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Béréchite (La Genèse) 1, 1 - 6, 8 2e partie des 4 études
Dans cette paracha, et autour d'elle, il y a beaucoup d'études.
Pourquoi ? Parce que cette la base de toute la Torah, c'est là
que sont les principes de base, c'est là que nous apprenons les
méthodes pour étudier et comprendre la Torah et cela nous
servira ensuite dans l'étude de chaque paracha. Il faudra donc
revenir à cette page-ci très souvent.
La Torah commence par la lettre Béit
du mot Béréchite, qui est la seconde lettre
de l'alphabet hébraïque, et qui est aussi le chiffre 2 dans
la langue hébraïque. Par contre, Haqqaddoche baroukh Hou est Un; et Il nous place dans un monde qu'il base sur le 2. Dans ce monde, la perversion continue sera de nous prendre pour le Un ou d'élever au niveau du Un, qui est la place seulement de Hachém, toute autre valeur étant vérité partielle. Cette proposition du Créateur apparait dans le béit (2) du mot béréchite mis en gros caractère. Allez le vérifier.
Que se joue-t-il dans le 2, dans le couple ? ou dans la
relation humaine de base dès le début de la Tora ? L'effort constant de l'homme pour réduire l'amour Le psaume 62, 12 de David dit : Un commentaire de nos Sages précise : Eloqim a dit toutes les 10 paroles en une seule expression mais Israël, dans sa faiblesse humaine, n'a pas entendu vraiment de ses oreilles et n'en a saisi que les deux premières... Il est dit dans Chir haChirim : "il m'embrassera des baisers de sa bouche", mais ils ont réduit ce pluriel à deux, aux deux premières paroles, car ils ne pouvaient en supporter plus (miôut rabim chnaïm... léfi ché lo yékholou lisbol). Les Sages nous font remarquer là cette triple vérité constante du comportement humain : 1) nous réduisons toujours l'essentiel, 2) cet essentiel de la Torah est le don que fait Hachém, 3) cet essentiel, c'est l'amour. C'est un processus de restriction, de miôut,
de blocage, de repli, de refoulement, de surdité volontaire ou
spontanée. L'effort constant de l'homme pour réduire le
duo au 1 Il faut souvent de cruels échecs et une analyse
psychologique de ces échecs, pour prendre conscience de ce processus
; beaucoup ne parviennent pas à le modifier en eux-mêmes
et sont à leur insu des tyrans domestiques ou des égoïstes
qui définissent le bonheur de l'autre en fonction de leurs besoins.
Il faut souvent un travail psychologique lent en présence d'un
professionnel qui protège chacun pour améliorer lentement
cette situation. Quel est le centre de la Tora ? Ahava En effet, l'obligation de répéter chaque jour le chéma Yisraël nous montre bien que l'amour est le centre de la Torah. Dans ce Chémâ, le mot Un (é'had) est 13 en guématria comme ahava, et ce mot é'had y est entouré du mot ahava avant et après ce verset ; il y a donc là un enseignement sur la primauté absolue de l'amour dans le message de la Tora. Le Un divin est amour et, à notre niveau, toute unité doit être soumise au 2 de l'amour. Cela est clair, centré, précis, dévoilé, il n'est pas besoin de nombreux commentaires pour le comprendre. C'est ce que disent là nos Sages quand il poursuivent directement en nous disant cette phrase : "il est dit dans Chir haChirim : il m'embrassera des baisers de sa bouche". Et la fin du psaume 62 (verset 13) le confirme : "ou
lékha adonoute 'hésséd, et à Toi Adonoute
est la bonté". L'impossible effort Ce deux est la structure de l'amour, le lieu où l'un a besoin de tout l'autre et réciproquement. Il est important que le Créateur ait fait la nature pour que nous voyions et entendions par deux yeux et par deux oreilles : en effet, notre contact avec la réalité est ainsi marqué ontologiquement par la réalité du deux, du complément, par la rencontre de l'autre ; moi, un être unique, je suis deux ou, plus exactement formulé, je suis à la fois un et deux, et la véritable nature de ce lien au réel n'est pas une structure mathématique ou formelle mais la relation d'amour. C'est pour cela qu'il est dit qu'il faut entendre avec les oreilles (qui sont deux et non une) et il faudrait se laisser entendre en chaque dire la dualité de ce qui envoyé. Dieu a créé l'homme en une unité double : masculin-féminin ; cela est structural, intangible. La vie en commun et l'étude sont une même
dynamique qui nous apprennent à découvrir la dualité
essentielle qui est la seule unité accessible à l'homme.
Comme le dit le psaume, cela se fait d'abord par l'écoute. Un
long apprentissage en est nécessaire. La durée de l'écoute Et quand l'autre perçoit qu'il est ainsi écouté, il se sait aimé. L'écoute de cette multiplicité des sens
et des niveaux inclus dans une seule émission par la parole d'autre
ou par son attitude, est ce que j'ai appelé : "écouter
le rêve" de l'autre. Si cela se joue dans le duo Créateur-Israël
selon l'interprétation stricte de Rachi dans le Cantique des
Cantiques, et puisqu'Il a créé l'homme à Son image
et à Sa ressemblance, combien cette dynamique se joue également
entre les êtres dans toute relation et, spécialement, dans
la relation de couple. Confirmation du message par le chiffre Ce message est si essentiel que, pour le mettre en valeur, les commentaires expliquent en ce sens le fait que toute la Torah commence par la lettre béit (2) et non pas par la lettre aleph (1). Le béit Au contraire, le 1 n'a de sens qu'au plan divin. Au niveau humain, l'usage du 1 est fallacieux, illusoire et mensonger; ce sont les idées sûres d'elles-mêmes et préconcues, les jugements simples et catégoriques, les théories mensongères, l'assurance de l'information, le pouvoir politique qui s'attribue le droit et le pouvoir sur autrui par tous les artifices pseudo-logiques. Seulement au niveau de Dieu, le 1 est juste. Quand l'homme le revendique pour soi, il est dans le chéqer, le mensonge. Pour bien montrer que toute la Torah dit cela, les commentaires font remarquer que, dans le premier verset de la Torah, après cette ouverture sur le béit, 2, les lettres finales des trois premiers mots composent le mot vérité, éméte dont la guématria (1+4+4 en compte simple sans les zéros des dizaines) donne la somme de 9, tandis que le mot chéqér, mensonge, a pour guématria simple 6 (soit 3+1+2). Continuons cette démonstration l'addition des lettres de tout l'alphabet par groupes de trois à partir de la lettre beit y forme alors toujours un total de 9 qui est le chiffre de la vérité, éméte (1+4+4 = 9). En effet, voici cette suite :
Il ne s'agit donc pas là de concordances facultatives ou de jeux, mais la lecture éclairée et transmise montre ces correspondances dont chacune complète le message global. La tradition transmet les correspondances de ces sens dans les différents langages du mot, du chiffre et du contenu. Il ne peut s'agir de constructions personnelles fantaisistes, ni par des codes obtenus par jonglages informatiques. Ceci est un enseignement de la tradition. Le commentaire du Tour est un exemple de cette approche. L'avoir fait ressortir ainsi, par cette justification du chiffre, correspond à l'importance du fondement de toute la Torah sur la structure du 2, de la lettre béit qui ouvre toute la Torah ; cela met bien en évidence le verset de ce psaume 62, 12 : "Une fois a parlé Eloqim, deux fois cela
je l'ai entendu, c'est que la force appartient à Eloqim".
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