10e Paracha : Miqéts "Au bout de..." Béréchite (La Genèse) 41,1 - 44, 17 Commentaire par le Rav Yehoshua
Ra'hamim Dufour
La vraie confiance, bita'hone, comment la développons-nous chez nos enfants et en nous?
Il faut une confiance en soi mais, nous allons le voir, elle n'est qu'une marche dans un développement. Faisons donc le point sur nous-mêmes et sur l'éducation que nous donnons à nos enfants après ce commentaire. Allez aussi étudier Rachi par le lien indiqué. Et si cela vous semble difficile, allez étudier avec un rabbin ou quelqu'un qui a appris davantage, ils ont le devoir de vous transmettre notre tradition. Et vous aussi, à ceux qui savent moins que vous. Note - N'oubliez pas de lire et de répéter les mots en
hébreu insérés dans le texte, ils se mémoriseront
ainsi peu à peu. Thèmes de la paracha Miqéts 1. • Le rêve ('halom) de Pharaon: 7 vaches (parote) belles et grasses dévorées par 7 vaches maigres; puis 7 épis (chibolim) pleins dévorés par 7 épis maigres. L'échec des devins ('hartoumim) pour comprendre le rêve. • Yosséf retiré de la prison ; il interprète (potér) le rêve et conseille le Pharaon. Il est nommé second (michné) de Pharaon avec autorité sur toute l'Egypte. • La naissance de Ménaché et celle d'Ephraïm. • La disette (raâv) en Egypte et dans tous les pays. 2. • La venue des frères (a'him) de Yosséf devant lui. Il les reconnut (vayaqér). Ils ne le reconnaissent pas mais, lui, se souvient des songes qu'il avait eus à leur sujet et il les met à l'épreuve par rapport à des fautes éventuelles et à la culpabilité. • Il les accuse d'être des espions (méraglim), maintient un frère (Chimeône) et les renvoie chercher Bineyamine, le fils de sa mère Ra'hel, et le seul fils d'elle qui reste à son père et qu'il chérit. • Yaâqov ne peut supporter cette privation et, finalement, il accepte et envoie également des présents à ce gouverneur. • Yosséf offre un repas à ses frères, libère le frère prisonnier. Il demande des nouvelles de son père, fait connaissance de son petit frère Bineyamine. Il les renvoie et fait cacher une coupe dans les bagages de Bineyamine. Les frères la trouvent, reviennent vers Yosséf et s'accusent d'avoir mal agi. • Yossef dit qu'il gardera en esclavage Bineyamine. Nous présentons ensemble les thèmes des deux parachiyotes
car, comme le fait remarquer le Chla,
il est impossible de les séparer et elles posent (avec la paracha
Vayéchév) le problème des difficultés fraternelles.
Thèmes de la paracha Vayigache • Yéhouda plaide avec art et émotion devant Yosséf en disant que si leur père ne voit pas revenir Bineyamine, il mourra. • Yosséf ne peut plus se contenir (vé lo yakhol Yosséf léhitapéq); se dévoile à ses frères, et dit que D.ieu a permis qu'il soit vendu par eux pour qu'il sauve sa famille (voyez 45, 7). • Le Pharaon invite la famille de Yosséf à venir s'installer en Egypte. • Les frères reviennent vers leur père Yaâqov, lui apprennent que Yosséf vit et gouverne l'Egypte. Yisraël (nommé ainsi) part avec tout ce qui lui appartient avec l'assurance d'un rêve qui le lui ordonne. • La liste de toute la famille de la maison de Yaâqov (46, 7...). En tout 70 personnes (46, 27), chiffre important. • Yosséf installe sa famille comme pasteurs de troupeaux (roê tsone) dans la région de Gochéne et présente 5 de ses frères à Pharaon; puis son père qui bénit Pharaon (47, 10). • Pendant la famine, Yosséf concentre tous les biens de l'Egypte dans les mains de Pharaon, sauf ceux des prêtres. Toute la population devient esclave de Pharaon (âvadim lé Faro, 47, 19) et devra lui donner 1/5 des récoltes, hormis les prêtres. • La famille de Yisraël s'accroit prodigieusemenent (va yirbou
méod) en Egypte (47, 27). Qui est fiable ? Nous avons vu dans la paracha précédente les multiples trahisons sociales et affectives envers Yosséf : à qui se fier ? De qui attendre la fidélité ? la fiabilité ? De qui espérer le salut dans la difficulté ? En qui avoir cette confiance sûre que la tradition appelle "bita'hone"? Que pouvons-nous apprendre de Yosséf ? Comment s'est-il comporté ? Quel type de confiance a rendu possible ce dénouement heureux de l'histoire personnelle et collective ? Examinons cette question. Rabbénou Bé'hayé nous montre que nous pouvons franchir
des étapes dans la confiance à accorder. Les niveaux dans la confiance Stades 1. et 2. La première confiance, essentielle, est envers la mère dont la vie dépend, d'abord par la nourriture venant de son corps et ensuite par ses soins (ajoutons que ce mélange de la nourriture vitale et de l'affectif créera chez tout humain, en retour, un "soif" et une "faim" inextinguibles de l'affection. Cela restera le prototype de toute relation). 3. Ensuite, au stade 3, la confiance concerne le père qui devra assumer son rôle d'accorder à ces proches ce bita'hone dont ils ont besoin. 4. Ensuite, l'enfant doit développer la confiance en soi-même,
en ses propres forces et capacités pour subsister par lui-même
indépendamment, sur l'exemple de ce qu'il a reçu précédemment
des autres. Arrive alors un second niveau : Ce niveau de la confiance (bita'hone) repose sur le calcul et les intérêts. C'est une avancée mais c'est encore un niveau très imparfait. 6. Dans le 6e stade, l'homme accorde sa confiance à Haqqaddoche Baroukh Hou, et non à soi-même, même dans les zones d'activité où l'homme se sait compétent et où cela dépend de lui (par exemple, travailler et gagner sa vie) ; et il retourne à Haqqaddoche Baroukh Hou la réussite en ces matières. C'est une confiance de reconnaissance. 7. Dans le 7e stade, il retourne tout en confiance vers Haqqaddoche Baroukh Hou, que les résultats soient bons ou non. C'est une confiance globale. 8. Dans le 8e et dernier stade, il accorde sa confiance, son bitah'one à Haqqaddoche Baroukh Hou de tout son coeur, sans prendre en considération les bons résultats de l'opération, la facilité ou la difficulté de la vie : simplement, il voit en tout Sa volonté, Son ratsone : cela, qu'il soit riche ou pauvre, malade ou en bonne santé, libre ou mis en prison, tout est vu également comme "rétsone Haqqaddoche Baroukh Hou" et il ne cherche pas de motifs à cela car en chercher serait faire une réserve dans la confiance; on appelle cela : "être chalem bémidate habbita'hone", être d'une confiance achevée. C'est pour cela que le verset des Proverbes dit : "aie confiance vers Hachém" et non en Hachém. En effet, cette confiance parfaite fait que l'homme mène absolument chaque pensée vers Hachém dans une direction qui franchit toutes ces étapes. C'est pour cela qu'il est écrit dans le psaume 25, 15 : êinaï
tamid él Hachém, "mes yeux sont toujours
vers Hachém". Et le tsaddiq, le juste achevé,
ne demande pas à D.ieu ou à soi-même des raisons à
ce qui se passe, des comptes et calculs, même dans le sens du bien.
C'est le niveau le plus élevé du bita'hone, de la
confiance.
Pédagogie personnelle Essayons donc • de faire ce test: diagnostiquer quel est notre niveau habituel de confiance-bita'hone, parmi ces 8 niveaux de développement et où est située notre force ou notre faiblesse sur chaque niveau; cochez après réflexion:
• de franchir ces étapes qui sont également et psychologiques et spirituelles envers Hachém et envers ceux que nous aimons. Il s'ensuivra, certainement, une diminution des craintes, des sentiments
d'abandon, des frustrations et amertumes, des souffrances, susceptibilités,
angoisses, paniques, suspicions, ruminations, colères et récriminations.
Yosséf et la confiance C'est pour cela qu'il est écrit dans le premier verset de la paracha
: Mais la relation avec les frères reste marquée par une mise en scène longue et pénible des allusions aux culpabilités de l'autre, même la peine du vieux père n'est pas épargnée en ses sentiments les plus intimes et fragiles vers le dernier enfant qui lui reste. Nous assistons à une épuration très précise, longue, fine, rigoureuse, jusqu'au moment où les êtres parviennent à revenir au 'Hésséd, à la bonté totale du coeur qui parvient à effacer les souvenirs pénibles. L'être parfait dans la confiance est Jacob (ses années d'attente pour Ra'hel passèrent comme un jour tant il l'aimait et il est resté ainsi avec elle comme s'ils étaient un seul être au long des jours ; de même, son combat toute la nuit dans la persévérance et la fidélité à la vérité intérieure dont il ne doutait pas de sa lumière, de même menacé et la tête posée sur les pierres il était capable de voir la deuxième dimension sainte de la réalité. Yosséf n'est qu'un fils de Yaâqov-Israël. Nous ne sommes pas les fils de Yosséf mais ceux d'Israël, les béné Yisraël. Yosséf doit, comme un enfant, faire tous les apprentissages. Nous aussi. Il nous montre le chemin, les essais et erreurs. D'où vient cet art de Yosséf ? D. a créé la bonté et la force dure en face à face. Une seule solution pour que la victoire ne soit pas laissée à la force brutale, dit le psaume 91, 14-16 : connaître le nom de D. c'est-à-dire connaître avec précision et exactitude comment fonctionne le processsus de la vie divine dans le monde. Cela ne se fait pas par une vision moralisante ni théologique plaquée sur la Torah mais par la connaissance précise de la parole de D. C'est ce qu'a fait Yosséf, il avait cette connaissance dans la Torah plus que tous ses frères, voilà pourquoi son père l'aimait plus que tous les autres. Il avait la connaissance de la chékhina, présence de D. dans le monde et, pour cela, il a pu traverser les pires épreuves (prison, haine, rejet, médisance, attaques sexuelles, banissement, etc. et ne lâchant pas la Chékhina il fait éclore la yéchouâ, le salut, qui ont la même guématria (385). Il ne dit pas que son royaume n'est pas de ce monde; au contraire, son royaume malkhoute est bien de ce monde où le bien doit gagner par la science de la Chékhina. C'est le rôle du peuple juif. Yossef nous montre toutes les dynamiques tuelles ques entendons dans les informations chaque jour, mais il en fait autre chose, ce qui est absent de ces informations ou de la presse. Yosséf nous apprend Exercice d'intériorisation de la paracha Voir comment nous influons sur ces questions essentielles dans l'éducation.
Lecture 2e niveau : Se perfectionner dans l'hébreu de la paracha
Où ? Sens de la racine 1. avoir de la confiance en soi et de l'assurance que les choses sont comme ceci ou comme cela. ("bien sûr que c'est comme cela, c'est évident" : béta'h ! dit l'expression israélienne courante). Voir Rachi sur Béréchite 34, 25.Type de mot Le son one ajouté à la racine pour créer le substantif "assurance" est un suffixe qui amène une signification de catégorie générale et abstraite. Ainsi, de nombreux mots sont bâtis sur cette structure : ratsone, volonté, de la racine "vouloir". zikarone, souvenir, de la racine "se souvenir". yitrone, avantage, de la racine "plus". Cependant de nombreux noms désignant des objets concrets ou des
plantes se terminent aussi par ce son one, comme : L'hébreu moderne forme de nombreux mots sur ce modèle :
Pluriel C'est un mot d'échange intérieur avec Hachém
La fête de 'Hanouka
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