13e Paracha : Suite de Chémote
"Voici les noms"
Retour au premier commentaire
Chémote (L'Exode) 1, 1 - 6, 2
Commentaire
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
©
Copyright
Comprendre la paracha par l'hébreu
où chaque particularité véhicule
un message
Les 7 règles de la lecture du vav
a. La lettre vav veut dire "et", et elle a le son "vé".
Elle est placée en préfixe : "et Bétsalél".
b. Elle devient va quand elle réunit deux mots mis
en duo de sens : yom va laila, jour et nuit.
c. Quand le mot commence par une des lettres au son dur ou renforcé
dites bégadkéfate (beit, guimel, dalet, kaf, pé,
tav), ce renforcement ou dagguéche tombe
et le son devient doux, c'est pourquoi on lit ici après le vav
: vétsalél et non pas bétsalel.
d. De plus le vav se lit "ou" quand il précède
les lettres dites boumaf (beit mém, pé) ; donc en
appliquant ces deux dernières règles, on lit ouvétsalél
et non pas vébétsalel dans le verset du début
de notre paracha. On dira également, devant la lettre mém
de Moché : Aharone ouMoché et non pas Aharone véMoché.
e. Le vav ne se lit pas vé quand il prend
le son des voyelles complexes qui le suivent, par exemple on dira
ate
va ani (toi et moi). On parle alors d'une assimilation des sons.
f. Le vav ne se lit pas vé mais vi
quand il précède un mot commençant par le son yi
sous la lettre youd. On dit "et Jérusalem" virouchalayim
et
non pas vé yérouchalayim. Il y a là une contraction
des deux sons en un seul.
Nous allons maintenant appliquer ces règles à la lecture
de a paracha Chémote.
g. Le vav sert à faire virer
le passé en futur et le futur en passé. C'est ce que l'on
appelle le vav conversif. En hébreu de la Torah, pour dire
"il ira" on dira très souvent "et il est allé", cette formule
voulant dire "il ira".
Inversement, pour dire "il est allé", il sera souvent
écrit "et il ira". Ce n'est pas une plaisanterie d'humour juif ni
une incongruité mais cela a plusieurs sens :
- tout est placé dans une finalité et dans une causalité
qui se renvoient.
- le futur est relié au passé ; et le passé est
lié au futur.
- tout peut toujours virer en se coupant du destin collectif et ancestral,
ou nous pouvons toujours relier ce que nous construisons à ces racines
essentielles.
- c'est dans ces mots qui sont des poteaux indicateurs que se joue
la liberté de l'homme, soit vers le bien soit vers le mal comme
il est dit en Dévarim 30 : "J'ai placé devant toi la vie
et la mort, choisis la vie".
Une question se pose à nous : pourquoi cela se joue-t'il par
la lettre vav plutôt que par tout autre signe ?
- ce n'est pas n'importe quelle lettre, elle est dans le nom de D.
appelé tétragramme, composé du youd, du hé,
du vav et d'un second hé.
- après les deux premières lettres qui sont reliées
à la source de la bénédiction, le vav est la
descente de la connaissance et de la bénédiction. Pour cela,
il représente la Torah, Moché et l'homme debout, dans sa
forme même et dans son sens. C'est à nous qu'est remis le
pouvoir d'être ou non le véhicule de la réalisation
de la Torah créatrice d'un monde bon. On comprend par là
que le vav de l'hébreu est beaucoup plus que le mot "et"
du français ou du mot "and" de l'anglais. Il en est ainsi de chaque
particularité dans la langue hébraïque. Qui résisterait
encore à apprendre cette langue. Cette richesse vient de ce qu'elle
est l'instrument de la création et que chaque lettre participe avec
une particularité à la création.
- on comprend que l'on parle en hébreu avec conscience de la
dignité de cette langue, qu'elle est la langue dans laquelle le
Juif soit s'exprimer le Chabbate si cela lui est possible, que l'on doit
soigner avec amour la prononciation de chaque lettre selon le son particulier
comme il a été bien conservé dans la tradition des
sépharades (hé soufflé, 'hét aspiré,
âyine guttural, lettres doublées après l'article, etc).
- chaque parent juif doit avoir le souci de transmettre à ses
enfants ces balbutiements exacts de l'hébreu dès le jeune
âge comme il est dit dans le Chémâ Yisraël : vé
dibarta bam, et tu leur parleras dans ces lettres de la Torah.
Alors on aura éveillé les enfants à la richesse de
la création en chaque son. Quelle perte pour un Juif qui a reçu
la vie biologique et n'a pas reçu ces paysages et ce système
sanguin, musculaire et nerveux qui est sa vie.
- un grand effort doit être accompli par chacun pour bien prononcer
chaque lettre de la prière avec
saveur et attention.
Chaque lettre est, si l'on peut dire un baiser. Voyez ces poèmes
que j'ai écrit dans cette découverte quand je commençais
à apprendre l'hébreu.
f. Quand le vav a un pata'h (trait horizontal avec son "a") suivi
de deux sons "a" avec qamats, le troisième son se dit "o" : vayaqom.
Découvrons maintenant ces particularités dans la lecture
de la première partie de la paracha Chémote. Vous pouvez
ouvrir deux écrans afin de lire le texte hébraïque
sur l'un et notre commentaire sur l'autre.
Nous allons commenter en nous servant des chiffres inscrits
en marge du texte.
1e règle. La lettre vav veut dire "et", et elle a le
son "vé".
Elle est placée en préfixe :
Vééllé chémote béné
Yisrael.
"et voici les noms des enfants d'Israël
Ce vav est marqué en dessous par 2 point verticaux,
la voyelle chévâ et il relie ce texte au précédent.
Ici, il indique que Chémote est la suite directe de la paracha précédente
et doit être compris en fonction des versets qui précèdent.
Nous retrouvons cela aux chiffres 10, 17, 20.
2e règle. La lettre vav devient va quand elle
réunit deux mots mis en duo de sens : yom va laila, jour
et nuit.
Elle possède alors en dessous la boyelle qamats composée
d'un trait horizontal et un vertical. En 19, on associe "une fille" et
"vivra" : im bate hi va 'haya, "si c'est une
fille et elle vivra"
3e règle. Quand le mot commence par une des lettres au son
dur ou renforcé dites bégadkéfate (beit,
guimel, dalet, kaf, pé, tav), ce renforcement ou dagguéche
tombe et le son devient doux, c'est pourquoi on lit ici après le
vav
: vétsalél et non pas bétsalel.
4e règle. La lettre vav se lit "ou" quand il
précède les lettres dites boumaf (beit mém, pé
et réich) ; donc en appliquant ces deux dernières
règles, on lit ouvétsalél et non pas vébétsalel
dans le verset du début de notre paracha. On dira également,
devant la lettre mém de Moché : Aharone ou
Moché et non pas Aharone véMoché.
Premier verset : véellé chémote béné
Yisrael habbaim mitsraima îm Yaâqov, iche ou véito
baou
Voici les noms des fils d'Israël venus en Egypte ; avec Yaâqov,
chacun et sa famille vinrent.
On a ou véito au lieu de vé béito.
Voyez
de même aux chiffres 4 (ouviniamine, et Benjamin),
au
chiffre 7 (ouvéné, et les fils), au chiffre 15 (ouvilvénim
et par les briques), au chiffre 16 (ouvékhol âvoda,
et par tout travail), au chiffre 18 (ouréiténe,
vous
verrez).
7e règle. La lettre vavne se lit pas vé
mais vi quand il précède un mot commençant
par la lettre youd. On dit "et Jérusalem" virouchalayim
et
non pas vé yérouchalayim. Il y a là une contraction
des deux sons en un seul. Voyez le chiffre 3 (Lévi vihouda au
lieu de Lévi vé Yéhouda).
8e règle. La lettre vav sert à faire
virer le passé en futur et le futur en passé. C'est ce
que l'on appelle le vav conversif. Le plus souvent, le vav
a alors la voyelle pata'h, signe horizontal. Voyez les exemples 5, 6, 8,
13, 14, 21. Cela est très fréquent. Cela entraine souvent
ces changements : un dagguéche dans la voyelle suivante (en
6, 8, 21), l'accent tonique ou taâm passe à l'avant-dernière
syllabe au lieu d'être sur la dernière.
9e règle. Quand le vav a un pata'h (trait horizontal
avec son "a") suivi de deux sons "a" avec qamats comme en 9,
le troisième son se dit "o" : vayaqom.
Le vocabulaire de l'amour en hébreu (concernant l'usage
du mot
'hiba dans le commentaire de Rachi)
-
amour : ahava
-
tendresse : 'hiba
-
l'amour de la terre d'Israël : 'hibate tsione
-
amour intime : ahavate néféche
-
amour du prochain : ahavate hazzoulate
-
l'ami essentiel : yédid néféche
-
"mon" ami, l'ami de mon âme : yédid nafchi
-
tendre ami-e : ma'hmad libi
-
amour tendre : ahava zaka
-
avec un amour très tendre : bé'hiba yétéra
-
amitié : yédidoute, réoute
-
camaraderie : 'havéroute
-
pour l'amour de D. : lé maâne Hachém
-
je t'aime : ani ohév (masc) otkha (masc)
-
je t'aime : ani ohévéte (féminin) otkha
(masc)
-
je t'aime : ani ohév (masc) otakhe (féminin)
-
je t'aime : ani ohévéte (féminin) otakhe
(féminin)
-
tu es belle : ate yafa. tu es beau : ata yafé.
-
ma femme : ichti. mon mari : baâli
-
Voir le lien sur le
mariage
|
-- |