| accès direct >> |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| accès direct >> |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| accès direct >> |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| accès direct >> |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Rechercher ici les thèmes d'études
sur le site par un catalogue de photos
|
38e Paracha : Qora'h
"Qora'h"
Bamidbar (Les Nombres) 16, 1 - 18, 32
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les
livres de nos Sages
Site Modia : http//:www.modia.org
© Les
textes de Modia sont mis gratuitement à votre disposition par l'auteur,
selon la mitsva obligatoire pour tout Juif qui est d'étudier et d'enseigner
simultanément. Vous pouvez donc imprimer et dupliquer ces textes
pour l'étude personnelle et de groupe, ou pour l'enseignement. Bien
entendu, selon la Torah, en ne supprimant pas le nom de l'auteur ni
l'adresse du site. Les sites ne peuvent faire qu'un lien vers ces textes
sans les capter. Chacun pourra ainsi accomplir la mitsva : véchinnantam
lé vanéikha (et tu l'enseigneras a tes enfants) et l'autre
mitsva : védibbarta bam (et tu leur parleras dans les mots de
la Torah. Dévarim 6, 7).
Voyez les règles du Copyright .
Ne pas oublier que, sur votre version imprimée ou polycopiéeée,
vous perdez tous les liens qui renvoient aux autres textes de Modia.
Or, ils sont indispensables dans l'étude.
Quand la corruption morale ou le sophisme intellectuel en politique
veulent s'opposer à la Torah comme constitution d'Israël
et nous enfermer dans la politique au lieu d'avoir confiance dans la
pureté révélée.
Je dédie cette paracha à nos leaders spirituels pour qu'ils
osent dire au peuple et aux leaders poliques
sur quels principes moraux notre peuple doit se diriger.
Dans cette étude, vous serez surpris de la précision des
enseignements de la Torah sur tous les besoins de notre société
juive.
Rappel de méthode :
après une première lecture pour comprendre
l'ensemble de ce commentaire,
aller lire les références et la paracha,
rechercher les applications dans la vie du peuple juif,
rechercher les applications dans la vie personnelle,
mémoriser le plan,
jusqu'à être capable de l'enseigner de mémoire.
I - Résumé de la paracha
Elle nous enseigne -à l'aide de prescriptions et d'exemples- combien
il importe que l’homme parvienne à gérer avec équilibre
et avec sincérité ce qui est terrestre et ce qui relève
des niveaux supérieurs, sinon la mort et la destruction se répandent
fatalement parmi les hommes.
Cet enseignement nous est donné dans la paracha sous deux formes
:
- une forme négative est démontrée par l'exemple
de la révolte politique et philosophique de Qora'h, et par ses
manipulations qui jouent sur l’apparence objective de demi-vérités.
- une forme positive décrit la position juste et ferme de
Moché devant la perfidie de la désinformation, et décrit
aussi comment cet équilibre se traduira en une organisation sociale
prenant en compte les niveaux inférieurs et les niveaux supérieurs
de l’existence et leurs liens dynamiques (répartition du peuple
en trois catégories : cohen-lévi-peuple, type de différenciation
et de lien qui doit les unir, rôle des dons).
Le centre du débat est l'opposition entre l'ordre social moral
représenté par Moché qui fonde toute l'organisation
du peuple sur la sainteté... et Qora'h qui ne voit que politique
et utilise la Torah au même titre que tout autre moyen pour triompher.
Un politicien surgi dès la fondation de notre nation et qui ressort
régulièrement de la terre qui l'avait englouti.
Les mitsvotes
C’est dans ce cadre que la paracha nous prescrit les mitsvotes 388
à 396 :
elles imposent aux Cohen et aux Lévi de monter la garde dans
des parties respectives du Temple (vé chamérou éte-michméréte
ohél moêd), Bémidbar 18, 4 et de ne jamais cesser
de monter cette garde (ou chémartém éte michméréte
ha qodéche), Bémidbar 18,5;
elles interdisent à chaque partie du peuple d'interférer
dans les zones et fonctions de l'autre (akh él-kéli ha
qodéche vé él ha mizbéa'h lo yiqravou), Bémidbar
18, 3;
un étranger ne travaillera pas dans le Temple (vé
zar lo-yiqrav alékhém), Bémidbar 18, 4;
en liaison avec cela, tout premier né doit être racheté
(akh pado tifdé éte békhor ha adam... ou fidouyav
mi bén-'hodéche tifdé), Bémidbar 18, 15-16
et voyez dans le Choul'hane Âroukh, Yoré Déâ
304, 1-3; hormis ceux des animaux destinés à être
sacrifiés (akh békhor chor o- békhor késsév
ou-békhor êz lo tifdé) Bémidbar 18, 17;
les Lévi doivent accompagner les sacrifices par la musique et
les chants (vé âvad ha lévi hou éte-âvodate
ohél moêd) Bémidbar 18, 23;
le peuple doit donner le dixième de ses récoltes aux
Lévi (éte maâssér béné-yisraël
achér yarimou la Chém térouma natati la léviim)
Bémidbar 18, 24; et ceux-ci doivent remettre à leur
tour le dixième aux Cohen (vé él-ha léviim
tédabbér... vé harémotém mmimménou
téroumate Hachém maâssér min-ha maâssér)
Bémidbar 18, 26;
et voyez dans le Choul'hane Âroukh, Yoré Déâ 331, 19,20.
Le Chla
éclaire la synthèse et la logique interne de cet ensemble.
Le sens de "la garde"
Le sens de la garde (michméréte) que doivent monter
les Cohanim et les Léviim ne tient pas aux dangers encourus à
cause de voleurs ou d'ennemis mais c'est pour assurer constamment l'honneur,
l'élévation et la beauté de la sainteté de
ce lieu de nuit en nuit, comme il est dit : ouchémartém
éte michméréte haqqodéche, et vous garderez
l’observance de la sainteté (Bamidbar 18, 5). Le Traité
des bénédictions (page 3a) dans le Talmud reviendra longuement
sur la profondeur de ces gardes de nuit et les Sages, qui comprennent
le cœur secret de la tradition (Zohar I 188b, II 196a), vivront les nuits
dans l'étude de la Torah en liaison avec ces prescriptions.
Le Chla souligne que la garde doit être menée de nuit en
nuit (layela vélayela) et cela évoque pour nous les
Sages de la haggada de Pessa'h veillant la nuit et guettant les signes
de l'aurore que viennent leur annoncer leurs élèves.
Essayons d'approfondir l'intériorité de ces dynamiques.
Comment ne pas défaillir ?
La question importante est :
"comment garder le niveau de la sainteté et de la beauté
pendant la nuit sans chuter alors que c'est l'heure des fantasmes,
des délires, et des appréhensions" ? Qora'h a échoué
sur ce point.
Le psaume 91 (Yochév béssétér
Êliyone, celui qui demeure dans le secret du Très-haut),
nous semble-t-il, traite ce problème. Allons
d’abord le lire sur cette page du site avec son commentaire.
La lecture étant faite, analysons-le :
1- pour parvenir à rester dans la confiance, il faut apprendre
à se situer dans le "secret" (bésséter)
et dans "l'invisible" de la présence de Hachém
comme dans une forteresse vivante (métsoudati) à
qui on parle et vers qui va notre désir ;
2- de là, on ne supprimera certes pas les nombreuses attaques
perfides mais elles resteront sans effet et, tôt ou tard, on verra
les méchants recevoir le prix de leurs forfaits ;
3- quelle est cette forteresse, ce lieu de protection et de bien-être
? C'est la Torah, comme le disent nos Sages en prenant les lettres
initiales des versets 8 et 9 du psaume : béêinéikhatabite
véchiloumate
réchaîm
tiré
ki
(et de tes yeux tu verras le salaire que recevront les méchants
car...) qui forment le mot béTorahtékha (par Ta Torah)
; c'est dans la Torah que l'homme est attaché à D.ieu et
c'est par cela qu'il est sauvé (verset 14). Cela est explicite :
"parce qu'il connait Mon nom", ki-yadâ chémi). Cette
connaissance vient uniquement de la Torah reçue et étudiée
à l'intérieur du peuple qui respecte l'alliance de la circoncision,
clef de cette connaissance.
4- le psaume précise où sera le bienfait :
- dans le couple (béaholékha, la "tente" fait
allusion à la "femme"),
- dans toutes les voies de la vie qui seront "gardées" (lichmorékha,verset
11, et ce terme reprend celui de notre paracha, la garde) ;
5- deux conditions sont posées : que le désir affectif de
l'homme soit orienté vers Hachém et que l'homme Le
connaisse par l'étude ;
6- alors,
- sa prière de demande sera entendue,
- Hachém sera avec lui dans ses soucis,
- il participera de la gloire de Hachém,
- il bénéficiera de longs jours,
- il verra le salut ;
7- les trois derniers versets du psaume parlent de cette plénitude
en utilisant des verbes qui se terminent par un suffixe composé
des dernières lettres du tétragramme (Hou) pour bien
marquer qu'il s'agira là de l'unité essentielle et finale
accordée à ceux qui connaissent la Torah qui, dans son ensemble,
est toute entière le grand nom de Hachém.
Nous avons fait ce détour apparent par ce psaume pour monter plus clairement
ce que la paracha nous précise :
- la vie dans la Torah n'est pas seulement une attitude piétiste
ou religieuse,
- le projet de la Torah s'ordonne très concrètement dans
une organisation sociale et politique où les distinctions précises
jouent un rôle éducatif chargé de préserver
la vie (cela c'est la science juive),
- il y a un "mais" : cela est basé sur des attitudes
intérieures.
- ces attitudes sont "amour"; mais c'est un type d'amour qui est développé
par l'étude qui donne la connaissance.
Tout cela est l'ordre qui a été révélé
au peuple par la sortie d'Egypte et dans la la Torah. Par contre, Qora'h
veut contester totalement cette nouvelle.
II - Les régulations nécessaires du désir de puissance
Toutes ces précisions étaenit nécéssaires
car, en effet, l'idéal humain ou religieux, le plus noble apparemment,
peut facilement devenir un fanatisme destructeur quand il n'est pas
régulé par 2 critères : par la réalité
et les éclairages fondamentaux de la Torah.
Dans notre paracha, la Torah semble même nous dire que cet idéal
tournera inévitablement en cauchemar s'il n'y a pas une régulation
appropriée.
La première régulation nécessaire limite la possession
et le pouvoir. Cette limitation est organisée paér une
ponction selon un ordre dégressif 100-10-1 : sur 100 biens d'une
récolte, 10 seront remis au Lévi (le maâssér)
qui lui, à son tour, remettra 1 de ces 10 au Cohen. Lisez le verset
18, 26 : la dîme (maâssér) et la dîme
de la dîme (maâssér mine hammaâssér).
Ainsi, explique le Chla, chaque membre du peuple (représenté
par l'une des 100 ressources), bénéficie d'une double dynamique
:
- il est limité dans son désir de toute puissance (il reste
petit et inséré dans la catégorie multiple du 100e
et ne peut jamais être "le" 100 total),
- en un sens contraire, il est représenté vers le haut,
à travers deux échelons du Lévi et du Cohen, jusqu'à
participer au 1 du Cohen qui réfère, lui, à la sainteté
de Hachém qui est Un é'had.
Seule, cette dynamisme contradictoire en chiasme (qui traite le problème
dans les deux sens) parvient à contrôler et à arrêter
la tendance au délire destructeur qui s'empare souvent du meilleur
des hommes, comme ce fut le cas chez Qora'h. Que l'on se reporte maintenant
à son récit dans la paracha.
Les fils d'Aharone eux-mêmes, Nadav et Avihou, furent détruits
par leur désir intense et total, car il était totalement
positif mais non régulé ni limité.
La régulation de la place juste
Sur la base de ces épisodes, le Chla apporte ce sage enseignement
de la tradition: celui qui s’avance là où ce n’est pas son
lieu personnel exact et se place au dessus de son niveau (vouloir être
le 100 au lieu de n'être qu'une partie de ce tout) dans les choses
saintes prend feu et se porte terriblement préjudice jusqu’à
en mourir.
Ce fut ainsi pour les fils d’Aharone, ou pour le peuple quand il eut l’appétit
soudain et impératif et déraisonné des cailles venant
du ciel ; ils n’étaient pas encore apaisés de les manger
qu’ils en moururent et on a appelé ce lieu : "les tombes de l’envie"
(qivrote hattaava, Bamidbar 11, 34). Nos Sages l’ont dit de ne
pas nous tenir en un lieu trop élevé pour nous où
on ne parviendra pas à tenir debout ni même à exister.
Les Principes des Pères reviennent souvent sur cette ligne à
tenir.
Ce n'est pas seulement une leçon de modestie, car c'est trouver
ce lieu qui est le nôtre, le lieu précis où nous sommes
avec justesse reliés à D.ieu, "dans" Son secret (béssétér).
Voyons, preuve par le mauvais exemple, ce que disait la femme de Qora'h
à son époux (Traité Sanhédrine, page 110 a)
; nous verrons que tout y est ambition, désir d'être le 1
et le 100 sans aucune présence de D.ieu : "regarde ce qu'a
fait Moché, il est devenu le roi, il a fait de son frère
le Cohen gadol, le grand-prêtre et, des fils d'Aharon, il en a fait
les aides. Les offrandes lui reviennent et ce qui pourrait te revenir
comme descendant de Lévi, il en retire le dixième pour le
Cohen. Il vous a fait raser la tête et se moque ainsi de vous comme
on le fait envers les prisonniers ; tout cela parce qu'il enviait la beauté
de vos cheveux".
La régulation par le raisonnement de klal oufrate
Sur cette base, le Chla fait une longue analyse qui éclaire l’ensemble
des règles du raisonnement talmudique sur la Torah, et comment
dans la Torah tout est relié dans cette perspective. C'est la spécialité
du judaïsme, contrairement aux religions qui se disent issues du
judaïsme et ont ignoré la rigueur de la formation de la Torah
orale qu'est le Talmud.
Le Chla nous montre que cette régulation si importante est formulée
dans une régle générale qui concerne tous les niveaux
d’existence et de la Torah ; en effet, il n’y a que treize points dans
toute la michna et dans tout le talmud sur lesquels il n’y a eu aucune
contestation entre les Sages, c’est au sujet de ce qui concerne notre
propos : ce sont les treize règles d'interprétations du
texte, nommées les middotes de Ribbi Yichmael.
Et elles sont centrées autour de la première la règle
dite de klal oufrate (se reporter au Lév Gompers page 218-219).
Elle est très importante. Nous l'avons déjà rencontrée
dans la
paracha Behar ; s'y reporter par ce lien pour bien la comprendre.
Et sur ce second
lien dans le cours sur le Talmud.
Son principe est le suivant : "chaque fois qu'une règle générale
est donnée et qu'il y a en même temps l'énoncé
en exemple d'une partie de cette règle, c'est seulement de cette
partie que parle le texte de la Torah". Cela veut dire que la totalité
(le 100 ou le 1) de la règle (klal) est exacte et doit être
connue mais elle n'est pas de l'ordre de notre monde limité où
seule la partie limitée (prate) a une existence concrète.
Le détail particulier prate c'est ce qui est découvert
(le nigla), tandis que l'ensemble, le klal, reste pour nous
dans le caché, (le nistar).
On ne se raconte pas d'histoires sur l'idéal dans le judaïsme
ni sur ceux qui s'attribuent trop facilement comme porteurs de cet idéal
: c'est en raison de cette connaissance que, jamais, aucun faux messie
n'a réussi à s'imposer au peuple d'Israël car ce peuple
possède les multiples règles qui permettent de le démasquer,
quel que soit son haut niveau spirituel, ou son rayonnement, ou même
les miracles les plus étonnants qu'il pourrait faire. Cela est
explicité en Dévarim.
L'équilibre du judaïsme entre le général
idéal et le particulier concret tient à ceci :
- il ne fait pas de dichotomie simpliste (tout le bon d'un côté,
tout le mal ailleurs),
- il distingue les composants,
- il n'élimine aucun des pôles,
- il les relie dans un rapport original.
Ainsi, le Cohen seul, au Temple, représente ce klal
idéal, et le peuple représente le prate particulier.
Il en est de même dans le rapport de la néchama,
l'âme, avec le corps (prate).
L'idéal est aussi réel que la réalité, certes,
et s'il n'est pas là le corps devient un cadavre ; mais il doit
pourtant rester distinct de la réalité concrète.
Prenons un exemple : en hébreu, dans les psaumes c'est la même
racine qui parle de l'argent (késséf) et du
désir (psaume 84, 3, nikhséfa) ;
"nikhséfa vé gham-kaléta nafchi lé'hatsérote
Hachém
elle désirait et aussi languissait, mon âme, après
les parvis de Hachém".
Un enjeu de désir total est bien posé et accepté
comme normal: mais le désir essentiel ne doit pas s'enfermer dans
la matérialité et l'argent; et l'argent ne doit pas être
dissocié du désir essentiel qui doit le piloter. Aller lire
ce psaume.
Certes, le but global et idéal , le klal, est de connaître
Hachém et de l'aimer, de "connaître Son nom" (comme
dit le psaume 91, 14 yadâ chémi, il a connu Mon Nom),mais
ce désir global serait mensonger, vide et dangereux s'il ne passait
pas par l'étude précise de l'ensemble de la Torah,
et s'il ne s'y soumettait pas. Sans cela, combien d'hommes, en toute bonne
"foi", ont justifié leurs assassinats et forfaits divers accomplis
au nom de "leur D.ieu" qui n'était que la projection de
leur désir personnel. Le prate qui se prend pour
le klal, pour D.ieu, devient fou et tue.
D.ieu, l'absolu, ne peut être "rencontré" par l'homme -qui
vit dans le limité et l'organisé- que par une voie de connaissance
qui sera multiple, dispersée, contrôlée comme les
mots multiples de la pensée et de la bouche n'expriment qu'une
pensée unique mais ne parviennent pas à la posséder.
C'est l'un des rôles de la nécessité de l'étude
continue dans le judaïsme.
Le même rapport existe entre l’unité du nom de D.ieu
mais il est rendu à nos yeux par les 27 lettres de l'alphabet (klal)
mais qui ne peuvent être appréhendées que par les
304 805 lettres de la Torah (prate). Qui ne les connaît
pas et qui ne connaît pas leur lien exact, ne peut pas dire avec
légèreté qu'il connait D.ieu ni Son plan ; a fortiori,
il ne peut pas dire qu'il connaît la morale et la politique de D.ieu
envers les hommes. Il n'a donc pas à essayer d'imposer son plan
aux autres hommes. Voilà de quoi nous ramener à la modestie
et , sous cet éclairage, spécialement ceux qui ont l'audace
de se présenter au peuple comme leader, prétention déjà
suspecte.
Autre approche du même problème, par la aggada.
La même page du Talmud (Sanhédrine 110a) dit que Qora'h est
le fils de Yitsar (Bémidbar 16, 1) parce qu'il a réussi
à mettre le feu au monde comme le feu de midi (tsahorayim).
C'est le délire. Au contraire, la femme de One, cité dans
le même verset, réussit à sauver son mari incapable
de se soustraire à cette folie délirante. Voici comment
elle s'y prit. Elle lui dit :
- "ne te laisse pas aller dans cette affaire : il n'y
a aucune différence que le maître soit Moché ou Qora'h,
car tu ne seras toujours qu'un petit dans le peuple.
- mais, dit-il, je ne sais que faire car je fais partie du complot contre
Moché et j'ai juré avec les comploteurs.
- je vais te sauver. (elle le fit boire jusqu'à l'ivresse et elle
dénoua sa chevelure à elle ; quand les comploteurs vinrent
le chercher, ils virent cela et abandonnèrent la partie le concernant
: eux furent tous engloutis). Elle avait su l'extraire de la folie politique
et le ramener à sa véritable taille".
Le texte conclut : cela illustre bien le verset de Michlé
14, 1(Proverbes) : "la sagesse des femmes bâtit la maison,
c'est la femme d'One, fils de Péléte, 'hokhmate nachim
banéta véitah".
Que tous les hommes qui refont la planète entre eux dans des discussions
politiques emportées, incontrôlées, souvent
catégoriques et haineuses, réfléchissent à
leur tendance mégalomaniaque et dangereuse qui les propulse.
L'imposture
Est un imposteur celui qui prétend imposer aux hommes ses propres
fantasmes qu'il prète déjà à D.ieu. L'histoire
est pleine de ces dictateurs, religieux ou politiques qui n'ont laissé
derrière eux que sang et larmes au nom de la religion pervertie
par eux et par leurs disciples, et au nom de leur message nouveau qui
prétend être la révélation qui abolit celle
de D.ieu. Cette histoire continue sans répît et emplit les
cimetières dans les génocides répétés,
suivis de repentirs inutiles et qui ne trompent personne.C'est l'histoire
millénaire de l'antisémitisme religieuxen Occident aussi
bien que les courants philosophiques ou nationalistes ou internationalistes
qui ont ainsi supés les foules et les intellectuels en les menant
tous au cimetière. Il y a plus de 3000 ans, la Torah avait analysé
tout cela et mis en garde, et le judaïsme avait déjà
cette fonction de garde-fou pour le bien de l'ensemble de l'humanité.
Mais les hommes préfèrent tuer le peuple des Sages afin
de pouvoir vivre leur désir fou et criminel. Et il créent
alors de nouvelles religions (ou de nouvelles politiques ou athéïsmes
peu importe) qui s'arrangent avec la parole de D.ieu et... bonjour les
dégats.
La justesse de la bénédiction
Nous ajouterons un commentaire personnel sur une allusion faite par le
Chla. Quand il parle du rapport 1-10-100 (alef-youd-qouf), il ajoute
(en faisant allusion aux 22000 Léviim) que c'est aussi le secret
du rapport 2-20-200 (béit-khaf-reiche): en hébreu,
il dit en effet: sod alef-youd-qouf béit-khaf-reiche. Pourquoi
fait-il ce passage du 1 au 2?
Effectivement, quand le désir et l'amour sont organisés
et contrôlés dans la réalité, il se joue d'abord
dans le rapport de chacun, homme ou femme et, alors, ce rapport 1-10-100
(alef-youd-qouf) du fonctionnement optimal est doublé :
2-20-200 (béit-khaf-reiche). Si nous le disons en hébreu,
comme il se doit et comme l'écrit le Chla, on remarquera que 2-20-200
(béit-khaf-reiche) sont le rapport des lettres de la racine
du mot de bénédiction (barakh) mais il faut un ordre
particulier pour que la réalisation soit garantie sans déséquilibre
destructeur :
- d'abord, béit (2), l'unité couplée optimale
et idéale comme projet ouvre toute la Création et contient
tout (et le Chla remarque que Rachi
le précise explicitement dans son commentaire de Béréchite
1, 4 et 1, 24),
- puis arrive une immense expansion de ce 2 en chacune des réalités
multiples du 200 pour chacun des deux partenaires du couple,
- enfin, cela revient se situer dans la zone médiane et contrôlée
du 20 qui est reliée avec égalité à l'idéal
et au concret ; quand cela vient de Hachém, on est dans
l'ordre de la bérakha, la bénédiction, cet
influx qui descend sur l'homme. Le youd, en hébreu est à
la fois 10 selon sa guématria ou valeur numérique (youd
écrit en une seule lettre) et 20 (youd écrit en trois
lettres: youd, vav, daléte). Ce double épanouissement
du couple, symbolisé par le youd, est chanté dans
le cantique du Chabbate Lé
mivstsa (lien ici) que nous avons traduit. Le judaïsme montre
ainsi la logique qui relie tous les plans de l'être.
La tyrannie dans le couple
Inversement, beaucoup de vies de couple ne sont qu'une exigence du désir
partiel de l'un vers une partie seulement de l'autre : cela tourne en
insatisfaction globale, en tyrannie, en non-communication, jusqu'à
la perversion qui est l'exigence de ne chercher son plaisir que par l'usage
d'une partie de l'autre, tout le reste étant ignoré ou méprisé
et humilié. Le couple devient ainsi le lieu du meurtre imaginaire
mais nécessaire de l'autre. Et la vie de couple devient ce que
sont les relations de guerres qui pullulent dans la société
pour les mêmes motifs.
Combien de fois, également, des parents n'osent pas affronter le
désir tyrannique qui est normal dans les premières phases
du développement de l'enfant et ne l'incitent pas à analyser,
comprendre, renoncer à une part du désir. Le motif en est
que eux-mêmes ne veulent pas renoncer à leur propre satisfaction
totalitaire, à travers le spectacle de l'exigence de l'enfant.
C'est ainsi que l'on fabrique sur mesure un futur tyran domestique : et
l'on s'étonnera ensuite de la violence conjugale quand cet enfant
sera inséré dans un couple vingt ans plus tard.
Exemple de la différenciation dans la Création.
Rachi le dit explicitement : dès le premier jour de la Création
et dès le premier verset de la Torah, tout était donné
(c'est le klal) et cela est manifeste à travers la locution
éte, non indispensable grammaticalement et qui englobe tout,
dans éte hachamayim vé éte haaréts
(le ciel et la terre). Mais, ensuite, ce qui a été créé
globalement le premier jour est mis en fonctionnement progressif en son
jour particulier de la Création, en son temps ; enfin, tout ce
processus est remis par D.ieu à l'homme pour qu'il parvienne à
"faire" (Béréchite 2, 3 laâssote), en connaissant
le mode de fonctionnement et en l'appliquant dans les détails.
Cette approche progressive, très équilibrée, ne renonce
à rien de l'idéal ; elle apprend la patience et la sagesse
dans le pilotage du développement personnel, relationnel et de
la société; et elle éclaire nombre d'erreurs humaines
et de catastrophes des individus, des couples ou de l'histoire.
Mais la Torah n'en reste pas à éduquer tout cela sur le
plan personnel, sinon elle ne serait qu'une psychologie. Elle l'éclaire
également au niveau des valeurs sociales et du système collectif
qui régule l'ensemble. C'est la tâche du peuple juif que
de vivre selon ce système de valeurs. On en est encore loin aujourd'hui,
d'autant plus qu'on n'a pas pris du tout cette direction en fondant l'Etat
actuel d'Israël, ce qui complique les choses. Mais il faut "faire-avec"
en rectifiant au mieux, tout simplement.
III - Le prétexte invoqué par Qora'h
Maintenant, après avoir compris le projet, nous nous pouvons présenter
le détail du problème très précis soulevé
par Qora'h. Cela sera pour nous un exemple qui éduquera notre lucidité
devant toute manipulation concrète dans la réalité.
|
Yaâqov
|
|
les 12 fils de Yaâqov
|
Voici ci-dessous comment se situent les 250 comploteurs de
11 tribus (sauf celle de Lévi) qui seront associés
par Qora'h à la révolte contre Moché
|
|
Les descendants de Réouvén, premier
fils de Yaâqov:
Eliav
et ses enfants :
Datane et Aviram
(associés au complot par Qora'h) |
Péléte
et son fils :
One
(associé au complot par Qora'h) |
|
Les descendants de Lévi, troisième
fils de Yaâqov:
| Guerchone |
2e fils. Kéhate
|
1.Amram
|
2e fils.Yitsar
|
Hévrone |
Ouziél
|
|
Mérari
|
|
|
Suivez le texte ci-dessous avec l'aide du tableau.
La querelle se situe parmi les descendants de Lévi,
3e fils de Yaâqov, tribu restée toujours fidèle.
La querelle éclate depuis Qora'h contre son cousin
Moché : Qora'h pense avoir autant de droits que ses cousins
pour recevoir les fonctions essentielles de leadership et il voit qu'elles
se concentrent de par la décision de Moché :
- dans les mains de la fratrie de Moché en ce
qui concerne la direction spirituelle.
- dans les mains d'Elzafane pour la direction toutes
les questions matérielles qui cernent tous les descendants de Kohate.
De façon perfide et contradictoire dans les arguments,
Qora'h va réussir à susciter une révolte générale
:
- il prétend que tous sont saints (Bémidbar
16, 3) et non seulement la fratrie de Moché, donc les fonctions
doivent être réparties entre tous, ce qui les enlève
à Moché. Par cela, il réussit à plaire à
tous.
- il prétend que Moché est un 3e dans la
fratrie qui a réussi à enlever le pouvoir aux aînés
comme Qora'h. Cet argument n'a pas de valeur car Qora'h est un descendant
de Lévi qui est un 3e fils comme Moché.
- mais, par cet argument, Qora'h parvient à mobiliser
Datane, Aviram, One, descendants de l'aîné Réouvén.
Il agir par eux car ils habitent au Sud dans le camp à proximité
de lui, descendant de Qéhate.
- il prétend que Elzafane -qui est un 2e du 4e
fils- n'a aucun droit.
- aucun argument n'est épargné contre Moché
qu'il fait accuser de relations sexuelles avec les femmes de tous (lire
psaume 106, 16), à tel point que Moché dût prendre
sa tente et s'installer hors du camp (Chémote 33, 7). On comprend
que Moché dise : "c'en est trop de votre part", rav lakhém
(Bémidbar 16, 3).
En fait, en tout cela, Qora'h refuse la parole de D.ieu.
La dynamique du débat
Qora'h a attendu le moment de l'épreuve dans le désert
pour passer à l'attaque, quand le peuple perd le contrôle
de la situation, et semble penser que les promesses faites par Moché
ne seront pas tenues ("où est donc le pays de lait et de miel
!").
Alors Qora'h n'analyse pas la situation avec l'exactitude de la Torah,
mais il assemble les frustrés et se présente devant Moché
avec des faux arguments démagogiques, d'apparence démocratique
et justifiée : nous sommes tous égaux, tous saints.
Le mensonge perfide est qu'il ne vient pas réclamer pour l'ensemble
du peuple mais pour lui-même, et alors même qu'il est parmi
les plus riches. Il est écrit (Sanhédrine 110a) qu'il
avait découvert l'un des 3 trésors cachés par Yosséf
et qu'il fallait 300 mules rien que pour porter les clefs de ses coffres.
Il aurait été trésorier du Pharaon quand ses frères
étaient en esclavage.
Ainsi, parfois, de certains leaders de partis et de syndicats, leaders
populistes mais en fait dictateurs enrichis et mensongers. De nos jours
encore, on voit continuellement des leaders de qualité devenir
capables de jouer les valeurs essentielles et éternelles (religieuses,
morales, philosophiques ou politiques) pour supplanter d'autres leaders
ou maintenir leurs privilèges, comme si ces valeurs et l'appui
démocratique des masses n'étaient qu'une munition sans valeur
dans un combat de tactique où l'essentiel est l'accès au
pouvoir, la mégalomanie de l'égo et l'approbation des puissants.
Nous connaissons ces ligues (religieuses, morales, philosophiques
ou politiques) soudaines et menaçantes contre Israël, à
l'intérieur et à l'extérieur.
Rachi le décrit (16, 19-22) sur la base du Middrache Tan'houma
(7) : "Qora'h ameuta contre Moché et Aharone toute la nuit, avec
des railleries : croyez-vous que je me soucie seulement de moi ? C'est
l'intérêt de tous que je défends. Ceux-là viennent
et accaparent toutes les hautes fonctions, pour Moché la royauté,
pour Aharone la prêtrise. Et finalement ils furent tous convaincus".
Nous connaissons chacun ces campagnes et procédés menés
dans les médias; nous avons reçu de nos Sages un enseignement
sur toutes ces situations.
Qora'h étala aussi toutes ses richesses qui étaient considérables
(le peuple voyait qui allait l'emporter dans cette campagne pré-électorale)
mais Hachém fit éclater Sa gloire qui éclipse
toutes les richesses humaines.
La Torah nous a décrit des dynamiques que nous voyons à
l'oeuvre encore aujourd'hui: les manipulateurs sans vergogne pour qui
la Torah ou la rencontre avec les Sages ne sont qu'un outil dans les jours
qui précèdent l'élection. Ensuite...
IV - Un exemple pour nous : la réponse de Moché face
au manipulateur
Devant ces procédés, Moché ne monte pas sur le ring
pour jouer avec ces mêmesrègles de perversité du langage
et des intérêts. Il reste fidèle à la crainte
de D.ieu, à l'humilité (il tombe sur la face, il prie) et
il propose un mode de combat original : celui des encensoirs de parfums
à l'entrée de la tente de rencontre avec Hachém.
(voir
le poème).
Pourquoi ? Il veut maintenir le débat au niveau de la spiritualité
et de la subtilité qui est la seule raison d'être de ces
fonctions-service. Il souligne que l'atteinte n'est pas d'homme à
homme mais envers Hachém. Et il prend l'affrontement au
niveau de ce que nous avons analysé; les parfums sont, certes,
spirituels mais ils sont composés d'une science analytique comme
le raisonnement droit; on ne peut pas tricher avec la composition. Le
résultat ne tromperait pas.
Moché montre l'attitude juive originale : n'être pas dupe
de la discussion pervertie qui est presque toujours celle de la lutte
politique au nom des idéaux moraux ou religieux. Il affirme : "on
m'accuse d'enseigner non ce que prescrit Hachém mais selon
mes intérêts, mais l'atteinte est envers Hachém
; c'est le projet même de la Création et de la qéddoucha
(sainteté) dont nous sommes tous seulement les serviteurs que vous
mettez en cause. Aussi, bien que la Création soit terminée,
si vous portez atteinte à cela, la Création elle-même
vous engloutira".
Effectivement, le défi de Moché se réalisa et
le dévoilement de la véritable dynamique de l'histoire se
fit.
A l'instar de la Création, la part des femmes fut importante (Traité
Sanhédrine 110 a) : la femme de Qora'h le poussa à persévérer,
comme la femme d'Aman; Moché fut accusé envers sa femme;
par contre, la femme de One bén Pélét aida son mari
qui parvint à se sortir de cette coalition infâme.
Ne désespérons pas de toute cette perfidie humaine qui
est réelle et constante.
Ne désespérons pas quand (le peuple juif) celui qui
ne va pas avec le courant dans ces manoeuvres de Qora'h, est persécuté.
Il y a espoir car Moché a retourné la situation et les
fils de Qora'h furent de grands sages. 9 psaumes sont dits en leur noms
(voir le début des psaumes 45, 46, 47, 48, 49, 84, 85, 87, 88).
Lisez particulièrement le psaume 46 dont les mots réfèrent
bien à cette épreuve et à l'engloutissement familial
qui s'est produit dans la terre. Nos textes disent aussi que Qora'h a
fait téchouva, pénitence, juste avant l'engloutissement
et c'est de lui que le Cantique de 'Hanna dit que D.ieu fait mourir et
revivre car il est tombé au Chéol, le 7e et dernier
niveau de l'enfer du guéhinom et il en sera remonté.
Le judaïsme est d'un optimisme constant.
V - Conclusions
Cet épisode doit être longuement médité
et analysé jusque dans ses implications personnelles.
Rabbéinou Bé'hayé
nous donne quelques enseignements qu'il formule à travers le livre
des Proverbes et d'autres :
- celui qui se fie à sa richesse succombera (Qora'h et Amane
furent les hommes les plus riches du monde), mais le tsaddiq récoltera
ses fruits ;
- celui qui prie pour son ami alors que lui-même manque, sera
exaucé pour soi-même ; celui qui ne prie pas pour son ami
en sera puni ;
- le tsaddiq qui persévère dans la confiance en
Hachém sera vite exaucé. Lire cela en
Michlé,
Proverbes 1, 27-28.
- Il est indispensable que nous éliminions de toutes nos relations
et de nos pensées, chacune des attitudes de Qora'h. C'est l'exercice
que nous devons entreprendre après cette paracha. Nous pouvons rechercher
avec notre conjoint, avec nos amis, avec notre groupe d'étude
comment y parvenir, et reprendre l'analyse détaillée de ce
commentaire.
- Lire maintenant la paracha pour y retrouver tous ces enseignements dans
les épisodes de la femme de One et de celle de Qora'h
Cet épisode doit aussi être longuement médité
et analysé jusque dans ses implications sociales actuelles.
Il est indispensable que nous éliminions de toute notre
vie sociale et politique mais aussi de nos relations et de nos pensées,
chacune des attitudes de Qora'h.
Cela doit nous faire réfléchir sur l'enjeu de la mission
d'être Juif. Nos valeurs ne sont pas exactement réductibles
aux valeurs collectives et démocratiques, nos procédés
ne peuvent pas être ceux qui puisent hors de la Torah. Combien de
fois les peuples attaquent les Juifs selon les mêmes tactiques,
combien de fois, nous attaquons nous-mêmes ceux qui essayent d'enseigner
la Torah et exploitent les défauts humains qu'ils peuvent manifester
pour nous dispenser d'entendre le message qu'ils véhiculent cependant.
Si l'Etat actuel d'Israël a écrit dans ses lois fondamentales
qu'il est un Etat juif, cela veut dire que sa politique doit être
basée sur ces valeurs. Tout n'est pas perdu mais il y a encore
un énorme travail éducatif à réaliser car
beaucoup des responsables ignorent tout de cette richesse du judaïsme
et ils pagaient en pagaille en utilisant au hasard les diverses idéologies
sans connaître sérieusement leur propre tradition intellectuelle.
Ceux qui la connaissent sont coupables quand ils ne l'enseignent pas
à l'ensemble de la nation et n'interpellent pas, ou quand ils restent
loin. Moché est allé au coeur de l'affrontement, pour sauver
tout son peuple et il ne s'est pas replié dans une "communauté".
VI - Second niveau pour étudiants avancés
Lectures : Bémidbar Rabba ch. 18. Traité Péssa'him
119 a. Traité Sanhédrine 110 a.
Le niveau du réméz
Ce niveau n'est pas différent de tout ce qui a été
dit ci-dessus et il en suppose la connaissance précise dans les
références des commentateurs, du middrache et du Talmud.
Il permet seulement à ceux qui connaissent bien cet ensemble
d'en trouver des indices nombreux dans d'autres passages de la Torah ou
dans d'autres époques. Ces allusions (réméz)
se font sur le jeu des lettres et des chiffres que les lettres indiquent
(guématria).
Ainsi, donnons un seul exemple, Qora'h renouvelle envers Moché
le duo et la haine de Qaïne (Caïn) envers Hévél
(Abel). Moché en est conscient mais il réussit, lui,
à bien réagir et à faire la réparation, le
tiqqoune
(lien ici) ; cela est indiqué par les guématriotes
: Hévél (37) + Qora'h (308) = Moché (345).
C'est notre tâche : peu importent nos manques ou nos défauts,
ou nos torts, nous sommes là pour améliorer et faire un
tiqqoune, une téchouva, un retour.
De multiples combinaisons des lettres de la Torah montrent aussi clairement
que Qora'h, au contraire, a développé la part de mal qu'il
y avait à la fois en Caïn et en Abel. Cela est résumé
dans le premier mot de la paracha : Qora'h "prit", vayaqa'h
Qora'h.
Sommes-nous des gens qui "prenons" ou des gens qui donnons et recevons
? Tout est là.
Poèmes en résonance
avec la paracha
Le combat de l'encens
Au barbare indélicat
qui écrase les fleurs,
au riche parvenu
qui humilie les pauvres,
à l’homme brut qui sait tout
et méprise les femmes,
au paon d’intelligence
ivre de ses sophismes
et valet de nos princes,
j’opposerai toujours l’encens
simple,
impalpable et troublant
qui pénètre et entête
et dissout tous les masques.
Fils du peuple de la rosée
et de l’encens,
je récite chaque jour sa recette
aux trois cent soixante huit
doses secrètes
qui dissipent la mort
des mots.
Nous verrons qui vaincra.
Yehoshua Ra'hamim Dufour
Autre poème : Moché
tombait
Je voudrais ici ajouter un commentaire important du Rav Chalom Messas,
zal, (Vé'ham haChéméche 2 tomes) qui
reliera la paracha précédente et celle-ci. En effet, il
ne s'agit pas d'opposer de façon stupide les religieux et les politiciens
comme si c'étaient des camps différents: ceux qui vivent
selon la Torah pour le bénéfice du peuple et les exploiteurs
qui ne vivent que pour soi. Ces deux dimensions de Moché et de
Qora'h peuvent se jouer chez les mêmes personnes. Prenons un exemple
chez deux personnages que la Torah présente également comme
remarquables: Yehoshua et Caleb, dans la paracha précédente.
Le Rav se pose la question: pourquoi Moché a-t'il béni Yehoshua
et non pas Caleb avant leur mission?
C'est que Moché savait que Yehoshua était avant tout un
serviteur fidèle et quelqu'un qui vivait continuellement dans l'étude
et excellait parfaitement en tout cela. Mais il n'avait pas la même
sensibilité aussi intense à ce qui constitue la terre d'Israël
alors que Caleb l'avait, et il avait un sens "léoumi"
(national) plus développé que Yehoshua. Moché ne
craignait aucunement de la part de Calev mais il a compris que Yéhoshua
avait besoin d'un renforcement par sa bénédiction.
Aujourd'hui encore, de nombreux Sages peuvent être éminents
dans l'étude de la Torah ou dans le service de la communauté
mais ne pas avoir la même conscience de l'importance divine et reliée
aux mitsvotes que représente la terre d'Israël et le lien
nécessaire du peuple à cette terre de façon concrète
et actuelle.
Et le Rav ajoute (non pas contre les politiciens) : "on a beaucoup
à apprendre de cet épisode de Caléb et Yéhoshua;
même les tsaddiqim de cette génération-ci,
ils ont à tirer des leçons de cette paracha, et ne vous
offusquez pas de cela, car c'est bien sur cela que la Guémara a
dit que la destruction du Temple a été basée, de
ce que tous les tsaddiqim n'ont pas ressenti la perte et n'ont
pas pris le deuil pour cette destruction de Jérusalem. Et même
dans le Saint des Saints, il y a alors une atteinte profonde qui y est
portée. Et cela nous a été dit pour chacune des générations
en ce qui concerne le manque de ressenti et de conscience pour la grandeur
de la terre et pour sa sainteté. C'est une atteinte qui continue
et se développe encore à notre époque".
Il était nécessaire d'apporter la force des paroles du Rav
Chalom Messas, zatsal, pour tenter de
réveiller ce manque de sensibilité. Combien de
fois je reçois des lettres me formulant des louanges sur tout ce
que le lecteur apprend dans le site et me disant: "en ce qui concerne
la terre d'Israël, nous n'avons pas les mêmes idées
politiques". Et je réponds tout le temps: "il ne s'agit
pas de politique, mais de la sainteté de la terre d'Israël,
de ce lieu comme présence de la Chékhina, comme lieu
de résidence de la pureté et présence réelle
divine, comme Temple ayant une fonction de bénédiction pour
l'humanité et d'une fonction que nous avons à y remplir
par certaines qualités de relations humaines, de droiture morale,
de justice sociale et de connaissance de Celui qui nous a fait savoir
(Modia) ce qu'Il est pour que nous soyions proches de son dessein et de
Lui, etc".
Tant que cela n'est pas ressenti physiquement, on peut vivre loin
et étudier de loin. Sinon, on n'a de cesse que de vivre là
comme quelqu'un qui aime quelqu'un d'autre et ne veut pas vivre ailleurs
qu'en sa présence et constamment. Et pour toujours.
Si on ne l'a pas, on parlera de "solidarité pour Israël"
comme on parle de "solidarité pour" un pays qui a eu
un tremblement de terre, cela dure le temps d'une petite campagne et on
a autre chose à vivre. Moché avait cette sensibilité.
Caleb également de façon naturelle lui qui était
rattaché à 'Hévrone. Yehoshua l'a intégrée
(par la bénédiction spéciale de Moché qui
la lui a insérée par le youd qu'il a ajouté à
son nom, le faisant passer de Hochéâ à Yéhoshoua,
sans quoi il serait resté un sage de la Torah comme il en existe
qui voient la Torah comme texte et ne sont pas sensibles à la terre
d'Israël, c'est le commentaire classique de nos Sages, non le mien);
ainsi Yéhoshoua a réussi parfaitement à y faire entrer
le peuple et à le guider en cette voie. A la fin de son Livre de
Yehoshua, il est dit que pendant sa vie tout le peuple a accompli la Torah
(allez le lire). Il n'y a point d'autre leader qui ait réussi comme
lui dans cette tâche; il faudrait donc étudier quel fut ce
leadership et le mettre au programme obligatoire de nos leaders.
Moché avait cette vibration interne envers la terre d'Israël,
c'est pour cela qu'il fut choisi pour l'y mener; c'est pour cela qu'il
souffrait tant quand le peuple voulait s'en détourner. Quelle souffrance
il aurait aujourd'hui de voir plus de la moitié des Juifs hors
de cette terre de la présence vivante et divine, de voir autant
de Juifs en France que dans le désert, alors que la possibilité
de se transporter en Israël est immédiate, plus d'un million
dans une ville comme New-York. Mais il souffrirait surtout de tous ces
Sages qui ne souffrent pas de cette distance alors que le psaume
de David dit tant de fois: "pleine de désir est mon âme
pour ton habitation, c'est ma maison, mon nid, je ne veux pas errer parmi
les autres nations mais il me faut être là dans Ta tente",
c'est le psaume 84 et nous le disons chaque jour avant Min'ha.
Pourquoi ne sommes-nous pas bouleversés au point de changer notre
vie? Puisque tout cela est vraiment la Torah. Demandons que la Torah
nous soit plus "sensible".
Vous comprenez mieux maintenant le sens de ce mot Modia ("Je
fais savoir", dit D.ieu à Son peuple "Ma connaissance
que je veux lui faire partager". Voilà pourquoi il y a sur
Modia ces pages sur la terre, et ces photos et ces poèmes, pour
rencontrer la Torah, la terre de la Torah avec la vie qui y est frémissante.
Comme Hachém et Moché disaient: "allez la voir
et la sentir". On vous la sert sur un plateau.
Permettez-moi une confidence (les larmes me montent en vous le disant):
presque chaque jour, quelqu'un me dit "mais avec le classement de
Modia, si tu mettais de la publicité, tu serais millionnaire, pourquoi
ne le fais-tu pas, tu as un tout petit salaire, cela te coûte les
yeux de la tête et surtout tout ce temps te coûte aussi car
tu ne peux pas faire autre chose qui te rapporterait". Je réponds:
"c'est vrai, c'est un gouffre, peut-être que je devrai y venir,
mais j'essaie de tenir car c'est fait lé chém chamayim,
et les lecteurs le ressentent et cela les aide beaucoup à se mettre
en écoute et en question, en relation directe".
C'est cela que Moché nous demandait: c'est pour cela qu'il l'exprimait
dans les parfums dans sa confrontation avec Qora'h. Et le Cantique des
Cantiques se termine sur le mot béssamim, parfums: il faut
ressentir la Torah et la terre d'Israël.
Qora'h ne ressentait pas, il calculait.
Et on perd tout à ce jeu là, c'est ce que David a compris
dans le psaume 73. Dans ce psaume, il était désemparé
par la réussite de ceux qui vivent autrement que "là
et comme" Hachém le demande. Mais il a viré
quand il dit en 73,17: "jusqu'à ce que je pénètre
dans le sanctuaire de D.ieu, âd avo él-miqdéché-El".
C'est ce que Moché espérait faire ressentir aux explorateurs
et à Qora'h: ressentir la présence dans les mots de la Torah
et dans la terre. Il les a donc envoyé, pas en hôtel à
Eilate, mais ressentir le pays et il leur a dressé une liste de
sensations à tester. Qora'h lui aussi a été soumis
au test de sensibilité, et il a échoué et il en a
été mort de facto.
Mais ses fils ont suivi la bonne voie. tous leurs psaumes le prouvent.
Que tous ces exemples et leurs expériences douloureuses ou heureuses
nous ouvrent le coeur et servent vite pour notre bien. Amen.
Voici le texte du Rav Chalom Messas:
On le voit, ces épisodes de la Torah nous ont été
donnés pour notre vie actuelle, en chaque génération,
car nous y trouvons tellement les problèmes vitaux du peuple d'Israël.
Actualité
constante de la paracha Korah dans la vie juive. Les faits et l'analyse.
Peut-être,
sans que je précise, trouverez-vous des repères de réflexion
dans cette paracha face aux explosions de l'actualité. Cette
semaine, en 2007, le
public est en choc devant les attaques que Avrom Burg commet depuis
son départ vers les affaires à l'étranger:
bien qu'il ait été Président de la Knesset,
il a accompagné son
départ de déclarations anti-israéliennes les
plus sidérantes dont l'une fut publiée dans le journal
Le Monde. Cette fois, il a dépassé toutes limites
en demandant que l'Etat d'Israël n'ait plus aucune référence
au judaïsme (lien
ici). Jamais les ennemis d'Israël ne sont aussi virulents
et personne ne ferait cela chez eux. Burg demande la suppression
de la référence au judaïsme dans l'Etat d'Israël,
la suppression de la loi du retour des Juifs sur leur terre, et
invite tous les citoyens israéliens à prendre un
passeport d'une autre nationalité: jamais un Juif n'a tenu
des propos aussi destructeurs envers IsraEl ("Avraham Burg,
former Knesset speaker and former head of the Jewish Agency says "to
define the State of Israel as a Jewish state is the key to its
end. A Jewish state is explosive. It's dynamite." In an interview
in Haaretz Weekend Magazine, he said that he is in favor of abrogating
the Law of Return and calls on everyone who can to obtain a foreign
passport" extrait de l'article de Haaretz). La
vie d'un Juif sur sa terre entre Juifs n'est jamais en repos mais,
aujourd'hui, il y a un élément nouveau, des Juifs
s'allient aux attaques des
non Juifs envers l'Etat juif. Le combat pour la vie s'intensifie.
Le Talmud de Babylone
a analysé avec précision comment fonctionne l'attitude de certains
Juifs qui rejoignent les attentes de l'ennemi et vont dans leur camp
dénoncer mensongèrement les Juifs. Le Talmud leur trouve même une excuse
s'ils ont été humiliés par leurs frères; mais ce n'est certainement
pas le cas d'Avraham Burg qui, simplement par qu'il est le fils d'un
des humains les plus moraux, les plus intelligents, les plus courtois,
et admiré parmi les Juifs, son père Yossef Burg, et par tous les Israéliens,
a
pu ainsi se
faire
une
carrière
politique
sur
un
plateau, né avec
cette
cuillère
en or dans la bouche.
Evidemment,
ses propos trouvent l'audience la plus grande dans les meilleurs médias
d'Europe quand une
personne vomit contre Israël dans les termes qui peuvent rivaliser
avec les
tristes leaders iraniens. Lisez donc ce
qu'en dit le journal Le Monde (que l'on peut remercier pour ce dévoilement) en
ces termes de destruction répondant
au voeu imaginaire:
"Nous sommes déjà morts" : Avraham Burg
attaque l'Etat juif, "ghetto sioniste"
LE MONDE | 09.06.07 | 14h18 • Mis à jour le 09.06.07 |
14h18
JÉRUSALEM CORRESPONDANT
"
Avoir défini l'Etat d'Israël comme un Etat juif est
la clef de sa perte. Un Etat juif, c'est explosif, c'est de la dynamite." Ces
propos sont ceux de l'ex-président de la Knesset de 1999 à 2003
et ex-président
de l'agence juive, Avraham Burg.
M. Burg n'a jamais mâché ses mots, mais, dans un entretien
publié vendredi 8 juin dans le quotidien Haaretz, ce politicien
reconverti dans les affaires va jusqu'à qualifier Israël,
pays qu'il a quitté pour vivre en France, de "ghetto sioniste".
Il considère qu'il est temps de dénoncer la théorie
de Théodor Herzl, estimant qu'après la création
d'Israël, le sionisme aurait dû être aboli. Lorsqu'on
lui demande ce qu'il pense d'un Etat juif démocratique, il indique
: "C'est confortable, c'est sympa, c'est de la guimauve, c'est rétro.
Cela donne un sentiment de plénitude, mais c'est de la nitroglycérine."
Auteur d'un livre, Vaincre Hitler, cet ex-pilier du mouvement pacifiste
La Paix maintenant envisage de remettre en cause la loi du retour qui
permet à tout juif de venir vivre en Israël. Il estime
que cette loi est "le miroir de l'image d'Hitler" et "je
ne veux pas qu'Hitler définisse mon identité".
Ce militant du dialogue avec les Palestiniens qualifie la société israélienne
de "paranoïaque", pense que "la clôture de
séparation procède de cette paranoïa" et s'insurge
contre "la xénophobie". Il constate que "de nombreuses
lignes rouges ont été franchies au cours des dernières
années". Il y a, selon lui, "de bonnes chances que la
prochaine Knesset interdise les relations sexuelles avec les Arabes.
Nous sommes déjà morts mais nous ne le savons pas encore.
Tout cela ne marche plus".
M. Burg compare l'état de la société israélienne à l'encontre
des Arabes à celui de l'Allemagne lors de la montée du
nazisme, mettant en avant "le caractère central du militarisme
dans notre identité. La place des officiers de réserve
dans la société. Le nombre d'Israéliens armés
dans les rues. Où va cet essaim de gens armés ? Ils disent
publiquement "les Arabes dehors !"".
Se définissant comme un citoyen du monde, il qualifie l'occupation
de la Cisjordanie "d'Anschluss" et prédit "une
explosion sans fin". Et de conclure : "La réalité israélienne
n'est pas excitante, mais les gens ne veulent pas l'admettre. Nous sommes
au pied du mur. Demandez à vos amis s'ils sont sûrs que
leurs enfants vont vivre ici. Au maximum, 50 % diront oui. Autrement
dit, l'élite israélienne est déjà partie,
et sans élite, il n'y a pas de nation."
Michel Bôle-Richard
Voici une réaction des Communautés juives en France: UNION DES CONSEILS DES COMMUNAUTES JUIVES DE L’ILE DE FRANCE
20 Avenue de Longchamp 75016 PARIS
Le Président
Sammy GHOZLAN
0609677005
COMMUNIQUE DE PRESSE
PARIS LE 11 JUIN 2007
L'union des Conseils des Communautés Juives de l'Ile de France dénonce
et condamne les propos et les théories inadmissibles de M. Abraham Burg,
ancien président du Parlement Israélien et ancien Président
de l'Agence Juive, qui attaque son propre pays en reprenant les arguties des
antijuifs,et anti-israéliens notoires, prône et annonce la liquidation
de l'Etat juif.
Nous considérons que ce type d'attitude ne peut qu'encourager les ennemis
de cet Etat, comme le président iranien, le Hamas et le Hezbollah, qui
appellent, en d'autres termes (d'un antijudaïsme primaire) à l'éradication
d'Israel et s'y préparent. Les déclarations de Abraham Burg mettent
Israël et les Juifs en grand danger.
Nous rappelons que lors de sa visite en France, cet ancien président de
la Knesset avait provoqué un incident en déclarant aux dirigeants
de la communauté juive de France qu'ils n'avaient pas à se plaindre
de l'antisémitisme en comparaison avec le racisme que les israéliens
font subir aux arabes. M. Sammy Ghozlan, président du Bureau National
de Vigilance Contre l'Antisémitisme, avait alors fustigé Abraham
Burg avant de quitter l'assemblée.
Constatant que la société israélienne se mortifie, s'autoflagelle,
affaiblit son armée de défense, souffre d'un leadership défaillant
et suspecté de corruption, l'Union des CCJ Ile de France s'interroge sur
les conséquences néfastes que risquent d'exercer ces dérèglements étatiques
et ces discours de haine de soi,notamment sur l'alyah des Juifs français
mal à l’aise qui idéalisent Israël.
Nous considérons que l'arrivée en France de M. Burg, qui vient
d'acquérir la nationalité française, constitue un danger
pour notre communauté qu’il déshonore." (Fin du Communiqué).
Voici mon analyse littéraire,
à la lueur des enseignements qui nous ont ouvert la vigilance critique.
A
Jérusalem, il y avait déjà eu dans le passé un
scandale quand un des membres de la communauté s'était
porté volontaire pour traduire
en
français
ses propos afin qu'il paraissent dans Le Monde. La voie était
ainsi frayée dans la presse européenne contre Israël.
Le Monde définit l'auteur de ce livre comme "ce politicien
reconverti dans les affaires", effectivement dans une très
sale affaire, celle d'une prose qui est la persécution du peuple
d'Israël
par les mensonges et les insultes. En effet:
- ses fantasmes de
destruction d'Israël: "Avoir
défini l'Etat d'Israël comme un Etat juif est la clef de
sa perte. Un Etat juif, c'est explosif, c'est de la dynamite." Le
Président iranien irrite le monde en parlant ainsi.
- le mensonge insultant: "Israël, ghetto sioniste".
En effet, la majorité du peuple juif en Israël n'est pas
là comme militants de partis à l'idéologie politique
sioniste et ils ne montent pas en Israël pour de tels motifs, mais
parce que c'est la réalisation courageuse
de l'espérance multi-millénaire inscrite dans la Torah.
- Définir Israël (où nous devons surmonter mille problèmes
constants) comme "C'est
confortable, c'est sympa, c'est de la guimauve, c'est rétro."
est un mensonge, pis: une falsification et un besoin de faire caca comme
un gosse de trois ans en pleine crise anale (normale à cet âge
mais plus
à l'âge adulte).
- Ses fantasmes de destruction violente se vomissent sur la page: "
Cela donne un sentiment de plénitude,
mais c'est de la nitroglycérine."
- Il n'y a pas de limite, dans ces fantasmes de littérature caca
en faisant de cette merveilleuse réalisation de la proposition
et demande divines dans la Torah un résumé en ces termes: "Auteur
d'un livre, Vaincre Hitler, cet ex-pilier du mouvement pacifiste La Paix
maintenant
envisage
de remettre
en cause
la loi du
retour qui
permet à tout
juif de venir vivre en Israël. Il estime que cette loi est "le miroir
de l'image d'Hitler" et "je ne veux pas qu'Hitler définisse
mon identité".
Analysons: comment comprendre une telle falsification profanante? Je suis monté en
Israël
avec mon épouse dont toute la famille a été exterminée
dans la Choa, mais nous ne sommes pas des miroirs de l'image d'Hitler (sauf dans
la tête particulière
d'Avraham Burg, ils y a des psychoanalystes pour traiter ces fantasmes que l'on
projette),
nous
sommes
montés
et
ma
femme
est
montée
simplement
parce que
c'est la plénitude de l'aspiration de toutes les générations
au milieu de tous les obstacles y compris l'assimilation qui fut l'obstacle majeur
de cette démarche.
En somme, Avrom Burg fait sa psychanalyse dans son livre et il ne parle que de
lui-même et révèle sans pudeur aux lecteurs ce qu'il est
intérieurement. En ce sens, voici
ce que j'ai écrit
dans le commentaire de la paracha
Michpatim (lien ici):
La projection
Cette conception juive du regard-source permet aussi de contrôler ce que
l'on appelle aujourd'hui en psychologie "la projection" (ha achla'ha).
Cela consiste à projeter inconsciemment sur autrui les dimensions négatives
qui sont en nous, depuis notre source intime et par le regard. Nous avons alors
la certitude que l'autre est mauvais et nous en avons la confirmation parce que
notre regard le détecte réellement, dans la réalité.
En fait, nous avons projeté sur lui, à partir d'un indice exact
et provocateur, le mal qui est le nôtre et nous l'ignorons; ce que la tradition
appelle, à partir de notre part d'instinct qui se relie au mal, le yétsér
harâ.
Et cela nous permet alors de pratiquer le rite du bouc émissaire
sur autrui : nous le chargeons ainsi de nos défauts
que nous ne voulons pas reconnaitre en nous, et nous disons que c'est
lui qui est
comme ceci ou cela. En fait, chaque fois que nous n'aimons pas un trait
que nous remarquons chez autrui, nous devrions nous poser la question
: n'est-ce pas un trait qui me caractérise quelque peu ?
Projeter ainsi notre mal sur autrui vise à nous en soulager;
mais alors, le mal reste ainsi en nous, nous avons simplement compliqué la
relation.
La tradition connaît tout cela depuis des millénaires et
l'exprime par cette phrase de Qiddouchine 70 a :
kol happossél, bémoumo possel
"
tout celui qui disqualifie autrui sur un point, c'est à partir
de son propre mal qu'il met en cause autrui".
Ce phénomène est si puissant qu'elle dit "quiconque,
kol " disqualifie autrui... Pas de divergence entre la
psychologie et le judaïsme car il s'agit du même être
vivant créé." (fin de la citation, se reporter à tout
le commentaire).
Que Burg ait le besoin de révéler à tous ses fantasmes intérieurs et
la projection affreuse qu'il en fait sans réalisme sur Israël est son
problème. Mais cela est injurieux, et aussi sans aucune valeur intellectuelle.
Il n'a plus de limites dans les fantasmes: Le Monde remarque qu'il y
a, selon lui, "de
bonnes chances que la prochaine Knesset interdise les relations sexuelles
avec les Arabes.
Nous sommes déjà morts mais nous ne le savons pas encore.
Tout cela ne marche plus". Il a raison, cela ne marche plus dans sa
proche et en lui. Le délire total.
Le Monde continue: "M. Burg compare l'état de la société israélienne à l'encontre
des Arabes à celui de l'Allemagne lors de la montée du
nazisme". L'injure est immonde, les discours les plus fous actuels qui
soulèvent l'indignation des Nations Unies contre les attaquants verbaux
envers Israël ne vont même pas jusque là. Je ne suis pas sûr que Mr Burg
ait passé les années que j'ai passées à l'étude de l'arabe, du Qoran,
des commentaires et de la culture arabe et musulmane, avant même mon
alyah et depuis, afin de bien comprendre autrui ici, de le respecter,
de découvrir le bien et non seulement de le voir en conflit. Ce n'est
pas pour autant que je m'identifierai à des ennemis quand il y en a dans
cette culture. Combien de fois, j'ai interpelé des activités juifs antiisraéliens
et découvert qu'ils ignorent tout de la culture arabe; simplement ils
sont dans ces mécanismes que décrit Burg. Et l'ennemi ne va pas jusque
là.
Et Le Monde, en arrive à la conclusion de Burg: "de conclure : "La
réalité israélienne
n'est pas excitante, mais les gens ne veulent pas l'admettre. Nous sommes
au pied du mur. Demandez à vos amis s'ils sont sûrs que
leurs enfants vont vivre ici. Au maximum, 50 % diront oui. Autrement
dit, l'élite israélienne est déjà partie,
et sans élite, il n'y a pas de nation."
Ici, on vient de dépasser le mur du çon de l'inconscience venimeuse.
Il vaudrait mieux en rire mais il n'y a même pas là d'humour risible.
Burg a quitté Israël et il déclare que "l'élite
israélienne est déjà partie". Qu'il soit rassuré,
l'élite qu'il prétend être se situe dans des dimensions de vomissement
agressif, d'une forme pornographique et pathologique par son manque de
pudeur et sa vulgarité pour parvenir à penser de lui-même, dans son univers
mental particulier qu'il est l'élite".
Je n'ai jamais entendu un seul militant politique regrettant son départ,
on comprend pourquoi.
Avrom Burg a choisi de quitter Israël pour faire des affaires, c'est
son choix mais dire que par cela: "l'élite israélienne
est déjà partie, et sans élite, il n'y a pas de
nation" cela dépasse encore les sophismes de Korah; on n'ose même
pas qualifier un tel processus intellectuel, ou plutôt non intellectuel.
L'élite est restée en Israël, tous ces humains qui très difficillement
tentent de construire, le payent de leur artgent, de leur fatigue, de leur
vie souvent. J'ai été comme beaucoup dans plusieurs attentats, mon épouse
a payé très chèrement les difficultés de la alyah mais nous avons gardé
jusqu'au bout la conscience de la joie et du bonheur, tout le site et ses
photos en témoignent. Et aussi notre tentative de coexistence dans le respect
d'autrui et des autres cultures, toutes; cela aussi vous en avez le témoignage
sur le site.
J'ai eu l'occasion de rencontrer le père, Yossef Burg, et j'ai comme tous,
admiré sa culture, son judaïsme, sa tolérance, sa finesse dans la pensée,
dans les relations, dans l'expression verbale. Une antithèse. Avrom Burg
a tenté de réaliser la mort psychanalytique du père en politique et dans
ses mots. Evidemment, il n'a pas réussi. Son livre est encore un échec
à répétition. On lui souhaite
de réussir dans "les affaires". Autre sorte de "valeurs".
Son livre, cela lui fera plaisir, a fait parler de lui, et a laissé
un grand vide. Un vide total, celui de la réalité et de la pensée. A
côté de ce vide, il y a l'immense et enseignant héritage pour tous du
père
Yossef
Burg.
Korah
n'a pas réussi
à tuer Moché notre Maître.
Moché
lui a répondu par les parfums. Ce mot "parfums" est le dernier du Cantique
des Cantiques. Yossef
Burg avait ce niveau et nosu l'enseignait. Israël n'est touché en rien
par le vide et le vomissement de ce livre. Il ne
concerne que l'auteur.
Il apportera cependant un peu: à ceux qui, dans les mouvements dits pacifistes,
passent leur temps dans un érotisme sadomasochiste envers Israël. Il
vont découvrir en ce livre, comme dans un miroir, la vérité de ce qu'ils
font
et disent et seront horrifiés. Pour cela, merci Avrom Burg. Un livre
nul. Il s'est deshabillé publiquement et s'est ainsi soumis à la critique
littéraire. C'est son choix. Chacun est libre de choisir son style d'existence.
A qui parle t'il dans son monde intérieur en éructant tout cela? Ce n'est
pas notre problème. Nous continuons à essayer de construire, ici, tous
ensemble, entre nous et avec nos voisins. Et des milliers montent sans
cesse pour ce bel idéal et cette belle tâche.
|
-- |