Regarder
sur Modia 
Photos par thème - galeries & diaporamas
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Recherchez
sur Modia 
 
  Cliquez ci-dessous
  Modia en français   
Un site pour étudier et vivre le judaïsme, le Talmud et la Torah
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
  Modia in english
 A web site on how to study and live Judaism, Torah and Talmud
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Dons: cliquez ici - S'abonner à la newsletter: cliquez ici
 
Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
12e Paracha : Vayé'hi - "   Il vécut"

Béréchite (La Genèse) 47, 28 - 50, 26


Voir les hiloulotes de cette semaine

 

S'AIMER.
Le dérékh éréts et  la bonté gratuite et immédiate

Comme la pluie bienfaisante qui donne à chaque espace qui en a besoin
Voyez sur ce lien, ce reportage de la pluie à Jérusalem, qui nous l'enseigne.



(Photo de l'auteur)

 

 

Plan

1er niveau, pour tous

  1. - La bénédiction des enfants par les parents.
    - Note préalable à l'étude de la paracha, le dérékh érets
  2. Les thèmes de la paracha 
  3. La confiance envers les humains
  4. La bonté gratuite et immédiate, la guémiloute 'hassadim
  5. Le prototype de cette qualité 
  6. L'effort pour se renforcer
  7. Les sources de notre vitalité incessante
  8. Un souhait pour chacun
  9. Exercice d'intériorisation 
  10. Exercice de mémorisation 
  11. Chercher dans le lexique
  12. Voir les poèmes
2e niveau pour étudiants avancés
  1. Que disent le Talmud et le Middrache, de la guémiloute 'hassadim ?

  2. Que dit Rachi, de la guémiloute 'hassadim ?
    La réussite du Juif
    Découverte de la méthode de Rachi dans ses commentaires
New. Comment intégrer cet enseignement sur la bonté.
Une étude selon les règles, sur Vayé'hi, 
de tous les commentateurs 
à Rabbéinou Yaâqov Abou'hatséira
à l'occasion de sa hiloula le 20 Tévéte.

Aimer: l'importance du coeur dans l'étude juive.

Etude de téâmim de la paracha
ceux de la bénédiction de Yaâqov



Tableaux historiques pour situer :
- Les grandes étapes de la vie de Yaâqov 
- Les fils de Yaâqov
- L'éducation juive
- Humour: une famille juive
- Les noms dans la famille juive
- Prénoms juifs
- Pourquoi les noms sont-ils importants?

Ecoute de la paracha chantée
téâmim askénaziim (Ort)
téâmim séfaradiim (Alliance)

Ecoute de la paracha chantée
téâmim askénaziim (Ort)

Poème: le parfum des Cantiques



A propos de la mort et de l'enterrement de Yaâqov :
- Les rites juifs du décès

- Poèmes de la séparation

- La mort et son sens dans la paracha A'haré mote

- La mort et son sens dans la paracha Pin'has


 

 

1e note préalable à l'étude de la paracha.

Nous terminons le livre de Béréchite qui pose les problématiques fondamentales de l'existence humaine. La paracha précédente traitait des redoutables problèmes de la fraternité qui jusqu'à ce jour n'ont guère fait de progrès dans le monde. Le Rav Chalom Messas, zatsal, dans Vé'ham hachéméche, son commentaire de la Torah, insiste sur le fait que les problèmes si graves entre frères qui nous sont décrits chez les enfants de Yaâqov, le sont selon le principe "maâssé avote simane la banim" (les actes des Pères sont un enseignement pour les enfants). Et la paracha nous a surtout décrit les processus si complexes qui ont permis le traitement et la guérison de ces drames, ce que l'on appelle la téchouva dans le judaïsme. Revoir la paracha précédente. Et se mettre au travail là où nous sommes pour traiter les problèmes selon les modèles qui nous ont été enseignés.
Un enseignement capital nous est donné par cette paracha qu'il ne faut pas oublier car la vie est difficile pour beaucoup. Le Rav Chalom Messas, dans Vé'ham hachéméche, met en valeur que la vie de Yaâqov se termine bien après tant d'épreuves et, sur la base de Béréchite Rabba 66,5 il nous enseigne: "tsadiqim té'hilatan yésourine vésogane chalva, les justes ont d'abord des épreuves et la suite est douceur et tranquillité".

Plaçons cette remarque sur un axe plus large encore: Ribbi Yaâqov Abou'hatseira remarque que le mot qui précède notre paracha et sans intervalle est "méod" dont les lettres forment aussi le mot Adam; ainsi, Yaâqov a réussi à réparer ce que Adam avait abimé; la téchouva prend parfois beaucoup de temps, soyons patients. Et le mot Adam est composé des initiales de Adam, David, Machia'h le Messie; il y a de l'espoir pour qui persévère. Je n'ai pas qui "pour qui sait attendre", car il s'agit d'être actif!

Une autre note optimiste de cette paracha: nous y trouvons la formule par laquelle les parents bénissent leurs enfants (nous verrons pourquoi c'est ce verset de la Torah qui a été retenu pour cela): "Yéssimékha Elo-him ké Ephraïm vékhi Ménaché, Qu'Il te place Elo-him comme Ephraïm et comme Ménaché" et pour les filles on place les noms de matriarches: "Yéssimékhe Elo-him ké Sarah, Rivaka, Ra'hél vé Léa, Qu'Il te place El-ohim comme Sarah, Rivka, Ra'hél et Léa". Ensuite les parents ajoutent la bénédiction que disent les Cohanim:
Yévarékhékha Ado-naï vé yichmérékha.
Yaér Ado-naï panav élékha vi'hounékha.
Yissa Ado-naï panav élékha véyassém lékha chalom.
Que Hachém te bénisse et te garde.
Que Hachém éclaire Sa face vers toi et te procure Sa grâce.
Que Hachém lève Sa face vers toi et qu'Il place vers Toi la complétude paisible.
Cette bénédiction est dite généralement en plaçant la main ou les deux mains sur la tête de chaque enfant successivement le soir du Chabbat; certains le font à l'arrivée de la synagogue à la maison, d'autrès après le Kiddouch. Ou à toute autre occasion. La bénédiction est dite également à l'épouse.

2e note préalable à l'étude de la paracha : qu'est-ce que le dérékh éréts ?



C'est d'abord une urgence pour la vie sociale en Israël et dans nos communautés. C'est un comportement moral dans tout ce qui constitue la vie sociale avec une priorité donnée la paix, le respect d'autrui, la bonne entente, la courtoisie, l'harmonie, etc. sur toute autre considération importante. 



Cela suppose un contrôle du langage, le souci de ne pas blesser autrui, de le mettre en
valeur et de préserver son honneur.
Cette qualité a précédé dans la création même la Torah, c'est dire son importance (Vayiqra Rabba 9, 3).
Elle doit se manifester envers tout humain.
A partir de là, comme une application, l'expression "dérekh éréts" est utilisée dans d'autres contextes :
- le comportement humain, en général, ou celui de telle ou telle tranche d'âge.
- la profession.
- la relation sexuelle.

Il s'ensuit de nombreuses conséquences dans l'exercice des qualités (middotes) :
- ne pas donner de surnoms,
- ne pas railler, ne pas faire d'humour qui humilie,
- ne pas appeler quelqu'un par son nom quand il est en position supérieure ou importante,
- respecter les personnes âgées et les parents,
- ne pas entrer à l'improviste chez soi ou dans une pièce, même par rapport à son conjoint,
- être digne et propre dans la tenue,
- remercier, donner des bénédictions,
- ne pas se mettre dans des situations de proximité avec des personnes de l'autre sexe, situations qui peuvent être mal interprétées.
Il ne faut pas penser qu'il s'agit simplement de "morale sociale" évidente mais, en fait, c'est l'attitude même du Créateur envers ses créatures, envers Avraham qu'il visite quand il est malade, envers ses partenaires dont il prend conseil, envers Moché ou les prophètes qu'il appelle et nomme avant de leur transmettre des consignes, etc. C'est donc dans la Torah que le Juif apprend ces règles.

Le Traité Dérékh Eréts (2 volumes), placé à la fin de l'Ordre des Dommages (Néziqim) développe ces questions à l'aide de nombreuses situations de la vie de nos Sages.
Mais presque toutes les pages du Talmud ou du Middrache et des Pirqé Avote parlent de cette question.
Mots-clefs associés : Guémiloute 'hassadim.
A lire également : Bérakhote 61... Chabbate 113...

Ce passage est un exemple de ce que vous pouvez trouver dans le lexique juif du site Modia sur les divers concepts que vous souhaitez mieux comprendre.

Les thèmes de la paracha

• Yaâqov demande à son fils Yosséf de l'enterrer en Terre d'Israël.

• il donne sa bénédiction aux deux enfants de Yosséf, selon la formule que l'on utilise toujours pour bénir nos enfants (48, 15-16) car cette bénédiction n'entraîna aucune jalousie entre les bénéficiaires malgré les différences apportées.

• Yaâqov rassemble ses enfants et leur révèle la connaissance qu'il a de chacun, les bénit, les valorise et les met en garde chacun selon ce qui le caractérise. C'est le véritable testament spirituel du père.

• Il est dit que ces douze enfants "sont" les douze tribus (donc nous participons d'eux).

• Yaâqov leur donne des "ordres" concernant sa sépulture.

• La mort de Yaâqov, le rite suivi pour son enterrement à 'Hévrone qui est la ville de nos patriarches et matriarches.

• Yosséf rassure ses frères sur sa conduite envers eux après la mort du père.

• Yosséf annonce sa mort, demande que ses os soient, à l'avenir, emportés hors de l'Egypte et il est enterré en Egypte.

La fin de la vie tient une place importante dans cette paracha qui est la dernière du livre Béréchite.
 

Nous terminons avec cette paracha l'étude du premier des cinq livres de la Torah. Comme chaque mot y est important en soi, et chaque lettre, et chaque chapitre, quand on aime ; voici où nous en sommes :

Nombre de lettres, mots... dans Béréchite et dans toute la Torah
 


Dans le livre de Béréchite, il y a eu 4 3 parachotes ouvertes et 48 parachotes fermées, soit 91 en tout. (Voyez le lexique pour comprendre ces termes, une bonne occasion pour découvrir ce lexique).
 

Sur le nombre de parachotes qui'il y a dans le livre de Béréchite, combien de versets ai-je lu, chanté, étudié? (Mieux aimer, c'est connaître plus et mieux).

Nom de la paracha - nombre de versets- et son moyen mnémotechnique en guématria, comme cela est indiqué dans les sources:
Béréchite - 146 versets - guématria: amtsia
Noa'h - 153 versets - guématria: bétsalel
Lékh lékha - 126 versets - guématria: namalou
Vayéra - 147 versets - guématria: amnone
'Hayé Sarah - 105 versets - guématria: yémima
Tolédote - 106 versets - guématria: âlou
Vayétsé - 148 versets - guématria: 'hélqi
Vayichla'h - 154 versets - guématria: qlita
Vayéchev - 112 versets - guématria: yaboq
Miqéts - 146 versets - guématria: amtsia
Vayigache - 106 versets - guématria: âlou
Vayé'hi - 86 versets - guématria: pé
Faisons le compte et c'est facile à améliorer.


Résumé du sens du livre Béréchite

Depuis le début du livre de Béréchite, dans ces 12 parties que nous avons étudiées...
1. nous avons assisté à de nombreux conflits, échecs et épreuves centrés sur les données essentielles de l'existence ;
2. nous avons appris comment en découvrir le sens ;
3. nous avons appris comment dépasser ces épreuves successives.
4. Puis, dans la paracha qui précède celle-ci, nous avons découvert la clef totale qui est celle de la confiance absolue et assurée en Hachém, le bita'hone.
 

La confiance envers les humains
5. Dans cette paracha-ci, la dernière du livre qui clôt l'enseignement sur ces bases de l'existence, c'est la confiance totale en la bonté de l'autre qui nous est enseignée, et l'assurance que la règle qui fera la régulation de nos relations sera la guémiloute 'hassadim, le don de bonté. Comment l'apprenons-nous ?

La fin de la vie tient une place importante dans toute cette paracha qui est la dernière du livre Béréchite.

Yaâqov, dans l'état de faiblesse absolue et de dépendance absolue qui est celle de tout humain quand il s'approche de la mort, demande avec supplication à son fils ce qui sera alors essentiel pour sa dignité et dont il ne pourra avoir comme garantie que l'attitude filiale de bonté vraie et gratuite.

Il dit :

• "si j'ai trouvé grâce à tes yeux, place, je te prie" (quelle descente vers l'état d'humiliation que de devoir ainsi supplier ses enfants avec précaution et prudence...)

• "ta main sous ma hanche" (procédure pour jurer qu'on accomplira ce que l'on dit ; aussi, la simple promesse ne peut être une garantie suffisante : preuve encore de la dépendance totale)

• "et agis envers moi avec bonté et vérité" (appel aux qualités les plus hautes, idéales, fortes et contraignantes de l'autre, du fils)

• "ne m'ensevelis pas en Egypte, mais tu m'enseveliras dans le sépulcre de mes pères à 'Hévrone" (enfin, après ces précautions émouvantes et pénibles, Yaâqov peut formuler sa demande)

• il ajoute encore : "jure-le moi  (comme si tout cela n'était pas suffisant) ; et il est dit que, alors, Yosséf le lui jura. (réalisons bien que Yosséf ne proposa pas de soi-même à son père de faire tout ce qu'il allait lui dire).

Cette séquence est-elle un réalisme pénible à constater, est-elle au contraire le bon scénario pour assurer la dignité de celui qui est faible que de lui laisser exprimer avec force et de lui-même ses propres volontés ? 

Il faut réfléchir à ces différentes options possibles.

 

La bonté gratuite et immédiate, la guémiloute 'hassadim




Définition
Cet épisode nous enseigne une "midda" (une qualité essentielle du comportement) : Yosséf accomplira par "tendresse gratuite" ce souhait et cette demande de son père qui est faible et mourant; c'est cela la guémiloute 'hassadim : un geste bon et gratuit important au cœur ou au corps de quelqu'un et que l'on accomplit alors même qu'il ne le saura pas, ou ne l'exigera pas, ou quand il n'y a pas assurance de récompense quelconque.  Il n'y a pas à hésiter, quels que soient les hésitations ou les risques (surtout ceux de la médisance des égoïstes qui se sentent coupables et des méchants, voir ce lien).

C'est là le signe de l'amour vrai, et cela doit s'accomplir chaque fois que quelqu'un est véritablement en besoin, affectif, matériel, physique, moral, spirituel. Cette mitsva consiste à "agir envers quelqu'un avec bonté et cohérence totale avec la vérité".

Le prototype de cette qualité : 

L'acte le plus désintéressé qui est le prototype de tout cela, c'est la tendresse que l'on doit manifester envers le défunt car on ne pourra pas attendre des mots de reconnaissance en retour : véassita îmadi 'héssed véémete (tu feras pour moi bonté et vérité, 'hésséd véémete) : cela est expliqué dans Béréchite Rabba 96 et par Rachi sur Béréchite 47, 29 ; ces deux derniers mots 'hésséd véémete sont une formulation faisant partie des 13 middotes qui caractérisent Hachém dans son action envers nous ; c'est dire la grandeur de ce comportement que nous pouvons vivre ; de façon constitutive, il est divin.

Alors, l'homme ressemble parfaitement à son Créateur qui l'a fait à Son image et à Sa ressemblance. Bien plus, "le monde repose sur trois choses: la Torah, la âvoda (prière) et la guémiloute 'hassadim" nous disent dès le début les Pirké avote, les Principes des Pères 1,2). 

L'effort pour se renforcer (it'hazeqoute)
Le patriarche Yaâqov sent qu'il est sur le point de mourir. Il est épuisé ; effectivement, quelques instants plus tard il mourra. Entre temps, il nous donne quelques leçons de courage et des exemples à suivre dans les épreuves plus petites de la vie :

- il ose faire à son fils la demande qui lui est importante, puis il ose prendre encore toutes les précautions qui assureront le respect de la promesse. (Peu de parents osent faire face à leurs enfants, à tous âges).

- quand son fils Yosséf vient alors le voir, Yaâqov se hausse à son plus haut niveau spirituel nommé "Israël".

- de plus, il "recueille ses forces" disent les traductions ; il prend sur lui-même et il se renforce soi-même selon la forme réfléchie de ce verbe véyit'hazéq, et il s'assied sur le lit : il veut être digne, il veut faire respecter ce qu'il a à dire, même si ses forces défaillent.

Le Baâl hattourim (voir ici dans le lexique) fait remarquer que les justes, les tsaddikim, même quand ils sont faibles, veillent à se surmonter tandis que les méchants, les réchaïm comme Amane, même quand ils sont puissants, se laissent aller. 

Ne pas oublier chacun de ces enseignements dans les épreuves réelles de l'existence qui sont des petits passages, en comparaison de ce moment vécu par Yaâqov. Et c'est par cela que l'on transmet aux enfants les forces nécessaires pour vivre.

Le Traité Bérakhote, page 32 b, donne des éclairages généraux sur ce comportement d'auto-renforcement (it'hazeqoute) qui nous est demandé par la Torah :

• il remarque combien Moché était persévérant et obstiné dans la prière au point que D.ieu lui a dit finalement, selon le middrache : "tu M'as fait revivre par tes paroles", hé'hiyétani vidévarékha. Et cela, bien que la prière longue qui mobilise une espérance et une méditation continues, est déconseillée car elle épuise tout le corps.

• la Torah n'est pas un arbre de vie que pour ceux qui l'étudient-seulement, mais elle l'est pour ceux qui l'étudient et l'appliquent (Michlé, Proverbes 3, 18).

• Ribbi 'Hama bar 'Hanina dit que si la prière n'a pas été exaucée, il faut la recommencer, selon le verset du psaume 27, 14 : "espère en Hachém, prends courage, fortifie ton cœur et espère encore en Hachém", qavé él Hachém 'hazéq véyaaméts libékha véqavé él Hachém.

• les Sages ont enseigné que 4 choses exigent de nous que nous renforcions ainsi nos forces et notre cœur (arbaâ tsrikhim 'hizouq) : pour la Torah, pour les mitsvotes, pour la prière, et pour le comportement de bonne sociabilité envers autrui, le dérékh érets. Ils citent les versets qui le prouvent ; pour les dérékh érets, on le sait du verset de II Samuel 10, 12 : "Sois vaillant et combattons vaillamment pour notre peuple" ('hazaq vénit'hazaq béâd âménou).

Cela nous montre que 

• cette attitude de dérékh érets (comportement bon envers autrui comme règle sociale maintenue avec exigence), que nous enseigne Yaâqov à cette heure, n'est ni spontanée ni facile, 

• elle est essentielle puisqu'elle est mise au même rang que la Torah, les mitsvotes et la prière,

• notre peuple en a un besoin impérieux au point qu'on nous la prescrive. Aujourd'hui, c'est une urgence vitale car, si nous ne redressons pas, nous courrons à notre perte comme d'autres fois dans l'histoire à Jérusalem. Lisons l'appel pour réagir.

Cet auto-renforcement (it'hazeqoute) est donc pour nous une mission impérative, et cela même si elle nous demande un effort considérable ; l'exemple des efforts extrêmes accomplis en ce sens par notre patriarche Yaâqov à la fin de sa vie, à l'heure des extrêmes faiblesses, nous rendrait peu fiers si nous nous en dispensions.

Les sources de notre vitalité incessante
Des commentateurs pensent que l'un des symboles de cette force, de ces efforts ou de la vaillance de nos patriarches, nous est montré par le fait que leurs emblèmes sont, pour la plupart, des animaux. En effet, le Traité Sota 11 b, à propos des sages-femmes hébreues en Egypte, rapporte qu'elles dirent au Pharaon que les femmes accouchent ainsi parce que cette nation ressemble aux bêtes sauvages ('hayotes); E. Munk rapporte que ce peuple, selon Rabbi Chmouél Edels (le Maharcha, 1555-1631 ; voir le lexique) se maintient "comme des forces élémentaires qui ne sont jamais affectées par les tares de la société et de la civilisation", ainsi qu'il en est des espèces animales. Cette puissance interne, caractérisée par sa constance et son inamovibilité, se trouve effectivement dans les espèces animales et pas habituellement chez les hommes. Et c'est une caractéristique du peuple juif.

Il est à souhaiter, qu'à l'exemple des Patriarches, nous sachions mettre cette force indomptable au service du dérekh érets, même si cela est laborieux pour chacun comme nous l'enseignent nos textes qui connaissent si bien l'homme. 

Une raison suffirait pour s'y contraindre, c'est que notre peuple en a grandement besoin, comme nous l'a dit en II Samuel 10, 12; ... et D.ieu lui-même a besoin des hommes comme il l'a dit à Moché en cette page 32 b de Bérakhote : "tu M'as fait revivre par tes paroles", hé'hiyétani vidévarékha.

La nature est un message visuel constant de la beauté gratuite et amoureuse que le Créateur témoigne envers nous, non pas pour en faire seulement de la science froide ou des promenades hygiéniques mais pour rencontrer et recevoir cette relation. Cette image est sans aucune retouche. Regardez ce don tout simplement reçu très habituellement devant ma fenêtre à Jérusalem; recevons, comprenons, imprégnons-nous d'un nouveau regard:


 

Un souhait pour chacun
Puissions-nous dire, chacun, à la fin de notre vie ensemble comme pour Yosséf à la fin de cette paracha, après qu'il ait reçu cet enseignement de son père :

"j'avais reçu cet enseignement de Yaâqov avinou,, je l'ai entendu, je l'ai pratiqué au long de mon existence".

Ce serait tellement plus facile de vivre, pour tous les pauvres si on pratiquait cette attention gratuite qui est l'une des bases du judaïsme, et que l'on nous enseigne dès le livre de Béréchite.

Si j'ai pu écrire cette étude, c'est que j'ai reçu cet enseignement par l'exemple vécu, c'est ce que l'on appelle dans le judaïsme l'indispensable chimouche (utilisation), c'est-à-dire apprendre la Torah par l'observation de quelqu'un qui la connaît dans sa cohérence des différents niveaux, qui la pratique autant qu'il l'étudie, et dont on a reçu le cadeau du Ciel d'être dans son intimité pour apprendre comment on relie les niveaux, comment on discerne et applique. Ma reconnaissance et mon affection est sans limite pour ces maîtres modestes et vrais.

Ils sont très nombreux dans le judaïsme ceux qui enseignent ainsi la Torah de guémiloute 'hassadim, ceux qui "courent après le pauvre" comme disent nos textes, ceux qui ne lui refusent pas le nécessaire imprévu et considérable, et vraiment appauvrissant pour le donateur.
Font erreur ceux qui jugent du peuple d'Israël à travers les seuls faits journalistiques.
Il est interdit d'apprendre la Torah seul, ou seulement théoriquement, sans recevoir également la tradition de la Torah concrète  par le chimouche.

Que tout le bien qui sera peut-être fait à partir de cette étude revienne en bénédiction à ces quelques hommes et femmes qui m'ont appris l'importance de cette midda, par leur vie et surtout par leur art du silence de sainteté en cette matière; ils ont compris le sens du silence exigeant qui règne dans le Cantique des Cantiques, Chir hachirim. Le coeur sait avec justesse bien que, temporairement, il ne voie pas et ne soit pas vu du tout : hallév yodéâ oumistakél bo af âl pi ché éïno niré klal (Zohar Chir hachirim).

 

Exercice d'intériorisation

En résumé, à notre petite échelle, il faut que plusieurs de ces enseignements de la paracha soient compris de nous en vérité:

Question personnelle :

prenons-nous incognito (comme cela est demandé) une part de notre temps, de notre argent, de nos préoccupations pour accomplir la guémiloute 'hassadim? Donnons-nous sans compter du temps, de l'argent, des biens simplement parce que l'on constate que l'autre a besoin, ne pourra pas les acquérir et qu'il est en position de péril?

C'est un devoir pour le Juif. Ce n'est pas un surplus luxueux pour le club des "gens riches et qui sont heureux d'eux-mêmes parce qu'ils font le bien". C'est simplement une obligation de base, parce que c'est ainsi que fonctionne ce monde où nous avons été invités par Hachém qui, Lui, nous donne ainsi gratuitement.

Et osons-nous le faire, justement quand on sait que c'est difficile, compliqué, que cela fait mal de s'en priver, que l'autre même ne sera pas reconnaissant, ne comprendra pas, ne le saura pas ou, pire encore, en deviendra agressif envers le donateur car cela l'humilie d'être aidé. Faisons-le simplement parce que c'est un devoir et que c'est vraiment vital pour l'autre?

Il est clair que ce style juif de comportement ne sera pas compris, semblera insolite, suspect, entrainera même des ennuis car ce n'est pas la règle du monde cruel qui méprise ceux qui ne fonctionnent pas selon "l'image sociale de la réussite" mais selon la règle de bonté d'Avraham et de Hachém et du judaïsme. Souvent même, ce comportement entraînera des attaques envers ceux qui vivront ainsi, comme les Juifs sont attaqués parce qu'ils portent la Torah et qu'elle est vue comme un reproche ou une humiliation par les autres, ou un prétexte pour les accuser parce que, par ailleurs, il est exact qu'ils ne sont pas capables de vivre très bien.

L'argument le plus souvent utilisé contre ceux qui donnent, particuliers ou le peuple juif, c'est qu'ils veulent créer une dépendance ou dominer.

Autre regard :

Il peut se faire que Hachém nous mette chacun, à notre tour, en position du pauvre qui a un besoin vital de recevoir la guémiloute 'hassadim, comme Rachi le dit sur Béréchite 29, 11 et 43, 20. C'est une forme encore plus élevée pour nous rendre sensible à cette dépendance totale et attendre tout de Hachém et qu'il permette à d'autres de jouer ce rôle envers nous. La souffrance en est intolérable, c'est l'épreuve traversée par les Patriarches, par David et Job (Yov).
C'est aussi une grande mise à l'épreuve pour être capable, dans l'humilité, d'accepter l'aide sans agresser ceux qui sont eux-mêmes humiliés de donner, dans une relation non équilibrée.

 

Exercice de mémorisation 

véassita îmadi 'héssed véémete
tu feras pour moi bonté et vérité" (Béréchite 47, 30).
 

 

2e niveau
pour étudiants avancés qui vont lire les sources

Que disent le Talmud et le Middrache, de la guémiloute 'hassadim ?

1. Sa nature et son importance

  • avec la tsédaqa, elle pèse dans la balance autant que toutes les mitsvotes ensemble (Tossefta Péa, 4).
  • elle est plus chère au coeur de Dieu ('haviva) que la tsésaqa (Yérouchalmi Péa 1).
  • elle est la Torah, depuis son début jusqu'à sa fin (Talmud Sota 14a).
  • le monde est créé sur elle (Béréchite Rabba 8).
  • le monde tient sur 3 choses (la Torah, les sacrifices-prière) et la guémiloute 'hassadim (Pirqé Avote 1).
  • c'est cela qu'a fait Bitia la fille du Pharaon qui a sauvé Moché et elle a mérité par là plus que lui (Chémote Rabba 1).
2. C'est cela qui caractérise le peuple d'Israël : 
la miséricorde (ra'hamim), savoir reconnaître ses fautes (mitbayéchim) et la guémiloute 'hassadim (Traité Yébamote 79a).
 

3. Comment faut-il faire ?
c'est cela sa façon de faire de celui qui fait guémiloute 'hassadim : "courir après les pauvres" pour la réaliser, chékhén darko chél gomél 'hassadim larouts a'har dalim (Traité Chabbate 104a).
 

4. Si on ne le fait pas :
celui qui s'occupe de Torah seulement (sans guémiloute 'hassadim), c'est comme s'il n'avait pas de Dieu (Traité Âvoda Zara 17b).

5. L'effet de la guémiloute 'hassadim

  • elle apporte le bonheur même dans les soucis (Traité Âvoda Zara 5b).
  • elle fera éviter les souffrances de la période de la venue du Machia'h (Traité Sanhédrine 98b).
  • elle fait vivre à l'ombre de D.ieu (Yérouchalmi Taânite 4).
  • elle apporte la pluie de vie au monde (Yérouchalmi Taânite 3).
  • avec la tsédaqa, elle apporte dignité (kavod), aide, et la vie elle-même (Traité Qiddouchine 40a).
  • elle allonge la vie (Yérouchalmi Péa 1).
 

Que dit Rachi, de la guémiloute 'hassadim ?

Se reporter aux commentaires de Rachi sur la Torah aux versets suivants et les étudier avec le texte de la Torah :

• Béréchite 18, 16 : "c'est la force du don aux pauvres que de transformer la colère divine en ra'hamim" (miséricorde).

• Béréchite 28, 20 : "celui qui en est réduit à quémander son pain, on le nomme abandonné". (commentaire sur le voeu de Yaâqov : si Hachém me donne du pain à manger).

• Béréchite 29, 11 : "le pauvre, il faut le considérer comme un mort" (donc : le laisser pauvre, c'est vraiment le tuer). Et Rachi reprend exactement cette même idée en Chémote 4, 19.

• Chémote 22, 24-26 : lire ce passage et tout le commentaire de Rachi qui montre comme nous pouvons être aisément un poison mortel pour le pauvre : cela commence par ce qui semble être un rien pour parvenir ensuite à le détruire totalement et sûrement.

• Vayiqra 25, 35 : c'est la même idée, inversement ; quand le mal de la pauvreté commence, nous avons le pouvoir de l'arrêter aisément (et, donc, c'est une obligation) mais si nous ne le faisons pas, ensuite la situation deviendra irréversible et c'est nous qui aurons abattu le pauvre car nous pouvions arrêter sa chute. (Ajoutons, il faut devenir sensible à ceci : le pauvre connaît notre pouvoir de le sauver et il le vit avec une intensité douloureuse, il ressent alors les indifférents qui ont bonne conscience comme des gens qui le font mourir et c'est la vérité).

• Bamidbar 5, 10 : celui qui ne donne pas le maâsser (donner les 10 % obligatoires des biens et des revenus), les aura certes préservés pour soi-même (et aura apparemment gagné cela), mais en fait sa fortune se réduira ipso facto de ces 10% par d'autres voies".

• Bamidbar 29, 11 : (commentaire sur : Je lui donnerai mon alliance de paix) "Comme on exprime avec force notre reconnaissance et notre grâce envers quelqu'un qui vous a fait du bien". Cela nous apprend que le pauvre qui a été aidé a le devoir de ne pas se fermer ensuite envers le bienfaiteur mais il doit avoir la même attitude de vraie reconnaissance qu'envers Hachém. Pourquoi ? Parce que c'est Hachém qui nous donne et parce que c'est de Lui que tout cela venait pour donner à chacun l'occasion de manifester librement la bonté que nous avons reçue dans nos capacités. La fermeture ultérieure ou l'agressivité qui s'ensuit souvent sous prétexte de non-dépendance (comme nous l'avons dit ci-dessus) est compréhensible sur le plan psychologique chez des personnes blessées et qui n'ont pas analysé toute la situation mais c'est aussi une injustice et une injure directe de non reconnaissance envers Hachém). Cet enseignement est lui aussi très exigeant.

• Lire Dévarim 15, 7 et la suite et les commentaires de Rachi : 

  • " beaucoup hésitent, beaucoup commencent puis se reprennent de donner";
  • "comme Il est miséricorde, ra'houm, tu dois l'être et comme Il fait la guémiloute 'hassadim, ainsi comme Lui tu dois faire".
  • "d'abord donner au plus pauvre... et le pauvre qui vit à proximité de nous a la priorité sur le pauvre qui vit loin pour recevoir nos dons".
  • "si tu ne donnes pas au pauvre, tu le deviendras".
• Dévarim 15, 8 : "tu donneras même à de multiples reprises" (ceci contre le trucage mental pour s'autoriser à ne pas donner et qui consiste à se dire qu'il faut l'éviter puisque le judaïsme enseigne qu'il faut être équilibré et pondéré).
 

La réussite du juif

On le voit, le judaïsme est loin de la conception mondaine et outrageante qui place comme preuve de la "réussite humaine" l'affichage et l'exhibition de la réussite financière et de la rivalité orgueilleuse dans l'exhibitionnisme.

La réussite du juif n'est certainement pas celle-là mais elle consiste à bien étudier l'exemple des patriarches qui, riches ou pauvres, suivant ce que donne Hachém, se comportent à l'image de Hachém envers nous en plaçant comme loi absolue de sortir de pauvre de sa souffrance. Et avec le maximum de délicatesse.

C'est pour cela que la priorité du don doit aller aux organismes d'éducation par la Torah car ils vont pouvoir multiplier par l'enseignement le nombre de ceux qui donneront ensuite.
 
 

C'est aussi le motif pour lequel les grands Sages de la Torah se sont toujours insurgés contre les abus et les escalades sans fin dans l'exhibition financière lors des cérémonies de mariage ou de bar-mitsva, alors que ces sommes excessives pouvaient être données aux pauvres sans que cela ne diminue en rien la fête sainte qui est nécessaire et qui est également un devoir.

 

Voir ici l'étude d'un dibbour hammat'hil de la paracha Vayé'hi selon la méthode de Rachi

 

Comment intégrer dans notre être et dans nos vies la guémiloute 'hassadim qui est la qualité de bonté totale.

Celle-ci se dit aussi 'héssed, en hébreu. Et nous avons vu dans les parachiyotes précédentes que c'est la qualité d'Avraham qui, lui, a découvert que c'est la qualité essentielle du Créateur qui a bâti Son monde (le nôtre) sur cette bonté.

Cela peut nous surprendre quand nous voyons la sauvagerie des relations humaines, la cruauté généralisée et camouflée sous les beaux mots, les belles théories, les belles religions, les beaux journaux et les beaux vêtements en tous genres ; c'est, simplement, que le 'héssed (la bonté) n'est pas de l'ordre de l'apparent évident. Il n'a rien à voir avoir la logique ni l'intelligence. Des nazis pleuraient à la mort de leur canari ou à l'audition de Mozart mais ne ressentaient rien en se promenant parmi les prisonniers et en tuant de ci, de là, au hasard.

Définition
Le 'héssed est hors de cette loi de nos sociétés, c'est une "super-qualité", qui demande un décalage, un saut, un volonté, une audace, une détermination, un choix, un courage pour, justement, ne pas jouer avec les règles admises dans la bonne société qui se dit celle de la raison, du droit, et de la justice. Et pour fonder tout sur la bonté, à l'image du Créateur.
Car la raison, le droit, la justice sans le 'héssed produisent toujours la cruauté et le mensonge avec l'assurance du bon droit.

Vocabulaire
Celui qui essaie de vivre selon ce 'héssed est un 'hassid, et "cette façon de vivre est la 'hassidoute". (Attention : dans le langage générale du judaïsme, il ne s'agit nullement là de la dénomination du courant 'hassidique des Juifs russo-lithano-polonais qui a pris naissance à partir du 18e siècle; voir ce lien à ce sujet).

Voici les principales références dans le Tanakh.
Le mot 'héssed y apparaît 246 fois, et le mot 'hassid 32 fois. Attention, le mot 'hassida n'a apparemment rien à voir, il désigne la cigogne! Le lien vient de ce que cet animal est humble et pudique. 

L'expression 'héssed vé émet (bonté et vérité) apparaît 22 fois.

Les psaumes sont particulièrement riches sur ce thème du 'héssed :
Psaumes 5, 8 / 6, 5 / 18, 51 / 21, 8 / 23, 6 / 25, 10 / 26, 3 / 32, 10 / 33, 22 / 36, 6 et 8 et 11 / 40, 11-12 / 44, 27 / 48, 28 / 52, 3 / 57, 11 / 59, 11 et 17-18 / 61, 8 / 62, 13 / 63, 4 /  69, 14 et 17 / 85, 8 et 11 / 86, 5  et 13 et 15 / 89, 12 / 89, 3 et 15 et 25 et 29 et 34   / 90, 14 / 92, 3 / 94, 18 / 101, 1 / 103, 4 et 8 / 108, 5 / 109, 12 et 16 et 21  / 115, 1 / 119, 64 et 76 / 130, 5 et 7 / 138, 2 et 8 / 141, 5 / 143, 8 / 144, 2 / 145, 8 / etc.
J'ai placé toutes ces références, fruit de l'étude, pour que l'on s'y reporte. Le bénéfice sera immense. Peu à peu on y découvrira l'importance du thème, ses nuances et l'enseignement deviendra traduit intérieurement et, surtout, traduit dans la relation au Créateur.

Reportez-vous également au thème du 'hassid dans les psaumes :
Ps 3, 12 / 4, 2 / 7, 2 / 12, 2 / 16, 10 / 18, 26 / 22, 26 / 30, 5 / 31, 24 / 32, 6 / 33, 8 / 37, 28 / 43, 1 / 50, 5 / 52, 11 / 79, 2 / 85, 9 / 86, 2 / 89, 20 / 97, 10 / 132, 9 / 145, 10 et 17 / 148, 14 / 149, 1 et 5 et 9. 
Ici, vous découvrirez quelque chose de plus : l'être, devenu quelque peu 'hassid, a acquis une qualité qui est celle même du Créateur et une complicité s'instaure, si l'on peut dire. 
Nos Sages l'expriment lors de la rencontre finale entre Yaâqov et Yossef dans notre paracha ;  il lui dit que le D.ieu tout-puissant lui est apparu à Louz. Il ne s'agit pas d'un récit historique mais il lui parle d'une qualité de relation et les commentaires expliquent par la méthode du rémez (enseignement selon les lettres de l'hébreu) que les mots "D.ieu tout-puissant" ont la guématria du mot Moché, et que le mot suivant "est apparu" a les mêmes lettres que le mot Aharone. Cette relation de qualité extraordinaire qu'il a eue ne pouvait mieux se dire que par les noms de Moché et Aharone. La Torah est une relation de vie.
 

Ces précisions étaient nécessaires pour comprendre ce que le Or ha 'Hayim dans Réchite 'hokhma dit du 'héssed
(ch. Ahava 11)
- le 'héssed est une qualité supérieure à toutes les autres et il conduit au Roua'h ha qodéche (souffle divin).
- celui qui vit ainsi se dénomme 'hassid ; il "aime" et le Roua'h ha qodéche réside sur lui. C'est comme un ange de Hachém.
- cette qualité qui saisit avant même le niveau de la justice est la qualité de Haqqadoche baroukh Hou. C'est cela le 'hassid. Et c'est cela s'occuper de la Torah. Ainsi celui qui se lève à minuit pour faire le tiqqoune de 'hatsote. Et celui qui donne la tsédaqa, la bienfaisance. Et celui qui entend la médisance et ne la continue pas. Et qui ne réagit pas par la colère et ne se dresse pas avec orgueil. Et qui n'hésite pas à demander ce qu'il ne sait pas de la Torah, ou reste plus petit qu'il n'est ou que les plus grands que lui. Il a confiance en Hachém.

(ch. Qédoucha)
- cette qualité commence en sa propre maison.
- sa connaissance de la Torah devient bénédiction.
et aussi cette phrase : il faut savoir se tenir avec la force du jaguar dans le 'héssed face aux railleurs et persifleurs.

 


Note sur la prononciation des mots comme 'héssed, ayant le son é-é

 

Il est écrit ici: 'héssed vé émét, bonté et vérité. Le mot émet se prononce en plaçant l'accent tonique sur la dernière syllabe comme dans la plupart des mots français, contrairement aux mots espagnols ou italiens.
Et on le voit indiqué ici par les deux points placés sur la syllabe finale.
Par contre, les mots composés de deux ségols ont l'accent sur la première syllabe et on le voit par le trait marqué sous la première syllabe. Le ségol est la voyelle composée de trois points placée en dessous de la consonne et prononcée "é". On dit donc 'hEssed et j'ai indiqué le lieu de l'accent par la majuscule.
Cette règle s'applique à de nombreux mots courants de l'hébreu en deux syllabes et comportant deux ségols ou ayant le son éé. Par exemple : dérékh (chemin), yéléd (enfant), mélékh (roi), éléf (mille), éréts (terre), néféch (personnalité), qérén (fondation), réguél (jambe), éved (esclave), érév (soir), kénes (réunion), déguel (drapeau), péssel (sculpture), kéver (tombe), chéqel (monnaie israélienne). La liste de ces mots est très longue. Les francophones font souvent erreur dans cette prononciation car, en français, l'accent est systématiquement placé sur la dernière syllabe. C'est par ce "truc" que les francophones sont souvent dépistés en Israël dès qu'ils prononcent l'un de ces mots en déformant la prononciation! Ils disent, par exemple, bésséder au lieu de bésséder.

Si on a bien compris cette règle,on parlera bien hébreu. Et on prononcera de la même manière, sur la première syllabe, les mots de deux syllabes ayant les sons:
- aa comme taam (goût).
- éa, comme séla (côte).
- é'ah, comme péra'h (fleur).
- éé, comme séfer (livre).
- oé, comme kotél (mur).
- oa, comme toar (distinction).
- aé, comme mavét (mort).
- a-i, comme ayine (oeil).
Voyez ici des exemples dans une paracha: http://www.modia.org/tora/bamidbar/balaq.html#83p
Voyez ici les autres règles de lecture: http://www.modia.org/tora/lecture/lecture.html




 
Toutes les photos du site sont Copyright de l'auteur (sauf images autorisées externes) - Aucun travail n'est effectué sur le site pendant le Chabbat et les fêtes juives
© Copyright - Textes, informations et webmaster: Dufour