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La téchouva, et comment
retrouver la vie: le psaume 80
Cette étude est placée pour que les lecteurs puissent prier
pour la vie en danger de 'Hava bat Sarah.
Que vous en vienne aussi la santé et la vie heureuse dans notre
solidarité.

Mon chofar qui appelle, crie, pleure, affirme par ses sons pour la téchouva
réciproque.
Le son va encore plus loin que les mots.
Traduction et commentaires
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos
Sages
Photo de l'auteur ©
(Cette page comporte des noms saints, ne pas la jeter
mais la déposer dans une guéniza).
© Les
textes de Modia sont mis gratuitement à votre disposition par
l'auteur, selon la mistva obligatoire pour le Juif qui est d'etudier
et d'enseigner simultanement. Vous pouvez donc imprimer et dupliquer
ces textes pour l'etude personnelle et de groupe, ou pour l'enseignement.
Bien entendu, selon la Torah, en ne supprimant pas le nom de l'auteur
et l'adresse du site. Les sites ne peuvent faire qu'un lien
vers ces textes sans les capter.
Ne pas oublier que,
sur votre version imprimee ou polycopiee, vous perdez tous les liens
qui renvoient aux autres textes de Modia. Or, ils sont indispensables
dans l'etude.
Résumé.
Dans le psaume 80, le développement de la prière est scandé
plusieurs fois par cette demande:
"D.ieu des structures, fais-nous revenir, fais luire Ta face et nous
serons sauvés".
Cela nous indique tout:
- la vie ne dépend pas de nous mais d'un don;
- mais elle ne peut se maintenir que si le Créateur continue à
nous créer dans le mieux des structures de vie;
- et, quand notre vie sur tous les plans est perturbée ou quand
nous détruisons notre propre vie par des erreurs et des fautes,
nous n'avons qu'une issue: appeler le seul réparateur et le seul
vivant et le seul médecin.
- Il nous a donné ce pouvoir gigantesque de L'appeler, comme condition
pour améliorer le monde.
- Mais cela, à condition que nous ne demandions pas seulement pour
nous seuls mais pour tous.
- Et à condition que nous ne éloignions plus de Celui qui
est seul la vie. Et nous en prenions l'engagement. Alors notre supplication
sera entendue.
C'est tout le psaume. Entrons dans son déroulement avec un bref
commentaire (entre parenthèses) pour mieux le comprendre et mieux
le prier.
Première partie du psaume
Verset 1
La ménatséa'h el-chochannim; êdoute léAssaf,
mizmor.
Au chef des chantres, sur les chochanim (instruments ou modes; mais Rachi
dit que ce mot fait allusion au peuple d'Israël, comme le dit le
Cantique des Cantiques en effet). Psaume en souvenir d'Assaf.
Versets 2 et 3
Roé Yisraël haazina,nohég ka tsone Yossef ,
Berger d'Israël, écoute, Toi qui conduis comme un troupeau
Yossef,
Yochev hakkérouvim hofiâ. Toi qui sièges sur
les chérubins, manifeste-Toi.
Lifné Ephraïm ouVinyamine ouMénaché ôrera
éte-guévouratékha, Face à Ephraïm
et Benjamin et Ménassé, éveille Ta puissance.
oulékha lichouâta llanou, et avance pour nous sauver.
(Cette demande envers D.ieu fait allusion à la relation de bonté,
de bénédiction paternelles (Béréchite 48,
10-16) entre le patriarche Yaâqov dénommé là
Israël et bénissant ses petits enfants. Il n'est pas de bénédiction
plus désintéressée et complète. Il s'est avérée
que cette bénédiction n'a eu que de bonnes conséquences
contrairement à d'autres qui suscitèrent une jalousie entre
les enfants; et voilà pourquoi on utilise son texte pour bénir
les enfants. Et D.ieu est nommé dans ce texte le Berger d'Israël.
Nous prions donc dans ce psaume dans ces mêmes bons sentiments envers
D.ieu et envers ceux que nous aimons.
L'allusion à la situation de D.ieu siégeant dans le monde
d'En-haut repose sur la connaissance que nous en avons reçue dans
la révélation et c'est l'appel à la manifestation
de ce niveau qui le relie à notre monde, comme nous le décrivons
dans la page sur le sioum, ou fin d'une étude en étudiant
la lettre meme par Ribbi
Âqiva, lien ici
Ici se termine la première partie du psaume).
Seconde partie du psaume: exposé des souffrances
Versets 4-7
Verset 4
Eloqim hachivénou, véhaér panékha vénivachéâ,
D.ieu fais nous revenir, fais luire Ta face et nous serons sauvés.
(Cette seconde partie commence par ce verset et il commencera aussi la
4e et la 5e parties et terminera la 6e partie.
C'est dire qu'il comprend tout l'essentiel. Et nous devons lire les plaintes
concernant les souffrances à travers cet axe qu'il faut comprendre.
Nous disons que nous désirons revenir, faire téchouva,
mais que nous ne pouvons revenir que par Sa puissance. Ou plutôt
par une diffusion de Sa lumière qui nous sera manifestée:
fais luire Ta face. Alors seulement nous serons sauvés, et nous
le serons effectivement.
hachivénou, cela veut dire autant: fais-nous revenir vers
Toi, fais-nous revenir à la vie, fais-nous revenir de la galoute,
de l'exil. Ce terme hachivénou reviendra trois fois comme
trois "témoignages" répétés, ce
qui était indiqué par le mot êdoute dans le
premier verset, dit Rachi.
Revenir, ce n'est pas un mot, c'est revenir vers Hachém
dans une relation face à face. Souvent nous sommes malades et malheureux
parce que nous nous sommes éloignés de ce face à
face qui est la seule source du bonheur dans la vie et entre les êtres.
Nous demandons d'y revenir et assurons que nous le voulons et y resterons
stables. Alors, il y aura un retour de la vie. Nous le souhaitons et le
demandons pour tous ceux qui, sans le savoir, ont quitté cette
position du bonheur. Tout le mois d'Eloul est le retour à cette
position indiquée dans les lettres de ce mot Eloul: "je suis
à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi").
Verset 5
Hachém Eloqim Tsévaote, âd-mataï âchanta
bitfilate âmékha, Hachém Eloqim des structures,
jusqu'à quand Tu te fâcheras face à la prière
de Ton peuple.
(Malgré les titres brillants du début du verset, la suite
frôle l'impertinence; mais c'est exactement ce que nous pensons
dans la sincérité intérieure devant les malheurs.
Pour comprendre, il faut lire ici le passage d'Isaïe 37, 14-29 ou
'Hisqiyahou avec la faiblesse d'Israël est face à des rois
puisamment armés et il ose invoquer la force des armées
célestes et nargue alors en face les ennemis. Qui a encore une
telle foi? Qui se place ainsi face aux ennemis malgré les enseignements
reçus et que nos Sages transmettent aujourd'hui comme hier? Alors
Israël est invulnérable car c'est la véritable réalité.
Certes, il y a aussi de nombreuses significations élevées
pour chacun de ces noms, je l'indique pour les étudiants avancés
qui pourront se référer aux sources (Chaâré
ora, Ari, etc).
Alors, le verset met D.ieu en contradiction avec ce qu'Il est, comme le
faisait Moché. Ce n'est donc pas une plainte seulement, c'est un
contestation. Et une mise au point qui exige).
Verset 6
Héékhaltam lé'hém dimâ, vatachqémo
bidmaôtes chalich, Tu les as fait manger un pain de larmes,
et Tu les noies dans des coupes immenses de larmes.
(Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que le peuple juif traverse ces larmes
parce qu'il est Juif. Chacun peut se dire aussi qu'il n'est pas seul en
ses souffrances. Et il n'est pas plus claire expression du malheur et
de la souffrance que les larmes, totalement solitaires et brisantes.
Le Roi David a rédigé ainsi les psaumes pour que chacun
puisse y insérer ses peines et demandes).
Verset 7
Téchiménou madone lichkhénénou, véoyévénou
yiléâghou-lamo, Tu fais de nous un sujet de discorde,
et nos ennemis se moquent de nous.
(Après trois millénaires où ces lignes ont été
écrites, nous constatons encore que nous sommes ainsi un objet
que les autres nations prennent comme cible et prétexte continu
de méchanceté. De façon identique. Mais le simple
particulier peut éprouver aussi parfois cette solitude totale.
Ainsi, tout cela est le même défi, le même mal, le
même tiqoune à réaliser. C'est important de placer
notre misère ou celle de ceux pour qui nous prions, dans cet axe
qui va traiter le problème et nous apprendre comment revivre).
Troisième partie: versets 8-14

Verset 8
Eloqim hachivénou, véhaér panékha vénivachéâ,
D.ieu fais nous revenir, fais luire Ta face et nous serons
sauvés.
(reprenez, ci-dessus, le commentaire).
Verset 9
Guéféne mimmitsrayim tassiâ, tégharéch
goyim vatittaâha, Une vigne, de L'Egypte tu l'as fait
voyager, et Tu as expulsé des peuples pour la planter.
(Effectivement, les peuples ne se privent pas encore aujourd'hui de dire
que nous ne sommes pas les véritables habitants premiers de notre
terre. Ils ne le disent d'aucun autre peuple, alors que l'histoire n'est
qu'une suite d'invasions. Mais le peuple d'Israël n'a pas envahi,
il rappelle à D.ieu que c'est Lui qui l'a placé dans ce
rôle. Et nos accusateurs n'ont pas plus de droits naturels qu'ils
pourraient justifier sur pièces. Les Juifs sont pris dans ce piège
de l'histoire. Comme toute personne qui est dans le malheur le ressent.
Le motif la dépasse mais les autres l'accusent et la traitent en
responsable libre.
Que l'on entende dans l'oreille combien souvent nous entendons ce beau
mot de vigne dans nos textes et bénédictions du vin. Le
psaume 128,3 parle de la femme comme une vigne florissante; lisez Cantique
des Cantiques 7,9 et 7,13 et en 2,13 il est bien dit que la vigne qui
semble stérile et désséchée porte ensuite
de magnifiques grappes, et c'est Israël, et chaque Bat Israël.
Mais elle doit savoir qui elle est dans le plan de Hachém.
Les prophètes utilisent souvent cette image, voyez Ezéchiel
chapitres 15 ou 17).
Versets 10-12
Tu as fais place nette devant elle, aussi elle a bien pris racine et elle
a rempli cette terre.
Elles furent couvertes les montagnes de son ombre, et ses branches sont
comme un cèdre de D.ieu.
Elle a envoyé ses sarments jusqu'à la mer, et jusqu'au Fleuve
(Euphrate) ses rejetons.
Versets 13-14
Lamma paratsta ghédéréiha, véarouha
kol-ôvéré darékh. Pourquoi as-Tu
abattu ses clôtures, et ainsi tous les passants sur la route la
dépouillent.
yérésséménna 'hazir miyaâr,
véziz sadaï yirênna, et il la mutile le sanglier
de la forêt, et elle nourrit les animaux des champs.
(La structure de cette partie est la même que celle de la précédente,
et l'effet est puissant pour présenter le dossier des peines.
Mais cette fois, il est insisté sur le fait que tout cela est directement
responsabilité directe du Créateur et dépend de Son
plan historique dont nous semblons n'être que des acteurs passifs.
Ainsi le psaume saisit la sincérité la plus profonde de
nos peines).
Quatrième partie: versets 15-17

Verset 15
Eloqim Tsévaotes, chouv na, habbét michamayim
ouréé, oufqod guéfén zote. D.ieu
des structures, reviens veuille-le, regarde depuis les cieux et vois,
et protège cette vigne.
(Cette fois, celui qui prie intervient avec respect pour relier la puissance
des Cieux avec cette vigne Israël que D.ieu aime comme une épouse.
Réalisons bien que ce mot zote est celui qui indique la
femme lors de la Création et indique aussi la Torah et aussi la
bénédiction.
Il y a donc un rythme double, plainte et louange, par lequel celui qui
prie relie les deux mondes et y fait passer une bénédiction
efficiente).
Verset 16
Vékhanna achér-natéâ yéminékha,
véâl-bén ammitékha llakh. Et regarde
ces ceps que Tu as plantés par Ta droite, et ces sarments que Tu
as renforcés.
(Le priant n'hésite pas à impliquer le Créateur non
seulement comme Créateur initial mais aussi comme acteur constant
qui doit faire vivifier jusqu'au bout car Il est responsable. C'est Son
projet "intime").
Verset 17
Séroufa vaéch kassoukha, migaârate panékha
yovédou. Elle est détruite par le feu, brisée
en pièces, sous la colère de Ta face ils ont péri.
(Cette fois, nos peines sont placées sous la responsabilité
directe de D.ieu. On mesure par là deux points: la proximité
affectueuse de celui qui prie avec Son D.ieu, et l'insertion totale de
tout ce qui se passe à l'intérieur de l'action divine. Et
les ennemis réels sont placés dans ce scénario.Et
en direct: Ta face/ils ont péri. Une audace impensable qui a pour
but de bien assumer toute la difficulté et bien la traiter.
Cinquième et dernière partie: versets 18-20

Verset 18
Téhi-yadékha âl-ich yéminékha,
âl-bén-adam ammatséta lakh. Que Ta main
soit placée sur l'homme de Ta droite, sur le fils de l'homme que
Tu as fortifié pour Toi.
(Après toute cette stratégie et tactique, on arrive aux
conclusions du contrat: Tu ne peux donc pas te dispenser de réussir
jusqu'au bout tout ce que Tu as entrepris depuis si longtemps, et qui
repose sur Ta seule volonté.
Que Ta force soit la sienne. Et que tout cela soit "âl,
sur" lui. Nos Sages font remarquer que ce mot "âl,
sur" a la guématria de 100 qui réfère à
la plénitude des 100 bénédictions journalières
aussi bien qu'aux cent étapes de la descente de la bénédiction
à travers les séfirotes jusqu'à nous ou jusqu'à
la plénitude de la restauration de la royauté, malkhoute,
de la Chékhina.
Le fait que nous soyons nommé adam ou fils de adam, fils de l'homme,
réfère au plan de la Création qui doit être
réussi. Ainsi, nous plaidons pour D.ieu Lui-même).
Verset 19
Vélo-nassog mimmékha, té'hayénou ouvchimkha
niqra. Et nous ne nous retirerons pas de Toi, fais-nous revivre
et Ton Nom nous l'invoquerons.
(Nous ne nous retirerons pas, est dit comme une décision, une promesse,
un voeu à tenir, mais peut-être aussi comme une indication
déterminée envers Hachém: qu'Il le sache bien,
même s'Il semble nous abandonner, nous ne Le laisserons pas tranquille,
et Il devra tenir Ses promesses!)
Verset 20

"Hachém Eloqim Tsévaotes hachivénou,
haér panékha vénivachéâ, Hachém
D.ieu des structures, fais-nous revenir, fais luire Ta face et nous serons
sauvés".
Remarquons bien l'intensification de la demande et de l'exigence au fur
et à mesure des différentes parties. D'abord, au verset
4, on nomme un seul nom de "D.ieu", Eloqim :
Eloqim hachivénou, véhaér panékha vénivachéâ,
D.ieu fais nous revenir, fais luire Ta face et nous serons sauvés.
Puis, au verset 15, deux noms, "Eloqim Tsévaotes",
D.ieu des structures:
Eloqim Tsévaotes, chouv na, habbét michamayim ouréé,
oufqod guéfén zote. D.ieu des structures, reviens veuille-le,
regarde depuis les cieux et vois, et protège cette vigne.
Puis, au verset 20, trois noms, Hachém Eloqim
Tsévaotes.
Ainsi, au fur et à mesure du psaume, l'union devient de plus en
plus large, de plus en plus proche et intense. Et c'est aussi l'assurance
du retour réciproque qui assurera la vie. C'est cela la téchouva,
ce n'est pas un style de vie marqué d'abord par des vêtements
d'une couleur particulière, c'est un style de coeur, un style d'être
interne tota, une union réciproque qui, alors, automatiquement,
recrée le monde. On sent cela dans l'amour. Qui a déjà
aimé a ressenti cela, en certitude et en vérité.
Que cette étude, intégrée par des centaines d'étudiants
en Torah, accomplisse pour la vie en danger de 'Hava bat Sarah, bat Israël,
tout ce que dit ce psaume, pour elle et pour tout Israël.
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