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Lév Gompers © Les textes de Modia sont mis gratuitement à
votre disposition par l'auteur, selon la mitsva obligatoire pour tout
Juif qui est d'étudier et d'enseigner simultanément. Vous
pouvez donc imprimer et dupliquer ces textes pour l'?tude personnelle
et de groupe, ou pour l'enseignement. Bien entendu, selon la Torah, en
ne supprimant pas le nom de l'auteur ni l'adresse du site. Chacun pourra
ainsi accomplir la mitsva : véchinnantam lé vanéikha
(et tu l'enseigneras ? tes enfants) et l'autre mitsva : védibbarta
bam (et tu leur parleras dans les mots de la Torah. Dévarim
6, 7). Ne pas oublier que, sur votre version imprimée ou polycopiée,
vous perdez tous les liens qui renvoient aux autres textes de Modia. Or,
ils sont indispensables dans l'étude. |
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Etude mise le 16 juillet 2002, 7 av, pour les Juifs
assassinés aujourd'hui en Israël par les terroristes soutenus
par de nombreuses puissances occidentales et justifiés par des
groupes internes qui collaborent à leur stratégie.
Le qaddiche (pluriel, qaddichim) est une prière juive
écrite en araméen (non pas en hébreu) et considérée
comme l'une des plus élevées et les plus importantes du
judaïsme. Il y a quelques petites différences dans le
nombre de mots suivant les communautés, mais l'essentiel est identique. Etant donné que le qaddiche revient souvent et qu'elle est dans une langue peu pratiquée par l'ensemble, il faut veiller à ne pas le vivre en routine mais il faut le dire avec intention (cavana), en en comprenant les mots et le sens de cette prière particulière, et son rôle très important, et en respectant les règles précises. C'est ce que nous allons voir ensemble.
Puisque le qaddiche est rédigé en araméen, reportez-vous
d'abord ici pour comprendre le rôle de l'araméen dans
la vie juive et dans l'étude et dans la prière. Il est différent
de l'hébreu et se conjugue avec lui, ce n'est pas seulement une
bizarrerie historique ni un reste. Il a une fonction dynamique précise
qui est expliquée sur ce lien dans lequel nous faisons une initiation
à l'araméen.
Nous ne comprendrons rien à cette prière si nous faisons pas l'effort préalable de comprendre cette fonction. Cela étant fait, continuons. Les différents qaddichim Ils ont tous une zone centrale identique, avec quelques variantes: 1. Le demi-qaddiche ('hetsi qaddiche ou qaddiche
lé êla), ou version courte qui est la base des différentes
sortes de qaddichim; il se dit en trois occasions: Le début du qaddiche dit :
Yitgadal véyitqaddache chémé rabba. (Amen)
béâlma di-véra khirouté véyamlikh
malkhouté
véyatsma'h pourqané viqrev méchi'hé. (Amen)
bé'hayékhone ouyomékhone ouv'hayé dékhol-béit
Yisraël baâghala ouvizmane qariv véimrou Amen. (Amen)
(toute la séquence de cette image se dit en une seule respiration) Yéhé chémé rabba mevarakh, léâlam
léâlmé âlmaya
yitbarakh, véyichtaba'h, véyitpaar, véyitromam,
véyitnassé, véyithaddar, véyitâllé,
véyithallal, chémé déqoudcha bérikh
hou. (Amen)
léêla mine kol birkhata, chirata, tichbé'hata,
véné'hémata
daamirane béâlma véimérou amen. (Amen)
2. Le qaddiche plus long de l'officiant (qaddiche Titqabbal),
se dit bien après la lecture de la Torah, après la prière
très sainte nommée qédoucha dé sidra
et qui commence par Ouva lé Tsione. Dans ce qaddiche-ci,
le 'hazane ou officiant ajoute ce passage Titqabbal titqabbal tsélotéhone ouvaoutéhone dékhol
beit Yisrael qadam avouhone
dévichémaya véarâ véimérou
Amen. (Amen)
3. Le qaddiche le plus long (qaddiche dé rabbanane), se dit dans l'office du matin après la première partie qui rappelle les sacrifices, avant les cantiques dits péssouqé dézimra. On le laisse dire aux endeuillés, s'il y en a, et ils doivent absolument veiller à le dire d'une seule voix. Et il est dit aussi à la fin de l'office du matin (cha'harite) avant la dernière prière Âlénou léchabéa'h (nous devons louer).On le laisse dire aux endeuillés s'il y en a. On le dit aussi après une étude de la Torah ché bé âl pé (la Torah orale, voir ce lien), comme la michna ou le talmud, quand il y a au moins dix adultes (minyane). Ce qaddiche double presque la longueur du demi-qaddiche par une partie qui ajoute :
Âl Yisrael vé âl rabbanane vé âl talmidéhone
vé âl kol talmidé
talmidéhone, déyatévine véâsséqine
béorayéta qadichta, di
véatra hadén védi vékhol atar véatar,
yéhé lana ouléhone
oulékhone chélama 'hinna, vé'hisda, vé'hayé
arikhé, oumézoné
révi'hé, véra'hamé, mine qadam élaha
maré chémaya véarâ
véimrou Amen.
Et il ajoute alors une partie nommée Yéhé chélama rabba, qui sera aussi typique d'un autre qaddiche que nous allons présenter immédiatement, et qui comprendra seulement la première partie ('hetsi qaddiche) et cette partie Yéhé chélama rabba. 4. Le qaddiche intermédiaire (qaddiche Yéhé chélama rabba), se dit à Cha'harite vers la fin de la prière après le psaume du jour et avant qavé (espère), et aussi quand on a fait une étude de la Torah ou des psaumes en groupe d'au moins dix adultes. Il comprend la première partie ('hétsi qaddiche) et ce texte-ci:
Yéhé chélama rabba mine chémaya, 'hayim
véssavâ, vichouâ
véné'hama, véchézava, ouréfoua,
oughéoula, ousséli'ha, vékhapara,
véréva'h, véhatsala, lanou oulékhol
âmo Yisrael véimérou Amen. (Amen)
5. Sauf le demi-qaddiche, tous les autres se terminent par la formule :
Ôssé chalom bimromav, Hou véra'hamav yaâssé
chalom
âlénou véâl kol âmo Yisrael véimérou
Amen. (Amen)
Le qaddiche et les endeuillés Résumons cette question à partir de ce que nous venons de dire: dans les trois offices de la journée, en public quand il y a au moins dix adultes, les endeuillés directs disent le grand qaddiche de rabbane (âl Yisraël) avant la dernière prière de Âlénou lé chabéa'h; on appele ce qaddiche "qaddiche yatom" (qaddiche de l'orphelin). L'orphelin le dit pendant 12 mois après le décès (moins une semaine, dans des communautés) et le jour de l'anniversaire du décès ou yartseit. Si on l'a oublié, on peut le faire à une autre date. Quand le défunt n'a pas d'enfant capable de le dire, quelqu'un d'autre peut en être chargé ou le faire volontairement. Coutume supplémentaire: les endeuillés disent aussi le qaddiche de rabbane (âl Yisraël) avant Hodou, comme et le qaddiche Yéhé chéléma rabba avant la fin de la prière, avant qavé (espère). Les coutumes sont très légèrement différentes entre les communautés (se déplacer pour le dire ensemble ou chacun depuis sa place, par exemple; et accents différents).
Les précisions de la halakha pratique De quoi s'agit-il ? Un cours vous explique sur Modia ce qu'est la halakha, comment elle s'est constituée sur la Torah à partir de Moché Rabbénou jusqu'à nous, comment passer de la Torah aux précisions pratiques, qui en sont les méthodes qui ont des règles logiques très précises, qui sont les auteurs et les livres."http://www.modia.org/lev-gompers/halakha/halakha.html" Tout cela sur la page de ce lien. Il faut lire ce cours avant de l'appliquer à notre question du qaddiche. En ce qui concerne la halakha pratique du qaddiche, nous allons suivre maintenant les écrits de plusieurs maîtres. D'abord selon le 'Hida (sa vie et son oeuvre sur ce lien, sur Modia). - il faut s'empresser d'aller entendre un qaddiche et y répondre quand on est à proximité. - il faut toujours avoir dit des mots de Torah et des psaumes et de la Torah orale avant que l'on ne dise le qaddiche. Ils sont dans la prière des trois offices. On en reste aux occasions fixées par les Sages et on ne multiplie pas les qaddichim. - il faut connaître et comprendre le texte du qaddiche, même d'après une traduction. (Aujourd'hui, tout le monde est capable de lire et d'étudier et donc de comprendre ce que l'on dit). - il faut en suivre attentivement le sens pour dire "amen" (accord, que cette volonté se réalise) en sachant à quoi correspond cet accord que l'on signe. - ne pas dire "amen" avant que le 'hazane n'ait terminé de dire sa phrase, le dire alors avec affirmation et force intérieure et extérieure mais en gardant la mesure du ton qui ne doit jamais être plus haut que celui du 'hazane, garder un ton beinoni, moyen. De même, on ne prononce pas le qaddiche et on ne le fredonne pas pendant que le 'hazane le dit, seul. Et on ne récite pas d'autres versets pendant que le 'hazane dit ses mots car on doit être entièrement présent à ce qu'il dit afin de le sanctionner par un amen. - si on a commencé le qaddiche et que l'un des membres du minyane a dû sortir, on continue le qaddiche. Un autre Juif peut relayer le manquant. - quand on dit Yéhé chémé rabba, il faut continuer à dire tout haut d'une seule respiration jusque daamirane bé alma (nous expliquerons ultérieurement pourquoi dans le chapitre qui développera le sens du qaddiche). - on ne passe jamais devant quelqu'un qui dit le qaddiche. - si on est dans la qéddoucha de la prière dite âmida, et que l'on entend un qaddiche, on ne s'interrompera pas pour y répondre. - il n'y a pas d'obligation à dire le qaddiche debout ou assis, et on suivra la coutume de la communauté (les différences reposent sur des interprétations différentes sur le Talmud de Jérusalem que nous ne pouvons pas expliquer ici), mais quand le qaddiche est commencé on reste debout si on l'a commencé debout, ou on reste assis si on l'a commencé assis. Voyons quelques précisions supplémentaires données par le Rav Mordékhaï Eliahou (voir son site ici), dans son siddour de prières: - s'il y a seulement six personnes qui répondent et que d'autres personnes sont autour dans le même lieu, occupées, on peut dire le qaddiche. - on penche la tête dans tout endroit du texte quand on y répond amen et sur le premier mot "itgadal". - il y a trois sens au mot "amen": j'en confirme la vérité, que ce soit la volonté, ou les deux sens en même temps, et cela varie suivant les bénédictions. - bien attendre que le 'hazane ait terminé de dire "vé imérou amén" avant de dire soi-même "amen". - dans "amen yéhé chémé rabba", il faut veiller à faire une petite pause entre amen et yéhé chémé rabba. - on fait trois petits pas en reculant à la fin du qaddiche seulement pour le qaddiche titqabbal. Car, en ce qaddiche qui se dit après la répétion ('hazara) de la prière des 18 bénédictions (âmida ou chémona êsseré), ces trois pas correspondent au recul que l'on fait normalement en fin de prière à ôssé chalom. Il n'y a donc aucune raison de le faire dans les autres qaddichim. - quelqu'un qui n'essaie pas de vivre selon les mitsvotes de façon coutumière, on l'accepte également dans le minyane si son intention est sincère dans l'acte qu'il fait présentement qui est comme un retour (téchouva). Si c'est quelqu'un qui ne vit pas le chabbate, il peut dire le qaddiche mais il ne complète pas le minyane et, alors, le 'hazane doit dire tout le qaddiche pour compléter. Et si cela se reproduit, le 'hazane le dit systématiquement pour ne pas attirer l'attention sur la personne. - Un onéne (endeuillé d'un des 7 plus proches: parents, époux, frères et soeurs, enfant, dont le défunt n'est pas encore enterré), ne peut pas être compté dans le minyane. On ne compte pas non plus une personne qui dormirait, ou quelqu'un qui serait ivre sous état de boisson. Voyons quelques précisions supplémentaires données par le Rav Ernest Weill, pour les communautés askénazes. - le 9 av et dans la maison d'un endeuillé, on supprime la passage titqabal car le deuil attire l'attention sur les événements douloureux du passé et détourne l'esprit des perspectives d'avenir. De même, les orphelins pendant l'année de deuil. - le qaddiche ne contient aucune allusion au deuil, à la mort, à la vie future, à l'immortalité ; il n'est en aucne façon une prière pour les morts.
La seconde partie de ce cours sur le qaddiche portera sur le sens du qaddiche, de façon générale, dans ses différentes composantes, sa fonction dans la prière, le motif pour lequel il est choisi aussi par les endeuillés, etc. Si D.ieu veut, je pourrai le mettre prochainement.
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