1re Paracha : Béréchite
- " En un commencement de..."
Béréchite (La Genèse)
1, 1 - 6, 8
Pour
bien commencer, savoir dire "merci" par le
psaume 100
Explorez
ici une galerie de
photos pour réussir dans le coeur notre Création
en lisant Béréchite

Bien entendu, vous ne pourrez pas
lire toutes ces études d'introduction nécessaire,
en quelques jours.
Mais vous saurez où les trouver pour bâtir
votre formation sur des bases solides.
1e partie des
4 études
Le commentaire et la méthode d'étude du
Gaone de Vilna sur la paracha Béréchite
:
le coeur est l'essentiel de la Torah et
précède toute lettre et tout message
Nous
avons franchi les fêtes de la fin de l'année
et du début de l'année nouvelle par une
dynamique: personnelle (un travail intensif sur nous-mêmes)
et cosmique (D.ieu, les anges et la qédoucha,
la création qui louange).Nous nous sommes remis
dans les dimensions exactes de la réalité
qui est double. Dans son comentaire sur la dernière
paracha de l'année, dans Vé'ham hachéméche,
le Rav Chalom Messas, zatsal, rappelle que celui
qui est aveugle d'un oeil ne pouvait pas monter en pélerinage
au Temple car nous devons avoir le regard sur les deux
dimensions. C'est ce que nous allons garder maintenant
en étudiant la Torah dès le début:
elle est toute Torah jusque dans les structures de tout
l'univers mais également dans toutes les structures
de l'homme et de son comportement; nous allons le découvrir.
Comme il nous le dit dans son commentaire sur Béréchite,
le Juif ne peut pas vivre sans la Torah sinon il serait
comme un poisson sans eaux.

Nous ne pouvons vivre que
dans cette double dimension et la Torah nous en distille
la vie. Entrons dans cette épopée.
Dans cette paracha, et autour
d'elle, il y a beaucoup d'études. Pourquoi ?
Parce que cette la base de toute la Torah, c'est là
que sont les principes de base, c'est là que
nous apprenons les méthodes pour étudier
et comprendre la Torah et cela nous servira ensuite
dans l'étude de chaque paracha. Il faudra donc
revenir à cette page-ci très souvent.
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Sur la paracha Béréchite
: plusieurs études pour découvrir
les bases de toute la Torah, de toute l'existence,
et de notre développement personnel
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6. Découvrir ici chaque
paracha de la Torah en chiffres. Quand on
aime, ça compte! Bien utile aussi pour
préparer sa bar-mitsva. Notre paracha a
146 versets, soit la 8e; (et 1931 mots, soit la
8e; et 7235 lettres, soit la 11e). Elle est écrite
sur 230 lignes dans le Séfer Torah.
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Les Sages
qui vont nous guider
Il
y a tant de commentaires sur la paracha Béréchite
que cette étude-ci ne peut même pas être
une "introduction". Rien que le seul premier mot de
la Torah est la base de tous les 70 chapitres des Tiqqouné
haZohar. Et nos n'irons certainement pas jusqu'à
ces niveaux élevés.
C'est pourquoi nous adopterons la méthode
sûre de nous baser uniquement sur des commentateurs
et des maîtres dans l'étude qui ont été
reconnus par toutes les générations et
par toutes les communautés comme fournissant
les fondements de la Torah : Rachi
(1040-1105) et Rabbénou Yéchaya ben
Avraham Hallévi Horowitz (1560-1630) nommé,
le plus souvent, "le Chla
Haqqadoche", par l'abréviation formée
des initiales du titre de son livre, Chéné
lou’hote habbrite, Les deux Tables de l'Alliance.
Il faut se reporter à l'exposé détaillé
que nous faisons de leur pédagogie (lien
ici).
Nous les choisissons aussi parce que leur science a
couvert tout le champ des connaissances juives
; alors, on est vraiment sûr d'apprendre avec
ceux qui connaissent toute la Torah et peuvent dire
: je transmets Sa Torah et non la mienne.
De
plus, ils ont réussi à être des
pédagogues reconnus par toutes les communautés
et qui enseignent comment étudier jusqu'à
l'autonomie.
Je ne serai que
leur scribe : et aussi leur métourguemane
(traducteur transmetteur qui relie leur message à
la particularité de compréhension d'aujourd'hui,
sans gauchissement). Et pour cela, j'utilise aussi la
connaissance des hommes acquise de l'intérieur
dans ma profession de psychologue, psychothérapeute
et anthropologue.
Mais je séparerai la transmission et mon
propre commentaire qui permet une appropriation dans
l'expérience de vie personnelle ; par cette double
étude, le lecteur s'autorisera plus facilement
à en faire de même.
Après Rachi et le Chla, le troisième côté
de la base des Sages sera la paracha expliquée
par Rabbéinou Bé'hayé
(dcd vers 1340), remarquable de clarté dans son
exposé des niveaux différents de la Torah
(lien
ici). Autour, il y aura de nombreux maîtres,
comme un champ de fleurs.
Le quatrième côté de cette base
solide sera la méthode du Gaone de Vilna basée
sur le coeur et les questions. Se reporter
à ce lien-ci où cette méthode est
enseignée avec précision. Nous apporterons
aussi souvent les commentaires de 'Hayim
Ben Atar, le Ora'h 'hayim ha qadoche, de Rabbénou
Yaâqov Abou'hatséra et ceux du Rav
Chalom Messas dans Vé'ham hachéméche.
Ouvrez les pages de ces maîtres pour les découvrir
et acquérir ainsi une solide formation. Les six
pointes de l'Etoile de David et le point central.
Quelques repères
en chiffres
1. Nombre de lettres, mots... dans
le livre Béréchite
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LETTRES |
MOTS |
VERSETS |
SECTIONS |
| Torah |
304 805 |
79 847 |
5 845 |
187 |
| Livre Béréchite |
78 064 |
20 512 |
1 534 |
50 |
2. Générations,
années, durées de vie
Adam est le programme de toute l'histoire humaine telle
que nous avons à la réaliser. Voir
ce grand déroulement
Voici un résumé :
1re génération : Adam (...- 930 = 930
ans)
10e génération : Noa'h (Noé), (1056-2006
= 950 ans) (Béréchite 9, 29).
20e génération : Avraham (1948-2123 =
175 ans) (Béréchite 25, 7).
26e génération : Moché (2368-2488
= 120 ans).
(Comparaison : nous sommes actuellement en l'année
5763 de ce compte).
Voyez
ici toutes les données chiffrées précises
sur les 26 premières générations
qui aboutissent à Moché Rabbénou.
(26 est également la guématria du Nom
de Hachém).
Adam avait :
- 130 ans à la naissance de
Seth (Béréchite 5, 3-5).
Avraham avait :
- 58 ans et Sarah 48 ans à
la mort de Noa'h
- 75 ans quand il a reçu l'ordre
de partir
- 86 ans à la naissance d'Ichmael
(Béréchite 16, 16).
- 99 ans quand El Chaddaï
lui parle,
- 99 ans quand il se circoncit et
son fils
- 100 à la naissance Yits'haq
(Béréchite 21, 5).
Pour comprendre comment on réalise ce type
de calculs, lisez Rachi sur Béréchite
5, 32 et 7, 4 et 10, 21 et surtout sur 25, 20 et
28, 9.
Et, ici,
vous trouvez toutes les données historiques
qui vous serviront dans l'étude de toute
la Torah
3. Le "notaricone"
C'est un mode de lecture, de nomination ou d'interprétation
qui utilise les initiales des mots.
Ainsi les lettres alef, dalet, mém du
mot Adam qui est le programme de la réalisation
de l'homme, l'expriment par la succession de alef
(Adam), dalet (David), mém (machia'h,
messie).
4. Questions.
- Combien de fois apparait le mot "or" (lumière)
dans le récit de la Création ? D'où
l'importance de ce chiffre et des symboles qui le représentent.
- Combien de fois apparait le mot Eloqim dans
le récit de la création ?
- Qu'est-ce qui a été créé
chaque jour ?
- Quelle nourriture a reçu l'homme ?
- Combien de mitsvotes y a t'il dans tout le livre de
Béréchite :
Parachate Béréchite : fructifiez
et multipliez-vous (1, 28)
Parachte Lékh
lékha : la circoncision (17, 10)
Parachate Vayichlakh
: ne pas manger le tendon de la cuisse (32, 33).
D'autres
parmi vous, souhaitent améliorer leur étude
de la Torah de façon systématique,
dès la première paracha.
Voici les liens qui vous le permettront pour toute
paracha, de semaine en semaine.
Si vous persévérez pendant un an,
après avoir déjà lu nos commentaires,
vous franchirez une étape merveilleuse:
- étude systématique des commentaires
de la haftara (lien).Pour
cela, comprendre aussi ce que sont les
prophètes qui les ont écrites.
- Selon le rite achkénaze, le chant de
chaque paracha (lien)
et le chant de chaque haftara (lien)
- Selon le rite sépharade, le chant de
chaque paracha (lien)
et le chant de chaque haftara (lien)
- étude des téamim, ces signes qui
sont placés sur les lettres de la Torah
et qui se chantent (lien).
- connaître les maîtres sur lesquels
reposent nos commentaires, et leur méthode
d'étude (lien).
- comment bien lire et bien prononcer l'hébreu
de la Torah (lien).
- pour connaître toute l'histoire du peuple
juif (lien).
- les tableaux historiques de Modia pour suivre
chaque paracha (lien).
- comment écrit-on un rouleau de la Torah
(lien).
- comment préparer sa bar-mitsvah et sa
paracha (lien).
- comment perfectionner votre hébreu (lien).
- Découvrir ici chaque
paracha de la Torah en chiffres. Quand on
aime, ça compte! Bien utile aussi pour
préparer sa bar-mitsva.
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Le commentaire
et la méthode d'étude du Gaone
de Vilna
sur la paracha Béréchite : le coeur est
l'essentiel de la Torah et précède toute
lettre et tout message
Plan
Présentation générale
La méthode du Gaone de Vilna
Ses questions
La dernière lettre
de la Torah est le laméd (lettre l) qui
est la lettre finale du mot Israël. Allez le vérifier.
Et on continue immédiatement la lecture de la
Torah, le jour de Sim'hate Torah en recommençant
le début de la paracha Béréchite
qui commence par la lettre béit (b). Ces
deux lettres forment ensemble le mot lèv,
coeur. Cela est l'essentiel de la Torah, et donc du
judaïsme et de tout Juif. Pourquoi ? Examinons
cette question.
Introduction. Qui est
le Gaone de Vilna. Le 19 Tichri, hiloula
(décès) du Rav Eliahou ben Chlomo Zalmane,
dit le Gaone de Vilna en Lithuanie (1720-1797). Né
à Pessa'h comme le Rambam, il fut dès
l'enfance et toute sa vie un génie intellectuel.
possédant la Torah à trois ans et
demi, capable de soutenir des discussions talmudiques
à six ans et demi, et préparé avec
soin pour devenir un grand maître en Torah.
Il ne dormait que trois périodes d'une demi-heure
par nuit consacrant le reste à l'étude
de la Torah. Ses écrits couvrent tout le
champ des sciences juives et il fut en même temps
un mystique et un maître en middotes, dans
la science du comportement moral selon la sainteté
(qéddoucha) de la Torah. Il fut le maître
de Rabbi 'Hayim de Volojine (1749-1821), le pédagogue
des yeshivotes actuelles. Voir sa
biographie et photos dans le mois de Tichri (lien ici).
I. Le constat historique
Dans un judaïsme brisé continuellement par
l'assimilation et les persécutions, le besoin
de connaissance est immense et les réponses sont
difficiles à trouver.
Le constat de cette impossibilité d'avancer dans
l'étude juive, l’expérience personnelle
des obstacles et des réponses difficiles
à trouver, la perception de l'urgence des besoins
de connaissance m'ont incité à réagir,
avec l'aide de D. pour m'associer aux efforts
pédagogiques existants dans la formation permanente
des adultes en ce domaine.
Voilà les étapes par lesquelle j'ai abouti
par l'étude jusqu'à la méthode
présentée par le Gaone de Vilna.
II. La réponse
de la Bible
Elle nous indique les deux principes pédagogiques
à suivre dans ces situations d'urgence :
- parler au coeur ;
- déblayer les obstacles qui entravent
la connaissance :
dabbérou âl-lév Yérouchalayim....
panou dérékh Hachém
"parlez au coeur de Jérusalem... déblayez
le chemin de Hachém" (Isaïe
40, 2-3),
ki étsaq
mayim âl-tsamé... étsaq rou'hi âl-zarêkha
"car je répandrai de l'eau pour l'assoiffé,
je répandrai mon esprit sur ta descendance"
(Isaïe 44, 3).
ouvirkhati âl-tséétsaékha
panou dérékh haâm
"déblayez le chemin du peuple"
(Isaïe 63, 10).
Cette méthode,
indiquée par le prophète Isaïe, consiste
à prendre en compte les trois éléments
suivants :
- Hachém répond toujours à
la soif de son peuple ;
- il faut que le coeur soit atteint ;
- les éducateurs ont à supprimer les premiers
obstacles à la connaissance.
Dans cette ligne, le sous-titre français
de mon livre Le Lév Gompers, ou Comment étudier
le talmud, devient plus explicite dans sa traduction
hébraïque : Hattalmoud Lalév,
qui signifie littéralement en français
: "le talmud au coeur".
Ce sous-titre en hébreu comporte les lettres
du mot lalév,vers le coeur, qui sont aussi
les abréviations de léchone limoudim
béîto. Il y eut de nombreux livres
intitulés lechone limoudim (la langue
de l'étude) et ils portaient le plus souvent
sur l'art de bien comprendre la langue ; l'expression
(beîto, en son temps) signifie que, avec
l'aide de D., nous essayons d'apporter l'éclaircissement
dont a besoin l’étudiant au moment où
ce besoin apparaîtra, ni trop tôt ni trop
tard comme il est dit : vénatati guichméikhém
béîtam, "je donnerai vos pluies
en leur temps" (Vayiqra 26, 4).
III. Pourquoi cette
insistance sur le mot lév,coeur ? Quel
est ce coeur auquel il faut s'adresser ?
L'anthropologie juive donne au coeur une place privilégiée
dans l'étude.
Le Middrache Rabba analyse et relie tout ce que la Bible
dit du coeur et de son rôle dans notre vie: Middrache
Rabba sur Qohéléte (l'Ecclésiaste)
1, 16, 1 : c'est le coeur qui entend (I Rois 3, 9),
qui parle, qui propulse et marche (II Rois 5,
26), qui fait tenir debout (Ézéchiel 22,
14) ou tomber (I Samuel 17, 32)..., qui désire
(Ps. 21, 3), médite (Ps. 44, 4), reçoit
les mots de la Tora (Deutéronome 6, 6) et les
prescriptions (Proverbes 10, 8), les inscrit en soi
(Proverbes 3, 3), et le coeur est
le lieu du discours intime (I Samuel 1, 13).
Le coeur est le lieu et
l'organe de l'intelligence qui comprend (Berakhote 61
a), discerne et construit ; en même temps c'est
le lieu de l'affection nécessaire pour
apprendre.
Dans les psaumes, nous demandons de recevoir sans cesse
le don d'un tel coeur qui fonctionne comme le
Créateur l'a construit et soit apte à
écouter et à connaître ces niveaux
: nous demandons que Dieu nous donne un coeur joyeux
(Ps. 13, 6 ; 16, 9 ; 28, 7 ; 84, 3), assuré (
28, 7), droit (57, 8 ; 108, 2), large (
119, 32), pur (119, 80), jouissant (119, 111), orienté
(119, 112), reconnaissant (9, 2 ; 111, 1 ; 138, 1)...
C'est, certes, le niveau psychologique (sensible,
affectif et relationnel, condition préalable,
qui prédispose à réussir dans l'étude)
; mais il y a, simultanément, un niveau supérieur
ou plus intime du coeur.
Allez voir chacune de ces références.
Les Tiqqounéï
haZohar (13 a), livre de base de la caballe, indiquent
que, "véritablement à l'image de l'arche
du sanctuaire, le coeur est un flambeau allumé
; dans le coeur du sanctuaire réside la Chékhina,
lieu de la Tora du Sage 'hakham lév,
coeur aux 32 sentiers, lieu de l'âme supplémentaire
du Chabbate ; là est le coeur qui comprend, qui
sait, qui voit et qui est sous la tente de la paix donnée
par D-ieu".
En ce sens, le Gaone de
Vilna ouvre directement son commentaire de la Tora
Adéréte Éliyahou sur une
liste de 32 questions et non sur des commentaires
ou affirmations. Il les introduit par ces mots :
raouï lé hassim lév
âl laméd béit éârote
baparacha harichona
"il est pertinent de porter son coeur vers les
32 (lév) remarques qui se présentent
dans la première paracha".
La première édition
des Klaléï Chmouel sur les règles
du talmud, en 1622, a été organisée
pour parvenir à tenir sur 32 pages, même
au prix des références. L’auteur du Séfér
Hakkéritoute qui est l'une des bases de notre
méthode sur le Talmud, ouvre également
son introduction sur les "32 sentiers" (nétivote)
et il ajoute, faisant explicitement le lien avec le
coeur : voyez le livre, tout en lui est grâce
et beauté, et livrez-lui votre coeur pour toujours.
L'étude de la Torah
et du Talmud se fait par le coeur lév
parce que le coeur est disposé, de par sa nature
spirituelle (cf. Béâssara
maamarote dans Chnéi Lou'hote habberite,
6-10), à brancher ses questions au niveau des
32 voies élevées de la sagesse qui constituent
l'essence du fonctionnement du monde, ainsi que le disent
nos Sages :
laméd béit nétivote 'hokhma,
hém ha kaf béit otiote
vé ha youd séfirote bélima,
chébahém nivra haôlam...
Le middrache des Otiote
dé Ribbi Aqiva (Lettres de Ribbi Aqiva) ajoute
encore un autre sens à tout ce lien de l'étude
et du coeur. Dans son commentaire sur la lettre
laméd, Ribbi Aqiva montre que la nomination
de la lettre par le mot laméd n'est pas
un hasard car ce mot signifie en hébreu
"étudier et acquérir la connaissance"
comme le montrent les Maximes des Pères 2, 5:
lo habbayéchane laméd, "le
timide n'apprend pas et n'acquiert pas la connaissance".
Pour rendre cette idée,
Ribbi Aqiva joue sur les trois lettres du mot laméd,
par un notaricone qui souligne ce lien entre l'étude
et le coeur :
laméd : al tiqra laméd élla
lév mévine daâte
"laméd : ne lis pas laméd
mais le coeur comprend l'union qu’est la connaissance".
Un notaricone prend chaque lettre d'un mot pour en faire
les lettres initiales de mots qui constituent une phrase.
Ainsi le talmud, qui est
le lieu de l'étude de la Tora, et le coeur sont
liés par nature. Ribbi Aqiva continue
en nous montrant tout le fonctionnement interne de ce
coeur-étudiant ; pour cela, il emploie une longue
énumération composée de cette
expression lalév (pour le coeur);
ainsi, pour qu’il parvienne à étudier,
le coeur, dans l'anthropologie juive est doté
de toutes les qualités et démarches (middote)
qui caractérisent tous les membres de notre corps
(yeux, oreilles, bouche, parole, écoute, etc.).
L'intention qui préside
à tout cet édifice traditionnel de l'anthropologie
juive n'est pas de nous transmettre des théories
philosophiques ou psychologiques mais que l'homme
connaisse son potentiel effectif et parvienne à
le faire fonctionner, comme cela nous est expliqué
à la fin de l'étude de Qohéléte
Rabba sur le cœur :
hallév ôssé sidourim chénéémar
léadam maârakhëi lév ; hallév
mitgadél...
"le coeur organise des mises en ordre comme il
est dit : l'homme a des organisations de coeur
(Proverbes 16, 1) ; le coeur se fait grandir lui-même"
(voir II Chroniques 25, 19).
II.
Le Gaone de Vilna nous enseigne la méthode
juive traditionnelle :
- nous recevons la Torah,
- mais cela n'est pas une attitude passive et uniquement
réceptive ; nous ne la recevons vraiment que
si toutes nos facultés sont éveillées.
- ces facultés ne sont pas uniquement intellectuelles
mais un concept juif les définit dans leur globalité
: le coeur, lév. Ce concept comprend l'intelligence
et la logique mais une intelligence qui est profonde,
intime et venant du profond de nous-mêmes.
- pour parvenir à cela, on n'aura pas d'a priori
sur la Torah selon les théories que l'on connaît,
on ne se contentera pas non plus d'une idée globale
et simple sur la paracha car, alors, on ne fait que
projeter notre pensée personnelle. Bien souvent
c'est ce qui se produit quand on va entendre une conférence
et que l'on en ressort séduit : on a éveillé
et amplifié une idée que l'on a déjà
en potentiel et on est satisfait de soi. C'est nécessaire
comme phase pour se rapprocher de la Torah mais il faut
vite comprendre qu'il n'est pas sérieux de continuer
sur cette voie où l'ego se satisfait dans le
miroir.
- l'éveil de ces facultés pour bien recevoir
la Torah doit se faire selon la méthode suivante
: se poser le maximum de questions sur le texte que
l'on veut recevoir, sans aucunement donner une réponse.
Quand on aura fini la liste de ces questions, on sera
prêt à entendre l'enseignement de nos Sages
qui nous transmettent la Torah de Moché.
N'oublions pas que nous
avons découvert, dans la dernière paracha
de la Torah (Vé
zote ha bérakha) qu'on forme le mot lév
par la dernière lettre de la Torah et par la
première ; ainsi, en recommençant la lecture
au début on le fera par ce seul mot lév.
Ajoutons encore qu'il y a 32 (guématria du mot
lév=coeur) le nom de Eloqim dans
le récit de la Création (Tiqqouné
Zohar 13, 1). Cela suffit donc à relier tous
ces aspects.
Les questions que le Gaone de Vilna est parvenu à
sortir sur le texte de Béréchite sont
au nombre de 32, qui est le chiffre hébraïque
de lév, le coeur.
Voici ces 32 questions
sur lesquelles il y a un enseignement essentiel de la
tradition. A travers elles, vous aurez donc ici
le programme de l'étude complète qu'il
est possible de réaliser sur la paracha Béréchite.
On n'a étudié vraiment une paracha
ou, plutôt, on n'a reçu vraiment la Torah
dans une paracha que
- lorsqu'on a sorti tous les points à éclaircir,
- lorsqu'on a trouvé les mitsvotes inscrites
dans la paracha,
- lorsque, sur chacun des points mis en évidence
par une question, on connaît le message sur ces
4 niveaux du sens (pchate, drache, rémez,
sod).
- lorsqu'on pratique ce que l'on a étudié
comme l'explique le Traité Yébamote du
Talmud 109b se basant sur le verset de Dévarim
5, 1 : "apprenez-les et mettez-les en pratique".
- lorsqu'on accompagne l'étude de bonnes oeuvres
de 'héssed et de tsédaqa,
dit le Traité Avoda zara, car sinon cette étude
de la Torah est une Torah sans D.ieu puisqu'Il est bonté
et miséricorde.
Cette méthode est à utiliser désormais
sur toute paracha.
Voici la liste des 32
questions sur la 1e partie de la paracha Béréchite,
selon le Gaone de Vilna :
1. pourquoi n'est-il pas
écrit barichona, au commencement mais
béréchite "au commencement de-".
2. tout béréchite est relié
: au commencement de-" ; donc quel en est le sens ici
(où on ne voit pas à quoi il est relié.
3. pourquoi le nom de D.ieu utilisé dans le récit
de la Création est-il uniquement Eloqim
(et non Hachém, par exemple).
4. Comment comprendre la différence de ponctuation
du mot "terre", parfois éréts,
et parfois aréts.
5. Il est dit que les cieux sont créés
le 1e jour. Et ensuite on dit qu'on créa le firmament...
6. Qu'est le tohou (l'une des choses crées
le 1e jour), et qu'est l'obscurité, 'hochékh.
Pourquoi est-il écrit hayéta tohou,
il y eut le tohou.
7. Pourquoi le mot créer n'est-il pas présent
quand on parle du tohou ou des eaux.
8. Qu'est roua'h Eloqim, l'esprit de D.ieu.
9. Qu'est péné ha mayim, la face
des eaux, d'autant que l'on n'a pas parlé des
eaux jusque là.
10. Pourquoi est-il utilisé des expressions différentes
: il créa, il y eut, il fit.
11. Pourquoi : il sépara.
12. Pourquoi le 1e jour est-il nommé "jour un",
yom é'had.
13. Qu'est : il y eut une séparation.
14. Qu'est "vayéhi khéne", et ce
fut ainsi.
15. Le 2e jour, il est dit que Eloqim a nommé
firmament les cieux, or les cieux étaient déjà
nommés le 1e jour.
16. Qu'est le miqvé, rassemblement des
eaux.
(Essayez de compléter
cette liste de questions de 17 jusque 32 par vous
même, comme exercice, en recherchant toutes les
particularités de ce texte du premier chapitre
de la Genèse (Béréchite).
Comment lire la torah
Conseils
importants en début de la Torah pour savoir bien
étudier
Les différents
caractères d'imprimerie pour lire l'hébreu
Apprendre à lire
les caractères de Rachi
Apprendre à lire
l'écriture manuscrite de nos sages
Pour parvenir à lire le Targoum, la traduction
en araméen, apprendre
ici l'araméen
Pour
apprendre à lire les téamim de la Torah
et bien lire.
N'oubliez pas d'entendre le chant de la paracha