, taghéléna bénote Yéhouda, lémaâne mispatékha.
Sagou Tsione vé haqqifoua, sifrou mighdaléa.
Chitou libékhém lé'héla, passéghou armonotéa,
lémaâne tésapérou lédor a'harone.




Cinquième séquence: éternellement D.ieu nous guidera par les voies les meilleures.


Car c'est Eloqim notre D.ieu pour toujours, il nous conduira pour le bon destin indéfini.
Ki zé Eloqim éloqénou ôlam vaêd, hou yénahaghénou âl-moute.


Maintenant que nous avons bien saisi ce cadre dans lequel se meut le Juif, à l'occasion du rapport de la semaine et du Chabbat, nous pouvons appliquer cette structure à ce qui se passe pour le Juif quand il est face à des adversaires de toutes sortes. Ce lieu de beauté qu'habite intérieurement le Juif forme une citadelle de défense invincible. Mais le sentiments subjectif de cela est toujours fragile, et nous devons reconstituer sans cesse cette prise de conscience. Le psaume 27, commenté sur le site (lien ici), montre cela parfaitement et apprend avec le Roi David comment dialoguer avec Hachém pour rester en ce lieu nommé "Sa maison".
Nous pouvons relire les autres commentaires des psaumes qui paraîtront maintenant plus clairs (lien ici).

C'est aussi ce qui se produit à la fin des 3 prières de la journée quand nous avons habité Sa maison, et nous disons finalement la prière âlénou léchabéa'h (c'est à nous de te louer) qui constitue une gangue autour de nous pour rester dans ce Sanctuaire de Hachém dans ce que nous allons vivre ensuite, et nous serons alors "à l'extérieur" des atteintes du mal. Voir ce lien ici.

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