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Dufour
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Professeur Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
Livre scientifique on-line (66
pages A4)
Le suicide dans les textes de
la tradition juive (2e page)
par Pr. Yehoshua Rahamim Dufour
Département de Criminologie. Bar-Ilan
University. Ramat-Gan. Israël.
PLAN
Plan
Introduction 2
I. La Bible 6
Le choix inévitable : vivre ou
mourir. 6
Les exemples d’études de cas 10
II. Les premiers commentaires rabbiniques
19
Suicide et euthanasie 19
Le droit au suicide de résistance
23
Le refus du suicide gratuit 24
Le débat sur le droit des suicidés
au culte mortuaire 25
Suicides d’enfants 26
Suicides familiaux 27
Suicide et vie conjugale 28
Suicide et fragilité sexuelle relationnelle
32
Suicide et auto-immolation 34
III. Les commentaires rabbiniques ultérieurs
38
Conclusion 44
Textes traditionnels analysés 50
Bible 50
Traités du Talmud de Babylone 50
Middrash 51
Zohar 51
Commentateurs et décisionnaires
utilisés 51
Echelle de compréhension des dynamiques
suicidaires. (E.CO.DY.S). 54
Ethno-Suicidologie :le suicide et la tradition
juive. 67
Suicide et fragilité
sexuelle relationnelle
Le Traité Berakhot, 23 a, nous démontre
cette même fragilité dans les relations sociales et l’apparition
du suicide comme résultat de la perte de l’image sociale de soi
par l’incurie, parfois perverse, d’autrui. Un étudiant de yeshivah
se déplaçait revêtu de ses ornements de prières
et, en chemin, éprouva des besoins naturels. Pour les satisfaire
il se dévêt de ses vêtements saints, les pose et s’éloigne
quelque peu. Passe une prostituée qui aperçoit ces ustensiles
religieux et les rapporte à la yeshivah en disant approximativement
: “pour me dédommager”. Elle demandait un peu d’argent en échange
de ces objets précieux qu’elle rapportait, mais ses interlocuteurs
comprirent que le dit étudiant lui avait remis en gage ses objets
en attendant qu’il vienne lui régler le prix de ses services.
En fait, la parole de la prostituée
avait été très ambigüe, soit par inadvertance,
soit par duplicité, soit par l’habitude du langage évocateur,
soit par l’écoute de ses auditeurs. Les commentateurs ultérieurs
s’interrogent encore sur ses motivations.
Le Yaabets, Rabbi Yaaqov Emden (1697-1776)
pense qu’elle les a rapportés pour ne pas être accusée
de vol et demandait une récompense. Toujours est-il que l’étudiant
entendant lui-même ce qu’elle dit en ce sens : “voyez ce que m’a
donné Untel pour mon salaire”, monta sur le toit, se précipita
dans le vide et mourut.
Le Talmud insiste sur le fait que l’étudiant
l’entendit ainsi et il se garde bien d’accuser la prostituée, préférant
laisser le lecteur se situer comme il l’entend dans ce psychodrame où
il est invité à entrer. A chacun de comprendre que le
suicide se situe dans le jeu des miroirs de la communication normale, dans
le jeu des projections, dans le jeu de la parole et de l’écoute.
Encore une fois, c’est une histoire d’oreille. L’histoire de Van Gogh ne
contredirait pas nos exemples.
Les Sages poursuivent l’analyse en soulignant
cependant le risque pris par l’étudiant et le fait que, dans le
cas d’un tel échec, la tradition incite à apporter un sacrifice
“envers Dieu” même s’il vaut mieux ne pas fauter que de venir avec
une offrande expiatoire (Metsoudat David sur Ecclésiaste 4, 17).
La rupture et la réparation se réaliseront mais par un déplacement :
une mort représentée sur une “autre scène” et non
par sa propre mort sur la scène de la réalité. L’exemple
choisi qui manifeste un lien entre une activité spirituelle très
élevée (la prière) et une activité très
concrète et primaire (faire ses besoins naturels, la prostituée)
montre en quelle incertitude et instabilité vit l’homme ; le
risque de rupture, parfois suicidaire, y est toujours très grand.
Un autre exemple d’échec de la relation
homme/femme aboutissant au suicide est décrit dans le Traité
Baba Batra, 3 b. Un esclave, Hourdous, entend une voix du ciel disant :
tout esclave qui se rebelle à l’instant réussira. Immédiatement,
il trucide tous ses maîtres et découvre ainsi la vérité
de la prédiction mais il épargne une fille très jeune
et très belle sur qui le portaient déjà ses yeux.
Elle se refuse à son sort, monte sur le toit et se jette dans le
vide en disant : “qu’il ne soutienne pas qu’il est le successeur des Asmonéens
car il n’est qu’un esclave, moi je suis leur dernière survivante
et voici que je me tue et meurs”. On dit qu’il embauma son corps dans du
miel et le conserva pendant de sept ans pour la vénérer.
Certains même ajoutent qu’il eut des relations sexuelles avec son
cadavre.
Par cette avancée sur le chemin
de l’horreur mais en gardant simplement le même scénario d’échec
de la relation sentimentale et de la communication, le texte veut nous
montrer encore combien le suicide ne fait que dévoiler ce qu’était
réellement cette relation initiale. Il n’y a qu’un raptus imaginaire,
un désir à l’état brut et, en face, une impossibilité
à gérer une telle relation par la parole. Autrui était
désiré comme un bien de possession et la personne porteuse
du bien affectivo-sexuel était déjà tuée comme
l’étaient les personnes porteuses du bien matériel et de
ce bien de pouvoir qui avaient été envoyées à
la mort. La relation de nécrophilie dévoile bien rétroactivement
quels étaient la valeur et le niveau de la relation initiale du
désir.
Cette même relation violente peut
se situer également dans la parole et aboutir au suicide de l’un
des partenaires du dialogue mortifère. Dans le Middrash Ecclésiaste
Rabbah (10, 7, 26, b), Rabbi Aqiba déambulait dans Rome pieds nus.
L’aborda un des eunuques du roi qui se promenait à cheval et lui
dit : “n’es-tu pas un des rabbis juifs ?” Pas de réponse. Il continue
de l’humilier en lui disant : “Ecoute ces trois mots : celui qui a un cheval
est un roi, celui qui est sur sa monture est un homme libre, celui qui
n’a pas de sandale est un vaurien”. Rabbi Aqiba lui renvoit : “En retour,
écoute moi ces trois mots : la beauté d’un visage c’est une
barbe, la joie du coeur c’est une femme, l’héritage divin ce sont
des enfants. Pauvre de l’homme qui n’a aucun des trois et parfois ce sont
les esclaves qui montent des chevaux”. Entendant cela, détruit
par l’inanité de l’image de soi renvoyée par le miroir cruel
de Rabbi Aqiba qui lui retourne aussi la qualité de sa propre parole,
l’eunuque alla se briser la tête contre un mur et mourut. Ici encore,
la relation est envahie par la sexualité, même si elle se
déroule entre deux hommes. C’est une relation sexuelle de provocation,
de perversion de la parole et du sexe (eunuque) et qui ne peut aboutir
qu’à produire la mort. Même si le plus sage, apparemment,
en ressort vivant, il en ressort meurtrier. Le suicide de l’un d’eux n’est
que la révélation et le dévoilement de tout ce
“désastre” interhumain.
Suicide et auto-immolation
L’avancée dans cette voie aberrante
se trouve dans l’histoire de Yakum, habitant de Tsérorot, fils de
la soeur de Rabbi Yossi ben Yoazar (Middrash de Genèse Rabbah, 65,
22, 8). Poussé par un zèle délirant et par un accaparement
imaginaire des fonctions des juges, il décide de s’infliger en punition,
et simultanément, les quatre types de mise à mort dont la
sentence peut être délivrée (feu, lapidation, épée…).
Et il l’exécute avec force détails. C’est le musée
des tortures. Ici, autrui n’est plus représenté que par des
fonctions fictives introjectées. Yakum cumule tout : il est le bourreau,
le juge, la victime ou, plutôt, les victimes. Son nom signifie qu’il
accomplit et le texte parle de la décision de suicide en utilisant
le même terme. C’est le signifiant qui fusionne avec le signifié
dans une signification totalement enkystée. Et pourtant, ces noms
qui concernent l’application de sentence, se trouve aussi dans les expressions
hébraïques de “maintenir en vie” ou de “sauver une vie”, confirmant
ces “sens opposés dans les mots primitifs” dont parlait Freud ;
les commentateurs citent par là qu’il est des transgresseurs qui,
finalement, par ces voies bizarres, cherchent cependant à atteindre
le paradis et à honorer Dieu.
Un autre commentaire du Traité
Berakhot, 63 b, insiste sur ces dynamiques et sur leur ambivalence inscrite
dans l’ambivalence linguistique. Quand Moïse arrive à la fin
de ses exhortations, entouré des pontifes, il dit solennement au
peuple d’Israël : “sois attentif et écoute, en ce jour, tu
es devenu le peuple de Dieu. Tu obéiras donc à la voix de
Dieu et tu exécuteras ses préceptes et ses lois…” (Deutéronome
27, 9). Le Talmud décripte ce texte en révélant son
ambiguïté entre l’écoute religieuse et la brutalité
envers soi-même qui pourra être comprise sur un plan analogique
et symbolique par certains et sur le plan corporel de l’auto-immolation
par d’autres : “sois attentif (“hasseket”), cela peut signifier aussi frappez-vous
à mort (“kittet”).
Cette vacillation dans la lecture linguistique,
correspondant à ue vacillation dans la dynamique intrapsychique,
est tellement sûre et tellement bien perçue qu’elle sera reprise
exactement dans le Coran dans la seconde Sourate (La Vache, 54) lors de
l’épisode du Veau d’or quand “Moïse dit à son peuple :
ô mon peuple, vous avez été mauvais envers vous-mêmes
en prenant le veau (comme idole). Mais revenez à votre créateur
et tuez vous (votre nephesh). Cela sera mieux pour vous…”. Lors que le
texte est pointé par les voyelles, on lit les syllabes “qtolou”
et le mot signifie tuez-vous, mais lorsqu’il est dans l’écriture
originale sans voyelle, avant leur adjonction à l’époque
d’Abdulmalik ibn Marouan, on peut lire également en toute orthodoxie
“qilou” comme si les points étaient sous la consonne et cela veut
dire alors “redressez-vous, réagissez, repentez-vous”.
Ainsi, le cas de Yakum est-il “compris”
à partir de sa dynamique intérieure, de la part positive
qui existe dans son comportement aberrant et l’extrémisme de l’indulgence
analytique du Talmud préfère en rester à étudier
ce cas et n’exercer envers lui aucune condamnation. C’est déjà
le débat incertain sur la légitimité des conduites
suicidaires ou leur caractère pathologique, mis en valeur par G.
Deshaies .
Le Talmud considère ces suicides
comme l’une des formes du comportement immolatoire pathologique mais
cependant non dépourvu de noblesse. Le Traité Taanit,
29 a, raconte le cas d’un officier romain chargé de rechercher Rabbi
Gamliel et qui lui dit : “si je te sauve de la mort que l’on veut t’imposer,
mériterai-je le paradis et me l’assureras-tu ? Le Rabbi approuve
et l’officier monte sur le toit, se précipite et meurt. Et cela
a annulé ce que le Ciel avait décrété de négatif
contre lui. Ainsi, chez un être perdu absolument, un comportement
qui manifeste un certain retour vers une valeur est hautement estimable
même s’il prend une forme négative et destructive. Que des
voix du ciel accompagnent ces formes pathologiques semblerait soutenir
cette lecture même si ce type de témoignage est toujours suspect
et réprouvé dans le judaïsme.
Un autre cas (Traité Avodah Zarah)
démontre ces dynamiques : un personnage pratiquait toutes prostituées
existantes et y dépensait des fortunes. Une prostituée lui
dit qu’aucun repentir ne lui serait accordé devant sa conduite répétitive.
Il se dit qu’il ne pouvait plus compter que sur lui-même, se replia
sur soi, plaça sa tête entre les genoux et pleura tant qu’il
en mourut. Une voix céleste dit alors : “il est attendu dans le
monde à venir”. Même si l’épisode veut montrer que,
malgré la démarche qui reste encore négative dans
la phase de repentir, il est réhabilité, l’histoire pointe
les échecs successifs dans la relation à autrui et à
soi-même. Un autre exemple de suicide pour un bien supposé
est donné dans le Traité Kétouvot, 103.
Des réponses de grands décisionnaires
aux consultations rabbiniques (“Chout”) confirment cette position
du judaïsme sur cette forme radicale de repentance (“techouvah”) :
ainsi l’expriment Beit Ephraïm sur Yoreh Dea, 76, ou Zera Emet, 1,
89. Si l’on peut “comprendre” le choix fait par ces repentants, il est
exclu d’envisager le suicide comme un moyen d’expiation possible (“ein
baal techouvah rachaï leabed atsmo ladaat kedeï lekhaper al avonotaiv
che hou issour hamour meod”) mais le texte poursuit “mais s’il
a outrepassé et a agi en ce sens, on porte le deuil de lui puisque
son âme est aux cieux”. Il est proposé aussi de comprendre
que beaucoup ne connaissent pas ces distinctions et pensent qu’il est possible
d’aller à ces extrêmes, se trompent en cela et le font ;
mais il faut les en avertir et, alors, s’ils le font quand même,
on ne leur rendra pas l’honneur des rites mortuaires. L’interdit et la
compréhension peuvent aller de pair avec la réparation définitive
de l’image de soi aux yeux d’autrui. Ces textes soulignent combien est
forte la tendance à s’adonner à l’illusion et aux mirages
mortifères, pour les meilleures raisons.
Le Traité Guittin, 57 b, raconte
aussi l’histoire de quatre cents jeunes garçons et filles qui étaient
kidnappés et destinés à l’infamie (“qalon”)
de la prostitution, probalement romaine ; ils se dirent : si nous nous
précipitons dans la mer pour y être engloutis, nous éviterons
cette abomination et nous accèderons au paradis puisqu’il est dit
dans le psaume : “je les ramènerai du fond de la mer” (68, 23).
Les jeunes filles se précipitèrent les premières dans
la mer. Voyant cela, les jeunes gens se dirent : si elles affrontent la
mort alors qu’elles ne risquent d’être humiliées que de façon
naturelle, combien devrions-nous le faire qui allons être humiliés
par la sodomie. Et ils se jettèrent dans la mer à leur tour.
La suite du texte parle d’une voix céleste qui cite encore le même
verset : “la mère des enfants s’est réjouie” (Psaume 113,
9). Rabbi Nahman bar Ytshaq applique cette scène, comme une parabole
adressée aux étudiants des yeshivot qui s’enfoncent dans
l’océan de l’étude de la parole divine et s’y “tuent” pour
en découvrir la richesse. L’homme ne pourrait acquérir cette
sagesse que s’il s’y noie et s’y tue à la tâche comme il est
dit dans le Livre des Nombres, 19, 14 : “voici la règle : si un
homme meurt dans la tente…”. D’autres commentaires, dans les Tossafot interprètent
leur geste comme suscité avant tout par la crainte des souffrances
à venir et de leur incapacité à les supporter (“laamod
bahem”).
III. Les commentaires
rabbiniques ultérieurs
Rabbi Jacob ben Asher, 1269-1343, est nommé
le Tour en raison de ses quatres grands traités (arbaa tourim)
dont l’un, appelé Yoré Dea, traite en particulier du deuil
et de la mort et tire son nom du verset d’Isaïe 28, 9 (“à qui
veut-il enseigner la science?”). Il reprend le texte de base du Traité
Semahot et soutient que les rituels habituels comme la déchirure
des vêtements restent valables pour les proches. Plus libéral
que ne le seront Maïmonide et Caro, le Tour élimine de la définition
du suicide les cas de force majeure ou de contrainte (“anous”) et se trouve
proche en cela des positions de Evel Rabati, 2, et de Nahmanide. Il va
jusqu’à dire que le suicidé lucide pour les cas de force
majeure (comme l’exigence de meurtre, d’inceste ou d’idolatrie) est à
louer grandement. Cela lui est permis et on ne peut donc véritablement
parler de suicide.
De même, il pense que l’abstention
d’honneurs ne concerne que des membres lointains mais que les proches peuvent
rendre les honneurs rituels au suicidé. Il insiste aussi sur le
fait que le suicidé lucide doit avoir très explicitement
insisté sur son moi : “moi, je dis que je vais…” et que ce n’est
pas le fait de voir de l’extérieur l’acte suicidaire qui est déterminant.
Il précise aussi que si un enfant est suicidé lucidement,
il reçoit quand même les honneurs et l’application de tous
les rites car l’enfant n’est pas en pleine possession du développement
de ses facultés. Quand au suicidé lucide qui serait idolâtre,
aucun rite de deuil ne lui sera accordé. Ajoutons que cette analyse
veut indiquer que s’excluant volontairement de la participation à
la vie et aux modes de participation du groupe, il n’y a aucune raison
d’agir envers ce suicidé en un autre sens.
Maïmonide, le Rambam, Rabbi Moshe
ben Maïmon, 1135-1205, (dans Mishne Torah, Hilekhot Evel 1,11) précise
que si on a vu faire par le suicidaire ce qu’il disait immédiatement
sous le coup de la colère, c’est donc un cas de contrainte et de
possession violente ; de même, si on le trouve pendu et étranglé
à un arbre ; et, dans ces cas, on s’occupe de lui classiquement
et on ne s’abstient d’aucun rite mortuaire. En somme, il faut pouvoir
être assuré du manque de lucidité, avoir été
présent pour en juger et avoir entendu soi-même les paroles.
En ces cas -très rares- d’autant plus qu’on peut alors intervenir,
le suicidé a utilisé sa relation à autrui et sa caractéristique
humaine de la parole pour infliger à soi-même et à
autrui cette atteinte à la vie. Il faut, de plus, qu’on l’ait vu
commettre l’acte après que toutes les autres conditions étaient
remplies, cette position sera également défendue par le Maarchal.
Avec une grande rationalité, il exclut la définition simpliste
du suicide (ce n’est pas celui qui parle de suicide, monte sur le toit,
en tombe et meurt) et le réglemente en six points (le dire
préalablement, être vu, monter immédiatement sur le
toit, le faire sous le coup de la colère ou de l’angoisse et des
soucis, tomber du toit, mourir).
La position de Maïmonide est que
l’honneur n’est pas dû au suicidé lucide mais s’il est
du à ses proches dans certaines parties du rite mortuaire, on
ne peut pas soutenir que l’ensemble des rites de deuil sont à prendre
comme des rites d’honneur envers les endeuillés, selon l’analyse
de la position de Rambam par le Kessef Michné.
R. Moshé ben Nahman, Nahmanide ou
le Ramban, 1195-1270, dans Torat haadam, Chaar haavelout attribue le statut
de suicidé à celui qui a averti même si on ne l’a pas
vu commettre l’acte. Il démontre une position très libérale
envers le suicidé sous contrainte des circonstances, à l’exemple
du cas de Saül : “puisqu’il était perdu, cela lui était
permis, ainsi qu’il est dit dans Béreshit Rabbah”.
R. David ben Zimra, Radbaz, 1479-1598,
précise qu’on doit faire tout ce qui est pour l’honneur des endeuillés
mais exclure tout ce qui est à l’honneur du défunt dans les
rites mortuaires, en cas de suicide lucide. Ainsi, pour lui, même
s’il constate qu’il y a discussion sur ce point entre les commentateurs,
il invite à dire la bénédiction pour les endeuillés
car elle est à la fois pour eux et comme louange de Dieu. Il exclut
le suicide sous contrainte (comme dans le cas de Saül) des suicides
lucides, ainsi que le suicide d’enfants car l’enfant n’a pas encore acquis
la pleine conscience (“ein laqatan daat”).
Rabbi Joseph Caro, 1488-1575 (dans Kessef
Michné, le commentaire sur le Mishne Torah de Maïmonide, dans
le Shoulhan Aroukh 345, et dans Beit Yossef 157, son commentaire sur le
Tour) a fixé le débat en trois points : 1° la règle
générale, 2° qui est le suicidé lucide et les
conséquences de cette définition 3° les exceptions. Sur
le premier point, il insiste clairement sur cette lecture : “on se tient
en haie et on dit la bénédiction des endeuillés car
c’est un honneur pour les vivants et la règle de la chose en est
que tout ce qui est en l’honneur des vivants est accompli et tout ce qui
ne concerne pas l’honneur des vivants n’est pas accompli”. Il précise
que la prescription de ne s’occuper de rien envers le suicidé concerne
l’ensemble des rites et non seulement les rites d’enterrement. Par contre,
ce décisionnaire universellement admis maintenant et allant dans
le même sens que Maïmonide, contestait la position plus souple
de Rabbi Jacob ben Asher (le Tour) sur Yoreh Dea 345 et de Ramban. Selon
lui, aucune personne ne doit, en particulier faire la kéria.
Dans son commentaire sur Caro, Chifteï
Cohen précise que s’il est dit qu’on ne s’occupe en rien du suicidé
lucide, cela ne concerne pas l’inhumation, qui doit donc être réalisée
normalement.
Rabbi David ben Zimra, le Radbaz, 1479-1598,
dans son commentaire sur Michne Torah, insiste sur le fait que s’il n’y
a pas d’endeuillés, on n’a pas à constituer deux rangées
à la sortie du cimetière mais il pose quand même la
question de savoir si on ne doit pas dire des bénédictions
même en l’absence de proches dans la mesure où louer Dieu
c’est louer la vie et les vivants. En somme, il est partisan de restituer
la parole (bénédiction) car la parole relève du Dieu
vivant mais de ne pas poser un acte d’honneur car le suicidé à
anéanti l’acte de relation aux endeuillés vivants.
Rabbi Joel Sirkes, 1561-1640, dans Beit
Haddash, son commentaire sur le Tour, insiste sur l’importance exclusive
de la parole pour déterminer si le suicidé était lucide :
ce n’est pas le fait qu’il se soit précipité du haut d’un
bâtiment qu’il faut prendre en considération, c’est le fait
qu’il ait dit qu’il allait le faire.
Rabbi Salomon ben Avraham Adret, le Rashba,
1235-1310, dans Chout, Réponse 723, précise que si l’on ne
rend aucun honneur au suicidé et n’applique pas après son
décès la règle du lévirat qui lui assurerait
une descendance par l’intermédiaire du frère épousant
la veuve du défunt ni les prescriptions limitatives concernant les
rites des endeuillés, il faut cependant assurer l’inhumation qui
est un honneur rendu à la dépouille.
Les commentateurs contemporains se demandent
également si le fils d’un suicidé doit ou non dire le qaddish,
cette prière de vénération filiale très importante,
prononcée après le dècès des parents. Beer
Eitev avait déjà abordé le problème dans le
commentaire du Shoulhan Aroukh de Caro. Il soutenait que, devant le constat
de désaccord sur ce point, on se rend à la règle
admise que c’est la position la plus libérale qui l’emporte dans
ce cas, ainsi que le souci de ne pas faire honte à la famille, il
invite à ne pas prolonger les discussions pénibles sur ce
point et à laisser dire le qaddish par les fils du défunt.
Le Rav Ovadia Yossef, grand décisionnaire
contemporain (Yabia omer et Yehave Daat, fin de 6, 60) présente
son raisonnement en ce sens : je n’ai jamais lu de commentaire censé
qui l’interdise et bien entendu, il est possible et convenable de le dire
même si le suicidé lucide est exclu du monde à venir
(Middrash Talpiot) car comme l’écrit le Hatam Sofer (Ibn Haezer,
69 fin) nous en avons l’exemple avec le Roi David qui accomplit ces rites
pour Absalon, son indigne fils (2 Samuel 19, 1-4) qu’il continua cependant
à nommer sept fois comme fils pour le retirer des sept cercles qui
l’entouraient dans la géhenne.
Comme le montre le Traité Sanhédrin
104, et dans les Tossafot sur Sotah 10, David sauva son fils par la prière
et le retira des effets de la sentence de la géhenne et le fit entrer
dans la vie du monde à venir.
De même, on voit dans les Traités
Haguiga 15 b et Sotah 10 que Rabbi Meir et Rabbi Yohanan firent entrer
le grand sage devenu rénégat Elisha ben Abouya, dit Aher,
dans le paradis par leur prière alors même qu’il était
déjà condamné à la géhenne. On peut
donc encore faire la réparation de l’âme après de telles
circonstances et il est souhaitable de le faire. D’autres commentateurs
insistent également sur le rôle des aumônes de charité
pour accomplir cette réparation de l’âme du suicidé.
Ces diverses coutumes reposent sur le fait que l’âme du défunt
continue d’une certaine manière à être jugée
par la qualité des fruits qu’elle continue à produire sur
terre par ses descendants (Zohar, Parachah Vayehi 223), aussi bien que
par la solidarité, comme le pauvre qui n’a pas de bien peut recevoir
sa part de ceux qui ont reçu davantage.
Le Hatam Sofer (Chout, réponse
69) propose de ne pas s’attarder à discuter de ces questions et
incite à dire le qaddish dans la mesure où l’on ne peut vraiment
apprécier l’attitude intérieure du suicidé.
Finalement, une importante éventualité
vient annuler tout ce débat qui perd alors tout sens quand celui
qui a dit qu’il allait se suicider et qui l’a fait a pu s’en repentir,
faire “techouvah”, avant sa mort ou avant la fin de l’acte l’entrainant.
Et alors, dit le Ritba, on s’occupe de lui en toutes choses comme pour
toute personne.
C’est que tout l’ensemble du débat
est sous-tendu par l’affirmation de trois règles de fonctionnement
de l’homme (Ezéchiel, 33, 11-15) :
- l’homme, même quand il se sent
garanti de sa stabilité par rapport à la vie ou à
la mort, peut aisément basculer vers l’autre direction.
- la maintenance en vie va de pair
avec un équilibre plus grand qui inclut de se comporter envers autrui
selon ce qui est droit et de vivre en toutes choses “selon les règles
de la vie”.
- il est du pouvoir de l’homme de s’examiner
et de modifier sa conduite et, alors, “avec certitude, vivre, il vivra
et ne mourra pas”.
Le but des rites mortuaires et des discussions
talmudiques qui sont une véritable thérapie cognitive est
d’organiser la rupture et l’effondrement et de les réintégrer
le plus rapidement possible, le plus progressivement possible dans l’ordre
de la vie. Ce qui est dit de la mort peut éclairer parfaitement
ce que nous avons décrit à propos du suicide : “ne pleurez
pas celui qui est mort plus qu’il n’est souhaitable et ne vous lamentez
pas sur lui sans mesure (Jérémie 22, 10). Trois jours pour
pleurer, sept pour les rites de deuil, trente pour maintenir la négligence
dans les vêtements et l’apparence. Ensuite, dit Dieu, vous n’avez
pas à en manifester plus que je n’en manifeste”. La caution finale
tend à déculpabiliser le proche de la séparation qu’il
éprouve en restant seul dans l’ordre de la vie.
L’honneur qui, alors, ne lui est pas rendu
est conforme au manque de révérence humaine qu’il s’est accordé
à soi-même et qu’il a accordé à autrui et à
leur relation. C’est pourquoi les rites de deuils qui sont très
relationnels sont alors abolis. Par contre, les proches qui sont atteints
et blessés reçoivent le réconfort par la haie des
vivants qui les entourent et ils sont alors appelés “vivants” et
recevant l’honneur du aux vivants.
Conclusion
Nous pouvons faire plusieurs constats
à propos de cette revue d’ensemble que vous avons parcourue :
1° L’absence de suicides déguisés,
de suicides manipulateurs explicites et de simulation de suicides.
2° L’absence de tentatives avortées
de suicides et de tentatives répétées .
3° L’absence de suicides ludiques,
intellectuels, ou dus à l’isolement social, ou par empoisonnement,
mutilation et vénisection. Les études sur le suicide ont
montré que ces formes se rangent dans une position mineure de dangerosité
par rapport aux pendaisons ou à l’usage d’armes ou aux défenestrations.
Les cas montrés par la tradition sont donc des cas graves, sans
déplacements, sans équivalents suicidaires et ce sont ceux
qui sont les plus liés à la perte de l’objet aimé
. La majorité des cas sont produits par la défenestration
(à l’époque, en se jetant du toit en terrasse, très
accessible), par pendaison à un arbre, par l’épée
ou en se jettant dans les flammes en situation de guerre.Le fait que la
définition halakhique (juridique, selon la tradition) se fasse avec
le prototype de l’individu qui monte sur le toit, se jette dans le vide
et meurt, introduit une dynamique symbolique de montée suivie de
chute.
4° La présence culturelle de
suicides par idéation oblative.
5° L’absence de crainte par rapport
à la représentation de la mort, dans les cas cités
.
6° La relation préalable du
suicidé à son entourage n’était pas caractérisée
par le manque de bonheur, dans les cas cités .
7° La quasi absence de dimensions dépressives
dans les cas présentés, contrairement à ce qui est
analysé remarquablement par M. Ghorbal dans le rapport du
suicide à la culture islamique. Nous ne nous plaçons pas
ici dans une approche comparative , nous soulignons seulement que,
si la dépression n’est pas absente de la culture juive, elle est
le plus souvent intégrée dans les dynamiques couplées
maniaco-dépressives qui y représentent une pathologie bien
connue ; ce couplage est même élaboré traditionnellement
en une méthode psychologique et spirituelle dans le Hassidisme par
le Baal Shem Tov (Betsch) et sa technique psychagogique tirée du
principe mystique de la “montée à travers la descente” .
Les cas de suicides d’enfants sembleraient donner raison à C. Chiland
qui minimise la relation entre dépression et suicide chez les enfants
et à G.A. Carlson , contrairement à la majorité des
travaux .
Dans cette appréciation, il faut
aussi tenir compte du fait que d’autres psychopathologies culturelles remarquables
par leur constante se rencontrent dans la culture juive sous la forme de
psychoses messianiques , de fantasmes salvateurs , ou de révolte
psychopathique contre l’autorité familiale.
8° Une autre dimension très
présente dans les textes rencontrés et dans la pratique clinique
est la difficulté de la gestion de relations symbiotiques, spécialement
lors de la prise d’autonomie nécessaire lors des phases de crise
relationnelle. Ces suicides sont présentés comme un moyen
d’échapper à une tension relationnelle (suicide “escapiste”).
Cette situation confirme les hypothèses formulées dans les
travaux de J. Richman ou ceux de R. Johnson qui mettent en évidence
les ruptures dans l’estime de soi par la défaillance du système
familial ou social de “support” . C’est délibérément
que nous nous appuyons pour cela sur des travaux mettant en évidence
ces processus admis et confirmés au cours de recherches menées
en milieu carcéral auprès de sujets jeunes, n’ayant pas un
lourd passé délinquant mais ayant éprouvé des
ruptures affectives, car ils nous donnent à penser que la rupture
d’équilibre se produit à partir de la réalité
de clôture comme peut l’être la relation affective circulaire
dans la famille. Ce concept de système fermé a attiré
également l’attention de J. Richman . T.L. Clanon a mis en valeur
les processus paranoïdes, persécutifs et projectifs qui émergent
dans ces situations.
9° Une autre dimension apparaissant
dans ces suicides familiaux ou amicaux est la non-résistance psychologique
à l’effet d’isolement soudain causé par la prise de distance
affective de la part d’autrui. M.G. Flaherty a bien mis mis en valeur les
effets de ce facteur spécifique . L.S. Haviland et B.I. Larew, également,
ont cerné ces effondrements qui surgissent pour des sujets isolés
soudainement de leurs relations sociales signifiantes, ce qui déclenche
une chute brutale de l’estime de soi et l’incapacité soudaine d’affronter
et de surmonter le problème . D’autres chercheurs ont bien montré
que la majorité des suicides se produisent à proximité
de l’événement d’isolement pour diminuer ensuite . Si le
suicide est une éventualité métaphysique constante,
le questionnement événementiel est souvent imprévu,
il réactive des pertes profondes à des niveaux que le sujet
n’était pas capable encore de gérer (“coping”). L’échec
vital est ainsi, souvent, du à un hasard des circonstances, même
si, a posteriori, il est possible de reconstruire l’histoire.
10° Le passage à l’acte est
rapide, subit, impulsif , souvent une “précipitation” dans tous
les sens du terme, et ne correspond pas au modèle de dégradation
progressive et objective tel que le décrit J. Jacobs . Dans les
exemples nombreux de suicides d’enfants, c’est une introjection subite
de la crise apparaissant dans la relation affective à l’être
aimé ou haï. Dans un milieu ou dans une tradition très
marquée par l’anthropologie religieuse, ce problème se met
lui-même en formulation syncrétique avec le corpus de la formulation
religieuse et la différenciation progressive qui caractérise
le processus psychothérapique en ces domaines ; cela demande de
la par du thérapeute un doigté et une culture bien éloignés
de la position psychologique agressive et contretransférentielle
qui considère la religion comme un corpus obsessionnel et névrotique,
dans maints travaux de la littérature analytique.
11° L’explosion soudaine conduit à
s’interroger sur un processsus éventuel de retour explosif du refoulé
en ce qui concerne les “désirs de mort envers les proches” . Dans
le même sens, nous ne constatons pas de réorganisation de
la famille pour tenter de sauver le membre familial en péril
ou pour arrêter l’épidémie familiale de suicides.
12° Nous avons vu aussi que la tradition
juive connait, décrit et reconnait les pathologies qui circulent
dans le système familial et qui risquent de se traduire en passage
à l’acte mortifère . L’analyse la plus approfondie dans les
commentaires se situe à propos du dit “sacrifice d’Isaac”
Le but, à travers une apparente problématique religieuse,
est y aussi de dénouer -au sens propre- les traces des projections,
identifications projectives et introjections sadomasochistes. La règle
de résolution générale qui est proposée s’applique
particulièrement bien aux problèmes familiaux qui aboutissent
au suicide et prend cette forme : “les pères ne doivent pas être
mis à mort pour les enfants ni les enfants pour les pères :
on ne sera mis à mort que pour son propre méfait” (Deutéronome
24, 16). La seconde phase de traitement de cette volonté persistante
de mise à mort personnelle, une fois évacuée la problématique
des projections/introjections, sera la pratique du “viddoui” (sorte de
confession individuelle) qui propose l’assomption personnelle des tendances
destructrices, dans la parole.
13° La description de ces mini-scénarios
suicidaires dans la Bible et, surtout, dans les parties aggadiques du Talmud
(récits illustratifs) a une fonction thérapeutique, en plus
des fonctions d’étude et de préparation à l’observation
des préceptes. On peut penser à ces scénarios utilisés
en analyse transactionnelle . Ce scénario textuel serait vécu
en anticipation. Mais, en fait, ce scénario textuel juif est plus
proche du scénario psychodramatique qui suppose un warming-up intellectuello-affectivo-corporel
car l’étude des textes traditionnels doit se faire à voix
haute et avec une participation du corps afin que l’efficacité se
traduise dans le corps et le fasse vivre. Le Traité Erouvin, 54
a, dit explicitement : “Brouria vit un jour un étudiant qui étudiait
à voix basse. Elle intervient envers lui sur un mode qui l’invite
à entrer immédiatement sur la scène, le rudoie et
lui dit : “ne sais-tu pas qu’il est écrit ‘bien ordonnée
avec tout et offrant pleine sécurité’ (II Samuel 23, 5) donc,
si la Torah est mise en ordre avec tout l’ensemble des deux cent quarante
huit organes qui composent le corps humain, elle est en sécurité
dans les coeurs, ou sinon elle ne sera pas”. C’est bien d’une lutte corporelle
pour la sécurité et contre la tendance à la destruction
qu’il s’agit ici. Comme cette étude ne doit pas se faire solitairement
mais, au moins, dans un dialogue qui exige la controverse en face à
face avec quelqu’un, est ajoutée une dimension relationnelle qui
est proche du renversement de rôle permettant les prises de conscience
.
14° Devant la connaissance et les modalités
de traitement de la démarche traditionnelle juive, le thérapeute,
ou celui qui exerce une fonction de soutien ou de “support” auprès
de sujets concernés par un éventuel suicide, ne peut les
aider que s’il respecte totalement l’ethnologie religieuse ou culturelle
camouflées, la “théologie latente” du patient -ce que
nous appellerions sa “théologie psychosociologique implicite”- afin
de comprendre les fonctions qu’elles exercent et les processus psychiques
qu’elle tentent de gérer. Face à la fusion de pathologies
dans le système familial ou à la fabrication dangereuse de
mythes religieux se confondant avec les pathologies personnelles , l’enjeu
est de savoir comment parvenir dans ces contextes à une individualisation
de chacun qui ne recoure plus ou qui n’incite plus à la solution
suicidaire, souvent par délégation.
Textes traditionnels
analysés
Bible
Genèse 2,3; 2, 24; 2, 17; 3, 2.
Exode 2,12; 20, 12; 20, 13; 32,10; 32,10,
14.
Lévitique 16, 56.
Nombres 12, 12; 14; 19, 14.
Deutéronome 4; 5, 12; 5, 16; 8,
14; 22, 6-7; 24, 16; 25,15; 30, 19-20.
Les Juges 16,30
1 Samuel 31, 4-5
2 Livre de Samuel 1, 1-10; 19, 1-4; 23,
5; 23, 17.
1 Rois 16, 15-18; 19, 4-5
Isaïe 26, 14, 19; 57, 15.
Ezéchiel, 33, 11-15
Psaumes 39, 5; 51, 19; 101, 5; 113, 9.
Proverbes 16, 5.
Job 7, 7- 15; 18.
Ecclésiaste 4, 17.
Traités du Talmud de Babylone
I Seder Zeraim
Traité Berakhot 23 a; 62; 63 b.
II Seder Moed
Traité Chabbat 75 a.
Traité Erouvin, 54 a.
Traité Taanit 29 a.
Traité Haguiga 15 b.
III Seder Nachim
Traité Yébamot 78.
Traité Kétoubot 103; 104;
111 b.
Traité Nedarim 40 a.
Traité Sotah 5; 10; 46.
Traité Guittin 57 b.
IV Seder Nezikin
Traité Baba Qama 61 a; 91 b; 117
b.
Traité Baba Metsia 84 a.
Traité Baba Batra 3 b; 16.
Traité Sanhédrin 22; 37
a; 37 b; 47 a; 74 a; 91 b; 92 b; 104; 113 a.
Traité Chevouot, 20 b.
Traité Avodah Zarah 17 a; 18 a;
18 b.
Traité Semahot 2, 2-5.
Traité Derekh Erets Rabbah, ch.
9.
V Seder Kodachim
Traité Houlin 94 a; 142 a.
Middrash
Bereschit Rabbah 65, 22, 8.
Tanhouma Bereshit, 9.
Yalkout Bereschit 38.
Ecclésiaste Rabbah 10, 7, 26, b.
Middrash Talpiot.
Meguilat Antiochus.
Zohar
Zohar, Parachah Vayehi 223.
Commentateurs et décisionnaires
utilisés
(rangés par ordre chronologique,
selon l’époque du décès).
• R. Chlomo ben Ytshaq, dit Rachi, (1040-1105).
né à Troyes, le plus grand commentateur de la Bible et du
Talmud.
• R. Moshe ben Maïmon, Rambam, Maïmonide
(1135-1205) : son oeuvre principale est Mishne Torah ou Yad Ha’hazaqah
(sur notre sujet : partie Hilhot Evel, 1, 11) qui classe toutes les prescriptions
du judaïsme pour l’époque actuelle ou pour les temps messianiques
aussi bien en terre d’Israël qu’en dehors d’Israël, dans un ordre
systématique sur la base de la Torah, des Talmuds et de leurs commentateurs.
Les principaux commentaires qui sont imprimés sur chaque page autour
de son texte sont de :
• R. Avraham de Narbonne, dit le Ravad
III (1120-1198), fils de David de Posquières, qui défendit
les positions du Rif mises en cause par Maïmonide,
• R. Shem Tov Ibn Gaon disciple du Rashba
au 13° siècle, auteur du Migdal Oz.
• R. Vidal Yom Tov de Tolosa en Espagne
(décédé en 1357), condisciple du Rashba, auteur du
Maguid Michné, célèbre commentaire du Michné
Torah de Maïmonide.
• R. David ben Avi Zimra (1480-1574) sépharade
ayant monté en terre d’Israël, auteur du Radbaz et Yeqar Tiferet.
• R. Joseph Caro, né en Espagne
il termina sa vie en terre d’Israël (1488-1575). De son vivant et
depuis lors, il est considéré comme l’autorité la
plus universellement compétente. Nous avons utilisé le Kessef
Michné, le Shoulhan Aroukh (spécialement Yoré Déa
340 et 345).
• R. Avraham diBoton de Salonique (1560-1606),
auteur du Lehem Mishné.
• R. Yehudah ha’Hassid (1150-1217), de
Regensburg : Sefer Hassidim (239, 675), un livre de base de moussar (éthique
juive).
• R. David Kimhi, de Narbonne, dit le
Radaq (1160-1235) : grammairien, célèbre pour son commentaire
de la Bible centré sur le sens objectif, le “pchatt”.
• R. Moshé ben Nahman, Nahmanide
ou le Ramban (1195-1270), de Gérone en Espagne. Un des maîtres
universels du judaïsme qui avait étudié auprès
des enseignants français, les tossafistes. Nous avons utilisé
ses commentaires : Torat haadam, Chaar haavelout. Il dut s’exiler d’Espagne
en terre d’Israël après une controverse théologique
qu’il remporta contre un théologien chrétien devant le roi
d’Aragon.
• R. Salomon ben Avraham Adret, dit le
Rashba (1235-1310). Disciple et successeur du Nahmanide en Espagne, il
a commenté l’ensemble du champ hébraïque et ses réponses
aux consultations (Chout) sont particulièrement précieuses.
• R. Yom Tov Abraham Ish-Bili (1250-1330),
dit le Ritba, commentateur du Talmud, disciple du Rashba.
• R. Jacob ben Asher, le Tour (1269-1343) :
Yoré Dea, 345 et ses principaux commentateurs : Beit Yossef, Beit
Hadash, Darkheï Moshé, Dreichah et Perichah, et les écrits
du Rambam et du Ramban.
• R. Nissim Gérondi, dit le Ran
(1320-1380), disciple du Rashba, de Barcelone, dont les commentaires sont
imprimés autour de la page du Talmud spécialement dans le
Traité Nedarim et sur les oeuvres du Rif.
• R. David ben Avi Zimra, dit le Radbaz
(1479-1598) : Chout (responsae), et commentaires sur Michné Torah
de Maïmonide qui sont imprimés autour de ce texte.
• R. Joel Sirkes (1561-1640) : le Beit
Haddash (Ba’h), commentaire sur le Tour ou il est imprimé avec le
Beit Yossef de Caro. Il a aussi l’honneur de figurer dans les notes explicatives
du Talmud (Hagahot haba’h).
• R. Schmouel ben R.Avraham Abohav (1610-1694),
auteur de Chout (responsae) et de Devar Schmouel, inséré
dans le commentaire biblique Malbim de R. Meir Leibush ben Yehiel Malbim.
• R. Yaaqov ben Zvi Hirsch Emden (1697-1776),
dit le Yaabets, Chout (responsae)
• R. David Altschoul, ou Altschouler,
18° siècle : Metsoudat David, commentaire sur le “na’h” (autres
parties que les cinq premiers livres de la Bible).
• R. Moché Schreiber, dit le Hatam
Sofer (1762-1839), de Presbourg en Autriche : Chout (responsae) sur
Yoreh Deah.
• R. Ovadiah Yossef, ancien Grand Rabbin
séphafade d’Israël (le “Rishon léTsion”) et l’une des
plus hautes autorités contemporaines de la halakhah ; ses analyses
utilisées ici sont : Yabia Omer, Yehave Daat, Yalkout Yossef.
DIAGNOSTIC :
Echelle de compréhension des
dynamiques suicidaires. (E.CO.DY.S).
par Roger Y. Dufour. (1987)
____
I - PRESENTATION
•But de l'échelle
Le but de cette échelle est de
comprendre la dynamique intrapsychique globale du suicidant (éventuel
ou récidiviste).
Ce n'est donc pas une échelle qui
testerait uniquement une dimension partielle : potentiel suicidaire, idéation,
intention, prévision, risque de passage à l’acte, comportement,
etc.
Elle est utilisable comme grille implicite
dans les entretiens de diagnostic psychologique ou psychiatrique et dans
les relations de soutien direct ou téléphonique, ainsi que
dans la recherche.
Elle a été établie
à partir de notre expérience clinique, de la littérature
scientifique et des autres échelles spécialisées (
•Composition de l'échelle
L'échelle comporte 10 dimensions
et 120 items.
Les dimensions examinées sont :
1 Instinct de mort
2 Insertion dans la vie
3 Niveau logique
4 Image de soi
5 Comportement réactionnel
6 Appel
7 Préparation des tentatives de
suicide
8 Dynamique de la tentative de suicide
9 Equilibre psychopathologique
10 Antécédents suicidaires
Résultats de l’échelle
Le résultat plus important est
le résultat qualitatif : c’est-à-dire la prise en compte
des dimensions qui ont été explorées par l’intermédiaire
de l’échelle, l’écoute et la relation qui ont été
exigées par cet entretien et la compréhension qui en découle
autant par l’examinateur que par l’examiné.
La fonction du résultat quantitatif
de l'échelle est, surtout, de passer en revue les différentes
dimensions et de les pondérer.
Il comporte deux coefficients qui
se présentent comme ceci : ( par exemple : 86/248 . 4/10). :
1° Coefficient des items :
Chaque des 120 items pouvant être
côté 0= nul ; 1=moyen ou incertain ; 2=intense, le total maximum
du coefficient des items est de: 122 items x 2 = 248 points.
2° Coefficient des dimensions
:
I point est attribué à chacune
des 10 dimensions quand la somme des résultats des items de cette
dimension dépasse la moyenne.
Total maximum du coefficient des 10 dimensions
: 10/10.
_____________________________________________________________
I I - ECHELLE
Lieu :
Date :
Nom de l'examinateur :
Nom de l'examiné :
Motif de l'examen:
Cocher sur le trait correspondant
au chiffre (0= nul ; 1=moyen ou incertain ; 2=intense) .
Exemple : x _
_
...............0 1 2
EXAMEN DES DIMENSIONS ET DES ITEMS
:
1. Instinct de mort
_ _ _ 1. 1
force ou prédominance de l'instinct de mort par rapport à
l'instinct de vie
_ _ _ 1. 2
sentiment d'impuissance physique
_ _ _ 1. 3
sentiment d'impuissance sexuelle
_ _ _ 1. 4
sentiment d'impuissance psychologique
_ _ _ 1. 5 jeux
avec la mort
_ _ _ 1. 6
prédominance du narcissisme morbide sur le narcissisme de vie.
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
2. Insertion dans la vie
_ _ _ 2. 1 état
de santé déficient
_ _ _ 2. 2 situation
économique insatisfaisante
_ _ _ 2. 3 insertion
dans des relations familiales très pathologiques
_ _ _ 2. 4 peu de liens
avec les proches (ou évitement des relations, isolement)
_ _ _ 2. 5 insatisfaction
affective ou sexuelle
_ _ _ 2. 6 sentiment
d'incompréhension dans les liens avec autrui
_ _ _ 2. 7 peu d'implication
dans le travail, la profession, la politique, un hobby...
_ _ _ 2. 8 évitement
de responsabilités
_ _ _ 2. 9 peu de satisfaction
dans le travail, la profession, la politique, un hobby...
_ _ _ 2. 10 difficulté
personnelle pour parvenir à assouvir ses besoins
_ _ _ 2. 11 sentiment
d'infériorité
_ _ _ 2. 12 peu de sens
du réel
_ _ _ 2. 13 insertion
dans une crise grave de la société (anomie)
_ _ _ 2. 14 insertion
sociale dans un groupe à haut risque suicidaire (toxicomanes, groupe
extrémiste, vague de suicide)
_ _ _ 2. 15 crise personnelle
avec stress ou perte (santé, affections, deuil, travail, insertion
sociale, argent...)
_ _ _ 2. 16 période
de vie à haut risque personnel (anniversaire, saison, heure...)
_ _ _ 2. 17 manque de
groupe de support
_ _ _ 2. 18 insertion
psychologique dans un statut de toxicomane, d’alcoolique…
_ _ _ 2. 19 insertion
dans une relation sado-masochiste.
_ _ _ 2. 20 sur-intégration
ou sous intégration sociale
_ _ _ 2. 21 manque d’alternatives
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
3 Niveau logique
_ _ _ 3. 1 vie manquant
de sens divers
_ _ _ 3. 2 vie manquant
de sens global (incapacité à totaliser ou synthétiser
logiquement l'existence)
_ _ _ 3. 3 vie ressentie
comme incohérente
_ _ _ 3. 4 vie ressentie
comme inacceptable
_ _ _ 3. 5 vie ressentie
comme insupportable
_ _ _ 3. 6 vie ressentie
comme manquant d'alternative
_ _ _ 3. 7 attitude
de méfiance envers la vie et envers autrui
_ _ _ 3. 8 pas de sens
de la continuité (générations, futur, contruction,
projet, responsabilité dans le temps)
_ _ _ 3. 9 continuité
des rationalisations et idées philosophiques justifiant le suicide
ou la valeur de la mort
_ _ _ 3. 10 besoin de
trouver une sortie pour retrouver une logique dans l'existence
_ _ _ 3. 11 n'a pas
d'interdits rationnels envers le suicide (nature, raison, famille, religion,
responsabilité...)
_ _ _ 3. 12 recourt
à la mort comme moyen "logique"
_ _ _ 3. 13 donne une
grande importance à la vengeance
_ _ _ 3. 14 donne une
grande importance à l’échec
_ _ _ 3. 15 prépare
ses "coups"
_ _ _ 3. 16 obstiné,
rigide, ne revient pas sur ses impressions, jugements, décisions,
théories
_ _ _ 3. 17 méthodique
_ _ _ 3. 18 impulsivité
dans la pensée et dans les décisions
_ _ _ 3. 19 attribue
la responsabilité des échecs à soi-même
(introjection, remors)
_ _ _ 3. 20 attribue
la responsabilité des échecs aux autres
_ _ _ 3. 21 attribue
la responsabilité des échecs à la vie
_ _ _ 3. 22 ne rejette
pas l’idée de l'éventualité du suicide
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
4 Image de soi
_ _ _ 4. 1 non défense
de l'image de soi, vulnérabilité trop grande
_ _ _ 4. 2 image de
soi comme écorché vif
_ _ _ 4. 3 tendance
à dévaloriser, déprécier ou détruire
son image de soi
_ _ _ 4. 4 dépendance
dans la représentation de soi avec une personnalité autre
que la sienne propre
_ _ _ 4. 5 réactions
de panique suite à l'effondrement de l'image de soi
_ _ _ 4. 6 inversion
de l'infériorité en manifestation d'importance de soi et
vice versa
_ _ _ 4. 7 identification
à l'objet agressé ou tué (fantasmatiquement)
_ _ _ 4. 8 image de
soi insérée dans un scénario de visualisation de la
mort
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
5 Comportement et dynamiques réactionnelles
_ _ _ 5. 1 besoin de
juger, d'accuser, de condamner
_ _ _ 5. 2 besoin de
se venger (créer des ennuis à autrui par le suicide éventuel,
faire expier)
_ _ _ 5. 3 besoin de
punir (autrui ou soi-même) après un échec
_ _ _ 5. 4 besoin d'être
victime et d’expier des crimes ou fautes imaginaires
_ _ _ 5. 5 besoin d'oblation
_ _ _ 5. 6 besoin de
théatralité (déguisement, esthétisme, ludisme,
risques, défi, attirer l’attention, joue un personnage, moi grandiose)
_ _ _ 5. 7 prédominance
de l'auto-agressivité
_ _ _ 5. 8 ambivalence
(auto-agressivité et hétéro-agressivité)
_ _ _ 5. 9 retournement
en contraire (bonheur peut se retourner en désastre)
_ _ _ 5. 10 besoin de
fuite (de la vie, du réel, des relations, des responsabilités)
_ _ _ 5. 11 besoin d'utiliser
des moyens détournés
_ _ _ 5. 12 insensibilité
à l'influence d'autrui (aide, conseil, idées)
_ _ _ 5. 13 attitude
de défense et méfiance envers la vie et envers autrui
_ _ _ 5. 14 sentiment
de persécution
_ _ _ 5. 15 besoin de
surcompenser , démesure
_ _ _ 5. 16 sentiment
d’abandon
_ _ _ 5. 17 intolérance
aux séparations
_ _ _ 5. 18 difficulté
pour exprimer dans le registre verbal
_ _ _ 5. 19 faillite
des mécanismes de défense
_ _ _ 5. 20 camouflage
de l’agressivité
_ _ _ 5. 21 incorporation
imaginaire de la mort (parent décédé, événement
tragique collectif ou personnel)
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
6 Processus d’appel
_ _ _ 6. 1 impuissance
à agir seul
_ _ _ 6. 2 a atteint
le seuil subjectif de lassitude face à la déception affective
_ _ _ 6. 3 ne trouve
pas ou plus de langage d'expression de soi
_ _ _ 6. 4 actionne
une sonnette d'alarme (l'avant-dernier seuil de tolérance est atteint)
_ _ _ 6. 5 exerce un
chantage
_ _ _ 6. 6 le désir
de vivre subsiste
_ _ _ 6. 7 lance des
S.O.S.
_ _ _ 6. 8 faire part
des ses éventuelles intentions de passage à l’acte suicidaire
_ _ _ 6. 9 laisse trainer
des notes manifestant son désarroi
_ _ _ 6. 10 annonce
un proche suicide
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
7 Préparation des tentatives
de suicide
_ _ _ 7. 1 non-évitement
des risques (personnes, circonstances)
_ _ _ 7. 2 désir
fort de concrétiser une tentative de suicide
_ _ _ 7. 3 sentiment
de sa propre capacité à concrétiser une tentative
de suicide
_ _ _ 7. 4 sentiment
de l'efficacité du suicide pour résoudre les problèmes
_ _ _ 7. 5 sentiment
de l'efficacité et de la non-reversabilité dans la réalisation
d'une tentative de suicide
_ _ _ 7. 6 degré
avancé de préparation d'une tentative de suicide
_ _ _ 7. 7 préparation
mentale ou concrète d'un message pour l'entourage
_ _ _ 7. 8 utilisation
de moyens irréversibles (isolement, efficacité du moyen)
_ _ _ 7. 9 secret sur
le désir et le moment de suicide
_ _ _ 7. 10 décision
d’arrêter toute lutte
_ _ _ 7. 11 décision
d’arrêter toute communication
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
8 Dynamique de la tentative de suicide
_ _ _ 8. 1 symbole de
la technique choisie
_ _ _ 8. 2 symbole de
la période choisie
_ _ _ 8. 3 symbole du
lieu choisi
_ _ _ 8. 4 symbole de
la relation choisie
_ _ _ 8. 5 symbole du
rite de la préparation réalisée
_ _ _ 8. 6 symbole de
l'efficacité/non efficacité choisie
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
9 Equilibre psychopathologique
_ _ _ 9. 1 composantes
dépressives
_ _ _ 9. 2 composantes
maniaco-dépressives
_ _ _ 9. 3 composantes
paranoïdes
_ _ _ 9. 4 composantes
psychotiques
_ _ _ 9. 5 composantes
hallucinatoires
_ _ _ 9. 6 toxicomanie
_ _ _ 9. 7 alcoolisme
_ _ _ 9. 8 perte de
sommeil
_ _ _ 9. 9 perte d'appétit
_ _ _ 9. 10 fatigue
_ _ _ 9. 11 agitation
_ _ _ 9. 12 rumination
_ _ _ 9. 13 manipulation
_ _ _ 9. 14 exhibitionnisme
_ _ _ 9. 15 confusion
et non contrôle des pensées
_ _ _ 9. 16 sentiment
de désintégration
_ _ _ 9. 17 fréquence
de passages à l’acte
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
10 Antécédents suicidaires
_ _ _ 10. 1 tentatives
personnelles de suicide
(0= aucune tentative, 1= une pseudo-tentative,
2= une tentative sérieuse ou plus)
_ _ _ 10. 2 famille
à antécédents suicidaires
(0= aucune tentative, 1= une pseudo-tentative,
2= une tentative sérieuse ou plus)
Total des résultats des items
=
Total des résultats de la dimension
: 0 1 (Souligner le résultat).
I I I - CALCUL DES COEFFICIENTS
1) Note des items : Somme des totaux :
___/ 248
2) Note des dimensions :
Récapitulation (souligner
le chiffre exact : 0 ou 1)
0 1 1 Instinct de mort
0 1 2 Insertion dans la vie
0 1 3 Plan logique
0 1 4 Image de soi
0 1 5 Comportement réactionnel
0 1 6 Appel
0 1 7 Préparation des
tentatives de suicide
0 1 8 Dynamique de la tentative
de suicide
0 1 9 Equilibre psychopathologique
0 1 10 Antécédents
de suicide
Note des dimensions : Somme des
totaux : ___/ 10
On n'accorde 1 point par dimension que
dans le cas où le total des points dans la dimension a dépassé
le nombre des items de cette dimension. On additionne ensuite les points
(maximum possible de points de l’ensemble des dimensions : 10).
Résultat global des notes de
l'échelle . Coefficients
de l'examiné :
/248 . / 10
© Dufour
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Résumé
Ethno-Suicidologie :le suicide et la tradition
juive.
La position traditionnelle du judaïsme
envers le suicide ne se résume pas à ces quelques principes :
interdiction de se suicider et interdiction d’accorder des rites mortuaires
au suicidé. Plus que des principes ou des dogmes, le judaïsme
a développé une casuistique complexe et une description nuancée
du processus suicidaire, à travers la Bible et le Talmud, à
travers leurs commentaires et les décisions des consultations rabbiniques.
L’auteur présente ces dynamiques
analysées par la tradition juive qui concernent les suicides d’enfants,
de couple, de famille, de vieillards, les contrats suicidaires, l’euthanasie ;
il y présente les composantes de l’idéation suicidaire, les
relations qui facilitent la dynamique suicidaire, les processus du passage
à l’acte et met particulièrement en évidence les mécanismes
d’introjection, d’incorporation, de déplacement, de réparation,
de miroir, d’isolement. Ces processus culturels d’organisation de pensée
et de relation sont intégrés chez le juif sociologique, même
s’il n’a pas étudié les commentaires traditionnels et il
importe que les thérapeutes ou ceux qui sont engagés dans
des relations de soutien aux éventuels suicidaires, entendent et
connaissent cette “théologie psychosociologique implicite” afin
de comprendre les fonctions qu’elle exerce et les processus psychiques
qu’elle tente de gérer.
Mots-clefs : suicide, euthanasie, image
de soi, définition de la vie, droit de mourir, système familial,
échelle de risque suicidaire.
Ici Début du livre
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