1re Paracha : Béréchite
"En un commencement de..."
Béréchite (La Genèse)
1, 1 - 6, 8
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos
Sages
http://modia.org
3e partie des 4 études
:

La 1e mitsva de la Torah : procréer
(commentaires du Chla)
et la prière du Chla pour obtenir des enfants
La paracha Béréchite expliquée
par le Chla
Méthode
Le Chla nous concerne aussi, face aux besoins contemporains, car il
possédait un art particulier : celui de résumer et de synthétiser
pour tous l’ensemble des apports de la tradition en une méthode
pédagogique cohérente comportant les caractéristiques
suivantes :
pour la Torah écrite, son enseignement se caractérise par
le lien clair et l'équilibre absolu qu'il établit, dans
son commentaire de chacune des sections de la Torah, intitulé Chné
Lou'hote Habbrite, entre chacune de ces trois dimensions :
1. le niveau des mitsvotes et de la compréhension exacte
du sens littéral de la phrase (le pchate);
2. le niveau du sens de l’intériorité des mitsvotes
ou nistar (caché);
3. le niveau de la morale dans la relation humaine : ce qu’il
nomme dérékh 'hayim.
Ces trois dimensions sont synthétisées dans le verset
des Proverbes 6, 23:
ki nér mitsva véTorah or védérékh
'hayim tokhé'hote moussar
"car une lampe est la mitsva (1.), et la Torah une lumière(2.),
et un chemin de vie la réprimande morale (3.)".
Le Chla demande avec égalité
- la rigueur dans la connaissance et la pratique,
- aussi bien l’utilisation du cœur et de l’intelligence,
- la cohérence entre ce qui est appris et ce qui est vécu.
Toute perversion dérivant vers un légalisme étroit
ou coupé de la vie, aussi bien que vers un syncrétisme non
rigoureux, ne peuvent trouver place ou appui dans son système pédagogique.
Application de cette méthode à la paracha Béréchite
Dans la partie intitulée Nér mitsva de son commentaire
de la Torah, le Chla
Haqqadoche traite des mitsvotes de la paracha par du pchate,
le sens premier ; il nous montre que cette paracha ne comporte qu'une
seule mitsva, le devoir de pérou ourevou,
fructifiez et multipliez (Béréchite 1, 28). Ce devoir
sera répété dans la 2e paracha, Noa'h (versets
9, 1 et 9, 7).
Le Chla traite ensuite du sens lumineux de la mitsva et de la paracha
dans la partie intitulée Tora or (la Tora est lumière).
Ce sera l'exposé ci-dessous.
La paracha Béréchite nous expose
- le but de la création,
- la raison d'être de l'univers et de l'humanité,
- et le fonctionnement de l'homme qui doit en découler.
Les téâmim de la mitsva
Plusieurs "motifs rationnels" (taâm, au singulier)
de cette première des 613 mitsvotes ( pérou ourevou,
fructifiez et multipliez) sont présentés :
- Premier motif. Le premier est que le monde soit peuplé
"parce que Hachém le désire", comme nous l'apprenons
d'Isaïe 45, 18 (s'y reporter) : "ce n'est pas pour le vide et le
néant (lo tohou)qu'Il a créé (véraah),
mais pour l'habitation (lachévét) et la présence
de Hachém, pour le connaître et pour vivre avec Lui".
Méditons sur tout ce que cela peut impliquer pour nous.
- Second motif. Un second motif rend cette mitsva très
importante car, première de toutes, elle inclut toutes les autres
et leur sens, puisqu'elle en permet la réalisation.
La conscience de ces deux motifs change la perspective de la procréation
: on ne peut plus y voir une simple augmentation numérique, ni
une activité productrice ou reproductrice, ni le seul fruit d'un
couple, ni un style de vie selon une idéologie particulière.
Mais, il y a une plénitude dans la présence de Haqqadoche
Baroukh Hou à toute notre existence qui est conditionnée
par cet acte qui contient tous les autres.
- Troisième motif. La Torah n'est pas donnée
aux anges mais à celui qui est capable de reproduction, ou plutôt
de fructification : l'homme.
- Quatrième motif. La mission de l'homme
Israël ne peut vivre hors de ces finalités : comme le dit
Rachi (6, 9), l'essentiel (îqar)des "productions et générations
et engendrements" (tolédotéhém) des justes
(tsaddiqim), ce sont leurs bonnes oeuvres (maâssim tovim)
: car, par elles, ils contribuent à faire passer ce plan divin à
sa réalisation. Nous avons là la définition de
concepts essentiels du judaïsme, et leur articulation.
- Cinquième motif. L'essentiel de l'intention
du tsaddiq, c'est de réaliser ces engendrements, car ils
concrétiseront ce plan du Créateur qui n'est pas une théorie
mais une présence, ainsi que le dit Isaïe.
Continuons de découvrir l'intériorité de cette
mitsva (Torah Or) dans le plan de la Création
Allons plus loin que le plan rationnel pour entrer dans l'intériorité
(pnimioute) et dans l'intimité de ces motifs rationnels,
ce que l'on appelle le sod. Ceux qui s'imagineraient que nous allons
partir dans le Zohar ou les livres mystiques seront surpris, car ces niveaux
sont exposés dans le talmud rigoureux et clair (Yévamote
63 b).
L'exposé par l'inverse
1. La révélation du sens sera trouvée par
"l'exposé de l'inverse", selon un procédé
classique dans la pensée juive. Voici : celui qui ne procrée
pas est considéré "comme s'il versait le sang", et de là
on va jusqu'à reprendre le verset de Béréchite 9,
6 disant que "celui qui verse le sang son propre sang sera versé
(chofékh dam haadam, baadam damo yichapékh)". C'est
dire combien cela est considéré comme un crime et un
meurtre.
Pourquoi cette gravité ? Pour plusieurs motifs :
2. Ribbi Yaâqov dit que celui qui ne procrée
pas, "réduit l'image du Créateur" (mémaête
éte haddemoute) et Lui porte directement atteinte par là,
puisqu'il est dit que
- nous sommes fait à Son image et à Sa ressemblance (Béréchite
9, 6 : chofékh dam haadam, baadam damo yichapékh ; ki
bétsélém Eloqim âssa éte haadam);
- et par le fait que cela est suivi immédiatement ensuite de l'expression
"votre mitsva et de fructifier et multiplier (véatem pérou
ourevou)".
- La pensée juive tire des conséquences logiques aussi précises
de ces diverses contigüités (sémikoute) des
versets que le français en tire des conjonctions grammaticales
de subordination. Il faut bien enregistrer cette règle de méthode
de la pensée juive car, sans elle, on ne peut pas comprendre
la Torah. Les interprétations religieuses qui ignorent cette méthodologie
propre au texte de la parole divine ne sont que des divagations
ne respectant pas la parole de D.ieu, malgré leur souci d'élévation
spirituelle.
3. Le traité Yévamote 64 se base sur le verset
de Vayiqra 10, 36 :
"quand l'arche faisait halte, Moché disait
chouva Hachém rivévote alfé Yisrael, "reviens,
Hachém,
myriades d'Israël".
Il n'est pas écrit "parmi les myriades milliers", mais "myriades
milliers" d'où on tire la conclusion que la présence du
Dieu d'Israël ne se fait pas à moins de 22000 membres (une
myriade) ; donc, s'il n'y a que 21999 membres parce qu'un seul n'accomplit
pas la mistva de péria ourévia, il est porté
atteinte à La présence et elle ne se réalise pas.
Ce n'est pas une question de "nombre", c'est une question de "présence".
La règle
Ribbi Eliêzer dit, à partir de là, que celui
qui ne se marie pas n'est pas un "adam" (kol adam ché
éin lo icha eino adam). Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas
un "homme", faisons très attention aux précisions, mais cela
veut dire qu'il n'accomplit pas la nature que ce que la Torah appelle un
"adam"
car cette unité que Dieu a créé-homme-et-femme
est
appelé adam (Béréchite 5, 2 : zakhar
ou néqéva béraam).
Le Chla tient à préciser que cela est une "règle",
un principe général dont on tire les trois applications dites
ci-dessus ; mais dire cela dans le judaïsme, c'est dire aussi qu'il
faut examiner et comprendre les cas particuliers et les exceptions.
L'explication de la règle : le processus de fixation du divin
en l'adam
Le Chla fait comprendre la règle de Ribbi Eliêzer à
des niveaux plus élevés.
La diffusion de Lui-même que le Créateur fait par Sa
création a besoin d'un support pour que la lumière spirituelle
puisse s'intégrer : c'est spécifiquement cette réalité
"adam".
Elle est ainsi composée : de masculin-et-féminin.
douée de désir, intention, volonté, termes qui, en
hébreu, parlent du Créateur Lui-même.
Le but de la Création est ainsi
- de fournir ce support,
- de recevoir cette émanation,
- de la rencontrer,
- de la connaître,
- de l'aimer.
(Ajoutons que le Chla reprend dans
sa prière pour les enfants (lien ici) que nous avons traduite
et insérée dans le Lév Gompers et dans ce site, tous
ces termes qui lui permettent d'expliquer cette conception. Il tire
cette formulation du Pardès Rimonim de Ribbi Moché
Cordovéro).
La présence divine répartie entre la femme et l'homme
Le psaume 122, 4
dit des tribus d'Israël qu'elles sont "les tribus de Ia" (chivté
Ia), nom de D.ieu désignant les niveaux les plus élevés
de ce qui est accessible à l'homme et dont nous parlons, par exemple,
dans hallélou-ia.
Or, ces deux lettres I et A de la divinité sont placées
séparément, l'une I est placée dans le nom de l'homme
(Iche) et l'autre A dans le nom de la femme (Icha). Les
autres lettres sont identiques!
(Expliquons maintenant ce que le Chla sous-entend par là, et
n'estime pas utile d'exposer parce que ses lecteurs sont censés
le connaître :
- Si le français, ou d'autres langues, parlent de "l'homme" ou
de "man", etc, ils emploient un seul concept.
- En hébreu il y a deux concepts (Adam et Iche)
: le plus élevé et le plus complet est celui de "Adam" qui
est l'union et correspond en guématria (45) à l'un des noms
de D.ieu lui-même ; l'autre concept, Iche, est ce que nous
voyons quand nous disons "l'homme" ou la "femme"; cela se dit Iche
et Icha.
- Ces noms Iche et Icha sont composés tous les deux
de la base du mot "feu" (éche) ; la femme (Icha)
reçoit ce feu-éche accompagné d'un hé
(proche du h soufflé, en français) tandis que l'homme reçoit
ce feu-éche accompagné d'un I youd, ce qui
fait les mots différents Iche (homme) et Icha (femme).
- Ces adjonctions I et A qui s'insèrent à la fois dans
le nom de l'homme et dans le nom de la femme, sont le nom divin ou la
procession divine ; sans cette présence, ils ne resterait plus
que les lettres du mot feu (éche) : ces deux êtres
seraient alors un feu destructeur pour l'autre (feu, éche).
Par contre, avec cette présence de ces lettres I et A, ils
sont par leur conjonction même le support de la présence
divine (voir le 'Hizqouni sur Béréchite 2, 23). Mais
chacun (l'homme ou la femme) n'en a qu'une partie, il est partiel et ne
peut se sentir participant de cette vie divine que s'il est véritablement
uni à l'autre sexe, uni et véritablement uni dans la qualité
de cette haute union.
- Revenons maintenant à la mitsva de procréer à
partir de là : c'est dans cette conception que les membres
du couple peuvent développer la présence divine dans
le monde par la mitsva de procréation. Et cette vie est une vie
diffusive, qui répand les fruits de l'arbre de vie.
La société juive
On comprend donc que, par cette explication sur le couple juif et sur
la famille juive, nous sommes loin de la simple comptabilité d'une
famille "nombreuse" ou non.
Il faut porter ce regard chargé de cette vie précise, dinine
et juive, exposée par le Chla :
- quand on voit des familles juives religieuses ayant de nombreux
enfants,
- quand on voit des jeunes juifs en Israël, menant de pair
les études très coûteuses, un ou deux travaux professionnels,
les périodes militaires continues, dans des conditions de fatigue
extrêmes et de bien-être minimal, et qui ne pensent même
pas à réduire le nombre des enfants, car ils pensent que
c'est simplement cela la vie, l'union, le bonheur, l'éducation,
la participation à la vie divine.
- quand des personnes commencent ou continuent à procréer
longtemps en âge, ce que ce Traité Yévamote explique
comme un devoir impératif de vie humaine et divine.
- c'est un bonheur pour moi aussi de savoir que la transcription de mon
nom en hébreu (di-pour) signifie justement "de la mitsva pérou
ourévou" car le mot pour est composé des initiales
de ces mots.
Le test de l'assimilation
On est ici dans une anthropologie juive, éloignée de
la conception de la famille occidentale actuelle. Les types de rapport
au conjoint, à Dieu, à l'argent, aux priorités, aux
âges sont totalement étrangers entre ces deux univers (juif
ou non-juif). C'est cela la spécificité de la famille juive.
Interrogation
A travers tout cela, chacun pourra tester s'il vit encore dans l'anthropologie
juive ou conception juive du monde et de tout, que lui a transmis sa propre
tradition, s'il en est pas ignorant, ou s'il a fait un long chemin vers
l'assimilation à un autre univers mental. Il est des choa physiques
évidentes, il est aussi des choa mentales réelles mais ignorées,
il y a aussi des choas organisées plus subtilement et qui sont
même subtilement valorisées et camouflées.
Le Chla pose déjà cette question en demandant si l'on est
attaché ou non à cette fonction d'augmentation et de concrétisation
de l'image divine, sinon pour un Juif on est dans ce qu'il appelle sitra
démota, dans le côté de la mort ou du sang versé.
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Dieu, la Torah et Israël
1. L'homme qui sait ce que nous venons de dire et qui promeut
tout cela est "l'Adam" véritable qui a pour nom
Israël.
2. Ce qui l'aide à le réaliser, c'est la Torah.
3. Voilà pourquoi ces trois réalités (Dieu,
la Torah et Israël) sont mises en contact de nature et de mode
de vie, et de resemblance.
4. Le corps de tout juif, homme ou femme, participe directement
et spécialement de ces dynamiques par l'intermédiaire
des actes mus par les différentes mitsvotes qui concernent
les différents membres du corps, l'esprit, le coeur et l'âme.
C'est le corps et la construction du corps par la procréation
et par les bonnes actions qui permettent la réalisation de
la diffusion de cette vie.
5. La conscience de cet ensemble s'appelle brite, l'alliance.
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La prière du Chla
Nous invitons nos lecteurs à lire la traduction de la prière
du Chla que nous avons réalisée avec soin, elle porte tous
ces messages pour les développer dans le couple et pour le bien
des enfants et de l'histoire.
Exercice de développement personnel
Il va de soi que cet ensemble exposé par les plus grands maîtres
pour l'ensemble du peuple, trouvera bénéfice à être
réfléchi dans le couple.
Relire aussi la paracha dans la perspective déployée par
cette étude.
Ce récit de la création n'est donc pas un vague récit
populaire pour enfants, ni un reste de mythes primitifs, c'est un texte
extrêmement élaboré, précis, dont il n'est ici
exposé qu'une infime partie.
La suite de la Torah
Cette paracha Béréchite est la base grandiose
et vivante de ce que toute la Torah va préciser en détails.
C'est cela que chaque patriarche et matriarche vont nous faire découvrir
avec précision dans les actes de leur vie, ce sera la suite des
parachiyotes.
Dans la 3e partie de son étude (Dérékh 'Hayim),
le Chla nous demande d'observer attentivement les comportements ou
middotes
des
patriarches ou matriarches, et de les analyser pour les imiter dans les
voies de la vie : maâssé avote simane labbanim.
Lectures sur la mitsva de fructifier et de multiplier
les naissances :
Dans la Torah
Allez réfléchir sur quelques relais du concept de pérou
(fructifiez) :
dans Béréchite 1, 22 ; 1, 28 ; 9, 1 et 7 ; 8,
17 ; 35, 11 ; 28, 3 ; 49, 4 ; 49, 22.
dans Vayiqra 26, 9.
dans les prophètes :
- Jérémie 3, 16 ; 23, 3 ;
- Ezéchiel 36, 11 ;
- dans les psaumes : 105, 24 ; (l'épouse) 128, 3.
La formule de souhait et de "bon oeil" envers les enfants : Béréchite
49, 22.
Dans le Talmud
Traité Yébamote, 60 et suivants.
Dans la halakha
Séfer hammitsvote 212.
Michné Torah : Nachim, Ichoute, 15, 1-2.
Choulk'hane Aroukh : Evéne haêzér, début.
Cours d'hébreu : fructifiez, pérou
Le verbe est para, qui signifie croître et porter des fruits.
Le fruit se dit péri. Réfléchissons biens
aux différentes composantes de ce mot qui sont inclusent dans la
mitsva et dans la procréation :
- le fruit, c'est un membre issu de l'arbre après la fécondation
et qui s'en détache,
- le fruit, c'est le résultat positif d'un labeur ardu,
- le fruit, c'est le résultat moral et élevé d'une
tâche concrète.
C'est ainsi, à la fois, le fruit de la terre (péri ha
adama), le fruit du ventre (péri ha béténe),
le fruit de l'imagination des parents envers ce qu'ils enfanteront (péri
ha diméyone), ou le fruit de leur spiritualité (péri
rou'ham), cela comporte une note de beauté (péré
hadar) ou de louange (péri hiloulim), ou d'excellence
rare (péri mégadim) comme dans le Cantique des Cantiques
4, 13). Cela comporte aussi une notion de charge à porter (nassa
pérote), et de ressemblance ou de continuité entre parents
et enfants (ka éts kén pirio, dit l'hébreu
: comme l'arbre, ainsi son fruit). Méditez tout cela en réfléchissant
à la relation de vos parents à vous et à la vôtre
envers vos enfants, et à la différence de perception d'un
point de vue ou de l'autre.
Particularité. L'abréviation de pérou ourvou
(fructifiez et multipliez) dans les textes s'écrit et se dit en
hébreu "pour". Ce terme est dans la composition de notre
nom de famille en hébreu : "di-pour". "Di", en araméen,
signifie "de", comme le mot "chél" en hébreu ; ainsi
di-pour signifie "de la mitsva fructifiez et multipliez". Beau,
n'est-ce pas ; c'est le motif parmi d'autres pour lequel mon père
en Torah, Ribbi Moché Yossef Zenou aimait ainsi mon nom de famille.
La prière du Chla
pour que tout le programme de l'étude et de la Torah
se réalise pour les enfants et pour la descendance
Commentaires et traductions
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos Sages
J'insère cette traduction, réalisée par moi-même,
pour montrer qu'il y a un ordre à mettre dans les demandes de la
prière, et seuls les grands Sages connaissent cet ordre.
On pourra donc étudier cette prière en ce sens, pour
que toute prière personnelle, ensuite, en tienne compte. Le meilleur
commentaire est donné dans la présentation de la paracha
Béréchite par le Chla, sur notre site. Tout Juif, femme ou
homme, est également concerné.
Cette prière se trouve dans le livre Chnéï Lou'hote
Habbrite, Massékhéte Tamid, à la fin du chapitre
Nér
mitsva,où le Chla traite des thèmes de la prière
(îgniané téfila).
Le Chla indique que le moment le plus favorable pour dire cette prière
est le mois de Sivane dans lequel nous entrons la veille de la fête
de Chavouôte et, très spécialement, le soir qui ouvre
le mois de Sivane.
Pourquoi ? Parce que c'est le mois dans lequel la Torah nous a été
donnée et, pour ce motif, nous avons été nommés
"enfants de Hachém notre D-ieu". C'est en vertu de cela que
notre demande concernant nos enfants trouve là une heure propice
(cheâte
ratsone).
Le Chla incite d’abord à prier chaque fois que le cœur le souhaite
ou en a besoin, puis il incite le couple, avant qu'il ne dise cette
prière, à mettre en place tout ce qui concerne chacun, à
faire techouva, à donner la tsédaqa,
à jeûner si possible.
Chacun des mots de cette prière rassemble la science de la Tora,
de l'étude et du fonctionnement de l'homme, en lui-même,
en son couple et dans son lien aux enfants ; elle a donc sa place en notre
site bayite (maison) qui repose sur ces principes.
Cette prière nous fait aussi comprendre l'intériorité
de l'étude pour le Chla qui est l'un des piliers de notre méthode
d'étude. La fructification par l'étude n'est pas étrangère
à la fructification par l'enfantement corporel.
Cette prière est la formule condensée de tout ce que
notre méthode tente de transmettre sous forme didactique de la dimension
lyrique, duelle et amoureuse de la Torah.
On la trouvera, avec toutes les références bibliques
et talmudiques, dans notre prochaine édition du Lév Gompers
(copyright sur l'ensemble).
Pourquoi ce lien entre l'étude et la descendance ?
A un premier niveau, on peut dire que :
- l'étude participe directement à la Création du
monde, de même que la descendance ; ainsi, les enfants sont nommés
en hébreu par les mêmes lettres que "les constructeurs",
selon le jeu des sonorités : "tes enfants bénaikh,
et tesconstructeurs bonaikh" ;
- nous sommes nommés "enfants de D-ieu" par le don de la Tora
;
- le dessein de D-ieu dans sa Création est un dessein qui se développe
dans le temps et dans les générations qui se succèdent,
comme il est dit : Avraham, Yits'haq, Yaâqov, David, Chlomo, ...
- On veillera à y retrouver tous les concepts et les dynamiques
de vie présentés dans le commentaire de la paracha Béréchite.
Prière du Chla Haqqadoche
Toi, en Ton Nom et en Ta volonté, Hachém notre
D.ieu,
avant que tu n'aies créé le monde
et Toi, Unique, en Ta volonté, qui est notre D.ieu dès que
Tu as créé le monde
et depuis toujours et à tout jamais, Tu es D.ieu.
Et Tu as créé Ton monde dans le dessein de faire connaître
Ta divinité
par l'intermédiaire de Ta sainte Torah,
comme ont dit nos rabbins
(que leur souvenir soit bénédiction) :
"Béréchite, en un commencement de..., pour la Torah
et pour Israël"
Car ils sont Ton peuple et Ta part que Tu as choisis
parmi toutes les communautés humaines.
Et Tu leur as donné Ta sainte Torah.
Et Tu les as rapprochés de Ton grand Nom.
Et, par l'existence du monde et par l'existence de la Torah,
nous sont adressées par Toi, Hachém notre D.ieu, deux
prescriptions :
Tu as écrit dans Ta Torah : Fructifiez et multipliez-vous,
et Tu as écrit dans Ta Torah : Et vous enseignerez vos fils,
et l'intention de ces deux prescriptions n'est qu'une seule et même
réalité.
Car ce n'est pas pour le tohu-bohu que Tu as créé mais pour
établir.
Et pour Ta gloire Tu as créé, Tu as façonné
et Tu as aussi fait
pour que nous soyions, nous, et nos descendants,
et les descendants de tout ton peuple Israël
des connaisseurs de Ton Nom et des étudiants de Ta Torah.
Ainsi donc, je viendrai vers Toi, Hachém, Roi des rois des
rois.
J'épancherai ma prière, mes yeux vers Toi suspendus
jusqu'à ce que Tu compatisses et entendes ma prière
pour me gratifier de fils et de filles,
et que eux aussi fructifient et se multiplient,
eux et leurs fils et les fils de leurs fils
jusqu'à la fin de toutes générations,
pour que eux et moi, nous tous,
nous fassions de Ta sainte Torah notre occupation,
pour étudier et enseigner, garder et faire,
et réaliser toutes les paroles de l'étude de Ta Torah en
amour.
Et illumine nos yeux dans Ta Torah
et fais adhérer nos cœurs à Tes mitsvotes
pour l'amour et pour la crainte de Ton Nom.
Notre Père, Père miséricordieux,
donne à nous tous des vies longues et chargées de bénédictions.
Qui est comme Toi,
Père miséricordieux qui Te souviens de Tes créatures,
pour les faire vivre dans Ta miséricorde ?
Souviens-Toi de nous pour des vies éternelles,
comme pria Avraham notre père :
"Qu'il vive devant Toi".
Et ils ont commenté nos rabbins (que leur mémoire soit bénédiction)
:
"dans Ta crainte".
Ainsi donc, je suis venu demander et supplier devant Toi
que ma descendance
et la descendance de ma descendance, à tout jamais,
soit une descendance cachère.
Et qu'il ne se trouve pas en moi ni en ma descendance
ni en la descendance de ma descendance,
à tout jamais, aucune part répréhensible.
Uniquement paix et vérité et ce qui est bon et droit
aux yeux de D.ieu et aux yeux des hommes.
Et qu'ils soient de ceux qui possèdent la Torah,
des maîtres en Torah, des maîtres en michna, des maîtres
en talmud,
des maîtres en secrets, des maîtres en mitsvotes,
des maîtres dans le souci réel d'autrui,
des maîtres dans les qualités que l'on se doit d'être.
Et qu'ils Te servent avec amour et avec une crainte intérieure
et non avec une crainte extérieure.
Et donne à chacun d'eux ce qu'il faut pour subvenir dans l'honneur.
Et donne-leur santé, honneur et force.
Et donne-leur prestance, beauté, grâce et bonté.
Et qu'il y ait entre eux amour, fraternité et paix.
Et procure-leur de bons conjoints
de la descendance des "talmidéï 'hakhamim, élèves
des Sages"
et de la descendance des "tsaddiqim, Justes".
Et des conjoints qui soient comme eux, en tout ce que j'ai prié
qu'il leur advienne,
car ils sont totalement un dans le bien en notre pensée, les uns
et les autres.
Toi, Hachém, Tu connais tous les desseins des cœurs,
et devant Toi est dévoilé tout ce qui est en mon cœur.
Et il est sûr que mon désir en tout cela
est pour Ton Nom grand et saint et pour Ta sainte Torah.
Pour cela, réponds-moi, Hachém, réponds-moi
en faveur des Pères saints Avraham, Yits'haq et Yaâqov
et pour eux, sauve les fils et qu'ils soient des branches semblables à
leurs racines.
Et pour David ton serviteur, quatrième base du char de la merkava,
le poète qui chante dans le souffle de Ta sainteté :
"Chant des degrés, Chir hammaâlote (Psaume
128) :
heureux est tout homme qui craint Hachém,
qui marche dans Ses voies.
Le labeur de tes mains, sûr que tu en mangeras le fruit,
pour ton bonheur et pour ton bien.
Ta femme est comme une vigne féconde dans l'intérieur de
ta maison,
tes fils sont comme des plants d'oliviers autour de ta table.
Voilà, c'est sûr, c'est ainsi qu'il est béni l'homme
qui craint Hachém.
Il te bénira, Hachém, depuis Sion.
Vois dans le bon de Jérusalem tous les jours de ta vie.
Et vois les fils de tes fils ; paix sur Israël."
Je t'en supplie, Hachém qui écoute la prière,
qu'il soit accompli en nous le verset :
"quant à Moi, la voici mon alliance avec eux, dit Hachém,
Mon inspiration qui est sur eux et mes paroles que J'ai mises dans ta
bouche
ne s'écarteront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance
ni de la bouche de la descendance de ta descendance,
dit Hachém, à partir de maintenant et pour toujours".
"Qu'elles soient conformes à ton désir,
les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur,
devant Toi, Hachém, mon rocher et mon sauveur ! "
Je voudrais reprendre ces dimensions au niveau individuel.
Cette conception y existe aussi pour passer du néant à
la création. Chaque matin, nous vivons cette expérience
au sortir de la nuit.
Nous existons et n'en sommes pas conscients, comme lorsque nous vivons
toute la nature sans prendre conscience qu'elle est suspendue dans l'existence
uniquement par la volonté et par l'amour du Créateur à
chaque instant.
Nous émergeons dans le tohu-bohu et l'impuissance et devons nous
reconstruire de A à Z, de aleph jusque tav, retrouver le regard,
la stabilité, l'orientation, la position debout, la mobilité,
la force, l'équipement, la beauté, le sexe, l'identité,
le peuple, la Torah. Toute cette reconstruction par étapes, cette
recréation nous est donnée chaque matin où nous
nous associons au Créateur pour nous recréer nous-mêmes
dans les bénédictions du matin.
Avant chacune, bien prendre le temps de s'arrêter pour prendre
conscience de notre manque.
Puis, pendant la bénédiction, bien ressentir que nous
la disons au présent et qu'elle qu'elle entre en nous.
Enfin, après la bénédiction, arrêter
un instant pour prendre conscience que maintenant nous avons comblé
ce manque et que nous sommes complet sur ce qui a été
notre prière.
Ensuite, seulement, passer à la bénédiction suivante.
Etudier ici ces différentes bénédictions du matin:
http://www.modia.org/priere/expliq3.html
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