accès direct >>
accès direct >>
accès direct >>
accès direct >>
Livre d'or

Rechercher ici les thèmes d'études sur le site par un catalogue de photos
Rechercher ici sur le site tout sujet ou tout mot avec Google :

Le psaume 91

Traduction et commentaires
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages
© Les textes de Modia sont mis gratuitement à votre disposition par l'auteur, selon la mistva obligatoire pour le Juif qui est d'etudier et d'enseigner simultanement.  Vous pouvez donc imprimer et dupliquer ces textes pour l'etude personnelle et de groupe, ou pour l'enseignement. Bien entendu, selon la Torah, en ne supprimant pas le nom de l'auteur et  l'adresse du site. Les sites ne peuvent faire qu'un lien vers ces textes sans les capter.
Voyez les règles du Copyright . 
Ne pas oublier que, sur votre version imprimee ou polycopiee, vous perdez tous les liens qui renvoient aux autres textes de Modia. Or, ils sont indispensables dans l'etude.


Le psaume 91

Comment ne jamais défaillir dans la vie. 

 

La demande juive de protection n'a rien à voir avec la passivité d'une assurance tous risques.
 La question importante est : 
 comment garder le niveau de la sainteté et de la beauté sans défaillir alors que c'est l'heure des malheurs personnels ou dans les relations, des fantasmes, des délires, et des appréhensions collectives?
Qora'h a échoué sur ce point
Spécialement à l'heure où, en Israël, dans la région et dans beaucoup de pays, les terroristes tirent sur les routes, viennent tuer dans les lieux publics, les restaurants, ou sur les lieux de travail, ou quand les Juifs sont mis à la rue par la volonté de profit ou par l'expulsion gouvernementale. Et cela n'est pas une seule question théorique et politique, ou théologique, mais c'est une nécessité d'exister pour des gens qui vivent puis n'existent plus après le meurtre ou la brutalité.

 Le psaume 91 (Yochév béssétér êliyone, celui qui demeure dans le secret du Très-haut), nous semble-t-il, traite tous ces  problèmes.
Allons d’abord le lire. 

1. Celui qui est assis dans le secret du Très-haut, * s'abrite à l'ombre du Tout-puissant efficace,
2. dit à Hachém: Tu es mon refuge, ma citadelle, * mon D.ieu j'aurai confiance en Toi.
3. Car Lui te sauvera du piège de l'oiseleur,        * de la peste meurtrière.
4. Par Lui-même Il te couvre, sous Ses ailes Il est refuge: * sa bonté fidèle est bouclier et cuirasse.

5. Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit, * ni la flèche qui vole de jour.
6. ni la peste qui marche dans l'ombre,          * ni l'épidémie qui ravage en plein midi.
7. Il en tombera à tes côtés 1000, et des myriades à ta droite, * mais vers toi cela ne t'atteindra pas.
8. Seulement, de tes yeux tu regarderas,     * et le paiement des méchants tu le verras.

9. Car Toi, Hachém, Tu es mon refuge.        * Dans le Très-haut, tu as placé ton abri.
10. Ne surviendra aucun mal vers toi,       * aucun fléau ne s'approchera de ta tente.
11. Car à Ses anges Il a ordonné                 * de te protéger en toutes tes voies.
12. Sur leurs mains ils te porteront,             * pour que ne bûte sur aucune pierre ton pied.
13. Sur le chacal et la vipère tu marcheras,  * tu fouleras le lionceau et le serpent.

14. Car c'est Moi qu'il désire et Je le sauverai (dit Hachém), * Je le protégerai car il a connu Mon Nom.
15. Quand il M'appellera Je lui répondrai. Avec lui Je suis dans la difficulté, * Je le sauverai et Je le comblerai d'honneur.
16. D'une longue vie Je le rassasierai, * et Je lui montrerai Mon salut.

La lecture étant faite, analysons le texte: 

 1- Pour parvenir à rester dans la confiance, il faut apprendre à se situer dans "le secret" (bésséter) et dans "l'invisible" de la présence de Hachém comme dans une forteresse vivante (métsoudati) à Qui on parle et vers Qui va notre désir. 

2- de là, on ne supprimera certes pas les nombreuses attaques perfides mais elles resteront sans effet et, tôt ou tard, on verra les méchants recevoir le prix de leurs forfaits. 

3- quelle est cette Forteresse, ce Lieu de protection et de bien-être ? C'est la Torah, comme le disent nos Sages en prenant les lettres initiales des versets 8 et 9 du psaume : béêinéikha tabite véchiloumate réchaîm  tiré ki (et de tes yeux tu verras le salaire que recevront les méchants car...) qui forment le mot béTorahtékha (par Ta Torah) ; c'est dans la Torah que l'homme est attaché à D.ieu et c'est par cela qu'il est sauvé (verset 14). Cela est explicite : "parce qu'il connait Mon nom", ki-yadâ chémi. Cette connaissance vient uniquement de la Torah reçue et étudiée à l'intérieur du peuple qui respecte l'alliance de la circoncision, clef de cette connaissance et le Chabbate, lieu et temps de l'habitation parfaite de Hachém avec Son peuple.

4- le psaume précise où sera le bienfait : 
 - dans le couple (béaholékha, la "Tente" fait allusion à la "femme" et on peut poursuivre cela en lisant le psaume 128 qui explicite ce thème.), 
 - dans toutes les voies de la vie qui seront "gardées" (lichmorékha,verset 11, et ce terme reprend celui de la paracha de Qora'h, la garde). 

5- deux conditions sont posées : que le désir affectif de l'homme soit orienté vers Hachém et que l'homme Le connaisse par l'étude. 

6- alors, 
                       - sa prière de demande sera entendue, 
                       - Hachém sera avec lui dans ses soucis, 
                       - l'homme participera de la gloire de Hachém, 
                       - il bénéficiera de longs jours,
                       - il verra le salut. 

7- les trois derniers versets du psaume parlent de cette plénitude en utilisant des verbes qui se terminent par un suffixe composé des dernières lettres du tétragramme (Hou) pour bien marquer qu'il s'agira là de l'Unité essentielle et finale accordée à ceux qui connaissent la Torah qui, dans son ensemble, est toute entière le grand nom de Hachém. Il me semble que cela est encore renforcé par le fait que ces verbes sont en trois doublets de chacun 13 lettres comme les 13 caractéristiques de bonté de Hachém envers nous.

Ainsi,
 - la vie dans la Torah n'est pas seulement une attitude piétiste ou religieuse, 
 - le projet de la Torah s'ordonne très concrètement dans une organisation sociale et politique où les distinctions précises jouent un rôle éducatif chargé de préserver la vie (cela c'est la science juive), 
 - mais cela est basé sur des attitudes intérieures
 - ces attitudes sont "amour" mais un amour développé dans l'étude qui donne la connaissance. 
La demande juive de protection n'a rien à voir avec la passivité d'une assurance tous risques.

Il nous est alors assuré que la protection divine arrêtera les tirs physiques et les tirs moraux contre les membres de ce peuple d'Israël.
David a voulu nous donner son exemple où, par sa confiance même au milieu du danger le plus proche, il a échappé à la mort, par exemple quand le Roi Chaoul et ses troupes étaient parvenues près de lui jusque dans la caverne où il s'était réfugié. Mais, comme tous les psaumes, cela s'applique à tout Juif en toute période.

J'ai dédié cette étude à mes amis menacés concrètement de mort quotidiennement sur les routes, en se rendant au travail, en rejoignant leur famille, et cela par la faute réelle des politiciens qui ont fait entrer les terroristes par leurs plans, leurs mouvements, par leurs décisions et par leurs votes, leur ont donné les armes et les territoires d'Israël, ont laissé dans l'impunité les leaders politiques de ces terroristes pour plaire au monde qui avait juré la perte d'Israël déjà une fois en notre génération. C'est dans ce contexte précis que nous récitons ce psaume de sauvetage.
Je dédie aussi cette étude à mes amis qui montent en Israël et qui éprouvent soudainement le vide de leurs habitudes, de leurs compétences, de leur langue maternelle et paniquent souvent.
A travers cela, je dédie cette étude à tous amis qui traversent les phases difficiles de l'existence, chacun a ce lot (enfants qui se droguent, travail perdu, affection brisée, parcours difficile de retour vers le judaïsme après des générations qui n'ont plus transmis, difficulté de trouver comment se rattacher à une communauté) et ceux qui cherchent comment se brancher sur toute la force et la vie de la Torah.
A ce sujet, le Ari, zal, fait remarquer que le verset 3 porte le nom de Yémima dans les lettres initiales (rachéi tévotes) des mots: "Yatsilékha Mipa'h Yaqouch Middévér Havote (Il te préservera du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière)". Qui est Yémima? Lisez le dernier chapitre du Livre de Yov (Job), c'est l'une de ses filles lorsque... la période du bonheur revient, simplement parce que Yov a fait taire ses angoisses et s'est placé silencieusement dans la confiance envers Hachém.

Nous ne parlons pas à la légère devant ces questions. Toutes les objections David les connaissait. Son expérience vaut la nôtre.
Je ne parle pas à la légère de la guerre car, comme beaucoup, je sais ce que c'est d'expérience d'être au milieu des bruits des tirs et des murs qui tremblent et tombent et des nombreux proches broyés en un instant. La première fois, j'étais enfant et quand j'ai vu et entendu l'affolement des adultes qui, subitement différents, subitement devenaient croyants et suppliants pour un seul instant, au lieu tout-à-coup de donner la place à D.ieu que je n'avais jamais ainsi entendue chez eux, j'ai dit en mon coeur d'enfant dans le noir et sous le bruit infernal et la poussière des bombesma confiance en cette présence de vie divine qui ne me semblait pas plus absente ni présente en ce moment de la méchanceté des hommes que lorsque j'admirais la beauté des champs; comme un enfant, tout cela en un instant, en cet instant, enfant très petit que j'étais; là était ma forteresse et mon abri sûr et j'ai dit alors en parlant de ce contraste: "jamais je ne lâcherai les fleurs", comme si je les avais en bouquet dans mes deux mains. C'était alors pour moi le début d'un poème vivant qui ne s'est pas terminé un moment depuis lors et qui se dit encore dans les photos du monde que je filme et seul le regard particulier peut saisir cette beauté divine.
A travers ce regard visuel sur la beauté du monde en cet instant, je disais ma foi dans la présence de l'ordre bon du monde que ces horreurs ne pouvaient pas abolir ni altérer. Et les murs tremblaient, les cris devenaient aussi vifs que le bruit des bombes, puis certains se taisaient. Puis le silence. Il y eut plus de 50 morts dans cette proximité. La méchanceté des hommes se veut plus forte que la vie et se croit avoir gagné parce qu'elle a tué ce qui est le plus grand: la vie. Un instant. Il n'y avait pas de silence de D.ieu, il y avait seulement la méchanceté des humains. ... à tout jamais

L 'ennemi est, ainsi, quotidiennement en action: ce sont les attaques injustes, perfides, du lachone ha râ toujours basé sur ce qui serait plausible et contre lequel on ne peut pas se défendre car il n'y a rien à contester puisque le mal reproché n'existe pas; seulement on peut quand même compter sur l'amitié, l'amour, la fidélité, la bonté, la justice vraie. 
Je ne parle pas à la légère des proches soudain menacés de maladie, puis qui se confirme, et qui vont franchir la mort. Tout cela, je le connais d'expérience directe. Nous connaissons aussi les menaces de perte d'emploi qui angoissent tant de familles. Et, en psychologue je connais tant de menaces internes dans les tensions des vies de couples.

Je suis, cependant, comme chacun : nous avons la vie écrite de nos patriarches et matriarches et de nos prophètes dont la vie fut encore plus dure que la nôtre.Leur désespoir et angoisse apparaissent de psaume en psaume avant de rebondir dans l'espoir et la confiance. Les psaumes sont le témoin -ligne après ligne- de tout cela et ils sont écrits avec art pour que chacun puisse y lire chaque instant de sa vie. Nous marchons dans ces traces et, avec l'aide de leur mots, de leur exemple et de leur présence, nous ne trahirons pas les contrats de l'amour éternel.

Je ne parle pas non plus à la légère de la Shoa. Je n'ai pas besoin de ceux qui voudraient l'objecter à la confiance du Roi David. J'ai vécu si proche nuit et jour pendant des années avec Yémima, mon épouse zal qui est restée depuis la tendre enfance seule après la Shoa avec ses absences et avec cette souffrance, et n'a pas hésité à monter en Israël avec moi pour assurer la victoire finale de toutes ces générations que les ennemis français et allemands ensemble voulaient achever à Monte-Carlo, puis en France à Drancy et à Auschwitz. Ce n'est pas le Ciel qui avait livré ces Juifs aux nazis, c'est la police française et les bons voisins polis mais monstreux sous leurs masques bien propres. Malgré cela, nous avons dit "oui définitif" à la victoire de la vie et nous avons dit "merci" avec tous ceux qui vivent face à tous ces ennemis.
Certes, nous n'avions pas prévu qu'en plus, un jour, ce seraient des Juifs en Israël qui feraient venir les ennemis pour tuer nos frères sur notre terre millénaire, et leur donneraient les armes pour cela, et continuent sans cesse. Et qu'ils s'en glorifieraient, et coopéreraient avec l'ennemi, travailleraient pour lui, et continuerait malgré la liste s'allongeant de ces crimes, absolument indifférents à la souffrance terrible de leurs frères et, au contraire, courant les capitales pour y recevoir les félicitations et les prix et les chèques. Et cherchant toujours d'autres formes pour faire souffrir leurs frères et s'en louanger en couvrant leurs crimes du nom magique et mensonger de "la paix". La dernière invention est leur expulsion de leurs frères juifs, et la pauvreté cruelle et sans aucun sentiment, simplement pour ressembler au dieu américain qui les remercie très concrètement de nous traiter ainsi..

Mais là encore, en tout cela, nous gardons confiance. Car ces scénarios n'ont rien de nouveau. La Torah nous a donné ce psaume et l'enseignement face à ceux qui comme Qora'h promeuvent la mort derrière les beaux mots trompeurs. La vie a toujours gagné et gagnera. Après les épreuves de Job, le dernier chapître de son livre nous montre le retour du bonheur, et l'une de ses 3 filles - images des bénédictions d'en Haut- se nomme Yémima. Nos Sages nous indiquent que le verset 3 de notre psaume 91 ("car c'est Lui qui te préserve du piège de l'oiseleur, de la peste meurtrière") porte doncen initiales sur les mots consécutifs ce nom de Yémima.

Plus que jamais, disons ce psaume 91 car David était encore bien plus menacé directement que nous, et il nous a enseigné comment prier, pour vivre.

La fête de Souccote nous apprend à son tour comment vivre dans LA PRESENCE forte au milieu de la fragilité de la Soucca.


Et, ces belles fleurs d'alors, je les ai retrouvées à Jérusalem (lien ici et ici). Je vous prouve ainsi qu'elles existent bien comme don quotidien de vie.


Revoyons encore la traduction de l'ensemble du psaume 91 :
Le signe * marque la pause de respiration à effectuer à l'intérieur de la phrase. Une plus grande en fin de phrase.
Ces rythmes sont importants pour parvenir à se placer dans ce calme et dans se certitude.

1. Celui qui est assis dans le secret du Très-haut, * s'abrite à l'ombre du Tout-puissant efficace,
2. dit à Hachém: Tu es mon refuge, ma citadelle, * mon D.ieu j'aurai confiance en Toi.
3. Car Lui te sauvera du piège de l'oiseleur,        * de la peste meurtrière.
4. Par Lui-même Il te couvre, sous Ses ailes Il est refuge: * sa bonté fidèle est bouclier et cuirasse.

5. Tu ne craindras pas les terreurs de la nuit, * ni la flèche qui vole de jour.
6. ni la peste qui marche dans l'ombre,          * ni l'épidémie qui ravage en plein midi.
7. Il en tombera à tes côtés 1000, et des myriades à ta droite, * mais vers toi cela ne t'atteindra pas.
8. Seulement, de tes yeux tu regarderas,     * et le paiement des méchants tu le verras.

9. Car Toi, Hachém, Tu es mon refuge.        * Dans le Très-haut, tu as placé ton abri.
10. Ne surviendra aucun mal vers toi,       * aucun fléau ne s'approchera de ta tente.
11. Car à Ses anges Il a ordonné                 * de te protéger en toutes tes voies.
12. Sur leurs mains ils te porteront,             * pour que ne bûte sur aucune pierre ton pied.
13. Sur le chacal et la vipère tu marcheras,  * tu fouleras le lionceau et le serpent.

14. Car c'est Moi qu'il désire et Je le sauverai (dit Hachém), * Je le protégerai car il a connu Mon Nom.
15. Quand il M'appellera Je lui répondrai. Avec lui Je suis dans la difficulté, * Je le sauverai et Je le comblerai d'honneur.
16. D'une longue vie Je le rassasierai, * et Je lui montrerai Mon salut.

Psaume splendide et vital! Quotidien.

Lisons-le maintenant en hébreu en le rythmant bien dans les découpes du verset.


1- Le signe vert que j'ai placé indique la pause juste telle qu'il faut la placer pour bien lire le sens du psaume. Entraînez-vous à réussir cette lecture, à haute voix. Voir pour comprendre cette pause, la page sur les téâmim des psaumes (lien ici).
Bien faire la pause au milieu du verset après le atna'h ou étna'hta. Et, au verset 3 qui n'en comporte pas, faire la pause après le raviâ chez les Sépharades et réviî chez les Askénazes.

2- Le signe orange indique qu'il faut bien accentuer les mots qui n'ont pas l'accent sur la dernière syllabe, en prenant le repère grâce au taâm: exemple, au début, yochév bé SEter...
Entrainez-vous à prendre ainsi l'habitude de bien lire un psaume, en le comprenant et en allant à son rythme interne.


Voici une autre approche, celle du 'Hida. Qui est-il?

'Hida, ce sont les initiales de Ribbi 'Hayim Yosséf David Azoulaï (1724-1806), sépharade, qui naquit à Jérusalem. Il est l'arrière petit-fils de Ribbi Avraham Azoulaï de Féz (1570-1643) qui vint à 'Hévrone. Il étudia auprès de Ribbi 'Hayim ben Âttar (s'y reporter ici). Sa personnalité est très particulière et brillante en de nombreux domaines. Il fut au même titre le grand talmid 'hakham de sa génération, estimé et vénéré par tous, commentateur de nos sources, responsable communautaire et impliqué dans des disputes locales, caballiste, décideur dans la halakha, bibliophile, quêteur dans le monde pour les communautés de la terre d'Israël et la Yéchiva de 'Hévrone (Hébron), grand voyageur, enquêteur sur les communautés de la dispersion et sur le monde non juif, anthropologue sur les coutumes juives dans les diverses communautés du bassin méditerranéen, et écrivain sur ses voyages. Son passage à la cour de Louis XVI est resté célèbre, tant sa prestance et son rayonnement naturels impressionnèrent chacun. Ses livres les plus connus sont Birkhé Yosséf (qui est un commentaire sur le Choulkhane Âroukh de Rabbénou Yosséf Caro), ses enquêtes de voyages (Zikhrone maâssiyote vé nissim), son répertoire des noms de sages (Chém haguédolim), son  commentaire des psaumes centré sur la relation de David à Bat Chévâ (Téhilote Yosséf). Il est enterré à Jérusalem.



Sur le premier verset du psaume "Celui qui est assis dans le secret du Très-haut", il reprend ce que dit le Zohar: "celui qui est occupé dans les secrets de la Torah, Hachém le protège pour que les forces hostiles n'agissent pas contre lui; il s'agit de celui qui a le mérite de se placer dans les secrets de la Torah. Et la protection est indiquée par la fin du verset: "s'abrite à l'ombre du Tout-puissant efficace".
Appuyons-nous sur Rachi pour mieux comprendre cette phrase du 'Hida. Nous avons l'habitude d'entendre que Rachi ne prônerait que l'étude du sens littéral, le pchate, mais cette formulation est fausse car Rachi dit seulement que le pchate est la fondation indispensable pour toutes approches supplémentaires qui sont transmises elles aussi depuis le don de la Torah, et il ne les dénonce pas.
Marane
, Rabbénou Yossef Caro rappellera que chaque Juif a l'obligation d'étudier les quatre niveaux de la Torah jusqu'au sod, le secret. Et Rachi ne peut pas annuler ce verset.
Qu'en dit-il précisément? "Celui qui s'abrite avec confiance dans le secret des ailes de la Chékhina (présence divine en notre monde), il se place sous son ombre et Ha Qadoche Baroukh Hou le protège, c'est ce qui se passa pour Moché qui nous incite à faire de même". Rachi, quand on connait son langage, nous apporte sa confirmation que cela est important, vrai, exact. Ce ne sont donc pas des beaux mots, c'est une activité concrète dans laquelle nous avons à nous placer. A chacun de rechercher ce que cela veut dire pour soi.
Revenons maintenant à ce que le 'Hida nous indique quand il parle des "secrets de la Torah" (sitré ha Torah). Il nous invite à aller voir le Zohar. Que dit-il?
- "Chaque secret de la Torah est appelé lumière (or), c'est pour cela qu'on nomme la Torah, Torate or, Torah de lumière" (Zohar III 153a). Cela nous indique qu'on s'est placé dans cette position quand on a compris quelque peu cette dimension éclairante d'un passage de la Torah.
- Et cela est vrai "de tout mot ou de toute lettre de la Torah car chacune d'elles a ces secrets de lumière" (Zohar II 59b).
- "Et tous sont différents les uns des autres et finalement forment une seule unité" (Zohar I 171b). "Et il n'y a pas de fin à leur nombre" (Zohar III 179b).
- Attention, il s'agit de la lumière intérieure et secrète, au sens de intime, de la Torah et non pas des soi-disants secrets farfelus.

Pour vous aider à entrer dans ce psaume personnellement, à partir d'un travail personnel, je vais vous accompagner dans son déchiffrage et ne pas seulement vous rapporter quelques enseignements généraux des Sages. En effet, la Torah ne s'acquiert que par un travail laborieux personnel, sinon elle glisse sur notre peau. Or, nous voulons "intégrer" cette vie nécessaire que nous donne la Torah. Déchiffrons donc en allant chercher dans le psaume après chaque ligne ce que j'y décris, il faut faire ce travail précis de localisation et de repérage pour que la prière saisisse le rythme de la vague décrite par le Roi David:

- comptez le nombre de versets: 15-16 ou plus?
- constatez l'équilibre du psaume dont presque tous les versets ont le même nombre de mots qui indique combien la même dynamique est traitée sans cesse par le psaume par des variantes légères dans l'approche (la grande majorité a 8 mots, et les autres en sont proches). Vérifiez. Cela fait une moyenne de 7 mots, 112 au total comme la somme des trois noms de Adonoute, Hachém et Ehié, qui sont toute la descente de la bénédiction et tout le projet divin de la réussite de la Création.
- le premier verset rassemble tout l'exposé: l'essentiel est de comprendre quel est le lieu où se placer avec Hachém: secret (sétér), ombre (tsel), ce qu'Il devient alors (ma'hsi ou mon refuge, métsoudati ou ma citadelle), il est alors Elohaï ou "mon D.ieu", et évta'h bo ou "j'ai confiance en Lui".

Tout est dit là en ces 4 points du scénario que le psaume va développer en nous apprenant à le vivre, véritable formation psychologique de développement personnel :

- une dynamique double est claire et réassurante : il criera (yiqraéni) et Je lui répondrai (vééhénéhou).
- sont alors décrites 4 dimensions psychologiques qui ne se produiront plus: crainte (lo tira), approche du mal (la yaqriv), rencontre du mal (lo yigach), séjour du mal (lo téouné). Le chercher par la lecture des versets.
- cinq fonctions de D.ieu agiront alors vers l'homme qui a confiance: ma'hsi (mon refuge), métsoudati (ma citadelle), tsina (bouclier), so'héra (cuirasse), méonékha (forteresse). Le chercher par la lecture des versets.
- l'action divine est décrite par deux types de termes.
D'abord, les anges qui agiront de deux façons pour la protection: le garder (lichmorékha), le porter (yissaounékha).
Et D.ieu lui même décrit comment Il posera ce bien qui protégera: Il répondra (éênéhou), Il sera avec dans la détresse (îmo anokhi vé tsara), Il commandera à ses anges (yétsavé), et les trois doublets des derniers versets composés de 13 lettres que j'ai indiqués plus haut; cherchez-les: Je le protégerai (vaafalétéhou), Je le placerai en refuge (assaguévéhou); Je le délivre (a'halétséhou), Je le comble d'honneur (akhabédéhou); Je le rassasie (asbiêhou), Je le fais bénéficier (aréhou).
- la conséquence est que le menacé passera au niveau où il est "sur" (âl). "Sur" les puissances négatives symbolisées par 4 menaçants: le chacal (chakhal), la vipère (fétén), le lionceau (kéfir) et le serpent (tanine). Nos Sages font remarquer que ce mot ""sur" (âl) a la guématria de 100 qui indique la plénitude des bénédictions journalières.
- le véritable niveau de localisation où il sera est indiqué par ces 5 lieux: l'homme va chercher le secret (sétér), l'ombre (tsel); et D.ieu, alors, le place sous Son aile (évrato) (kénafav) et c'est le lieu de Sa bonté totale (amito).
- ce ne sont pas des localisations géographiques ni symboliques, mais c'est véritablement une union intime d'internalisation, car il est parlé du désir (héchéq) de l'homme qui est "en Moi" (bi), et l'homme sera "dans" Mon salut (bichouâti). Cela est bien condensé dans le mot du premier verset: "mon D.ieu (Elohaï)". Je l'écris ainsi effectivement, ce Nom, car nous sommes dans une situation d'enseignement et non de simple lecture.
- ce "dedans" (be) est opposé à la coupure () exprimée alors face à quatre maux: la crainte de la nuit sous tous les plans (mi pa'had laïla), la flèche qui vole (mé 'héts yaouf), la peste (mi dévér), l'épidémie (miqétév).
- remarquons, en ce sens, la force d'un certain nombre de mots très brefs qui indiquent la netteté de la démarche qui neutralise définitivement le mal: non (lo), sur (âl), seulement (raq), de crainte que (pén), car (ki). Au contraire, les mots de bonté sont longs: le garder (lichmorékha), le porter (yissaounékha), Il répondra (éênéhou), Je le protégerai (vaafalétéhou), Je le placerai en refuge (assaguévéhou); Je le délivre (a'halétséhou), Je le comble d'honneur (akhabédéhou); Je le rassasie (asbiêhou), Je le fais bénéficier (aréhou).
- la relation d'union est aussi démontrée par de nombreux mots qui intègrent le suffixe personnel au verbe, toi (a) ou il (hou).
A vous de compléter tout cela par votre proche étude.

Vous avez vu ainsi le travail que l'on doit faire "par soi-même pour entrer soi-même" dans les mouvements intérieurs du texte.
Relisez maintenant le psaume en prenant sur chaque mot la musique correspondante, comme sur une partition de musique. Alors, votre coeur, ayant bien compris ces dynamiques, deviendra capable de produire ces réactions positives.
En effet, sans cesse l'existence nous éloigne de LA PRESENCE, sans cesse nous-même perdons cette relation, et nous devons nous entraîner à la retrouver.

Apprenez bien aussi le vocabulaire hébraïque, et apprenez aussi à le lire. Ainsi, vous aurez franchi un grand pas, que vous pourrez renouveler aisément sur d'autres psaumes.
Ajoutez-y alors vos propres commentaires, et vous vivrez dans la Torah. Et continuez à rechercher des commentaires des Sages, après avoir construit votre base personnelle de déchiffrage. C'est la méthode classique de l'étude.

Et profitez aussi de la fête de Souccote pour faire cette étude sous la Soucca qui est le lieu de La Présence très concrète (lien ici).

Dans cette ligne de l'investissement personnel dans l'étude, voici quelques sensibilisations à cette recherche de la relation de présence en quelques dessins que j'ai réalisés spontanément (cliquez sur l'image à chaque fois):


........................... ........................ ..........................



Comment faire pour que cette étude ne reste pas conviction intellectuelle sur la Torah
mais s'insère existentiellement dans la vie?

Pour cela, nous devons nous resituer avec priorité dans le début de cette étude et de ce psaume:
"Pour parvenir à rester dans la confiance, il faut apprendre à se situer dans "le secret élevé" (bésséter êliyone) et dans "l'ombre" (bétsél) de la présence de Hachém comme dans un "refuge (marsé)" et "forteresse vivante (métsoudati)" .

Donc, nous continuerons pour comprendre "dans la vie" ces termes qui ne sont pas évidents: "dans le secret Très-haut (béséter êliyone)" et "dans l'ombre (bétsél)" et "le refuge (marsé)" et "la forteresse (métsouda)". Comment abandonner nos refuges secrets et nos ombres pour ceux de Lui?   La meilleure préparation à cette nouvelle étude sera d'étudier maintenant les pages sur la méditation:  

(http://www.modia.org/priere/meditation.php)

 

 

Retour à la page générale des prières
Retour à la page des téâmim des psaumes
Retour à la page de la prière pour la terre d'Israël en danger
Rappel : 
- la mitsva de sauver les prisonniers
- nos prisonniers d'Iran, présents à nos coeurs
- nos prisonniers de guerre, présents à chaque instant
-