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Paracha Béréchite
Méditation personnelle sur les commentaires
des Sages
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dans l'étude |
Eloge du duo, seule vérité
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Sur la paracha Béréchite
: plusieurs études pour découvrir les bases
de toute la Torah, de toute l'existence, et de notre développement
personnel
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6. Découvrir ici chaque
paracha de la Torah en chiffres. Quand on aime, ça
compte! Bien utile aussi pour préparer sa bar-mitsva.
Notre paracha a 146 versets, soit la 8e; (et 1931 mots,
soit la 8e; et 7235 lettres, soit la 11e). Elle est écrite
sur 230 lignes dans le Séfer Torah.
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Plan
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Eloge du duo, seule vérité.
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L'effort constant de l'homme pour réduire
l'amour.
-
L'effort constant de l'homme pour réduire
le duo au 1.
-
Quel est le centre de la Tora ? Ahava.
-
L'impossible effort.
-
La durée de l'écoute/
- Confirmation du message par le chiffre.
Méditation personnelle sur
Béréchite
Eloge du duo, seule vérité
Un des lieux, à l'échelle de l'homme,
où il peut travailler à ce que le monde ne soit
pas le tohou vohou destructeur ni la dictature du "1" usurpateur,
c'est le couple ou la relation.
Haqqaddoche baroukh Hou est Un ; Il nous
place dans un monde basé sur le 2, et dans un monde où
la perversion continue sera d'élever au niveau du Un, qui
est la place seulement de Hachém, toute autre valeur étant
vérité partielle.
Cette proposition du créateur apparait dans
le béit (2) du mot béréchite
mis en gros caractère.
Que se joue-t-il dans le couple ? ou dans la relation
humaine de base dès le début de la Tora ?
L'effort constant de l'homme pour réduire
l'amour
Le psaume 62, 12 de David dit : "Une fois a parlé
Eloqim, deux fois cela je l'ai entendu, c'est que la force
appartient à Eloqim". (Lire ce texte).
Un commentaire de nos Sages précise : Eloqim
a dit toutes les 10 paroles en une seule expression
mais Israël, dans sa faiblesse humaine, n'a pas entendu vraiment
de ses oreilles et n'en a saisi que les deux premières...
Il est dit dans Chir haChirim : "il m'embrassera des
baisers de sa bouche", mais ils ont réduit ce pluriel à
deux, aux deux premières paroles, car ils ne pouvaient
en supporter plus (miôut rabim chnaïm... léfi
ché lo yékholou lisbol).
Les Sages nous font remarquer là cette triple
vérité constante du comportement humain :
1) nous réduisons toujours l'essentiel,
2) cet essentiel de la Tora est le don que fait
Hachém,
3) cet essentiel, c'est l'amour.
C'est un processus de restriction, de miôut,
de blocage, de repli, de refoulement, de surdité volontaire
ou spontanée.
L'effort constant de l'homme pour réduire
le duo au 1
Dans le même sens, nous voyons que la vie
sociale est une lutte acharnée et violente pour réduire
l'autre à soi-même, à notre pouvoir, à
notre argent, à notre idéologie, à notre
idéal, à nos besoins ; il en est ainsi dès
le jeune âge dans la fratrie ou dans la relation enfant-parents
; il en est ainsi dans le couple : l'amour et le beau programme
sont toujours mis à l'épreuve quotidienne de la
non-écoute de l'autre justifiée par la fatigue,
les préoccupations, les tâches. On ramène
le 2 au "1" qui est "moi". C'est une idolatrie où nous
sommes le centre de la création.
Il faut souvent de cruels échecs pour prendre
conscience de ce processus ; beaucoup ne parviennent pas à
le modifier en eux-mêmes et sont à leur insu des
tyrans domestiques ou des égoïstes qui définissent
le bonheur de l'autre en fonction de leurs besoins. Il faut souvent
un travail psychologique lent en présence d'un professionnel
qui protège chacun pour améliorer lentement cette
situation.
Quel est le centre de la Tora ? Ahava
Dans ce contexte, posons-nous la question :
"quel est le centre et l'essentiel du message de la Tora ?" ;
il y aura mille réponses (l'étude, la prière,
la fidélité, la croyance, les mitsvotes, le peuple,
la terre, etc) alors que l'essentiel est ahava, amour,
ce mot constitué en hébreu de lettres qui sont tout
un enseignement.
En effet, l'obligation de répéter
chaque jour le chéma Yisraël nous montre bien
qu'il est le centre de la Tora.
Dans ce Chémâ, le mot Un (é'had)
est 13 en guématria comme ahava, et ce mot é'had
y est entouré du mot ahava avant et après
lui ; il y a donc là un enseignement sur la primauté
absolue de l'amour dans le message de la Tora. Le Un doit être
soumis au 2 de l'amour. Cela est clair, centré, précis,
dévoilé, il n'est pas besoin de nombreux commentaires
pour le comprendre.
C'est ce que disent là nos Sages quand il
poursuivent directement en nous disant cette phrase : "il est
dit dans Chir haChirim : il m'embrassera des baisers de
sa bouche".
Et la fin du psaume 62 (verset 13) le confirme :
"ou lékha adonoute 'hésséd, et à
Toi Adonoute est bonté".
L'impossible effort
La plénitude des 10 paroles nous est difficilement
accessible en une synthèse. Notre enjeu de l'unité
se jouera particulièrement dans l'aventure du deux.
Ce deux est la structure de l'amour, le lieu où
l'un a besoin de tout l'autre et réciproquement. Il est
important que le créateur ait fait la nature pour que nous
voyions et entendions par deux yeux et par deux oreilles : en
effet, notre contact avec la réalité est ainsi marqué
ontologiquement par la réalité du deux, du complément,
par la rencontre de l'autre ; moi, un être unique, je suis
deux ou, plus exactement formulé, je suis à la fois
un et deux, et la véritable nature de ce lien au réel
n'est pas une structure mathématique ou formelle mais la
relation d'amour. C'est pour cela qu'il est dit qu'il faut entendre
avec les oreilles (qui sont deux et non une) et il faudrait se
laisser entendre en chaque dire la dualité de ce qui envoyé.
Dieu a créé l'homme en une unité double :
masculin-féminin ; cela est structural, intangible.
La vie en commun et l'étude sont une même
dynamique qui nous apprennent à découvrir la dualité
essentielle qui est la seule unité accessible à
l'homme. Comme le dit le psaume, cela se fait d'abord par l'écoute.
Un long apprentissage est nécessaire.
La durée de l'écoute
Bien entendu, alors, dans la conscience limitée
qui caractérise notre nature humaine, il n'est pas possible
de formuler immédiatement tout ce que nous avons reçu
et entendu de l'autre mais il importe de savoir recevoir, de laisser
la vibration mise en mouvement faire entendre tous ses harmoniques.
Il faut continuer à entendre dans le temps ce qui a été
émis par l'autre en une seule émission de voix ;
cela en toute audition, a fortiori envers celui ou celle qui nous
concerne ou que l'on aime.
Il faut continuer à goûter ce qui a
été dit et entendu, comme un bonbon qui révèle
progressivement ses goûts différents et non pas l'engloutir
rapidement dans la gorge en l'évacuant déjà
; il faut entendre la parole de l'autre comme un parfum qui,
s'il est écouté, va développer progressivement
une note de tête, puis une note de coeur, et enfin beaucoup
plus tard une note de fond.
Et quand l'autre perçoit qu'il est ainsi
écouté, il se sait aimé.
L'écoute de cette multiplicité des
sens et des niveaux inclus dans une seule émission par
la parole d'autre ou par son attitude, est ce que j'ai appelé
: "écouter le rêve" de l'autre.
L'être aimé se sait alors "nombreux",
riche, et pas seulement aimé au premier degré du
désir ou du confort ; il n'est pas "possédé"
ni limité, enfermé, restreint, il existe et
se développe par cette parole placée dans l'écoute
et l'amour : et il faut toutes les images du Cantique des Cantiques
pour ouvrir alors l'éventail de ce mot ahava
qui est le modèle et le contenu et la relation et Son propre
être que Hachém essaie de dire à Sa créature
: avec les rapprochement et les éloignements-silences.
Si cela se joue dans le duo Créateur-Israël
selon l'interprétation stricte de Rachi dans le Cantique
des Cantiques, et puisqu'Il a créé l'homme à
Son image et à Sa ressemblance, combien cette dynamique
se joue également entre les êtres dans toute relation
et, spécialement, dans la relation de couple.
Confirmation du message par le chiffre
La Torah sait que des humains seront plus sensibles
à la forme imagée du message, d'autres à
la forme d'un récit historique, d'autres à la forme
des lettres et d'autres à la forme des chiffres. C'est
pourquoi elle transmet son message par toutes ces voies.
Reprenons toute cette méditation par le chiffre.
Ce message est si essentiel que, pour le mettre
en valeur, les commentaires expliquent en ce sens le fait que
toute la Tora commence par la lettre béit (2) et
non pas par la lettre aleph (1).
Le béit est la deuxième lettre
de l'alphabet hébraïque et sa valeur de chiffre est
2 dans les calculs (car on n'utilise pas les "chiffres arabes"
pour compter en hébreu mais les lettres hébraïques)
; c'est cette règle de vérité du 2 qui est
ainsi montrée comme étant toute la structure réelle
de l'univers et des relations.
Au contraire, le 1 n'a de sens qu'au plan divin.
Au niveau humain, l'usage du 1 est fallacieux, illusoire et mensonger;
ce sont les idées sûres d'elles-mêmes et préconcues,
les jugements simples et catégoriques, les théories
mensongères, le pouvoir politique qui s'attribue le droit
et le pouvoir sur autrui par tous les artifices pseudo-logiques.
Seulement au niveau de Dieu, le 1 est juste. Quand l'homme le
revendique pour lui, il est dans le chéqer, le mensonge.
Pour bien montrer que toute la Tora dit cela, les
commentaires font remarquer que, dans le premier verset de la
Tora, après cette ouverture sur le béit,
2, les lettres finales des trois premiers mots composent le mot
vérité, éméte dont la guématria
(1+4+4 en compte simple sans les zéros des dizaines) donne
la somme de 9, tandis que le mot chéqér,
mensonge, a pour guématria simple 6 (soit 3+1+2).
Quand on base tout l'ordre des lettres hébraïques
sur le 2, cette justification absolue de la vérité
du multiple est encore mise en valeur :
l'addition des lettres par groupes de trois y forme
alors toujours un total de 9 qui est le chiffre de la vérité,
éméte (1+4+4 = 9). En effet, voici cette
suite :
- béit guimél dalét (2+3+4 = 9)
- hé vav zayine (5+6+7 = 18 soit 8+1 = 9)
- 'hét tét youd (8+9+10 = 27 soit 2+7 = 9)
- kaf laméd mém (2+3+4 = 9)
- noun samékh âyine (5+6+7 = 18 soit 8+1 = 9)
- pé tsadé qof (8+9+1 = 18 soit 8+1 = 9)
- réiche chine tav (2+3+4 = 9)
Par contre, si on commençait selon l'ordre alphabétique,
à tout baser sur l'ordre du 1, à partir de la lettre
aléf, l'addition des lettres par groupes de trois
formerait toujours un total de 6 qui est le chiffre du mensonge,
chéqér (3+1+2 = 6) :
- aléf béit guimél (1+2+3 = 6)
- dalét hé vav (4+5+6 = 15 soit 1+5 = 6)
- zayine 'hét tét (7+8+9 = 24 soit 2+4 = 6)
- youd kaf laméd (1+2+3 = 6)
- mém noun samékh (4+5+6 = 15 soit 1+5 = 6)
- âyine pé tsadé (7+8+9 = 24 soit 2+4
= 6)
- qof réiche chine (1+2+3 = 6).
Cela n'est pas une preuve par le chiffre, mais l'hébreu
a cette particularité de démontrer une logique complète
entre le contenu du sens véhiculé par la Tora avec
les formes mêmes de la langue, d'une part, et avec les structures
de l'organisation du récit, d'autre part.
Il ne s'agit donc pas là de concordances
facultatives ou de jeux, mais la lecture éclairée
montre ces correspondances dont chacune complète le message
global. La tradition transmet les correspondances de ces sens
dans les différents langages du mot, du chiffre et du contenu.
Il ne peut s'agir de constructions personnelles fantaisistes.
Ceci est un enseignement de la tradition.
L'avoir fait ressortir ainsi, par cette justification
du chiffre, correspond à l'importance du fondement de toute
la Torah sur la structure du 2 ; cela met bien en évidence
le verset de ce psaume 62, 12 :
"Une fois a parlé Eloqim, deux fois
cela je l'ai entendu, c'est que la force appartient à Eloqim".
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