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12e Paracha : Vayé'hi
- " Il vécut"
Béréchite (La Genèse)
47, 28 - 50, 26
Voir les hiloulotes
de cette semaine
S'AIMER.
Le dérékh éréts et
la bonté gratuite et immédiate
Comme la pluie bienfaisante qui
donne à chaque espace qui en a besoin
Voyez sur ce lien, ce
reportage de la pluie à Jérusalem,
qui nous l'enseigne.
1e note préalable à
l'étude de la paracha.
Nous terminons le livre de Béréchite
qui pose les problématiques fondamentales de l'existence
humaine. La paracha précédente traitait
des redoutables problèmes de la fraternité
qui jusqu'à ce jour n'ont guère fait de
progrès dans le monde. Le Rav Chalom Messas, zatsal,
dans Vé'ham hachéméche, son commentaire
de la Torah, insiste sur le fait que les problèmes
si graves entre frères qui nous sont décrits
chez les enfants de Yaâqov, le sont selon le principe
"maâssé avote simane la banim"
(les actes des Pères sont un enseignement pour
les enfants). Et la paracha nous a surtout décrit
les processus si complexes qui ont permis le traitement
et la guérison de ces drames, ce que l'on appelle
la téchouva dans le judaïsme. Revoir la paracha
précédente. Et se mettre au travail là
où nous sommes pour traiter les problèmes
selon les modèles qui nous ont été
enseignés.
Un enseignement capital nous est donné par cette
paracha qu'il ne faut pas oublier car la vie est difficile
pour beaucoup. Le Rav Chalom Messas, dans Vé'ham
hachéméche, met en valeur que la vie de
Yaâqov se termine bien après tant d'épreuves
et, sur la base de Béréchite Rabba 66,5
il nous enseigne: "tsadiqim té'hilatan yésourine
vésogane chalva, les justes ont d'abord des épreuves
et la suite est douceur et tranquillité".
Plaçons cette remarque sur un axe
plus large encore: Ribbi Yaâqov Abou'hatseira remarque
que le mot qui précède notre paracha et
sans intervalle est "méod" dont les lettres
forment aussi le mot Adam; ainsi, Yaâqov a réussi
à réparer ce que Adam avait abimé;
la téchouva prend parfois beaucoup de temps, soyons
patients. Et le mot Adam est composé des initiales
de Adam, David, Machia'h le Messie; il y a de l'espoir
pour qui persévère. Je n'ai pas qui "pour
qui sait attendre", car il s'agit d'être actif!
Une autre note optimiste de cette paracha:
nous y trouvons la formule par laquelle les parents bénissent
leurs enfants (nous verrons pourquoi c'est ce verset de
la Torah qui a été retenu pour cela): "Yéssimékha
Elo-him ké Ephraïm vékhi Ménaché,
Qu'Il te place Elo-him comme Ephraïm et comme Ménaché"
et pour les filles on place les noms de matriarches: "Yéssimékhe
Elo-him ké Sarah, Rivaka, Ra'hél vé
Léa, Qu'Il te place El-ohim comme Sarah, Rivka,
Ra'hél et Léa". Ensuite les parents
ajoutent la bénédiction que disent les Cohanim:
Yévarékhékha Ado-naï vé
yichmérékha.
Yaér Ado-naï panav élékha vi'hounékha.
Yissa Ado-naï panav élékha véyassém
lékha chalom.
Que Hachém te bénisse et te garde.
Que Hachém éclaire Sa face vers toi et te
procure Sa grâce.
Que Hachém lève Sa face vers toi et qu'Il
place vers Toi la complétude paisible.
Cette bénédiction est dite généralement
en plaçant la main ou les deux mains sur la tête
de chaque enfant successivement le soir du Chabbat; certains
le font à l'arrivée de la synagogue à
la maison, d'autrès après le Kiddouch. Ou
à toute autre occasion. La bénédiction
est dite également à l'épouse.
2e note préalable à l'étude
de la paracha : qu'est-ce que le dérékh
éréts ?
C'est d'abord une urgence pour la vie sociale en Israël
et dans nos communautés. C'est un comportement
moral dans tout ce qui constitue la vie sociale avec une
priorité donnée la paix, le respect d'autrui,
la bonne entente, la courtoisie, l'harmonie, etc. sur
toute autre considération importante.

Cela suppose un contrôle du langage, le souci de
ne pas blesser autrui, de le mettre en
valeur et de préserver son honneur.
Cette qualité a précédé dans
la création même la Torah, c'est dire son
importance (Vayiqra Rabba 9, 3).
Elle doit se manifester envers tout humain.
A partir de là, comme une application, l'expression
"dérekh éréts" est utilisée
dans d'autres contextes :
- le comportement humain, en général, ou
celui de telle ou telle tranche d'âge.
- la profession.
- la relation sexuelle.
Il s'ensuit de nombreuses conséquences dans l'exercice
des qualités (middotes) :
- ne pas donner de surnoms,
- ne pas railler, ne pas faire d'humour qui humilie,
- ne pas appeler quelqu'un par son nom quand il est en
position supérieure ou importante,
- respecter les personnes âgées et les parents,
- ne pas entrer à l'improviste chez soi ou dans
une pièce, même par rapport à son
conjoint,
- être digne et propre dans la tenue,
- remercier, donner des bénédictions,
- ne pas se mettre dans des situations de proximité
avec des personnes de l'autre sexe, situations qui peuvent
être mal interprétées.
Il ne faut pas penser qu'il s'agit simplement de "morale
sociale" évidente mais, en fait, c'est l'attitude
même du Créateur envers ses créatures,
envers Avraham qu'il visite quand il est malade, envers
ses partenaires dont il prend conseil, envers Moché
ou les prophètes qu'il appelle et nomme avant de
leur transmettre des consignes, etc. C'est donc dans la
Torah que le Juif apprend ces règles.
Le Traité Dérékh Eréts
(2 volumes), placé à la fin de l'Ordre des
Dommages (Néziqim) développe ces questions
à l'aide de nombreuses situations de la vie de
nos Sages.
Mais presque toutes les pages du Talmud ou du Middrache
et des Pirqé Avote parlent de cette question.
Mots-clefs associés : Guémiloute 'hassadim.
A lire également : Bérakhote 61... Chabbate
113...
Ce passage est un exemple de ce que
vous pouvez trouver dans le lexique
juif du site Modia sur les divers concepts que vous
souhaitez mieux comprendre.
Les thèmes de la paracha
• Yaâqov demande à son fils
Yosséf de l'enterrer en Terre d'Israël.
• il donne sa bénédiction
aux deux enfants de Yosséf, selon la formule que
l'on utilise toujours pour bénir nos enfants (48,
15-16) car cette bénédiction n'entraîna
aucune jalousie entre les bénéficiaires
malgré les différences apportées.
• Yaâqov rassemble ses enfants et
leur révèle la connaissance qu'il a de chacun,
les bénit, les valorise et les met en garde chacun
selon ce qui le caractérise. C'est le véritable
testament spirituel du père.
• Il est dit que ces douze enfants "sont"
les douze tribus (donc nous participons d'eux).
• Yaâqov leur donne des "ordres"
concernant sa sépulture.
• La mort de Yaâqov, le rite suivi
pour son enterrement à 'Hévrone qui est
la ville de nos patriarches et matriarches.
• Yosséf rassure ses frères
sur sa conduite envers eux après la mort du père.
• Yosséf annonce sa mort, demande
que ses os soient, à l'avenir, emportés
hors de l'Egypte et il est enterré en Egypte.
La fin de la vie tient une place importante
dans cette paracha qui est la dernière du livre
Béréchite.
Nous terminons avec cette paracha l'étude
du premier des cinq livres de la Torah. Comme chaque mot
y est important en soi, et chaque lettre, et chaque chapitre,
quand on aime ; voici où nous en sommes :
Nombre de lettres, mots... dans Béréchite
et dans toute la Torah
Dans le livre de Béréchite,
il y a eu 4
3 parachotes ouvertes et 48 parachotes fermées, soit
91 en tout. (Voyez
le lexique pour comprendre ces termes, une bonne occasion
pour découvrir ce lexique).
Sur le nombre de parachotes
qui'il y a dans le livre de Béréchite,
combien de versets ai-je lu, chanté,
étudié? (Mieux aimer, c'est connaître
plus et mieux).
Nom de la paracha
- nombre de versets- et son moyen mnémotechnique
en guématria, comme cela est indiqué
dans les sources:
Béréchite - 146 versets - guématria:
amtsia
Noa'h - 153 versets - guématria: bétsalel
Lékh lékha - 126 versets - guématria:
namalou
Vayéra - 147 versets - guématria:
amnone
'Hayé Sarah - 105 versets - guématria:
yémima
Tolédote - 106 versets - guématria:
âlou
Vayétsé - 148 versets - guématria:
'hélqi
Vayichla'h - 154 versets - guématria: qlita
Vayéchev - 112 versets - guématria:
yaboq
Miqéts - 146 versets - guématria:
amtsia
Vayigache - 106 versets - guématria: âlou
Vayé'hi - 86 versets - guématria:
pé
Faisons le compte et c'est facile à améliorer.
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Résumé du sens du livre
Béréchite
Depuis le début du livre de
Béréchite, dans ces 12 parties que nous
avons étudiées...
1. nous avons assisté à de nombreux conflits,
échecs et épreuves centrés sur les
données essentielles de l'existence ;
2. nous avons appris comment en découvrir le sens
;
3. nous avons appris comment dépasser ces épreuves
successives.
4. Puis, dans la paracha qui précède celle-ci,
nous avons découvert la clef totale qui est celle
de la confiance absolue et assurée en Hachém,
le bita'hone.
La confiance envers les humains
5. Dans cette paracha-ci, la dernière du livre
qui clôt l'enseignement sur ces bases de l'existence,
c'est la confiance totale en la bonté de l'autre
qui nous est enseignée, et l'assurance que la règle
qui fera la régulation de nos relations sera la
guémiloute 'hassadim, le don de bonté. Comment
l'apprenons-nous ?
La fin de la vie tient une place importante
dans toute cette paracha qui est la dernière du
livre Béréchite.
Yaâqov, dans l'état de faiblesse
absolue et de dépendance absolue qui est celle
de tout humain quand il s'approche de la mort, demande
avec supplication à son fils ce qui sera alors
essentiel pour sa dignité et dont il ne pourra
avoir comme garantie que l'attitude filiale de bonté
vraie et gratuite.
Il dit :
• "si j'ai trouvé grâce à
tes yeux, place, je te prie" (quelle descente vers l'état
d'humiliation que de devoir ainsi supplier ses enfants
avec précaution et prudence...)
• "ta main sous ma hanche" (procédure
pour jurer qu'on accomplira ce que l'on dit ; aussi, la
simple promesse ne peut être une garantie suffisante
: preuve encore de la dépendance totale)
• "et agis envers moi avec bonté
et vérité" (appel aux qualités les
plus hautes, idéales, fortes et contraignantes
de l'autre, du fils)
• "ne m'ensevelis pas en Egypte, mais tu
m'enseveliras dans le sépulcre de mes pères
à 'Hévrone" (enfin, après ces précautions
émouvantes et pénibles, Yaâqov peut
formuler sa demande)
• il ajoute encore : "jure-le moi
(comme si tout cela n'était pas suffisant) ; et
il est dit que, alors, Yosséf le lui jura. (réalisons
bien que Yosséf ne proposa pas de soi-même
à son père de faire tout ce qu'il allait
lui dire).
Cette séquence est-elle un réalisme
pénible à constater, est-elle au contraire
le bon scénario pour assurer la dignité
de celui qui est faible que de lui laisser exprimer avec
force et de lui-même ses propres volontés
?
Il faut réfléchir à
ces différentes options possibles.
La bonté gratuite et immédiate,
la guémiloute 'hassadim
Définition
Cet épisode nous enseigne une "midda" (une qualité
essentielle du comportement) : Yosséf accomplira
par "tendresse gratuite" ce souhait et cette demande
de son père qui est faible et mourant; c'est
cela la guémiloute 'hassadim : un geste bon et
gratuit important au cœur ou au corps de quelqu'un et
que l'on accomplit alors même qu'il ne le saura
pas, ou ne l'exigera pas, ou quand il n'y a pas assurance
de récompense quelconque. Il n'y a pas
à hésiter, quels que soient les hésitations
ou les
risques (surtout ceux de la médisance des égoïstes
qui se sentent coupables et des méchants, voir
ce lien).
C'est là le signe de
l'amour vrai, et cela doit s'accomplir chaque fois que
quelqu'un est véritablement en besoin, affectif,
matériel, physique, moral, spirituel. Cette mitsva
consiste à "agir envers quelqu'un avec bonté
et cohérence totale avec la vérité".
Le prototype de cette qualité
:

L'acte le plus désintéressé qui est
le prototype de tout cela, c'est la tendresse que l'on
doit manifester envers le défunt car on ne pourra
pas attendre des mots de reconnaissance en retour : véassita
îmadi 'héssed véémete (tu feras
pour moi bonté et vérité, 'hésséd
véémete) : cela est expliqué dans
Béréchite Rabba 96 et par Rachi sur Béréchite
47, 29 ; ces deux derniers mots 'hésséd
véémete sont une formulation faisant partie
des 13 middotes qui caractérisent Hachém
dans son action envers nous ; c'est dire la grandeur de
ce comportement que nous pouvons vivre ; de façon
constitutive, il est divin.
Alors, l'homme ressemble parfaitement
à son Créateur qui l'a fait à Son
image et à Sa ressemblance. Bien plus, "le
monde repose sur trois choses: la Torah, la âvoda
(prière) et la guémiloute 'hassadim"
nous disent dès le début les Pirké
avote, les Principes des Pères 1,2).
L'effort pour se renforcer
(it'hazeqoute)
Le patriarche Yaâqov sent qu'il est sur le point
de mourir. Il est épuisé ; effectivement,
quelques instants plus tard il mourra. Entre temps, il
nous donne quelques leçons de courage et des exemples
à suivre dans les épreuves plus petites
de la vie :
- il ose faire à son
fils la demande qui lui est importante, puis il ose prendre
encore toutes les précautions qui assureront le
respect de la promesse. (Peu de parents osent faire face
à leurs enfants, à tous âges).
- quand son fils Yosséf
vient alors le voir, Yaâqov se hausse à son
plus haut niveau spirituel nommé "Israël".
- de plus, il "recueille ses
forces" disent les traductions ; il prend sur lui-même
et il se renforce soi-même selon la forme réfléchie
de ce verbe véyit'hazéq, et il s'assied
sur le lit : il veut être digne, il veut faire respecter
ce qu'il a à dire, même si ses forces défaillent.
Le Baâl hattourim (voir
ici dans le lexique)
fait remarquer que les justes, les tsaddikim, même
quand ils sont faibles, veillent à se surmonter
tandis que les méchants, les réchaïm
comme Amane, même quand ils sont puissants, se laissent
aller.
Ne pas oublier chacun de ces
enseignements dans les épreuves réelles
de l'existence qui sont des petits passages, en comparaison
de ce moment vécu par Yaâqov. Et c'est par
cela que l'on transmet aux enfants les forces nécessaires
pour vivre.
Le Traité Bérakhote,
page 32 b, donne des éclairages généraux
sur ce comportement d'auto-renforcement (it'hazeqoute)
qui nous est demandé par la Torah :
• il remarque combien Moché
était persévérant et obstiné
dans la prière au point que D.ieu lui a dit finalement,
selon le middrache : "tu M'as fait revivre par tes paroles",
hé'hiyétani vidévarékha. Et
cela, bien que la prière longue qui mobilise une
espérance et une méditation continues, est
déconseillée car elle épuise tout
le corps.
• la Torah n'est pas un arbre
de vie que pour ceux qui l'étudient-seulement,
mais elle l'est pour ceux qui l'étudient et l'appliquent
(Michlé, Proverbes 3, 18).
• Ribbi 'Hama bar 'Hanina
dit que si la prière n'a pas été
exaucée, il faut la recommencer, selon le verset
du psaume 27, 14 : "espère en Hachém, prends
courage, fortifie ton cœur et espère encore en
Hachém", qavé él Hachém 'hazéq
véyaaméts libékha véqavé
él Hachém.
• les Sages ont enseigné
que 4 choses exigent de nous que nous renforcions ainsi
nos forces et notre cœur (arbaâ tsrikhim 'hizouq)
: pour la Torah, pour les mitsvotes, pour la prière,
et pour le comportement de bonne sociabilité envers
autrui, le dérékh érets. Ils citent
les versets qui le prouvent ; pour les dérékh
érets, on le sait du verset de II Samuel 10, 12
: "Sois vaillant et combattons vaillamment pour notre
peuple" ('hazaq vénit'hazaq béâd âménou).
Cela nous montre que
• cette attitude de dérékh
érets (comportement bon envers autrui comme règle
sociale maintenue avec exigence), que nous enseigne Yaâqov
à cette heure, n'est ni spontanée ni facile,
• elle est essentielle puisqu'elle
est mise au même rang que la Torah, les mitsvotes
et la prière,
• notre peuple en a un besoin
impérieux au point qu'on nous la prescrive. Aujourd'hui,
c'est une urgence vitale car, si nous ne redressons pas,
nous courrons à notre perte comme d'autres fois
dans l'histoire à Jérusalem. Lisons l'appel
pour réagir.
Cet auto-renforcement (it'hazeqoute)
est donc pour nous une mission impérative, et cela
même si elle nous demande un effort considérable
; l'exemple des efforts extrêmes accomplis en ce
sens par notre patriarche Yaâqov à la fin
de sa vie, à l'heure des extrêmes faiblesses,
nous rendrait peu fiers si nous nous en dispensions.
Les sources de notre vitalité
incessante
Des commentateurs pensent que l'un des symboles de cette
force, de ces efforts ou de la vaillance de nos patriarches,
nous est montré par le fait que leurs emblèmes
sont, pour la plupart, des animaux. En effet, le Traité
Sota 11 b, à propos des sages-femmes hébreues
en Egypte, rapporte qu'elles dirent au Pharaon que les
femmes accouchent ainsi parce que cette nation ressemble
aux bêtes sauvages ('hayotes); E. Munk rapporte
que ce peuple, selon Rabbi Chmouél Edels (le Maharcha,
1555-1631 ; voir le lexique)
se maintient "comme des forces élémentaires
qui ne sont jamais affectées par les tares de la
société et de la civilisation", ainsi qu'il
en est des espèces animales. Cette puissance interne,
caractérisée par sa constance et son inamovibilité,
se trouve effectivement dans les espèces animales
et pas habituellement chez les hommes. Et c'est une caractéristique
du peuple juif.
Il est à souhaiter,
qu'à l'exemple des Patriarches, nous sachions mettre
cette force indomptable au service du dérekh érets,
même si cela est laborieux pour chacun comme nous
l'enseignent nos textes qui connaissent si bien l'homme.
Une raison suffirait pour
s'y contraindre, c'est que notre peuple en a grandement
besoin, comme nous l'a dit en II Samuel 10, 12; ... et
D.ieu lui-même a besoin des hommes comme il l'a
dit à Moché en cette page 32 b de Bérakhote
: "tu M'as fait revivre par tes paroles", hé'hiyétani
vidévarékha.
La nature est un message visuel
constant de la beauté gratuite et amoureuse que
le Créateur témoigne envers nous, non pas
pour en faire seulement de la science froide ou des promenades
hygiéniques mais pour rencontrer et recevoir cette
relation. Cette image est sans aucune retouche. Regardez
ce don tout simplement reçu très habituellement
devant ma fenêtre à Jérusalem; recevons,
comprenons, imprégnons-nous d'un nouveau regard:

Un souhait pour chacun
Puissions-nous dire, chacun, à la fin de notre
vie ensemble comme pour Yosséf à la fin
de cette paracha, après qu'il ait reçu cet
enseignement de son père :
"j'avais reçu cet enseignement de
Yaâqov avinou,, je l'ai entendu, je l'ai pratiqué
au long de mon existence".
Ce serait tellement plus facile de vivre,
pour tous les pauvres si on pratiquait cette attention
gratuite qui est l'une des bases du judaïsme, et
que l'on nous enseigne dès le livre de Béréchite.
Si j'ai pu écrire cette étude,
c'est que j'ai reçu cet enseignement par l'exemple
vécu, c'est ce que l'on appelle dans le judaïsme
l'indispensable chimouche (utilisation), c'est-à-dire
apprendre la Torah par l'observation de quelqu'un qui
la connaît dans sa cohérence des différents
niveaux, qui la pratique autant qu'il l'étudie,
et dont on a reçu le cadeau du Ciel d'être
dans son intimité pour apprendre comment on relie
les niveaux, comment on discerne et applique. Ma reconnaissance
et mon affection est sans limite pour ces maîtres
modestes et vrais.
Ils sont très nombreux dans le judaïsme
ceux qui enseignent ainsi la Torah de guémiloute
'hassadim, ceux qui "courent après le pauvre" comme
disent nos textes, ceux qui ne lui refusent pas le nécessaire
imprévu et considérable, et vraiment appauvrissant
pour le donateur.
Font erreur ceux qui jugent du peuple d'Israël à
travers les seuls faits journalistiques.
Il est interdit d'apprendre la Torah seul, ou seulement
théoriquement, sans recevoir également la
tradition de la Torah concrète par le chimouche.
Que tout le bien qui sera peut-être
fait à partir de cette étude revienne en
bénédiction à ces quelques hommes
et femmes qui m'ont appris l'importance de cette midda,
par leur vie et surtout par leur art du silence de sainteté
en cette matière; ils ont compris le sens du silence
exigeant qui règne dans le Cantique des Cantiques,
Chir hachirim. Le coeur sait avec justesse bien que, temporairement,
il ne voie pas et ne soit pas vu du tout : hallév
yodéâ oumistakél bo af âl pi
ché éïno niré klal (Zohar Chir
hachirim).
Exercice d'intériorisation
En résumé, à notre
petite échelle, il faut que plusieurs de ces enseignements
de la paracha soient compris de nous en vérité:
Question personnelle :
prenons-nous incognito (comme cela est
demandé) une part de notre temps, de notre argent,
de nos préoccupations pour accomplir la guémiloute
'hassadim? Donnons-nous sans compter du temps, de l'argent,
des biens simplement parce que l'on constate que l'autre
a besoin, ne pourra pas les acquérir et qu'il est
en position de péril?
C'est un devoir pour le Juif. Ce n'est
pas un surplus luxueux pour le club des "gens riches et
qui sont heureux d'eux-mêmes parce qu'ils font le
bien". C'est simplement une obligation de base, parce
que c'est ainsi que fonctionne ce monde où nous
avons été invités par Hachém
qui, Lui, nous donne ainsi gratuitement.
Et osons-nous le faire, justement quand
on sait que c'est difficile, compliqué, que cela
fait mal de s'en priver, que l'autre même ne sera
pas reconnaissant, ne comprendra pas, ne le saura pas
ou, pire encore, en deviendra agressif envers le donateur
car cela l'humilie d'être aidé. Faisons-le
simplement parce que c'est un devoir et que c'est vraiment
vital pour l'autre?
Il est clair que ce style juif de comportement
ne sera pas compris, semblera insolite, suspect, entrainera
même des ennuis car ce n'est pas la règle
du monde cruel qui méprise ceux qui ne fonctionnent
pas selon "l'image sociale de la réussite" mais
selon la règle de bonté d'Avraham et de
Hachém et du judaïsme. Souvent même,
ce comportement entraînera des attaques envers ceux
qui vivront ainsi, comme les Juifs sont attaqués
parce qu'ils portent la Torah et qu'elle est vue comme
un reproche ou une humiliation par les autres, ou un prétexte
pour les accuser parce que, par ailleurs, il est exact
qu'ils ne sont pas capables de vivre très bien.
L'argument le plus souvent utilisé
contre ceux qui donnent, particuliers ou le peuple juif,
c'est qu'ils veulent créer une dépendance
ou dominer.
Autre regard :
Il peut se faire que Hachém
nous mette chacun, à notre tour, en position du
pauvre qui a un besoin vital de recevoir la guémiloute
'hassadim, comme Rachi le dit sur Béréchite
29, 11 et 43, 20. C'est une forme encore plus élevée
pour nous rendre sensible à cette dépendance
totale et attendre tout de Hachém et qu'il permette
à d'autres de jouer ce rôle envers nous.
La souffrance en est intolérable, c'est l'épreuve
traversée par les Patriarches, par David et Job
(Yov).
C'est aussi une grande mise à
l'épreuve pour être capable, dans l'humilité,
d'accepter l'aide sans agresser ceux qui sont eux-mêmes
humiliés de donner, dans une relation non équilibrée.
Exercice de mémorisation
véassita îmadi 'héssed véémete
tu feras pour moi bonté et vérité"
(Béréchite 47, 30).
2e niveau
pour étudiants avancés
qui vont lire les sources
Que disent le Talmud
et le Middrache, de la guémiloute 'hassadim ?
1. Sa nature et son importance
- avec la tsédaqa, elle pèse
dans la balance autant que toutes les mitsvotes ensemble
(Tossefta Péa, 4).
- elle est plus chère au coeur
de Dieu ('haviva) que la tsésaqa (Yérouchalmi
Péa 1).
- elle est la Torah, depuis son début
jusqu'à sa fin (Talmud Sota 14a).
- le monde est créé sur
elle (Béréchite Rabba 8).
- le monde tient sur 3 choses (la Torah,
les sacrifices-prière) et la guémiloute
'hassadim (Pirqé Avote 1).
- c'est cela qu'a fait Bitia la fille
du Pharaon qui a sauvé Moché et elle a
mérité par là plus que lui (Chémote
Rabba 1).
2. C'est cela qui caractérise
le peuple d'Israël :
la miséricorde (ra'hamim), savoir reconnaître
ses fautes (mitbayéchim) et la guémiloute
'hassadim (Traité Yébamote 79a).
3. Comment faut-il faire ?
c'est cela sa façon de faire de celui qui fait
guémiloute 'hassadim : "courir après les
pauvres" pour la réaliser, chékhén
darko chél gomél 'hassadim larouts a'har
dalim (Traité Chabbate 104a).
4. Si on ne le fait pas :
celui qui s'occupe de Torah seulement (sans guémiloute
'hassadim), c'est comme s'il n'avait pas de Dieu (Traité
Âvoda Zara 17b).
5. L'effet de la guémiloute
'hassadim
- elle apporte le bonheur même
dans les soucis (Traité Âvoda Zara 5b).
- elle fera éviter les souffrances
de la période de la venue du Machia'h (Traité
Sanhédrine 98b).
- elle fait vivre à l'ombre de
D.ieu (Yérouchalmi Taânite 4).
- elle apporte la pluie de vie au monde
(Yérouchalmi Taânite 3).
- avec la tsédaqa, elle apporte
dignité (kavod), aide, et la vie elle-même
(Traité Qiddouchine 40a).
- elle allonge la vie (Yérouchalmi
Péa 1).
Que dit Rachi,
de la guémiloute 'hassadim ?
Se reporter aux commentaires de Rachi sur
la Torah aux versets suivants et les étudier avec
le texte de la Torah :
• Béréchite 18, 16 : "c'est
la force du don aux pauvres que de transformer la colère
divine en ra'hamim" (miséricorde).
• Béréchite 28, 20 : "celui
qui en est réduit à quémander son
pain, on le nomme abandonné". (commentaire sur
le voeu de Yaâqov : si Hachém me donne du
pain à manger).
• Béréchite 29, 11 : "le
pauvre, il faut le considérer comme un mort" (donc
: le laisser pauvre, c'est vraiment le tuer). Et Rachi
reprend exactement cette même idée en Chémote
4, 19.
• Chémote 22, 24-26 : lire ce passage
et tout le commentaire de Rachi qui montre comme nous
pouvons être aisément un poison mortel pour
le pauvre : cela commence par ce qui semble être
un rien pour parvenir ensuite à le détruire
totalement et sûrement.
• Vayiqra 25, 35 : c'est la même
idée, inversement ; quand le mal de la pauvreté
commence, nous avons le pouvoir de l'arrêter aisément
(et, donc, c'est une obligation) mais si nous ne le faisons
pas, ensuite la situation deviendra irréversible
et c'est nous qui aurons abattu le pauvre car nous pouvions
arrêter sa chute. (Ajoutons, il faut devenir sensible
à ceci : le pauvre connaît notre pouvoir
de le sauver et il le vit avec une intensité douloureuse,
il ressent alors les indifférents qui ont bonne
conscience comme des gens qui le font mourir et c'est
la vérité).
• Bamidbar 5, 10 : celui qui ne donne pas
le
maâsser (donner les 10 % obligatoires des biens
et des revenus), les aura certes préservés
pour soi-même (et aura apparemment gagné
cela), mais en fait sa fortune se réduira ipso
facto de ces 10% par d'autres voies".
• Bamidbar 29, 11 : (commentaire sur :
Je lui donnerai mon alliance de paix) "Comme on exprime
avec force notre reconnaissance et notre grâce envers
quelqu'un qui vous a fait du bien". Cela nous apprend
que le pauvre qui a été aidé a le
devoir de ne pas se fermer ensuite envers le bienfaiteur
mais il doit avoir la même attitude de vraie reconnaissance
qu'envers Hachém. Pourquoi ? Parce que c'est Hachém
qui nous donne et parce que c'est de Lui que tout cela
venait pour donner à chacun l'occasion de manifester
librement la bonté que nous avons reçue
dans nos capacités. La fermeture ultérieure
ou l'agressivité qui s'ensuit souvent sous prétexte
de non-dépendance (comme nous l'avons dit ci-dessus)
est compréhensible sur le plan psychologique chez
des personnes blessées et qui n'ont pas analysé
toute la situation mais c'est aussi une injustice et une
injure directe de non reconnaissance envers Hachém).
Cet enseignement est lui aussi très exigeant.
• Lire Dévarim 15, 7 et la suite
et les commentaires de Rachi :
- " beaucoup hésitent, beaucoup
commencent puis se reprennent de donner";
- "comme Il est miséricorde,
ra'houm, tu dois l'être et comme Il fait la guémiloute
'hassadim, ainsi comme Lui tu dois faire".
- "d'abord donner au plus pauvre...
et le pauvre qui vit à proximité de nous
a la priorité sur le pauvre qui vit loin pour
recevoir nos dons".
- "si tu ne donnes pas au pauvre,
tu le deviendras".
• Dévarim 15, 8 : "tu donneras
même à de multiples reprises" (ceci contre
le trucage mental pour s'autoriser à ne pas donner
et qui consiste à se dire qu'il faut l'éviter
puisque le judaïsme enseigne qu'il faut être
équilibré et pondéré).
La réussite
du juif
On le voit, le judaïsme est loin de
la conception mondaine et outrageante qui place comme
preuve de la "réussite humaine" l'affichage et
l'exhibition de la réussite financière et
de la rivalité orgueilleuse dans l'exhibitionnisme.
La réussite du juif n'est certainement
pas celle-là mais elle consiste à bien étudier
l'exemple des patriarches qui, riches ou pauvres, suivant
ce que donne Hachém, se comportent à l'image
de Hachém envers nous en plaçant comme loi
absolue de sortir de pauvre de sa souffrance. Et avec
le maximum de délicatesse.
C'est pour cela que la priorité
du don doit aller aux organismes d'éducation par
la Torah car ils vont pouvoir multiplier par l'enseignement
le nombre de ceux qui donneront ensuite.
| C'est aussi le motif pour lequel
les grands Sages de la Torah se sont toujours insurgés
contre les abus et les escalades sans fin dans l'exhibition
financière lors des cérémonies
de mariage ou de bar-mitsva,
alors que ces sommes excessives pouvaient être
données aux pauvres sans que cela ne diminue
en rien la fête sainte qui est nécessaire
et qui est également un devoir. |
Voir ici l'étude
d'un dibbour hammat'hil de la paracha Vayé'hi selon
la méthode de Rachi
Comment intégrer
dans notre être et dans nos vies la guémiloute
'hassadim qui est la qualité de bonté totale.
Celle-ci se dit aussi 'héssed, en
hébreu. Et nous avons vu dans les parachiyotes
précédentes que c'est la qualité
d'Avraham qui, lui, a découvert que c'est la qualité
essentielle du Créateur qui a bâti Son monde
(le nôtre) sur cette bonté.
Cela peut nous surprendre quand nous voyons
la sauvagerie des relations humaines, la cruauté
généralisée et camouflée sous
les beaux mots, les belles théories, les belles
religions, les beaux journaux et les beaux vêtements
en tous genres ; c'est, simplement, que le 'héssed
(la bonté) n'est pas de l'ordre de l'apparent évident.
Il n'a rien à voir avoir la logique ni l'intelligence.
Des nazis pleuraient à la mort de leur canari ou
à l'audition de Mozart mais ne ressentaient rien
en se promenant parmi les prisonniers et en tuant de ci,
de là, au hasard.
Définition
Le 'héssed est hors de cette loi de nos sociétés,
c'est une "super-qualité", qui demande un décalage,
un saut, un volonté, une audace, une détermination,
un choix, un courage pour, justement, ne pas jouer avec
les règles admises dans la bonne société
qui se dit celle de la raison, du droit, et de la justice.
Et pour fonder tout sur la bonté, à l'image
du Créateur.
Car la raison, le droit, la justice sans le 'héssed
produisent toujours la cruauté et le mensonge avec
l'assurance du bon droit.
Vocabulaire
Celui qui essaie de vivre selon ce 'héssed est
un 'hassid, et "cette façon de vivre est la 'hassidoute".
(Attention : dans le langage générale du
judaïsme, il ne s'agit nullement là de la
dénomination du courant 'hassidique des Juifs russo-lithano-polonais
qui a pris naissance à partir du 18e siècle;
voir
ce lien à ce sujet).
Voici les principales références
dans le Tanakh.
Le mot 'héssed y apparaît 246 fois, et le
mot 'hassid 32 fois. Attention, le mot 'hassida n'a apparemment
rien à voir, il désigne la cigogne! Le lien
vient de ce que cet animal est humble et pudique.
L'expression 'héssed vé émet (bonté
et vérité) apparaît
22 fois.
Les psaumes sont particulièrement
riches sur ce thème du 'héssed :
Psaumes 5, 8 / 6, 5 / 18, 51 / 21, 8 / 23, 6 / 25, 10
/ 26, 3 / 32, 10 / 33, 22 / 36, 6 et 8 et 11 / 40, 11-12
/ 44, 27 / 48, 28 / 52, 3 / 57, 11 / 59, 11 et 17-18 /
61, 8 / 62, 13 / 63, 4 / 69, 14 et 17 / 85, 8 et
11 / 86, 5 et 13 et 15 / 89, 12 / 89, 3 et 15 et
25 et 29 et 34 / 90, 14 / 92, 3 / 94, 18 /
101, 1 / 103, 4 et 8 / 108, 5 / 109, 12 et 16 et 21
/ 115, 1 / 119, 64 et 76 / 130, 5 et 7 / 138, 2 et 8 /
141, 5 / 143, 8 / 144, 2 / 145, 8 / etc.
J'ai placé toutes ces références,
fruit de l'étude, pour que l'on s'y reporte. Le
bénéfice sera immense. Peu à peu
on y découvrira l'importance du thème, ses
nuances et l'enseignement deviendra traduit intérieurement
et, surtout, traduit dans la relation au Créateur.
Reportez-vous également au thème
du 'hassid dans les psaumes :
Ps 3, 12 / 4, 2 / 7, 2 / 12, 2 / 16, 10 / 18, 26 / 22,
26 / 30, 5 / 31, 24 / 32, 6 / 33, 8 / 37, 28 / 43, 1 /
50, 5 / 52, 11 / 79, 2 / 85, 9 / 86, 2 / 89, 20 / 97,
10 / 132, 9 / 145, 10 et 17 / 148, 14 / 149, 1 et 5 et
9.
Ici, vous découvrirez quelque chose de plus : l'être,
devenu quelque peu 'hassid, a acquis une qualité
qui est celle même du Créateur et une complicité
s'instaure, si l'on peut dire.
Nos Sages l'expriment lors de la rencontre finale entre
Yaâqov et Yossef dans notre paracha ; il lui
dit que le D.ieu tout-puissant lui est apparu à
Louz. Il ne s'agit pas d'un récit historique mais
il lui parle d'une qualité de relation et les commentaires
expliquent par la méthode du rémez (enseignement
selon les lettres de l'hébreu) que les mots "D.ieu
tout-puissant" ont la guématria du mot Moché,
et que le mot suivant "est apparu" a les mêmes lettres
que le mot Aharone. Cette relation de qualité extraordinaire
qu'il a eue ne pouvait mieux se dire que par les noms
de Moché et Aharone. La Torah est une relation
de vie.
Ces précisions étaient nécessaires
pour comprendre ce que le Or
ha 'Hayim dans Réchite 'hokhma dit du 'héssed
(ch. Ahava 11)
- le 'héssed est une qualité supérieure
à toutes les autres et il conduit au Roua'h ha
qodéche (souffle divin).
- celui qui vit ainsi se dénomme 'hassid ; il "aime"
et le Roua'h ha qodéche réside sur lui.
C'est comme un ange de Hachém.
- cette qualité qui saisit avant même le
niveau de la justice est la qualité de Haqqadoche
baroukh Hou. C'est cela le 'hassid. Et c'est cela s'occuper
de la Torah. Ainsi celui qui se lève à minuit
pour faire le tiqqoune
de 'hatsote. Et celui qui donne la tsédaqa,
la bienfaisance. Et celui qui entend la médisance
et ne la continue pas. Et qui ne réagit pas par
la colère et ne se dresse pas avec orgueil. Et
qui n'hésite pas à demander ce qu'il ne
sait pas de la Torah, ou reste plus petit qu'il n'est
ou que les plus grands que lui. Il a confiance en Hachém.
(ch. Qédoucha)
- cette qualité commence en sa propre maison.
- sa connaissance de la Torah devient bénédiction.
et aussi cette phrase : il faut savoir se tenir avec la
force du jaguar dans le 'héssed face aux railleurs
et persifleurs.
Note sur la prononciation
des mots comme 'héssed, ayant le son é-é
Il est écrit ici: 'héssed vé émét,
bonté et vérité. Le mot émet
se prononce en plaçant l'accent tonique sur la
dernière syllabe comme dans la plupart des mots
français, contrairement aux mots espagnols ou italiens.
Et on le voit indiqué ici par les deux points placés
sur la syllabe finale.
Par contre, les mots composés de deux ségols
ont l'accent sur la première syllabe et on le voit
par le trait marqué sous la première syllabe.
Le ségol est la voyelle composée de trois
points placée en dessous de la consonne et prononcée
"é". On dit donc 'hEssed et j'ai indiqué
le lieu de l'accent par la majuscule.
Cette règle s'applique à de nombreux mots
courants de l'hébreu en deux syllabes et comportant
deux ségols ou ayant le son éé. Par
exemple : dérékh (chemin), yéléd
(enfant), mélékh (roi), éléf
(mille), éréts (terre), néféch
(personnalité), qérén (fondation),
réguél (jambe), éved (esclave), érév
(soir), kénes (réunion), déguel (drapeau),
péssel (sculpture), kéver (tombe), chéqel
(monnaie israélienne). La liste de ces mots est
très longue. Les francophones font souvent erreur
dans cette prononciation car, en français, l'accent
est systématiquement placé sur la dernière
syllabe. C'est par ce "truc" que les francophones
sont souvent dépistés en Israël dès
qu'ils prononcent l'un de ces mots en déformant
la prononciation! Ils disent, par exemple, bésséder
au lieu de bésséder.
Si on a bien compris cette règle,on parlera bien
hébreu. Et on prononcera de la même manière,
sur la première syllabe, les mots de deux syllabes
ayant les sons:
- aa comme taam (goût).
- éa, comme séla (côte).
- é'ah, comme péra'h (fleur).
- éé, comme séfer (livre).
- oé, comme kotél (mur).
- oa, comme toar (distinction).
- aé, comme mavét (mort).
- a-i, comme ayine (oeil).
Voyez ici des exemples dans une paracha: http://www.modia.org/tora/bamidbar/balaq.html#83p
Voyez ici les autres règles de lecture: http://www.modia.org/tora/lecture/lecture.html
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