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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
6e Paracha: Tolédote - Béréchite (La Genèse) 25, 19 - 28, 9
"Comment réussir les générations"



"Et ce sont les engendrements de Yits'haq fils d'Avraham, Avraham..."


 

Splendeur de la relation dans le couple qui vit de la Torah


Plan
  1. Les thèmes de la paracha
  2. La méthode d'étude sur notre paracha. 
  3. Le partage intime et concret de l'être dans le couple
  4. La responsabilité personnelle
  5. Le regard vers la perfection du conjoint
  6. La fragilité et l'instabilité de notre regard
  7. Situer l'image de chacun dans l'image pafaite qui nous est commune
  8. Notre lieu unique
  9. La confortation permanente de notre lieu de bonheur
  10. L'être-ensemble
  11. L'autre, avenir de soi
  12. Le moteur interne du meilleur du couple
  13. Les apports des commentaires de Rachi
  14. L'amour, jeu des symétries, et dissymétries
  15. Plénitude de l'échange
  16. La montée commune
  17. Conclusions de développement personnel. Exercice de mémorisation
  18. En cas d'échec. Le divorce juif.
Ecouter la paracha (téâmim askénaziim) ORT
Ecouter la haftara (téâmim askénaziim) Alliance

Poème : Clef
Conte

Cours nouveau et  très précis sur la prononciation de la Torah : 
1. comment prononcer le titre de la paracha :
tolédote et non pas toldote. Pourquoi ?

2. La prononciation après le métég

Les générations dans la Torah (histoire, tableaux)

Combien de lettres, etc. dans cette paracha?

 

Dans les parachiyotes précédentes, nous avons vu 
- Avraham notre père se placer lui-même dans le bon ordre des choses qui a la pouvoir de recréer le monde (exemple pour tout Juif).
- Avraham avinou affronter victorieusement une chaîne continue d'épreuves personnelles et familiales, jusqu'à ce qu'il atteigne la plénitude (exemple pour tout Juif, particulièrement en notre génération si dangereuse).

Maintenant, la Torah nous montre le problème que tout humain rencontre en sa vie : même si le bonheur a été construit, il faut encore réussir la transmission de ce bonheur vers les enfants. Ce n'est pas simple. Nous voyons la seconde génération, celle de Yits'haq, puis la troisième génération de Yaâqov, affronter à leur tour toutes les difficultés pour vaincre, construire et faire la tâche d'homme.
Mais, comme dans la vie jusqu'à maintenant, le problème de la fraternité vient compliquer terriblement. Ce qui est vu par les parents comme une famille idéale et composée d'enfants identiques qui recevraient la même éducation idéale, se révèle souvent être un assemblage disparate. Certains reçoivent, d'autres non ; certains sont faciles et heureux, d'autres difficiles, complexes, malheureux. Le frère Esav (Esaü) se révèle perfide du vivant même des parents et, quand Avraham meurt, alors Esav se tourne totalement vers les méchants contre la partie de la famille qui continue avec pureté l'héritage moral :
Bé yom ché niftar Avraham, bo beyom yatsa Esav lé tarboute raâ (Baba Batra 16b, Béréchite Rabba 63, 16).

La haftara (Malachie 1,1 - 2,7) est explicite : les hommes sont frères, "Esav est le frère de Yaâqov". Mais, avec tous ses dons et ses mérites, Esav n'aime pas avec tout son coeur mais partiellement et avec perfidie : et, en chaque époque, la tradition a dit que ses descendants sont les ennemis du peuple juif (Amalek l'ennemi d'Israël en chaque génération, Ammane, Rome puis la civilisation issue de Rome). Cela est dit déjà dans Béréchite Rabba 67, 8 où les Sages d'Israël interprètent le verset de Béréchite 27, 41 (Esav haït Yaâqov) en appliquant le verbe "haïr" vayistom en l'appliquant aux "sénateurs" de Rome par une jeu de sonorités. Ils voyaient la civilisation romaine et occidentale ultérieure comme la suite de cette lignée (Middrache Tan'houma sur la paracha Térouma 3). 
Dans les persécutions du christianisme nos Sages ont retrouvé de siècle en siècle ce même double comportement de Esav : révérence envers le peuple de la parole de D.ieu dans la Torah et haine vitale envers son peuple. La civilisation occidentale est marquée par des siècles de cette attitude double où, toujours, le Juif est placé faussement en accusé méritant la mort et la punition. Chaque semaine, actuellement dans l'actualité, on voit ces attitudes injustes et mensongères des nations occidentales être arguées puis devenir la base de sanctions qui aboutiraient à la disparition d'Israël. Un seul exemple ce mois-ci où les descriptions d'un comportement décrit par les amis des Arabes se retournent brusquement en accusation fausse, mensongère et ignoble contre les Juifs.
En raison de cela, la haftara dit de ces ennemis perfides : "territoire où règne la méchanceté, peuple repoussé par Hachém. Vos yeux en seront témoins et vous pourrez vous écrier : Grand est Hachém au-delà même des frontières d'Israël" (Malachie 1, 4-5). De ces frontières éloignées d'où l 'on prétend aujourd'hui encore régenter et réduire Israël, hier comme aujourd'hui, la Torah nous dit : "D.ieu aime Yaâqov et Il est plus grand que tout cela Celui qui aime Israël et Il veille sur lui, même très loin d'Israël".

Pourtant, ou plutôt justement à cause de cela, le peuple d'Israël doit honorer cet amour et cette sauvegarde divine, et D.ieu ne lui pardonne pas l'immoralité, l'injustice, l'écart entre les mots de la prière et les actes. C'est la suite de cette haftara. C'est en ce point qu'il est urgent de réagir, pour chaque membre du peuple juif où qu'il vive. Il est inadmissible pour Hachém que la justice sociale et fraternelle ne soit pas en Israël, comme c'est le cas, il est inadmissible pour Hachém que la Torah soit bafouée dans l'éducation et en de nombreux aspects de la vie sociale et publique sur Sa terre. Alors même que les nations savent qui nous sommes (Malachie 1, 14). D.ieu dit : "il ne tient qu'à vous" ; puis, si nous continuons à mal agir en ces sens, le texte avertit : "si vous ne M'écoutez pas, si vous ne prenez pas à coeur d'honorer Mon nom, je déchaînerai sur vous la malédiction...". Terrible ? Notre seule liberté et responsabilité est en cause, comme chez celui ou celle qui bafoue son amour essentiel. Et se plaignent ensuite des désastres qui dévalent comme s'ils ne les avaient pas organisés. Cet avertissement est aussi un appel déchirant de D.ieu qui déteste ces ennemis d'Israël et veut être bouclier pour Israël si nous le voulions bien. Son amour est éternel et Il espère la réponse, puisque nous avons même tous les textes et les secrets pour entrer dans l'échange amoureux par la connaissance de Sa Torah.

De là, nous arrivons au point suivant de cet enseignement de la paracha. C'est un face à face de qualité si pure qui est possible entre Israël et son Créateur. C'est pour cela que le centre du livre qui est tout le judaïsme, c'est le Chir ha Chirim, le Cantique des Cantiques. Cela étant bien situé, nous pouvons maintenant comprendre pourquoi dans ce contexte la paracha va s'attarder à nous décrire l'amour de Yits'haq et Rivqa. 
Ainsi, l'amour fraternel entre les hommes ne s'améliore guère, mais l'amélioration peut et doit commencer par l'amour dans le couple, à l'image de l'amour entre le Créateur et Israël. Là est la proximité la plus grande, là est la différence la plus grande. Il n'y aura pas d'amélioration sociale et politique sans la réussite de la relation homme-femme dans le concret le plus banal.
Nous avons saisi la chaîne des problèmes et des solutions proposées. Entrons dans le texte, nous allons bien le comprendre maintenant à partir des commentaires de nos Sages.

 

Avertissement :  Dans cette paracha, nous avons veillé à introduire beaucoup de mots et d'expression hébraïques de la Torah, du Tanakh, du middrache, du Talmud, du Zohar. Elles sont traduites et transcrites pour qu'elles soient apprises et deviennent familières; ainsi, le lecteur habitera peu à peu l'univers hébraïque qui est le véhicule de la transmission de la parole de D.ieu et qui est, plus encore, la nature même qui unit le Créateur et le peuple juif dont le nom est constitué des lettres mêmes de D.

Les thèmes de la paracha
La paracha commence par le titre des "engendrements de Yits'haq" qui comprend sa filiation à Avraham, son mariage, sa crise de stérilité, la prière et l'enfant qui arrive, la rivalité entre Esav (Esaü) et Yaâqov, la descente en Egypte à cause de la famine, l'enlèvement de Rivqa par Avimélékh, le problème des puits et le réglement du conflit, la fondation de la ville de Béer Chévâ, la bénédiction de Yits'haq à Yaâqov, la bénédiction de Yaâqov à Esav, la demande qu'il ne prenne pas femme parmi les filles de Canaâne et la transgression de Esav.

Nous allons nous centrer sur le verset de Béréchite 25, 21.
Nous serons émerveillés de voir avec quelle finesse et quel amour les commentateurs ont éclairé la relation de couple, à travers le problème de la stérilité.
Voici le verset : 
Vayéêtar Yits'haq laChém lénokha'h ichto ki âqara hou/hi,
vayiâtér lo Hachém vatahar Rivqa ichto.
et sa traduction habituelle : 
"Isaac implora l'Eternel au sujet de sa femme, parce qu'elle était stérile,
Hachém accueillit sa prière, et Rivqa sa femme devint enceinte" 
(traduction dite de la Bible du Rabbinat).

A travers ce problème de la stérilité, la paracha nous met face à des angoisses latentes et profondes qui traversent la vie d'un couple alors que le rêve de tout humain est que le couple ne devrait être que bonheur. 
Ne sachant pas comment situer ces épreuves quand elles apparaissent dans un couple qui avait tout ce qu'il faut pour être heureux, nous y voyons la frustration et l'échec, nous pouvons y réagir avec colère, agressivité, dépression, repliement sur soi et éloignement de l'autre ; il est difficile d'en comprendre le sens et de trouver la bonne façon d'y réagir individuellement et en couple. 


La paracha nous apporte non seulement de nombreux enseignements sur la réaction favorable mais, surtout, sur la qualité de la relation dans le couple. Evidemment, il ne s'agit pas seulement de psychologie mais d'ontologie, la constitution essentielle des êtres qui englobe l'ensemble des dimensions du développement. Le couple des patriarches est, dans cette ligne, modèle fondateur pour chacun.

La méthode d'étude sur notre paracha. 
• Il est des parachiyotes comme celle-ci où apparaissent en même temps, dans le même verset que nous allons étudier (Beréchite 25, 21), le pchate (sens littéral), le sod (secret central) et le moussar (morale du comportement, ou dérékh éréts).

• Pour comprendre ce que nous dit la Torah, il est important non seulement de lire ce verset et ses commentaires, mais surtout de laisser résonner en nous ces mots car ils vont éveiller les dimensions de notre être qui y sont présentes, ce que j'essaie d'exprimer par l'expression "lecture de résonance" : "parle, tout Ton serviteur écoute" vraiment. C'est une lecture réceptive, intime, méditative qui intériorise et intègre dans tout l'être comme il est dit dans le psaume 84, 3  libi ou véssari yéranénou él él 'haï, mon coeur et ma chair se réjouiront vers le D.ieu vivant; seule une écoute globale permet d'accomplir jusqu'au bout la mitsva de l'étude qui réside dans son aboutissement : laâssote, faire.

• En effet, il y a 4 étapes nécessaires dans la mitsva de l'étude : lilmod (étudier) qui n'a de réalité que si elle est fait par l'intériorisation du coeur , lélaméd (enseigner) qui doit viser la compréhension et l'intériorisation par le coeur, lizqor (mémoriser pour se souvenir), et l'intériorisation dans l'action qui permet d'atteindre vraiment la dernière étape : laâssote (réaliser).

• Cette lecture méthodique, assurée avec sérieux, est celle qui est utilisée en trois temps dans Chnéï lou'hote habbrite par le Chla haqqaddoche selon le verset de Michlé (Proverbes) 6, 23 : 
ki ner mitsva (car un flambeau est la mitsva) vé tora or (et la Torah est une lumière) vé dérékh 'hayim tokha'hat moussar (et un chemin de vie est l'exhortation de morale) ;
- compréhension des mitsvotes (nér mitsva), 
- compréhension de la lumière pure (téhora) que veut nous transmettre la Torah dans son sens intime que l'on nomme "secret" mais qui nous a été révélé  (tora or), 
- compréhension du texte par notre existence  pour modifier notre être dans le concret de notre existence (péoula, tokha'hate moussar, dérékh 'haïm).
• Nous allons voir une fois de plus que, seule, la lecture de l'hébreu et des commentaires peuvent nous faire saisir tout le message du texte, de même que seule la connaissance de la langue intime de l'autre par le conjoint nous transmet son échange, alors qu'il reste imperceptible pour les étrangers. Donc : apprendre l'hébreu pour être capable de le lire.


 


Le partage intime et concret de l'être dans le couple
La recherche du coupable
Une première réaction éventuelle face au problème de la stérilité tel qu'il est posé dans ce verset (ou dans l'existence) est de manifester une certaine frustration, sentiment d'échec, agressivité, de situer l'origine du problème chez l'autre, spécialement chez la femme, chez Rivqa. 

Nos Sages qui connaissent bien l'humain, guident alors notre regard : le Traité Yébamote 64 a, souligne que, lorsque

  • "Yits'haq avinou âqour haya, Yits'haq notre père était stérile,
  • ché néémar,comme il est dit : 
  • va yéêtar Yits'haq laChem lénokha'h ichto, Yits'haq implora l'Eternel au sujet de sa femme", 
  • âl ichto lo néémar,nous devons prendre garde, car, dans ce verset de la Tora, il n'est pas dit "au sujet de sa femme" 
  • élla mais lénokha'h "en présence de (sa femme)" ; 
  • mélamméd nos Sages en tirent la conclusion : cela nous enseigne que chéchnéhém âqourimtous les deux étaient stériles...".

La responsabilité personnelle
Cela ne nous enseigne pas seulement le fait que les deux étaient stériles mais que Yits'haq comprenait immédiatement, et d'abord, que lui-même aussi était stérile.
En effet, il serait facile et spontané de nommer la femme comme responsable car nous voyons plus facilement à la lecture du verset que Rivqa est stérile, alors que pourtant, avant même de le dire ainsi, le texte nous avait dit la réalité (lénokha'h) et avait situé par là la stérilité au niveau des deux et avait souligné cette conscience continue chez Yits'haq.
La Torah veut nous faire prendre conscience que, par notre lecture spontanée et par les traductions erronées que nous en donnons ou acceptons, nous vivons dans un aveuglement et dans une attitude de discrimination naturelle envers la femme, cela est très important. 

Plus encore, le verset de la Torah nous rend lucide par le fait qu'il se prête lui-même à ce piège de la lecture superficielle dans sa rédaction même, ce qui nous montre bien qu'il ne s'agit pas d'une question due à telle ou telle époque ou à notre personnalité, mais d'un travers beaucoup plus général puisque la Torah est donnée en lecture à chaque génération. Ainsi, le Talmud nous montre ce travers à l'oeuvre dans l'entourage de Moché, et Rachi pointe ce problème dès le premier humain en en montrant la continuité depuis Adam jusqu'aux Hébreux et jusqu'à nous : en effet, sur le verset  de Béréchite 3,11 où D.ieu interroge Adam après la faute, ce dernier répond en 3, 12 : ha icha achér natata îmadi hi...   "la femme que tu as donnée avec moi, c'est elle". Et Rachi veut éveiller éducativement notre indignation en disant : kane kafar battova, "ici il a brisé le bien". Cette expression hébraïque veut dire : "il a lamentablement été ingrat", kéfouï-tova ou kéfouï-toda
Nous savons que tout commentaire de Rachi est une concordance et nous devons aller voir la référence indiquée (motif pour lequel on ne peut apprendre la Torah seul mais auprès de ceux qui connaissent la tradition et les livres des Sages pour nous les indiquer, non pas auprès de ceux qui imaginent sur la Torah selon des théories). La référence est dans le Traité Âvoda Zara 5a :
Moché dit aux Hébreux amar lahém Moché lé Yisrael
ingrats, fils d'ingrats, kéfouyé-tova béné kéfouyé-tova comme il est dit... (et il cite le verset d'Adam).
Cette généralité du problème de la minimisation continue de la femme demanderait un développement très profond que nous n'exposons pas pour l'instant. La tradition juive le trouve ainsi essentiel et devant être constamment traité et réparé.

Le regard vers la perfection du conjoint
Cette conscience remarquable de Yits'haq nous enseigne aussi que dans le couple, chacun a une fonction qui est celle de maintenir l'image de l'autre à son niveau le plus élevé possible, comme il le fait envers Rivqa :

• si l'un est dans la difficulté au niveau de la réalité, pour quel que motif que ce soit, c'est le rôle de l'autre que de continuer à lui assurer la maintenance stable de son intégrité et de sa qualité dans le calme et le bonheur : lénokha'h ichto "en présence de sa femme quand elle est stérile" ; 

• cela veut dire : "être d'abord présent au niveau de ce qu'est vraiment sa femme" et ne pas s'en éloigner ; ne pas la voir au travers de la difficulté traversée, mais la voir dans l'image permanente de son être réel en beauté et en perfection. 


Le terme lénokha'h

l'indique bien car il signifie à la fois "en présence de" et "en face de", "face à" (comme en hébreu néguéd, moul, ainsi dans Exode 40, 24 il est dit : "il posa le candélabre dans la Tente de rencontre en face de la table".

Même en français, les expressions "en face de" "face à face" peuvent avoir une connotation soit de nuance hostile (comme en hébreu néghéd, néguéd), soit de présence parfaite de visage à visage, soit de "prise en considération attentionnée de" (comme en hébreu sim lév lé, bééthém lé...).

La fragilité et l'instabilité de notre regard
Tout se joue dans notre possibilité de basculer immédiatement et continuellement d'un côté ou de l'autre dans le même mot, ce qui veut dire dans le même mouvement intérieur et intime de soi-même. Alors, comment assurer (au-delà de notre fragilité et de notre vulnérabilié et de notre instabilité) cette permanence stable de nous-même, cette permanence du meilleur de nous-même au meilleur de l'autre ? 
Peut-être que cette étude précise sur un mot dit par la Torah, nous fera avancer vers la solution.

Situer l'image de chacun dans l'image parfaite qui nous est commune
Allons plus loin, plus haut.
Il ne s'agit pas là, seulement, d'une attitude de sagesse humaine et de bon sens psychologique pour "bien s'entendre avec son conjoint dans la vie quotidienne", mais il s'agit aussi d'être présent et de rester présent à l'image une et commune qui est faite, dès la création de l'homme, à l'image de Haqqaddoche baroukh Hou, donc parfaite ; le couple existe en cette réalité-là car Il a créé Adam à Son image et à Sa ressemblance en un seul être qui est simultanément "homme-et-femme" (Genèse 1, 27). 
Donc, dans la relation concrète de couple, il faut continuer à être présent à ce niveau de la Création de notre être qui est la néchama double de chacun (homme-et-femme) et cette néchama est pure de toute atteinte, comme nous le disons dès le début de la prière du matin : "l'âme que Tu m'as donnée en moi est pure, elle", hannéchama chénatata bi téhora hi. Ici, la colombe de paix au dessus de la maison (toutes photos de l'auteur en cette paracha Toledote, dans ces résonances).

Notre lieu unique
De même, ces enseignements nous apprennent ceci :
- quand nous disons avec le psaume 16, 8 cette phrase qui est écrite dans toutes les synagogues et qu'il faudrait avoir sans cesse se représenter devant les yeux : chiviti Hachém youd ké vav ké lé néghdi tamid ("je me représente que je suis toujours en présence de Hachém par Ses lettres youd ké  vav ké"), nous comprenons sur la base de notre verset que, probablement, cette phrase comprend aussi au sens propre véritablement aussi la présence au conjoint car nous sommes dans la pensée créatrice maintenant, autant que dans la création initiale, et cela jusqu'à la réalisation complète. 

- Comme Yits'haq et Rivqa, notre lieu personnel est inséré dans le lieu qu'est notre néchama commune qui est double, et elle-même est insérée dans le lieu de Celui qui est LE lieu de tout l'univers, le maqom comme dit la Haggada de Pessa'h.
Précisons bien que cela concerne autant ceux qui n'ont pas encore rencontré le conjoint avec qui ils ont été de fait créés en un seul être.

Ainsi, dans le couple, à l'image de Yits'haq et Rivqa en ce verset, spontanément et même sans le dire, simplement par le lien qu'un regard ou qu'un geste disent, l'autre doit entendre à l'heure de la difficulté : 
"maintenant, au moment où tu es saisi(e) par l'angoisse et la difficulté, je suis et je serai ta stabilité profonde qui assurera la permanence de ton intégrité, de ton bonheur, de ton sourire et de ton rire, de ta stabilité, de ton espoir, car je suis toi-nous, je suis ton homme (ou ta femme) dans ton-notre unité permanen". 

La confortation permanente de notre lieu de bonheur
Cette possibilité de confortation permanente et de réassurance par le relais de l'autre est un facteur considérable de bonheur. Un rien du regard, un rien de geste, un rien de sensation intime, un rien de parfum, un rien de pensée, un rien de souvenir des bonheurs partagés, un rien de code secret peuvent le rappeler à l'autre : nous sommes un, nous sommes un seul lieu, un seul être, à l'intérieur de la stabilité parfaite du créateur.

L'être-ensemble
Donc, quand le verset parle de Yits'haq qui prie pour sa femme stérile, cela n'est pas dit superficiellement ni de l'extérieur "envers le thème de la stérilité", ni envers une définition philosophique du couple ou de la femme ; il n'est pas dit "au sujet de sa femme" (en hébreu âl) mais l'expression lénokha'h parle du problème intimement, charnellement ; il est dit "en présence de sa femme". Elle n'est pas alors devenue une question médicale ni un thème de problème, l'épouse-femme est un "être-ensemble", l'époux-homme est un être-ensemble, les époux-homme et femme sont un être-ensemble, un être-présent-ensemble. 

Se reporter pour cela, dans la relation d'aide concrète au proche qui est malade, ou à tout malade, à mon livre "La relation au patient" (Privat, Toulouse, 1992). Par ses analyses et ses exemples, il aidera beaucoup.

L'autre, avenir de soi
Cette attitude de partage de la difficulté qui est placée au niveau du partage de l'être apparaît encore dans le commentaire de Beréchite Rabba 63, 5 :
mélamméd ché haya Yits'haq chatoua'h kane,cela nous enseigne que Yits'haq était prosterné ici 

vé hi chétou'ha kane, et elle était prosternée là 

vé omér : Ribbono chél ôlam, et il disait : Maître du monde, 

kol banim ché Ata notén li, que tous les enfants que tu me donnes 

yiyou mine hattasddéqéte ha zo qu'ils viennent de cette tsadéqète, cette femme qui est une juste

af hi amera, mais elle aussi disait :

kén kol banim ché Ata âtidlitén li, tous les enfants qu'à l'avenir Tu me donneras,

yiyou mine hattsaddiq hazzé, qu'ils soient de ce juste là". 


C'est cela le couple juif que nous avons nommé en tête de la paracha. Non seulement Yits'haq est présent à Rivqa, et Rivqa est présente à Yit'shaq, mais il nomme en lui-même son épouse comme étant parfaite, comme étant son avenir, son avenir le meilleur, et il assure par sa confiance la permanence de cet avenir d'elle-même. Et de même, totalement symétriquement chez son épouse. Et cet avenir est dit et vécu comme un présent : "que tous les enfants que tu me donnes...". 
Selon leur exemple, que peut-on dire de mieux de l'autre en soi-même que ceci : "de toutes les femmes ou de tous les hommes, c'est de toi seul ou c'est de toi seule que je souhaite des enfants et un avenir, de ton seul être". Yits'haq savait qu'il avait à faire naître Yaâqov mais il craignait que ce ne fut pas avec Rivqa ; voilà la preuve de son si grand amour qu'il demandait que ce fut uniquement avec elle et en association béchitouf avec le Créateur (cf. I Zohar 137). 
Des commentaires l'indiquent aussi par une autre voie : ils montrent que Yits'haq prie en union et, seulement après, la déficience est nommée dans le verset car, toujours même avec Hachém, la rencontre au niveau de l'excellence prime sur la présence au manque.

Le moteur interne du meilleur du couple
Allons plus loin encore dans l'intériorité de ce bonheur d'unité partagée : il ne se situe pas seulement dans le dialogue intime de l'époux et de l'épouse au sein de leur unité d'être, mais Hachém entre dans l'intimité de ce dialogue précis, car le middrache de Béréchite Rabba continue son commentaire sur ce verset 25, 21 en ce sens :
"pourquoi nos patriarches et matriarches étaient-ils stériles ? Parce que Haqqaddoche baroukh Hou désire les prières des tsaddiqim (justes)".

Cela veut dire que

  • non seulement que Hachém veut donner le succès le plus important au couple (l'enfant) en permettant aux conjoints d'y participer pleinement par leur demande, et non seulement qu'ils le reçoivent par l'ordre naturel, 
  • mais Hachém a aussi le désir que chacun des conjoints, dans sa limite et par son manque, manifeste sa confiance envers le troisième pôle ; et c'est ce lien dans l'amour manifesté qui transformera la situation et fera éclore. 
Il nous est parfois difficile de comprendre que l'on puisse être si important pour l'autre, ou pour le Créateur. Et il est plus difficile encore pour nous de comprendre que le Créateur ait besoin de nous et à ce point. Et pourtant, la Torah et les prophètes nous le redisent sans cesse (ahavate ôlam, amour éternel... ; chir hachirim...).
 

Les apports des commentaires de Rachi
Rachi nous décrit cette intensité du besoin réciproque qui est connu de l'autre, et compris et partagé, quand il commente ce passage, sur le Traité Yébamote 64 a : 
"lénokha'h ichto machmâ chéchénéhém hayou tsoâqim zé moul zé
face à sa femme signifie qu'ils criaient l'un en face de l'autre".

Ce cri de l'un en face de l'autre est nécessaire. C'est cette présence et cette assurance qui étaient la caractéristique de 'Honi haméaguél, le traceur de cercles qui faisait tomber la pluie sur demande, ainsi que ses descendants ; il était ainsi nommé car il s'installait dans son cercle et disait comme le prophète Habakuk 2, 1 "à mon poste de garde je me tiens (âl michmarti éêmoda), et il n'en sortait qu'exaucé, comme un enfant gâté dont le père cède à tous les caprices, dit le Traité Taânite23 a. 
J'ai cité ce passage car Rachi y puise pour commenter notre verset de Beréchite 25, 21 :
"celui-ci se tient dans cet angle et prie, et celle-là se tient dans cet angle et prie
zé ôméd bézavite zo ou mitpallél, vézo ômédéte bézavite zo ou milpalléléte".
Il faut toujours aller aux sources de Rachi car elles procurent une part importante du sens. Rachi choisit ses sources avec soin. Ce passage du Talmud dit de Abba Helkia petit-fils de Honi haméaguél qu'il avait les mêmes dons que lui ; de plus, son échange avec sa femme était très important car elle venait l'accueillir toute parée en beauté quand il rentrait de son travail pour qu'il ne regarde pas d'autre femme (il s'agit donc bien de ce regard réciproque) et "quand les rabbanim vinrent lui demander de faire tomber la pluie, lui et sa femme montèrent sur la terrasse du toit et lui se tint dans un coin et elle dans un coin et ils prièrent et un nuage de pluie apparut juste au-dessus de sa femme". 

Nous comprenons maintenant tout le soubassement d'amour nécessaire auquel se réfère Rachi quand il reprend cette phrase pour commenter le verset 25, 21 de notre paracha.

Apparemment, Rachi explique simplement le pchate, sens premier et objectif, mais par ses sources nous comprenons qu'il nous indique que lénokha'h ne veut pas dire qu'ils étaient 'face à face' puisque chacun sait que lorsqu'on prie il faut être 'face au mur' pour qu'il n'y ait rien entre soi et Celui à qui on s'adresse, mais qu'ils étaient face à face, intérieurement  mais à distance.

On voit bien que cette objection à laquelle il semble répondre apparemment ne tiendrait guère car Rachi ne va pas nous enseigner une chose que, à ses yeux, tout le monde sait (où prier) ; de plus, il fait allusion au fait que, lorsque deux époux s'unissent, ils sont en 'face à face' et Hachém leur est cependant présent éminemment, justement en ces instants de la procréation. 

Nous voyons que, si Rachi nous éclaire le pchate, jamais il ne s'agit pas d'un pchate qui serait superficiel et pour les enfants ou débutants seulement, mais ce pchate comprend tous les 4 niveaux du pardés (paradis des 4 sens : sens littéral, allusion, logique, et secret) et il le fait toujours en allant chercher un autre texte de la tradition qui exprimera parfaitement le sens profond du pchate actuel. Ainsi, Rachi, en choisissant, pour cela, cette disposition spatiale de Abba Helkia et de son épouse, belle, provocante, exclusive, connaissant les vraies voies de la prière mieux que son époux (elle parvenait à faire faire téchouva aux bandits par sa seule prière), recevant elle le nuage de pluie demandé en commun avec son mari, Rachi veut nous déployer toute la scène qui se passe entre trois êtres dans le seul mot lénokha'h de notre verset et il nous en éclaire allusivement tous les paramètres que nous venons de nommer. 
On le voit, il faut travailler beaucoup sur un commentaire de Rachi pour en comprendre toute la richesse; j'ai essayé de vous le montrer.
Rachi, dans sa brièveté, suppose que nous connaissons par coeur les textes de la tradition auxquels il se réfère sans les préciser ; il nous contraint ainsi à ne pas étudier seul la Torah. 

Il nous apprend aussi la méthode que j'essaie de faire passer : que nous parvenions à voir ces messages dans notre lecture réceptive et intime du mot lénokha'h.

L'amour, jeu des symétries, et dissymétries
Rachi, en traduisant la phrase de l'araméen en hébreu, 
(zé ôméd bézavite zo ou mitpallél, 
vézo ômédéte bézavite zo ou milpalléléte,
celui-ci se tient dans cet angle-ci et prie,
et celle-là se tient dans cet angle-ci et prie)
Rachi en fait une merveille de symétrie et de jeu de sonorités qui ajoutent à ce qu'il veut dire. Il y a à la fois ce qui est totalement identique et fermé comme les angles d'un carré, et la légère nuance du masculin et du féminin dans le jeu du (celui-ci) et du zo (celle-ci). Que chacun l'analyse et y entende les résonances.

Maintenant, ajoutons quelques nuances de Rachi sur cet amour :

  • la stabilité, par le verbe "se tient" ôméd, 
  • le fait que l'endroit où chacun se place est un "angle", c'est-à-dire justement que ce n'est pas un mur plan sur lequel on bute mais c'est un mur double qui s'ouvre formant un angle de vision et d'ouverture et de respiration où il est possible de vivre, 
  • l'autre est vu dans cette ouverture qui s'élargit. 
  • Et Rachi nous montre aussi que, à l'image de la femme de Abba Helkia dans le Talmud, c'est dans son angle à elle que la fécondité viendra.

Plénitude de l'échange
Nous avons parlé du regard de chacun vers l'autre qui le conforte en son niveau optimal. Rachi nous montre qu'entre Yits'haq et Rivqa, cela était à la perfection. On comprend alors que le Zohar (I, 136 b) dira que Yits'haq était parvenu alors à l'âge de 60 ans parce que c'est l'âge de la plénitude et que c'est pour cela que l'enfant Yaâqov fut parfait (chalém, complet) : 
"quand Yits'haq conçut Yaâqov, il avait 60 ans comme il se doit pour que Yaâqov soit complet, un homme complet".

La montée commune
Dans le texte du Talmud que Rachi utilise, il y est indiqué qu'ils "montèrent". Regardons ce texte : "s'adressant à sa femme... montons sur le toit pour prier le miséricordieux et que Hachém fasse tomber la pluie et ne nous en attribue pas le mérite. Ils montèrent sur le toit, ils prièrent et un nuage de pluie apparut au dessus du coin de sa femme...". C'est vraiment une opération commune, une montée commune, et dans la plus grande humilité ; c'est cela qui assure leur union entre eux et avec Hachém.

Rabbéinou Bé'hayé explicite encore plus nettement cette union quand il précise :
"pour te dire qu'elle n'est devenue stérile que pour qu'ils prient ensemble à ce sujet".

Cette montée ensemble est encore soulignée par des commentaires à propos du verbe "prier" très particulier : 



vayéêtar au lieu de véitpallél. Il faut en trouver l'explication dans l'usage qui est fait de ce verbe en d'autres endroits du Tanakh, selon les éclairages de nos Sages; c'est en Ezéchiel 8, 11 vaâtar ânane-haqqétorète ôlé, et le nuage d'encens 'montait'). 

Des commentaires insistent aussi sur le fait que le verbe âtar indique toujours un redoublement qui perce, comme une perceuse qui perfore un mur, et le Zohar indique que Yits'haq est ainsi, dans cet accompagnement des deux conjoints, monté dans le monde d'En-Haut et qu'il y a percé ce qu'il fallait y percer en la zone de fécondité (I Zohar 137 a) et que le flux de la bénédiction est alors descendu, et le fruit s'est réalisé en bas.

Cela suffit pour l'étude d'un seul verset avec nos Sages. Elle nous montre aussi combien sont ignorants ceux qui pensent que la Torah est religion d'obligations de crainte opposées à d'autres religions qui seraient amour ; c'est ignorance, et l'histoire a toujours prouvé que rien n'est plus dangereux et souvent criminel que la science des ignorants.

Dans la préparation et méditation intérieure  pour la préparation de cette étude, est venu ce poème qui exprime autrement ces mouvements : Clef. Il est placé dans le  recueil : L'ami des aurores. De même, le poème Matin menacé.


 


Conclusions de développement personnel

Une fois réalisée l'étude précise et technique, et l'effort de mémorisation, il est nécessaire de reprendre en méditation les multiples questions existentielles abordées dans ce texte de la Torah. A chacun de le faire seul, et avec qui lui importe dans l'existence.

Il s'en suivra, ipso facto, une intégration plus précise dans la vie. 
 

A titre indicatif large, voici une liste de questions qui reprend beaucoup des dynamiques abordées dans cette étude de la paracha.

Elle ne doit pas être lue avant d'avoir réalisé cette interrogation personnelle et autonome. 
• quelle est notre réaction personnelle face aux situations de frustration de l'existence ? 
• comment réagissons-nous alors spécialement par rapport à la personne aimée, dans le couple ou dans l'amitié ?
• qu'en est-il entre nous du partage intime et concret de l'être de chacun ?
• avons-nous conscience de nos réactions spontanées d'accusation de l'autre qui correspondent alors à une souffrance et sensibilité à nos propres manques (projection) ?
• avons-nous conscience de notre aveuglement spontané et de notre attitude de discrimination spontanée envers la femme ?
• en période de difficultés, veillons-nous à maintenir l'image de l'autre à son niveau le plus élevé possible, dans son intégrité, dans le calme, le rire et le bonheur ?
• veillons-nous, à l'heure des difficultés quotidiennes, à ne pas nous éloigner de l'autre, à ne pas le voir au travers de la difficulté, mais continuer à le voir dans l'image permanente de sa beauté et de sa perfection ?
• en face de l'autre, de visage à visage, comment sommes-nous : présence, regard, silence, absence, contact, miroir, mur, confrontation, hostilité, ouverture ?
• prenons-nous conscience des moments où nous faisons basculer un mot, un sentiment interne concernant l'autre, vers le positif ou vers le négatif ?
• veillons-nous à assurer à l'autre -au-delà de notre fragilité et de notre vulnérabilié et de notre instabilité- la permanence stable de nous-même et du meilleur de nous-même ? Et à revenir vite à ce niveau ?
• l'autre est-il la source permanente de notre maintien au meilleur niveau d'être de nous-même, de notre force, joie, bonheur, sourire, rire?
• sommes-nous assez conscient de ce maintien qu'il assure en nous en permanence comme des vases communicants ?
• dans la relation concrète de couple, est-on présent au niveau de la création de notre être essentiel qu'est la néchama double de chacun (homme-et-femme), et que cette néchama est pure de toute atteinte ?
• la présence à l'autre optimal est-elle placée dans le même mouvement que la phrase :"je me représente que je suis toujours en présence de Hachém" ?
• à l'heure de la difficulté, chacun assure-t-il pour l'autre dans la communication intérieure ou dans la communication concrète, un rien de code secret qui rappelle le bonheur à l'autre ?
• chacun des deux membres du couple est-il pour moi une part d'un être-ensemble ?
• ce couplage homme-et-femme est-il un être-ensemble, un être-présent-ensemble ?
• la relation face à l'autre a-t-elle l'humilité d'être chacun prosternés face à l'essentiel de l'autre ? face à Hachém ?
• nous considérons-nous intérieurement comme assurant les succès de l'avenir de l'autre par notre confiance présente dans son développement ?
• restons-nous intérieurement envers l'autre comme si l'on souhaite sur tous les plans des enfants et un avenir, de son seul être ?
• quelles sont les formes propres du dialogue silencieux dans le couple ?
• avons-nous conscience que le créateur a besoin de nous et désire nos prières en couple ?
• le "cri" parfois violent de l'un en face de l'autre est-il compris comme une communication saine, et comme une nécessité pour faire sortir la souffrance individuelle et commune ?
• avons-nous conscience de la "nécessité" pour la femme d'être épouse, belle, accompagnante, exclusive ? Et concernant l'homme ?
• avons-nous conscience d'être porté totalement dans la prière de l'autre et que l'autre se sent porté par notre prière ?
• avons-nous conscience que la femme connait mieux naturellement les vraies voies de la prière que l'époux ?
• le jeu de symétrie qui caractérise le couple est-il équilibré ou déséquilibré au profit de l'un ou de l'autre?
• cette symétrie respecte-t-elle également la richesse des différences ?
• toute position où nous nous replions dans la discussion ou intérieurement est-elle mur définitif, ou ouverture qui s'élargit vers l'autre ?
• considère-t-on la femme sur tous les plans comme le lieu de la fécondité commune ?
• dans la nomination interne que nous faisons de l'autre, y-a-t-il toujours le souci d'être totalement conforme à la représentation optimale qu'a l'autre de soi-même ?
• ressentons-nous cette "montée" ensemble et de ne monter "qu'ensemble" ? et de s'entraider à monter ?
• au moment de crise, parvenons-nous à rester dans cette structure véritable de l'unicité, du partage concret et intime de l'être ?
• ressentons-nous "toute" différence entre les deux partenaires comme créatrice ?

A chacun de trouver ses propres questions...


 


18. En cas d'échec. Le divorce juif.

Tout ce qui est dit ci-dessus est l’idéal pour tous, en aspiration intérieure et en tentative continue. Cependant, la réalité est parfois bien éloignée :

-         nous ne sommes pas ou pas constamment à ces niveaux,

-         il y a les moments de manque de contrôle de la situation que l’on résoud par l’importance du « chalom bait » (paix à la maison), exercice typiquement juif.

-        la tradition juive reconnaît aussi qu’il y a des couples difficiles en raison de toute une histoire qui dépasse le simple caractère de chacun mais concerne les affinités des néchamotes, des âmes, qui ne peuvent pas s’accorder, ou très péniblement. Et à ce niveau, il y a parfois des erreurs de choix. La cabala a toute une théorie sur les parcours de néchamotes d’une génération à l’autre dans la mesure où elles ont encore des réparations (tiqqounim) à réaliser et, parfois, des difficultés de couple sont à placer dans ce contexte. Mais, aujourd’hui, le niveau de notre génération fait que personne n’est capable de lire les affinités des néchamotes (ce que parvenait à voir le Ari, zal). Il n’y a donc pas à croire ceux qui prétendent pouvoir marier arbitrairement les autres en raison de soi-disants pouvoirs cabalistiques qu’ils détiendraient. Sur ces graves questions où il y a de la supercherie, lire le livre « La foi, la kabbale et la folie (surnaturel et sciences occultes)» du Rav Yaakov Hillel, directeur de la Yeshiva Hevrat Ahavat Chalom à Jérusalem (en français et en hébreu).

-         Quand il y a échec sûr dans la capacité de vivre ensemble, le judaïsme reconnaît la possibilité de divorce et l’homme remet le guete à l’épouse qui le reçoit. En Israël, en ce cas, si l’homme refuse de le donner librement ou si la femme refuse de le recevoir librement, il y a des mesures de contrainte (suspension de sortie du territoire, de chéquier, lourdes amendes et même l’emprisonnement jusqu’à ce que le récalcitrant accomplisse librement ce qu’il doit faire) afin que l’un des conjoints n’abuse pas de son pouvoir et rende l’autre infirme toute sa vie (agouna).
http://www.aquanet.co.il/vip/meyer/divorce.htm

Ici, bibliographie sur ces questions
http://users.aol.com/Agunah/bib-agun.htm
http://members.aol.com/Agunah/divorce.htm

et la traduction du texte du divorce, le guete
http://members.aol.com/Agunah/get.htm

Il est important de comprendre qu’un couple de Juifs reste marié même s’ils ont réalisé un divorce civil sans avoir réalisé le divorce par le guete.

Tout cela ne concerne que l’incapacité reconnue de vivre ensemble ou la transgression par l’un des partenaires des engagements de la kétouva, mais en aucun cas le divorce ne peut être obtenu simplement pour l’envie d’épouser une autre femme ou un autre homme.
http://www.ahavat-israel.com/ahavat/torat/divorce.asp

Pour bien comprendre le rôle du beit dine, ou tribunal rabbinique en ces phases :
http://www.jlaw.com/Articles/divorcebeit.html

Et, en tous cas, un divorce, c’est comme si les pierres de l’autel pleuraient (Guittine 90b).

Et, tant que cela est possible, le judaïsme recommande la médiation :
http://www.jlaw.com/Articles/berner.html

et organise la paix, le chalom, par le guet pour que chacun puisse continuer à construire sa vie et s'épanouir, ainsi que la famille.
Et sur Modia, consultez les pages sur:
- l'amour: http://www.modia.org/etapes-vie/couple/amour.html
- le choix du conjoint: http://www.modia.org/etapes-vie/couple/chidoukh.html
- le mariage juif: http://www.modia.org/etapes-vie/couple/septbera.html
- les dynamiques dans le couple: http://www.modia.org/etapes-vie/index.html

- les nombreuses pages de photos, qui rendent ces nuances de l'amour: http://www.modia.org/galerie/mefoto.html

 

Exercice de mémorisation :

• Réciter par coeur les 4 étapes nécessaires dans la mitsva de l'étude : 
lilmod, lélaméd, lizqor, laâssote.

Rappel :
lilmod (étudier), lélaméd (enseigner), lizqor (mémoriser pour se souvenir), laâssote (réaliser).

 

• Aller consulter la page Développement personnel.
De nombreux thèmes de vie du couple y sont éclairés, en liaison avec ce que nous venons d'étudier.


Prononciation de l'hébreu de la paracha
6e leçon
Règle : le chéva est prononcé é après une voyelle longue.
On doit prononcer le titre de la paracha  tolédote et non pas toldote. Pourquoi ?

1. parce que le o de la première syllabe to est long. En effet, il est constitué d'un 'holam malé (vav surmonté d'un point), tandis que le son o court ('holam) ne serait constitué que du point supérieur, comme dans la dernière syllabe dot.
2. et quand il y a un chéva sous la lettre (le laméd, ici) qui suit une voyelle longue (ténouâ guédola) comme ce o, ce chéva est toujours prononcé é. Donc, tolédote. Et non pas toldote.
3. La règle est la même après les autres voyelles longues des sons a (qamats), é (tséré malé),  i ('hiriq malé) et du son ou (chourouq qui est le point placé dans un vav).

Donc, pour bien prononcer, il faut connaître la différence entre les voyelles longues et les voyelles brèves en hébreu. Ce n'est pas difficile. Chacun des 5 sons (a, é, i, o, ou) peut être long ou bref et il y a une différence alors dans l'écriture.

Voici les 5 sons longs et leur écriture, dans la phrase qui les contient tous et rien qu'eux :
sod hou liréav,  "secret de Lui pour ceux qui le craignent" (cf. Psaume 25, 14).


Sod : le son o long s'écrit avec un vav pointé en haut, il se nomme 'holam.
Hou : le son ou long s'écrit avec un vav pointé dans le milieu, il se nomme chourouq.
Li : le son i long s'écrit avec un point sous la lettre suivi d'un youd, il se nomme 'hiriq gadol.
Ré : le son é long s'écrit avec deux points horizontaux sous la lettre, il se nomme tséré.
Av : le son a long s'écrit sous la lettre avec un trait vertical sous un trait horizontal, il se nomme qamats gadol.

Donc, après ces 5 sons longs ou voyelles longues, le chéva se prononce é comme dans le mot tolédote où on voit nettement le son o long dans la première syllabe, et le son o bref dans la dernière syllabe.


 

Exemple d'erreurs courantes de prononciation à éviter concernant cette règle :
 
bien prononcererreur
- dans le Chémâ Yisraëlbékhol lévavékhabékhol lévavkha
- dans la chémoné êsseré (la âmida)somékh nofélimsomékh noflim
véqarévénouvéqarvénou
barékhénoubarkhénou
choféténouchofténou
oyévékhaoïvékha
sonéékhasoneékha
soféréhémsofréhém
oyévimoïvim
habboté'himhabbot'him
yotsérénouyotsrénou
lévarékhénoulévarkhénou
yé'halétsoneyé'haltsone

Si vous faites ces erreurs et les corrigez en ayant compris la règle, vous aurez le plaisir de l'appliquer dans toute la prière et dans la lecture de la Torah... et de l'enseigner.


 

Voici maintenant la liste des 5 voyelles brèves après lesquelles le chéva n'est pas prononcé et reste muet. Elles sont traditionnellement réunies dans cette phrase  pour s'en souvenir :

Ni'ham kol-mouké, "Il a été miséricordieux pour tout frappé" (de coups). Apprenons les noms de ces voyelles brèves :
Ni : le son i bref s'écrit avec un point placé sous la lettre, il se nomme 'hiriq qatane.
'ham : le son a bref s'écrit avec un trait placé sous la lettre, il se nomme pata'h.
kol : le son o bref s'écrit sous la lettre avec un trait vertical sous un trait horizontal, il se nomme qamats qatane. Ses règles sont particulières et seront expliquées ultérieurement pour le distinguer du qamats gadol. Le son o bref s'écrit aussi avec un point placé en haut après la lettre comme dans la dernière syllabe de tolédote.
mou : le son ou bref s'écrit avec trois points placés en diagonale sous la lettre, il se nomme qoubouts.
: le son é bref s'écrit avec trois points placés sous la lettre en triangle, il se nomme ségol.

 

Autre règle importante pour bien prononcer : le métég

Conte d'un auteur inconnu, bien adapté à la paracha
transmis par  Moche Elazar Marcus, de Turquie,  <teksko@sim.net.tr>
 

Un certain homme planta une rose et l'arrosa fidèlement, et avant qu'elle ne
fleurisse, il l'examina. Il vit le bouton qui fleurirait bientôt et aussi
les épines.
Et il pensa, "Comment est-il possible qu'une fleur si magnifique
provienne d'une plante chargée d'autant d'épines pointues ?"
Attristé par cette pensée, il négligea d'arroser la rose,
et avant qu'elle ne fut prête à fleurir, elle mourut.
Il en est ainsi pour beaucoup. A l'intérieur de chaque âme il y a une rose.
Les qualités divines plantées en nous à la naissance grandissent
parmi les épines de nos erreurs.
Beaucoup d'entre nous se regardent eux-mêmes et voient seulement leurs
épines,
leurs défauts. Nous désespérons, en pensant peut-être que rien de bon ne
peut sortir de nous. Nous négligeons d'arroser le bien qui est en nous,
et finalement, il meurt.
Nous ne réalisons jamais notre potentiel.
Quelques personnes ne voient pas la rose à l'intérieur d'elles-même;
quelqu'un d'autre doit la leur montrer.
Un des dons les plus extraordinaires qu'une personne puisse posséder
est d'être capable de passer à travers les épines
et de trouver la rose à l'intérieur des autres.
C'est la caractéristique de l'amour, de regarder une personne,
et connaissant ses erreurs, de reconnaître la noblesse dans son âme,
et de l'aider à réaliser qu'elle peut dépasser ses erreurs.
Si nous lui montrons la rose, elle fera la conquête des épines.
Alors elle fleurira, et plus loin fleuriront trente, soixante,
une centaine de plants comme celui qui lui a été donné.
Notre devoir en ce monde est d'aider les autres en leur montrant leurs roses
et
non leurs épines. Alors seulement nous atteindrons l'amour que nous
devrions ressentir pour chacun;
alors seulement nous fleurirons dans notre propre jardin.

(auteur inconnu).

Vivre, et prendre son envol. Comme ces magnifiques perroquets qui pullulent dans les arbres à Jérusalem; nombreux sont ceux qui voient mes photos etne les ont jamais vus dans les arbres ou voler devant eux; ainsi dans le couple, ouvrons le coeur et les yeux:

 


 
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