Traduction et commentaire
par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour
http://www.modia.org
Final
splendide! La journée de don de la Torah à Chavouote
vient de se terminer en IsraËl. En diaspora, les Juifs vont
encore fêter le second jour de la fête.
Regardons, levons les yeux ce soir:
(photo de l'auteur, cette nuit. Pour ceux qui veulent faire la connaissance
précise de ce paysage pour mieux l'observer à la jumelle, allez
sur ce lien de Modia.)
Nous
avons donc reçu la lumière et, dans notre nuit, cela remplit
la moitié de notre univers; et la moitié seconde n'est
pas encore claire pour nous. Ce sont les ténèbres, les
forces destructrices, nos erreurs habituelles.
En somme, comme il a été dit, "ha âm roim éte
ha kolote" (le peuple a vu les voix), mais il ne s'agissait pas seulement
de voir comme à une télévision, il fallait les entendre
et les comprendre, les intégrer vraiment en soi et dans l'action, c'est
le sens du mot "chémâ, IsraEL".
" Chémâ", ce n'est pas seulement "écoute" qui
aurait été taqchiv, c'est "écoute et entend
et comprend, et assimile et vit". C'est le sens de cette formule que nous
devons répéter quatre fois par jour tant cela est important.
Cette phase de la lune à Chavouote nous enseigne donc visuellement sans
qu'on puise l'éviter que, à Chavouote, nous n'avons fait que la
moitié du travail: moitié lumière et moitié ténèbres
et que nous allons devoir travailler lentement et chaque jour qui vient.
Sinon, nous ferions vite comme le peuple qui a vu la Torah et a plongé immédiatement
dans le Veau d'or et le désir de retomber dans tous les esclaves mentaux
de l'Egypte et retourner en arrière hors de la trajectoire et de la cible
que représente Jérusalem: refiler vers la dispersion (territoriale
ou mentale) avec tous les réflexes mentaux de cette dispersion, hors de
la Torah. C'est bien pour cela qu'on lit le rouleau de Ruth à Chavouote,
car elle n'a pas voulu rester hors de la terre d'Israël ni hors de Son D.ieu
et de Sa Torah comme Noémie le lui proposait. Il y a encore des leaders
spirituels qui proposent aujourd'hui de rester hors de la terre d'Israël
et de sa Torah:
Ici se comprend ce que dit le Traité Kétouvote 110 b (pas moi,
pas une idéologie x ou y, mais la Torah orale qui explique la Torah
écrite):
"kol ha dar bé h'outsa la arets (tout
celui qui vit hors de la terre d'Israël) domé ké mi
ché éine lo Eloha (est comme comme quelqu'un qui
n'a pas Eloqim) ché néémar (car il est
dit) latét lakhém éte érets Kénanne
lihiote lakém lé Elohim ( pour vous donner la
terre de Canaane pour être pour vous Eloqim. Vayiqra 25) vé kil
ché éinon dar ba arets eine lo Eloha car, en son
langage quotidien, il adopte automatiquement même les
dieux de l'autre culture, et c'est "comme" s'il adopte l'idolâtrie"...
Cela est très fort et exigeant, mais c'est la Torah, écrite,
orale et transmise, qu'il est impossible de camoufler.
Il s'agit de vivre dans la réalité et non dans une
fiction.
Donc, nous avons la capacité, après Chavouote, d'aller selon
le rythme de la Création où la lune nous a été donnée
comme enseignante et va, lentement, quotidiennement et sûrement, dégager
les ténèbres. Voilà notre travail.
Mais ce n'est pas tout! Il y a mieux encore! Le
Roi David -la paix sur lui- nous enseigne la Torah dans ses psaumes en l'appliquant à nos
besoins concrets, à nos mentalités dans les circonstances de
notre vie: et le psaume 81 (pé-é'had) nous décrit tout
ce programme que je viens de décrire. Etudions-le car il est là pour
nous éclairer, nous aider, nous encourager, nous entraîner. Lien
ici.
Urgence
Ce psaume est à dire dans les cas d'urgence extrême où le
peuple s'oriente vers la catastrophe parce qu'il a perdu les repères de
-
ce qui lui donne la vie: D.ieu seul qui l'a constitué en peuple,
ayant une mission.
- ce qui lui donne la vulnérabilité: perdre ce bouclier qu'est la Torah, qui seule peut le préserver devant les forces contraires qui aboutiraient à son
extermination morale puis physique.
- ce qui lui donne l'orientation active de s'auto-détruire, par la coopération aux autres modèles
qui veulent sa destruction.
La Torah et les prophètes nous ont montré et nous ont analysé les dossiers historiques de ces risques, des échecs de ces catastrophes (Choa) successives et très
nombreuses dans notre histoire, dont les plus grandes furent
- la surdité de 80% du peuple qui refusa de sortir d'Egypte
et disparut.
- la surdité qui aboutit à la haine fraternelle et à la
destruction du Temple dans la perte physique d'une grande partie du
peuple.
- la surdité qui aboutit au refus de collectivités nombreuses d'Europe de quitter leur pays pour aller sur la terre d'Israël alors que les signes de la future destruction étaient là et que les appels étaient lancés pour s'échapper, et qui furent prises au piège
nazi.
Une surdité supplémentaire s'installe aujourd'hui chez une grande partie du peuple: il
voit combien Israël est en péril parce que la minorité qui la porte ne parvient pas à établir Israël sur ses bases saines, et la majorité externe ne fait d'Israël qu'un lieu de vacances au mieux et laisse la situation se dégrader.
Pis. La surdité au masochisme juif où on intègre les conduites persécutives des ennemis et on les reproduit nous mêmes contre nos frères, quelques exemples:
-
il n'a pas suffi que des Juifs européens sortent de la Choa
et viennent en Israël, beaucoup furent mal accueillis et traités
de mots déplaisants que je ne veux pas répéter
et que j'entends de leur part en consultation et restent un cauchemar
pour eux, simplement parce qu'ils avaient traversé le malheur
et qu'on le leur reprochait. Des dizaines de milliers de rescapés de
la Choa y vivent sous le seuil de pauvreté, dans la faim et meurent
dans ce cauchemar par suite du détournement collectif des fonds de
dédommagements qui leur reviennent globalement et individuellement.
- il n'a pas suffi que des Juifs fussent persécutés en étant
expulsés
de nombreux pays d'Europe, aujourd'hui s'est réalisée
aussi la
première catastrophe de ce type dans l'histoire:
des Juifs y ont été expulsés de leurs habitations
une nouvelle fois, mais cette fois à Gouch Katif, sur
la terre d'Israël, et ce sont des Juifs avec police juive et même
avec l'armée juive comme s'ils étaient des délinquants
et des ennemis, avec la destruction de leurs synagogues, maisons d'études, écoles,
entreprises et même leurs cimetières: un pogromme d'une
vulgarité morale inconcevable dans les pires films de fiction après
avoir eu connaissance des pogrommes d'Europe de l'Est. Cela est donc
pis que toutes les centaines d'expulsions (1492, Espagne), et cela
est
plus
monstreux.
Et c'est la première fois qu'une telle horreur s'est réalisée
dans l'histoire juive contre des Juifs, par des Juifs, sur la terre
d'Israël.
Le point monstrueux est à l'exemple de l'épisode du Veau d'or: après
avoir été sauvés d'Egypte et de la Choa, après avoir reçu la Torah
et le cadeau de la terre d'Israël, exactement ici comme là-bas nous
répétons:
-
des Juifs sont devenus sourds à la Torah, et à leur
histoire, et à leurs frères, au point de ne pas saisir
la monstruosité d'une telle persécution, d'une telle
auto-persécution.
- Et au point de se bâtir une idéologie, comme les antisémites persécuteurs,
pour parvenir à y voir presque quelque chose de beau.
- Et pour remettre leur propriété à ceux qui leur
ont lancé plus de 5000 obus en plusieurs années sans
que des mesures efficaces possibles aient été prises
véritablement, à ceux qui le font sur les autres villes
israéliennes et déclarent qu'ils continueront jusqu'à ce
que leur drapeau flotte sur Jérusalem, et continuent grâce à
cela, à nous, sur les habitants Juifs de Sdérotes que l'on doit évacuer,
et on annonce la suite pôur la ville d'Achkélone, et le Hamas déclare
qu'il en sera ainsi pour tout Israël: uniquement par notre égarement,
comme avec le Veau d'or.
- Et, bien plus: cela après que la première étape
déjà réalisée
avec gloire et soutien des nations par les accords d'Oslo, ait déjà réalisé le
meurtre de plus de 1000 Israéliens. Surdité totale, on
continue, pis: on a utilisé la police et l'armée juives
contre ces Juifs pour réaliser ce progreamme, ce progrome, et on a
été plus loin encore: on a voulu placer sur eux un signe d'exclusion
et d'abomination (comme faisaient les goyim dans les pograommes, en
disant que cela leur arrivait parce qu'ils n'avaient pas bien compris
la Torah et avaient sacralisé la terre au dépend du peuple; type d'argument
perfice et mensonger, comme en ont utilisé les autorités chrétiennes
dans les persécutions contre les Juifs, en disant que cela leur arrivait
pour leur infidélité à la parole de Dieu; et le Qoran a repris ces
mêmes arguments contre les Juifs qui auraient, selon eux, falsifié
la Torah et donc que jusqu'aux pierres et roches réclament la persécution
envers ces Juifs apostats.
Il faut oser regarder ce rebondissement historique du refus de la Torah
avec le Veau d'or.
On comprend alors le "NIET" absolu et public de nombreux rabbins responsables
de la Torah et de son enseignement face à ces événements,
comme la colère de Moché qui en cassa les tables de
l'alliance; ils l'ont fait (pas tous) à leurs
risques et périls,
car ils ont pour mission et têche d'enseigner la Torah au peuple
d'Israël
qui est une Torah de vie et ils ont analysé les dossiers
dans les textes et dans l'histoire. On ne pourra pas dire cette
fois
qu'ils
se sont
tus.
Voilà toute ce qu'il fallait savoir pour comprendre le conflit
qui monte dangeureusement en Israël en ce moment pour
la premiere fois dans l'histoire juive depuis le don de la Torah. . Cela
est vu par un partie du peuple pis que l'une de ces catastrophes de
l'histoire juive: 1492-2005. Et des personnes qui ont vécu la
période des persécutions européennes avec stigmatisation
d'une population, expulsions, destructions, le revivent comme ce qu'ils
ont traversé à cette époque. Et l'ont crié en
exhibant leur étoile jaune pour tenter d'ouvrir les yeux et
la réflexion.
Ceux qui ne veulent pas entendre continuent à dire qu'ils sont
choqués, non de leurs propres actes, mais de ces rappels moraux et
historiques et tentent d'en faire seulement un débat
académique ou d'options politiques. Ils tentent ainsi de déplacer
le problème
pour camoufler les faits
actuels et la monstruosité de ce qui s'y passe.
Donc, ce psaume 81 est un psaume
anti-surdité, dont le modèle nous a été donné pour
cela par Hachém et par le roi David. Pour que le peuple
n'aille pas, une fois de plus, vers la catastrophe (choa). Demander
cela par la prière, d'ouvrir le coeur, et d'ouvrir le coeur
de nos têtes,
est une action de vie ou de mort, une action salutaire, fraternelle
et indispensable. En ce psaume, David parle au nom de D.ieu,
-
rappelle
pour aujourd'hui les faits et enjeux de la sortie d'Egypte, du don
de la Torah, comme Chavouote,
- lance un appel amoureux et pathétique au versets 11 et 12: "Ouvre
largement ta bouche et Je la remplirai, harhév pikha
vaamaléhou. Mais Mon peuple n'a pas écouté Ma
voix... ils suivirent leurs propres aspirations. Ah! si Mon peuple
voulait m'écouter, et
marcher dans Mes voies, bien vite Je dompterais leurs ennemis... et
leur bonheur à eux durerait toujours...". Etudions donc ce psaume.
Le contenu anti-surdité et pour retrouver la sensibilité au minimum vital, et au minimum vital fraternel: ce psaume 81
En positif, ce psaume nous dit exactement l'appel de Yéhouda à son frère Yossef (voyez le commentaire de Vayigache ici):
cette fois nous allons entendre.
C'est aussi tout le cri sans cesse répété de Hachém: "Chémâ Israël,
Ecoute Israël".
Mais, en hébreu le mot Chémâ ne veut pas
dire "écoute" cela aurait été "haazéne" du verbe lééazéne,
ou haqchév du verbe écouter léhaqchiv.
C'est inouï comme on peut ainsi falsifier une notion de base pour assurer notre tranquillité.
C'est ce que crie Hachém sous la plume de David dans
ce psaume 81; lisez-le: "Chémâ Israël,
Ecoute Israël - Ah! si mon peuple voulait m'écouter".
Sous 5 formes différentes Hachém explique
ce que je viens de dire: nous faisons TOUT pour ne pas entendre l'appel
direct d'Hachém qui nous donne, nous promet, nous amène à l'endroit
de Son don. "Non non et non", répondons-nous tout
en disant "Chémâ Israël,
Ecoute Israël" et ne voulons pas entendre. Nous refuserons
que ces mots veulent dire: "Entends Israël".
Comme si c'était simplement d'écouter les informations
pendant quelques instants chaque heure alors qu'il s'agit en ces mots "d'entendre
intérieurement" une lettre d'amour, de relation duelle: "JE
vous aime et JE vous donne tout". Alors Hachém crie: "Chémâ Israël,
Ecoute-entends-comprends-ressens Israël Véahavta éte
Hachém,
et Tu aimeras Hachém !".
Ce qui est étonnant, c'est que cela qui semble maintenant évident, ne l'était pas jusque là.
Ainsi, combien de fois, j'ai entendu des couples en entretiens de soutien,
dont l'un des membres depuis des années vivait en bon voisin dans la maison et -seulement après de nombreuses années et par le fait que l'autre l'amène chez le psychologue pour qu'il "entende" enfin sa souffrance- se met à ressentir "pour la première fois" que l'autre est quelqu'un qui l'aime et qui a besoin d'être aimé et de se l'entendre dire, et pas seulement de faire et de recevoir tous les gestes automatiques d'un conjoint.
Ainsi, des mots de la Torah quand ils ne sont pas ressentis dans une
vraie relation, et sont traduits puis changés en tout autre
chose. Un jour, une femme arrive chez moi en consultation hebdomadaire
dans une colère terrible; elle explose et dit: "je sors
de chez le coiffeur, je rentre à la maison, je me place heureuse
devant mon mari pour lui plaire et je lui dis -comment me trouves-tu?-
Il m'a répondu: Ah, tu as acheté une belle robe. Cette
robe je l'ai depuis trois ans et il n'a même pas vu ma nouvelle
coupe de cheveux, je rage. Et il n'a même pas compris que j'aie
pleuré puis crié!". Je pourrais raconter de nombreuses
histoires de ce type qui sembleraient des blagues, mais elles sont
quotidiennes et tristes. Ainsi, sommes nous tous face à D.ieu
qui s'est révélé à notre peuple activement pour
améliorer le monde.
Relisons encore et encore ici quelques lignes du texte de ce psaume
81 où le
roi David parle justement d'une langue inconnue qu'il se met tout à coup à entendre:
"J'entendis (échmâ) alors une langue
inconnue de moi....
Ecoute (chémâ) mon peuple, je veux t'adjurer; ô Israël, puisses-tu m'écouter (tichmâ-li)...
Ouvre largement ta bouche et Je la remplirai. Mais Mon peuple n'a pas écouté (lo-chamâ)
Ma voix, Israël a refusé de M'obéir. Je les ai donc abandonnés à l'entrainement de leur coeur, ils suivent leurs propres inspirations.
Ah! si mon peuple voulait m'écouter (choméâ li),
Israël marcher dans Mes voies,
bien vite Je dompterai leurs ennemis, Je ferais peser Ma main sur leurs adversaires.
Ceux qui haïssent Hachém ramperaient devant Lui, mais leur
bonheur à eux durerait toujours.
Hachém les nourrirait de la moelle du blé, et les rassasierait avec le miel du rocher."
Ce n'est donc pas une thèse personnelle que j'ai exposé là, mais un étonnant appel.
Il explique toute notre histoire.
C'est après ce niveau d'écoute que beaucoup ont réalisé leur montée
(alyah) vers la Torah puis vers Israël, la terre de la Présence du Saint béni
soit-Il,
comme
une
simple
cohérence interne, sans politique, sans emballement idéologique.
Le psaume nous montre clairement que la seule solution politique (se définissant
dans les idéologies politiques des autres peuples), est
une
illusion
en ce qui concerne le peuple juif. Autant que la volonté de voir le
judaïsme comme une "communauté" sans terre, pouvant
se vivre partout ou n'importe où dans le monde. Combien de responsables
de la conception de "communauté sans terre" prennent ainsi la direction de collectivés
locales. Beaucoup n'ont pas cette conception et tendent vers Israël. Et le combat
existe vraiment entre ces deux tendances.
En ce sens, je pense souvent que le mouvement Chalom Akhchav a raison en disant
qu'il faut aller chercher ce qui pourrait fournir "chalom, la paix", au-delà des
seuls soucis de sécurité. Leur erreur est de chercher la "paix
politique selon les nations anti-isaéliennes" et non pas le mot hébraïque "chalom"
qui est à la fois le respect de la complétude (sens du mot chalom) et du mot
Chalom qui est le nom de D.ieu; Lui est la complétude, chalom.
Le psaume 81 nous dit qu'Il ne dort
pas ce "Chalom", le Gardien d'Israël, il est le Maître de
l'Histoire;
Sa
volonté envers
Son peuple est aussi pour le bien des autres peuples et de toute la Création.
Et cette volonté amoureuse
est
vivante,
relationnelle, puissante, efficace, prouvée.
Quand ce peuple veut remplacer cette vie de
véritable complétude (chalom) par
des idéologies à la dernière mode ou s'enfuir et se fermer
les yeux et les oreilles comme les petits singes, c'est l'échec global et la
catastrophe morale et vitale pour le peuple juif, sur la terre d'Israël et dans
le monde.

Et alors, hélas, l'histoire l'a prouvé mille fois, le drame se termine ainsi:

Notre responsabilité est très grande et on peut le regretter mais nous n'avons pas la possibilité de transformer ce choix que le Créateur a placé devant nous: "La vie et la mort J'ai placé devant vous, et tu choisiras la vie" (Devarim 30,19).
On peut se sentir un peu gêné de présenter ce texte du psaume
et sa présentation claire ici, car
il
peut
paraître
passionné et de trop forte intensité, et donc susciter une rétraction à la
lecture (quand on ne veut pas être dérangé dans notre ronronnement);
mais ce psaume n'est pas "mon" idéologie, je ne fais que transmettre
(sens de "Modia", en hébreu) ces lignes de la Torah
et des psaumes qui sont passionnées de la part de Hachém,
et je les présente en cadeau, dans tous les sens du terme.
Le psaume:
Traduction:
1. Au victorieux, au chef des chantres, sur l'instrument Guittite.
D'Assaf.
2. Célébrez Elo-him notre force, acclamez le
D.ieu de Yaâqov.
3. Elevez le chant et donnez du tambourin, et de la harpe agréable
avec le luth.
4. Sonnez du chofar pour le nouveau mois, au jour fixé pour notre célébration.
5. Car c'est une loi en Israël, un réglement bon envers le D.ieu de Yaâqov.
6. C'est un témoignage qu'il a placé en Yossef, quand Il
sortit contre l'Egypte.
Une langue inconnue de moi, je l'ai entendue.
7. "J'ai déchargé
d'une charge de souffrance son épaule, ses mains sont libérées
du panier.
8. Dans la détresse tu as appelé, et Je t'ai délivré.
Je t'ai répondu depuis le secret des orages, je t'ai examiné sur les eaux de Mériba. Sélah.
9.
Ecoute (chémâ) mon peuple, je
veux t'adjurer; ô Israël, puisses-tu m'écouter (tichmâ-li).
10. Qu'il n'y ait pas en toi de dieu étranger, et que tu ne
te prosternes pas devant un dieu du dehors.
11. Moi-même, Je suis Hachém, ton Elo-him, qui t'a fait monter de la terre d'Egypte.
Ouvre largement ta bouche et Je la remplirai.
12. Mais Mon peuple n'a pas écouté (lo-chamâ)
Ma voix, Israël a refusé de M'obéir.
13.
Je les ai donc abandonnés à l'entrainement de leur coeur, ils suivent
leurs propres inspirations.
14. Ah! si mon peuple voulait m'écouter (choméâ li),
Israël marcher dans Mes voies,
15. bien vite Je soumettrai leurs ennemis, Je ferais peser Ma main sur leurs adversaires.
16. Ceux qui haïssent Hachém ramperaient devant
Lui, mais leur bonheur à eux durerait toujours.
17. Hachém les nourrirait de la moelle du blé,
et les rassasierait avec le miel du rocher."
A
chacun de méditer, tout est clair, il suffit de laisser
le coeur vibrer, ressentir, penser, tirer les conclusions et les
appliquer.
Ne falsifions pas l'impact de l'enseignement du Roi David et de la Torah en disant: "moi
je ne fais pas de politique, j'étudie la Torah". Ce serait un artifice "mensonger" car
la Torah nous enseigne seulement au coeur et, alors, la bonté, le bonheur
ou le désastre touchent également dans la réalité -et
pas seulement face à un livre- nos attitudes morales, nos pensées,
nos gestes avec leurs répercussions personnelles, relationnelles, sociales,
collectives.
Revenons maintenant sur chaque partie du psaume
pour l'étudier davantage:

Ce commentaire
est plus précis pour bien comprendre ce que le psaume veut nous enseigner
pour nous aider. Je l'ajouterai, si D. veut, de jour en jour:
Première partie du psaume:
1. Au victorieux (Laménatséa'h),
au chef des chantres, sur l'instrument Guittite. D'Assaf.
(Laménatséa'h): Comme
dans 54 autres psaumes sur 150 (plus d'un tiers), le psaume 81 commence
par l'expression Laménatséa'h que l'on traduirait en hébreu
moderne par "Au chef d'orchestre, ou au chef des chantres" mais cela
veut dire aussi "au victorieux". Et cela donne bien le sens du psaume:
avec l'aide de D.ieu, nous surmontons toutes les difficultés. Voyez
le commentaire de Ibn Ezra sur les psaumes 3,8 et 4,1 pour cela, et celui de
Rachi.
Tout cela pour nous montrer avec preuves combien est nécessaire pour
chacun la nécessité d'être sauvé des périls,
et que nous ne parviendrons pas à y réussir seuls.
Et David dépeint dans ce psaume 81 le même scénario de
délivrance des soucis par Hachém que l'on trouve particulièrement
dans 8 psaumes: 9-10-18-30-34-40-111-138. Que ceux qui sont concernés
par cette situation n'hésitent donc pas à recourir à ces
8 psaumes pour remonter le courant!
(D'Assaf):Le recours à Assaf est
particulièrement important pour nous aider. Quand David fit
entrer l'arche de Dieu dans la cité de David, dansa, offrit des sacrifices,
bénit le peuple au nom de Hachém, fit des cadeaux au peuple et confia
à Assaf la direction des chants de remerciement à Hachém pour son
alliance et ses engagements, et vous trouvez ce chant en I Chroniques
16 et ce chant est une confirmation de notre psaume. Allez le lire.
Deuxième
partie du psaume:
2. Célébrez Elo-him notre force (ouzénou),
acclamez le D.ieu de Yaâqov.
C'est l'exhortation de David et de Assaf à chacun de nous.
Cette nomination de D.ieu comme force à notre disposition revient
93 fois dans le Tanakh dont 41 fois dans les psaumes, j'ai compté.
Bien plus, parfois, c'est l'homme qui est invité de donner la
force à D.ieu! (Psaume 68, 35), tradition remontant à Moché rabbénou,
exortant D.ieu de ne pas être en colère contre Son peuple et
D.ieu lui
a dit ensuite (Traité Bérakhote): é'hiyétani
bi dévarékha, "Tu m'as fait revivre par tes
paroles". Enseignement inimaginable qui nous montre notre pouvoir
en complicité avec D.ieu.
L'expression D.ieu de Yaâqov se trouve
dans le psaume 114,7 en ces termes: "A l'aspect de D.ieu Maître, tremble,
terre, à l'aspect du D.ieu de Yaâqov, qui change le rocher en nappe d'eau,
le granit en sources jaillissantes". C'est donc nous mettre dans l'axe
le plus invraisemblable où les difficultés terribles qui se présentent
parfois dans la vie peuvent être réduites par ce lien exact à la puissance
divine qui s'est manifestée à Yaâqov.
Dans le même sens, nous trouvons dans le psaume 20,2: "Que Hachém t'exauce
au jour de la détresse, que le nom de D.ieu de Yaâqov te
protège". Mais, attention!, l'expression "acclamez hariou" indique
que les hommes doivent donner de leur puissance pour cela, tant par la
voix et le chant que par les instruments. Il y a là toute une technique
thérapeutique que certains pensent découvrir aujourd'hui dans les techniques
d'expression.
3. Elevez le chant et donnez du tambourin,
et de la harpe agréable avec
le luth.
Cette invitation augmente encore dans le mot "élevez
le chant, séou-zimra" et dans tout ce verset où le chant va être propulsé
par les instruments qui l'amplifient. Et n'oublions pas que le tof, c'est
le tambourin de victoire de Myriam après la sortie de la Mer rouge. Il
faut essayer de s'entrainer à dire les mots de ce psaume avec toute la
force et la puissance de joie mises en ces mots. Et ce n'est pas une force
vulgaire et brutale comme celle d'équipes luttant contre d'autres joueur,
ici c'est une force rayonnante avec agrément et plaisir donné. Pour cela,
je place ici la photo de la lune après les deux jours de fête de Chavouote,
après la réception de la Torah par tous les Juifs y compris ceux de la
diaspora: elle éclate en lumière au delà de la moitié de Chavouote et la
fait pénétrer dans la moitié qui était restée en ténèbres, ainsi de notre
intériorité. Ainsi de la tâche que nous avons à réaliser
dans le monde où les ténèbres sont résistantes et actives.
4. Sonnez du chofar pour le (nouveau) mois,
au jour fixé pour notre célébration.
Le " mois" est la fête du nouveau mois où D.ieu demanda à Moché
de regarder la lune pour apprendre d'elle le renouvellement dans la
lumière. Et c'est spécialement le jour du septième mois, le jour de
l'an avec son souffle du chofar qui renouvelle. A quel rythme de la
Création David et Assaf nous emmènent et nous emportent! Et
le Ari, zal, nous montre en ce sens que cela s'expanse encore dans
le verset 6 à propos de Yossef, qui a été dans la 7e séfira
de yessod (l'union) dans la période du Omér, car les initiales des
mots de ce verset forment "chévâ ém chéli" qui indique la plénitude
qu'il reçoit.
Et David et Assaf nous rassurent: "ce jour a été fixé pour notre célébration"
comme il est dit en Bémidbar 29,1: "yom térouâ hiyé
lakhém", ce sera pour
vous le jour de sonner le chofar. N'oublions pas que les psaumes
sont la Torah intégrée dans l'intériorité de nous-même et de nos actes.
Et même l'ordre des instruments cité ici est intégralement celui de
la Torah que le Traité du Talmud Roche ha Chana décrit, pages 33b-34a.
Ce ne sont pas seulement des prières de supplication ou des moyens
d'obtenir
ce
que
nous souhaitons.
Comme nous le voyons dans l'hébreu, l'expression "au
jour fixé (bakéssé)
pour notre célébration (léyom
'haguénou)" se comprend ainsi: kessé signifie en hébreu
"recouvrir" et c'est l'état de la lune au Roch 'Hodéche ou elle se
cache pour ressurgir, tandis que l'expression "haguénou" fait allusion
aux grandes fêtes, c'elle de Roche ha Chana, le Jour de l'an.
5. Car c'est une loi en Israël, un réglement bon envers le D.ieu
de Yaâqov.
Nous avons déjà compris ces expressions. En plus, on
nous explique ici que cette puissance de joie et du renouvellement est pour
nous une obligation inconditionnelle ('hoq).
6. C'est un témoignage qu'il a placé en Yossef, quand Il sortit
contre l'Egypte.
Une langue inconnue de moi, je l'ai entendue.
Nous avons compris ci-dessus l'allusion à Yossef
qui est l'avant-dernière phase de l'accomplissement dans la descente de
la bénédiction. Confiance absolue à laquelle nous sommes
encouragés. Et Yossef est parvenu à garder sa pureté en
Egypte. Et ici le nom de Yossef comporte exceptionnellement les trois premières
lettre du nom de Hachém (comme chez Yéhochouâ) pour bien
témoigner de l'insertion par D.ieu en nous de sa bénédiction,
de Sa force, de Sa bonté, de Sa joie. Car Yossef est le symbole du véritable
Israël qui a eu la force et cela au milieu des nations et donc de toute
la Création. Car le rôle d'Israël est d'aider à faire
réussir toute la Création, ce n'est pas un ghetto.
La langue inconnue de moi, séfat lo yadâti, je l'ai entendue, c'est
justement cette nouvelle relation au monde et à D.ieu; elle est la réalité que
nous ne pouvons capter que par la émounah, la confiance; mais elle ne
nous est pas spontanée, plus encore, elle nous est spontanément étrangère,
autant qu'une langue que nous ignorons: nous ne l'avons jamais comprise, jamais
pratiquée.
Et, cette fois, pour la première fois, je l'entends, je l'accepte, je
l'assimile. Il faudrait lire ici le chapitre 48 d'Isaïe pour comprendre
que nous avons besoin d'entendre la voix de D.ieu de façon nouvelle. Dès
les débuts de la Création, les hommes n'ont plus voulu comprendre,
Caïn répond ainsi à D.ieu par cette même expression
mais en négatif: "le yadâti, je ne l'ai pas su, suis-je le
gardien de mon frère". En fait, cette langue non sue était
celle de l'attention à l'autre. Aujourd'hui, il faut vraiment être
prêt à entendre une autre langue que nous ne connaissons pas, celle
de la bonté de D.ieu: c'est une langue inconnue des humains encore actuellement;
et pourtant elle est audible. C'est la découverte de David en cet instant
et il nous invite à faire de même. Une nouvelle partie du psaume
et de la vie peut commencer.
Troisième
partie du psaume: je l'ouvre par cette image du 10 sivane, 4 jour après
le don de la Torah à Chavouote, la lumière gagne sur les ténèbres
encore plus:

7. J'ai déchargé d'une charge de souffrance son épaule,
ses mains sont libérées du panier.
Ici, changement,
D.ieu parle de l'homme. Maintenant,
c'est Hachém qui prend la parole et
nous L'entendons parler. Commence donc, après tout ce que nous avons
vu, l'ère
nouvelle où la bénédiction va
pouvoir se réaliser et ce que D.ieu veut pour nous nous l'entendrons
et il se réalisera. Et le monde nous semble alors devenir un monde d'amour
idéal, simplement
c'est nous qui nous plaçons dans l'ordre normal de son fonctionnement
de Création. La phrase est tournée comme si elle était
dite dans le secret du Ciel.
Le verset exprime cela selon l'expérience exemplaire pour tout Juif à toute
époque: celle de la libération de l'esclavage d'Egypte où nos ancêtres portaient
les charges excessives de construction. Chacun peut se reconnaître ainsi sous
le poids de la souffrance qui l'opprime.
8. Dans la détresse tu as appelé, et Je t'ai délivré.
Je t'ai répondu depuis le secret des orages, je t'ai examiné sur
les eaux de Mériba. Sélah.
Ici,
nouveau changement, car D.ieu parle directement à l'homme. Il nous
indiqua qu'Il entend nos demandes, ces demandes dans la misère et
qu'Il délivre. Pourquoi cela est-il dit? Probablement devant le fait
que nous n'y croyons pas. C'est comme si D.ieu devait se justifier d'avoir
bien envoyé le courrier alors que nous Lui disons que nous ne l'avons
pas reçu. Il confirme: Je t'ai délivré, Je t'ai
répondu.
Mais, alors, où est le problème puisqu'il y a problème
qui subsiste? puisque nous nous plaignons de la persistance du poids des
souffrances. Et D.ieu nous éclaire, il ne nous laisse pas dans le
désarroi, contrairement à notre impression.
Je t'ai répondu depuis le secret des orages. Quel
est donc ce lieu du secret d'où il a répondu? Ce psaume-ci 81 et
le psaume 18, comme les chiffres se confirment et dans les versets 5 à 12
du psaume 18 Il décrit ce lieu secret qui est face à notre misère
et ténèbre, c'est Son intime et c'est de là (versets 17-18)
qu'il étend Sa main puissante qui a sauvé d'Egypte. Il faut lire
ce psaume. Les orages qui tonnent sont nommés dans le verset 18, 14 du
même mot que celui de notre verset 81, 8 (raâm) et ces éclairs
(béraqim, Chémote 19,16-18) sont ceux-là même
qui se sont manifestés lors de la révélation au Sinaï et
ils jaillissaient et la terre en tremblait. D.ieu nous rappelle ici ce
que le peuple a vécu et vu alors, comme preuve de ce qu'Il fait encore
maintenant envers nous et Il nous demande de Le croire. Nous voulons dans notre
audace et indécence l'examiner, alors que Lui nous a donné et a
examiné notre réponse alors. On avait appelé "Mériba
ce lieu par que les enfants d'Israël avaient provoqué HAchéém
en sisant: nous verrons si Hachém est avec nous ou non" (Chémote
17,7). Sous prétexte de malheur, nous nous comportons envers D.ieu dans
un culôt plein d'outrance, simplement pour ne pas croire à l'amour.
C'est une tendance à l'auto-destruction dont nous accusons autrui. Devant
une telle obstination, au lieu de notre reconnaissance, Hachém n'a plus
qu'une ressource: nous supplier.
9. Ecoute (chémâ) mon peuple, je veux t'adjurer; ô Israël,
puisses-tu m'écouter (tichmâ-li).
10. Qu'il n'y ait pas en toi de dieu étranger, et que tu ne te prosternes
pas devant un dieu du dehors.
Ces deux
versets sont liés car écouter vraiment le Créateur,
c'est rend vaines toutes les autres argumentations que nous utilisons (les
dieux étrangers) contre le don de Son amour. C'est la même structure
qui est utilisée dans les 10 commandements: D.ieu se définit "anokhi,
Moi-même" et Il dit ensuite de ne pas nous faire d'autres dieux.
11. Moi-même, Je suis Hachém, ton Elo-him, qui
t'a fait monter de la terre d'Egypte.
Ouvre largement ta bouche et Je la remplirai.
Nous arrivons
au grand et seul secret: "Harhev-pikha vaamaléhou. Ouvre largement
ta bouche et Je la remplirai".
C'est
le secret qui comprend tout en quelques mots.
La libération totale des souffrances ne dépend pas comme dans
d'autres cultures, de l'annihilation de tout désir ou de toute sensation
pour éviter la souffrance; elle dépend de l'ouverture au don
divin qui lui permet de faire descendre vers les hommes Sa bonté.
Cela est dans nos décisions.
Quatrième
partie du psaume:
Ces deux versets nous éclairent par une preuve a contrario: nous
savons bien que nous ne l'avons pas fait et nous avons expérimenté
les catastrophes qui s'en sont suivies.

12. Mais Mon peuple n'a pas écouté (lo-chamâ) Ma
voix, Israël a refusé de M'obéir.
13. Je les ai donc abandonnés à l'entrainement de leur coeur, ils
suivent leurs propres inspirations.
Ces mots nous sont dits pour bien comprendre qu'il
ne s'agit pas d'une punition mais d'une règle simple: percevons
que l'inclinaison de notre coeur nous pousse vers le refus de l'écoute
et si D.ieu nous y laisse nous sommes prêts à aller jusqu'à notre
destruction. Et ensuite nous L'accuserons et parlerons du "silence
de D.ieu" comme n'ont pas manqué de le faire nombre de philosophes.
Le sophisme de l'argument est ici déjoué dans le psaume.
Et on revient à ce que l'on n'aurait pas du quitter: entendre
la relation d'amour. Voilà pourquoi nous devons répéter
sans cesse l'expression "Ecoute, Israël". Je me suis même
demandé si ce n'est pas le motif pour lequel ont nous dit que
les enfants d'Israël ont vu les voix au Sinaï; il n'est pas
dit qu'ils les ont entendues; et, effectivement, bien vite ils s'en sont
détournées et on fait le Veau d'or et on souhaité repartir
dans les esclavages culturels de l'Egypte. Cela m'est apparu avec clarté un
jour où j'ai entendu un groupe de bons Juifs parlant de bonne
cause et hurlant plus fort les uns que les autres sur leur propre thèse
et n'entendant rien de celle des autres; ils voyaient les voix mais n'entendaient
pas. Alors vient le verset suivant, un appel tendre.

14. Ah! si mon peuple voulait m'écouter (choméâ li),
Israël marcher dans Mes voies,

15. bien vite Je soumettrai leurs ennemis, Je ferais peser Ma main sur leurs
adversaires.
16. Ceux qui haïssent Hachém ramperaient devant
Lui, mais leur bonheur à eux durerait toujours.
17. Hachém les nourrirait de la moelle du blé, et les
rassasierait avec le miel du rocher."
Le
bonheur dépend donc de notre ouverture de la bouche et de
l'oreille. Mais, encore plus important: la paix aussi. Il ne suffit
pas de crier que nous sommes pacifistes et voulons, nous les bons,
la paix maintenant, contrairement à tous les autres, les
mauvais. Si nous n'ouvrons pas notre bouche pour vraiment recevoir
le bon que le Créateur nous donne, ce bon qui est "le" tout
puissant dans le monde, alors aucun de nos plans politiques ou économiques
ou philosophiques ne pourra apporter le bonheur et la paix. Cela,
aussi bien sur le plan personnel, que relationnel, et que global.
Et surtout, pour Israël au milieu de ses peuples voisins.
Pourquoi
le psaume veut nous l'enseigner? Parce que ce refus chez nous a
une puissante d'une obstination phénoménale. Et même
tous les désastres du peuple juif, à répétition
n'ouvrent ni notre intelligence, ni nos oreilles ni notre coeur.
Même quand nous recevons la délivrance et le cadeau
de la terre d'Israël, soit nous n'y venons pas, soit nous
y venons et nous arrangeons pour la saboter, et donc pour ne pas
recevoir le flux d'énergie de bonté qu'est la Torah,
et nous organisons avec une puissance et une détermination
incroyables les portes ouvertes à nos ennemis. Nous sommes
ainsi, nous en avons les dossiers, nous persévérons.
Et, souvent, les éducateurs spirituels continuent aussi à ronronner
comme si le péril n'était pas à la porte,
comme s'il ne fallait pas réveiller d'urgence le peuple.
Et on va de défaite en désastres. Et on parlera encore
du silence de D.ieu. Mensonge colossal.
La solution? C'est seulement au niveau individuel que peut commencer ce renversement
de tendance. Le psaume 81 nous l'enseigne.
IL EST URGENT de l'étudier et de l'appliquer, de le vivre.
Je termine cette
étude dans la nuit du 10 Sivane. Voici, à nouveau, l'image de la
lune devant mes yeux par la fenêtre:
Je vous assure, quand je la regardais
et m'apprêtais à appuyer sur le déclic pour photographier, un avion est
passé juste devant la lumière
de la lune se découpant en ombre sur l'image. Stupéfait par la beauté,
je n'ai pas eu le réflexe d'appuyer. Mais j'ai ressenti davantage la
rencontre de l'humain et de ces dons.
Regardez au centre de la ligne qui sépare la lumière des
ténèbres: vous
y voyez extraordinairement le cratère isolé et net nommé Copernic.
Que notre détermination à croire dans le don effectif de
la bonté envers
nous soit à son image, même si les ténèbres
nous environnent. Pour certains c'est la maladie, la pauvreté,
l'isolement, la solitude, les deuils, la calomnie et la médisance,
la haine, il n'y a pas de limites à tout
cela, comme il est dit qu'il "n'y a pas de repos pour les justes, Ein
ménou'ha la tsadiqim". Mais l'image de la pureté de
ce cratère doit renforcer
notre détermination à croire dans la lumière, dans
la bonté, dans le
don. Soyons
ouverts
et sûrs de la victoire -MAINTENANT EN CET INSTANT, TOUJOURS- victoire
de la volonté, de la réception, du don sur l'incertitude
et sur les ténèbres
et sur
les
méchancetés.
Ce cratère de 93 km de diamètre domine la plaine environnante
de 900 mètres mais son intérieur a une profondeur de 3760
mètres. Cela lui donne
cette image parfaite quand il est ainsi à la limite de la lumière
et des ténèbres, vers le 10 du mois lunaire, et spécialement
vers le coucher du soleil qui met en valeur sa couronne. Il est possible,
même dans le noir, de revenir à la clarté de la détermination, par un
bon entrainement.

Vous pouvez
contempler ce cratère Copernic avec de bonnes jumelles. Et, souvent,
vous verrez de nombreuses tracées de lumières surgissant
de lui et s'étendant
loin sur la plaine noire des ténèbres. Ainsi quand nous nous rebrancherons
sur ce mouvement: "ouvre largement ta bouche et Je l'emplirai". La
Torah est écrite dans un rouleau ou dans un livre, mais elle est aussi
écrite en grand devant nos yeux.

Ces luminaires, comme dit le récit de la Création, nous ont été donnés
pour notre enseignement et encouragement. Nous ne sommes pas ingrats
et nous contemplons ces dons comme le Créateur a demandé à Moché Rabbénou
de le faire.
Et cela a été résumé à Yehochouâ: "Eyé imakh;
'hazak vé émats.
Je suis et Je serai avec toi. Mais toi sois fort et courageux".
Aujourd'hui,
nous arrivons au 11 sivane et le cratère Copernic resplendit
de plus en plus sur le noir, image de notre gain
intérieur.
le 10:

Nous
continuerons à accueillir toute la lumière jusqu'à la
disparition de toutes les ténèbres, dans la pleine
lune d'ici quelques jours:
Voici
la progression:
et le 11:

et le 14 sivane:
et le 15, pleine lune:
Nous avons atteint le but: la lumière s'étend sur la Mer des Crises en haut à
droite, isolée
A
sa gauche, la grande tache ronde de la Mer de la Sérénité; sous la Mer
des Crises, la tache centrale de la Mer de la Tranquillité,
et en dessous d'elle la Mer de la Fécondité et, sur sa
droite 2 petites taches (la supérieure est le Sinus
Asperitatis et en dessous de lui la Mer du Nectar).
Le point blanc au centre de la lune est le cratère Copernic et, autour
de lui: au dessus, l'immense Mer des Pluies; à sa gauche sur la bordure:
l'Océan des Tempêtes avec le point brillant du cratère Kepler; vers le
bas, la Mer des Humeurs, à gauche, et au centre la Mer des nuées.
Enfin, en bas à droite, l'immense et brillant cratère Tycho, rayonnant.
En bas à gauche, sous la Mer des Humeurs, l'immense plaine sombre Shickard,
couverte de lave, s'étend sur 227 km de diamètre.
Mais, si vous regardez bien, vous constatez aussi que toute la bordure
gauche est crénelée: la lumière découvre et met en valeur le maximum
de cratères dont les hautes parois se laissent deviner.
Ainsi, la nature a réussi son travail de s'ouvrir au maximum à la lumière
comme le disait le verset 11: "Harhev-pikha
vaamaléhou. Ouvre largement
ta bouche et Je la remplirai". Avons-nous
réussi à faire de même? Toute
la nature s'épanouit, les fleurs éclatent partout à Jérusalem. Et nous?
Terminez
le bref texte ci-dessous, puis reprenez
l'étude de cette page depuis le début, car il y
a toute une partie qui précédait l'ouverture que vous avez lue.
J'ai entendu 3 amis, aussi détruits: un qui a vécu la
Shoa et souffre qu'on veuille détruire la maison de ses fils,
un qui lutte pour la détruire en espérant que cela changera
enfin le coeur des ennemis, un qui s'effondre en pleurs et ne veut plus
rien entendre de cette vie. Et les trois voulant que tout s'arrange car
cela
suffit, et ils ne savent pas comment. M'est ainsi venu ce poème.
Note finale. En ces jours où j'écris ces lignes, après
la fête de Chavouote 2007,
l'actualité nous montre combien ces dynamiques sont présentes
dans le monde entier et menacent le monde, et non seulement le peuple
juif. Vivre la Torah amènerait
pacifiquement la paix.
- Au nom de la parole exprimée au Sinaï, les extrémistes
islamiques (non pas tout l'Islam) veulent conquérir le monde en
tuant aussi bien les non islamiques que leurs frères qui ne les
suivent pas, et on ne trouve guère de condamnation de leurs actes
dans l'ensemble du monde islamique modéré.
-
Voici les faits qui concernent aussi un autre courant qui se revendique
de la parole du Sinaï, et leur revue
de presse ici: le Pape actuel
Benoit XVI vient de réaliser un voyage en Amérique latine,
et il a déclaré là-bas sans aucune pudeur face aux
masses locales qui ont
vécu
il y a
quelques siècles une
évangélisation forcée qui fut un véritable
génocide à l'échelle d'un continent: "les peuples
amerindiens ont reçu l'évangile qu'ils attendaient silencieusement",
couvrant mensongèrement
les actions
et
falsifiant l'histoire et giflant les peuples victimes. La réaction de
stupéfaction, d'horreur et de réprobation a été massive en Amérique latine
et le Pape a ensuite modifié sa version en disant que cela fut accompagné
d'erreurs.
- Enfin,
dans notre région du Proche-Orient, le désordre destructeur s'instaure
au Liban entre Libanais et Syriens et Pro-syriens; de même,
officiellement la Syrie dévoile qu'elle allait se joindre au Hesbollah
pendant la guerre du Liban et qu'ils auriaent avec certitude été victorieux
contre Israël mais que la Russie a interdit cette entrée en guerre de
la Syrie; devant les rapts de soldats israéliens et les tirs de roquettes
Qassam contre Sdérote et le Néguev, le gouvernement israélien vient de
réagir en arrêtant ou kidnappant à son tour des dizaines de militants
du Hamas dont un ministre de l'éducation et les maires de deux grandes
villes
palestiniennes;
le gouvernement israélien fait pression sur la ville de Tel Aviv pour
qu'elle interdise à un milliardaire juif futur concurrent politique de
Olmert d'établir un village de tentes dans Tel Aviv pour héberger les
habitants menacés de Sdérote. En somme, le désordre guerrier s'installe
dans la région et en IsraËl. Le psaume 81 devient de plus en plus actuel.
On découvre par ces exemples que la
falsification de la parole de D.ieu et sa non-écoute véritable
se transforme en catastrophe
locale et mondiale
tous
azimuths.
Relisons donc la puissance du psaume 81. Il nous dit que la solution
ne se joue pas au niveau global, mais à l'échelon
individuel
et
cumulé
de chacun.