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34e Paracha : Bémidmar
"Dans le désert"
La constitution qui organise la vie sociale du peuple juif.

Bémidbar (Les Nombres) 1, 1 - 4, 20

Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour

basé sur les livres de nos Sages

Page d'accueil de Modia

Liens importants ici:
Il précédera, la fête de la Libération de Jérusalem, le 28 Iyar, mercredi soir et jeudi.

On appelle ce Chabbate: Chabbate Mévarékhim car on y bénit et annonce le nouveau mois de Sivane qui commencera le 7 juin au soir et le 8 juin.
On y lit le chapitre 6 des Pirké avote, Principes des Pères.

Cette paracha comprend 159 versets, soit la 3e de toutes en quantité de versets; et 1823 mots, soit la 13e; et 7393 lettres, soit la 9e; 23 parachotes (parties différentes) ouvertes et 7 fermées; et aucune mitsva spécifique.
Elle nous présente la constitution qui organise le peuple juif. Même si cela ne nous plait pas, cela se trouve dans la Torah.
Nous voudrions souvent bâtir la constitution du peuple juif en Israël selon nos mentalités politiques en raison des appartenances culturelles qui sont les nôtres: le modèle américain, ou le modèle européen ou oriental, etc. Et dire: cela relève du choix politique qui se détermine par le vote en démocratie. Et l'Etat d'Israël s'est défini en 1948 comme juif et démocratique. Point final.
Hélas pour cette conception, la Torah existe, et elle a organisé le peuple dans une constitution, pas seulement dans une morale. Et c'est ce qui est écrit dans la paracha Bémidbar.
Etudions-là sans aucun préjugé. Ecoute, Israël. Elle nous met face à ce que nous ne pouvions pas imaginer.
ET, dans la paracha précédente, Bé'houqotaï, nous avons lu: si vous M'écoutez et Ma Torah, vous aurez la paix...

Le peuple juif est décrit ici comme régulé et géré par la nature de sainteté des êtres et des choses révélée par le Créateur dans Sa Création.

Cela ne dépend pas de la libre volonté politique du peuple, ni de personne dans le peuple, ni de moi, ni de personne d'autre. 
De là, découle une morale sociale repose sur la morale de la sainteté et de la pureté des êtres. L'égalité est celle du respect de ce qui les constitue et de l'image du Créateur qui est en eux, et de l'organisation qui en découle, et non pas d'abord l'égalité de droits définie par des constitutionnalistes ni par la volonté du peuple.
Les devoirs et droits découlent ipso facto.

A l'heure où le peuple juif revient en masse sur sa terre qu'il n'avait jamais abandonnée,
à l'heure où le débat existe entre les différents modèles d'organisation de la vie sociale en Israël,

à l'heure où nous avons pu juger sur un demi-siècle les fruits positifs et négatifs d'une vie juive très partiellement fondée sur la Torah,
à l'heure où nous voyons la crise morale en Israël, la crise de justice dans les écarts considérables faits aux originaires de régions différentes, où les militants du post-sionisme et les mécanismes d'auto-destruction sont partisans des objectifs de l'adversaire,
à l'heure aussi ou les nations veulent organiser le peuple juif sur sa terre selon leur modèle idéologique (Oslo, Camp David, Carte routière, etc), sans aucune conscience de ces textes fondateurs auxquels le peuple juif est fidèle,
et à l'heure où une partie la plus élevée des dirigeants de l'Etat juif n'a aucune formation en ces données, et navigue entre les pressions étrangères, l'image narcissique de soi et une conception idéologique très floue et flottante, 

cette paracha va nous donner de nombreux éléments de réflexion et de débat.
Ceux qui sont assurés derrière des oeillères et des oreilles bouchées par une idéologie particulière ont grand intérêt à lire. Et à le faire dans l'attitude de "Chémâ Israël", écoute Israël.

Nous ne savons pas "comment" vivre à partir de là dans le détail, mais on peut au moins chercher. En effet, notre Etat actuel d'Israël ne s'est pas construit sur cette base, implicitement peut-être, explicitement non. De là, tous nos problèmes actuels. Alors, étudions pour améliorer. Etudions ce que nous ne savons pas et que la Torah nous a pourtant transmis.



Plan
  Commençons par la haftara
  • Thèmes et sens général de la paracha
  • Le 4e livre de la Torah. 
  • Nombre de lettres, nombre de personnes
  • La délicatesse
  • La nature du peuple juif 
  • L'organisation de la sainteté
  • La géographie urbaine de la sainteté dans le désert
  • Le plan urbain de la sainteté
  • Les drapeaux
  • Le sens de l'étendard au nom divin : exhibition de la proximité et de l'amour assurés
  • Et la femme ?
  • Etapes de l'étude
  • La marche, la sainteté mobile
  • Lire
  • Coutumes
  • Un test de notre volonté d'unité
  • Etapes de l'étude
  • Bilan
  • Tableau des lettres dans la Torah

  • Disposition du camp dans le désert

    Combien de fois Jérusalem dans la Bible  ?

    Audition de la paracha (askénaze. Ort)

    Audition de la paracha (sépharade. Alliance)
     
    Le plan urbain actuel :
    1) le Temple aujourd'hui
    et les dernieres recherches scientifiques sur le Temple
    2) Jérusalem
    3) La terre d'Israël

    L'écriture juive et la monnaie juive manifestent la constitution juive de la sainteté dans l'Etat, Jérusalem et les échanges sociaux d'argent (lien ici).

    Les personnes :
    Respecter, connaître et aimer les Juifs très différents :
    cette semaine les Juifs originaires d'Ethiopie

    Le sens des noms des Juifs différents

    Les visages différents de nos maîtres

    Les différentes communautés (notre annuaire)

    Les différents israéliens (notre annuaire)
     

    (Petite note préalable. Des lecteurs peuvent être surpris par le français inhabituel de certaines traductions des versets.
    Ces traductions sont littérales car l'important est le texte de la Torah et la traduction n'est qu'une aide pour ne pas faire d'erreurs sur le sens de l'hébreu. Elle n'est pas un beau texte à la place de l'hébreu.
    De plus, souvent la traduction connue de tous est influencée par la théologie chrétienne, il importe alors de bien traduire le mot de la Torah sans  s'écarter, même si le lecteur est surpris car il a intégré à son insu une autre idéologie.
    Un exemple important dans la paracha ; la traduction habituelle est  : tu aimeras ton prochain (réâkha) comme toi-même. Dans le sens habituel et des traductions inexactes, cela signifie : tu aimeras tous ceux qui sont autour de toi. On sait très bien que cette soi-disant conception de la religion d'amour universel n'a été que l'instrument conquérant séducteur au prix de tant de massacres et bûchers et silence complice pendant les exterminations. Le judaïsme n'accepte pas ces principes généraux qui dispensent de la vérité précise immédiate.
    Cela car, la parole de D.ieu révélée que l'on ne peut pas travestir est dite ainsi :
    véahavta léréâkha kamokha"
    "tu aimeras ton proche comme toi-même",
    car réâ  est l'équivalent de yédida ou 'havéra, compagnon ou ami, donc "proche"
    et non pas toute autre personne autour de soi).

    Dans la paracha précédente, Hachém dit à son peuple : « ki li haarets, car la terre (d’Israel) est à moi ». Il s’agit d’abord donc de la terre qui est promise. Pour ce motif, il est indiqué dans tout le livre de Vayiqra, comme nous l’avons vu, qu’on doit en faire uniquement un usage saint.
    Alors,  qu’elle est la fonction de ce passage par le désert ?
    Il y a deux motifs qui se relient à ce que nous venons de voir dans les parachiyotes précédentes :
    -    le peuple doit être coupé des puissances autres que Hachém
    - le passage par le désert est une mise en face à face unique avec Hachém et un nettoyage interne des modèles des nations que nous avons intégrés.
    Il n’est pas d’autre peuple qui se soit ainsi constitué; les autres émergent de guerres, de conquêtes, ils s’organisent ensuite et établissent leurs lois. Ce peuple d’Israël émerge de l’intervention répétée de Hachém et sa constitution lui est donnée par la Révélation, elle est divine et morale et non politique, ni le fruit de luttes politiques. L’emplacement précis de la terre de sainteté est révélé par D.ieu comme étant le lieu précis où Il réside. Et, en fonction de tout cela, la paracha Bémidbar peut nous décrire l’organisation sociale qui sera cohérente avec cette nature très spéciale des choses.

    Pour mieux le comprendre, avant de l’exposer en détail, faisons un détour par la haftara de cette paracha Bémidbar.

    Nous savons déjà, par les autres études de haftarotes (lien ici), que leur fonction est de faire comprendre le message de la Torah dans les dimensions de l’actualité et de la réalité sociale et individuelle. C’est une explication dans l’insertion actuelle. Nous allons donc retrouver ces thèmes précédents mais avec une note que nous pourrions dire historique et non plus seulement spirituelle : le prophète reprend exactement le message de la paracha mais il le rend inévitable puisqu’il le déchiffre clairement.


    La haftara de Bémidbar

    1e point : assurance

    Elle se trouve dans le Livre du prophète Ochéa, Osée, au chapitre 2, versets 1 à 2. Commentons-le.
    «Un jour (véhaya), le nombre des fils d’Israël sera comme le sable de la mer qui ne se peut dire ni compter. Un jour, au lieu qu'Il leur dit : vous n’êtes pas Mon peuple, il leur sera dit : fils du D.ieu Vivant ».

    Notre paracha va effectivement décompter les fils d’Israël avec de nombreux chiffres. Et dans le passage précédent il venait d’être dit par colère : "vous n’êtes pas Mon peuple". Donc, tout de suite, les vraies choses sont indiquées : les fils d’Israël sont très décevants pour Hachém et Il essaye de les secouer en les repoussant mais, comme des parents qui grondent, Il assure les enfants qu’ils resteront toujours les enfants aimés par un D.ieu éternellement fidèle. C’est le sens de l’expression "El ‘haï, D.ieu vivant".

    2e point : l’unité.
    « Ils seront rassemblés, les enfants de Yéhouda et les enfants d’Israël en une unité,
    et on mettra sur eux un chef,
    et ils monteront de leur terre (où ils sont),
    car c’est un grand jour, celui de Yizrêél ».
    Nous avions vu quelles sont les originalités du peuple d’Israël, différemment des autres dans leur constitution.

    Maintenant, pour que l’on ne voie pas seulement l’aspect « office de statistiques du recensement », il nous est dit ce qui caractérise le génie de ce peuple. Non pas « liberté, égalité, fraternité » (ou d'autres concepts suivant les peuples) mais «diversité qui est réunie en une unité, prescription de sortir de l’exil et de monter vers la terre d’Israël, vie du peuple comme semence et moisson venant de D.ieu , Yizrêél». Et, à partir de là, chacun devra regarder et nommer son frère comme s’il lui disait : âmi, mon peuple, et chacune de ses sœurs, comme s’il lui disait : rou’hama, aimée de miséricorde.

    Nous sommes ici dans les prescriptions de base, les lois fondamentales ou constitutionnelles. Imprescriptibles. Nous apprenons de là que, si chacun a sa définition de ce qu’est le judaïsme et de ses différentes appartenances,

    -   nous apprenons que le respect des particularismes et de l’unité sont des valeurs a réaliser concrètement. C’est bien pour cela que, sur Modia, nous avons placé comme une obligation essentielle de connaître et d’aimer les différentes communautés. Le devoir d’unité est impératif ; trop souvent, des communautés restent entre elles en cercle fermé et n’ont pas le souci de construire d’urgence l’ensemble de l’unité du peuple. Certes, le Sanhédrine n’est pas reconstitué mais il faut viser d’urgence une unité des Conseils de Sages.

    - nous apprenons que la sortie des Juifs du pays où ils sont et leur montée vers la terre de Hachém qu’est la surface d’Israël est un impératif premier et non négociable dans le parcours d’une vie individuelle ou d’une collectivité . Quelle tristesse quand on entend des Juifs ou des collectivités juives chercher uniquement les critères de tranquillité ou de confort de vie pour choisir le pays où aller quand ils sont soumis à quelque antisémitisme ; c’est avoir perdu la boussole essentielle qui est la parole de D.ieu nous ayant dit la direction à prendre alors. Car il n’est qu’un seul lieu au monde où cela peut être vraiment vécu comme le dit la Torah dans cette union de Hachém et de son peuple et dans l’union des frères et soeurs ensemble, comme le dit notre haftara: Sa terre.

    Il n’est pas surprenant que la suite de la haftara dise immédiatement à ceux qui ne le font pas :
    « rivou véimmékhém rivou, mettez-vous en querelle contre votre mère car elle n’est plus Mon épouse et Je ne suis plus son mari ».

    Le texte continue et l’accuse de prostitution. Pourquoi ? C’est tout le thème qui est développé dans les pages 110b et 111a du Traité Kétouvote du Talmud :
    «Léôlam yadour adam bé érets Yisrael (que toujours l’homme vive sur la terre d’Israël)
    afilou béîr ché rouba ôvdé kokhavim ( même dans une ville dont la majorité de ses habitants sont des idolâtres)
    vé al yadour bé ‘houts la aréts (et qu’il n’habite pas hors de la terre d’Israël)
    vé afilou bé îr ché rouba Yisrael (même si dans cette ville la plupart des habitants sont des Juifs)
    ché kol ha dar bé érets Yisrael (car toute personne qui habite sur la terre d’Israël)
    domé ké mi ché yéch lo Eloqa (est semblable à celui qui a Eloqa D.ieu),
    vé kol ha dar bé ‘houtsa la arets (et toute personne qui habite hors de la terre d’Israël)
    domé ké mi ché éin lo Eloqa (est comme celui qui n’a pas de Eloqa D.ieu),
    ché néémar : latét lakhém éte érets Kénaâne liyote lakhém léEloqim (car il est dit : vous donner à vous la terre de Canaan pour être pour vous Eloqim. ».

    Et le texte continue sur ce style. « rivou véimmékhém rivou, mettez-vous en querelle contre vos mères,  qui ont la charge de vous donner la vie et la nourriture, (on dirait aujourd’hui, contre ceux de vos rabbins) s’ils ne vous disent pas ce message du prophète qui enseigne la Torah. A fortiori s’il vous emmènent, par exemple de France au Canada ou en Australie au lieu de vous guider vers la terre de Celui qui nous la donne, la montre comme lieu de Sa résidence, et qui dit tout cela. Sinon, pourquoi aller entendre cette paracha et cette haftara à la synagogue ? Imagine-t'on Moché Rabbénou ou son disciple Yéhoshua, finalement, abandonner la direction de la terre d'Israël en raison de tous les ennemis et conseiller à sa communauté d'aller en Perse ou en Assyrie ?

    On comprend maintenant ce que veut dire, dans la haftara, "être idolâtres", c’est choisir d’abord le génie de ces autres nations avant de choisir d’être le peuple de la Torah et de ne pas aller où D.ieu le dit mais aller où, comme pour tous les peuples chez eux, il y a les conditions qui permettent à un peuple de vivre, de s’organiser.

    Continuons la haftara qui est forte et sans nuances : « …je ne serai plus son mari à moins quelle ne fasse disparaître la prostitution de son visage et l’adultère d’entre ses seins ».

    Et nous arrivons maintenant au thème du désert qui est celui de la paracha, et qui va nous faire comprendre pourquoi il fallait passer par le désert en sortant de l’Egypte. « Sinon, je la rendrai semblable à un désert comme une terre désolée et la ferai périr de soif ». C’est l’état réel d’un peuple sans Torah, sans orientation vers la terre d’Israël pour aller y vivre avec Son D.ieu. Et pour retrouver cet état de face à face suffisant, les prophètes refusent sans cesse les alliances avec les autres peuples puissants quand Israël veut se sortir de l’angoisse en ne misant plus sur la force du C.iel mais sur celle de ces peuples.  

    D.ieu dit alors  : « je vais bâtir une clôture entre tes amants et vous pour que tu ne retrouves plus leurs sentiers » . C’est la fonction du rejet des peuples et des persécutions que de faire comprendre au peuple de D.ieu qu’il a à vivre ailleurs que là -bas, comme une femme qui se prostituerait avec d’autres hommes au lieu d’être avec son mari. Que l’on aime ou non ces mots, ce sont exactement ceux de la Torah dits par les prophètes, et non pas dits par nous ni par des émissaires de l’Etat d’Israël. Lisez donc ce texte du prophète Osée qui sera chanté à la synagogue ce chabbate.

    Et D.ieu dit qu'Il continuera à agir ainsi "chaque fois que cette femme qui se prostitue court retrouver ses amants mais elle ne les atteindra pas… et alors elle dira : je vais retourner chez mon premier mari et j’étais plus heureuse en ce temps-là que maintenant".

    Puis le texte reprend plusieurs fois chacune de ces phases, ce qui nous montre que les Juifs retomberont sans cesse dans ce comportement avec l’espoir de pouvoir éviter de vivre selon la Torah, pour vivre hors de la terre d’Israël, nous le voyons bien. Même le don de la terre après la Choa ou après la Guerre des 6 jours, ni même la libération miraculeuse de Jérusalem ou de Hévrone n’ont encore convaincu la majorité des Juifs d’être chez eux, chez Lui.

    Puis, le texte se termine par un chant poignant d’amour de D.ieu pour Son peuple : « Pourtant, je voudrais à nouveau la séduire. Je m’en vais donc l’emmener dans le désert et commencer à parler à son coeur… tu m’appelleras mon mari… J’aurai extirpé les noms des idoles de ta bouche (cette obsession des Juifs de ressembler aux autres en une caricature qui serait plus ceci ou cela… que les autres ne le sont eux-mêmes) ».

    L’avenir serait tellement bon si le peuple voulait bien écouter et entendre cette Torah. Et la paix régnerait alors, et seulement alors, entre les peuples et les Juifs; et les peuples ennemis quitteraient la terre d’Israël avec leurs armes :

    « Je briserai dans le pays… tous instruments de guerre et Je ferai demeurer ses habitants en sécurité. Je te fiancerai à moi pour toujours, Je te fiancerai à moi par la bonté et la justice, et Je te fiancerai à moi par la confiance et tu connaîtras d’union Hachém ».

    C’est ce texte du prophète Ochéa, Osée, que nous disons chaque matin en terminant de mettre les téfillines (lien ici) ; il devrait donc nous rappeler où vivre et comment vivre, en nous souvenant de ces images de fidélité ou de prostitution, de guerre ou de paix et bonheur. Grâce à D.ieu, nous pouvons le dire, nous venons de quitter pendant ces instants d’étude de cette Torah, les regards uniquement formés par les médias et par les luttes politiques.

    Cela étant bien compris, nous pouvons entrer dans la paracha et la comprendre.

    Et nous pouvons rêver sur Israël, ce qu’elle serait ou sera quand les Juifs viendront y vivre, quand on y vivra  officiellement selon la Torah, quand nos hommes politiques chercheront le bonheur du peuple dans cette Torah et non dans les luttes des partis politiques ni dans les alliances avec les puissances intéressées, hors de la Torah. On comprend aussi le rôle actif que devraient avoir tous les rabbins pour rappeler ces dynamiques si importantes pour le bonheur du peuple dont une grande majorité ne hait pas la Torah mais l'ignore par manque d'éducation.,

    Alors. Nos enfants iraient moins chercher des espoirs aux Indes, aux USA ou en Thaïlande. Dans la paracha précédente, Hachém dit à son peuple : « ki li haarets, car la terre (d’Israel) est à moi ».


    Thèmes et sens général de la paracha

    Nous entrons dans le 4e livre de la Torah. 
    Plus de la moitié du chemin est fait. 
    Combien de lettres avons-nous lues et étudiées ? Voici le compte précis :

    Nombre de lettres, mots... dans chacun des livres de la Torah.
     
     

    LETTRES MOTS VERSETS SECTIONS


      Lettres Mots Versets Sections
    Torah  304 805 79 847 5 845 187
    Beréchite  78064 20 512  1 534 50
    Chemote  63 529 16 723 1 209 40
    Vayiqra 44 790 11 950 859 27
    Bamidbar  63 530  16 368  1 288 36
    Devarim 54 892 14 294 955 34

     

    Nous avons donc déjà étudié 116383 lettres, et 49185 mots de la Torah et 3602 versets et nous arrivons à la 116.384e lettre de la Torah. Le compte est-il exact ?
    Pourquoi dire cela ?
    Parce que chaque lettre de la Torah est chargée d'une vie particulière qui se manifeste et transmet la vie du monde que nous ne voyons pas, qui nous a été révélée au Sinaï et qui meut ce monde-ci. Evaluons notre avancée.
    De plus, chaque lettre est reliée à ce que l'on nomme des néchamotes, des forces particulières du peuple juif, des âmes vivantes. Chacun dans le peuple exprime davantage l'une ou l'autre de ces richesses (lettre de la Torah, mot, verset...). 
    Respecter et aimer chacune de ces lettres et la comprendre, c'est la même chose que comprendre, respecter et aimer en sa diversité chaque membre du peuple.
    C'est pour cela que que nous plaçons sur le site le sens de chacun des noms des Juifs (lien ici) car ils représentent ainsi véritablement leur réalité telle que chacun d'eux la ressentait ou la ressent. Les connaître, c'est les aimer, comme nous devons connaître et aimer le sens de chaque lettre de la Torah.
    De même, connaître les maîtres de chaque communauté ( lien ici) sans exclusive. Cela est tellement important que Baba Salé, le célèbre Sage du Maroc, a quitté définitivement une ville d'Israël où il venait de s'installer simplement parce qu'il avait entendu un grand rabbin de cette ville faire la louange du Gaone de Vilna et dire quelques mots moins positifs envers un autre Sage de l'époque. Il alla s'installer avec toute sa famille dans le pauvre village de Nétivote.
    La prescription en est donnée et redite chaque matin au début de la prière :
    "haréni méqqabel âlaï mitsvate âssé 
    Voici, je prends sur moi d'accepter la mitsva positive 
    chél véahavta léréâkha kamokha
    tu aimeras ton proche comme toi-même,
    véharéni ohév éte kol é'had mibéné Yisrael ké nafchi ouméodi...
    et voici j'aime tout un chacun des fils d'Israel en tant que mon être et mes biens"...
    Ribbi Yaâqov Abou'hatséra l'exprime de jolie manière : l'essentiel de ce compte est d'éveiller (léôrer) ainsi tout un chacun dans le peuple d'Israël pour qu'ils ne se relâchent pas dans l'étude de la Torah, car s'il manque une lettre de la Torah, tout le rouleau n'est plus valable et donc s'il manque un seul des frères, nous avons échoué dans toute la Torah. 
    "réalisez que vous ne devez manquer à aucune des lettres de la Torah" ! On comprend qu'il faut donc sortir de la routine des gens qui vont à leur synagogue, et qui connaissent beaucoup de la Torah mais ne la transmettent à personne, alors que tant d'autres Juifs n'ont pas révélé leur lettre de la Torah. On a le devoir d'enseigner. Modia, faire savoir.Tant que d'autres ne connaisent pas ce que je connais de la Torah.

    Pour cette délicatesse fraternelle nécessaire, et pour ce bonheur de l'amour, cette paracha est nommée Chabbate Kalla (fiancée) et Chabbate Dérékh Eréts (comportement sociable bon). Nous comprenons mieux comprendre.

    Le livre Bémidbar est appelé  'Houmache Peqoudim, "livre de ceux qui ont été comptés".
    On dit de quelqu'un que l'on apprécie : qu'il "compte" pour moi. Et le livre commence par le recensement et dénombrement des enfants d'Israël et leur compte suivant les différentes catégories (hormis les Lévi).
    Cette question du compte semble si importante qu'il n'y a aucune mitsva dans cette paracha.

    Nos Sages disent que le but de ce dénombrement est de s'assurer ainsi que la présence divine (la Chékhina) bénéficiera toujours de sa résidence dans le peuple juif par chacune de ses composantes.
    Ce peuple est le campement de cette Présence divine, dans son unité et dans ses diversités. C'est cela qui donne le sens de sa vie sociale et de son  histoire.
    Toutes les autres dimensions sont des conséquences de celle-là. Elles ne sont pas l'essentiel. Les autres dimensions peuvent fluctuer, suivant les périodes, suivant les idéologies et les systèmes politiques qui se succèdent dans l'histoire ; aujourd'hui, il y a une certaine conception de l'Etat, des droits des citoyens et des peuples, tout cela est très important comme il l'a été à chaque époque, autrement, mais c'est contingent ; et ce n'est pas le coeur ni la nature profonde du peuple Juif.

    La nature du peuple juif 
    Elle est 
    - cette Présence, 
    - le lien de chacun à cette Présence en la particularité qu'il a, 
    - le rôle qu'il doit jouer à partir de là, ce que l'on appelle, la kéhouna, la fonction, le service et la mission, méssima : "être cohanim dans la Création et pour les peuples".
    Ceux qui symbolisent cette fonction dans le peuple lui-même, ceux qui incitent à vivre cette fonction sont les Cohen et les Lévi.
    La société juive est donc révélée par ses fonctions comme étant reliée à la Présence de la Chékhina et de la qéddoucha (présence divine et sainteté).

    Les actes fondateurs d'un peuple le marquent pour toujours, surtout quand les peuples ont la mémoire aussi vive que nous de ce qu'est l'être juif. Alors, il est clair que ceux qui veulent rebâtir un Etat d'Israël qui ne se brancherait pas sur la conscience qu'en a toujours eu le peuple depuis l'acte fondateur du Sinaï et depuis le texte fondateur reçu, auront les plus grandes difficultés à gérer ces dimensions présentes dans la conscience collective, et même des bonnes relations aux autres peuples ; on vascillerait alors toujours entre le mimétisme, l'agressivité ou le renoncement à soi-même.

    C'est l'un des paramètres qui fragilise actuellement Israël face à la montée de l'identité arabe, et les ennemis en sont bien conscients, eux : la fragilité d'Israël est son manque d'assurance dans son identité symbolisée par la terre d'Israël, par Jérusalem et par le Mont du Temple. Ce sont les 3 pas en avant que nous faisons en commençant la prière dite âmida.
    Prendre les seuls critères politiques fondateurs... des autres nations pour en faire le juge et la valeur constitutionnelle des Juifs sera donc inadapté face à une société dont la régulation principale est celle de la sainteté et de la purification d'où découle la morale. Vouloir ignorer cette réalité, en la traitant de "mystique" (alors que toute politique ou tout laïcisme est une mystique, un idéal, une volonté éducative) est s'engager dans une voie sans issue : aucun peuple n'obéit aux idéologues étrangers qui lui demandent de renoncer à soi-même.
    Bien plus, les adversaires d'Israël, instruits par les phases premières du sionisme, eux utilisent à juste titre à leur tour comme arme première leur identité, leur amour de la terre et de Jérusalem,
    alors que nos chefs invoquent trop uniquement la force de nos armes.
    Aujourd'hui, sur les ondes, Yossef Tommy Lapid, le ministre de la Justice d'Israël déclare: "il faut quand même réfléchir à quel désastre cela aurait été si nous avions pris une décision concernant la terre d'Israël contraire à la volonté des Etats-Unis, de l'Europe et de la Russie et dans quelle situation économique cela nous aurait plongé!". Et cela, alors que tout peuple, à juste titre, est capable de rester sourd à toute condamnation internationale quand cela nuit à son intére^t. Tous sauf nous. Car nous avons deux millénaires d'esclavage. Mais aussi car nous ne sommes pas encore vraiment sortis d'Egypte malgré le passage dans le désert (car le Ciel nous connaissait bien).
    Et le roi David parle de la "vieillesse" et y demande l'aide du Ciel dans les psaumes 69 à 71 et les commentateurs disent qu'il s'agit de l'engourdissement des Juifs dans la diaspora qui enlève la vigueur de l'identité propre qu'ont tous les peuples.

    Un jour, espérons-le, nos morts et nos erreurs ne seront plus inutiles s'ils ont servi à nous défendre par les forces de notre sainte identité. Ils ont été victimes aussi de nous. Les ennemis aussi, nous l'auront rappelé. Mais le prix est trop élevé, et nous pourrrions le réduire.
    Le compromis insolite de formulation inscrit dans la déclaration d'indépendance de l'état d'Israël montre tout ce débat interne aux Juifs   quand il y est dit que l'Etat sera à la fois "juif et démocratique". Chacun peut y trouver ce qu'il veut mais l'assemblage surréaliste est sujet à l'étonnement, à la recherche, aux conflits, aux compromis. Rien n'est perdu, mais rien n'est explicité. Tout est ouvert sur la fraternité, la fidélité, la créativité. Le tout est bloqué en une contradiction insoluble. Patience car nous revenons de si loin dans l'exil, l'assimilation au regard des autres, et l'inconscience d'être ailleurs que chez soi quand le pays est en péril réel.
    Le Tour nous apporte un éclairage moral important qui devrait nous aider : il commence son 1er commentaire sur Bémidbar en disant : cette paracha est mise à proximité des mots "voici les mitsvotes, éllé hamitsvote", cela est pour nous dire que si un homme ne se considère pas lui-même comme un désert, il ne pourra pas acquérir ni la Torah ni les mitsvotes. Nous devons donc faire un effort colossal de dégagement de tous nos préjugés et possessions pour entrer dans ces débats sociaux que la paracha ouvre.

    Nous ne faisons ici qu'apporter les pièces du dossier, soumis à notre réflexion. Etudions donc nos sources.

    Le livre de Vayiqra semblait traiter davantage de la reconstruction de l'être de l'homme individuel, dans sa spiritualité. Les Sages ont même pris une image qui y correspond quand ils disent que le nombre de versets de Vayiqra est symbolisé par la guématria du mot "nataf" (parfum) qui fait en hébreu 859, comme le nombre de versets de Vayiqra.
    Par contre, la paracha Bémidbar explique la dimension sociale spécifique de ce peuple, et montre comment chacun y a sa place particulière, dans une société qui a cette fonction globale.
    Il n'est pas possible de séparer les deux premières parachiyotes Bémidbar et Nasso qui abordent ce même thème, la seconde abordant des questions de pureté parmi le peuple qui devra quitter le camp quand il ne sera plus en état de pureté.
     

    L'organisation de la sainteté

    Commençons par l’extériorité la plus formelle avant de nous orienter vers l’intériorité. 

    Nous venons de voir le sens du premier chapitre qui parle du recensement de toute la communauté des fils d’Israël par clan familial hormis les Lévi. 
    Le second chapitre décrit le rangement de chaque clan familial autour de la tente de la Rencontre, le ohél moêd
    Le troisième chapitre se centre sur les descendants de Moché et Aharone, le dénombrement de Lévi, celui des premiers nés et leur lien aux Lévi. 
    Le quatrième chapitre décrit le dénombrement des enfants de Qéhate et leurs tâches.

    L'organisation de la sainteté fonctionnelle, dans la vie sociale, y est enseignée sous deux formes :
    - une forme statique qui parle des quartiers où devra habiter chaque catégorie de membres du peuple, à la fois selon une appartenance familiale et une place dans le service de sainteté, nous parlerions aujourd'hui de "géographie urbaine de la sainteté".
    - une forme dynamique quand le peuple sera tout entier en déplacement et devra adopter un certain ordre pour cela. Sa trajectoire sera alors celle de "la marche vers Jérusalem".
     

    La géographie urbaine de la sainteté dans le désert

    Le Chla fait remarquer que le peuple est organisé selon une structure reposant sur les nombres 3 et de 4. Il va de soi que cette mathématique est porteuse de sens. On est dans une paracha qui "compte" et, toute la tradition dit que le peuple juif porte un texte dont le sens doit être compris par le triple sens de la racine sfr qui veut dire à la fois, lettre séfér, compte séfar, et récit sippour.

    Le Chla montre alors que cette structure en 3 ou 4 est parallèle à ce qu'est la structure de Jérusalem ; l'ensemble du ma'hané hachékhina (campement de la présence divine) se répartit comme ceci, dans une sainteté décroissante :
    1. le camp (ma'hané) de la chékhina, au centre du camp, où vont seulement les Cohanim pour leur tâche (âvoda), comme le Temple à Jérusalem,
    2. puis le ma'hané des Léviim ; ils habitent et exercent leurs fonctions de chant et de musique pendant les sacrifices, comme au Mont du Temple à Jérusalem,
    3. enfin le ma'hané d'Israël dans lequel il y a 4 armées composées chacune de 3 tribus sous leur drapeau respectif, comme le reste de la ville de Jérusalem avec les quatre côtés de sa muraille. Ils viendront ainsi de toute la surface de la terre d'Israël apporter leurs sacrifices. Le Traité Taânite du Talmud décrit cela au chapitre 27.

    De même, le ma'hané central de la sainteté a trois zones :
    - celle du qoddéche haqqoddachim, le Saint des Saints, où seul le Cohen haggadol (Grand Prêtre) peut entrer et seulement le jour de Kippour,
    - le héikhal, le palais qui contient l'autel d'or, la table et la ménora (chandelier) ; c'est là que les cohen exercent leurs activités chaque jour, et au rythme des fêtes,
    - la zone du peuple.

    Des commentaires élevés et complexes, qui n'ont pas place ici au premier niveau collectif, donnent le sens de cette structure en 3 et 4, que l'on peut apprendre auprès de ceux qui enseignent.
    On y trouvera, en particulier, le sens des deux lettres chine (un chine à 3 branches et un chine à 4 branches) sur les téfillines de la tête ou les 4 phases dans la prière du matin. Les commentaires les plus simples transmettent sa source dans le mot composé de deux lettres chine dans le verset de Chémote 28, 39.
     

    Le plan urbain de la sainteté
    1. Les zones concentriques de l'intensité de la qéddoucha (sainteté) :


    Zone 3 - autour de la zone 2 , les 12 tribus d'Israël ainsi disposées
    Zone 2 - autour du centre : à l'Est, Moché, Aharone et ses fils ; les lévi sur les autres côtés.
    Zone 1 - au centre : le sanctuaire, le michkane

    Zone 2 - autour du centre : à l'Est, Moché, Aharone et ses fils ; les lévi sur les autres côtés.

    Zone 3 - autour de la zone 2 , les 12 tribus d'Israël ainsi disposées

    Zone 1 - au centre : le sanctuaire, le michkane.
    Zone 2 - autour du centre : à l'Est, Moché, Aharone et ses fils ; les lévi sur les autres côtés.
    Zone 3 - autour de la zone 2 , les 12 tribus d'Israël.

    2. Dans la zone du pourtour, les tribus étaient ainsi disposées :
    - à l'Est, 186400 hommes et leurs familles, de la tribu de Yéhouda (74600 et Nakhchone), Zévoulone qui voyagera et fera le commerce, et Yissakhar qui étudie,
    - au Nord, 157600 hommes et leurs familles, la tribu de Dane (qui donnera des Juges et Samson), accompagné de la tribu de Nephtali (la gazelle et la diplomatie), et la tribu de Achér célèbre pour la beauté de ses femmes.
    - à l'Ouest, 108100 hommes et leurs familles, la puissance de guerre, Ephraïm, Biniamine et Ménaché.
    - au Sud, 151450 hommes et leurs familles, le camp de la morale, de la téchouva et des bénédictions, avec la tribu de Réouvéne, celle de Gad et de Chimeône.
     
     

    NORD

    bétail
    DRAPEAU
    TRIBU DE ACHÉR
    41500
    DRAPEAU
    TRIBU DE DANE
    62700
    DRAPEAU
    TRIBU DE NAFTALI
    53400
    157600
    bétail
    DRAPEAU
    TRIBU DE
    BINYAMINE
    35400
    DRAPEAU
    TRIBU DE
    ÉPHRAÏM
    40500
    DRAPEAU
    TRIBU DE
    MÉNACHÉ
    32200
    108100
    Zone 2
    Les fils de Mérari
    6200
    Zone 2
    Les fils de
    Guerchone
    7500
    ZONE 1
    MICHKANE
    Zone 2
    Moché
    Aharone
    et ses fils
    Zone 2
    Les fils de Qéhate
    8600
    Total des Lévi : 22300
    DRAPEAU
    TRIBU DE YISSAKHAR
    54400
    DRAPEAU
    TRIBU DE YÉHOUDA
    74600
    DRAPEAU
    TRIBU DE ZÉVOULONE
    57400
    186400
    bétail
    DRAPEAU
    TRIBU DE GAD
    45650
    DRAPEAU
    TRIBU DE RÉOUVÉNE
    46500
    DRAPEAU
    TRIBU DE CHIMEÔNE
    59300
    151450
    bétail
    Total de toutes les tribus d'Israel : 603550


    Nous constatons donc que tout est réparti selon deux structures : le 3 et le 4.
    Le Chla analyse ce fait, spécialement sur la base du Tsiyoni. Cela réfère aux lettres du Nom de D.ieu dont Israël est l'expression et le porteur du message. Ce nom a 4 lettres (youd, qé, vav, qé) mais en fait il n'y en n'a que 3 car la lettre ou est doublée. Les dynamiques de vie de ces lettres sont ainsi manifestées.
    Cette structure en 3 du camp est celle que l'on retrouve dans le Temple de Jérusalem et dans l'autorisation de se rendre dans telle ou telle zone suivant la participation que l'on a aux fonctions de pureté et de sainteté : le parvis du peuple d'Israël, puis, la zone des Lévi qui assurent le chant et la musique et la zone des Cohen avec la zone du Saint des Saints réservée au Grand Prêtre, le Cohen Gadol.

    Cette structure n'est pas celle de classes sociales car elles réfèrent aux 3 niveaux de chaque être humain :
    le néféche ou identité, le roua'h ou esprit, la néchama ou âme. Par exemple, le mot néféche se trouve en Béréchite 46, 27 quand Yaâqov et sa famille partent à 70 néféche ou personnes en Egypte.
    Le judaïsme ne fait pas un mélange de tout sous prétexte d'égalité mais il distingue et nous transmet une pédagogie pour faire passer toute activité spontanée à un niveau plus grand de sainteté et de proximité avec le Créateur. C'est ce que l'on appelle qorbane (rapprochement) qui est mal traduit par le mot de sacrifice.

    Le passage d'élévation est aussi manifesté par la dîme : chaque Israël rapproche de D.ieu 10 % de ses biens en les remettant aux Lévi qui eux-mêmes en remettent 10 % au Cohen. Ce dernier réfère donc au niveau 1 qui est celui de la proximité avec D.ieu.
    Qui a compris ces principes et ces vocabulaires peut comprendre le texte de la Torah et la vie du Juif, la nécessité de ces pratiques d'élévation, le dispositif du sanctuaire qui est présence et  pédagogie ; le livre du Lévitique ne parait plus alors comme un catalogue incompréhensible.
    Le 3 réfère aussi aux trois patriarches et, quand on parvient à la plénitude du 4 (avec David qui a tout préparé pour la construction du Temple), on parle d'une structure qui véhicule bien la sainteté ; un véhicule se dit merkava, ou char en hébreu. C'est un terme constant dans l'expression de ce qui véhicule la sainteté. Les 4 roues de ce char de la sainteté, si l'on peut dire, sont Avraham, Yits'haq, Yaâqov et David.

    Cette structure du 4 est aussi nommée 4 mondes de sainteté accrue, et la prière du matin est bâtie selon quatre étapes en ce sens.
    La disposition en carré du Temple y réfère également et chaque côté a ses particularités. Cela se traduit par la disposition des objets dans le Temple où ce qui est plus matériel est au Nord et ce qui est plus spirituel est au Sud. Et l'important est de bien faire circuler la sainteté jusque dans la vie concrète (le judaïsme n'est pas une spiritualité ni un nirvana); cela se traduira par tous les parcours qui sont demandés au Cohen du Nord au Sud du Temple et autour des 4 coins de l'autel.

    Celui qui a bien étudié cela trouve un rappel de ce qui se passait ainsi dans le Temple par plusieurs caractéristiques dans sa propre maison qui est un "petit sanctuaire" miqdache qatane (disposition des 'halotes sur la table, disposition du lit, etc). Le tout uniquement comme orientation vers la sainteté.

    L'orientation-sens des drapeaux
    Nous comprenons donc qu'il ne s'agit pas d'une architecture statique mais d'une vie informée pas la conscience de ce qui se passe, par les intentions du coeur, par l'interdépendance entre les êtres et entre la matière et le spirituel. Celui qui est artisan ou artiste ou architecte d'intérieur, ou celui qui prépare un repas ou un cadeau pour ceux qu'il aime, comprend le sérieux du geste et de l'objet ainsi investi en vérité.

    Les drapeaux. Les symboles.
    Prenons en raccourci le cas des drapeaux (Bémidbar 3,2) mais nous pourrions aussi parler de tous les sacrifices (7, 12) ou des couleurs (Chémote 28, 17) ou des nombres (Béréchite 35, 22 et 46, 27), etc.
    On trouvera dans la bénédiction de Yaâqov ou de Moché les symboles et la psychologie de groupe des tribus d'après le symbole qui leur est donné (Béréchite ch. 4 et Dévarim ch. 33).
    Chaque tribu portait une combinaison particulière des 4 lettres du nom de D.ieu (on appelle tsérouf) que, bien entendu je ne peux pas reproduire ici par respect. Mais on le trouve décrit dans Chaâré Ora du Rav Guiqatilia, ch 5. La vertu dynamique de cette combinaison, correspondant à la typologie de la tribu, est en référence avec des versets précis qui la comportent également et avec celle de l'un des 12 mois de l'année ; il y a donc un zodiaque juif dont l'importance est très grande et que les magiciens de Pharaon essayaient de dévoiler pour agir contre le peuple et contre Moché. Mais je n'entrerai pas dans ces détails dans un enseignement collectif, celui qui veut en savoir davantage peut étudier auprès d'un rabbin.

    Le sens de l'étendard au nom divin : exhibition de la proximité et de l'amour assurés.
    Le Chla indique qu'il y avait un drapeau pour 3 tribus et, donc, chaque drapeau portait les permutations du nom de D.ieu correspondant à ces 3 tribus.
    Cela exprime ce que dit le verset des psaumes 122, 4 :
    "C'est là que montent les tribus, les tribus de Y-a,
    ché cham âlou chévatim, chivté Y-A".
    Ce verset  éclaire ainsi la proximité étonnante entre D.ieu et Israël. C'est cette réalité qui est ainsi affichée et brandie, ce qui est le sens du mot étendard en hébreu.
    C'est plus que la proximité qui est ainsi exhibée, c'est aussi l'amour, ahava.
    En effet, sur Bémidbar 2, 2 le Middrache Rabba et le Middrache Tan'houma nous donnent les clefs ; d'abord celle de la proximité et de l'unité :
    - "Nous nous réjouirons dans Ton salut et dans le nom de notre D.ieu nous élèverons un drapeau" (Psaume 20, 6).
    Nérannéna bichouatékha ouvéchém éloqénou nidgol.

    Et l'amour :
    - "Le drapeau qu'il a étendu sur moi, c'est l'amour". (Chir haChirim, Cantique des Cantiques 2, 4).
    Védighlo âlaï ahava.
    Et, en cela, nous avons la certitude que Hachém a réalisé tous nos souhaits comme le disait ce même verset 20, 6 des psaumes : "Il accomplira tous tes désirs", yimalé Hachém kol-michalotékha.
    Quand nous débattons sans fin de ce qu'est l'identité juive et comment la doser par rapport aux autres identités auxquelles nous sommes assimilés, cet enseignement de la Torah nous répond :
    votre identité juive n'est pas seulement l'adhésion patriotique à l'Etat d'Israël et à son drapeau, c'est une identité d'union avec Hachém, de proximité nationale avec Lui et d'être revêtus de Son amour.
    Le Chla revient sans cesse sur ce point :
    les néchamotes (âmes) des Juifs ont leur racine dans une zone très proche de celle de D.ieu lui-même.

    Disons qu'il s'ensuit que 
    - nous devons avoir le même regard sur chaque Juif que celui que porte ainsi D.ieu Lui-même : les voir en ce lieu.
    - les situer dans leur altérité et dans leurs différences sans les retirer de ce lieu divin.
    - les situer dans cette position où ils sont couverts de l'amour de D.ieu qui leur donne la connaissance de Son être et de Son dessein (Sa Torah où tout est donné définititivement sans autre étape supplémentaire à venir).
    - tout ce qui est dit de meilleur envers l'homme est déjà donné et tient dans le nom de "bén" (fils) qui est donné à Israël. Mais à tout Israël, selon la complexité inscrite sur les drapeaux, et non pas à un seul qui serait "le" fils, erreur d'ignorants dans la transmission de la Torah.
    - cet amour doit s'exercer entre nous dans le respect (voyez nos réflexions sur la fraternité, lien ici )
    - cet amour de fraternité doit s'exercer dans la guémiloute 'hassadim (la bonté effective dans l'action), dans la tsédaqa chaque fois qu'un besoin est placé devant nous comme le précisent de nombeuses mitsvotes, et par le maâssér (don minimal du 10e de nos biens pour la communauté).

    Il faudrait aussi mettre ces drapeaux en correspondance avec les couleurs des 12 pierres du éphod du grand prêtre (Chémote 28, 15-20) ; elles avaient chacune 6 facettes, ce qui correspondait aux 72 combinaisons du Nom de D.ieu. Leurs noms sont :
    rubis, topaze, émeraude,
    escarboucle, saphir, diamant,
    opale, agate, améthyste,
    chrysolite, onyx, jaspe.

    Tout cela, le peuple le voyait, le comprenait et le savait ; on comprend la perte que représente la destruction du Temple et son occupation par d'autres nations. Une part énorme du peuple a perdu la conscience  et la connaissance de ce dispositif pédagogique vital. Nous avons été les victimes d'un lavage de cerveau culturel par le christianisme ambiant qui a tenu à dévaloriser tous ces rites pour justifier ses choix. Aujourd'hui même, des représentants officiels ont encore affirmé que si des Juifs s'avisent de prier sur le Mont du Temple, la riposte sera violente!
    Nous devons donc étudier davantage pour approfondir les sens multiples de tous ces outils pédagogiques afin de comprendre le sens de tout cela qui n'est pas seulement de la politique. Aveugles que ces nouveaux laïcs en politique internationale qui prétendent soumettrent les peuples à leur schéma intellectuel qui proscrit la religion du domaine public et politique pour le réduire à la vie privée. Ils décapitent les gens et les peuples de toute anthropologie concrète pour en faire une abstraction, comme les Inquisiteurs sauvaient l'âme des Juifs en les transmutant sur le bûcher.

    Des signes référaient également aux anges, à leur disposition, à des couleurs et aux noms des patriarches selon ce plan :
     
    Drapeau de la tribu de Dan qui est au centre de Achér et Naftali
    Drapeau de la tribu de Ephraïm qui est au centre de Binyamine et Ménaché
    Drapeau de la tribu de Réouvéne qui est au centre de Gad et Chimeône
    Drapeau de la tribu de Yéhouda qui est au centre de Yissakhar et Zévoulone
     
    Néchér, aigle

    (Dévarim 32, 11)

    Chor, boeuf,taureau
    ( Dévarim 33, 17)
    Adam

    (Béréchite 30, 14)

    Arié, lion

    (Béréchite 49, 9)

    Symbole sur le drapeau
    mém
    réich
    béit
    aléf
    Lettre du nom du patriarche Avraham sur le drapeau
    qouf
    'héit
    tsadé
    youd
    Lettre du nom du patriarche Yits'haq sur le drapeau
    béit
    qouf
     âyine
    youd
    Lettre du nom du patriarche Yaâqov sur le drapeau

    Donc, le drapeau de Yéhouda comportait le lion, le aléf et deux youd.

    Nous comprenons de là clairement que des significations étaient ainsi brandies comme des réalités importantes et comme média de pédagogie publique :
    - la structure de la réalité selon  un ensemble composé de 4 dynamiques,
    - la connaissance et le respect de la particularité spécifique de chacun,
    - une spécificité allant du plus concret et pulsionnel jusqu'au plus élevé et divin,
    - le fondement égal de chacun dans la participation aux trois patriarches,
    - la complémentarité absolue rendue par le fait que le nom de chaque patriarche diffuse sa vie également en chacun, mais encore avec une spécificité de chaque lettre différente,
    - le fait que l'être du peuple et de chacun est inséré dans les réalités invisibles et divines,
    Cette insertion complexe est celle de la famille, c'est aussi celle de la transmission.
    Il nous faut donc faire un effort pour ne pas plaquer sur la Torah les catégories politiques actuelles, qui n'accordent à la Torah une valeur que dans la mesure où on y retrouverait nos idéologies culturelles.
    Il faut, au contraire, faire de nous un désert vierge de ces idéologies contingentes actuelles et être disponible pour essayer de  découvrir ce qu'est en soi le système juif et ce qu'il nous enseigne.

    (Application : essayer de transposer ces valeurs dans notre vie juive actuelle. Le Ari zal commence ainsi son enseignement dans Péri Ets 'Hayim). Nous ne sommes pas dans l'ésotérisme ni dans des symbolismes transmis par des initiations comme dans la tradition maçonnique car il s'agit en tout cela d'une pédagogie la plus publique.
    Maintenant, nous comprenons ce que nous demande la Torah dès les premiers versets : vivre sous notre drapeau, dans nos maisons lébéit avotam, dans nos familles lémichpé'hotam.

    Et la femme ? 
    Maintenant, également,  ayant à de multiples occasions découvert sur Modia que tout enseignement de la Torah contient l'enseignement centré sur la femme pour ceux qui ont le coeur ouvert et vont au coeur de la Torah, voici : Ribbi Yaâqov Abou'hatséira ouvre ce niveau en démontrant longuement  que "dans la maison lébéit" réfère à Léa et Ra'hél , "mères" de toutes ces tribus. L'union est à la source la plus profonde mais il ajoute que leurs lumières ne peuvent briller que par les bonnes oeuvres et les prières d'Israël. Inversement, une action à ces différents niveaux de la fraternité et l'unité et du respect des spécificités crée un tiqqoune (lien ici) dans le monde d'en-haut, dans les sources et tout le monde en bénéficie dans sa globalité. En somme, notre pouvoir d'améliorer en nous ou autour de nous est énorme mais il passe par la sensibilité, l'attention, l'action et la prière et le respect du féminin.
    Il explique que c'est cela la fonction de ce compte des tribus qui nous est présenté : pour éveiller notre téchouva, notre retour à toutes ces dimensions essentielles, chez chacun et ensemble.
    Il va plus loin encore en nous prouvant que les dynamiques de Caïn et Abel continuent à agir, celles d'Abel étaients majoritaires dans le peuple du désert (c'est l'un des sens du drapeau déguél dont la guématria est 37 comme le nom de Abel) mais c'est à nous de savoir dépister et gérer les risques.

    La marche, la sainteté mobile
    C'est l'ordre dans lequel le camp se mettait en mouvement, en Bémidbar 10. Quand le camp devrait se déplacer, l'ordre étant celui-ci a un sens, auquel on pourra réfléchir :
    - en tête, l'arche de l'alliance, tirée par les vaches qui jouent un rôle important décrit dans le Zohar ;
    - puis le camp de l'est ; les tribus de Yéhouda, Zévoulone et Issakhar ;
    - puis les porteurs du sanctuaire, les fils de Guerchone et Mérari,
    - puis le camp du Sud, les tribus de Réouvéne, Chimeône et Gad ;
    - puis les porteurs des ustensiles du sanctuaire et la table, les fils de Qéhate, et Aharone ;
    - puis le camp de l'Ouest, les tribus de Ephraïm, Binyamine et Ménaché ;
    - puis le camp du Nord, les tribus de Dan, Achér et Néftali.
    Certains commentateurs placent l'arche d'alliance en 2e ou en 3e position.
    Ici, encore, essayer de trouver le sens de cet ordre.

    Lire
    Il faut relire ici les bénédictions finales de Yaâqov à ses fils et celle de Moché aux tribus pour comprendre la particularité de chacune dans son rapport à la sainteté dans la vie quotidienne.

    Coutumes
    Celui qui est monté à la Torah pour lire le passage des malédictions, la semaine précédente  lors de la paracha Bé'houqotaï, est appelé à monter à nouveau, et sera appelé à nouveau pendant la fête de Chavouôte. 

    Un test de notre volonté d'unité
    Apprendre à connaître l'histoire des autres communautés (lien ici), leur sensibilité surtout, leurs musiques car rien n'est plus intime que ce qui est entré dans l'oreille et que l'on aime spontanément. Aimer quelqu'un, c'est être sensible à ce à quoi il est sensible.

    Etapes de l'étude
    Cette étude demande 
    - de dessiner le plan de ce camp avec les noms et caractéristiques,
    - de relire la paracha ensuite,
    - d'étudier les versets dont les références sont données,


    Bilan

    1. réfléchir aux implications nombreuses pour nous et notre vie sociale de ce que la Torah veut ainsi nous enseigner : 
    - nous devons être proches, ce qui veut dire connaître l'autre dans sa distance, dans sa nature et nous en rapprocher jusqu'à comprendre sa sensibilité, sa culture et l'estimer véritablement. Où en suis-je ? Le plus important est le travail constant et laborieux pour cette coexistence dans notre propre bâtiment d'habitation : c'est là que se joue le béit hamiqddache ou la venue ou non du Machia'h, pas dans les belles conférences émouvantes sur le sujet.
    - nous devons être conscients que nous formons un seul corps, où chacun est aussi vital et essentiel, comme une des faces indispensables de la Torah.
    - nous devons être conscients que ce corps est diversifié et complexe, et non pas réduire tous les autres à une unité semblable à la nôtre ; aujourd'hui la conscience s'éveille lentement sur les dégâts causés par l'intolérance bien intentionnée lors des aliyotes en Israël (infériorisation culturelle, sociale et économique des non occidentaux par ceux qui s'estiment "l'élite" aux postes de commandes, problème terribles des enfants yéménites, erreurs renouvelées jusqu'à la alyah des juifs d'Ethiopie, présence très faible des musiques orientales sur les chaînes de radios nationales, etc) ; on crie au scandale devant les cris des humiliés, et devant les excès des révoltes,  et la solution prônée est l'unité  mais... selon "mon" propre modèle culturel et politique des dites élites très partielles ! Cela veut dire que la conscience n'est pas encore vraiment touchée. C'est un problème éducatif, certes. C'est un problème normal lors du rassemblement des exilés, certes. C'est surtout un problème humain normal et fondamental et non pas seulement un problème conjoncturel. C'est pour cela que la Torah nous l'enseigne.

    2. Pour bien avancer dans ces problèmes :
    - apprendre par coeur les noms des tribus, leurs caractéristiques, ces dispositions et fonctions dans le camp.
    - être capable de dessiner le camp avec ses répartitions.
    - transposer ces "camps" à la réalité actuelle du judaïsme et se faire le militant de la pratique de ces mitsvotes que la Torah nous enseigne dans cette paracha. D'abord dans notre propre tête, dans notre comportement, en corrigeant nos propres dérapages, en nous rapprochant de ceux qui sont différents, en allant chez eux dans leur domaine culturel ou cultuel, en les y appréciant. 
    - travailler à réduire les expressions de préjugés. Faire la liste de ces préjugés que nous avons ou que nous entendons.
    - rechercher comment réagir en situation pour les réduire.

    3. Lire les bénédictions de Yaâqov (Béréchite ch. 41) et de Moché (Dévarim ch. 33) pour bien comprendre cette diversité. Relire le commentaire de la paracha Chémote : les noms des enfants d'Israël. 

    4. Toujours nous rappeler que cette diversité est une approche partielle et indispensable de la richesse de notre Créateur comme l'exprimaient les drapeaux.

    5. Se rappeler que seuls la diversité et le différent sont facteurs de fécondité : deux hommes ou deux femmes ne peuvent jamais "faire" cette merveille qu'est un enfant. Ce constat est le même entre les composantes humaines.

    6. La valorisation de chacun dans sa différence et sa nature est la base de cette fécondité commune.

    7. Selon les mêmes principes, c'est à chacun de faire ce bilan et d'améliorer le monde, tâche pour laquelle nous sommes ici : achér bara Eloqim laâssote, que Eloqim a créés pour qu'ils fassent.

    Nous avons la chance et le don d'être les premières générations qui ont ainsi le privilège de travailler à cette amélioration pour construire ensemble le véritable Adam-Israel. Voyons-y un privilège enthousiasmant et non pas une occasion de nous lamenter.
    Les Principes des Pères (Pirqé Avote) que nous lisons en ce moment pendant le Ômér et avant Chavouôte nous rappellent que notre vie est un bref temps qui nous est offert pour améliorer ce qui devrait être un Gan Edén où l'on marche en présence du Créateur dans la fraternité, et non pas  un club de vacances  pour paresseux égoïstes.

    Il faut bien terminer sur ces thèmes où nous pourrions parler longtemps :
    - (Béréchite 49, 16) : é'had chivté Yisrael (un, les tribus d'Israël) et Rachi ajoute : "comme bien-aimé du Roi".
    - chacun doit se comporter selon son origine, sa source et aimer celles des autres, dans l'unité.
    - se comporter comme David qui était envers tous et chacun bonté et miséricorde : David ôssé michpate ou tsédaqa lékhol âmo (II Samuel 8, 15).
    - la morale de rapprochement des coeurs (qirouv lévavote) n'est pas une morale, ni une nécessité de l'heure politique, c'est la structure même de l'être de notre peuple mais dans la diversité, et c'est l'enseignement même de LA TORAH et non pas de tel ou tel personnage charismatique.


    Pour se connaître, se comprendre et se respecter concernant nos espaces de sainteté ;
    Combien de fois Jérusalem est-elle citée dans la Bible ?
    - 667 fois : 641 fois sous l'orthographe Yérouchalayim et 26 fois commeYérouchélem.
    Combien de fois Jérusalem est-elle citée dans le Coran ?
    - 0 fois 
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