42e Paracha : Mattote
"Tribus"
Bémidbar (Les Nombres) 30, 1 - 32,
41
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos
Sages
http://modia.org
Cette paracha est dédiée à l'élévation de
la néchama de Ribbi
Moché Yossef ben Raphaël Zénou ,
qui a bien voulu être avec affection pendant
21 ans le maître qui m'a transmis les téâmim
de la Torah,
et dont les lecteurs reçoivent directement la ferveur,
le respect et l'amour pour chaque lettre de la Torah.
Il est décédé en cette paracha, le 16
Tamouz, jour également de la naissance de son élève, votre
serviteur.
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dans l'étude.
La sainteté de la parole et sa victoire sur
les armes
et sur les politiciens.
Penser à apprendre le vocabulaire hébraïque
de ce commentaire
Plan
Thèmes et sens général de la paracha
Mitsvotes
Rachi
Le commentaire du Chla
Un exemple audacieux du poids de la parole
La valeur de la parole en politique
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Etudier les téâmim
sur cette paracha
Chant
de la paracha
Téâmim askénazim
Chant
de la paracha
Téâmim séfaradiim
Chant
de la haftara
Téâmim askénazim
Apprendre aux enfants à placer leur regard et leur parole
dans la beauté des paroles de la Torah: lien
1, lien
2, lien
3
|
Extrait en hébreu avec phonétique et traduction
Vayédabbér Moché el rachéï hammatote livné Yisrael lémor
zé haddavar achér tsiva Hachém
iche ki yiddor nédér lachém o hicchavâ chévouâ lééssor issar âl nafcho
lo ya'hél dévaro kékhol hayyotsé mipiv yaâssé.
"Moché parla aux chefs des tribus des enfants d'Israël en disant
:
Voici la parole qu'a ordonnée Hachém :
si un homme fait un vu au Seigneur, pour s'imposer par un serment
une interdiction à lui-même,
il ne peut violer sa parole : tout ce qu'a proféré sa bouche, il doit
l'accomplir".
Thèmes et sens général de la paracha
La paracha traite d'abord des voeux prononcés, de leur validité
ou non (ch. 30, 3).
Puis de la vengeance de mort envers les Madianites qui ont voulu anéantir
Israël par l'assimilation (ch. 31), par les charmes de leur culture
et des mariages mixtes. Tous ceux qui ont agi et agissent encore en ce
sens devraient trembler s'ils accordent foi à la parole divine.
Ensuite, les deux tribus de Réouvéne et de Gad, munies
de grands troupeaux, demandent à Moché l'autorisation de
s'établir au delà du Jourdain (ch. 32).
Toute la paracha tourne autour de la question du respect de la parole
donnée ou simplement dite : Moché transmet
- les conditions qui doivent assurer l'application d'un voeu,
- la procédure à appliquer quand les bnéi Yisrael
n'ont pas été fidèles à leur promesse d'anéantir
tous les Madianites,
- les conditions à respecter dans le contrat pour ceux qui veulent
rester au delà du Jourdain.
Mitsvotes
La paracha comprend seulement deux mitsvotes, 406 et 407. Elles sont
présentes dans la phrase qui est mise ci-dessus, dans l'extrait
en hébreu placé dans le plan en tête de cette paracha
:
- "si un homme fait un voeu... il ne peut violer sa parole,
iche ki yidor nédér... lo ya'hél dévaro"
(30, 3).
- "si un homme fait un voeu... tout ce qu'a proféré sa
bouche, il doit l'accomplir" (30, 3).
Nos Sages s'interrogent sur ce doublet dans le même verset, et
sur le sens différent de chaque mention. Etudions cela.
Rachi
1. Il précise d'abord, (sur la base de la michna Qinim 1, 1
et du Sifré) qu'il s'agit de voeux pour s'imposer des interdictions
par surcroît à tout ce que demande déjà la Torah, afin de s'interdire ce qui nous est permis, et non pas
pour s'autoriser ce qui est interdit :
léssor éte hammoutar vélo léhatir éte
haassour.
Ajoutons :
- ...comme s'il n'y avait pas déjà assez de mitsvotes
prescrites (613 !).
- La Torah a prévu, par ce verset et par cette paracha, les
risques de l'extrêmisme individuel qui utilise tout, même le
meilleur qu'est la religion.
- Le Talmud Sota 21 b décrit ce comportement et ses excès
chez le 'hassid choté (traduction approximative: le religieux amoureux et cinglé) qui n'a pas le sens des rapports entre
la théorie et la vie réelle, ni le sens des priorités
et des urgences ; c'est souvent le cas de celui qui a commencé
à étudier et s'enflamme car il n'a pas le chimouche (utilisation
réaliste) : ce terme veut dire qu'il n'a pas regardé "comment
les Sages vivent la Torah dans l'ensemble de leur vie quotidienne" (voyez cet exemple, par ce lien). D'où l'interdiction d'étudier
seul car il y a le risque d'y perdre l'équilibre si on n'est pas
confronté à la réalité d'autrui : "ou bien
l'étude en commun, ou bien la mort, o 'hévrouta o mitouta"
(Taânite 23a). Ce 'hassid choté est décrit dans le Talmud: il voit une femme se
noyer et se dit : je ne peux pas me précipiter pour la sauver car
je serai en contact avec elle (Traité Sota 21b). J'entendais cette
semaine le Rav Yits'haq Ôvadia, fils du Rav Ôvadia Yossef
citer de nombreux exemples de personnes qui n'ont pas assez étudié
et s'imaginent que tout est interdit, et veulent l'imposer aux autres
comme la règle de base. Ce cas est fréquent chez des personnes
qui viennent de revenir au judaïsme et se protègent de soi-même
de cette manière. Mais ce n'est pas la tradition véritable.
2. Rachi passe ensuite à l'expression : "il ne peut violer sa
parole" (lo ya'hél dévaro). Il indique que nous devons
comprendre le sens de ce verbe en le mettant en liaison avec son homologue
lo yé'halél dévaro qui comporte le sens de 'hol,
profane. C'est toute chose, un temps ou un lien qui ne comporte pas
de sainteté, pas de qéddoucha (voyez le verset I Samuel
23, 6). 'Houline, c'est le profane. On appelle aussi comme cela
les fruits qui restent après qu'on ait prélevé la
térouma,
la part remise à ce qui est saint. En opposition au Saint
des Saints (qoddéche qoddachim), on parle de ce qui est très
éloigné de toute sainteté : 'houlé 'houline.
D'une conversation banale de chaque jour, de lieux communs sans élévation,
on dira que c'est une si'hate 'houline.
Expliquons ce que veut dire Rachi par cette précision qu'il
nous communique, ensuite nous en trouverons le développement dans
le Chla.
Celui qui parle et n'accomplit pas sa parole transforme la parole qui est
sainte (qaddoche) en quelque chose qui est hors de la sainteté,
étranger à la sainteté, 'hol, profane.
On comprend mieux par là la revendication constante dans la Torah,
dans le Tanakh (toute la Bible), et dans l'histoire du peuple juif ("nous voulons être
comme les autres" et pas un peuple "saint" ; c'est exactement la 'hilonioute,
selon le concept actuel qui utilise cette racine). Ce débat fut
constant dans l'histoire du peuple d'Israël ; et aujourd'hui, même
des partis politiques s'y sont donnés récemment cette mission
comme programme pour modifier l'Etat juif par une révolution 'hilonite
(de culture profane et étrangère abolissant
toute référence au judaïsme et à ses dimensions
de la sainteté qui fonde tout; le terme occidental de laïque ne rend pas cela car il ne comporte pas une dimension de refus de l'identité du peuple).
Ainsi, il est indispensable de connaître
les textes fondateurs du judaïsme et son histoire pour comprendre
les débats actuels de la société israélienne,
dans un peuple qui est le spécialiste de la mémoire collective
et qui vit simultanément le passé, le présent et
l'avenir.
Rachi revient souvent sur cette relation et différence entre les
termes de saint et profane, par exemple dans son commentaire
sur le Chabbate en Chémote 31, 14 ("ceux qui profanent le
chabbate, dit-il, ceux qui s'y conduisent d'une manière profane
alors qu'il est saint"). Rachi ne dit pas qu'il n'ont pas obéi,
qu'ils ne pratiquent pas, qu'ils ne respectent pas les règles ni
les interdits (expressions souvent entendues par ceux qui ne "respectent"
pas le Chabbate), il dit que le 'hiloni est celui qui "transforme
par là ce qui est saint en profane" (hannoégue ba
'hol biqéddouchata). Quand nous avons le Chabbate les mêmes
conversations qu'un jour de semaine, nous ne faisons pas autre chose.
Rachi relie ainsi le mot "profane" à "profanation" de la sainteté.
Il y voit une prostitution. La Torah nous enseigne par là qu'il
ne s'agit donc pas, pour le Juif, d'un laïcisme neutre consistant
en respect tolérant des droits de toutes les personnes. Ne mélangeons
pas toutes les questions, tous les concepts et idéologies. Rachi
l'exprime clairement et intensément en Vayiqra 21, 9 sur le verset
de la Torah qui interdit la prostitution et qui utilise ce verbe 'hol,
profane (ki té'hél kizenote éte avia,
par la prostitution c'est son père qu'elle déshonore).
3. Le commentaire du Chla
: sainteté de la parole
Chaque fois que nous avons bien compris le Rachi, nous avons
la base de l'enseignement donné par le Chla. Il explique alors
que toute la paracha parle de la complétude de l'âme
(chlémoute hannéchama) car la parole n'est que
le versant extérieur de la néchama (âme)
et de son discours intérieur. (Les deux parachotes suivantes
traiteront d'autres dimensions).
Et c'est pour cela que la parole distingue l'homme
de toutes les autres créatures. Quand il est dit que Adam a
été créé "être vivant" (néféche
'haya), Onqélos traduit cela par "être parlant" (roua'h memalela).
Ainsi la parole est reliée directement au Créateur, d'où
son rapport avec la sainteté et son étrangeté par
rapport au monde du profane et de la 'hilonioute.
De cette sainteté intrinsèque vient la nécessité
de respecter la parole, de l'accomplir pour ne pas la deshonorer, ne pas
la prostituer, ne pas la réduire à ce qui n'est pas saint.
Ce n'est pas seulement une question de bonne régulation sociale
et morale, c'est une régulation en raison de la sainteté
de la parole.
Ajoutons : certes, celui qui n'accomplit pas ce qu'il a
dit ne savait pas qu'il accomplissait ce processus de profanation et de
prostitution, voilà pourquoi la Torah nous l'enseigne; voilà
pourquoi la Torah nous met aussi en garde, à travers les préceptes
des Sages, contre les blagueurs perpétuels et contre les
railleurs qui font un usage falsifié de la parole. Le Baâl
hattourim commence par là son monumental ouvrage sur la
halakha, le Tour. Il y voit le principal obstacle à
tout.
4. Voilà pourquoi le Roi David dit : "ma bouche louera Hachém"
(téhilate Hachém yédabber pi, psaume 145,
21).
Commentons : David est conscient de la nature de ce qui sort de la
bouche. Et il l'oriente de lui-même vers la source originelle
en en faisant une louange ; il transcende la banalité et l'obscurité
en louange, et justement par la parole.
Si cela est bien compris, la prescription de la Torah (30, 3) devient
claire : rien de ce qui sort de la bouche ne doit être profané
en étant ramené au niveau de 'hol, de profane. Tout
doit rester dans l'ordre des bénédictions. C'est ainsi
que vivait notre maître, Ribbi Moché Zénou dont la hiloula a été fêtée ces jours-ci, le 16 Tamouz: sa parole
quotidienne était sans cesse enveloppée par la bérakha (bénédiction).
C'est l'éducation que le père doit donner à ses enfants
comme il est dit dans le texte du Chémâ Yisrael (Devarim
6) : vé dibarta bam, "tu leur parleras dans les mots mêmes
de la Torah". J'ai placé plusieurs pages sur le site pour apprendre
comment ainsi parler aux enfants et les former à placer ce qu'ils
voient et sentent à l'intérieur de la parole belle, celle
de la Torah (lien
1, lien
2, lien
3).Cela concerne autant notre parole à nous.
5. Cela étant bien compris, le Chla situe alors ce qu'est le voeu
que l'on nomme nédér : c'est le cas de quelqu'un
qui connaît bien ce sens juif de toute parole, cela devrait donc
lui suffire de pouvoir en chaque parole atteindre directement la
qéddoucha divine ; et, comme s'il doutait quelque peu de
cette banalité, il veut encore étendre davantage cette sainteté
à tout ce qu'il fait en s'imposant des contraintes et interdits supplémentaires
à ceux de la Torah de vie, et en se restreignant dans ce qui
est autorisé ; selon la racine du mot nédér,
il habite (dar) dans le noune qui est le chiffre hébreu
de 50, signe de la sagesse suprême.
Il va de soi que celui qui
prétend être à ce niveau de la sagesse suprême,
au point de s'imposer des obligations supplémentaires à
toutes celles que la Torah prescrit, doit être passé au crible
de conditions sérieuses de passage, c'est ce que fait ici la Torah.
Car cela paraît tellement peu probable et quasi impossible. Mais
beaucoup seront tentés d'aller à ces extrêmes qui
sont ou prétentieux ou dangereux.
Je vous donne un exemple quotidien de cette pédagogie du bon sens par nos maîtres: j'étais assis un jour auprès du Rav Chalom Messas, zal, et nous échangions quand le téléphone sonne. Etant tout près, j'entends la conversation: "Rabbi, je suis un jeune étudiant de yeshiva achkénaze et je suis d'origine marocaine; or, tous les étudiants ont des péotes (ces tresses qui descendent depuis les tempes et qui ont un sens dans la cabale), est-ce que je dois en porter aussi et je voudrais savoir ce qu'il en était au Maroc". Le Rav lui répond immédiatement dans une pédogogie aimable, guidante et claire, et brève: "Au Maroc, je n'ai presque jamais vu de personnes qui en portaient, mais les rares quelques uns qui en portaient étaient comme des anges". C'est clair: au delà de la sociologie habituelle où on se place, si vous estimez que vous êtes du niveau élevé comme des anges, ou non, prenez votre responsabilité". Voilà la Torah en pratique, sur ce sujet.
6. Cet enseignement sur la parole et sur la prudence à avoir face
à l'extrêmiste du nédér permet
de limiter et de remettre à leur place les pseudo Sages et les
pseudo 'hassidim, ou les fondamentalistes enragés. Cela permet,
par ce biais, d'enseigner à nous tous le bon usage d'une parole
quotidienne qui soit toujours sainte et simple, ce qui ne veut pas dire
triste car il y a beaucoup de joie et d'humour dans la Torah, dans les middrachim,
le Talmud, Rachi, etc.
Cette sauvegarde de la parole simple mais sainte et saine est importante, car :
- Le traité Yoma du Talmud nous enseigne que le Temple a été
détruit parce qu'il manquait au peuple cet usage saint de la
parole et des comportements. Il en donne cinq exemples tirés
de l'absence de la lettre hé (5) dans le verset du prophète
'Haggaï 1, 8 : "Montez sur la montagne, rapportez-en du bois et bâtissez
le temple : j'y prendrai plaisir et je m'en trouverai honoré, dit
Hachém". (honoré : véékaveda
est-il écrit au lieu de véékavedah).
- L'attaque de Nabuchodonozor contre Jérusalem est une conséquence
des non-respects de la parole, de même que ce qui a conduit à
l'extermination du Sanhédrine au temps du Roi Tsidqiahou.
Voilà pourquoi le middrache Eikha Rabbati (2, 18) dit : "ne prends
pas à la légère ce passage de la Torah sur le respect
des voeux et de la parole".
Hier encore j'ai été confronté à cette question.
Mon ordinateur était bloqué et j'ai demandé l'aide
d'un technicien qui, lui aussi, étudie beaucoup la Torah et essaie
de vivre en conformité. Il me propose un logiciel qu'il a réalisé
et me dit qu'il le vend à 300 chékels, mais pour toi, ajoute-t'il
je te le fais à... Je n'ai pas bien entendu le prix, j'ai été
distrait et nous avons parlé d'autre chose. Puis je le lui achète
et il me demande: "Combien t'ai-je dit, je ne m'en souviens plus?
Je crois que c'est 200". Je réponds: "Je n'ai pas fait
attention mais il me semble que tu as parlé de 220 ou 250",
lui dis-je (prix qui est au-dessus de ses 200 mais il n'est pas question
de faire une "occasion" ainsi en dupant l'autre). Il me répond
en connaisseur de la Torah: "je ne sais plus ce que je t'ai dit,
mais j'avais pensé 200, alors ce sera 200 et pas 220 ni 250".
C'est exactement cela être relié à la vérité
de la parole de vie.
Un exemple audacieux du poids de la parole
Le Traité Sanhédrine a le sérieux d'un code civil
car il précise toutes les juridictions qu'il faut établir
avec justice pour régler les dommages faits à autrui. En
fait, derrière l'édifice juridique, c'est toujours la parole
des témoignages qui est examinée. Et le Traité se
termine (donc sujet d'importance) en nous donnant l'exemple du prophète Elie qui s'est emporté
"dans sa parole". Malgré sa grandeur, les Sages ont eu l'audace de
le prendre en exemple pour nous enseigner. Voilà ce passage qui
a besoin de l'humour pour se le permettre. Et les Juifs ont toujours su
utiliser la rigueur de la parole sainte avec le sourire de l'humour.
Traité Sanhédrine du Talmud, page 113a-b :
"Ribbi Yossé de la ville de Séphoris a exposé ceci
:
Le père Elie (je précise qu'il s'agit du grand prophète!) était coléreux.
(comment peut-on écrire des choses pareilles?! Cela se réfère
à sa parole décrite dans le verset de I Rois 17, 1).
Or, le prophète Elie avait l'habitude de venir chez Ribbi
Yossé (en effet, il visite parfois les grands Sages aux diverses
générations) et, pendant trois jours il ne lui rendit pas
visite.
Quand le prophète Elie reprit ses visites, Ribbi Yossé lui
dit :
- Pourquoi n'est-tu pas venu ?
- Tu m'as traité de coléreux.
- Voilà justement ce qui nous montre que tu es coléreux !".
Nous n'oserions jamais aller si loin, mais il le faut pour enseigner.
Ce serait une erreur de se dire : dans le Talmud il y a de l'humour, des
contes folkloriques et populaires, des aggadotes qui n'ont pas le niveau
élevé des thèmes intellectuels ou des commentaires
de la Torah où la sainteté est manifeste. Cette histoire
veut justement nous montrer que le quotidien est autant qéddoucha,
et il importe que l'humour soit vu non comme une blague et un gros rire mais
comme une saisie rapide de la vérité profonde.
Le véritable humour juif, s'exprime quand la pression externe
est très forte, mais il est toujours pertinent, affectueux, familial, et instructif.
La valeur de la parole en politique
Au contraire, séparant les domaines, combien estiment qu'en affaire
ou en politique, il est permis de mentir et tromper. Ils oublient que,
pour le gain matériel apparent, on a porté alors atteinte
à la parole divine même, celle qui garde le peuple,
Israël. En tous pays, et chez nous aussi, des hommes politiques ont
des enquêtes car ils ont trafiqué sur la loi par les artifices
de la parole orale ou écrite.
La politique est l'un des lieux modernes où sévissent
le plus les marchants d'illusions, où la parole "saisit les yeux"
et les trompe :
il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'Etat et, subitement,
pendant les campagnes électorales, celui qui gagne est toujours
celui qui osera dire le plus que demain tout sera gratis. Et, quand il
prend le pouvoir, il annonce toujours qu'il vient de découvrir que
le prédécesseur est parti en laissant la caisse vide. Mais
il trouve encore de l'argent pour les priorités de ses fidèles
qu'il estime, tout-à-coup, être les véritables priorités
nationales.
Face à un tel monde qui sépare la sainteté et
l'action, le bon juif est toujours tamim, bien naïf. Ainsi
que nous le conte encore le traité Sanhédrine 67b :
"Zéiré était allé à Alexandrie
en Egypte pour acheter un âne (qui sera le plus âne dans l'histoire
?). Il l'acheta et, quand il voulut lui donner à boire de l'eau,
l'âne a disparu et il n'est plus resté à la place qu'une
vulgaire planche de bois ! (ainsi des pauvres électeurs qui achètent
les promesses comme les ânes de Zéiré au marché).
Zéiré revint se plaindre aux vendeurs qui, bons
commerçants toujours, lui dirent :
C'est bien parce que tu es Zéiré, sinon on ne t'aurait
pas remboursé ton argent.
Y a-t-il quelqu'un au monde qui achète ici n'importe quel
âne sans le tester en le soumettant à l'épreuve de
boire de l'eau ?" (Cela veut dire : chacun sait que dans nos affaires,
nous trompons continuellement et même les yeux sont séduits
par le mensonge).
Ce conte a du servir de leçon préventive à un certain
Yanaï comme le montre la suite du texte du Talmud.
"Yanaï arrive donc dans une auberge et il est sur ses gardes. Il
demande de l'eau à boire et il remarque que la servante remue les
lèvres en le servant (un des derniers Présidents des USA
a fait ainsi sa campagne avec ce slogan : "regardez mes lèvres,
vous ne paierez plus d'impôts", et il a évidemment gagné; notre Yanaï va oublier lui aussi tout ce qu'il a appris sur la
droiture de la parole et il entre dans la compétition des mensonges).
Il se dit que la servante a dû le tromper et il verse l'eau par
terre et, effectivement, ce sont des scorpions qui sortent du verre.
Fûté, il lui dit alors : "moi, j'ai bu l'eau que tu
m'as donnée, maintenant à toi de boire l'eau que je te donne".
Elle boit l'eau de Yanaï et la voilà transformée en
âne.
Fier de son succès et de la bonne affaire, il monte sur cet âne
et s'en retourne au lieu de se fatiguer à piétiner.
Le voilà qui traverse le marché.
Mais l'amie de la servante avait vu la scène, elle le poursuit
et elle déjoue à son tour l'ensorcellement.
Alors, au grand amusement de tous, on a vu Yanaï traverser le
marché en chevauchant une femme".
Il importe que nous saisissions, à travers la mise en garde du
nédér,
combien les hommes ont le besoin de ne pas se contenter de la droiture
simple de la parole de la Torah, il leur faut en rajouter et qui joue à
falsifier un peu la parole plait à soi-même et aux autres
au point que plus personne ne perçoit la supercherie morale : promesses
électorales illusoires et mensongères, besoin du public de
jouer à l'llusion de ces mensonges, faux sondages scientifiques,
jusqu'où descend t-on?
"votez pour moi mon programme est unique , moi, je jongle mieux que les autres ,
moi, je suis différent de tous ,
moi je suis plus beau ,
seul j'apporte toute la paix et maintenant , la preuve j'ai le plus beau costume, et moi en plus de tout je donnerai
tout le reste..." .
Et tout cela est monté, combiné, rien n'y est plus vrai.
Et voici la parole des sondages d'opinions : pour lequel allez-vous voter
? Lequel parle mieux ? Lequel est le plus convaincant ? Lequel a donc
le plus de dons pour faire la paix, donner du travail et la santé ?
Je me souviens aussi, pour éclairage, d'un commercial qui avait organisé la diffusion d'un de mes livres et qui, tout simplement, depuis un retard de plus d'un an, gardait dans sa poche l'argent récolté. J'ai dû aller à Paris depuis Israël pour tenter de récupérer mon bien et, furieux, devant moi il doit obtempérer et me donner mon chèque. Découvrant alors par quelque signe ostensible qu'il est un Juif religieux, je me permets de lui dire: "je ne comprends, non seulement vous m'avez contraint à venir jusqu'ici, et vous savez ce que je fais, et je vois que vous êtes religieux, je ne comprends pas. Expliquez-moi." Il me répond: "ah! Ca alors, si vous mélangez la religion et les affaires!". Authentique.
Pourquoi apporter cela dans une étude de la Torah ? Parce qu'il
s'agit bien des libertés prises avec la parole là où
les enjeux sont importants.
Celui qui fait des voeux, se permet de les faire dans le concret
de la vie.
Cette approche concrète dans l'étude de la Torah (troisième
partie des commentaires du Chla qui suit l'étude des mistsvotes
et la découverte du sens lumineux de la Torah) est toujours intitulée
: Dérékh 'hayim (expression tirée du verset: "chemin de vie est l'exhortation
et la réprimande morale"). Le passage du premier niveau du sens littéral apparent (le pchate comme Rachi) au deuxième (le sens profond comme le Chla) puis au
troisième niveau (la morale quotidienne) devrait toujours aller de soi dans
l'étude de la Torah car l'étude est réalisée pour aboutir à l'action, au maâssé.
Le Chla en tire les conclusions suivantes :
1. l'homme doit être fiable et crédible dans ce qu'il
dit (néémane bédibbouro),
2. il veillera à tout ce qu'il laisse sortir de ses lèvres; ainsi les tribus de Réouvéne et Gad ayant fait à
Moché des propositions, ils ont été ensuite tenu
par lui de les honorer (lire le texte dans la paracha, Bémidbar
ch. 32).
3. cela concerne non seulement les voeux et les questions importantes
mais TOUT ce que nous disons.
Ainsi, dans nos textes, il est normal lorsque nous entrons dans une boutique
de dire au vendeur que nous venons simplement pour regarder, si nous n'avons pas
l'intention d'acheter, ou également si nous posons des questions sans intention
précise d'achat.
Il suffira à chacun de passer au crible son propre style de parole,
sa fidélité à tout ce qu'il a dit, spécialement
envers les êtres que l'on aime. Mais également dans la vie
professionnelle, sociale.
En cela, c'est notre dimension divine, celle de notre néchama
(âme), qui est soit respectée et en louange et bénédiction,
soit profanée et prostituée.
C'est Hachém lui-même qui est atteint car Israël
est uniquement un peuple saint, qaddoche.
La bénédiction est alors amplifiée ou bloquée
et les conséquences se manifestent pour le monde.
Que l'on me permette modestement une réflexion. On sait que
le Rabbi de Loubavitch remettait toujours à ses visiteurs un ou
deux billets de 1 $ alors qu'il venaient trouver auprès de lui les
niveaux les plus élevés de la spiritualité ; peut-être
voulait-il dire à chacun : que votre parole et vos actes les plus
concrets soient conformes aux mots de Torah que vous venez de me
dire ou que vous avez aimé entendre de moi". Dans une rigueur absolue,
jusqu'au plus petit $. Sans nous raconter d'histoires.
J'avais écrit ici une petite fable qui résume bien le
besoin des humains de vivre dans des falsifications heureuses à
travers l'usage de la parole, mais ce dévoilement un peu brutal
de l'humour était trop dur pour quelques lecteurs, je
l'ai déplacée dans le recueil de poèmes.
Le but de ce regard sur la politique (parole qui traite du bien commun)
et sur la comédie de la parole à laquelle nous nous y prêtons
dans un duo, politiciens et leurs électeurs, est de nous faire sentir
l'importance de l'enjeu. Depuis la paracha du buisson ardent, Moché
a lutté pour faire triompher en même temps : la parole vraie
et les actes purs et les forces saintes qui portent le monde. Il a essayé
de dire aux puissances des Etats quelle est cette parole libératrice
vraie, il ne fut pas entendu et il sortit de l'Egypte vers Jérusalem
sans être accompagné du Pharaon.
Pendant tout le livre du désert (Bémidbar), Moché
a montré au peuple les périls mortels de la parole imprudente
- Myriam dans Béhaâlotékha,
- les leaders politiques et religieux qui n'assument pas la vérité
envers la terre d'Israël dans Chéla'h,
- les rivalités désastreuses pour le pouvoir dans Qora'h,
- le langage perfide de nations et religions envers Israël
dans Balaq.
- Moché nous a donné les régles intangibles de
la vraie parole dans 'Houqate,
- l'exhortation a réagir contre la parole qui veut détruire
le peuple en tant que peuple de la Torah dans Piné'has).
Le Chla nous indique que notre paracha, après cela, fignole
le réglage de cet ensemble qui assure le tiqqoune
(réparation) de la néchama dans le peuple. Cela étant
fait, la paracha suivante (Massêi) fera
le tiqqoune du corps. Comme ces deux parachiyotes sont proches (Mattote-Massêi)
elles forment un seul ensemble, et l'union de la néchama
et du corps est totale.
Ainsi tout l'enseignement de la Torah sera donné à tout
l'être.
Le livre Dévarim, ensuite, sera un résumé synthétique des quatre premiers livres.
Si nous voulons réussir ce tiqqoune, cette réparation, cela ne dépend
que de nous: reprenons l'étude de ces parachotes, non seulement
avec notre tête mais avec notre corps, notre coeur, dans nos pensées
et dans nos relations. Et nous aurons accompli la tâche qui nous
est demandée.
Ne pensez pas : "cette forme de pensée vigilante sur la sainteté
de la parole et sur ses risques est un peu excessive, il n'y a pas de mal
à prendre son plaisir à voir les joutes politiques, à
détruire tel ou tel par la parole sarcastique ou sadique, à
vendre des produits ou des idées en trompant pour gagner de l'argent
ou s'assurer le pouvoir sur la caisse commune, à ne choisir dans
la Torah que ce qui nous plait et le reste à l'exclure, à
s'imposer quelques idées ou pratiques privilégiées
et les autres les délaisser".
Un jour, en fin d'année universitaire, cinq de mes étudiants de fin de maîtrise, MA, parlent gentiment avec moi avant de se quitter. L'un me lance cette confidence: "vraiment merci, on est très content de tout ce que l'on a appris et cela nous servira bien. Mais vous ne savez pas qu'on vous a détesté pendant deux mois. -Toi ou vous cinq? -Nous cinq. (J'ai un choc car d'une part je n'avais rien perçu, psychologue que je suis). -Et pourquoi? -Parce que vous n'aviez pas un humour cynique qui détruit l'interlocuteur comme on en a souvent eu l'expérience. (Je n'ai pas pu contrôler mes larmes qui sont montées, en ressentant: "dans quel monde est-on, c'est Sodome, ces jeunes viennent de centaines de kilomètres de distance les uns des autres et avaient en eux cette vision des relations et de l'attitude d'enseignants!". J'ai demandé une interruption et suis allé reprendre mon souffle dans mon bureau, avant de revenir vers eux un peu mieux sur mes pieds. On a échangé gentiment là-dessus, car il le demandaient et étaient conscients que cela posait problème. Combien d'expériences avaient-ils eu pour monter en eux de tels réflexes!
La Torah et nos Sages ne pensent pas comme la vie sociale actuelle à ce sujet que tout est permis dans la parole pour capturer et détruire:
le Tour dit ceci sur Bamidbar
30, 2 :
Nédarim, bé guématria rotséa'h. Ché
hannodér 'hachouv ké rotséa'h im eino méchalém
dé béâvone nédarim, habbanim métim.
"Le mot nédarim (voeux supplémentaires) a la même
guématria (304) que rotséa'h, assassin. (Voilà
qui nous indique bien le péril et les enjeux). Si bien que celui
qui fait un voeu est considéré comme un assassin s'il ne
l'accomplit pas intégralement; et, à cause de ces fautes
sur la question des voeux, les fils meurent". Le Tour se base là
sur l'enseignement du traité Chabbate 32b qui dit que cela a la
même gravité et les mêmes conséquences que l'abandon
de l'étude de la Torah.
Le respect de la sainteté de la parole est une question de vie
ou de mort.
Cela n'est facile pour personne, à aucun instant. Aidons-nous
en cela aussi l'un l'autre.
On comprend aussi maintenant pourquoi vient s'inscrire dans ce contexte le
passage de la paracha sur la guerre de vengeance et de mort envers les Madianites
qui ont voulu anéantir Israël par l'assimilation (ch. 31),
par les charmes de leur culture et des mariages mixtes. Il avaient voulu
faire périr Israël de mauvaise foi en l'accusant de destructeur,
de dominateur, d'envahisseur, et par la malédiction politique et
théologique.
Tout cela dure depuis les 2000 ans de la civilisation occidentale que nous
connaissons.
Finalement, ils ont voulu détruire Israël en le pervertissant
sexuellement et culturellement. Aujourd'hui encore, tous ces stratagèmes
sont utilisés avec détermination politique.
Mais la vengeance guerrière qui doit sauver Israël n'est pas
la lutte d'un impéralisme politique de parti contre un autre impéralisme politique de parti. Le Middrache
Rabba 22, 2 et le Middrache Tan'houma (Mattote 3) sur la paracha nous
précisent que les soldats de notre peuple étaient des tsaddiqim
("anachim" en Chémote 17, 9 = tsaddiqim), des Justes,
des Sages : 1000 à l'action des armes et 1000 à l'action
de la prière simultanément.
Quand on ajoute que le roi d'Israël devait toujours avoir un rouleau
de la Torah avec lui dans son activité publique et un rouleau de
la Torah également dans sa vie privée, on comprend la rectitude
des critères de l'action politique juive.
Cela nous indique aussi que le peuple d'Israël
sur sa terre, structurellement, ne peut subsister qu'en vivant à
ce niveau.
Ce n'est nullement la force des armes, ni l'appui d'un grand ami, ni le
soutien des medias, ni les accords internationaux qui peuvent soutenir
ce petit peuple dont la Torah enviée universellement fait qu'il
est persécuté. Tout cela est vide en ce qui concerne ce peuple spécial, fondé seulement sur la Torah.
Seule la parole de vérité, reconnue comme identité,
transmise dans l'éducation, réalisée comme régulation
de la justice sociale et aussi du rapport à l'étranger,
seule elle peut sauver ce peuple, le préserver.
Le reste est illusion, l'histoire l'a montré en de nombreuses étapes
d'échec. Le mois de Av qui va s'ouvrir doit nous le
faire méditer.
Au lieu de ce respect de la parole (car tout le peuple avait promis: nous réaliserons ce que nous entendrons de Toi), deux tribus demanderont de rester hors de la terre d'Israël
pour les bénéfices matériels qu'ils peuvent en tirer.
La souffrance si intense qui est actuellement celle du peuple en Israël,
le désespoir de beaucoup devant le jeu médiatique indifférent
aux souffrances chez beaucoup de dirigeants, l'écart entre cela
et pourquoi le peuple est revenu sur sa terre, les appels à l'aide
qui ne trouvent pas de répondant de la part de ceux qui se disent
les maîtres au dehors comme au dedans, me contraignent à
leur donner voix en ces termes :
Cette photo célèbre a été prise par les Allemands
à Olkusz en Pologne pendant la Seconde guerre mondiale.
Le rire sain, heureux de ces nazis devant les cadavres des Juifs et surtout
devant le Juif d'aujourd'hui qui a devant les yeux ses victimes frères,
et qui persévère obstinément dans sa Torah et son
identité méprisée même si les ennemis prennent
sa parole de Juif pour de l'obscurantisme ridicule.
Ou quand les agences de presse occidentales diffusent la nouvelle hebdomadaire:
"Proche-orient: 3 tués"; alors qu'il s'agit d'un terroriste suicide
et de ses deux victimes. Ou lorsqu'ils l'appellent "kamikaze" ce qui fait
noble alors que c'est un assassin cruel.
Une fois de plus il faut voir aussi la pédagogie utilisée
pour falsifier la valeur des mots chez les enfants dès l'enfance:
Voir et écouter ici absolument un document de la TV palestinienne
qui nous dit la vérité (par eux-mêmes) sur une pédagogie systématisée envers les enfants, de chahada, martyr: "Recherche la mort et tu trouveras la vie" qui est mise à l'oeuvre par tout leur système.
Nos textes disent que, finalement, nous ne sommes persécutés
depuis toujours que pour notre Torah. Alors, on nous la pille, on nous
la déforme comme ces soldats de l'Europe qui ont déchiré
les téfillines placés sur la tête de ce Juif et ils
rient de le voir prier encore vers son D.ieu et pour ses frères.
Ce rire sur la parole pervertie, c'est celui des Anglais qui, en toute
connaissance de cause, prenaient la décision en cabinet ministériel
de ne pas bombarder les voies de chemin de fer qui amenaient les Juifs
à l'abattoir d'Auschwitz.
Ce rire sur la parole pervertie, c'est celui du gouvernement américain
qui était également au courant comme le dévoilent
les dernières archives ouvertes à la recherche.
Ce rire sur la parole pervertie, c'est celui du gouvernement français
et de ses fonctionnaires par milliers qui fournissaient avec propreté
et efficacité les trains pleins de Juifs à Drancy.
Ce rire sur la parole pervertie, c'est celui des pays occidentaux qui
refusaient d'accueillir les rescapés des camps qui erraient en bateau d'une
côte à l'autre.
Ce rire, c'est celui de tous ces pays qui ont voté que le judaïsme-sionisme
est un racisme.
Ce rire est celui de ces pays falsificateurs qui s'apprètent encore
à discuter autour de la "Shoah du peuple palestinien" de la part
d'Israël qui est pour tous aujourd'hui l'image actuelle des Juifs.
Ce rire sur la parole pervertie, c'est celui de Arabes israéliens
sur les toits quand les missiles tombaient de Bagdad sur Tel-Aviv.
Ce rire c'est celui, surtout, de la joie sadique devant ce Juif qui ne peut pas
réagir, qui ne sait pas que faire et qui subit depuis des siècles,
et aujourd'hui.
Ce rire, c'est celui de tous les peuples quand il voient un seul peuple
prêt à donner sa terre simplement parce que d'autres disent
qu'elle n'est pas à lui. Et qui appellent "colons" ceux qui osent
habiter sur la terre qui est la leur depuis des millénaires et
qui a été confirmée comme leur terre par le droit
international parce qu'ils y ont été attaqué par
des puissances hostiles qui ont perdu cette guerre. Et qui appellent "terre
palestinienne" cette usurpation.
Ce rire, c'est celui de l'Union européenne qui verse des sommes
colossales aux mouvements dits "pacifistes" israéliens pour attaquer de l'intérieur la politique du gouvernement
israélien en collaboration avec les adversaires externes.
Ce rire, c'est celui encore plus grand de cette invention juive unique
dans l'histoire, du "cessez-le-feu unilatéral" quand les terroristes
ainsi soutenus internationalement égorgent quotidiennent nos citoyens.
Ils ont là vraiment de quoi rire, jamais la logique n'avait été
plus comique, jamais l'invention plus saugrenue, plus masochiste et plus
ridicule. C'est le rire de voir le fort et l'intelligent se dévoiler
enfin si bête et impuissant définitivement.
Lisez l'analyse
de ces procédés mensongers. et http://www.modia.org/infos/infos/video.html
Ce rire, c'est celui de tous ces ennemis quand ils voient le silence au
lieu des appels à la résistance; ni Churchill, ni De Gaulle,
mais silence des grands ministres qui ont vaincu dans d'autres guerres, silence des
rabbins qui ont survécu à la Shoa, silence des grands leaders
spirituels, silence et peur des familles qui pourraient de tous les pays
venir comme aux autres guerres s'enrôler, venir habiter sur le patrimoine
menacé, relever le moral et la morale en reconstruisant dignement
ce qui s'était un instant affaissé réellement.
Ce rire, c'est celui de ces ennemis quand ils voient des leaders de ce
peuple courir le monde pour s'accuser eux-mêmes, pour collaborer
à la propagande de l'ennemi, pour le nommer partenaire de paix,
lui qui annonce chaque jour que son programme c'est d'égorger et
d'expulser.
Ce rire est celui de ces ennemis quans ils voient dans ce peuple ceux
qui se disent les intellectuels attaquer l'identité religieuse
qui est l'âme de leur nation et jubiler en disant : "vous voyez
que nous n'avez pas de réponse du Ciel, supprimons notre religion",
et lutter, au contraire pour les droits religieux des autres peuples sur
cette terre de leurs pères.
Ce rire, c'est celui des ennemis devant le désarroi du peuple abandonné
par ses chefs, par ses maîtres qui pensent d'abord à leur
siège, à leur honneur, à leur salaire, à leurs
querelles miniatures.
Ce rire c'est celui qui espère que la peur viendra enfin à
bout de ce peuple maintenant enfin qu'il est revenu sur sa terre, alors
que jamais on n'avait réussi à lui faire courber la tête
car il restait droit jusqu'à maintenant ce Juif persécuté,
même sur cette photo cruelle. Que la fidélité de ce
père soit une leçon et une gifle qui nous réveille.
Nous n'avons pas à préférer le dos rond par crainte
de réagir en va-t-en guerre comme des lions sanguinaires. Car nous
sommes un peuple saint, sage; notre sève est la sainteté,
la morale, nous avons enseigné "tu aimeras ton frère", et
la crainte du Ciel. Nos rois devaient d'abord être accompagnés
de la Torah de vérité et non de flatteurs et de sondages
bâtis par les falsificateurs. Nos soldats devaient d'abord être
des tsaddiqim, des Sages, des Justes, et la moitié des combattants
passaient le temps en prière au lieu de manier l'arme tranchante.
Nous avons étudié trop longtemps pour nous faire croire
que le choix est entre le silence face à l'assassinat de nos frères
ou la réaction de barbarie. La barbarie guerrière n'est pas
notre culture, notre civilisation, notre morale, notre intelligence.
Nous sommes perdus seulement parce que nos leaders ont cru un instant
qu'ils pouvaient continuer notre histoire en oubliant nos valeurs et les
oeuvres qui ont formé notre intelligence. Il ne faut pas grand chose
pour nous reprendre. Mais le temps presse : chaque jour trop de nous meurent
de cette bêtise, de ces capitulations, de nos veuleries.
Le temps presse, ces peuples nous attaquent aussi parce que nous ne tenons
pas le rôle que nous devrions être pour eux :
"bénédiction pour tous les peuples depuis le foyer de la
présence des bénédictions, Israël et Jérusalem".
Car le film de la dispersion est achevé, aujourd'hui toutes les
données sont révélées tragiquement, les utopies
sont dégonflées, les règles de l'histoire sont dévoilées.
Il ne manque rien, le Ciel a tout donné, il ne manque seulement
que notre courage et notre fidélité.
Nous sommes la génération qui a reçu le défi
et la mission. Nous ne serons pas la seule qui trahirait alors que le
Ciel et nos pères nous ont tout donné, pour la première
fois dans l'Histoire.
Nous sommes assez sûrs de notre morale
et de notre amour de toute la Création et de notre amour de tout
homme fait à l'image de notre Créateur qui nous a révélé
la Torah, pour oser croire en la victoire des valeurs et du courage sur
la pleuterie, sur la peur, l'indifférence et la trahison.
Il ne dort pas le Gardien d'Israël, Il nous a donné toutes
les règles, il nous a redonné notre terre, et c'est nous
qui l'abandonnons ou la détruisons, Il attend notre réveil
et notre fidélité pour achever ce qui est maintenant exactement
à notre portée. Une paix qui soit le rassemblement des dispersés,
la construction de notre pays-sanctuaire dans la justice sociale et dans
une éducation basée sur la Torah, des guides qui s'appuient
sur les valeurs de nos traditions. Alors seulement nous respecterons la Torah, il ne s'agit pas seulement de l'étudier en diaspora, il faut l'appliquer et elle nous dit où et comment.
Et, alors, les peuples nous respecteront et viendront nous demander d'être
fidèles à nos traditions, car nous sommes pour tout le monde
un peuple petit, mais au service de la bénédiction et de la morale universelle. Ils le savent.
Merci au courage de notre frère d'Olkusz; il a résisté
et nous avons compris sa leçon. Nous continuerons avec sa force.
C'est sa victoire.
Exercices
1 ) Mémoriser le verset 30, 3 placé en tête de la
paracha dans l'extrait, et qui résume tout le commentaire.
2 ) Etudier les questions du respect de la parole donnée, ou
simplement dite, dans :
- Rambam, Séfer hammitsvote, 95 et 157.
- Rambam, Michné Torah, Haflaate nédarim (détermination
des voeux) 4, 5.
- Ribbi Yossef Caro, Choul'hane Aroukh, Yoré Déâ
204 ; 215, 5; 228, 1-3 ; 234, 1, 2, 5.
3 ) Ouvrir des échanges ou groupes de discussion sur les problèmes
posés par ce respect de la parole, à la lueur de la paracha
et de ces commentaires.
Poème : Chien
à vendre.
Suite du commentaire
ici.
Poème de la parole vraie
Que cette parole anime la vie de tout Israël!
Ô Toi, vie des oiseaux
et des galaxies,
des cascades souterraines
et de chaque pierre,
des corps humains sur toute la planète,
d'un mot Tu crées et Tu maintiens.
Je rêve vers toi, femme,
d'un mot que je dirais, que tu dirais,
et qui révèle une bonté éternelle
comme celle qui donne aux ailes
de ne pas chuter par terre.
Un mot qui aille bien plus loin
que se comprendre peut-être.
Un mot correspondance certaine,
un mot bon, doux, fidèle.
Sans plus, sans moins, sans demain.
Un mot comme la lumière
quand tu approches ta main de la mienne.
Un mot qui crée et maintienne,
comme un bébé créé, comme un baiser,
comme une hirondelle qui traverse le ciel.
Alors, je saurai que je suis Adam et toi Eve.
Je parle et tu as posé ton doigt sur mes lèvres.
Ne bouge pas... nous sommes un seul être.
Cet instant vient du Ciel,
solide et profond comme le terre.
Tu connais les secrets éternels.
J'aime le Créateur, je t'aime.
Tu viens de créer
notre simplicité.
Comme le Créateur nous avons créé.
Fable de la parole: le chien à vendre
Un homme avait le plus beau chien du monde,
c'était son droit de le penser.
Sûr de son fait, en toute moralité,
pour s'enrichir et s'acheter un palais,
il décida de le vendre et de s'en séparer.
Il écrivit :
CHIEN A VENDRE
UN MILLION DE $,
et vous l'emportez.
Il attendit, confiant, et commençait à rêver.
Le premier chaland déjà entrait ;
c'était, évidemment, un riche touriste américain qui lui demandait :
"je ne dis pas non, mais ne pourrait-on pas baisser
quand même un peu le prix,
je veux bien que votre chien soit racé,
mais, quand même, un peu vous abusez".
Le bonhomme se fâche et dit : "d'ici sortez, c'est le prix que j'ai décidé,
il n'y a pas à discuter, qui veut mon chien n'a qu'à payer".
Un an plus tard, le touriste est à nouveau de passage.
Ne voyant plus la belle pancarte, il s'avance, intrigué :
- Bonjour, Monsieur, vous vous souvenez, c'est moi l'acheteur de l'an passé,
êtes-vous toujours disposé ?
- Mais je ne l'ai plus, Monsieur ! Je l'ai vendu.
- Comment ! pour ce prix-là, vous avez pu trouver ?
- Bien entendu. J'ai même fait une très bonne affaire et j'y ai gagné.
Au lieu d'un chien, on m'a donné deux beaux chats,
qui valent 500.000 $ chacun...
Pour les affaires, il faut être doué.
Mot, que de maux
n'a t-on pas commis en ton nom.
Rien n'est jamais trop beau
pour la magie et l'illusion.
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