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2e Paracha : Noa'h
"Noé"
Béréchite (La Genèse)
7, 1 - 11, 32
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour,
basé sur les livres de nos Sages
http://www.modia.org
©
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(voir ces liens qui nous présentent l'ouverture du mois
nouveau de 'Héchvane
ou Maréchvane).
Découvrir ici chaque paracha de la Torah en chiffres. Quand on aime, ça compte! Bien utile aussi pour préparer sa bar-mitsva.
Quel homme ou femme être ?
Des tsaddiqim: un tsaddiq (un juste)
ou une tsaddéqète (une juste)
qui choisit, persévère, fructifie et
apporte discrètement la bénédiction dans un monde
de violence
même si le prix à payer est très
cher par l'isolement et la différence.
1er Niveau, pour tous.

Ellé tolédote Noa'h
Noa'h iche tsaddiq tamim haya bédorotav
éte haEloqim hithallékh Noa'h
véyyoléd Noa'h chélocha vanim
éte Chém éte 'Ham vééte Yaféte
Ceci est la généalogie de Noa'h.
Noa'h fut un homme juste, irréprochable, il
fut parmi ses contemporains ;
il se conduisit selon D.ieu.
Noa'h engendra trois fils :
Chém, 'Ham et Yaféte.
Axe général
Nous avons vu que la paracha Béréchite nous révèle
le but de la Création, la raison d'être de l'univers et de
l'humanité, et le fonctionnement de l'homme qui doit en découler.
Cela veut dire qu'il y a eu un projet divin à travers la Torah
et à travers les particularités de la Torah hébraïque
- de faire partager à l'homme non seulement la science de l'univers
comme lieu d'expansion de la bénédiction divine,
- mais aussi de lui communiquer la connaissance de la vie interne de
D.ieu et cela dans une relation; ce niveau est surtout exprimé
par la constitution de l'homme en une unité composite masculin-féminin,
à l'image du modèle créateur entre Haqqadoche
baroukh Hou et la Chékhina.
- plus encore, le Créateur a voulu inverser les rôles (ki
véyakhol, si l'on peut dire) en ce qui concerne le rôle
moteur de la Création : Il a remis à l'homme la puissance
sur la Création. Comment ?
Ce passage du Créateur à l'homme, étant donnée
la distance de nature entre les deux partenaires, suscite nécessairement
un appauvrissement de la présence divine sur terre qu'est aussi
la Chékhina.
D.ieu a remis à l'homme, par la Torah révélée,
le pouvoir de corriger cet affaiblissement, cet appauvrissement. On parle
alors de "tiqqoune ou réparation". (Etudier ici avec précision
ce concept de tiqqoune).
Ribbi
Yaâqov Abou'hatséra fait le lien de toutes ces dimensions
:
"Béréchite guématria ké ché'hinate
ouzénou...
le mot Béréchite a la même guématria
que Ché'hinate ouzénou, la Chékhina,
notre force,
lirmoz dé îqar ha Torah vé haâvoda vé
hammitsvotes...
pour faire allusion au fait que l'essentiel de la Torah et du travail
(la prière) et des mitsvotes,
hakol hou lé tiqqoune ha chékhina...
tout est pour faire le tiqqoune de la Chékhina,
léfi ché bé khol yom va yom...
en ce sens que chaque jour après jour
tsrikha biniane mé'haddash...
la Chékhina a besoin d'être reconstruite à
nouveau,
vé zé haddavar talouI bivéné Ysrael
cela dépend des enfants d'israel."
Nous allons voir comment ce programme, qui nous concerne chacun, se met
en oeuvre dans la vie de Noa'h.
Thèmes de la paracha
Allez repérer quel verset de notre paracha traite des thèmes
suivants : l'épisode de l'entrée dans l'arche de Noa'h,
le déluge, les étapes de la sortie de l'arche, les ordres
reçus de se multiplier sur la terre, la mise en garde contre le
meurtre, l'alliance et son signe qu'est l'arc-en-ciel, l'ivresse de Noa'h,
ses trois fils et leurs descendants, la tour de Bavel, la liste des générations
jusqu'à Avraham à 'Harane. Il faut bien situer Noa'h
dans la liste des premières générations, voici
un tableau (lien ici) qui le décrit clairement. Et, ici,
sa période dans l'ensemble du développement de l'histoire
(lien).
1e phase
Dès la sortie de l'état de Jardin d'Êdén, rapidement
l'humanité est devenue ce qu'elle est aujourd'hui, nous n'avons
guère progressé; les techniques et les connaissances ont
proliféré depuis, certes, mais leur usage est aussi brutal
et meurtrier que dans l'épisode de Caïn et Avel. Pire, les
techniques ont amplifié la puissance de meurtre : jamais l'humanité
n'a pratiqué de tels génocides sans rien apprendre et ils
continuent à un rythme qui s'accélère.
Nous sommes des primitifs incultes en Torah et Sagesse et armés
des pires armes; les parents qui devraient éduquer les êtres
fragiles que sont leurs enfants les incitent à se repaître
d'émissions et de jeux électroniques de destruction des
univers, de coups, de haine et de massacres ; les films et romans de meurtres,
viols et autres cruautés font toujours la meilleure des recettes
; qui n'est pas drogué au spectacle des horreurs des actualités
télévisées et ne se branche pas sur la radio dès
l'annonce d'attentats pour entendre cinquante fois le récit tragique
ou revoir sans respect les images de victimes ensanglantées; la
pornographie basée sur l'esclavage des femmes est totalement officialisée
comme pratique et comme spectacle dans les sociétés modernes.
Il faut vraiment nous remettre en question sur tout cela. Sans parler
des meurtres organisés à grande échelle sur le plan
économique, le commerce des armes, des médicaments périmés
ou du sang et des marchandises contaminées vers les pays du tiers-monde,
violences qui assurent le niveau de vie occidental, et nous laissent
complètement indifférents; de tout cela, vivent nos sociétés
avancées et démocratiques qui ont le toupet scandaleux de
se dire basées sur les droits de l'homme comme lumière de
l'humanité. C'est l'état des lieux.
2e phase
Déjà l'homme était cela : 'hamas, terme hébraïque
pour la violence et, depuis lors, l'homme ne s'est pas amélioré.
Cependant, dans ce contexte le judaïsme est le seul qui a gardé
les archives d'un événement colossal car il est apparu "un"
homme, un type d'homme dont il est dit :
"Noa'h iche tsaddiq, tamim haya bédorotav, éte ha
Eloqim hithallékh-Noa'h
Noa'h fut un homme juste, un tsaddiq, intègre dans sa génération,
il marchait avec D.ieu" (Béréchite 6, 9).
Nous avons là les clefs nous permettant de comprendre
comment on peut arrêter cet engrenage mortifère de
la violence. Il s'agit bien d'un "homme, iche",
non pas encore d'un Juif. Nous devons le regarder pour découvrir
le meilleur de l'homme, pour savoir que la Torah s'adresse ainsi
à tous les hommes et les enseigne sur le projet divin les
concernant.
Il va de soi, aussi, que tout Juif devra être porteur de ces
qualités qui sont la base commune; la Torah du Juif lui donnera
encore des tâches et lumières supplémentaires. |
Il est donc très important d'étudier cette paracha. Et
organisez vous pour apprendre systématiquement le vocabulaire hébraïque
qui vous est donné dans ces commentaires.
Mais ce n'est pas la langue française qui nous apprendra sur
ce message ; il faut aller vers l'hébreu car le sens ne sera compris
dans la Torah que par les correspondances de sens entre de nombreux versets
qui utilisent les mêmes racines hébraïques des mots.
Apprendre l'hébreu est
donc indispensable pour qui veut comprendre la Torah et en vivre. Si vous
ne connaissez pas l'hébreu, tout frère Juif le connait
quelque peu, vous initiera, il le peut et il le doit.
Donc, "Noa'h fut un homme juste, intègre dans sa génération,
il marchait avec D.ieu" se dit en hébreu, dans la Torah : Noa'h
iche tsaddiq tamim haya bédorotav, éte ha Eloqim hithallékh-Noa'h
. Apprenez par coeur cette phrase.
La clef du message est dans chacun de ces mots, en hébreu.
C'est ce que nous allons faire à travers le commentaire de Rabbéinou
Bé'hayé
et celui du Chla.
(Lire ces deux liens)
Le commentaire de Rabbénou Bé'hayé (dcd
vers 1340)
Il commence son commentaire de chaque paracha par un verset des Proverbes,
Michlé.
Il montre, chaque fois, qu'un verset de Michlé fait la synthèse
de tout l'enseignement de la paracha.
Par cela, nous allons découvrir ce qu'est le livre des Proverbes
; il est probable que notre avis sur ce livre va changer totalement.
Ici, c'est le verset 20, 7 : "mithalékh bétoumo
tsaddiq, acheré vanav a'harav, le juste marche dans son intégrité,
heureux sont ses enfants après lui".
L'homme n'est pas un juste, un tsaddiq, jusqu'à ce qu'il
ne "marche dans la tâche de vie orientée vers Hachém".
(Prononciation : bien doubler les deux "d" de tsaddiq).
Le concept de mithalékh bétoumo (un homme marche
dans son intégrité)
- Cela veut dire: accomplir les mitsvotes telles qu'elles sont, avec intention,
avec amour et crainte, sans orgueil, sans s'en parer, sans en rechercher
des honneurs, et sans le faire savoir. Ne pas faire ainsi, c'est être
un pécheur.
- La qualité du tsaddiq (ce que l'on appelle sa qualité,
sa midda) est d'être celui qui accomplit des bonnes choses
mais jusqu'au bout, calmement et silencieusement, c'est-à-dire
que cet extrême est simplement de ne pas se glorifier intérieurement
ou extérieurement de ses propres qualités. C'est ce
que disait le verset précédent de Michlé (9,
6) :"beaucoup d'hommes sont vantés pour leur bonté, mais
qui trouvera un homme intègre et fiable (iche émounim)
?".
Ce que demandent donc la paracha de Noa'h, et le judaïsme,
-
n'est pas seulement de bien se comporter selon la morale,
-
ni même selon toutes les mitsvotes demandées par la Torah,
- mais le degré de complétude ou chalom nommé
tsaddiq est de "cacher le bien accompli".
Donc le juste, le tsaddiq, c'est un épanouissement qui
passe par trois niveaux :
- 1e niveau, la hithalekhoute :
D'abord, c'est être quelqu'un qui "veut aller dans toutes ses démarches
avec D.ieu" (mithalékh) ; cela veut d'abord dire d'éviter
la violence ('hamas) contrairement à ce que font les hommes
de sa génération : c'est ainsi que se comportait Noa'h.
Concrètement, appliquons à nous-mêmes ces 4 points-ci
:
-
voir quelles sont les violences auxquelles se laissent prendre nos contemporains,
-
examiner si nous nous en dispensons
-
pour marcher selon ce que demande Hachém
-
et marcher en présence avec Lui.
- 2e niveau : le début de l'état de tsaddiq
Le tsaddiq est un sage cohérent qui réalise,
un 'hakham lév" : non pas quelqu'un qui pense seulement,
ni quelqu'un qui parle d'abord (combien de débats, de "dossiers",
de conversations d'hommes entre eux, ont prétendu refaire le monde
sans aucun effet sinon celui de se dispenser de deux choses : la petite
action efficace, le silence qui évite la médisance). Celui
qui tombe dans ce travers (chacun de nous constamment), est le personnage
que nos sages appellent le évil, le sot bavard : lisez Proverbes
10, 8.
- 3e niveau : le niveau de témimoute
C'est le degré d'accomplissement, l'état de tsaddiq
bitemimoute ;
-
c'est quelqu'un qui fait l'action avec intention d'amour, de crainte
du Ciel, et qui pour ce motif cache l'action réalisée.
-
et qui essaie d'aller jusqu'au bout dans l'extension du travail de perfectionnement
dans l'ensemble de ses actions : il se lie ainsi à ce qui
caractérise Hachém et sa Torah qui est témima,
complète et complètement pure. Lisez le premier verset du
1e psaume. Et le psaume 15 qui décrit bien toute la tâche
à accomplir.
Alors cette action de bonté
-
portera des fruits multiples.
-
sera un exemple efficace pour les enfants qui l'apprendront et marcheront
sur ces traces : lisez Proverbes 14, 26.
Le tsaddiq et sa génération
Le concept de tsaddiq réfère à sa propre
génération puisqu'il s'agit de réparer la violence
qui s'y réalise. Cela limite aussi la figure du tsaddiq
: c'est pour cela que les commentaires sur l'expression "à sa génération"
remarquent qu'à la génération d'Avraham ou de Moché,
Noa'h n'eût peut-être pas été à la hauteur.
Mais, si l'on parvenait déjà à ne pas sombrer sous
les travers de la pression ambiante de "notre" génération,
quel succès.
Nos Sages, dans la même optique en tirent une autre conclusion
: "celui qui a atteint un niveau de connaissances (par exemple l'astronomie,
à leur époque, ce qui correspondrait aujourd'hui à
la physique ou aux mathématiques ou à l'informatique, etc)
et qui ne l'utilise pas pour en faire du bien, de lui il est dit par Hachém
"ils méprisent l'oeuvre de mes mains" (Isaïe 5, 12). Cela
veut dire que le tsaddiq doit utiliser toutes les ressources que
le Créateur lui a remis pour faire le bien. C'est l'enseignement
de Ribbi Chimeône ben Pazi dans le traité Chabbate 75 a,
que j'ai cité dans mon étude sur le
suicide et la tradition juive (lien ici), pour expliquer combien il
est nécessaire d'utiliser nos connaissances psychologiques pour
aider les gens qui souffrent et que la morale ne suffit pas.
Le tsaddiq et la tradition juive
1. Sur le principe général, la tradition juive a donc
un programme pour rebâtir le monde à partir de l'amélioration
de l'homme. Nombreux sont les Juifs qui s'engagent dans les mouvements
sociaux, philosophiques, politiques, culturels et autres, car ils ont
à coeur de perfectionner le monde et, le plus souvent, ils ignorent
que leur propre tradition possède ces qualités et la stratégie
la plus complète et la pédagogie la plus complète
de la chose. Et ils ne les ont même pas étudiées.
2. Dans la pédagogie, le programme de développement
ou tiqqoune des middotes (réparation des qualités
personnelles) comme dit la tradition, comporte donc des degrés
progressifs de réalisation.
3. C'est un programme qui doit avoir le projet d'aller à son
terme et engager entièrement le Juif ; pour cela, nos Sages
disent qu'un tsaddiq qui n'est pas complet est un tsaddiq
mauvais (Bérakhote 7 a).
| En raison de l'urgence et de la nécessité d'arranger
le monde qui court à sa perdition, le Créateur a choisi
une petite unité d'action, un petit peuple, le peuple juif,
et Il lui a donné sa formation : Sa Torah. Qui ne veut pas
comprendre cette représentation historique qu'a le peuple
juif de lui-même, ne peut pas comprendre ce rôle continu
des Juifs dans les diverses sociétés alors qu'ils
sont si peu nombreux. Nos adversaires ont raison en constatant "qu'ils
sont partout"; mais c'est uniquement pour ce bien moral. |
Que le Juif se sente "religieux" ou pas, il ne parvient pas à
s'éloigner de cette tâche globale d'améliorer le monde,
et il peut le faire appliquer ou dériver dans des secteurs très
divers de l'activité humaine ; c'est une marque anthropologique
et historique de tous les Juifs. Et ce peuple continue ainsi dans cette
tâche depuis des millénaires alors que la majorité
des autres peuples ont disparu en tant que peuples définis selon
un génie particulier.
La tradition dit qu'il y a toujours dans l'humanité un minimum
de 36 justes qui sauvent le monde aux pires moments : 36 dans le peuple
juif, et 36 hors du peuple juif. Et toute personne ayant étudié,
comprendra que cela réfère au grand nom de D.ieu de 72 lettres
: c'est tout le projet de la Création qui doit se renouveler pour
réussir, comme le disent les derniers chapitres du prophète
Isaïe qui sont très présents dans les
images de ce site Modia. Voyez ce lien.
Bien plus, nos Sages disent que le Créateur est en colère
quand les tsaddiqim ne jouent pas assez leur rôle en rapport
avec les besoins de la génération (Chabbate 30 b). Sans
eux, le monde sera livré aux mains des réchaîm,
des méchants qui ne redoutent rien ; les méchants
seraient aux portes de l'enfer qu'ils ne changeraient pas encore leurs
actes et ils sont capables de tout utiliser pour faire le mal, même
utiliser la religion (Irouvine 19 a).
Le rôle du Juif ou du juste ou tsaddiq est si important
au monde qu'il en empêche la destruction, c'est comme si par lui
le monde est recréé (Yoma 38 b) ; nos textes le mettent
en comparaison avec la résurrection (Pessa'him 68 a). Même
le souvenir du tsaddiq est une source de bénédiction,
comme on le dit en évoquant un Sage décédé
: zékhér tsaddiq livrakha (Proverbes 10, 7 ; Yoma
37 a), "le souvenir du juste est bénédiction". Cela est
si important à Haqqaddoche baroukh hou, et à l'existence
du monde, que si un tsaddiq décède, un autre naît
au même moment (Yoma 38 b). Dans combien de lignées de personnes
qui aiment la Torah, ce phénomène a été remarqué
très précisément dans la relation de maître
à élève, jusque dans la précision des jours
du calendrier hébraïque.
Le mot tsaddiq est construit selon une forme grammaticale en "i",
le hifil, qui indique "faire ou faire faire". Cela veut donc
dire quelqu'un qui fait le tsédéq, la justice,
l'ordre juste du monde, c'est un "juste des nations".
Ce rôle du tsaddiq qui consiste à "réaliser"
le bien, comme l'indique la forme grammaticale du mot: "faire,
et l'engagement du juif dans cette mission, ont fait se développer
un rôle moteur dans la vie juive : celui de grands Sages, complets
en connaissances, complets en développement personnel dans la sainteté
de leurs middotes, et qui ont la vocation pour un groupe important
de l'entraîner dans cette mouvance ; on les nomme : Rabbéinou
(notre Rav à tous), le Gaone (le très
grand), le Qaddoche (le Saint), le Rabbi (
mon Maître), le Tsaddiq (le Juste), le 'Hakham
(le savant et sage). Ces Sages sont rares et ils sont une lumière
dans leur génération et pour toutes les générations.
Ils participent ainsi à la fonction messianique globale, comme
il est dit du Roi David qu'il était Machia'h. Cela n'implique
pas le concept du Machia'h qui viendra propulser l'ensemble du
peuple juif en son heure. De toute manière, le judaïsme ne
se préoccupe pas de ces questions, ou ne devrait pas selon nos
textes, pour définir qui est ou n'est pas le Machia'h, car
seuls les résultats le prouvent, disent-ils. Seuls les ignorants
pensent qu'un seul grand Sage possède ces qualités, celui
qu'ils connaissent ou celui d'un seul mouvement, le leur; ce qu'ils font
alors n'est que trouver un gourou. Ils s'imaginent aussi qu'il remplace
tous les autres et de toute l'histoire, et même que sa parole remplace
celle de Moché Rabbéinou lui-même, et aussi le texte
de la Torah écrite et orale. C'est une pathologie bien connue dans
le judaïsme qui a produit de nombreux épisodes qui se voulaient
moraux mais tounent au tragiques comme leur développement le prouve
ensuite, comme le christianisme ou Sabbataï Tsvi. Ce phénomène
se renouvelle constamment dans la vie juive comme un risque à éviter
.
Nul ne peut prétendre sans péril à cette fonction
collective grandiose qui participe des plus grands combats contre le mal,
entre les rigueurs terribles de la justice divine (tsédéq)
et la bonté finale (tsédaqa). Comme dit le Zohar
II 180 b: quand la rigueur d'En-Haut tombe sur le tsaddiq, c'est
pour la manifestation de l'amour d'Haqqaddoche baroukh Hou envers
lui, et envers tout ce qu'il soutient. On comprend mieux maintenant combien
être homme et combien être Juif nous mettent dans des défis
très durs.Il faut le savoir, pour parvenir à maintenir le
cap.
Et, en plus, nous l'avons vu dès le début, la modestie,
l'humilité sont essentielles, et là chacun est égal
dans ce qu'il est vraiment face au don gratuit de la bonté de la
Torah.
Et toujours, le rôle du tsaddiq sera accompagné de
la tsédaqa.
|
Maintenant que vous avez bien compris l'importance de ce modèle
du tsaddiq que la Torah demande à chacun d'être,
il faut aller lire les psaumes pour que cela passe aussi en dialogue
avec le Créateur depuis l'ensemble de notre être.
Mais aussi pour étudier car les psaumes sont un lieu d'enseignement
très précis et non seulement de prière ou
de louange. Lisez les versets suivants:
Psaume 5,13; Psaume 7,10 et 12; Psaume 11,3-7; Psaume 14,5; Psaume
31,19; Psaume 34,20-22; Psaume 37, 25-30; Psaume 58,11; Psaume
64,11; Psaume 72,7; Psaume 75,11; Psaume 92,13; Psaume 94,21;
Psaume 112,6; Psaume 119,137; Psaume 129,4; Psaume 141,5; Psaume
145,17.
Et voici quelques références d'expressions courantes
en hébreu:
- tsaddiq yéssod ôlam: le tsaddiq est
une fondation pour le monde (Proverbes 10,25)
- tov la tsaddiq, tov lichkéno: le bien vient vers
le tsaddiq, le bien vient vers son voisin (le tsaddiq
est loué parce qu'il amène la bénédiction
là où il vit, ainsi du Juif dans le monde).
- al téhi tsaddiq harbé: ne sois pas trop
tsaddiq (Qohéléte 7,16). Signifie qu'il ne
faut pas être trop rigoureux ni ajouter des poids à
ce qui est bien. Dans le même sens: yodéâ
tsaddiq néféche béhémto, il sait
le tsaddiq ce qu'est la nature de son animal (Proverbes
12,10); cela indique que le tsaddiq est indulgent car il
connait la nature humaine. Au contraire, le rigoureux est souvent
un débutant en sagesse et qui n'a pas d'expérience.
Le livre des Proverbes (Michlé) enseigne beaucoup sur
le tsaddiq: Michlé 10,6 à 32, Michlé
11,1 8 et 30-31; Michlé 12, 10 et 13 et 26; Michlé
13, 5 et 25; Michlé 14, 19 et 32; Michlé 15, 6 et
28; Michlé 17, 15-18; Michlé 18, 5 et 10 et 17;
Michlé 20, 7; Michlé 21, 12; Michlé 23, 24;
Michlé 24, 15-16 et 24; Michlé 25, 26; Michlé
29, 7.
|
Note sur le concept de tiqqoune
Nous avons parlé d'un plan de tiqqoune de l'humanité
et du monde. Ce concept de tiqqoune fait partie du vocabulaire
de la majorité des courants du judaïsme actuellement.
1. dans l'hébreu courant, c'est la réparation d'un
manque ou d'un défaut, qu'ils soient dans la fabrication ou dans
ce qu'est devenu un objet, une personne, une situation.
2. C'est la technique de réparation établie par nos
Sages et qui consiste dans des programmes précis de textes à
étudier, de prières à dire, à des dates ou
heures particulières ou dans des circonstances précises,
après avoir réalisé des actes précis de purification
des intentions (par exemple, miqvé (bain de purification),
tsédaqa (bienfaisance), viddouï (aveu des fautes),
etc.). Ainsi, le Tiqqoune 'hatsote qui se dit la nuit à
partir de minuit.
3. Un tiqqoune particulier, basé également
sur des textes composés par les Sages, est le corpus de textes
que l'on lit pendant la nuit de certaines fêtes comme le tiqqoune
Chavouôte,
le tiqqoune de la nuit de Hochaâna
Rabba.
4. Le tiqqoune néchama entre dans ces cadres qui
dépassent le niveau du commun. Il s'agit d'améliorer l'être,
non plus seulement dans ses comportements et dans ses attitudes intérieures,
mais dans la nature de son âme car il y aurait eu des accidents
de parcours, soit dans les vies antérieures, soit dans le processus
de purification après la mort, et l'âme aurait besoin de
l'aide de prières. Les plus grands mystiques juifs parlent de cela.
Mais, ici, c'est plus qu'une mise en garde qu'il faut placer ; en
effet, qui peut prétendre qu'il vit à ces niveaux de pureté,
qu'il a reçu le don divin de voir et de comprendre ces niveaux
; qui se prononce là-dessus et prétend interpréter
ou donner des conseils en ce domaine est un dangereux charlatan,
hormis les seuls rares Sages reconnus comme tels par les plus grands tsaddiqim
de la génération. Le judaïsme qui a une longue expérience
millénaire des conduites des hommes met en garde contre les tentatives
de s'égarer dans les situations extrêmes. Les fils
de Aharone ont péri dans cette voie ; le roi David pensait pouvoir
aisément affronter ces voyages avec leurs épreuves et il
a reçu des épreuves qu'il lui fut très difficile
de supporter. Et nous n'avons pas ces niveaux. Il existe une pathologie
de ces expériences, dont parle la littérature 'hassidique
et le folklore concernant le "dibbouq".
5. Dans la conduite populaire, on parle aussi de tiqqouné
chabbate (au pluriel) pour désigner la pratique de lire des
ensembles de cantiques ou psaumes qui mettent en valeur la beauté
du Chabbate, et qui ont été organisés par les caballistes,
spécialement le Ari zal. Lien ici
et ici
et ici.
6. Dans la même ligne, on désigne le tiqqoune
Klali..
7. On parle aussi de tiqqoune ha lachone quand une lettre
supplémentaire apparaît et produit des anomalies dans une
forme grammaticale d'un mot. Voyez l'analyse de ce phénomène
par Rachi dans son commentaire de Béréchite 49, 22 et Chémote
18, 8 et Bamidbar 11, 16 et Isaïe 9, 6 et Job 32, 3. Il y a des raisons
très profondes à ces anomalies, qui transmettent souvent
des secrets de la Torah, ou parfois ce sont des formes qui permettent
d'éviter une lecture qui porterait préjudice à la
dignité de la Torah.
8. On parle alors de tiqqoune sofrim comme titre du
livre qui contient toutes ces particularités dans la Torah, spécialement
pour éclairer celui qui l'écrit ou la chante.
9. Last but not least, les Tiqqouné hazzohar sont
l'un des livres du Zohar qui, en 70 chapitres commentent uniquement le
premier mot de la Torah et décrivent les nombreuses correspondances
qui existent entre les lettres ou les versets de la Torah, aux niveaux
les plus élevés. Ce livre est écrit en araméen.
10. Une expression courante, qui joue sur tous ses niveaux, mais en revenant
sur le plan de l'organisation sociale, c'est le tiqqoune haôlam;
c'est souvent une décision d'un Sage reconnu par la génération
entière qui décide d'une mesure qui change les usages, mais
justement parce que cela remet dans le bon ordre des choses. On en parle
ainsi pour ce qui vient améliorer les choses dans la paix.
11. Enfin, tout cet ensemble s'insère dans une conception générale
présente dans le judaïsme le plus authentique que le peuple
juif est engagé dans un "tiqqoune" du monde où agissent
des forces positives et négatives. La réparation a commencé
avec les patriarches, elle s'est poursuivie sur le plan familial puis
national ; il y a eu des rechutes comme les phases de destruction du Temple;
il y a aussi une certitude que le processus de réparation n'échouera
pas et qu'il y aura des phases propices au retour au projet divin. On
trouve là le concept de téchouva
(retour), celui de Machia'h qui est très complexe et est
analysé avec précision à la fin du Traité
Sanhédrine et par le Rambam. Il y a toujours des individus et des
sectes qui exploitent ces espérances pour abuser des personnes
de qualité qui n'ont pas de formation suffisante dans le discernement.
C'est tout le problème constant des faux-messies. A la fois,
la réalité du tiqqoune est authentiquement juive,
et le processus est très complexe à mobiliser et à
discerner. C'est cependant une des bases de la émouna (foi
confiante) juive ; c'est pour cela que le Rambam l'a introduit dans ses
iqarim, principes de base du judaïsme.
Lectures :
Dans la Torah et le Talmud
Lecture attentive des versets cités dans ce commentaire-ci, et
de leur commentaire de Rachi.
Lien ce lien.
Etudier Rachi sur Chémote 23, 8 ; Dévarim 4, 5 et 16, 19.
Les poèmes du nouveau recueil "L'ami des aurores" sont
une vibration qui accompagne l'étude préparatoire sur ces
parachiyotes du livre Béréchite. Par exemple, dans le contexte
de cette paracha Noa'h, le poème sur la re-création
douloureuse et victorieuse par l'homme devant ce programme de vie que
nous indique la Torah: La
fleur nouvelle. Ils sont aussi alimentés par les parcours de
l'existence que je rencontre professionnellement.
Développement personnel
Revoir le texte et faire le point personnel:
Echanger avec des proches (couple, famille, amis) sur ces dimensions
de parcours de vie,
de choix de droiture,
de différenciation par rapport à la masse, spécialement
contre la violence et en faveur des victimes,
de sensibilité plus grande aux misères,
d'engagement plus grand dans l'amélioration
au lieu de prendre uniquement une stratégie de carrière
personnelle.
Aller voir dans la rubrique , les concepts auxquels on est sensible pour les
approfondir.
Morale. La Torah est une Torah de vie. Et elle nous semonce si nous
n'allons pas jusque là.
Maintenant que tout cela est posé, nous pouvons aborder un problème:
il n'est pas facile du tout d'atteindre ce niveau du tsaddiq et les erreurs
sont un péril sur cette route. Il est reproché à
Noa'h d'avoir cherché à bien se comporter et à survivre
pour faire réussir le plan de la Création, mais sans chercher
à améliorer véritablement sa génération.
Nous retrouvons un peu le problème du prophète Jonas qui
ne voulait pas aller améliorer les gens de Ninive et D.ieu le semonce
vigoureusement pour cette erreur. Avraham, lui, le fondateur du judaïsme,
cherchera à partager ses connaissances divines.
Aujourd'hui encore, on peut tomber dans ces travers: étudier la
Torah, vivre en communauté, vivre dans la crainte du Ciel et la
émouna, mais ne pas s'engager envers les autres, ne pas assumer
les responsabilités d'assurer la vie de notre peuple sur sa terre,
prendre une partie seulement de la Torah et ne pas comprendre que Moché
rabbénou devait amener le peuple vers la terre de Canaan qui sera
le lieu de La Présence. On réduit alors le judaïsme
à une sorte de morale, de religion spirituelle sans espace, ce
n'est plus la Torah.
En fait, on fait comme Noa'h qui s'occupait de sa sécurité,
de son arche, et que le monde croule. Combien me disent: "moi je
ne veux pas vivre en Israël, j'aurais peur", "je dois vous
dire la vérité, je suis très bien là où
je suis même s'il y a des difficultés". J'ai consacré
une page dramatique à ce problème. Il est à craindre,
dans leur vieillesse, que ces personnes entendront leurs enfants leur
dire: "d'accord vous avez des problèmes matériels ou
de santé ou de solitude, mais j'ai ma vie, alors arrangez-vous,
il y a des clubs de personnes âgées et des maisons de vieux
pour les gens comme vous".Déjà, étant adolescent
et visitant les hospices, j'avais vu mourir en quelques semaines des personnes
saines ainsi liquidées par abandon de leurs enfants.
La paracha nous enseigne la lucidité envers notre coeur car nous
avons la capacité de le fermer totalement avec la même conscience:
(toutes photos de l'auteur)
et, derrière cette muraille blindée, nous fignolerons notre
beauté, en regardant par la lucarne les horreurs du monde.
Nous serons bien, beaux, sécurisés et autosatisfaits, sans
peurs et sans reproches. Certainement pas à l'image d'Avraham qui
va vers lui-même pour découvrir l'homme tel que le Créateur
l'a fait..
C'est la philosophie de notre époque: prévoir le présent
et l'avenir dans la jouissance personnelle égoïste
et même la religion peut être prise alors comme un luxe nécessaire
pour la bonne image de soi, comme une brosse à reluire.
Et les autres crèvent.
Pendant ce temps-là, je regorge de biens dans mon petit paradis.
J'accumule, j'accumule et je ne bougerai pas de là.
Toujours accumuler plus, avec une seule mantra: ma sécurité.

Je ne suis pas, alors, atteint par le partage, par la tsedaqa que l'on
résume à un rituel bien dosé qui ne change rien à
ce système.
Alors que la tsédaqa est le tsédéq Hachém,
qui donne intensément et constamment pour que nous puissons vivre.
Je n'oublierai jamais ce jour où je suis allé tendre la
main en France pour des familles sages et de qualité mais en train
de couler par les malheurs de l'existence, et que l'on m'a dit:
"tu tombes vraiment mal, je suis en train de faire un chemin de marbre
entre ma maison de campagne et ma piscine et je ne peux donc pas".
C'était clair, mais souvent c'est la même chose sans la même
impudence.
Et ces gens très fortunés en Suisse qui m'ont dit, un jour
où je leur demandais pour une institution de première urgence
en Israël: "vous avez de la chance, vous, de pouvoir vivre en
Israël, nous nous avons toutes nos affaires c'est dur, et vous êtes
jeune vous pouvez vous le permettre". Je leur ai dit: "permettez-moi
de vous demander votre âge"... Ils avaient 10 ans de moins
que moi qui avais vendu maison et fermé cabinet de psy pour être
sûr de ne pas pouvoir revenir en arrière, sachant les difficultés
immenses que j'aurai à affronter ensuite en Israël pour faire
vivre la famille.
Partout, même en Israël (mais plus difficilement si on lit
la Torah sur place au milieu d'un peuple qui doit survivre), on peut retomber
et organiser à nouveau notre petit paradis personnel clôturé.
En fait, dans nos richesses et notre standing, nous ne serions plus alors
des humains réalisant la tâche d'hommes qui est de construire
et améliorer continuellement, mais des animaux qui dormons dans
notre prison parmi tous les autres animaux comme ceux de Noa'h dans l'arche.

En fait, Noa'h était un juste dans sa génération
horrible et la Torah nous enseigne que nous ne devons pas être cela,
mais comme Avraham nous devons renouveler et rebâtir le monde sur
l'amour ('héssed) et nous déranger et aller ailleurs
pour cela jusqu'à la réussite.
C'est cela le but de la vie et non pas de nous bâtir le paradis
idéal.
Objection: mais il est pourtant dit: "heureux ceux qui sont assis
dans Ta maison"
donc nous avons le droit au repos!
Réponse: mais ce repos est seulement lié à la suite
de la phrase: "heureux le peuple pour qui c'est ainsi". Nos
Sages disent que "c'est ainsi, chékakha"
a la guématria de Moché. Car nous n'avons pas à vivre
en ce monde comme dans une revue de décoration
pour notre seul confort, mais la beauté qui est la nôtre
est celle de la Torah qui donne les clefs du monde
et exige des Juifs qu'ils aillent selon la Torah de Moché, non
pas selon la route minimale de Noa'h.
Alors, le monde est difficile mais, intérieurement nous avons le
repos de la confiance, de la émouna.
Partout, nous avons à Jérusalem (comme cette fleur en ce
moment près de chez moi) le luxe des beautés infinies de
la Création qui sont des cadeaux constants dans l'espace et dans
le temps. Nous savons Qui nous les donne. Oui, nous sommes immensément
riches, d'une beauté sublime et nous pouvons partager car demain
nous recevrons encore sans craindre de manquer.

J'ai photographié aujourd'hui ce perroquet apeuré dans sa
liberté. Il a sa beauté indéniable mais il balbutie
les sons des autres. Noa'h en est resté à la parole minimale
et n'a pas osé dire la parole sienne; or, nous avons reçu
en nous la parole du "va vers toi-même" que nous dirons
bientôt avec Avraham, c'est celle de la Torah. Noa'h ne la connaissait
pas et, pourtant, il a réussi déjà à éviter
les désastres.
Nous, nous avons la parole de la Torah de vie, nous ne pouvons plus faire
comme si nous ne la connaissions pas
et devions vivre vissés devant nos télévisions et
nos journaux qui nous inculquent les paroles des autres.
Nous ne sommes pas des perroquets comme ils veulent nous "informer",
et ne vivons pas enfermés dans l'arche.
Ils sont nombreux ceux qui "vivent" cette aventure au milieu
des tempêtes, il y a même (comme Avraham)
beaucoup de béné Noa'h qui viennent nous rejoindre et même
ceux qui décident d'amener les étincelles de la Création
jusqu'à leur
réalisation suprême (lien
ici).
Et beaucoup se réveillent aussi dans le peuple et, alors, ils viennent
réanimer la flamme qui sommeillait
là où Le Créateur a choisi de résider parmi
nous. Nous ne sommes plus dans une arche en dérive.
Mais nous sommes un peuple dont le nom est composé des lettres
mêmes de Celui qui donne la vie à la Création.
Personne ne pourra nous l'enlever, ni nous enlever Sa terre de vie.
Nous acceptons l'association de création qu'Il nous demande de
vivre avec Lui.
Nous avons reçu une lettre d'amour de cinq livres et nous commençons
à la lire.
Je comprends la joie des enfants qui ont peint sur un mur, près
de chez moi aussi, ce dessin de vie.

Le peuple d'Israël vit: "Am Israel 'haï". L'histoire
s'est développée depuis Noa'h.
Mais nous avons chacun à refaire tout
l'itinéraire dans notre propre vie. Nous ne faillirons pas.
La paracha correspond avec le
renouvellement du mois, comprenons ces incitations et ces défis
(lien ici).
Effectivement, le peuple juif a en soi une force extraordinaire: le Premier
ministre de Malaysie, après Hitler, vient d'essayer de coaliser
tous les pays musulmans et tous les pays pour essayer de vaincre ce pays
minuscule qui parvient à tenir tête au monde. Il a bien remarqué
qu'il y a un phénomène invraisemblable mais il n'a pas compris
que sa force est celle de la Torah du Créateur. Et que le peuple
juif a à être tsaddiq, un juste, qui est yéssod ôlam,
le fondement du monde. Voici ce qu'en dit le Rav Chalom Messas dans Vé'ham
hachéméche:

Et nous devons donc essayer de vivre avec cette force (koa'h). C'est celle
qui est contraire à celle de la génération perdue
de Noa'h qui a de nombreux points communs avec la nôtre: violence
inhumaine et sexualité pervertie.
La Torah a sa force qui est celle de la Création: amour, pureté,
fraternité puisés dans la réception de la force du
Créateur dans Sa Torah et dans les 7 lois fondamentales qui gouvernent
le monde. Sans cette force, rien ne peut s'améliorer, cela demande
une conscience de la chose puis une détermination puis une formation
continue. Nous avons tous ces instruments.
Quand nous lisons un commentaire d'un grand Sage,
nous devons savoir qu'il faut y appliquer les
mêmes règles que sur un commentaire de Rachi (lien ici),
c'est-à-dire comprendre ce que l'auteur avait en tête quand
il a fait cette affirmation, sur quel passage il se basait, sur quel commentaire,
sur quelles discussions, comprendre le problème et les références
qui l'expliquent.
Ici, me semble-t'il, le Rav Messas se base sur le commentaire suivant
de Rachi dans notre paracha Noa'h:
Lisons et traduisons:
(dibbour hama'hil) éte haElohim hithalakh Noa'h. (verset
commenté) "avec Elohim marchait Noa'h".
(commentaire de Rachi) ouvéAvraham hou omer (léhallane
17,1) et au sujet d'Avraham il dit (plus loin 17,1)
achér hitallakh léfanaï (léhallane 24,40),
"qui allait devant Moi",
Noa'h haya tsarikh saâd létomkho, Noa'h avait besoin
d'un appui pour le soutenir,
aval Avraham haya mit'hazzéq oumahallakh bétsidqo méélav,
tandis que Avraham se renforçait lui-même et il avançait
de par sa qualité de juste par lui-même.
On comprend que Rachi se base sur la différence de préposition:
éte pour Noa'h qui marchait "avec, en compagnie de"
D.ieu tandis que Avraham marchait lifné, "devant"
D.ieu. Rachi s'appuie sur deux références pour cela: dans
la paracha 'Hayé Sara (lien ici),
Béréchite 24,40 où Avraham dit à son serviteur
Eliézer: "D.ieu devant qui j'ai marché...". Et
il n'avait fait là qu'accomplir l'ordre de D.ieu qui lui avait
dit en la paracha Lékh-lékha (lien
ici), Béréchite 17,1: "Je suis le Tout-puissant,
marche devant moi".
Le Middrache Tan'houma dit D.ieu soutenait Noa'h de peur qu'il ne tombe
dans les travers de sa génération.
Et le Middrache Béréchite Rabba (30,10) l'explique par une
image (un machal): "un roi avait un fils petit à qui
il dit de marcher avec lui et qu'il soutenait, et il avait un grand fils
à qui il dit de marcher devant lui. Et Avraham
était de belle force".
Vous avez maintenant toutes les bases de l'affirmation que je répète
dans ce commentaire: nous ne devons pas être faiblards comme Noa'h
mais nous devons être forts comme Avraham, car "nous en sommes
capables". Et lisez le début du Livre de Yehoshua:
il y est répété plusieurs fois, "hazaq vé
émats, sois fort et courageux". C'est donc que nous en sommes
capables. Finissons-en de nous sauver sur la planète en
recherchant le prochain jardin illusoire mais affrontons la beauté
et la vie de notre destin sur notre terre avec les difficultés
qu'il y a car... nous en sommes capables: c'est notre Torah qui nous le
dit, et Hachém ajoute, "car Je suis le Tout-puissant".
Il serait surprenant que des personnes qui étudient
la Torah n'accordent pas foi à ces paroles, sinon ils seraient
en contradiction totale avec eux-mêmes et avec ce qu'ils enseignent,
car ils seraient en contradiction avec la parole de D.ieu.
Le fait que le verbe "marchait"
soit au passé ne doit pas nous induire en erreur, c'est une forme
qui indique une action continue et constante qui concerne aussi bien l'avenir.
Rachi le précise immédiatement. Et on trouve de nombreux
exemples de cela dans les psaumes où un futur indique également
un présent continu.
Ceci est un exemple de la façon dont il faut étudier le
livre si riche du Rav Chalom Messas, zal, Vé'ham hachéméche,
pour en tirer tout le jus interne de la grappe.
Et lisez le commentaire de Rachi en français sur notre paracha
Noa'h, vous venez de découvrir sa richesse. D'excellentes traduction
en français existent.
2e Niveau, pour les étudiants avancés.
La paracha Noa'h expliquée par le Chla haqqadoche
Plan
-
La base de la compréhension
-
Le commentaire de Rachi
-
Les problèmes posés par le commentaire de Rachi
-
Les implications élevées de ce débat
-
Grandeur de la femme selon le Chla
Rabbénou Yéchaya ben Avraham Hallévi Horowitz
(1560-1630) nommé, le plus souvent, "le Chla Haqqadoche",
consacre tout son commentaire de cette paracha Noa'h à la mitsva
de "fructifiez et multipliez-vous", pérou ourvou, dans son
livre Chnéï lou’hote habbrite.
En effet, cette mitsva dite en Béréchite 1, 28, est répétée
dans cette paracha en 9, 27. (Aller lire ces versets et leur contexte et
le commentaire de Béréchite).
1. La base de la compréhension
Une première discussion de base se trouve dans le traité
du talmud Yévamote 65.
- L'auteur de la michna y fait remarquer que, seul, l'homme a l'obligation
d'accomplir cette mitsva puisqu'elle est mise en relation avec l'acte
de conquérir la terre et de la soumettre ("pérou ourvou
ou mileou éte-haaréts vékhibechouha, remplissez
la terre et dominez-la" 1, 28), tâche attribuée à
l'homme dans son action conquérante.
- Mais Ribbi Yo'hanane ben Broqa soutient que, puisque le texte de la
mitsva est précédé de Vayévarékh
otam Eloqim vayomér, "Eloqim le bénit et leur dit" (1,
28), cela indique que la mitsva est impérative autant pour la femme
que pour l'homme.
- Tous sont d'accord sur le fait que c'est à la fois une bénédiction
et un commandement (mitsva). C'est par la nature même de la
bénédiction que les humains soient alors en fructification.
- Le traité Sanhédrine 59 fait remarquer que ce
commandement est accepté par les hommes et les femmes lors du don
de la Torah car il est dit ensuite : chouvou lakhém léaholékhém,
retournez
à vos tentes (Dévarim 5, 27) ce qui veut dire "vers vos épouses
et votre intimité conjugale et procréez".
- Donc tous en font une mitsva (un commandement envers les Juifs pour
le réaliser).
2. Le commentaire de Rachi
Rachi en 9, 7 sur la phrase : "et vous, fructifiez et multipliez,
foisonnez sur la terre et devenez-y nombreux", fait ce commentaire qui
comprend plusieurs stades :
-
léfi féchouto (selon le sens premier), harichona
livérakha (la première fois, c'est une bénédiction
: en 1, 28 et ici en 9, 1 à Noa'h), vékhane létsivouye
(et ici, c'est un ordre : à partir du verset 9, 4) ;
-
ouléfi middracho (et selon le middrache) léhaqiche
mi chéeino ôsséq biféria ourévia léchofékh
damim (pour assimiler à un meurtrier qui verse le sang celui
qui ne s'adonne pas à l'activité et à la mitsva de
"fructifiez et multipliez").
Rachi éclaire ainsi le débat :
-
savoir si c'est une bénédiction éventuelle, ou si
c'est un ordre ;
-
puis il apporte un second enseignement, concernant la démonstration
sur le lien de cette abstinence avec le meurtre par un procédé
de démonstration dénommé éqéche,
c'est-à-dire que le sens de subordination est donné par la
succession simple et juxtaposée de deux sujets apparemment indépendants
(Rachi dit : léhaqiche).
Le middrache auquel Rachi fait allusion est celui de Yévamote 63
b où Ribbi Eliézér explique ainsi ce rapport du meurtre
et de la non-réalisation de cette mitsva de procréation ;
cela se démontre parce qu'il est d'abord dit en 9, 6 : "chofékh
dam haadam baadam damo yichafékh (celui qui verse le sang de
l'homme, par l'homme son sang sera versé)" et, ensuite
(éqéche), il est dit : "et vous fructifiez et multipliez",
en 9, 7. Vous avez là une règle importante de méthode
pour lire la Torah.
3. Les problèmes posés par le commentaire de Rachi
- Un grand commentateur de Rachi, le Mizra'hi interprète ce
que dit Rachi comme une évolution dans le texte : ce qui était
d'abord une bénédiction devient ensuite un ordre et là
il n'y a plus de rappel de la bénédiction pour que ce soit
clair, en 9, 7.
- Le Rambane indique que Rachi cite Ribbi Eliézér comme
middrache de réflexion mais non pas comme une halakha qui prescrit
explicitement. Ce serait simplement une incitation.
- Le Chla a mis de l'ordre dans les textes et dans les commentateurs;
c'est son art de pédagogue, capable d'aider depuis les niveaux
les plus simples et préliminaires, jusqu'au sens le plus élevé
qui apparait ensuite.
Il résume l'ensemble et ne voit pas de contradiction entre
ces Sages car tous sont d'accord; mais ils insistent chacun sur un accent
particulier:
- dès Adam, il y avait bénédiction et ordre dans
ce que dit D.ieu;
- mais, à Noah, il ne s'agit pas d'une répétition
car elle enseigne, de plus, que celui qui ne procrée pas verse
le sang et est un meurtrier;
- Ribbi Yéhouda a apporté un élément supplémentaire
: ce type de faute aura une pénalisation par rapport à laquelle
il est donné ici un avertissement;
- si le traité Sanhédrine a insisté sur l'ordre,
il ne supprime pas pour autant la bénédiction mais il montre
simplement que en 9, 7 l'ordre est encore plus explicite et va jusqu'à
l'évocation de la punition.
Tout cela nous montre ce qu'est l'étude juive et sa méthode
: il ne suffit pas de dire "nous avons reçu la révélation"
et d'en tirer des conclusions rapides, ou des belles tirades lyriques,
il faut comprendre ce que dit le texte reçu par écrit et
par la transmission orale depuis le Sinaï. Cet examen fait appel
à une très grande technicité dans l'hébreu
et dans les méthodes spécifiques de ce texte, sans laquelle
on dirait n'importe quoi sur la Torah, on inventerait des théories
et des religions sans nombre, selon les idées présentes
dans l'air du temps, de Rome, de Grèce, du désert, de la
philosophie, de la culture, de la politique, des mythes, de la dernière
modernité. L'histoire n'est faite que de cela ; mais le peuple
juif continue modestement et obstinément dans sa fidélité
à la Torah de Hachém et dans son étude rigoureuse.
Toujours, il fait abandonner les élucubrations étrangères
par le simple retour à l'hébreu, dans la rigueur de la logique
interne enseignée par les Sages, (et non pour y trouver des codes
partiels qui prouveraient une théorie partielle). Il faut donc
apprendre l'hébreu si on veut vivre selon la Torah.
Le site Modia nous transmet cela avec sérieux car il vous donne
les méthodes des Sages qui vous permettent d'étudier.
4. Les implications élevées de ce débat
Il reste qu'il se pose encore une question : pourquoi ce commandement a-t-il
dû être dit deux fois, l'une à Adam et l'autre à
Noa'h?
Nous ne pouvons ici entrer dans la démonstration technique complète
qui suppose de nombreux concepts élevés. Soyons brefs.
Dans Yébamote 63, Ribbi Yaâqov dit que celui qui ne procrée
pas porte atteinte à l'image de D.ieu, à Son démoute;
or, nous savons que l'homme a été fait à la ressemblance
de D.ieu selon deux aspects, ce que l'on traduit souvent par "à
son image et à sa ressemblance": naâssé adam bétsalménou
kidémouténou, "faisons l'homme à notre image,
à notre ressemblance" (1, 26) ; le tsélem réfère
à la sainteté de l'âme, et le démoute
réfère à la sainteté du corps, dit
le Chla.
L'atteinte à ces niveaux par un meurtrier porte atteinte à
l'image de D.ieu en l'homme, (qu'il tue des militants aux idées
opposées, un chef d'état, des inconnus ou des ennemis).
Cela est proche de l'atteinte produite par Adam en sa faute, et qui
a entraîné les premiers meurtres de l'histoire, les délires
de grandeur de la génération du déluge, les conflits
et incompréhensions des générations de dispersion,
tous ces processus qui se prolongent dans les folies des empires actuels.
Pour commencer à redresser ce processus, il fallait un certain
type d'homme. Le judaïsme le caractérise par le terme de "tsaddiq".
Noa'h fut celui-là. Ce n'est pas seulement une qualité morale,
cela touche aussi le corps, (comme nous venons de le dire) et est caractérisé
par la mila (circoncision de l'alliance) qui est parfaitement
gardée. Dans leur haut niveau en ces domaines, comme Adam, Noa'h
était né circoncis.
Cela se poursuivra de générations en générations
jusqu'au Machia'h comme nous le voyons par le mot tolédote
(générations, engendrements) en Béréchite
2, 4 et dans le livre de Ruth 4, 12 où la plénitude de cet
homme est indiquée chaque fois par la double lettre vav.
Mais, quand l'humanité entre dans l'arche, en état de
précarité et imperfection, le mot toledote n'a qu'un
seul vav.
L'atteinte meurtrière qui touche le corps ne peut pas s'exercer
contre le tsélem (ki bétsélém Eloqim
âssa éte haadam 9, 7) car notre âme reste de nature
divine, mais elle s'exerce au niveau du corps qui est l'autre dimension
faite à l'image de D.ieu, le démoute et, à
ce niveau, le meurtre et la non-procréation sont à égalité.
Noa'h parvint à se détacher de ce processus de dégradation
ambiante et à "marcher avec D.ieu" (6, 1) comme cela se faisait
au Jardin d'Êdén et comme Avraham le fera (24, 40). C'est
cela être un homme, un menche, comme il est dit dans les Principes
des Pères ("là où il n'y a pas d'hommes, sois
un homme"). Tout cela était les prémisses de ce qui
deviendra le peuple juif, cette pureté de l'alliance inscrite dans
la chair (des religions ayant pris des bribes du judaïsme comme
le christianisme n'ont pas retenu la circoncision car elles n'ont pas
compris son rôle dans ce monde en dégradation; elles ont
affirmé un peu légèrement que le monde et l'homme
étaient réparés, abandonnant les instruments même
de réparation; le résultat tragique est connu par des siècles
de crimes et d'assassinats contre le peuple de la bénédiction
de D.ieu, et cet enseignement marque encore la civilisation occidentale).
C'est pour cette spécificité que la mitsva de procréation
est liée à cette alliance et à son amélioration.
Pour cela aussi, elle ne fait pas partie des 7 lois de morale imposées
à toute l'humanité, et qui caractérisent l'étape
des bnéi Noa'h.
Cela éclaire l'importance que l'on peut constater de la procréation
dans le judaïsme et dans les familles juives qui ont étudié.
5. Grandeur de la femme selon le Chla
Terminons, en cette partie infime de transmission des commentaires sur
ces versets, par ce que dit le Chla sur le verset 31, 30 des Proverbes.
Ce verset fait partie de
Echéte 'hayil, ce poème chanté
chaque soir de chabbat à la maison.
Il dit chéqér ha'héne véévél hayofi,
icha yirate Hachém hi tithallal : "mensonge est la grâce
et vanité est la beauté, mais une femme qui craint Hachém,
elle, sera louée".
Le middrache Yalkoute Chimeôni, sachant bien que les proverbes
du roi Chélomo (Salomon) ne sont pas des adages de sagesse
populaire mais des clefs de la Torah, montre que
- chéqér ha'héne (mensonge est la grâce)
parle de Noa'h qui a les mêmes lettres que 'héne et
qui n'a pas su gérer le contact avec le paradis exprimé dans
l'épisode du vin ;
- évél ha yofi (vanité est la beauté)
parle de la beauté totale d'Adam qui n'a pas tenu ses promesses
par la faute et la chute;
- et, finalement, icha yirate Hachém hi tithallal ("une
femme qui craint Hachém, elle, sera louée") réfère
à Moché qui n'a pas déçu et qui a maintenu
l'image idéale de l'humanité jusqu'au bout. Moché
Rabbénou est donc nommé ici au féminin en cette phase
où son excellence est précisée. Grandeur suprême
de la femme, exemple même pour Moché. Car, en fait, toute
l'humanité et Israël sont au féminin pour le Créateur,
ainsi que la terre d'Israël et la Torah.
Moché est nommé aussi par le pronom personnel "tu" au féminin
en Dévarim 5, 24, quand il essaie de rendre sensible son peuple
à l'amour envers Hachém, comme le développe
Rachi.Et également à la fin de la Torah.
| Que cette grandeur de l'homme ne trouve d'expression plus juste
pour être nommée que par l'expression de icha
(femme) montre, alors que nous sommes ici dans l'essence des
choses, combien est éminente la place de la femme dans le
judaïsme; ceux qui le voient autrement ignorent à la
fois les textes et comment les vivent dans la relation de couple
ceux qui les connaissent et leur sont fidèles.Ils le font
par un antisémistisme ambiant inconscient auquel ils participent.
La femme, elle seule, est faite selon le ratsone, appellation
la plus éminente de D.ieu (ce que l'on traduit mal par
"volonté").
L'homme peut, quand même, dans les bénédictions
du matin, dire qu'il "remercie de n'avoir pas été fait femme"
alors que la femme "bénit d'avoir été fait selon le
ratsone",
puisque on doit bénir dans la privation et le mal comme dans
le bien, et parce que l'homme bénit de son bonheur de découvrir
que son propre complément est cet être digne de telles louanges
par sa participation à ces niveaux ; et qu'il le voit et le vit.
La femme, consciente de sa grandeur et beauté, dans la
modestie de la vérité, "bénit d'avoir été
faite selon le ratsone". Admirons son excellence. Sans
jalousie agressive. Et nous comprenons mieux la base de ce mépris
de la femme dans la société, partout; la jalousie
agressive.
|
Lectures :
Dans la Torah
Lecture attentive des versets cités, de leur contexte et de
Rachi.
Dans le Talmud
Traité Yébamote, 60 et suivants.
Dans la halakha
Séfer hammitsvote 212.
Michné Torah : Nachim, Ichoute, 15, 1-2.
Choulk'hane Aroukh : Evéne haêzér, début.
Rappel. Il n'y a "que" trois mitsvotes dans tout le livre de
Béréchite
:
Parachate Béréchite : fructifiez et multipliez-vous
(1, 28)
Parachte Lékh lékha : la circoncision (17, 10)
Parachate Vayichlakh : ne pas manger le tendon de la cuisse
(32, 33).
Elles sont le fondement de toutes les autres.
Prononciation exacte
Prenez le texte hébraïque du début de la paracha.
Le problème
Faut-il prononcer les premiers mots de la paracha, "voici les générations
de Noa'h" :
Ellé tolédote Noa'h
ou
Ellé toldote Noa'h ?
Réponse progressive
Nous avons vu que
1. le chéva se prononce "é", par exemple
en début de mot : mon fils se dit "béni" et non
pas "bni" : le roi Salomon se dit "Chélomo" et non
pas "Chlomo". On dit Chélocha vanim et non pas chlocha
vanim.
2. le chéva composé de deux points verticaux placés
sous la lettre se lit e muet et ne se prononce pas quand il est en
fin de syllabe composée de deux lettres à l'intérieur
d'un mot. Par exemple, dans "mal" du mot malka, une
reine ; on ne dit pas "maléka".
Nous pourrions donc penser que la syllabe tol se lit "tol"
dans le mot toldote.
Erreur, car il y a des exceptions. Les voici.
3. La première exception est celle du petit trait appelé
métég ou frein, et qui vient casser les règles,
comme nous l'avons vu dans
la paracha chofétim (lien ici) et non pas choftim.
Le petit trait placé sous la première lettre vient casser
la syllabe composée des deux premières lettres et la règle
générale indiquée ci-dessus en 2 est abolie. De même,
dans le second mot, on dira véchotérim et non pas
véchotrim.
Exemples :
Dans Echéte 'hayil, prenez le texte et vous constaterez
qu'on doit dire
- darécha tsémér et non pas darcha tsémér...
- hayéta et non pas hayta...
- zaméma sadé et non pas zamma sadé
- tamékhou falékh et non pas tamkhou falékh
- sadine âsséta et non pas sadine asta
- naténa et non pas natna
- paté'ha et non pas pat'ha
|
- dans le qidouche du chabbate midi, on doit dire véchamérou...
(et non pas véchamrou)
4. La seconde exception,
qui nous concerne ici et fait que nous devrons dire tolédote
et non pas toldote,
vient d'un autre facteur : c'est la voyelle longue qui précède
le chéva.
Expliquons. Le son "o" peut s'écrire par un point qui est une voyelle
brève comme dans le mot ci-dessus "tolédote", c'est
le point en haut à gauche de la lettre dalét. Ou
bien le point dans le mot Noa'h.
Il peut s'écrire aussi par ce même point qui a en dessous
de lui la lettre vav, comme dans la syllabe to de tolédote.
Ce "o" est une voyelle longue ou consonne intégrale.
Regardez dans votre Torah.
Ainsi, nous arrivons maintenant à la règle très
importante : quand un chéva suit une voyelle longue il se prononce
"é" et non pas "e" muet. C'est le cas dans presque tous
les verbes au présent.
C'est le cas ici : le chéva (ou deux points) qui est sous
le lamed de tolédote suit le "o" long de "to" et
il se prononce donc "é". Et non pas "e".
Donc il FAUT lire et dire tolédote et non pas
toldote.
Autres exemples d'erreurs fréquentes :
- dans la répétition du modim, lors de la âmida,
on doit dire yotsérénou et non pas yotsrénou.
TRES IMPORTANT
Les Bénéi Noa'h (lire le
chapitre 9 de Béréchite)
Définition. Cette expression signifie : les fils de Noa'h. Elle
désigne les descendants de Noa'h qui, bien avant le don de la Torah
au Sinaï, et bien avant Avraham le père du peuple juif, vivaient
dans la connaissance et le respect du Créateur et selon les lois
morales qui en découlent.
Le judaïsme, actuellement encore, tient en grand respect ce type
d'humains qui, en dehors des Juifs, se définit par 7 mitsvotes
ou interdits que l'on nomme lois noa'hides :
- l'interdit de l'idôlatrie (âvoda zara),
- l'interdit du meurtre ou verser le sang (chéfikhoute damim),
- l'interdit du vol (guézél),
- l'interdit du blasphème envers D.ieu et le bénir (birkate
ha Chem),
- l'interdit des incestes (guilouyé ârayote),
- l'interdit de manger de la chair ou d'un membre de tout animal vivant
(éver min ha 'haï), comme les huitres par exemple,
- l'obligation d'un système de justice (dinim). Apprendre
ce vocabulaire.
Si l'on réfléchit bien, ces 7 mitsvotes incluent de nombreuses
dimensions morales envers autrui, envers les animaux, la nature et la
société. Ce sont des mitsvotes données par D.ieu
et reçues et acceptées par ces hommes et pas seulement des
règles générales des sociétés.
Quelqu'un qui voudrait monter en niveau moral et selon la Torah n'a
donc aucun besoin de se convertir pour être reconnu par le peuple
juif comme inclus dans le plan divin de la Torah. En effet, le Traité
Sanhédrine 56a indique que la connaissance du Nom de D.ieu de la
Torah est explicitement donnée aux Bénéi Noa'h (Béréchite
2, 16).
La conversion est seulement la participation totale
- à un peuple
- qui a une tâche très particulière
- à partir d'une terre très particulière.
- et cet état entraîne, on ne le voit que trop, de nombreuses
difficultés qu'il faut s'engager à supporter sans aucune
issue de sortie, avec l'engagement total et définitif d'appliquer
toutes les mitsvotes données par la Torah sous peine d'annuler
ipso facto cette conversion.
Ce que ne se produit pas pour le Juif de naissance.
La conversion relève donc plutôt d'une certaine forme d'être
et non pas SEULEMENT de l'insertion dans la morale de la Torah ou dans
l'histoire du peuple. Il va de soi que la conversion simplement par amour
d'un Juif n'est pas autorisé dans le judaïsme car il ne s'agit
nullement de seulement. Certes, il y a des voies de cheminement qui sont
diverses mais c'est une autre question. IL FAUT LIRE ICI AVEC PRÉCISION,
même les Juifs, la page sur la conversion
http://www.modia.org/etapes-vie/vie-sociale/conversion.html
Beaucoup de gens ignorent cet aspect du judaïsme que sont les fils
de Noé, les Bénéi Noa'h. Il n'y a pas besoin
de reconnaissance formulée par aucune autorité rabbinique
pour l'être. Il suffit de remplir ces conditions et de ne pas appartenir
à une religion qui, sous quelque forme que ce soit, comporte une
dimension d'idolâtrie ou de blasphème envers le nom du Créateur
donné dans la Torah, ou des représentations concrètes
du divin, ou un mélange de côtés divins et humains.
Bien plus, un Juif ne devrait transgresser sous aucune forme ces 7 mitsvotes
des Bénéi Noa'h qui sont la base de l'être du tsaddiq.
Cela est également très important. On parle aussi à
leur sujet de guér tochav.
On dit qu'il y a toujours au moins 36 justes de ce type qui sauvent
le monde et le maintiennent dans l'existence par leur seule qualité
(Traité Yoma 38b qui se base sur le dernier mot de Isaïe 30,
18 qui est lo, en Lui, et dont la guématria est 36 :
"Pourtant Hachém ne demande qu'à vous rendre Sa
faveur.
Pourtant Il se lèvera pour vous prendre en pitié
car Hachém est un D.ieu de justice.
Heureux ceux qui espèrent en Lui (lo = 36)!"
Par là, on découvre aussi combien le judaïsme, conscient
grandeur de la Torah privilège et de la charge lourde d'être
Juif, a une considération "divine" immense pour les non-Juifs. Et
ce sont aussi souvent ces "justes des nations" qui sauvent les Juifs dans
les heures de Shoa.
Donc, le racisme n'a aucune place dans le judaïsme.
De plus, quand des Juifs parlent des non-Juifs sous le terme de
goyim, ce terme n'a aucune connotation péjorative;
ce terme veut dire "peuples, nations" et la Torah parle des Juifs
eux-mêmes comme d'un goï, d'une nation (Chémote
19, 6). Un étranger non-Juif est un nokhri ou un kouti.
Si un Juif utilisait le mot goï dans un sens péjoratif,
il pècherait par manque de respect envers une créature
faite à l'image de D.ieu.
Pour comprendre le respect du judaïsme pour ces hommes,
il faut réfléchir sur tous les textes qui parlent
de Yitro, non membre du peuple, et que Moché, le si grand,
prit pour conseiller, et dont il suivi les sages conseils; et
cela est écrit dans la Torah. Dans cette ligne, les Juifs
ont l'obligation de contribuer à ce que le monde se base
sur les lois noa'hiques mais non pas à convertir au judaïsme
(voir Rambam). Dans le judaïsme, il n'y a donc pas de prosélytisme
ni de conquête, comme on les trouve dans le christianisme
et dans l'islam. A fortiori, il n'y a pas de conquête guerrière
par le sabre et le sang ou les bûchers, ni de conversion
forcée comme l'ont fait d'autres religions.
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Cela étant précisé, il faut également comprendre
alors ce qu'est la conversion éventuelle au judaïsme. Pour
cela, se reporter à
ce lien-ci.
Exercice de révision :
Bien connaître par coeur les noms hébraïques de
tous ces types humains et leur définition précise.
En dresser une liste pour bien la mémoriser. Faire la liste du
vocabulaire de cette étude de la paracha jusqu'à le connaître.
Lectures :
Middrache Chir ha Chirim 4, 16.
Avodah Zarah 8,4-6 où les tossafistes ajoutent les lois suivantes
: la sorcellerie et la magie selon Dévarim 18, 10-11 ; Sanhédrine
56-60.
Rambam, Yad, Mélakhim 8 à 10...
Pour ceux qui, parmi vous, souhaitent améliorer leur étude
de la Torah de façon systématique, voici les
liens qui vous le permettront pour toute paracha, de semaine en
semaine.
Si vous persévérez pendant un an, après avoir
déjà lu nos commentaires, vous franchirez une étape
merveilleuse:
- étude systématique des commentaires de la haftara
(lien).Pour cela,
comprendre aussi ce que sont les
prophètes qui les ont écrites.
- Selon le rite achkénaze, le chant de chaque paracha
(lien) et le
chant de chaque haftara (lien)
- Selon le rite sépharade, le chant de chaque paracha
(lien)
et le chant de chaque haftara (lien)
- étude des téamim, ces signes qui sont
placés sur les lettres de la Torah et qui se chantent (lien).
- connaître les maîtres sur lesquels reposent
nos commentaires, et leur méthode d'étude (lien).
- comment bien lire et bien prononcer l'hébreu de
la Torah (lien).
- pour avancer dans la lecture de la traduction de la paracha en
araméen (lien).
- pour connaître toute l'histoire du peuple juif (lien).
- les tableaux historiques de Modia pour suivre chaque paracha
(lien).
- comment écrit-on un rouleau de la Torah (lien).
- comment préparer sa bar-mitsvah et sa paracha (lien).
- comment perfectionner votre hébreu (lien).
- Découvrir ici chaque
paracha de la Torah en chiffres. Quand on aime, ça
compte! Bien utile aussi pour préparer sa bar-mitsva.
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Prononciation de mots particuliers dans la paracha.
Note sur la prononciation des mots comme
érets ou aréts (terre). Ce mot revient souvent
dans le début de la paracha, il y a ainsi beaucoup de mots ayant
le son é-é, comme 'héssed (bonté) ou
éméte (vérité):
Ces mots ont une voyelle brève nommée ségol
se prononçant é et s'écrivant avec trois points;
ils ont l'accent sur la première syllabe contrairement aux mots
français accentués sur la dernière syllabe. On voit
souvent la place de cet accentuation tonique par le trait marqué
sous la première syllabe, ou bien au-dessus du mot dans la Torah
par la place du taâm (la variation du chant) qui est sur
la première syllabe. Le ségol est donc la voyelle
composée de trois points placée en dessous de la consonne
et prononcée "é". On dit donc Erets
ou 'hEssed et j'ai indiqué le lieu de l'accent par
la majuscule.
Cette règle s'applique à de nombreux mots courants de l'hébreu
en deux syllabes et comportant deux ségols ou ayant le son éé.
Par exemple : dérékh (chemin), yéléd
(enfant), mélékh (roi), éléf
(mille), éréts (terre), néféch
(personnalité), qérén (fondation), réguél
(jambe), éved (esclave), érév (soir),
kénes (réunion), déguel (drapeau),
péssel (sculpture), kéver (tombe), chéqel
(monnaie israélienne). La liste de ces mots est très longue.
Si vous ne prononcez pas bien, les Israéliens vous diront tout
de suite: "ah! tu es tsarfati, français" car on est dévoilé
immédiatement par cette erreur de prononciation tonique! Nous avons
tendance à mal prononcer en disant éréts
(terre) ou Eréts Israël au lieu de Eréts
Israël.
Si on a bien compris cette règle,on parlera bien hébreu.
Et on prononcera de la même manière, sur la première
syllabe, les très très nombreux mots de deux syllabes ayant
les sons:
- aa comme taam (goût).
- éa, comme séla (côte).Comme péta'h
(ouverture) , dans la paracha.
- é'ah, comme péra'h (fleur).
- éé, comme séfer (livre).
- oé, comme kotél (mur). Comme orékh
(longueur), dans la paracha.
- oa, comme toar (distinction). Comme Noa'h, dans la paracha.ou
tsohar.
- aé, comme mavét (mort).Comme Yafét,
dans la paracha. ou aréts.
- a-i, comme ayine (oeil). Comme chénayim (deux),
dans la paracha.
Une dernière précision: le mot éréts
(terre) devient aréts dans
la Torah quand il est en fin de verset ou de demi verset, ou dans le langage
courant quand il est précédé de l'article défini:
"la terre, ha aréts".
Lisez maintenant, si vous le pouvez les premiers versets de la paracha
en faisant bien attention à la prononciation.
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