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Apprendre l'araméen

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia http://www.modia.org 

De nombreuses parties de la prière sont dites en araméen.
On ne peut pas comprendre exactement le message de la Torah sans lire sa traduction  en araméen. qui met en valeur tel ou tel sens éventuel. Rachi s'appuie toujours sur la traduction  en araméen. par Onqélos. Aussi, on doit lire chaque jour une partie de la Torah en lisant deux fois chaque verset et une fois dans sa traduction en araméen.
Le Talmud de Babylone est écrit en araméen. 
Il y a plusieurs types locaux d'araméen mais ils ont un fond commun.
Il y a à cela deux motifs : 
- c'était la langue internationale de l'époque dans laquelle les communautés dispersées au Moyen-Orient.
- cette langue est la plus proche de l'hébreu parmi les autres langues ; cela respecte à la fois l'écart et la proximité, et il y a des sens profonds à ce motif. Ainsi, cette conjonction saisit le meilleur du monde, le tire des chaînes qui veulent le garder prisonnier dans le mal et l'élève jusqu'à la réalisation du plan divin dans la bénédiction.
 


C'est ainsi que le Juif qui prie ou étudie "marbim chalom ba ôlam" : apporte la paix dans le monde. Voilà pourquoi nous réalisons cette étude et la mettons à disposition en ces jours où les peuples sont nombreux à s'unir pour détruire Israël, ignorants de notre force qui est d'un autre niveau, d'une autre pureté et d'un autre combat.
Cela témoigne de notre calme, de notre stabilité, de notre assurance pacifique.
Je dédie cette étudie à mes amis troublés 
pour qu'ils trouvent la stabilité dans cet axe qui construit le monde souhaité.

Nous allons choisir le cantique Ya Ribone pour cette initiation à l'araméen.


Y-A Ribone
âlam véalmaya
Traduction par Yehoshua Ra'hamim Dufour

Ce poème, chanté à la table du Chabbate,
porte en acrostiche de chaque strophe le mot Yisrael.
C'est le nom de l'auteur : Ribbi Yisrael ben Moché Najara (environ 1555-1625).
Célèbre poète profane et religieux, de Damas, puis rabbin de Gaza, 
il a écrit des centaines de poèmes.
Ce poème-ci, bien qu'il ne parle pas du Chabbate et soit écrit en araméen,
a été adopté par toutes les communautés pour la table du Chabbate,
particulièrement le Vendredi soir.
Le nom de l'auteur, Yisrael est placé en acrostiche de chaque strophe.


1.1 Dieu, souverain du monde et des mondes,
1.2 c'est Toi, le Roi des rois.
1.3 L'œuvre de Ta puissance et de Tes oeuvres étonnantes,
1.4 beau est-il devant Toi de la manifester.

2.1 Des louanges, je préparerai le matin et le soir,
2.2 Vers Toi D-ieu saint qui as créé tout vivant,
2.3 Les anges saints et les fils d'homme,
2.4 Les animaux des champs et les oiseaux des cieux.

3.1 Immenses sont Tes œuvres et impressionnantes ;
3.2 Tu abaisses les fiers et redresses les ployés.
3.3 S'il vivait, l'homme, des années par milliers,
3.4 Il ne ferait pas entrer tes exploits dans ses comptes.

4.1 D-ieu à qui, est noblesse et grandeur,
4.2 Sauve Ton troupeau de la bouche des lions,
4.3 Et sors Ton peuple du dedans de l'exil,
4.4 Un peuple que Tu as choisi parmi tous les peuples.

5.1 Vers ton sanctuaire reviens, et vers le Saint des Saints,
5.2 Lieu où se réjouiront les esprits et les âmes,
5.3 Et ils chanteront vers Toi des chants et des louanges
5.4 Dans Jérusalem, ville de toutes les beautés.
 


Nous allons utiliser cette voie pour entrer dans la langue araméenne parlée. Beaucoup connaissent ce chant du premier repas de Chabbate Y-A Ribone. Il est rédigé en araméen et est  déjà intégré dans la mémoire ; il nous suffira de mettre en évidence les particularités grammaticales qu'il contient pour que tout ce potentiel devienne actif et que la langue araméenne entre dans l'oreille et, simultanément, dans la compréhension et dans la mémoire explicite. 
Chantons-le une fois avant de l'étudier. 

Examinons maintenant sa langue ; dans les exemples donnés, le premier chiffre indique la strophe et le second, après la virgule, indique le vers. Il faut se reporter au texte pour chaque exemple donné, sinon on ne retirera aucun bénéfice de cette étude. Les exemples seront accompagnés d'un chiffre qui indique le numéro de la strophe et le numéro du verset.

1. L'état construit en araméen
L'état construit (sémikhoute) correspond à la construction française où un premier nom est suivi de la particule "de" et d'un autre nom : 
- un exemple au singulier : ribone âlam, souverain du monde. 
- un exemple au pluriel : ouvenéï énacha, et les fils de l'homme ; un autre exemple : véôféï chémaya, et les oiseaux du ciel.

2. Les lettres finales des noms en araméen
Souvent, au singulier, la lettre finale des noms masculins est, en araméen, en "À" (le son a qui s'écrit avec la lettre  aléf surtout quand on utilise une forme définie du mot (l'araméen de Babylone ne distingue pas nettement les formes de l'article défini et indéfini, contrairement à celui de Jérusalem) :
1, 2 malka, le roi (mais : mélékh, comme indéfini : un roi)
2, 1 tsafra, le matin
2, 1 ramcha, le soir
2, 2 élaha, D-ieu
2, 2 nafcha, l'être vivant

La finale est souvent en ta au féminin
4, 1 révouta, la grandeur
4, 3 galouta, la dispersion de l'exil
5, 4 qarta, la ville
Attention, la finale ata indique un féminin pluriel dans la forme définie :
4, 2 ariévata, les lions (mots au féminin en araméen)

3. Les pluriels
Le pluriel araméen ordinaire est en ine au masculin (ou i) :
3, 2 kéfifine, les courbés, les ployés
3, 3 chénine alfine, des années par milliers
5, 1 qoudchine, des saints
5, 2 rou'hine vénafchine, des esprits et des âmes
5, 3 chirine véra'hachine, des chants et des louanges

Le masculin pluriel est souvent en ya, dans la forme définie (des = de les) :
1, 1 âlmaya, des mondes ; et âlmine, pluriel indéfini
1, 2 malkhaya, des rois ; et makhine, pluriel indéfini
1, 3 timehaya, des choses étonnantes
2, 4 chémaya, des cieux
3, 2 rémaya, des puissants hautains
3, 4 'houchbénaya, des comptes
4, 4 oumaya, des nations
5, 4 choufraya, des beautés

4. Les pronoms personnels
1, 2 an'te, toi (au masculin, ou au féminin)
1, 2 hou, lui
Pour ce "lui", on pourrait trouver également la forme ihou ; également nihou dans les questions.

5. Les verbes
On trouve des formes typiques des différents temps :
- le présent : il est omis quand il s'agit du verbe être :
 1, 4 chéfar (il est) beau

- le passé : à la 3e personne du singulier, il est en e-a en araméen, au lieu de a-a en hébreu 
 2, 2  bera,  il a créé

- le futur ou l'inaccompli :
 2, 1 assaddér, je préparerai
 3, 3 yi'hyé, il vivra
 5, 2 yé'hédoune, ils se réjouiront
 5, 3 vizameroune, et ils chanteront

- l'impératif :
 4, 2 péroq, sauve !
 5, 1 touv, reviens ! Remarquons que cet impératif se dit chouv en hébreu et ce son che-  est te-  en araméen.
 4, 3 apéiq, fais sortir ! Remarquons que cet impératif vient de la racine nafaq et, comme cela est fréquent, la lettre noune est tombée.

- les noms à forme verbale en a-i, qui expriment une continuité dans l'action
 3, 2 makhikhe remaya,  abaissant les hautains
 3, 2 zaqif kéfifine, redressant les ployés.

6. Les suffixes personnels de la 2e personne

- le suffixe au singulier, ékhe ; il pourrait aussi se dire akhe
1, 3 guévourtékhe, ta puissance
4, 4 âmékhe, ton peuple
5, 1 miqdachékhe, ton sanctuaire

- le suffixe au pluriel, aïkhe
3, 1 ôvedaïkhe tes faits, tes œuvres

On trouve aussi des suffixes à forme pronominale :
1, 4 qodamakhe, devant Toi
2, 4  lakhe, à Toi, vers Toi (et 5, 3)
4, 3 léi, à Lui
5, 2 béi, en lui

7. Les particules diverses

3, 3 lou, même si
3, 4 la,  non, pas
4, 1 di, que (comme l'hébreu ché ou achér)
4, 3 yate, introduit le complément d'objet direct déterminé
4, 3 migo, de dedans (comme l'hébreu mitokhe)
4, 4 mikol, de tout.

Après le résumé grammatical ci-dessous, nous pourrons relire le poème Ya Ribone en en traduisant littéralement chaque mot. 
 

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