Rabbénou Yaâqov Abou'hatséira
sa dynastie (aït) et sa lignée
(oulad), son oeuvre, ses méthodes et son enseignement.
Ribbi Yaâqov Abou'hatséira. Son oeuvre
et sa généalogie
Sa connaissance m'a
été ouverte par le coeur et l'histoire apportée
par Ribbi
Moché Yosséf Zénou (ci-dessous). Il nourrit
totalement mon étude car, comme le Chla et les très grands
de notre tradition, il n'enseigne pas seulement sur un secteur de la
pensée juive (soit la halakha, soit le pérouche de commentaire)
mais sa Torah est complète et il nous emmène dans toutes
ses dimensions en nous faisant la sentir dans sa cohérence,
sa chlémoute.
Il faut le présenter dans sa tradition qui le précède
et qui lui succède.
Son enseignement est présent dans de nombreuses parachiyotes
du site.
1e partie. L'histoire de sa famille
Le fondateur de la dynastie
(aït) est Ribbi Chmouel Elbaz (16e s.) dit le Père de la
natte (Abbou Atséra), suite à un miracle. Les rabbins
de Jérusalem l'envoyèrent collecter des fonds pour la
communauté qui vivait dans la famine. N'ayant pas d'argent pour
payer la traversée, il se vit refuser de monter à bord
par le capitaine du bateau. Assis sur sa natte ('hassira, en arabe)
il récitait les psaumes; sa natte se mit à le porter et
il franchit la mer devant les yeux stupéfaits des voyageurs sur
le bateau. On le nomma alors "le maître de la natte"
(avi 'hassira). On dit aussi qu'il ne voulait pas être payé
pour son enseignement de la Torah et tissait des nattes pour vivre.
Il a vécut au Maroc et en Syrie. Nous allons voir qu'il
a une prodigieuse descendance (oulad). Qu'il en soit de même de
chaque Juif et Juive et qu'on parle de ait et de oulad avec leur nom
de famille, à leur tour, amen..
2e génération. Ribbi Makhlouf Ayouche ben Chmouel, à
Dra, au Maroc.
3e génération. R. Yaâqov I ben Makhlouf, et son
frère R. Yahya.
4e génération. R. Mass'oud ben Yaâqov, était
dayane (juge rabbinique) à Rissani près de Téfilalét.
C'est une petite ville alaouite avec une porte monumentale, à
l'Est de Marrakech, non loin de la frontière (lien
pour une carte, ici). Dans la région, on parle le Tamazight
(une langue berbère). Un soir, il attribua le guet à un
couple et son épouse proposa à la femme de ne pas partir
seule dans la nuit mais de loger à la maison. La nuit, son père
R. Yaâqov I apparu en rêve à R. Mass'oud ainsi qu'à
son épouse qui fit le même rêve. R. Yaâqov
I lui dit qu'il devait épouser cette femme divorcée et
que d'elle naîtrait un talmid 'hakham qui serait une lumière
pour tout Israël. Sainte femme, son épouse parla d'abord
à la femme avant d'en parler à son mari et tenta de la
convaincre puis elle en parla à son mari. Il comprit alors que
c'était un signe divin. Chacun accepta le signe divin. Le mariage
fut célébré après la période de séparation
(hav'hana) et effectivement le rêve se réalisa.
(une plaque de bois,
à Rissani, sculptée, et servant à suspendre la
lampe à huile à la mémoire d'un Sage révéré.
A Rissani sont les tombes vénérées de R. Avraham,
David et Massoûd Abou'hatséra, de R. Moché Tourjman
et de R. Chélomo O'hayon. Non loin à Zrigate, celle de
R. Yits'haq Benharoche. Non loin encore, à Erfoud, celle de R.
Eliahou Abou'hatséra)
2e partie.
5e génération. C'est la gloire
de cette lignée :
Pour
agrandir l'image, cliquer ici
Rabbénou Yaâqov ben Mass'oud
(né à Rissani en 1807 soit 5567-décédé
à Damenhour en Egypte en 1880), dit Ribbi Yaâqov Abou'hatséra
ou Abir Yaâqov, décédé le 20 Tévét
en montant en terre d'Israël comme un devoir essentiel sur le plan
personnel et sur le plan de la géoula ou délivrance du
peuple, il fut enterré à Dammenhour en Egypte. Il était
alors accompagné de son fils R. Avraham qui, lui, sera plus tard
enterré à Tibériade. Il avait réalisé
de nombreux miracles. Un de ses proches était Ribbi Avraham Zenou,
caballiste, arrière grand-père de notre père et
maître en Torah, Ribbi Moché Yosséf Zénou,
zal, dont la famille est également originaire de Rissani puis
de Figuid à la frontière du Sud du Maroc avec l'Algérie.
C'est de lui que j'ai reçu cette transmission orale de Torah
que, avec l'aide de D., j'ai pu prolonger ensuite.Comme on dit dans
les chants en judéo-arabe marocain:
zékhouto tkoun m'ana (que son mérite soit avec nous),
'hana ou Yisrael khouana (avec nous et avec Israël notre communauté),
hodou la Chém ki tov (louez Hachém car Il est bon).
Même si les Juifs du Maroc aiment
visiter les tombes de leurs grands Sages et leur exprimer ainsi affection
et respect, il en est quelques uns qui reçurent
la vénération de leur vivant (lien ici sur l'ensemble
des maîtres du Maroc), ce furent Rabbénou Yaâqov,
Ribbi 'Hayim Pinto ha Gadol de Mogador décédé le
26 Eloul en 1845 et enterré à Casablanca, R. Rafaël
Anqawa (1848-1935) de Salé, et Ribbi Pin'has Khalifa ha Cohen
Azog, Baba Pin'has, de Marrakech dont la hiloula est le 14 Tévète
1952.
La hiloula de Rabbénou Yaâqov
est particulèrement fêtée en Israël à
Ramlé. C'est aussi en cette ville que son petit-fils R. Yits'haq
fut rabbin de la ville sous le nom de Baba 'Haqi.
Rabbénou Yaâqov ben Mass'oud (1807-1880), dit Ribbi Yaâqov
Abou'hatséra, décédé le 20 Tévét
(en montant en terre d'Israël pour vivre la complétude du
judaïsme), et enterré à Dammenhour en Egypte. Des
Juifs de tous pays s'y rendent quand cela est autorisé.
Et voici la splendide signature du Rav:

Voici son écriture du verset de Chémote
38,27
et voici le verset pour déchiffrer:
"Les cent kikkar d'argent ont servi
à fondre les socles (à la ligne)
du sanctuaire et les socles du voile; pour les cent socles (à
la ligne)
cent kikkar, un kikkar par socle".
Nous allons apprendre cette écriture, pourquoi?
Pour nous insérer dans la proximité et rencontrer vraiment
la transmission. Si vous êtes sépharade, vous avez probablement
chez vous, ou chez votre grand're ou chez un oncle, des lettres ou un
manuscrit que personne ne regarde mais qui est un trésor. Un
peu de patience et vous pourrez le lire facilement, et vous recevrez
ce cadeau en direct qui traversera les âges jusqu'à vous.
C'est cela la cabala, "recevoir"n rien d'ésotérique.
Ce sera une expérience inoubliable. Cherchez ces feuilles dans
votre famille. Et dites-moi ce qui s'est passé.
Avançons par étapes!

et la ponctuation pour bien lire:
"Les cent kikkar d'argent ont servi
à fondre les socles (à la ligne)
du sanctuaire et les socles du voile; pour les cent socles (à
la ligne)
cent kikkar, un kikkar par socle".
Par cet exercice, vous parviendrez à lire les manuscrits des
Sépharades d'Afrique du Nord des générations précédentes.
Et, maintenant, l'émotion, nous ouvrons le manuscrit de famille,
ou le manuscrit de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra dans son commentaire
de la paracha Péqoudé dans son livre Pitou'hé 'hatam
et nous retrouvons la première phrase du verset et Chémot
et son commentaire. Nous savons le lire en direct. Nous recevons l'enseignement
de lui, il écrit devant nous sous l'inspiration divine. Et si
vous comprenez un peu l'hébreu vous pouvez comprendre. Je vous
mets ensuite le texte en caractères d'imprimerie comme ils sont
dans le livre.

et voici le texte correspondant:
Avec Modia, vous êtes "dans"
la tradition vivante? Vous êtes un maillon vivant dans cette chaîne
qui remonte au Sinaï et aux Patriarches et Matriarches..
Un des proches de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra était
Ribbi Avraham Zenou, caballiste, arrière grand-père de
notre père et maître en Torah, Ribbi Moché Yosséf
Zénou, zal, dont la famille est également
originaire de Riasni puis de Figuid à la frontière du
Sud du Maroc avec l'Algérie. C'est de lui que j'ai reçu
cette transmission orale que, avec l'aide de D., j'ai pu compléter
ensuite.
Voici la matséva de l a tombe de
Ribbi Yaâqov Abou'hatséra à Dammenhour en Egypte
sur son chemin de la alyah. Il n'a pu entrer dans la terre d'Israël
d'en bas, comme Moché rabbénou. Et nous le pouvons!
Voici la transcription

et la traduction ligne par ligne:
Dalle tombale
1. Ô malheur que la beauté soit tombée dans la poussière,
2. le grand homme venu du Maroc, le Rav
3. merveilleux, grand juge rabbinique, caballiste
4. divin, hassid saint, dans la science du secret
5. comme dans celle du dévoilé, géant qui déracine
les montagnes, la couronne de nos têtes et le turban de notre
beauté, kavod morenou harav Ribbi
6. Yaâqov Abou’hatséra, que le souvenir du juste et du
saint soit bénédiction, son mérite nous protégera,
amen.
7. qui a été demandé dans la yeshiva d’En-haut
le jour 20 du mois de Tévéte de l’année
8. 5640 (1880) du petit compte.
9. que son âme
soit insérée dans le faisceau des vivants.
6e génération.
Rabbénou Yaâqov eut quatre fils brillants :
6a- R. Mass'oud ben Yaâqov Abou'hatséra, né au Téfilalét
(1835-12 Iyar 1908),
6b- R. Aharone ben Yaâqov Abou'hatséra, qui succéda
à son père et décédé le 22 Eloul
1901; il a dirigé la communauté du Téfilaléte
après son père, a quitté le Maroc en 1887 pour
Jérusalem afin d'y imprimer les livres de son père, comme
il en avait reçu l'ordre en rêve sur la tombe de son père
en 1880.
6c- R. Yits'haq I ben Yaâqov Abou'hatséra, décédé
le 14 Chévate 1912 ; nous avons les souvenirs directs de lui
par R. Moché Yosséf Zénou qui lui a rendu visite
avec son père et son grand-père et l'a vu assis sur sa
natte recevoir les visiteurs demandant conseils et bénédictions.
Révéré, il était très rigoureux envers
la qualité de leur tsédaqa. Il est enterré à
Toulal. Voici sa tombe qui est un lieu important de pélerinage:
6d- R. Avraham ben Yaâqov Abou'hatséra, de Tibériade,
décédé le 11 Iyar 1913.
Sa fille Esther épousa Ribbi Dahan.
7e génération.
Les trois fils de R. Mass'oud (6a) sont :
-7a- R. David ben Mass'oud Abou'hatséra (Âtéréte
Rochénou), assassiné le 14 Kislév 1920 par les
arabes. Ces meurtres n'étaient pas rares, ainsi R. David Ha Lévi
Drai, R. Hillel ha Cohen et R. Yits'haq ha Lévi furent ainsi
tués par des brigands qui voulaient prendre leur argent. Et R.
Yisraël Cohen et R. Chélomo Ben Tamechu furent assassinés
pour avoir refusé des relations sexuelles avec des femmes musulmanes.
Mais R. David et R. Yits'haq furent tués en voulant protéger
la pupulation juive menacée. Il avait eu le privilège
d'étudier la Torah avec R. Yaâqov. Il a vécu dans
la plus grande pureté du regard. On le distinguait du titre de
Chalia'h par la place qu'il avait auprès de son père.
Il est l'auteur de commentaires sur la Torah : Péta'h haohél
et Séfer Récha véSéfa. Il est enterré
au Tafilalet à Rissani. Le jour de sa mort, la région
fut plongée physiquement dans l'obscurité.
-7a- R. Israël ben Mass'oud Abou'hatséra
(Baba Salé) né le jour anniversaire de la Création
du monde, à Roch hachana 1890 ou 5600 (10 ans après le
décès de son grand-père), et sa hiloula est le
4 Chévate 1984. Il monta en Israël avec la coupe de qidouche
de R. Yaâqov, s'installa à Yavné, Achkélone
puis définitivement à Nétivote en 1970 où
il est enterré. Il est le père de R. Méïr
(Baba Méïr) décédé le 17 Nissane 1983.
L'appellation Baba signifie "père, papa". Il reçut l'enseignement
de Torah par son père et son frère David assassiné
et resta toute sa vie marqué par leur influence (qédoucha,
pureté, 'hassidoute, distance avec les affaires). Il a composé
une belle ode ou qina au souvenir de son frère. Les commentateurs
du Zohar disent qu'en l'an 5600 se produira la diffusion de la cabala
et le Gaone de Vilna met cette période sous l'axe particulier
de la paracha Ki-Tavo, "quand tu viendras vers la terre que Hachém
te donne en héritage...". Ce qui le distinguait était
le souci égal de connaître tout mot de la Torah, d'accomplir
toutes les mitsvotes et d'aimer tout Israël et de respecter également
tous les Sages. Il reçut la direction de la yeshiva de R. Yaâqov
après la disparition de son frère David.

Pour
agrandir l'image, cliquer ici Il est le père de R. Méïr
(Baba Méïr) décédé le 17 Nissane 1983
dont voici la tombe sur le Mont des Oliviers non loin de celle du Rachacha
et du Or ha 'Hayim.

Le mot Baba signifie Papa et c'est une grande marque de respect affectueux
qui est exprimée ainsi, spécialement envers les descendants
de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra.
Voici un petit album de Baba Salé,
âlav hachalom.
4 âges : avec son frère Yits'haq,
puis à 60 ans, 70 ans, 80 ans

Ici, dans l'une de ses dernières
visites au Kotel, et sa silhouette blanche de pureté et lumière
et dans l'une des fonctions importantes
du Sage : bénir, dans la Présence.
et sa prière est entourée
des cavanotes (intentions) qu'il écrit dans son siddour personnel.
C'est l'écriture typique des Juifs du Maroc. Vous savez la déchiffrer
désormais.
et pour que vous parveniez à cette
présence que l'on doit avoir avec des 'hakhamim, Sages de la
Torah, dans une proximité que l'on appelle chimouche ou utilisation
pour recevoir une Torah vécue, voici une photo très proche,
volontairement grande, de Baba Salé, zal.

et la photo la plus aimée de la lumière
intérieure qui jaillit
-7a- R. Yits'haq II ben Mass'oud Abou'hatséra
(Baba 'Haqi), né en 1897 au Téfilaléte, décédé
le 25 Adar 1970 d'un accident de la route et enterré à
Ramlé en Israël .
Il assuma avec Baba Salé la direction de la yeshiva après
l'assassinat de David, puis alla en Israël en 1925 imprimer les
livres de son frère aîné et revint au Maroc à
Erfoud à la demande de sa communauté, passa en Algérie
où il aida de nombreux Juifs à monter en Israël et
y monta à son tour et devint le Rav de Ramlé. Il s'y distingua
par un amour absolu de tout Juif quel qu'il soit dans ses besoins ou
ses questions, suite à un incident de sa jeunesse où il
ne sentit pas digne de bénir un enfant malade et, en rêve,
le reproche lui en fut fait.
Sur cette photo, il est avec son frère,
Baba Salé:
Ses fils sont R. Aharone et R. Avraham de
Yavné (Baba Haana) décédé le 22 Kislév
1974.Voici sa photo:
A Jérusalem, une Yeshiva Ner Yits'haq,
au nom de Ribbi Yits'haq Abou'hatséra, Sidné Baba 'Haqi,
répand cet enseignement de la lignée et forme des rabbanim
(BP 43183. tel 972 2 653 60 15). Elle est dirigée par Ribbi Chimeone
Abou'hatséra, fils de Baba 'Haqi.
La méthode de la yechiva de R. Yaâqov
était conforme à celle que j'ai exposé dans le
Lév Gompers et sur le site, puisée dans la tradition des
grands Sages d'Espagne et précisée par le Rav gaone Yit'haq
Qanepanetone: connaître la Torah en toutes ses dimensions, avancer
dans la connaissance et la réflexion personnelle et la développer
avant de plonger dans les discussions entre les commentateurs. Le beit
ha middrache qu'est le site suit cette méthode. Tout cela sse
passait dans une ambiance où les étudiants de la yéchiva
étaient considérés comme des membres de la famille,
et cela depuis la génération de R. Mass'oud.
Les cinq fils de R. Aharone (6b) sont :
- R. Chalom ben Aharone Abou'hatséra, décédé
à Marseille le 7 Adar 1975.
- R. Chmouel ben Aharone Abou'hatséra, de Colomb Béchar,
décédé le 19 Iyar 1955.
- R. Eliahou ben Aharone Abou'hatséra, décédé
le 26 Tichri 1925 et enterré à Erfoud. Il est le père
de R. Makhlouf ben Eliahou (Achdod) décédé le 8
Chévate 1980.
- R. Israël ben Aharone Abou'hatséra, est nommé aussi
Baba Salé ; il est décédé le 18 Sivane 1944
et est enterré à Béchar.
- R. Yosséf ben Aharone Abou'hatséra, décédé
à Paris le 4 Adar 1979.
Le fils de R. Yits'haq (6c) est R. Abba
décédé le 26 'Hechvane 1936 et enterré à
Boudenib. Son petit-fils est R. Yits'haq ben Abba ('Haïfa) décédé
le 21 Tévéte 1991.
Le fils de R. Avraham (6d) est R. Yi'hya
décédé le 21 Iyar 1935.
Voici quelques photos de la descendance
de R. Eliahou ben Aharone Abou'hatséra, qui réjouiront
nos lecteurs qui ont connu et connaissent ces saintes familles.
Sur ces photos, des visages ne sont pas identifiés par nous,
veuillez nous les faire connaître ainsi que le lieu et la date.
Nous
écrire ici.
En bas à gauche, Ribbi Yossef Memram, au centre de la rangée
du fond bien reconnaissable Ribbi Chalom Messas et devant lui à
sa gauche Ribbi Mahlouf ben Eliahou Abouhatséra.
Ribbi Mahlouf Abou'hatséra, fils
de Ribbi Eliahou ben Aharone Abou'hatséra, fils de Ribbi Aharone,
fils de Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra ha qaddoch.
Voici la famille de Ribbi Mahlouf assis à côté de
son épouse "Mamaajo"; entre eux leur filsAmram; derrière
elle, leurs filles Germaine et Marie; en continuant avec le chapeau
à droite, c'est leur fils Ribbi Yossef qui est le grand père
de Natanel Alcabi, jeune photographe chez Denya, Rehov Emeq Refaim à
Jérusalem qui a eu la bonté de nous transmettre ces photos
familiales en connaissance de mon respect et affection envers cette
lignée sainte qui me nourrit de ses enseignements depuis plus
de 30 ans. Qu'il puisse continuer cette merveilleuse tradition dans
la bénédiction.
Voici la vie communautaire autour de Ribbi Mahlouf:
Voici Ribbi Mahlouf présidant le
tribunal rabbinique (beit dine); à droite, Ribbi Yossef Memram.

Ici, le mariage de Aharone Abouhatséra et son épouse Germaine
fille de Ribbi Mahlouf (à droite) et de son épouse Mamaajo
(entre lui et la mariée).
A gauche de la photo Baba 'Haqé et son épouse, parents
de Aharone.
et l'autre photo des époux Aharone et Germaine Abouhatséra.
Aharone sera longtemps un député israélien important,
actif et influent.
Autre ambiance familiale, nous voyons que cette vie communautaire et
familiale est tout une.
A partir de la droite, le secrétaire du tribunal, puis Ribbi
Mahlouf, Ribbi Yossef Memram

Rythmes familiaux; le jeune Messas entouré des grands sages,
à gauche Ribbi Mahlouf et à droite le papa Ribbi Chalom
Messas.
Cette image est aussi un document sur le
vêtement des rabbins sépharades: toujours le couvre-chef
typique et le manteau de fonction officielle mais souvent il est remplacé
aussi par la djelabbah ou même des costumes de couleur. Ce n'est
qu'avec l'influence contraignante du judaïsme achkénaze
en Israël que les rabbins sépharades se sont soumis à
l'habillement achkénaze, mais il faut souligner que le même
phénomène s'est exercé depuis une minorité
dans le monde achkénaze sur son ensemble, comme si n'est pas
juif celui qui n'adopte pas le costume d'une minorité qui veut
dominer selon ses paramètres externes et y parvient. Les photos
nombreuses que je peux présenter de la prestigieuse Yeshiva de
Mir en Lithuanie en surprendront beaucoup: tous les étudiants
et rabbins, même agés de 45 ans, sont en costume comme
tous les autres habitants de ce pays, seul le Roch Yéchiva est
dans une sorte de robe noire. J
usqu'il y a peu d'années, le Rav Ovadia Yossef portait un costume
élégant et à la mode de couleur. Quelle évolution
rapide et drastique qui fait croire à ce qui ne connaissent pas
l'histoire que ce fut toujours comme aujourd'hui où le plus petit
étudiant adopte totalement le vêtement noir qui était
alors réservé au seul Roch Yéchiva achkénaze
ou les coutumes de prière qui étaient alors réservées
au seul tsaddiq sépharade de la génération. Et
il faut bien admettre que la communauté partielle achkénaze,
elle-même, a adopté le vêtement noir parce que, dans
le monde occidental chrétien dominé alors par l'Eglise
et ses clercs habillés de noir, ceux qui voulaient s'affirmer
comme des clercs-élites cultivées adoptaient la couleur
noire des prêtres, et ce furent ainsi les rites des habits noirs
de représentation des avocats, les toges noires des professeurs,
parfois des médecins, etc. De même, l'élite des
persécuteurs cosaques portaient ces chapeaux adoptés aujourd'hui
par certains groupes orthodoxes, identification non consciente au persécuteur
qui a caractérisé le monde occidental et qui n'en n'est
pas libéré même chez les professeurs laïcs
des Universités. C'est curieux que cette évolution très
particulière dans l'histoire ne soit ni consciente, ni réfléchie
et questionnée dans le peuple qui ne vit que de questions.
Voici donc, hors de tout cela, le vêtement original Abouhatséra:
et on voit le glissement quand cette lignée de rabbins arrive
en Israël et adopte progressivement le vêtement askénaze
polono-russe.
Pièces à conviction:
Voici aussi une photo de la célèbre Yechiva de Mir en
1939 en Lithanie avant le grand exode dû à la guerre.
Et voici la vie quotidienne des grands rabbins
au Maroc en dehors des situations officielles: à droite, Ribbi
Chalom Messas,
et vous vous rappelez les images célèbres de Rabbénou
Yaâqov Abouhatséra, ci-dessus.
Soyons dans la vérité et ne réécrivons pas
l'histoire des communautés en fonction des stéréotypes
d'aujourd'hui qui ne veulent plus donner à toutes les communautés
leur originalité, alors que dans le camp autour du Sanctuaire
chaque communauté se doit d'être épanouie "sous
son drapeau" originaire et original.
Sourions! Voici une photo de votre serviteur
et de ses enfants. A cette époque, je travaillais souvent au
Maroc en alternance avec Paris dans la formation psychologique, dans
les années 1965-1980.
Pour terminer, voici un congrès officiel des grands rabbins du
Maroc et dirigeants communautaires:
l'avant-dernier à gauche, dominant de sa grande taille est Ribbi
Mahlouf; le second à sa gauche est Ribbi Yedidia Monsenegro;
à droite, le second c'est Ribbi Rafael Baroukh Toledano. Complétez
ces noms et écrivez-moi, je les placerai sur cette page.
Vous retrouvez Ribbi Rafael Baroukh Toledano au centre sur cette photo
dans une autre page de Modia (lien
ici à consulter), avec le Rav Chalom Messas à droite:
Compléter l'identification de tous
les autres, merci.
Quelques lieux de sépultures,
au Maroc, de Sages célèbres de la famille Abou'hatséra
à Béchar: R. Yisraël
Abou'hatséra.
à Boudenib: Abba Abou'hatséra.
à Erfoud: R. Eliyahou Abou'hatséra.
à Rabat: R. Chmouel Abou'hatséra.
à Tabougimt: R. Aharone Abou'hatséra.
à Tarkellil; R. Eliyahou Abou'hatséra.
à Télouet: R. Amram, R. 'Haya
et R. Yossef Abou'hatséra.
Tous les livres de
Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra sont publiés
en hébreu et furent réédités en 1960 (dépôt
à la Yeshiva et aux Ed. Lugassi). Des extraits commencent à
être publiés en français.
Liste de ses livres, qui sont ma lecture
continue et un plaisir renouvelé:
- Aléf bina, (enseignements de moussar, morale, sur le psaume
119, selon l'ordre alphabétique).
- Bigdé hassérad, commentaires sur la Haggadah de Pessa'h.
- Chaâré aroukha, (enseignements de moussar, morale, pour
les jours de pénitence de Eloul et Tichri, les yamim noraïm).
- Chaâré téchouva, (enseignement sur la repentance,
la téchouva).
- Doréche tov, recueil de drachote, exposés d'enseignement,
de fêtes et de commémorations.
- Lévona zakha, (commentaires de niveau du niglé, le sens
littéral, concernant la Torah et le Talmud).
- Makhchof ha lavane (commentaires sur chaque paracha de la Torah et
basés sur la tradition du sod).
- Pitou'hé 'hotam, (commentaires sur chaque paracha de la Torah
et basés sur la tradition du niglé et du sod).
- Yaguel Yaâqov, (poèmes et cantiques de R. Yaâqov
et de ses enfants).
- Yorou michpatékha léYaâqov, (réponses à
des questions rabbiniques, chéélotes outéchouvotes,
dans la partie 'Hochén michpate du Choul'hane Aroukh).
Une anthologie de ces textes est parue
en un volume en français sous le titre Pniné Abir Ya'aqov,
Enseignements de Torah de Rabbénou Yaâqov Abe'hssera. Distribution
à la Yeshiva ou à M. Assaraf France, télécopie
0590.26.77.50.
Une étude qui situe bien Rabbéinou
Yaâqov Abou'hatséra dans l'ensemble des commentateurs
Vayé'hi
En l'honneur de la hiloula de Rabbéinou Yaâqov Abou'hatséira
(le 20 Tévét),
une étude réalisée pour que tout le peuple soit
conscient que Jérusalem est le coeur de sa vie. Amen.
Cette paracha Vayé'hi est particulière.
Elle va nous permettre, sur un seul exemple, de découvrir comment
apparaissent les différentes parties du message. On ne peut pas
donner le sens de la Torah sans connaître les règles de
son codage. Imaginez quelqu'un qui lirait le Coran ou un écrit
hindou et qui l'interprèterait les conceptions occidentales des
mots utilisés : aussitôt chacun crierait au manque de respect,
à la falsification car il faut connaitre le sens de chaque mot
dans le propre contexte et corpus de cette civilisation et non pas le
sens de ces mots en France ou à New York. Il faut connaître
aussi les allusions de chaque mot qui sont chacun comme des poteaux
indicateurs qui relient à d'autres poteaux indicateurs. Il faut
aussi savoir où l'on place l'essentiel du message : en introduction
ou dans le centre du texte, etc.
Il en est ainsi de la Torah. C'est ce que nous allons découvrir.
Le sens par la typographie
Une paracha est le traitement d'un sujet. Toute paracha est dite sétouma
(fermée) ou pétou'ha (ouverte).
Une paracha pétou'ha (ouverte) suit la précédente
en laissant un intervalle et commence au début de la ligne suivante
; donc la ligne précédente se termine par un blanc et,
dans les éditions imprimées, on écrit souvent la
lettre pé pour l'indiquer que c'est une paracha pétou'ha.
Une paracha sétouma (fermée) commence sur la même
ligne que la précédente après un intervalle blanc
qui, le plus souvent correspond à la distance de neuf lettres
(trois fois le mot "achér") ; et, dans les éditions imprimées,
il est souvent écrit la lettre samékh pour l'indiquer.
Une nouvelle paracha doit toujours être soit ouverte soit fermée
(Traité Chabbate 103b) sans aucune erreur sur ce point dans toute
la Torah, sinon ce rouleau de la Torah doit être supprimé
et mis dans une guéniza (lieu de stockage des livres saints inutilisables).
Sur les règles techniques pour écrire chaque intervalle
entre les parachiyotes comme il le faut, voyez le Choulkhane Âroukh,
Yoré Déa 275 où sont discutées les thèses
différentes de R. Achér et du Rambam.
Bien entendu, tout cela a pour fonction de véhiculer le sens
du message de la Torah.
Le sens de l'intervalle comme relation entre
les partenaires
Dans notre commentaire de la paracha Vayiqra, le Middrache Vayiqra Rabbah
y dit que l'espace de la paracha pétou'ha est un respect de la
part de D. envers Moché pour lui laisser le temps de recevoir,
réfléchir et comprendre entre deux sujets qui lui sont
transmis; cela est développé dans le commentaire. Chacun
a l'expérience que, dans une relation d'amitié ou d'amour,
les espaces blancs d'écoute et les espaces blancs dans la distance
physique ont sens : là s'exprime la délicatesse, les regards
de rencontre et de fusion, la douceur, le don total qui n'impose rien
et n'altère pas la liberté. Là tout est délicatesse,
bonheur et pure volupté, rencontre et satisfaction ; deux deviennent
un seul être en respectant le rythme de chacun. La Torah n'est
pas la transmission sèche d'un fax, c'est aussi un enseignement
sur la qualité de la relation où le Créateur nous
place face à Lui.
Le sens du blanc qui relie les textes
Ensuite, ce blanc entre les parachiyotes est aussi à référer
au sens qui relie le texte qui le précède et celui qui
le suit. Le Béréchite Rabba 96, 1 explore cette question
et dit ceci textuellement :
"Lama paracha zo sétouma mikol ha parachiyote chél Torah
?
Pourquoi cette paracha est-elle plus fermée que toutes les autres
parachiyotes de la Torah ?
Première réponse : Parce que dès que notre père
Yaâqov mourut, commença la servitude d'Egypte sur Israël.
Deuxième réponse : Parce que Yaâqov notre père
a demandé de dévoiler la fin (ha qéts) et cela
lui a été fermé (vé nistam mimméno).
Troisième réponse : Parce que furent fermés de
lui tous les ennuis qu'il y a dans le monde".
Notre commentaire explicatif.
Pourquoi la question du middrache.
Sur la question posée par le middrache (Lama paracha zo sétouma
mikol ha parachiyote chél Torah ?) : en effet, la paracha Vayé'hi
est fermée de façon particulière que l'on ne rencontre
nulle part dans toute la Torah, car l'espace blanc ne comprend pas celui
de 9 lettres mais d'une seule. C'est donc un signal ou un poteau indicateur
très particulier et qui va véhiculer un sens important.
1. L'aveuglement afin de s'assimiler
Sur la première réponse, Rachi l'explique en la personnalisant.
Au lieu de dire simplement comme le middrache qu'il cite :
"Parce que dès que notre père Yaâqov mourut, commença
la servitude d'Egypte sur Israël", il dit :
"c'est parce que dès que notre père Yaâqov mourut
(partie identique), (partie modifiée) ont été fermés
les yeux et le coeur d'Israël par les souffrances de la servitude
car on commença à les asservir".
Comme ce commentaire du middrache est dit après la fermeture
de la paracha "Vayé'hi Yaâqov", Rachi indique que cette
fermeture concerne Yaâqov pendant le temps de sa vie et qui est
ce qui a commencé alors pour le peuple : une fermeture de l'esprit.
Rachi fait ici allusion à un enseignement important pour nous
tous. La servitude commence par un aveuglement où on ne la perçoit
pas, on est aveuglés ; ce qui est demandé de nous comme
un travail de force qui nous brise (bé pérékh)
est ressenti comme s'il était dit par une bouche tendre
(bé pé rakh). Ainsi de toutes les assimilations des Juifs
parmi les autres nations : ils sont les premiers à aimer qu'on
leur enlève leurs propres forces, ils appellent cela "adopter
la nouvelle nationalité, être laïcs, communistes,
socialistes, nationalistes", etc, et ils sont les premiers promoteurs
et conseillers modèles de la douceur de cette nouvelle vie. Cet
exemple s'est reproduit des millions de fois. Ils sont aveuglés
(les yeux fermés). La Torah nous a pourtant mis en garde par
l'enseignement sur ce qui s'est passé pour nos ancêtres
en Egypte ; Rachi nous le redit clairement en pédagogue explicite.
Et le Traité Sota 11a-b et Ribbi Eléâzar dans Chémote
Rabba 1, 11 et Bémidbar Rabba 15, 20 nous le disent encore :
on nous fait cela avec une douce persuasion, avec habilité dans
les raisonnements (Chémote 1, 10).
Rabbénou Bé'hayé indique que cette étape
est le commencement de ce que l'on appelle "la galoute", la situation
d'exil et de long exil dans lequel nous sommes encore aujourd'hui, dit-il.
Le Réem objecte que cette lecture nous pose un problème
car cet esclavage n'est pas évoqué dans le livre de Béréchite
ni dans sa paracha Vayé'hi mais ultérieurement dans le
livre de Chémote. Et le Réem comprend que, pour ce motif,
Rachi a apporté en plus la seconde et la troisième explications
qui indiquent que c'est lui qui devint fermé, soit à la
prophétie, soit aux ennuis nombreux qu'il avait eus dans sa vie.
2. La fermeture au sens de la fin des temps
Voici maintenant l'interprétation de la seconde réponse
de Béréchite Rabba : "Parce que Yaâqov notre père
a demandé de dévoiler la fin (ha qéts) et cela
lui a été fermé (vé nistam mimméno).
Cette fermeture à la prophétie est fondée sur ce
que dit Yaâqov en Béréchite 49, 1 où il veut
révéler la fin des temps. Et Rachi nous dit dans son commentaire
de ce verset que Yaâqov n'y parvint pas.
Quelle est donc la source du commentaire de Rachi pour dire cela ?
Yaâqov voulut révéler à ses fils les tracas
de la fin des temps, avec la guerre de Gog et Magog (Béréchite
Rabba 98, 2) et des troupes du monde entier qui monteront contre Jérusalem
(Ezéchiel 38, 16...), annoncer que D. les anéantira, brisera
Edom qui est la civilisation issue de Rome (Isaïe 34, 5), et annoncer
la reconstruction du Temple (Isaïe 2, 2) ; mais à Yaâqov
cela fut fermé quand il voulut le dire comme ce le fut pour Daniel
(Daniel 12, 4-9). Voir aussi les commentaire de Isaïe 9, 6.
Yaâqov ne put dire et révéler que l'unité
de D.ieu dans le Chémâ Yisrael (Péssa'him 56a et
Béréchite Rabbah 98, 3), c'est beaucoup !
La base formelle de cette interprétation du middrache et de Rachi
est toujours dans les mots précis et non pas dans des vagues
interprétations associatives et symboliques. Cette clef se trouve
en Daniel 8, 26 car il y est employé le mot précis "fermé,
satam" qui fait aussi allusion à la paracha sétouma :
"oumaré haêrev véha boqér achér néémar
émét hou,
or, la vision des soirs et des matins dont il est question est véridique
;
mais toi, tiens cette vision secrète, car elle se rapporte à
des temps lointains
véata SÉTOM hé'hazone ki lé yamim rabim"
(lire tout ce chapître).
Le Rambane dit sur Béréchite 49, 1 " ces derniers jours
à venir que Yaâqov voulait révéler, ce sont
les jours du Machia'h, bé a'hérite ha yamim, hém
ymote ha Machia'h".
Cela nous concerne
Il faut réfléchir à ce point : nous avons le privilège
d'avoir lu et entendu toutes ces références en notre génération.
En effet, combien de Juifs se demandent pourquoi tous les peuples montent-ils
donc ainsi contre Jérusalem précisément depuis
20 siècles, et cela en notre génération. Cela ne
s'était pas produit plus tôt en aucune autre génération.
Pourquoi, de l'intérieur du peuple, des groupes même s'allient
explicitement à ces forces externes de destruction et à
leurs médias pour diviser la terre et Jérusalem et les
remettre à ceux qui veulent détruire, et qui détruisent
même jusqu'aux vestiges antiques du Temple ?
En ces heures-ci où, parfois, on doute aussi de l'issue, il est
important de relire tous ces textes.
Tout est annoncé, décrit, depuis la douceur perfide des
assimilations et des médias, jusqu'à l'asphyxie de ceux
qui y coopèrent, jusqu'à la coalition pour détruire
Jérusalem comme centralité et comme signification de tout
l'ensemble juif.
Et, dans l'espoir de ce salut évoqué, combien de miracles
nous avons vus en ces jours cruels, même s'il y a eu trop de larmes
aussi. Il y a eu miracle mais il faut encore et surtout qu'il y ait
un autre miracle : celui des coeurs et des intelligences qui reconnaîtraient
le miracle de la protection divine, le miracle de Celui qui brouille
les plans des ennemis qui piétinent à la porte, les plans
de ceux qui veulent détruire, le miracle des clans internes qui
pensaient pouvoir vite dépecer et en finir avec cet espace de
Jérusalem dans leur philosophie d'un sionisme terminé,
et de ramener toute cette histoire de ce qu'ils appellent une religion
pour en faire une révolution laïque universelle sans nationalisme
et sans judaïsme. Tous ces plans se sont embrouillés en
leurs mains. Et le gouverneur mondial qui se croyait tout-puissant pour
en être le chef d'orchestre quitte aussi la scène lamentablement.
Notre peuple va t'il reconnaître ce miracle ?
Le bonheur et les temps de fermeture
Quelle est maintenant l'explication de la troisième réponse
de Béréchite Rabbah, non citée par Rachi : "Parce
que furent fermés de lui tous les ennuis qu'il y a dans le monde"
?
Cela veut dire que Yaâqov a eu seulement 17 ans de bonheur pendant
les années qu'il a passées avec Joseph avant que ses frères,
hélas, ne le vendent ; ensuite, Yaâqov vécut dans
les larmes, sans chéqét (calme) et sans na'h (agrément)
dit le Or ha 'Hayim ; comme on dit vulgairement, ce n'était pas
une vie. Puis il vécut encore 17 ans de bonheur avec Joseph en
Egypte. Cela fait 34 ans de bonheur. En ces années, Yaâqov
trouvait en Yossef le souvenir aimé de Ra'hel.
Le Tour indique que seules ces années ont mérité
le nom de "vie" et c'est pour cela qu'il est dit "vayé'hi, et
il vécut". Le Tour donne des guématriotes qui relient
le dernier verset de Vayigash et les premiers mots de Vayé'hi
et qui vont dans le sens de ce que nous avons dit ; la vision de Yaâqov
alla, à travers Joseph et la réconcialition des tribus
jusqu'à la vision de la vie des générations à
venir, très nombreuses.
Nos Sages nous indiquent que ce nombre de 34 est la guématria
du mot Vaya'hi, il a vécu, qui commence la paracha ; cela est
clair. Pourquoi, alors, Rachi n'a t-il pas cité cette troisième
réponse ; certains disent qu'elle est plus adaptée au
dernier verset de la paracha précédente qui parle de bonheur
; mais on pourrait peut-être répondre que, justement, les
deux parachiyotes ne sont pas séparées et que les derniers
mots de bonheur et la guématria 34 du premier mot de Vayé'hi
ne font qu'un seul sens.
Nos Sages disent : kol mi ché sof yamav bétova, kéilou
khol yamav bétova, celui qui termine sa vie dans le bon, c'est
comme si tous ses jours avaient été bons, dit le Or ha
'Hayim en s'appuyant sur Job 8, 7 et Qohélét 7, 8.
La lumière de Rabbéinou Yaâqov
Abou'hatseira
La paracha Vayé'hi est lue à l'approche de son décès,
sa hiloula (20 Tévét). Nous lui dédions cette étude.
Il fait remarquer que la paracha sétouma fait se relier le dernier
mot de Vayigache (méod) et le premier mot de Vayé'hi (vayé'hi).
Cela nous montre que Yaâqov, dans sa plénitude a réparé
le péché d'Adam. En effet, le mot méod est le mot
Adam dont les lettres sont interchangées dans le désordre.
De ce désordre, Yaâqov a fait la vie (vayé'hi).
Et notre Rav nous montre que le péché d'Adam concerne
l'arbre de la connaissance et il a cumulé là les péchés
d'idolâtrie, de sexualité et de sang versé. Un anagrame
de ces trois mots constitue les lettres de "méod" (moumar,
icha, dam). Combien d'hommes dans l'histoire utiliseront leur intelligence
pour tromper les faibles par leur sophismes.
Il montre encore que le mérite de Yaâqov par sa venue en
Egypte, a raccourci le temps de l'exil d'Egypte de 400 ans à
210 ans : ce dernier nombre est la guématria de rédou
dans l'expression : "descendez en Egypte".
Un autre sens est bien connu dans les middrachim. Il est dit que Yaâqov
a donné 18 années de sa vie. Par ces deux interprétations,
nous voyons que le bien dont nous bénéficions vient du
mérite de nos pères. Mais d'où vient cette allusion
? Ce qui nous le dit, c'est la paracha sétouma, reliant le mot
méod et le mot vayé'hi : les lettres finales de ces deux
mots font 14 qui est la guématria du nom David. C'est le
tiqqoune ou réparation, effectué laborieusement pas
Yaâqov qui a assuré la réussite de David.
Nous voyons par cette étude que
- toutes les interprétations sont reliées,
- sont complémentaires,
- déploient ensemble les niveaux différents du sens,
- sont nécessaires pour nous donner le sens réel et global
du message,
- sont nécessaires pour connaître vraiment la Torah.
Voilà pourquoi nos Sages disent que nous avons l'obligation d'étudier
les 4 niveaux du sens de la Torah (pchate, drache, réméz
et sod), sens littéral, sens symbolique atteint par le raisonnement,
niveau allusif révélé par les jeux de lettres et
de nombres, et le sens intérieur. Et tous sont basés sur
le sens littéral comme une maison sur ses fondations. Il n'y
a pas de sens "cabalistique" qui ne serait pas ancré totalement
dans le sens littéral.
Les lecteurs verront aussi par cette étude
combien une étude de la Torah
- est un labeur qui prend du temps,
- nécessite de relier les différents commentateurs pour
reconstruire le sens,
- ne se révèle pas sans ce long travail,
- aboutit à éclairer les questions fondamentales de la
vie individuelle et de la vie du peuple.
Reprendre cette étude en se reportant
à la lecture des versets cités.
Apprendre les expressions hébraïques avec leur sens traduit.
Exposé d'une étude
de Rabbénou Yaâqov Abou'hatséira dans une
paracha du site Modia
|
Thème de l'étude
|
|
|
Le mot Béréchite et le tiqqoune
de la chékhina
|
|
|
Sarah, les matriarches, 'Hévrone
|
|
|
Yaâqov, tsaddiq
|
|
|
Le qiddouche Hachém par les mitsvotes
|
|
|
Le rêve du Pharaon et les 7 étapes
du salut
|
|
|
Paqod, qui sera le sauveur d'Israël
|
|
|
La différence entre âm, peuple,
et béné Yisraël
|
|
|
Lien du Chabbate aux jours de la semaine
|
|
|
michkane, sanctuaire, Chémâ Yisraël
|
|
|
Pauvreté de D.ieu, prière de Cha'harite
|
|
|
tsav et malkhoute
|
|
|
Les sacrifices
|
|
|
La Qédoucha
|
|
|
La maison, la femme et Israël
|
|
|
Sens du livre de Dévarim
|
|
|
Moché et ratsone
|
|
|
La personne, néféche
|
|
|
D.ieu comme Anokhi, la relation et bénédiction
|
|
|
Chékhina, tsédéq, tsédaqa
|
|
|
Mitsvotes et Hachém
|
|
|
La téchouva
|
Notre père dans la rencontre de la
Torah (tradition marocaine et algérienne)
par qui s'est faite la rencontre précédente:
Ribbi Moshé Yossef ben Raphaël Zénou (Monsieur Moïse
Zénou, zal)
Connaissance-Tradition-Bénédictions-Humilité-Coeur.
L'autre formation (Chlah) est venue du R.
Achér Dov André Neher.
Et la formation talmud et halakha?
Recommandation (amlatsa) après examen du Lév Gompers,
par le Rav Chalom Messas, chalita,
Ancien Grand rabbin du Maroc,
Premier Président des tribunaux rabbiniques de Jérusalem
Grand Rabbin de Jérusalem
|