Une précision préalable et importante: les
populations musulmanes n'ont aucune pratique d'idolâtrie et ce
texte ne parle pas de l'attitude politique à avoir envers cette
population musulmane. La Torah parle de tout autre chose.
2. Le premier enseignement de ce verset: avertissement
Hachém a éprouvé le besoin de donner
un avertissement pour préparer les fils d'Israël
avant leur entrée sur cette terre qui est la Sienne et qu'Il
leur donne (voyez le premier commentaire de Rachi en début de
la Torah). C'est le premier point important à comprendre. Sans
cet avertissement divin, en effet on ferait une erreur capitale sur
ce qui se passe sur cette terre-là. Or, ceux qui pensent faire
leur alyah de façon lointaine ou immédiate n'ont généralement
pas eu connaissance de cet avertissement, ils ne l'ont pas même
remarqué; ils n'ont donc pas les moyens de répondre à
leurs appréhension ni même de comprendre les difficultés.
L'avertissement divin indique aussi que la situation sera tellement
périlleuse qu'il a eu le besoin de nous mettre en garde. Afin
que nous sachions ce qui va se passer et nous pourrons alors surmonter
l'obstacle.
3. Le second enseignement: expliquer que la Chékhina
elle-même est encerclée.
"Il est possible de comprendre l'allusion de ces versets avec les
suivants comme le fait que la Chékhina qui est notre force
et la Royauté des Cieux, elle est bloquée entre les écorces
(qlipotes)."
Commentaire explicatif.
On aurait pu imaginer que D.ieu, ayant dit aux enfants d'Israël
d'entrer sur la terre promise, les obstacles tomberaient d'eux-mêmes
puisque D.ieu est le Tout-Puissant, et que aucune force n'a de prise
sur Lui. Justement, le Rav nous montre que la Torah nous dit autre chose
et c'est pourquoi cet enseignement nous est transmis.
En effet, la Torah, n'est pas un livre d'histoire qui nous raconte des
faits anciens; elle nous en raconte simplement certains dans la mesure
et sous une forme qui soient un enseignement pour toutes les
générations car elles en auront toutes besoin.
Cela étant compris, Hachém a eu besoin de donner
cet enseignement en raison du fait que le séjour de ces nations
idolâtres et immorales sur cette terre sainte a un sens que l'on
doit comprendre et vis-à-vis duquel nous aurons une tâche
à accomplir. Il ne s'agit pas d'une expulsion administrative
de population.
Concrétisons ce que nous venons d'apprendre: pour entrer
sur la terre d'Israël, il ne suffira pas de se renseigner en allant
écouter quelques conférences enthousiasmantes, de demander
à son rabbin si c'est le moment ou non de monter, de prendre
des renseignements à l'Agence juive, de régler les formalités
d'impôts dans le pays que l'on quitte, de faire les équivalence
de diplômes auprès de l'administration israélienne,
de prévoir l'emploi, d'aller à l'oulpane apprendre l'hébreu,
etc. Tout cela est à faire (lien
ici) mais n'est en rien suffisant. La Torah nous dit même
que ce n'est pas l'essentiel. Cet essentiel le voici.
5. Pourquoi et comment est la Chékhina
sur la terre d'Israël, enseignement du Roi David.
Il faut le préciser pour
comprendre ensuite ce que veut dire
cette situation coincée qui est celle de la Chékhina
sur la terre d'Israël. Voyons-le.
N'oublions pas que Ribbi Yaâqov Abou'hatséra ne fait que
nous commencer le verset de la Torah prescrit par
Hachém
de transmettre et d'expliquer aux fils d'Israël avant leur alyah
et pour la réussite de leur alyah.
Ma traduction sera développée:
"l'essentiel qu'il y a dans cette situation de la
Chékhina
coincée entre ces écorces, se joue dans l'étape
de descente de la bénédiction nommée
netsa'h-hod-yéssod,
comme cela est écrit dans les Proverbes 5,5:
ragléya
yorédote mavéte, ses pieds descendent vers la mort,
ce qui veut dire que
netsa'h-hod-yéssod se trouve en une
zone qui est constituée de rigueurs terribles qui sont ces écorces".
Ne soyons pas surpris de ne pas comprendre immédiatement; comme
pour tout nous l'ignorons avant de l'étudier et nous le comprenons
facilement ensuite.
Ne craignez rien, nous ne sommes pas partis dans la caballe ésotérique
réservée à des initiés. En effet, chaque
Juif depuis sa bar-mitsva récite dans la prière du matin
ce texte du Roi David (I Chroniques 2, 10-13):
Et David bénit
Hachém sous le regard de toute l'assemblée
et David dit :
Béni est-Tu
Hachém, D.ieu d'Israël, notre
Père depuis toujours et pour toujours.
"A Toi,
haguédoula (la grandeur),
véhaguibora
(et la puissance),
véhattiféréte (et la
beauté),
véhanétsa'h (et l'autorité victorieuse),
véhahod (et la splendeur),
ki kol ba chamayim véhaaréts
(car tout t'appartient dans les cieux et sur la terre, c'est
yessod),
lékha Hachém hammamlakha (à Toi
Hachém
est le royaume, c'est
malkhoute), et elle s'étend sur
tout essentiellement".
Que sont tous ces titres? C'est la reconnaissance par nous des 7 étapes
du processus de la descente de la bonté divine qui crée
le monde et la soutient dans l'existence et dans la bonté à
chaque instant. C'est cela la nature véritable des choses, la
véritable physique du monde, la véritable sociologie et
psychologie du monde qui n'existent que par ce flux structuré
et bon. L'état final est le royaume (
malkhoute) et la
présence de la
Chékhina dans le monde.
Que les cabalistes aient ensuite établis une connaissance approfondie
de tout cela dans leur langage technique n'est pas notre niveau ni notre
propos. N'utilisons pas ce fait pour jeter ce texte et cette prière
que doivent comprendre et dire tous les Juifs chaque jour. Et c'est
à cela que fait allusion le verset de la Torah sur l'entrée
en Israël et le commentaire du Rav.
Il nous explique que toutes les 3 premières étapes sont
faciles car elles sortent de
Hachém:
"A Toi,
haguédoula (la grandeur),
véhaguibora
(et la puissance),
véhattiféréte (et la
beauté)".
Cette dernière est le don de la Torah qui est nommée
tiféréte
(la beauté).
Chacun a l'expérience que la difficulté commence ensuite:
pour connaître la Torah, en vivre et l'appliquer;
c'est ce que dit le Rav quand il explique que la difficulté se
trouve dans les 3 étapes suivantes qui nous séparent de
la plénitude de la dernière étape (royaume ou
Chékhina
ou
malkhoute).
Comme il l'a dit le blocage se trouve dans les étapes 4-5-6 de
diffusion ou descente de la bonté divine qui sont
véhanétsa'h (et l'autorité victorieuse),
véhahod (et la splendeur),
ki kol ba chamayim véhaaréts
(car tout t'appartient dans les cieux et sur la terre, c'est
yessod
ou
chalom ).
Il suffit de bien regarder que les deux mots
véhanétsa'h
(et l'autorité victorieuse),
véhahod (et la splendeur)
correspondent à nos dimensions "masculin et féminin"
dont l'ajustement est si difficile. Nos textes disent que, même
pour D.ieu, réussir l'union d'un couple c'est plus difficile
que le miracle de diviser les eaux de la Mer Rouge! Prenons-le avec
humour. Et cette union, si on réussit à la faire c'est
l'étape 6 de l'union nommée par David:
ki kol ba chamayim
véhaaréts (car tout t'appartient dans les cieux et
sur la terre), c'est
yessod et
chalom et être des
tsaddiqim, des justes.
Désormais, quand nous prions le matin et dirons ce texte, nous
comprendrons mieux ce que nous disons avec le Roi David, et quelle action
constructive nous faisons pour nous-même et pour l'ensemble du
monde.
6. Pourquoi et comment la Chékhina
est coincée sur la terre d'Israël, enseignement de
David.
Maintenant que nous avons intégré ce plan d'ensemble,
revenons à notre traduction développée:
"l'essentiel qu'il y a dans cette situation de la Chékhina
coincée entre ces écorces,
se trouve dans l'étape de descente de la bénédiction
nommée netsa'h-hod-yéssod,
comme cela est écrit dans les Proverbes 5,5: ragléya
yorédote mavéte, ses pieds descendent vers la mort,
ce qui veut dire que netsa'h-hod-yéssod se trouve en
une zone
qui est constituée de rigueurs terribles qui sont ces écorces".
Effectivement, les guerres dans le monde, les luttes politiques sans
pitié, sont souvent l'oeuvre des hommes au masculin qui ne
laissent aucune place à l'équilibre de vie porté
par les femmes qu'ils éliminent de toute la vie sociale pour
jouer seulement entre eux, mâles, aux jeux de la mort avec toute
la puissance de l'argent des médias. Et, comme des complices
idiots, nous nous laissons prendre à leur jeu mortifère
et leur donnons le plaisir chaque soir ou à chaque heure de
venir regarder la suite de leurs jeux cruels à la TV ou à
la radio ou dans les journaux.
Et nous offrons à nos enfants des jeux cruels à l'ordinateur
pour bien les préparer à êtres cruels envers autrui
plus tard comme les autres et continuer à ce que le monde aille
mal. C'est amusant.
Nous sommes les esclaves que les Romains amenaient contempler les
jeux de gladiateurs s'entretuant, pour mieux dominer le peuple, et
ils bâtissaient ces amphithéâtres partout dans
le monde pour dominer ainsi. Seuls les dénonçaient nos
Sages, sur la base de ce que nous étudions, et les Romains
leurs enlevaient la chair à vif pour faire taire ces voix de
vérité. Nos Sages mourraient mais la transmission a
continué et les Romains ont disparu. Non, les puissances dominantes
actuelles ont pris leur succession et elles sont actuellement en train
d'anéantir systématiquement tout le continent africain
par leur système de perversion uniquement pour en faire de
l'argent. Et ce n'est qu'un petit exemple..
Nous voyons aussi cette concrétisation de l'échec du
masculin-féminin dans la crise mondiale des couples, et dans
la difficulté de réussite quotidienne pour tout couple.
Nous comprenons maintenant aussi pourquoi le Rav décrit cela
par ces mots: "les Proverbes 5,5: ragléya yorédote
mavéte, ses pieds descendent vers la mort, ce qui veut
dire que netsa'h-hod-yéssod se trouve en une zone qui
est constituée de rigueurs terribles qui sont ces écorces".
Nous comprenons aussi que la plénitude de la dernière
étape que l'on nomme malkhoute est la suite de l'union
du masculin et du féminin (nommé aussi cieux et terre,
comme D.ieu dit qu'en créant les cieux et la terre, Il a tout
créé en couple) et elle est dans un état de déficience
par l'étranglement causé par cette difficulté
de coexistence humaine et d'union heureuse en yessod-chalom.
C'est cela le problème de la terre
d'Israël qui est le dévoilement clair du projet divin
à nos yeux et aux yeux des hommes, d'où l'attaque continue
des puissances mondiales contre cette terre et ceux qui la représentent.
Nous avons compris aussi ce que de nombreux versets du Tanakh ont
exprimé en prenant les initiales de ces étapes de blocage
(N-H-Y ou néhi) netsa'h-hod-yessod qui est nétsa'h
(l'autorité victorieuse), hod (la splendeur), ki
kol ba chamayim ouvéhaaréts (car tout t'appartient
dans les cieux et sur la terre, c'est yessod). C'est ce que
Ribbi Yaâqov Abou'hatséra va maintenant nous démontrer:
que le Tanakh (la Bible) nous parle de cela en de nombreux endroits.
Encore une fois, ce ne sont pas des théories, c'est le commentaire
fait par Moché aux fils d'Israël avant leur alyah, sur
la prescription précise de D.ieu. Modèle donné
par Moché rabbénou pour tout représentant de
l'Agence juive. Recyclez-vous si vous ignoriez cette part essentielle
de votre message professionnel ;-))
7. La phase dangereuse (preuve par Jérémie)
Nous comprenons maintenant pourquoi Ribbi Yaâqov Abou'hatséra
commente ce verset en prenant appui sur le mot néhi
(netsa'h-hod-yessod) et sur son contexte dans Jérémie
9,18...:
"On entend une clameur plaintive s'élever de Sion: quel
désastre nous avons subi! Que notre confusion est extrême!
Nous devons quitter notre pays, on a jeté bas nos demeures!
Oui, écoutez, ô femmes, la parole de Hachém
et puissent vos oreilles recueillir que dit sa bouche! Apprenez à
vos filles les lamentations (néhi), enseignez-vous
mutuellement les complaintes. Car la mort est montée par nos
fenêtres...".
Nous comprenons bien toutes les logiques de ce texte maintenant:
- la terre (malkhoute ou royauté de la présence
divine) est partiellement vidée de sa bénédiction.
- le féminin souffre (hod est bien le lieu du blocage
car il n'y a pas l'union du masculin nétsa'h et du féminin,
et hod ne peut pas laisser passer la bénédiction
vers la suite que sont yessod et la plénitude finale
de la royauté malkhoute).
- quand le flux de la bénédiction est ainsi perturbé,
c'est la confusion qui joue. Et, alors, les ennemis détruisent
le pays et ses habitants.
Prenons une image. Des touristes rêvent d'aller visiter une
centrale nucléaire où il y a les plus grands savants.
C'est le clou du voyage ou de leur vie. L'ambiance était au
zénith dans le car qui les amène, on chante. Et puis,
avant de commencer à entrer, un expert en blouse blanche avec
un ton sérieux vient expliquer toutes les précautions
qu'il faut prendre parce que la méconnaissance des règles
de prudence, ou le non respect de ces règles conduirait à
des catastrophes pour tout l'environnement et aussi pour les vies
humaines. On se rapprochait de la vie, et on nous révèle
que c'est dangereux.
Il leur apprend aussi que ce lieu est l'objet de convoitises continues
et d'attaques pour lui nuire et le détruire, alors que c'est
un lieu expérimental d'où peut sortir un bien-être
immense pour beaucoup de populations dans le monde. Et de citer toutes
les attaques déjouées, et la catastrophe qui s'est produite
quand les habitants du lieu, ces professionnels n'ont pas respecté
toutes les règles: par deux fois des ailes de la station ont
été détruites, faisant morts et blessés.
L'ingénieur explique la grande compétence et responsabilité
de tous ceux qui habitent sur le site et combien leur bonne entente
est la condition de base pour qu'il n'y ait pas de catastrophes mais,
au contraire, un développement spectaculaire pour le bien de
l'humanité. Cela semble très sérieux aux visiteurs
et une grande partie du groupe dit à leur guide: renonçons
à la visite et allons à Disneyland.On nous a créés
avec la liberté de choisir.
En un mot, le néhi (passage bon et facile dans la prière
de David, par netsa'h-hod-yéssod pour répandre
la vie et la bénédiction) peut devenir néhi-lamentations.
Tout le problème est posé en cette seule phrase; les
pions sont bien posés. C'est ce que dit la phrase de la Torah:
"- il y a la bonne terre qui correspond aux 7 étapes de
David qui réussissent;
- mais il y a aussi sur place toutes les possibilités de bloquer
(ce qui est autre, idoles, mauvais usage) et ce serait la catastrophe.
- sachez que vous entrez sur une terre très spéciale
où c'est la vie ou la mort qui se produiront".
Et c'est à cela que fait allusion le verset (Bémidbar
18,7) de la paracha Qora'h disant que le travail du Cohen est une
fonction privilégiée et "l'étranger qui
la prendrait en mourrait" (hazzar haqarév youmate).
Il en est de même pour le peuple juif: s'il se comporte comme
des non-Juifs dans sa tâche ou sur sa terre il en mourra, comme
si l'ingénieur de la centrale se comportait comme un non-averti.
En effet, le peuple Juif est Cohen (en fonction) parmi les nations.
Ceci est mon commentaire explicatif. Je dois passer sur des démonstrations
beaucoup trop spécialisées que donne le Rav et qui ne
sont pas nécessaires ici.
Preuve par Daniel
Cet enjeu est bien décrit par le prophète Daniel (10,8)
lors de sa vision: on traduit "mon visage s'altéra jusqu'à
en devenir livide" mais Ribbi Yaâqov Abou'hatséra
le cite en hébreu: hodi néépakh (mon hoh,
ma splendeur s'altéra). De l'échec de l'entente, le
blocage du passage de la bénédiction se fait sur le
féminin splendide qui est en tout et en nous même et
qui est le lien producteur de vie.
Le Rav indique que tout cela est résumé dans la phrase
du Cantique des Cantiques qui nous montre que la royauté (malkhoute,
terre d'Israël comme Présence de la bénédiction
bienfaisante) est comme une rose parmi les épines (ké
chochana béïn ha'hohim). Cette image est parfait résumé.
8. Conclusion de cette phase
Passons à l'application concret de cet enseignement. Il
est très précis. En effet, l'avertissement de la Torah
, et le commentaire du Rav, sont de nous faire saisir que c'est sur
la terre d'Israël, que s'y règle un combat très
intense et essentiel pour le monde entre les forces d'opposition et
la descente de la bénédiction divine pour le monde.
Celui qui entre en cette zone doit en être
conscient, sinon il ne comprendra rien à ce qui
se passe, il gèrera mal la situation de danger et la catastrophe
se concrétisera malgré les grands espoirs. Il arrivera
à l'échec et n'aura rien compris. Il ne pourra que gémir,
reprocher au sort ou aux autres.
9. Comment vaincre dans le sens du bien
Maintenant, nous savons théoriquement ce qui se passe sur la
terre d'Israël et autour d'elle et quel est le cyclone dans lequel
vont se placer ceux qui y montent. Effectivement, nous comprenons
mieux ainsi l'histoire passée et l'histoire récente
et actuel de ces espoirs qui tournent en guerres continues, en gestion
lamentable de notre part. Souvent parce que ceux qui nous gouvernent
n'ont pas reçu de formation en ces domaines, et ce n'est pas
à eux les victimes qu'il faut le reprocher. Et beaucoup qui
savent ne transmettent pas.
Mais, après avoir compris cette partie de l'étude, il
reste un autre besoin: comment vaincre dans le sens du bien?
Eclairage par la havdala: deux phases
1. Le Rav prend la phrase de supplication que nous disons lors de
la havdala: Anna Hachém hochiâ nna (Nous t'en
supplions Hachém, sauve-nous). C'est une demande de
nous faire réussir quand nous passons de la bénédiction
du Chabbate au banal et laborieux de la semaine, où les épines
ou les écorces vont se resserrer autour de nous, et autour
du peuple juif. Les lettres initiales de ces mots Hachém
hochiâ nna forment le mot néhi pour demander
que Hachém nous aide en nous aidant à franchir
ce goulot d'étranglement et de lutte. De même dans l'expression
suivante Anna Hachém hatsli'ha nna.
Je n'entre pas dans le détail de la démonstration mais
le Rav montre comment le mot hochiâ comporte en lui l'assurance
que, du côté du C.iel, nous est accordé la capacité
de débloquer le passage de la bénédiction et
d'atteindre avec succès la 6e étape qui est celle de
l'union qui est chalom. Il nous suffira de savoir que, par
ce rite et par ces mots, nous avons cette assurance de la part de
la lumière et de la volonté divine. Nous avons reçu
la réassurance.
2. La seconde phase se jouera donc uniquement
de notre côté. Par notre activité.
Le verset de la Torah Bémidbar 33,52 nous dit de chasser les
habitants, anéantir leurs symboles et idoles de métal,
ruiner leurs hauts-lieux. Qu'est-ce que cela veut dire maintenant
puisque nous parlons là d'un scénario continu pour toute
l'histoire humaine?
Nous comprenons qu'il s'agit de repousser ces forces négatives
qui oppressent (on appelle cela les extériorités, les
'hitsonim) et de supprimer toutes les fausses solutions illusoires
(idoles, métal, supériorités vaines représentées
par les hauts lieux, alors que Jérusalem est une colline modeste
en dessous des autres, un autre ordre). Comment?
10. Notre action
Elle comporte deux règles:
-1. Première règle: Réaliser que toute
la solution à ce problème que nous pourrions nommer
problème régional de la paix par la bénédiction,
a été remise entre nos mains. La Torah le dit:
"C'est ainsi que vous conquerrez la terre, véhorachtém
éte haaréts (Bémidbar 33,53). Le Rav l'explique:
"Il y a dans les mains des enfants d'Israël
la force et le pouvoir et le droit à repousser les forces
d'extériorité qui bloquent en la phase de néhi
et empêchent d'atteindre la réalisation du royaume".
Il redit encore et encore: "hakol talouï béyad
béné Yisrael, tout est suspendu
dans les mains des enfants d'Israël".
Il met une loupe sur cette capacité que nous avons et qui est
dite en ce verset, elle avait été dite et redite plusieurs
fois à Yehoshua dans le premier chapitre de son livre: donc
"'hazaq vé émats, sois fort et courageux"
'hazaq vé émats, sois fort et courageux
'hazaq vé émats méod, sois très
fort et courageux .
Et le Rav fait remarquer ailleurs que cette répétition
triple du mot 'hazaq (115) a la guématria de Moché
(345), pour bien nous indiquer à chacun que Moché est
parvenu à réaliser ce qu'il a
réalisé par ce courage personnel qui nous est maintenant
demandé à chacun sans nous abriter sur le mensonge
que nous n'en serions pas capables.
Le Rav montre alors le passage du mot hochiâ à
chalom par les lettres chine et âyine (370)
qui ont la même guématria en montre la possibilité.
Modestement, en espérant ne pas me tromper, nous remarquons
que ce mot hochiâ a les mêmes lettres que le nom
Yéhoshua avec le hé final de réussite,
ce qui permet de bien comprendre qu'il était en tout son être
marqué par la capacité de faire
ce passage bien qu'il n'était pas Moché, mais
parce qu'il était quelqu'un qui étudiait
sans cesse la Torah puis passait à l'action. Et il porte
les lettres du nom divin et ces deux lettres chine et âyine
qui sont appel vers la lumière et qui ont la guématria
de chalom. Le Rav fait des démonstrations précises
de nombreux points probants que je ne développe pas ici.
-2. Deuxième règle: l'action
qui a l'efficacité de transformation est simple, elle est dite
dans la citation ci-dessus: Torah connue-mitsvotes réalisées-
actions bonnes. C'est simple, clair, efficace. Il n'y a
pas à chercher midi à quatorze heures. Le Roi David,
dans le cycle de sauvetage d'Israël que nous avons étudié
du psaume 10 au psaume 20 (lien
ici) prend la même règle dans le psaume 15 à
lire. On y trouve les 11 démarches simples et honnêtes
qui brisent la pression des ennemis extérieurs. Les voici.
"Qui habitera dans Ta tente? qui séjournera
sur Ta montagne sainte?
Verset 2
1. holékh tamim, Celui qui marche dans l'innocence et
l'intégrité.
2. oufoêl tsédéq, agit avec justice.
2. ouomér éméte bilévavo, et dit
la vérité dans tout son coeur.
verset 3
4. lo-raghal âl léchono, qui n'a pas de médisance
sur sa langue.
5. la âssa lé réêhou raâh,
qui ne fait pas de mal à son prochain.
6. né'herpa lo-nassa âl-qérovo, et d'outrage
n'envoie pas sur son proche.
verset 4
7.nivzé béêinav nimas, méprise à
ses yeux le méprisable.
8. vééte-yiré Hachém yikhabéd,
et celui qui craint Hachém il le respecte.
9. nichbâ léharâ vélo yamér,
qui à juré à son détriment et n'en retire
pas sa parole pour autant.
verset 5
10. kaspo lo-natane bénéchékh, son argent
il ne le donne pas avec un intérêt.
11. vécho'had âl-naqi lo laqa'h, et n'accepte
pas de se faire acheter contre l'innocent.
ôssé-éllé, lo yimmote léôlam.
Qu'il fasse tout cela, et il ne chancellera jamais".
Donc, qu'Israël bâtisse un muraille de béton pour
arrêter les ennemis est puéril et inutile s'il en reste
là; elle n'arrêtera rien, et ne fera que prendre des
millions de dollards pour chaque kilomètre construit. Mais
aucune muraille n'a arrêté les ennemis, car l'astuce
de l'intelligence est plus grande. Si Israël
ne prend pas ces trois nouveaux modes de comportement (Torah connue-mitsvotes
réalisées- actions bonnes), il ne vaincra pas. S'il
l'entreprend, il vaincra.
-3. Mais une condition minimale est demandée
en tout cela par la Torah: entrer dans la terre d'Israël.
L a Torah ne dit pas: "D.ieu a dit à Moché de dire
aux enfants d'Israël, allez vivre à quelques milliers
de kilomètres et regardez de loin si quelques uns entrent dans
la terre d'Israël". On peut arriver à lire le texte
en perdant ce sens de la réalité. Et puis un jour on
le retrouve avec évidence. Le Rav l'indique en déclarant
tout cela n'a de valeur que "akhchav chératsou Yisrael
léhikanes laaréts, maintenant qu'il ont voulu entrer
dans la terre". Et, bien que âgé, il est parti vers
la terre d'Israël.
Et le Rav insiste encore en prenant le raisonnement en sens inverse
dans la citation ci-dessus:
vé im béné Yisrael einam nohaguim ka choura
(mais si les enfants d'Israël ne se comportent pas comme il le
faut (sous-entendu: pas entrer dans la terre, pas étude et
pas connaissance de la Torah, pas réalisation des mitsvotes,
pas actions bonnes),
hém gorémim léhitdabbéq ha 'hitsonim
bé néhi (alors ils sont
eux la cause et le facteur que les forces nuisibles d'extériorité
bloquent, dans ce que l'on appelle la zone de néhi).
Et il insiste encore: "les forces qui causent la mort ne sont
repoussées que par la vigueur de la Torah et des actions
bonnes des enfants d'Israël (éinam nid'him raq al yédé
toqéf ha Torah ou maâssim tovim)".
-4. Notre force va venir encore d'un motif supplémentaire.
En effet, nos difficultés de blocage, de stupeur, de dépression,
d'incapacité ne sont plus un poids qui écrase l'individu
solitaire. Nos difficultés sont insérées dans
cette difficulté globale que vit la Chékhina. C'est
ce que nous disons dans la prière du matin: "békhol
tsaratam, dans tous leurs ennuis, lo tsar, Hachém
est avec eux dans les ennuis" (Isaïe 63). Le Rav dit que
tout hesped (tristesse mortuaire) est inséré
dans le hesped de la Chékhina. Il dit que c'est
à cela que réfère le prophète Amos 5,16
quand il écrit: "on invitera au cortège funèbre
et aux discours de deuil ceux qui connaissaent les lamentations".
Tous ceux qui souffrent sont ainsi assumés, unis et confortés
dans cette prise en charge globale que la Présence divine elle-même
éprouve dans cet univers difficile
C'est ainsi qu'il faut comprendre, dit le Rav, tous les nombreux versets
du Roi David lorsqu'il fait part de son état de doumia,
sorte de stupeur hébétée de l'homme dépassé
par l'intensité de ses douleurs; et ce mot peut prendre alors
le sens de silence confiant. Voyons quelques exemples:
- tout le psaume 22 et le verset 3 dit: "Mon D.ieu, j'appelle
de jour et Tu ne réponds pas, de nuit et il n'y a pas de trêve
(doumia) pour moi".
- le psaume 39 et son verset 3: "je me suis enfermé dans
un mutisme (doumia) complet, j'ai gardé le silence,
en l'absence de bonheur, alors que ma douleur était pleine
de trouble".
- le psaume 62,2: "mon âme est toute en silence (doumia)
envers D.ieu, de Lui vient mon salut".
- le psaume 35,2: "à Toi, ô D.ieu, l'attente confiante
(doumia)...".
-5. La bonté de l'aide que nous recevons.
La Torah écrite il y a environ 3500 ans répond ainsi
de façon étonnante à nos besoins pour nous qui
nous posons la question inévitable de monter vivre en Erets
Yisrael. Bien plus, au 19e siècle, Ribbi Yaâqov Abou'hatséra
reprenant l'enseignement de nombreux Sages, nous apporte encore plus
précisément les éclaircissements dont nous avons
besoin, les avertissements, les encouragements, les réassurances.
Notre horizon se dégage, nous comprenons la tempête,
nous n'y sommes plus seuls, nous comprenons les forces qui s'y agitent,
nous savons où agir et comment agir, nous savons quelles erreurs
éviter.
Nous savons maintenant combien nous sommes associé au Créateur
quend nous disons dans la prière le matin:
"A Toi, haguédoula (la grandeur),
véhaguibora (et la puissance), véhattiféréte
(et la beauté),
véhanétsa'h (et l'autorité victorieuse),
véhahod (et la splendeur), ki kol ba chamayim véhaaréts
(car tout t'appartient dans les cieux et sur la terre, c'est yessod),
lékha Hachém hammamlakha (à Toi Hachém
est le royaume, c'est malkhoute), et elle s'étend sur
tout essentiellement".
Et, plus encore, nous découvrons combien
on compte sur nous.
Résumé
- Cette étude est capitale.
- Elle demande probablement des efforts
pour bien clarifier les différents points et le développement.
Prenez des notes, imprimez, encerclez, mettez en couleur,
cochez, pour
bien comprendre et mémoriser. Pétrissez-là,
revenez-y.
- Cette étude nous mène
depuis le plan divin, nous donne l'éclaircissement
de l'histoire et de l'actualité jusqu'à l'action
concrète, précise et efficace.
Et, par votre étude et par votre action concrète,
notre rose Israël composée de nous tous sera
épanouie sans ronces autour d'elles.

C'est cela l'étude juive. Elle n'est rien si elle
ne mène pas à l'action.
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